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mardi 18 avril 2017

Turquie. Cinq conséquences possibles du référendum

Une courte majorité de Turcs a approuvé, dimanche, le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan au cours d'un référendum. Un vote qui pourrait être déterminant pour l'avenir du pays. Quelles en seraient les conséquences ?

1. Plus ou moins démocratique ? Avec cette victoire, Erdogan détiendra un pouvoir considérablement renforcé et pourra, en théorie, le détenir jusqu'en 2029. Ses partisans soutiennent qu'une telle mesure est nécessaire pour stabiliser l'exécutif et établir des barrières claires avec le judiciaire et le législatif. Mais ses opposants affirment qu'il n'existerait plus de contre-pouvoir, ouvrant la voie à un régime autocratique.

2. Quel avenir avec l'Europe ? Les relations entre la Turquie et l'Union européenne se sont fortement dégradées. Erdogan a évoqué, dimanche, un possible référendum sur le rétablissement de la peine capitale, une ligne rouge pour Bruxelles. Dès dimanche, l'UE avait appelé le gouvernement turc à rechercher le « consensus national le plus large possible ». Hier, le président turc, tançant les observateurs étrangers qui ont mis en doute l'équité de la consultation, a évoqué l'organisation d'un référendum pour décider, ou non, de poursuivre les négociations d'adhésion à l'Union européenne.

3. Guerre ou paix avec les Kurdes ? Depuis la rupture de la trêve historique avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), à l'été 2015, le sud-est de la Turquie est plongé dans une spirale d'affrontements meurtriers entre les forces de sécurité turques et les séparatistes kurdes. Avec la courte victoire du oui, Erdogan pourrait être contraint d'adopter une approche plus « conciliante » sur la question kurde, estime Asli Aydintasbas, experte au Conseil européen des relations internationales.

4. Réconciliation ou polarisation ? Erdogan « remporte (le référendum) mais, au final, une moitié du pays l'aime, et l'autre le déteste. C'est cela, l'origine de la crise de la Turquie moderne », explique Soner Cagaptay, analyste au Washington Institute. Certains observateurs s'attendent à ce qu'il adopte désormais un discours plus apaisant.

5. Reprise économique ou affaissement ? Les marchés ont misé prudemment sur une victoire du oui, espérant un retour à la stabilité. Mais à moyen terme, l'incertitude domine. L'affaiblissement de la confiance des investisseurs dans les institutions et le retard des réformes structurelles pourraient affecter la croissance.

Posté par jourstranquilles à 06:55 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]

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