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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mardi 6 juin 2017

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T'as le look coco !

Look politique. L'irrésistible ascension de la barbe

Révolution pileuse à la tête du gouvernement : Édouard Philippe a fait entrer la barbe à Matignon, une première sous la VeRépublique, très remarquée, qui illustre la popularité de ce look auprès de toute une génération.

Si barbes, barbiches et rouflaquettes étaient de mise chez les dirigeants sous les IIIe et IVeRépubliques, le glabre l'avait, depuis, largement emporté. Et le monde politique restait jusqu'ici relativement hermétique à la tendance qui a fleuri depuis une dizaine d'années, sous diverses versions, sur les joues des hipsters, artistes, sportifs et cadres dynamiques.

Quand Emmanuel Macron, alors ministre, avait brièvement arboré une barbe naissante, en janvier 2016, l'initiative avait créé le buzz sur les réseaux sociaux. En septembre, c'est en se faisant raser par un barbier devant les caméras, au salon de la coiffure, qu'il avait assuré le spectacle.

La barbe de trois jours de Nicolas Sarkozy en 2012, elle, avait fait dire à l'ex-ministre, Roselyne Bachelot, qu'il avait renoncé à revenir en politique, car « ce n'est pas avec un look pareil qu'on reconquiert le coeur d'un électorat hanté par la respectabilité ».

Lors de l'arrivée à Matignon d'Édouard Philippe, 46 ans, considéré comme le premier chef de gouvernement à arborer une barbe depuis la barbiche de Paul Ramadier en 1947, le détail pileux n'est pas non plus passé inaperçu. D'autant qu'un autre barbu, Christophe Castaner, a, lui, été nommé porte-parole du gouvernement.

La barbe, fournie et taillée, que le maire duHavre porte depuis quelques années, est un signe de changement de génération à la tête du pouvoir, commente Samir Hammal, enseignant à Sciences Po, spécialiste de l'apparence en politique.

« Indice de jeunesse »

« Édouard Philippe correspond bien au sociotype du quadragénaire à barbe convoqué dans de nombreuses campagnes de publicité », relève-t-il. Un détail qui, par ailleurs, « lui enlève son côté technocrate, en l'humanisant ».

Ce phénomène de mode « a inversé les codes », souligne également le professeur d'ethnologie, Christian Bromberger : « Auparavant, la barbe, c'était plutôt les personnes âgées, elle était blanche, maintenant, c'est plutôt un indice de jeunesse. Une jeunesse non pas adolescente mais plus "start-up" ».

Nulle subversion dans ce type de barbe, domestiquée : « Ce n'est pas la barbe des prophètes, des ermites, des hippies, des anarchistes ou de Che Guevara. Ce n'est pas celle de la gauche républicaine voire révolutionnaire », souligne Christian Bromberger, auteur de l'ouvrage « Les sens du poil. Une anthropologie de la pilosité ».

Pierre-Emmanuel Bisseuil, directeur de recherches au cabinet de tendances Peclers, voit aujourd'hui dans la barbe « un signe d'affirmation de la virilité, face à une féminité qui revendique certaines marques de pouvoir ». L'expert « voit donc encore pas mal d'avenir dans cette mode ».

De quoi faire le bonheur des barbiers, dont les boutiques se multiplient. Sarah Daniel-Hamizi, à la tête de trois - et bientôt quatre - salons « La Barbière de Paris », n'a « pas du tout » été étonnée de l'arrivée d'un Premier ministre barbu, même si elle juge que sa barbe aurait besoin d'être « restructurée ».

Avec une clientèle âgée en moyenne de 25 à 50 ans, la barbière voit tous types d'hommes dans son salon. La barbe, souligne-t-elle, convient particulièrement aux personnes dégarnies : « Du coup, on ne regarde plus la calvitie mais la barbe bien dessinée ».

Un championnat de France

Signe des temps, le premier championnat de France de la barbe se tiendra le 17 juin, à Paris, sur le modèle de ses homologues américain, anglais et allemand. Barbes « Verdi », « Garibaldi », « freestyle », « Fu Manchu »... Les concurrents s'affronteront au sein de 17 catégories. Avec, en jeu, le titre de « plus belle barbe de France ». À bon entendeur...

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KARLA IN A CAR IN LA – DANNY SCOTT LANE {EXCLUSIVE EDITORIAL/ NSFW}

Danny Scott Lane, is a photographer now based in Los Angeles. He is inspired by everyday things, women and cinema. His work creates raw and honest photographs that beautifully captures the personality and emotions of his subjects. He submitted his latest set he shot with Karla one afternoon and tells us a little about his day...

 "We shot some film in my Subaru up in the hills of Silverlake. We found a spot on the street sandwiched in between a couple of houses undergoing construction. It was a weekend, so there were no workers and we had the spot to ourselves - besides for one lady walking her dog who probably got a nice eye-full. Karla is amazing. We already have a shoot planned for next weekend in her hometown of San Luis Obispo."

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PHOTO est paru

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50 ANS DE PHOTO : Retour sur les meilleures couvertures par décennies : une plongée historique !

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Cara Delevingne

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Débarquement en Normandie : MARDI 6 juin 1944. Nous sommes le MARDI 6 juin 2017 - REMEMBER

Voir mes anciens billets sur le Débarquement en Normandie

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Emmanuel Macron, une enfance chez les jésuites (comme moi...)

Par Zineb Dryef - le Monde

C’est à la Providence, à Amiens, qu’Emmanuel Macron a été formé à l’excellence selon les principes ignaciens – et qu’il a rencontré sa future épouse. Un esprit « fils de jèses » qu’il partage avec Jean-Paul Delevoye, François Ruffin ou Laurent Delahousse.

Cela s’est donc passé là. A la Providence. Dans ces bâtiments imposants élevés en 1950 le long du boulevard Saint-Quentin, adossés au quartier d’Henriville, le plus tranquille, le plus huppé d’Amiens. Une histoire si romanesque que les médias du monde entier, américains, anglais, suédois, néerlandais, chinois, japonais, suisses, sont venus recueillir les souvenirs de ceux qui ont connu Emmanuel Macron, cet ancien élève ayant épousé l’une de ses professeures, de vingt-quatre ans son aînée, et devenu le plus jeune président de la République française.

Un élève prodige

Pendant la campagne électorale, les caméras n’ont pu filmer que les grilles bleues fermées de l’établissement privé. Depuis l’élection, on les ouvre aux curieux. Obligeants, les anciens professeurs ont raconté avec emphase l’élève prodige.

Le père Philippe Robert, enseignant de physique-chimie : « En première, le jour de son bac blanc de français, nous étions, juste pour le plaisir, quatre enseignants au fond de la classe à être venus l’écouter raconter les salons littéraires du XVIIIe siècle. Un moment éblouissant. » (Paris Match)

Son professeur d’histoire, Arnaud de Bretagne : « Emmanuel était un battant, quelqu’un de très mature pour son âge, qui aimait le contact des adultes et qui posait énormément de questions. Quelqu’un d’enthousiaste. » (Le Parisien)

LA « PRO », C’EST L’HISTOIRE D’UNE FABRIQUE PROVINCIALE DES ÉLITES, MÉLANGE DE RITES IMMUABLES ET D’UNE ÉTONNANTE CAPACITÉ À S’ADAPTER AUX ÉVOLUTIONS DE LA SOCIÉTÉ.

Marc Defernand, professeur d’histoire et géographie : « Je l’aurais imaginé devenir un grand acteur de théâtre classique. Je lui avais dit un jour : “Si tu continues dans cette voie, tu seras le Gérard Philipe du XXIe siècle.” Chaque siècle a eu un personnage hors du commun ; peut-être qu’il est celui du XXIe siècle ? » (TF1)

« Fils de jèses »

La Providence présente deux particularités. La première est donc d’avoir accueilli un président de la République, son épouse et leur histoire d’amour, jugée singulière. La seconde est de compter parmi l’un des quatorze établissements jésuites de France. Des établissements réputés exigeants, longtemps destinés à la formation des élites du pays.

On compte ainsi des centaines de patrons, d’artistes, de politiques et d’intellectuels parmi les « fils de jèses ». On plonge dans la « Pro » comme dans un petit bout d’histoire de France. L’histoire d’une fabrique provinciale des élites, mélange de rites immuables et d’une étonnante capacité à s’adapter aux évolutions de la société.

Dans les albums photo de la cité scolaire, on retrouve donc Emmanuel Macron et Brigitte Auzière ; ils ne posent pas encore ensemble sur la photo. Mais aussi le maréchal Leclerc, la plus grande gloire de l’établissement. Laurent Delahousse, avant la télévision, mais déjà le sourire ravageur. On n’aperçoit pas François Ruffin, le réalisateur du documentaire Merci Patron ! et candidat aux législatives, qui y a pourtant fait ses classes.

Il a laissé le souvenir d’un garçon discret, pas du tout rebelle, ni bruyant. « Si vous lui parlez de moi, il vous dira que je suis le Diable », rigole Marc Defernand, professeur d’histoire, désormais à la retraite.

Une éducation qui structure une vie

« J’ai même retrouvé chez nous une trace du passage de Joseph Porphyre Pinchon, le père de Bécassine », s’enthousiasme Jean-Pierre Bondois. L’engouement autour de l’école ne lui déplaît pas.

Elle est l’occasion pour cet enseignant retraité, président de l’Immobilière, l’association propriétaire de l’école, de raconter l’histoire de la « Pro » qui se confond avec la sienne. Il a connu la Pro d’autrefois. Celle dont l’image historique revêt des couleurs un peu grises. « Etre élevé chez les bons pères », disait-on alors, ce qui évoquait quelque chose de compassé, de rigoureux, d’exigeant.

Le professeur Bernard Devauchelle, qui a réalisé la première greffe partielle du visage, et Jean-Paul Delevoye, ancien ministre de Jacques Chirac et patron des investitures de La République en marche pour les législatives, sont de cette génération, celle des vrais « fils de jèses », qui ont connu l’établissement tenu par les hommes en noir, une éducation qui vous structure une vie entière.

On est au début des années 1960. Il y a une vingtaine de jésuites dans l’équipe et même des bonnes sœurs qui tiennent la lingerie et l’infirmerie. « L’escadron blanc », s’amusaient les élèves à leur passage.

Cours de chimie dans le laboratoire du lycée de la Providence. | ANTOINE BRUY POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

Un lycée protégé, imperméable au monde extérieur

Bernard Devauchelle, fils de notables amiénois, y a passé son baccalauréat en 1968. Une période « curieuse », se souvient-il, dont l’agitation ne perturbe que légèrement le lycée, protégé, imperméable au monde extérieur. L’empreinte religieuse est très forte alors. Les différents événements de la vie catholique sont célébrés avec les pères.

Jean-Paul Delevoye, lui, était enfant de petits bourgeois de Bapaume, qui n’avaient pas vraiment le sou. Mais quand le docteur Saint-Yves, le médecin de famille, suggère à ses parents de l’envoyer à la Pro – « Il faut pousser Jean-Paul, c’est un élève prometteur » – ils consentent à cet effort.

« Je mesure la chance que j’ai eue, raconte-t-il, quarante ans plus tard. J’étais quelqu’un de très bas de classe, par rapport à la bourgeoisie nordiste. Socialement, je n’avais pas vocation à me retrouver là. » A la Pro, il perfectionne ses humanités, latin et grec. Il adore être enfant de chœur, « pour boire un coup de pinard ».

Il découvre le cinéma, dont les pères lui disent que ce n’est pas un divertissement, mais une réflexion sur le monde. Il se nourrit des discours d’espérance d’un père rescapé des camps. Tous les jeudis, il repeint des logements de femmes de détenus et profite de ces rares sorties pour fréquenter les sœurs de ses camarades.

Quatorze établissements sous la tutelle jésuite

Une adolescence plutôt gaie, mais le jeune Delevoye étouffe. La discipline est stricte, rigoureuse. Les pensionnaires ne rentrent chez eux que tous les quinze jours. A la moindre incartade, la sanction consiste à les tenir éloignés de leur famille un mois entier. « Quand on sort de chez les jésuites, on en sort soit révolté, soit catho », pense aujourd’hui Delevoye, sans être tout à fait certain de ce qu’il est devenu.

« J’en conserve une forme de générosité, d’exigence, de tolérance et d’ouverture, témoigne Devauchelle. Mais peut-être aussi, cette éducation donne-t-elle une sorte de sentiment de supériorité. Fils de jèses, ça signifie qu’on se reconnaît. Ce n’est pas une solidarité de réseau ou de club, mais un esprit en partage. »

La première fois que Jean-Paul Delevoye a rencontré Emmanuel Macron pour se voir attribuer la présidence des investitures d’En marche !, ils se sont confiés : « Moi aussi je suis passé par la Pro. » Et rien d’autre. « Quand on dit : “Tu es passé par la Providence”, ou plus généralement “chez les jésuites”, cela signifie beaucoup. On n’a pas besoin d’ajouter quoi que ce soit : on a eu un passage commun », explique Delevoye. Près de trente ans séparent pourtant la scolarité des deux hommes.

En 1988, quand Emmanuel Macron entre à la Pro en classe de sixième, le monde a changé et la majorité des jésuites s’est retirée. Ils ne sont plus que cinq dans les murs. L’hémorragie des vocations religieuses les a progressivement conduits à confier l’instruction des jeunes et la direction de leurs établissements scolaires à des laïques. Aujourd’hui, s’il n’y a plus l’ombre d’un père dans les collèges et les lycées jésuites, on revendique encore cet esprit singulier laissé en héritage. Pour le faire perdurer, les jésuites veillent.

Ils exercent une tutelle sur leurs quatorze établissements, qu’ils inspectent ponctuellement pour vérifier que les grands principes de leur éducation sont respectés, et les enseignants bien formés à la spiritualité ignacienne. Maxime Grenard, professeur de mathématiques, se souvient de sa première réunion de formation : « Les anciens nous ont parlé d’Ignace de Loyola, de l’histoire de la Providence, de l’esprit jésuite. C’était un moment important. Je suis resté à la Pro parce que j’ai adhéré à ces valeurs. C’est un esprit que je veux contribuer à faire perdurer. »

L’excellence comme aspiration perpétuelle

Dès la maternelle, on apprend aux enfants qui est Ignace de Loyola. On leur raconte les deux vies de celui qui a fondé la Compagnie de Jésus en 1540. La première, dissolue et désordonnée. La seconde, celle du saint. Comme dans tous les lycées catholiques, la catéchèse hebdomadaire n’est plus obligatoire mais des rencontres avec de « grands témoins chrétiens », des cours d’histoire de la religion et des actions sociales sont proposés à tous.

Il y a deux mois, les terminales ont fait une retraite spirituelle de quelques jours dans une abbaye de la région. « Ce n’est pas la présence physique des jésuites qui fait que l’établissement est jésuite, explique le directeur de l’école primaire. C’est d’abord un projet. Former des élèves conscients du monde dans lequel ils vivent, conscients de leur intériorité. Des élèves compatissants. Qui ont toujours le souci du plus petit. »

De grands principes séculaires guident l’éducation ignacienne, qui paraissent proches de ceux défendus aujourd’hui par les nouvelles pédagogies alternatives. D’abord, la relecture, ce temps que consacrent élèves et enseignants à faire l’examen de leur journée – qu’est-ce que j’ai ressenti ? Qu’est-ce qui m’a réjoui ? Qu’est-ce que j’ai appris ?

Le magis ignacien ensuite, ce concept qui fonde l’excellence comme aspiration perpétuelle. « Il ne s’agit pas d’excellence académique mais de conduire le plus loin possible les élèves, le plus loin qu’ils puissent réaliser individuellement, éclaire Emmanuelle Branquart, enseignante de sciences économiques et sociales. Je ne pense pas que les élèves perçoivent forcément cet esprit, mais c’est quelque chose qui domine notre pratique. »

Enfin, la formule « Mens sana in corpore sano » est ici prise au sérieux : une piscine a été bâtie dès 1950 près de la grande salle de théâtre de 600 places. Ce programme vise une fin : « Préparer des hommes pour demain, c’est préparer des hommes pour les autres. » Une devise que de grandes lettres colorées proclament dans un couloir du lycée.

« La réalisation de son talent, quel qu’il soit »

Et puis il y a le théâtre, bien sûr. Qui dans l’éducation jésuite ne relève pas de l’accessoire. « On est au cœur de la pédagogie ignacienne », expose Mme Evrard, enseignante de lettres et de théâtre, même blondeur et mêmes yeux bleus que Brigitte Macron qu’elle a remplacée après son départ, en juin 2007. « Il s’agit de former les élèves à l’art de la rhétorique. Mais c’est aussi l’occasion de les découvrir, de les voir autrement. »

« C’EST DANS CES ANNÉES QUE S’EST FORGÉE CHEZ MOI CETTE CONVICTION QUE RIEN N’EST PLUS PRÉCIEUX QUE LA LIBRE DISPOSITION DE SOI-MÊME, LA POURSUITE DU PROJET QUE L’ON SE FIXE, LA RÉALISATION DE SON TALENT, QUEL QU’IL SOIT. » EMMANUEL MACRON

Bien avant cette scène désormais éternelle de l’épouvantail (tirée de La Comédie du langage, de Jean Tardieu) jouée par le jeune Emmanuel devant Brigitte, le lycée a connu des représentations retentissantes. Dans les années 1950, quand il était professeur d’anglais à la Pro, l’écrivain franco-russe Vladimir Volkoff a animé l’atelier. On parle encore de son Marchand de Venise comme d’un éblouissement.

Cette pédagogie, Emmanuel Macron la revendique comme un héritage précieux, structurant. Dans son livre, Révolution, il écrit : « C’est dans ces années d’apprentissage que s’est forgée chez moi cette conviction que rien n’est plus précieux que la libre disposition de soi-même, la poursuite du projet que l’on se fixe, la réalisation de son talent, quel qu’il soit. » Il y rend hommage à ses professeurs, et à ce qui fonde l’éducation jésuite : « Ces enseignants dont c’était l’honneur de suppléer à toutes les carences pour les élèves vers le meilleur. »

Emmanuel Macron joue dans une saynète tirée de La Comédie du langage de Jean Tardieu

Il dit avoir été pénétré alors par cette discipline de l’esprit, cette volonté d’ouverture au monde et cette bienveillance. C’est très jésuite, la bienveillance, approuve Bondois : « Le présupposé de sympathie vis-à-vis de l’autre, même quand il s’agit d’un adversaire, c’est à cela qu’on a été formés. Convaincre plutôt que s’opposer frontalement. On retrouve cela chez Emmanuel. »

« Demandez au Seigneur un cœur libre »

Une fin de matinée du mois de mai, vingt-cinq ans après le départ d’Emmanuel Macron de la Pro. Les terminales ES ont cours d’éco. Riad est invité à aller chercher un mot d’excuse pour son absence. Emmanuelle Branquart, avant de reprendre la leçon de la veille, rappelle à ses élèves que c’est l’avant-dernier cours de l’année. « Ooooh », font-ils mine de découvrir. Mais elle promet d’être présente pendant la période de révision du bac. Elle transmettra ses horaires à la déléguée qui tiendra ses camarades au courant sur la page Facebook de la classe.

Les élèves planchent sur la discrimination positive à l’école. L’enseignante passe à travers les rangs. L’ambiance est studieuse entre les murs crème de cette salle de classe. Près du tableau noir, on a punaisé un petit calendrier qui affiche la bobine souriante du pape François, premier pape jésuite, et cette exhortation à la jeunesse : « Demandez au Seigneur un cœur libre pour ne pas être esclaves de tous les pièges du monde. »

« CERTAINS LE REGRETTENT SANS DOUTE, MAIS IL S’AGIT DE NOTRE MISSION : ACCUEILLIR TOUT LE MONDE. » JEAN-MICHEL HÉNIQUEZ, CHEF D’ÉTABLISSEMENT

Riad, qui est revenu avec son mot d’excuse, passe au tableau. Il expose ce qu’il a compris des inégalités en Inde, la reproduction des privilèges et des inégalités. C’est à cela précisément que ses parents ont voulu l’arracher en l’inscrivant à la Pro. Ils se sont dit que leurs enfants méritaient mieux que le lycée public du coin, Delambre à Amiens-Nord, celui par lequel est passée Najat Belkacem. « Mes sœurs ont fait la Providence. L’une est à Science Po, l’autre est juriste. Alors mes parents m’ont inscrit ici. C’est plus strict, ça permet de nous donner de bonnes bases, de faire de bonnes études. De mettre toutes les chances de notre côté. »

Plus seulement « une machine à reproduire les élites »

Contrairement aux lycées jésuites Saint-Louis de Gonzague à Paris – où enseignait encore Brigitte Macron jusqu’en 2015 – ou Saint-Joseph à Reims, la Providence d’Amiens n’est plus seulement une machine à reproduire les élites. S’il est toujours de bon ton pour la bourgeoisie locale d’y inscrire ses enfants, l’école s’est ouverte dès les années 1970 aux classes moyennes, notamment avec l’ouverture des sections techniques.

« Certains le regrettent sans doute, observe Jean-Michel Héniquez, le chef d’établissement. Mais il s’agit de notre mission : accueillir tout le monde. » Au lycée, les parents d’élèves doivent s’acquitter de 520 euros à 980 euros par an, selon leurs revenus (à titre de comparaison, l’année scolaire coûte 2 760 euros à Saint-Louis de Gonzague).

La direction admet que les parents ne placent plus leurs enfants à la Pro pour la pédagogie ignacienne, sauf peut-être les anciens élèves. On vient d’abord pour la promesse de réussite scolaire. Ici, on a son bac. 100 % en L. 97 % en ES. 96 % en S.

Jean-Michel Héniquez assure inscrire les élèves par ordre chronologique d’arrivée des demandes. Sans aucun critère de sélection. « Comment expliquer que nos résultats se maintiennent ? Les parents qui inscrivent tôt leurs enfants sont des parents attentifs. C’est la seule réponse profonde que j’ai trouvée. »

« Peut-être que les profs ici sont juste humains… »

L’internat de 430 places (3 280 euros à 5 690 euros par an) attire des élèves venus de loin. Damien a quitté Saint-Leu-la-Forêt dans le 95, des histoires de cités sur lesquelles il ne veut pas s’étendre. Il lui fallait partir. Un copain lui a parlé de la Providence. Il n’était pas vraiment bon élève, plutôt moyen même, mais il n’y a pas eu de problème. On l’a pris.

À l’internat, il a découvert les messes du matin à la chapelle, mais il ne sait pas grand-chose des jésuites. « On en a parlé en français. Ça n’a pas un rapport avec Port-Royal ? » L’adolescent aime bien l’ambiance. Ça n’est pas si strict, finalement. La « Pro » s’adapte à son temps. Par exemple, l’année dernière, il n’aurait pas eu le droit de « descendre comme ça », vêtu de ce grand sarouel noir. « On n’avait pas le droit au jogging ni au jean troué. Cette année, c’est plus cool. »

Kevin, 18 ans, qui triple sa terminale S, semble lui aussi s’épanouir. Comme il avait échoué une première fois dans son lycée public de Wimereux, il s’est inscrit à la Pro « parce que c’est très réputé ».

À la fin de l’année dernière, il a eu le rattrapage. « Quand je suis arrivé ici, je me suis dit : “Je vais pas m’adapter…” J’ai de gros problèmes d’apprentissage, mais ça va de mieux en mieux. Les profs nous encadrent bien. Dans mon lycée public, les profs n’essayaient pas de nous aider, ils nous laissaient couler. Ici, ils sont derrière nous. Peut-être qu’ils ont la pression de la direction ou peut-être qu’ils sont juste humains. »

La cloche retentit. Dans les couloirs où a pu régner autrefois une atmosphère austère, se presse ce mardi de mai une foule d’adolescents bruyants, qui s’embrassent ou jouent au ballon derrière leurs casiers aux couleurs éclatantes. Une curiosité : aucun smartphone. Ils sont strictement interdits dans l’ensemble de l’établissement et, ça relève du miracle, les élèves s’y tiennent. Pendant sa campagne, Emmanuel Macron l’a promis, lui président, les téléphones portables seraient proscrits dans les écoles.

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Mario Testino à la Fondations Helmut Newton - Berlin

mario

Le photographe péruvien a fait de son nom une griffe. Il est à l'honneur à la Fondation Helmut Newton, à Berlin, avec son nouvel opus, Undressed.

Malice au pays des merveilles. C'est ainsi que Jean Cocteau avait surnommé Cecil Beaton, qui fit ses débuts en photographiant des «Bright Young Things», aristocrates des années vingt, hédonistes et déguisés. Pieds nus dans ses mocassins, Mario Testino n'écrit pas, ne dessine pas. À 62 ans, il a gardé l'enthousiasme d'un invité de la vie. Né à Lima, une ville habituée aux séismes, il a fait de la souplesse une devise. «C'est peut-être à cause des tremblements de terre. Je me suis toujours habitué à savoir bouger, à m'adapter.»

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