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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mardi 4 juillet 2017

Fashion Week - Défilé CHANEL - Comment faire entrer la Tour Eiffel au Grand Palais ? Karl l'a fait ! Bravo !

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Métro Cadet - Paris - pour la fête de l'indépendance du 4 juillet

métro cadet pour 4 juillet

Commémoration de la Déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776. Le Jour de l'Indépendance (en anglais : Independence Day ou Fourth of July) est la fête nationale des États-Unis commémorant la Déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776 , vis-à-vis du Royaume de Grande-Bretagne.

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Premier contact du chef des armées avec les forces de la dissuasion

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Par Nathalie Guibert - Le Monde

En visite à l’Ile Longue puis à Brest mardi 4 juillet, le président Macron passera quelques heures en plongée à bord du sous-marin nucléaire Le Terrible.

S’il est un choix, un ordre, que le chef de l’État français devra assumer seul, c’est bien celui de lancer l’arme atomique. Emmanuel Macron devait embarquer mardi 4 juillet sur Le Terrible, le dernier-né des quatre sous-marins nucléaires lanceur d’engins (SNLE) français. Le président devait être hélitreuillé, depuis la base de la marine nationale de l’Ile Longue, à Brest, pour une plongée de plusieurs heures qui formera son premier contact avec les forces de la dissuasion.

Renouvellement des armes

En 2012, un 4 juillet aussi, son prédécesseur François Hollande s’était prêté à la manœuvre en plongeant durant quatre heures à bord du Terrible, qui rentrait de patrouille. C’est « pour connaître directement l’instrument qu’il commande » que Valéry Giscard d’Estaing avait quant à lui décidé de passer 24 heures à bord du SNLE, pour ce qui fut, le 7 novembre 1974, sa première visite officielle aux forces armées. Il est le seul président de la Ve République à ce jour à avoir passé une nuit à bord.

M. Giscard d’Estaing était alors le troisième locataire de l’Elysée nouvellement élu à plonger, mais le premier de l’ère nucléaire. Emile Loubet, en 1901, tout comme le père de la dissuasion, Charles de Gaulle, en 1962, avaient embarqué dans des sous-marins classiques.

Candidat, M. Macron s’est inscrit dans la continuité stratégique au regard de l’arme atomique. « Plusieurs puissances développent aujourd’hui leurs forces nucléaires, certaines d’entre elles n’hésitent pas à les manier à des fins de démonstration et d’intimidation. Dans ce contexte, j’entends maintenir nos capacités de dissuasion sur le long terme », avait-t-il déclaré le 18 mars dans son discours sur la défense. « Je prendrai les décisions nécessaires au renouvellement des deux composantes, océanique et aéroportée, qui sont complémentaires », avait-il ajouté.

Les crédits alloués aux forces nucléaires – 3,9 milliards d’euros en 2017, soit 22,5 % du budget d’équipement de la défense – doivent doubler après 2020 pour une décennie. En jeu : le renouvellement des armes. Cet effort de modernisation, déjà décidé, couvre principalement la réalisation des quatre SNLE de troisième génération dont la mise en œuvre est prévue entre 2035 et 2048, et qui seront équipés des versions futures du missile nucléaire intercontinental M51.

En attente d’un discours sur la dissuasion

Au cours de son mandat, M. Macron doit en outre définir le futur porteur de l’arme nucléaire aérienne de moyenne portée : ce pourra être un avion de chasse comme aujourd’hui, mais aussi un avion gros porteur multirôles, ou un drone. Les décisions sont attendues avant 2022, pour les appareils comme pour les têtes nucléaires des missiles qu’ils emporteront à l’horizon 2035-2040. Le programme de simulation des armes, enfin, qui pallie l’arrêt des essais décidé en 1996, doit être développé.

La visite brestoise du président prévoit à terre des « échanges avec des salariés de PME sous-traitantes ». On peut y voir la marque du député Jean-Jacques Bridey, devenu président de la commission de la défense de l’Assemblée, qui fut rapporteur de la mission d’information sur les enjeux industriels de la dissuasion en 2016, avant d’être un animateur de la campagne Macron. « Un euro investi dans la dissuasion nucléaire engendre vingt euros dans l’économie », affirmait son rapport, le secteur pesant selon lui 17 000 emplois.

La plongée de M. Macron n’épuisera pas le sujet. La tradition française inscrit dans le mandat présidentiel un grand discours sur la dissuasion, domaine qui comporte une dimension déclaratoire importante. En 2008, Nicolas Sarkozy, alors président, avait annoncé la réduction d’un tiers de la composante aéroportée, précisant que la France disposait de moins de 300 têtes nucléaires. En 2015, M. Hollande avait détaillé pour la première fois la composition de l’arsenal, et achevé l’évolution de la doctrine « anticités » française, l’arme atomique ne menaçant plus explicitement de détruire les populations mais les centres de pouvoir de l’adversaire.

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Emmanuel Macron hélitreuillé au dessus du sous-marin "Le Terrible"... ça c'est terrible ! il fait un stage commando ? J'aimerais bien être à sa place. C'est génial.

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CHRISTIAN DIOR - Autumn-Winter 2017-18 Haute Couture show

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Le palace parisien Le Crillon rouvre ses portes (demain mercredi) après quatre ans de travaux

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Par Guy Dutheil - Le Monde

Depuis 2007, le nombre des palaces dans la capitale a doublé, passant de sept à quatorze. Après deux années de crise, les établisssements de luxe semblent retrouver le sourire.

On sabre à nouveau le champagne dans les palaces parisiens. Après deux années de crise, les établissements de luxe de la capitale ont retrouvé le sourire. « Les affaires vont plutôt bien. Nous ne savons plus trop quoi faire de nos clients », savoure François Delahaye, directeur général du Plaza Athénée, l’une des plus prestigieuses adresses parisiennes. « Cela va mieux », admet José Silva, vice-président et directeur général du Four Seasons George V. Une véritable « embellie », confirme Christophe Laure, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) Prestige - le syndicat des palaces et des hôtels haut de gamme.

Ce regain de forme tombe pile avec le retour du Crillon. Le palace de la place de la Concorde rouvre, mercredi 5 juillet, ses chambres et ses suites après quatre ans de travaux. Une rénovation de fond en comble. Comme une seconde jeunesse. Un chantier pharaonique pour son propriétaire le prince saoudien Mutaib bin Abdullah bin Abdulaziz.

Et (très) dispendieux : un luxe un peu tapageur, des dorures à la feuille l’or, deux sous-sols creusés pour faire place à une piscine de 16 mètres de long et un spa. Le « must » des palaces. Rien moins que 440 millions d’euros de travaux chuchotent les professionnels. Une somme que « ne confirme ni n’infirme » Rosewood Hotels & Resorts, le groupe d’hôtellerie de luxe hongkongais chargé d’exploiter le Crillon.

Il faut dire qu’en 2010, déjà, le prince saoudien n’avait pas hésité à débourser environ 250 millions d’euros pour s’adjuger cette institution parisienne au nez et à la barbe du groupe allemand Kempinski.

Mille euros la nuit

Avec cette réouverture, la Ville Lumière va renforcer son statut d’exception. « Il n’y a aucune ville au monde qui peut, comme à Paris, regrouper autant de palaces avec un prix moyen des chambres aussi élevé », s’enthousiasme M. Laure.

L’établissement de la place de la Concorde ne risque pas de faire baisser la moyenne. Au contraire, il se positionne d’emblée comme un des plus chers de la place. Mille euros pour une nuit dans l’une des quatre-vingt-quatre chambres et jusqu’à 25 000 euros, sans le petit-déjeuner, pour loger dans l’une des trente-trois suites de l’hôtel. Enfin, le Crillon propose pour ses clients les plus fortunés deux « grands appartements » d’une superficie de 450 mètres carrés décorés par le couturier Karl Lagerfeld au prix stratosphérique de 32 000 euros.

Dans la capitale, tout le monde n’applaudit pas aussi fort le retour du Crillon. « Cela augmente le nombre de chambres de la catégorie palace. Il y a un peu trop de palaces à Paris », s’inquiète le patron du Plaza Athénée. Il est vrai que la concurrence est vive sur le segment du luxe. En 2014, c’est le Peninsula qui prenait place avec ses deux cents chambres à quelques pas des Champs-Elysées, puis le Ritz a fait son come-back avec 71 chambres et suites supplémentaires il y a un an.

Et ce n’est pas fini ! Deux adresses sont encore à venir. Seul palace de la rive gauche, le Lutetia prévoit d’achever sa rénovation en 2018, tandis que le Cheval Blanc est attendu pour 2019 dans les murs de la Samaritaine. Depuis 2007, le nombre de palaces à Paris aura doublé passant de sept à quatorze. « Cela reste quand même raisonnable. Il y a même encore une certaine marge », plaide Christophe Laure car « il y a de plus en plus de milliardaires dans le monde ».

A en croire le patron du syndicat des palaces, cette profusion d’établissements de grand luxe serait même bénéfique. « Les performances des six premiers mois de 2017 sont assez prometteuses », fait-il savoir. Le revenu par chambre, le véritable baromètre de l’économie du secteur, aurait ainsi augmenté de 18 % par rapport à 2016.

En revanche, les taux d’occupation des grandes enseignes parisiennes « restent encore en deçà de ceux d’avant les attentats de 2015 et 2016 » qui pouvaient culminer à 80 % et même 90 %, tempère M. Laure. Aujourd’hui, il serait plutôt calé autour de 65 %. Avec des variations. Celui du George V serait de 55 %. Claudio Ceccherelli, directeur général du Park Hyatt, lui, se frotte les mains : « Juin a été un mois formidable avec 90 % de remplissage. Il devrait atteindre 75 % en juillet. » A l’inverse, le Peninsula, dont la direction n’a pas souhaité répondre à nos questions, vivrait « un drame », confie un concurrent.

Offre pléthorique

En quelques années, les prix moyens des chambres ont plus que doublé. Désormais, tous les palaces visent un prix moyen par chambre de 1 000 euros par nuit contre 350 à 450 euros auparavant. Au total, Paris propose désormais près de 1 900 chambres à ce tarif. Une offre pléthorique, mais le patron du George V ne croit pas à une guerre des prix. « Parce que les palaces n’ont pas les moyens de se la payer. Certains s’y sont essayés », sans succès, ajoute-t-il.

A l’examen, l’économie de l’hôtellerie de luxe est très fragile. A Paris, « aucun des hôtels rénovés ne sera rentable à court terme », pointe José Silva. La faute au prix de revient des chambres qui a explosé pour atteindre de « 3 à 5 millions d’euros ». C’est lors de la revente des palaces que les propriétaires touchent le pactole. Notamment les qataris, propriétaires du Peninsula, qui grâce à une disposition fiscale adoptée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, « ne paient pas d’impôts sur le capital. Dans vingt ans, ils vendront avec 100 % de bénéfice », assure M. Silva.

A Paris, le boom des palaces profite surtout aux cinq étoiles et aux boutiques hôtels. Des établissements luxueux mais de plus petites capacités. Cette bonne fortune excite les convoitises. Un Bulgari doit ouvrir juste en face du George V. Le groupe Madar, spécialisé dans l’immobilier commercial et de bureaux, achève de construire « un cinq étoiles grand luxe de trente chambres au 82 rue de Lille, près du boulevard Saint-Germain », indique Alain Madar, le PDG du groupe. Un investissement de 40 millions d’euros. Ouverture prévue en 2018 à l’enseigne du groupe hôtelier italien JK Place. Un changement de pied qui ne doit rien au hasard.

Selon les emplacements, « il est plus rentable de faire de l’hôtellerie », indique M. Madar. Mais surtout pas de palace. « Pas sûr que ce soit très rentable, selon notre analyse », assène Alain Madar.

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Jardin Serge Gainsbourg

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Aménagé au cœur du futur quartier de la Porte des Lilas, la première partie du jardin Serge-Gainsbourg a été créée au dessus du boulevard périphérique.

Le jardin porte le nom du père du célèbre « Poinçonneur des Lilas».

A demi sur dalle, il dessine un paysage vallonné autour d'une grande pelouse centrale.

On y trouve jardins partagés, aires de jeux, un bassin central d'une quinzaine de mètres de diamètre... le tout relié par la « ficelle », un chemin en pente douce qui serpente au milieu de la verdure. Accessible aux personnes à mobilité réduite, il relie le Pré-Saint-Gervais.

Le bassin est alimenté grâce à la récupération des eaux de pluie.

L'espace central est constitué de vastes pelouses accessibles au public du mois d'avril au mois d'octobre.

De nombreuses variétés de plantes et d'arbres agrémentent les parties extérieures du jardin

Au bout du jardin, un belvédère offre une vue très dégagée et plongeante sur la Plaine-Saint Denis,  et domine le périphérique.

Depuis le printemps 2011, le jardin s'est agrandi et offre un espace davantage arboré et ombragé, avec deux aires de jeux.

Le terrain destinée à accueillir une bibliothèque et attenant au jardin a par ailleurs été aménagée temporairement par les jardiniers.

En attendant les travaux de réalisation de l'équipement culturel, une allée et des bancs sont à votre disposition sur cette parcelle jusque là en friche.

http://equipement.paris.fr/jardin-serge-gainsbourg-6337

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Le Voyage à Nantes - #LVAN

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Bella Hadid

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Emmanuel Macron à Versailles devant le Congrès

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Le discours d'Emmanuel Macron sur périscope en cliquant sur le lien suivant : 

https://www.pscp.tv/w/1ynJOjyrpPZGR

 

« Un discours ? Non, une révolution »

Par Françoise Fressoz

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime que l’objectif du président, lundi à Versailles, n’était pas d’effacer son premier ministre mais de confirmer l’ampleur de la révolution qu’il entend conduire dans le pays.

Tous ceux qui avaient accusé Emmanuel Macron de vouloir faire de l’ombre à son premier ministre en parlant avant lui se sont fourvoyés. Leur champ de vision était trop court. Ils se sont trompés sur la nature du discours au Congrès, prononcé lundi 3 juillet à Versailles par le chef de l’État.

L’objectif de M. Macron n’était pas d’effacer son chef de gouvernement auquel échoit au contraire la lourde tâche de dérouler le contenu précis des réformes et d’en assurer l’exécution. Sa visée était de confirmer l’ampleur de la révolution qu’il entend conduire dans le pays depuis que, le 6 avril 2016, lui, l’ancien ministre de l’économie de François Hollande, s’est mis en marche pour tout changer.

La nouvelle société que tente de faire émerger le nouvel élu est fondamentalement libérale. Elle mise sur l’autonomie de l’individu, son dynamisme, sa capacité à saisir sa chance dans un environnement économique et social qui aura été profondément transformé pour le lui permettre.

De cette mise en mouvement, le chef de l’État attend tout : un changement de mentalité, un sursaut d’optimisme, un surcroît de citoyenneté, la victoire sur le populisme. Dans son discours, le mot « liberté » domine tous les autres, c’est pourquoi les castes, quelle que soit leur nature, sont dans le collimateur. A commencer par celle des élus qui ont failli.

Logiciel idéologique

En s’appuyant sur « le mandat du peuple », M. Macron poursuit avec détermination le dynamitage du vieux monde politique qu’il avait entamé pendant sa campagne. Devenu le garant des institutions, il les redessine à sa façon. Après avoir réinvesti symboliquement la charge présidentielle, il refaçonne le Parlement en annonçant qu’il veut couper d’un tiers le nombre des élus, instiller une dose de proportionnelle dans le scrutin législatif, refondre la procédure parlementaire et réformer de fond en comble le Conseil économique social et environnemental (CESE).

Partout, un maître mot, « l’effectivité », par opposition au déni de réalité, au manque de résultats, aux discours qui tournent à vide. Il y a quelque chose de vertigineux, dans un pays démocratique, à voir un seul homme conduire le changement avec une telle détermination. « C’est Louis-Philippe et Louis Napoléon à la fois ! », s’était indigné François Mitterrand lorsque de Gaulle avait, en septembre 1958, accouché de la Ve République mais il avait, ensuite, fallu vingt-trois ans au leader socialiste pour transformer son combat en victoire, accéder au pouvoir et finalement se couler dans les habits du monarque.

On mesure à cette aune le chemin que devront parcourir les opposants à M. Macron qui, pour l’heure, se divisent en deux camps : les « irréductibles » tendance Jean-Luc Mélenchon – le chef de file de La France insoumise – qui, au nom de la VIe République, mènent un double combat, institutionnel et social, contre le nouveau locataire de l’Elysée auquel ils dénient, en raison de l’ampleur de l’abstention, toute légitimité démocratique. Et puis les autres, sonnés par la défaite, qui préfèrent minimiser la portée du discours présidentiel, « creux », « vide » assènent-ils, parce que, pour répondre, il faudrait que leur logiciel idéologique soit à jour. Et cela prendra des mois, si ce n’est des années.

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Devant le Congrès, Emmanuel Macron appelle les Français à renouer avec « l’esprit de conquête »

Par Bastien Bonnefous, Cédric Pietralunga

Le chef de l’Etat s’est engagé à répondre à « l’impatience » du pays par un « changement profond », laissant à son premier ministre la charge de détailler, mardi, les moyens pour y parvenir.

Il est un peu moins de 15 heures, lundi 3 juillet, quand Emmanuel Macron traverse l’aile du Midi du château de Versailles, encadré par les casques rutilants de la Garde républicaine. Le pas lent, le président de la République pénètre, dans un silence d’église, dans la salle du Congrès, avant de monter à la tribune et de se poster face aux quelque 900 députés et sénateurs présents dans l’Hémicycle, déserté seulement par une cinquantaine d’élus de la France insoumise ou de l’UDI.

Raide, quasi au garde à vous, il fixe l’assistance pendant de longues secondes, le regard droit devant. Solennel, vertical. Au-dessus de sa tête, une immense peinture, d’après Auguste Couder, représente la séance d’ouverture des États généraux à Versailles, le 5 mai 1789, en présence du roi Louis XVI et de la cour. Pour son premier discours d’ampleur depuis son investiture le 14 mai, M. Macron vient présenter sa « véritable révolution » aux élus de la représentation nationale.

Installée à l’étage sur le côté droit de la salle, près du gouvernement au complet, la garde prétorienne de l’Elysée, formée entre autres par la « plume » Sylvain Fort et le conseiller en stratégie Ismäel Emelien, veille sur l’assistance. Les huissiers sont là, eux aussi, disséminés, qui garantissent le respect du protocole. Il a fallu trois jours pour préparer le bâtiment et l’Hémicycle, qui n’avaient pas été utilisés depuis la venue de François Hollande, le 16 novembre 2015, après les attentats de Paris et de Saint-Denis.

Accents messianiques

Pendant presque une heure et demie, M. Macron a adressé à la nation un discours de la volonté. Sa volonté. Celle de répondre à « l’impatience » du pays par un « changement profond », rendu possible, selon lui, par « le mandat » que lui ont donné les Français en le portant à l’Elysée en mai et en confirmant la vague macroniste lors des législatives, un mois plus tard.

« Ce qui nous est demandé par le peuple, c’est de renouer avec l’esprit de conquête (…) pour le réconcilier avec lui-même », explique le chef de l’Etat, qui veut en finir avec le « déni de réalité » et « trancher avec les années immobiles ou les années agitées » des deux précédents quinquennats de Nicolas Sarkozy et M. Hollande. « En chacun de nous, il y a un cynique qui sommeille. Et c’est en chacun de nous qu’il faut le faire taire (…) Alors, nous serons crus », lance-t-il, renouant avec les accents messianiques de certains de ses meetings de campagne.

Sur le fond, le discours élyséen est pourtant loin de renverser toutes les tables. Peu disert sur la lutte contre le chômage ou les enjeux environnementaux, très général sur sa politique européenne et internationale, M. Macron a surtout insisté sur la nécessité, à ses yeux, de tourner la page avec les réflexes du milieu politique, quitte à bousculer les parlementaires.

Le locataire de l’Elysée a ainsi dénoncé ce « monde politique fait de querelles stériles et d’ambitions creuses », ce « climat de faux procès où le débat public nous a enfermés trop longtemps », dans une « époque de découragement » où « nombreux encore sont ceux qui spéculent sur un échec qui justifierait leur scepticisme ». Mais en même temps qu’il dit vouloir en finir avec « l’opacité, le clientélisme, les conflits d’intérêt, tout ce qui relève de la corruption ordinaire », M. Macron met en garde les médias contre la « société de la délation et du soupçon généralisés », donnant l’impression de vouloir protéger cet ancien monde dont il voue pourtant les pratiques aux gémonies.

Contre « la chasse à l’homme »

« J’appelle à la retenue, à en finir avec cette recherche incessante du scandale, avec le viol permanent de la présomption d’innocence, avec cette chasse à l’homme où parfois les réputations sont détruites », a-t-il déclaré, dans une allusion à peine voilée aux affaires Ferrand ou du MoDem, qui ont brouillé le début de son quinquennat.

Seul chapitre véritablement détaillé de son intervention, le volet institutionnel reprend l’essentiel de ses promesses de campagne. Le chef de l’Etat, qui a l’intention de s’exprimer chaque année devant le Congrès, veut modeler à sa main les institutions de la Ve République. Il a ainsi confirmé son engagement de réduire d’un tiers le nombre de parlementaires, qui s’étendra, au-delà de l’Assemblée nationale et du Sénat, au Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Confirmée aussi, l’introduction d’une « dose de proportionnelle » (sans préciser son niveau) aux législatives, comme la limitation « dans le temps » des mandats parlementaires – pas plus de trois, indiquait son programme électoral. Suppression de la Cour de Justice de la République, refonte du Conseil supérieur de la magistrature, et « évaluation », deux ans après leur mise en œuvre, des « textes importants », comme la future loi sur la lutte antiterroriste censée supplanter l’état d’urgence, qui sera levé « à l’automne ».

Emprunts à des figures historiques

M. Macron veut que la réforme constitutionnelle soit « parachevée d’ici un an ». Soit par un « vote du Parlement », soit, en cas de blocage, notamment au Sénat, par référendum. Un bouleversement qui interpelle une partie des élus, déjà inquiets de la propension du président à concentrer les pouvoirs. « Le redécoupage des circonscriptions lié à la proportionnelle et à la baisse du nombre de députés, le non-cumul, le vote de lois clés par ordonnances, le recours au référendum… tout participe à terme à asphyxier le pouvoir législatif », considère Olivier Faure, président du groupe Nouvelle gauche (socialistes) à l’Assemblée, qui redoute « une tentation plébiscitaire » chez le chef de l’Etat.

Désireux de donner « le cap », M. Macron s’est arrêté sur plusieurs de ses chantiers, même s’il est resté très vague sur les moyens de les mener. La réforme du droit du travail ? « Il faut évidemment protéger les plus faibles », a-t-il indiqué, mais « le premier principe doit être la recherche d’une liberté forte » afin de « pouvoir faire là où trop souvent nos règles entravent au prétexte de protéger ».

Le droit d’asile ? Il faut lui aussi le « réformer en profondeur » car « débordé de toutes parts, [il] ne permet pas un traitement humain et juste des demandes de protection ». « Nous aurons des décisions difficiles à prendre », a prévenu le président, qui veut distinguer réfugiés politiques et économiques, et dont la politique en matière de gestion des migrants, notamment à Calais, est fortement critiquée par les associations.

Au-delà du fond, M. Macron s’est permis dans la forme quelques emprunts, qui marquent sa volonté de s’inscrire dans les pas de figures historiques. « La France n’est pas un pays qui se réforme [mais] qui se cabre quand on ne le respecte pas, quand on ne parle pas à sa dignité et à son intelligence », a-t-il lancé avec des accents gaulliens. « Chaque Français a sa part de responsabilité et son rôle à jouer dans la conquête à venir », a-t-il aussi déclaré, sorte de clin d’œil du « Kennedy tricolore » au « ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour votre pays » lancé par JFK lors de son discours d’investiture à Washington, en 1961.

A plusieurs reprises, M. Macron a fait référence, enfin, à son premier ministre, Edouard Philippe. A l’entendre, pas de « caporalisme » avec lui, mais du « partage d’idées », quand beaucoup l’accusaient ces derniers jours d’humilier le chef du gouvernement par son discours de Versailles, 24 heures avant sa déclaration de politique générale. « Le président de la République doit fixer le sens du quinquennat (…). Il revient au premier ministre (…) de lui donner corps », a insisté le chef de l’Etat, enjoignant les parlementaires à écouter M. Philippe mardi après-midi pour connaître les détails de « la mise en œuvre » du programme élyséen.

Bastien Bonnefous et Cédric Pietralunga

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ENTHOUSIASTES, PRUDENTES OU CRITIQUES : LES RÉACTIONS AU DISCOURS DE VERSAILLES.

Pour le nouveau président du groupe La République en marche (LRM) à l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, « les objectifs sont clairs, y compris sur les évolutions institutionnelles : libérer, protéger, réconcilier ».

Pour le président du groupe LRM au Sénat, François Patriat, le chef de l’Etat « nous a invités à un changement de monde. (…) J’entends ici ou là parler de dérive monarchique, de pouvoir jupitérien : tenir de tels propos c’est préférer les petites histoires à l’histoire ».

« Plus que jamais la France semble prête à bouger », a assuré Marc Fesneau, qui préside le groupe MoDem à l’Assemblée.

Le patron des sénateurs Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, a jugé le discours du chef de l’Etat « très général ».

La députée LR Virginie Duby-Muller, vice-présidente du groupe à l’Assemblée, a mis en garde contre « la tentation démagogique de la réduction du nombre de mandats dans le temps (…). Avec Les Républicains, nous serons au rendez-vous pour des réformes d’ampleur », mais « nous refusons de vous donner un blanc-seing ».

Pour le député du groupe parlementaire Les Constructifs Franck Riester, ce quinquennat doit être « une réussite pour la France. Prenons garde également de ne pas tomber dans un antiparlementarisme démagogique ».

Olivier Faure, le chef de file des députés socialistes à l’Assemblée, a mis en garde M. Macron et lui a rappelé que « gouverner, c’est choisir, si difficiles que soient les choix ». « Conduire une politique et de gauche et de droite, c’est conduire une politique sans choix », a-t-il résumé. Le président du groupe socialiste et apparenté au Sénat, Didier Guillaume, est plus nuancé : « Le peuple s’est exprimé, il a exprimé une lassitude et il faut répondre à cette exaspération. »

Pour Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, dont les élus avaient boycotté le Congrès, « entendre le président délivrer la bonne parole avant le premier ministre est une situation qui relève de la monarchie ». C’est un « premier coup de force ». Pour le Parti communiste, également absent de Versailles, le député de Paris Pierre Laurent a estimé qu’il « n’était pas question de faire allégeance à la caporalisation de la République. »

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Annie Leibovitz expose à Arles

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