Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

lundi 17 juillet 2017

Benyamin Netanyahou, l’ami israélien

En commémorant, hier, la rafle du Vél d’Hiv, Macron et Netanyahou ont (sur)joué la carte de la proximité.

« On est habitués aux fortes personnalités depuis Trump et Poutine », sourit le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, en attendant Benyamin Netanyahou. Macron est arrivé depuis trois quarts d’heure. Le président s’attarde dans le square à la mémoire des 4 115 enfants raflés le 16 juillet 1942… Le temps pour le Premier ministre israélien — en retard — de le rejoindre. Pour la première fois dans l’histoire de la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv, l’Etat hébreu est convié à la tribune.

Le chef du gouvernement israélien salue un « geste très fort ». Netanyahou, d’ordinaire peu amène à reconnaître à la France un rôle au Proche-Orient, ferait-il les yeux doux au locataire de l’Elysée ? Lui, qui, en janvier 2015, exhortait les juifs de France à s’installer en Israël après les attentats, semble loin de ses provocations diplomatiques.

En retour, Emmanuel Macron lui donne du « cher Bibi ». L’Israélien est comblé lorsque le chef de l’Etat condamne dans son discours « l’antisionisme », « forme réinventée de l’antisémitisme ». Une accolade et un entretien à l’Elysée tout aussi chaleureux ont conclu cette lune de miel.

une déclaration prudente

« Les Israéliens ont été impressionnés par la fermeté de Macron face à Poutine, décrypte Frédéric Encel, professeur à Science-po. Avec le Brexit et l’imprévisibilité de Trump, la France a une carte à jouer. » De là à vouloir peser dans la relance du processus de paix ? Les deux hommes sont restés prudents dans leur déclaration commune. Si Macron a redit l’attachement de la France à une solution à deux Etats, Israël et Palestine, il « sait qu’il n’a que peu de marge de manœuvre politique, explique Bruno Tertrais, de la Fondation pour la recherche stratégique, mais il peut avancer sur le terrain de la coopération des services de renseignement et ouvrir de nouveaux marchés dans les nouvelles technologies ». Un gentlemen’s agreement pour éviter les sujets qui fâchent au nom d’un pragmatisme bien compris… Myriam Encaoua

Posté par jourstranquilles à 06:39 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

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