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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

lundi 24 juillet 2017

Libération

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MIDDLE OF NOWHERE

MIDDLE OF NOWHERE – LISA AVSIYAN {EXCLUSIVE EDITORIAL/NSFW}

by chariskm

Lisa Avsiyan ,is a photographer based in Tel Aviv. This story she submitted to us was planned to be a part of a series for a solo exhibition in Tel Aviv, however after a 5 mins shooting the battery unexpectedly died and they found themselves  in the middle of nowhere in the sands of Israel desert. […]

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La joie de la pêche au canular gros comme une baleine...

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Par Laurent Carpentier - Le Monde

Le festival Paris l’été a fait appel à un groupe d’activistes surréalistes flamands pour déposer une vraie-fausse baleine sur les quais de la Seine. Du théâtre à ciel ouvert

Nuit sans lune. De celles propres aux cauchemars. En face, il y a Notre-Dame ; à ses pieds, les eaux noires de la Seine… le jeune homme écoute en boucle le rap de Niro sur son smartphone : « La pétasse reviendra quand ce sera la crise. » Mais c’est une baleine qui débarque. Et elle est immense, un peu plus de quinze mètres, posée sur un semi-remorque.

« Pfff… C’est dangereux de conduire avec ça à l’arrière, soupire Koen, le chauffeur, en descendant de sa cabine. Les gens vous doublent, ils ralentissent pour faire une photo et manquent vous rentrer dedans. » Koen et sa drôle de cargaison ont passé la nuit sur un parking à Valenciennes. À présent, une demi-douzaine d’ombres déposent le corps sans vie de l’animal au pied du Pont de la Tournelle à Paris.

Vendredi 21 juillet. 4 heures du matin. Bart, qui arbore un T-shirt NSWA (North Sea Whales Association), explique aux fêtards retardataires qui traînent sur les quais dans les brumes de l’alcool, que l’animal vient d’être repêché dans le fleuve. Une troupe de cachalots qui descendaient du pôle vers les tropiques – des mâles, parce que seuls ceux-ci s’aventurent dans les eaux arctiques –, s’est trompée de route, contournant l’Angleterre par l’Est. Dans la Manche, peu profonde, ces cétacés, qui vont chercher habituellement leur nourriture par 2 000 mètres de fond, étaient affamés.

C’est alors qu’un exercice militaire leur a fait peur. Trois d’entre eux se sont réfugiés dans l’estuaire de la Seine et, profitant du passage des bateaux pour franchir les écluses, sont remontés jusqu’ici. L’équipe du NSWA cherche les deux autres pour les ramener à la mer, mais on pense que celle-ci est morte, dit-il en montrant l’animal…

« VOUS SAVEZ, CETTE BALEINE, CE N’EST PAS LA PREMIÈRE FOIS QUE CELA ARRIVE À PARIS »

« Je suis triste parce qu’elle a l’air jeune quand même », soupire Malika. « Vous allez en faire quoi, des steaks ? Quand je pense à tous les rats qu’elle a dû avaler… » bafouille Damien en se tenant le ventre de rire. Face à lui, les hommes en combinaisons blanches gardent un sérieux de ministre : « Le cachalot doit avoir un peu plus de quinze ans… »

Il est cinq heures. Paris s’éveille et va défiler ainsi pendant trois jours devant l’animal, tour à tour triste ou amusé, en colère devant l’incurie des hommes face à la nature, ou dubitatif devant le goût – trop bon pour être honnête – de cette baleine venue pourrir sur le lieu le plus photographié de Paris.

À chaque heure, sa vague de population. Après les fêtards du petit matin, voici les joggeurs. Il est 6 h 30. Petite foulée soufflante, l’œil sur le cardio. Quand ils réalisent, ils font demi-tour et bousillent leur performance. 7 h 30, ce sont les mamies à chiens : « C’est l’homme qui l’a tué ! C’est l’homme ! » Puis c’est le tour des bobos rejoignant le boulot à Vélib’. Plus circonspects.

« Je prends une photo, ce n’est pas tous les jours qu’on voit une baleine… Mais voyons, tu vois bien que c’est une fausse… OK, je prends une photo, ce n’est pas tous les jours qu’on voit une fausse baleine. »

Un oxymore échoué sur les berges de la Seine

C’est l’exposition que vous n’aviez pas prévue, la pièce de théâtre dont vous êtes le héros. L’animal est en polystyrène recouvert de résine polyester sur une armature en bois, et la North Sea Whales Association, tout comme l’histoire de ces trois cachalots perdus, n’existe que dans les rêves de Bart Van Peel, le directeur artistique de Captain Boomer, un collectif d’Anvers, qui s’est fait spécialité des mises en scène surréalistes : échouage de baleines, descente au centre de la Terre…

Quand Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel, les patrons du Monfort Théâtre, ont reçu pour mission de reprendre le Festival Quartier d’été, ils ont d’abord enlevé le mot « quartier » de son intitulé : marre de réduire la culture à de l’action sociale. Ils ont ensuite cherché un cœur à ce festival éclaté en différents lieux de la capitale et jeté leur dévolu sur le lycée Jacques-Decour, en bas de Montmartre, où ils ont aménagé plusieurs scènes. Enfin, ils ont décidé qu’il ne s’agissait pas uniquement de proposer des spectacles mais de distribuer de l’émotion aussi à ceux qui ne sortent pas le soir. C’est là qu’ils ont pensé à Captain Boomer.

Le groupe est né officiellement en 2008 avec le premier échouage de leur cachalot sur une plage de Hollande, à Scheveningen, puis à Anvers et Ostende, avant d’être découpée en 2011, par son créateur, Dirk Claessens, pour créer Geppetto, une installation conçue par l’artiste français Loris Gréaud pour la Biennale de Venise. L’atelier de création Zéphyr, dirigé depuis la mort de Dirk Claessens par sa veuve Hedwig Snoeckx, réalisera un nouveau cachalot qui viendra s’échouer en 2013 à Londres et Valence, et enfin en 2016, à Duisburg, en Allemagne, et à Rennes…

C’est naturellement dans Moby Dick que le belge Bart Van Peel, qui, à côté de ces installations, écrit des scénarios pour des séries télé, a été pêcher le nom du collectif : « Captain Boomer y est le patron du Samuel-Enderby, le pendant raisonnable du capitaine Achab », dit-il tout sourire en insistant sur le mot « raisonnable ». Mais, c’est à la nouvelle de John Cheever, The Swimmer, qu’il a emprunté sa définition : « Ce n’est ni un farceur, ni un fou, mais il est déterminé à être différent et se voit modestement comme un personnage légendaire. » Tout est là : cette baleine est un oxymore échoué sur les berges de la Seine. Faussement vraie. Ou faussement fausse.

Tout autour du périmètre de sécurité installé par les pseudo-scientifiques, les gens cherchent à se convaincre. « Regardez sur Internet, ils ont déjà fait le coup l’an passé ! », s’emporte l’un. « Le drame, c’est que les gens comme vous ne veulent plus croire en rien ! C’est grave cette baleine échouée. Quel monde ! », s’exaspère l’autre. « Je suis Breton, j’ai déjà vu la même à Lorient », affirme Eric avec enthousiasme.

L’absurde est une arme

La presse, elle, a levé fièrement le lièvre. Une armée de « fact checkers » a appelé la mairie de Paris, la brigade fluviale, les pompiers qui débarquent sirène hurlante… On a même traqué le journaliste du Parisien complice qui a écrit sciemment en amont un article trompeur, ces fake news devenues tartes à la crème (le ressort de base de toute comédie).

Selon les articles, la taille de l’animal varie de 15 à 20 mètres et on peut vous l’affirmer : « Tout cela est faux, c’est une œuvre de sensibilisation écologiste… » Sauf que le militantisme lui-même n’est qu’un leurre, une strate de plus dans le mille-feuille… Mais qu’écrire sinon ce qu’on vous donne comme information ? Et l’information, c’est le cadet des soucis de la bande à Bart, qui sait mieux que quiconque vous laisser conclure ce que bon vous semble.

Un acte militant ? C’est aussi la grande inquiétude de la police, dont trois patrouilles sont envoyées l’une après l’autre pour voir de quoi il retourne : « C’est le branle-bas de combat à l’état-major, personne n’est au courant… », explique le policier, qui ne peut s’empêcher de sourire devant l’animal. Pourtant toutes les autorisations sont là, accordées en Haut-Lieu. Simplement on y a écrit : « une sculpture », pas « une baleine ». L’approximation est ici la règle de l’art. « Mais c’est quoi le but au juste ? Vous n’êtes pas Greenpeace ou un truc comme ça ? Ce n’est pas revendicatif ? Ah, juste culturel ? » Les voilà rassurés. « Le canular est le plus grand cauchemar des gens qui détiennent l’autorité, explique Bart. J’adorerais faire ça en Chine ou en Egypte… » Ubu pas mort. L’absurde est une arme.

LES ACTEURS NE RÉPONDENT JAMAIS OUI À L’ÉTERNELLE QUESTION : « ELLE EST VRAIE ? », MAIS REBONDISSENT À CÔTÉ

Bien que les médias aient vendu la mèche, le lendemain, la magie opère toujours. Méticuleusement, un membre de l’équipe incise la bête à coups de scalpel et de faux sang : « Pour faire sortir les gaz, sinon elle peut exploser, explique-t-il à une audience médusée. On lui a fait une endoscopie, elle a l’estomac plein de produits toxiques à l’intérieur, des sacs plastique, des canettes de bière… » Les acteurs ne répondent jamais oui à l’éternelle question : « Elle est vraie ? » mais rebondissent à côté. Comme les hommes politiques et les maris volages, ce sont des conteurs. N’avoue jamais, même face à l’évidence.

« Dans l’arène théâtrale, explique Bart, tu ne quittes pas ton rôle. Après, parfois, quand on voit que cela ne va pas, on prend la personne à part… » C’est le cas de Lola, 21 ans, vegan, militante de la cause animale. Elle est venue dès les toutes premières heures, après avoir reçu un message sur Instagram. Le sable, les baquets qui répandent l’odeur de poisson… Elle flaire la supercherie. Le sait. Mais face à la posture de Tim et de Klaus, elle se met à douter : « Dites-moi que c’est faux, sinon c’est trop horrible… », supplie-t-elle, n’arrivant plus à partir, se décomposant : « Vous savez qu’en 2046, il n’y aura plus de poisson dans les mers ? » Bart finira par la tranquilliser.

On croit parce qu’on veut croire. Charles, la soixantaine triomphante, est venu des Gobelins quand il a su. Et il n’en démord pas : « Vous savez, cette baleine, ce n’est pas la première fois que cela arrive à Paris. »

Festival Paris l’été, du 17 juillet au 5 août.

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Procès, arrestations et dénonciations rythment la vie quotidienne en Turquie

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Par Marie Jégo, Istanbul, correspondante - Le Monde

Lundi 24 juillet à Istanbul s’ouvre le procès de dix-neuf journalistes et employés de « Cumhuriyet », le plus vieux quotidien du pays. Ils risquent jusqu’à 43 ans de prison pour « soutien au terrorisme », quand bien même leur acte d’accusation est vide.

Emblématique du sort fait à la liberté de la presse en Turquie, le procès de dix-neuf journalistes et employés de Cumhuriyet, le plus vieux quotidien du pays, s’ouvre lundi 24 juillet au palais de justice de Caglayan, à Istanbul, en présence de nombreux défenseurs des droits de l’Homme, venus les soutenir.

Les meilleurs plumes de Turquie – entre autres l’éditorialiste Kadri Gürsel, le caricaturiste Musa Kart, le chroniqueur Aydin Engin, le journaliste d’investigation Ahmet Sik – seront présents sur le banc des accusés.

Sur dix-neuf prévenus, douze sont en prison – la plupart depuis près de neuf mois –, six comparaissent libres, et un seul, Can Dündar, l’ancien rédacteur en chef de Cumhuriyet, aujourd’hui réfugié en Allemagne, est jugé par contumace.

Tous risquent jusqu’à 43 ans de prison pour avoir soutenu, selon l’acte d’accusation, rien de moins que trois organisations terroristes, soit à la fois le mouvement du prédicateur Fethullah Gülen (accusé d’avoir été le cerveau de la tentative de putsch du 15 juillet 2016), le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et le groupuscule d’extrême gauche DHKP/C.

En réalité, les journalistes incriminés n’ont jamais cessé de porter leur plume contre le terrorisme sous toutes ses formes. L’acte d’accusation est fondé sur leurs articles de presse, leurs coups de téléphones, leurs tweets ainsi que sur quelques-unes de leurs déclarations. Aucune preuve tangible de leur implication dans une organisation terroriste ne figure au dossier.

« Le bien être et la paix »

« L’instruction a été bâclée, intentionnellement je dirais, et l’accusation ne tient pas debout. Les accusés n’ont aucun lien avec les organisations terroristes citées. Le parquet a ressorti des conversations téléphoniques très datées et cherche à nous faire croire qu’il s’agit d’une affaire retentissante », résume Abbas Yalcin, l’un des avocats du quotidien.

« Le procès repose sur des charges complètement bidons. Le pouvoir islamo-conservateur cherche à effrayer les intellectuels, les opposants, la jeunesse et tout ce qui reste de l’opposition afin de semer la terreur », estime Bedri Baykam, artiste peintre et galeriste à Istanbul, acquis aux idées du Parti républicain du peuple (CHP, opposition kémaliste), le parti fondé par Atatürk, dont Cumhuriyet est proche.

Le gouvernement, qui dirige par décrets depuis l’imposition de l’état d’urgence le 20 juillet 2016, fait fi des critiques. L’état d’urgence vient d’être prolongé une nouvelle fois pour trois mois et le président Erdogan a assuré qu’il en sera ainsi jusqu’à ce que la Turquie atteigne « le bien être et la paix ». Depuis la tentative de coup d’état du 15 juillet 2016, plus de 160 journalistes sont en prison et 150 médias ont été fermés.

« Les journalistes aussi commettent des crimes et lorsqu’ils agissent ainsi, la justice doit faire le nécessaire. Je tiens à vous dire que ceux que vous décrivez comme des journalistes ont aidé et encouragé le terrorisme », a expliqué le président Erdogan en marge du G20 à Hambourg, le 7 juillet.

« La peur nous colle à la peau »

Les journalistes ne sont pas les seuls incriminés. Depuis le putsch, plus 150 000 fonctionnaires ont été limogés par vagues successives et près de 50 000 personnes ont été emprisonnées, tant des supposés gülenistes que des militants de gauche, ainsi qu’une dizaine de députés du parti HDP (prokurde) et une centaine de maires de villes kurdes.

« 2016 a non seulement été consacrée à l’éviction des personnes éduquées – enseignants, universitaires et autres – de la sphère publique, mais on a essayé de faire disparaître la capacité élémentaire de l’être humain à raisonner », dénonce la jeune auteure Ece Temelkuran dans un point de vue publié par le quotidien britannique The Guardian, le 21 juillet.

« La raison a été débranchée », assure l’artiste Bedri Baykam. La répression confine à l’absurde. Ainsi les Turcs ont-ils appris cette semaine que le port d’un simple t-shirt pouvait les conduire droit au commissariat.

IL SE TROUVE QUE LA PLUPART DES « HÉROS » ONT ÉTÉ APPRÉHENDÉS SUR DÉNONCIATION, UNE PRATIQUE LARGEMENT ENCOURAGÉE PAR LES AUTORITÉS

Quinze personnes ont été interpellées dans tout le pays pour avoir porté un t-shirt avec le mot « Hero » inscrit en grosses lettres, les autorités voyant dans cette mode vestimentaire une forme de soutien déguisé aux auteurs du putsch manqué.

La controverse a surgi lorsqu’un des militaires jugés à Mugla (sud-ouest) pour « tentative d’assassinat » sur le président Erdogan a comparu avec le t-shirt en question.

Mais la plupart des personnes interpellées, dont un couple conduit au commissariat samedi 22 juillet à Antalya, ainsi qu’un adolescent appréhendé à Canakkale (Dardanelles) le même jour, ont assuré ne pas être au courant des dangers que le t-shirt leur faisait courir. Deux personnes sur les quinze ont néanmoins été maintenues en détention dans l’attente de leur procès pour « propagande terroriste ».

Il se trouve que la plupart des « héros » ont été appréhendés sur dénonciation, une pratique largement encouragée par les autorités. C’est également sur dénonciation que dix militants turcs des droits de l’homme, dont la directrice d’Amnesty International pour la Turquie, Idil Eser, ont été arrêtés le 5 juillet sur l’île de Büyükada, ainsi que deux formateurs (un Suédois et un Allemand). Le 18 juillet, six d’entre eux ont été mis en détention, tandis que les quatre autres étaient relâchés et placés sous contrôle judiciaire. Depuis, les quatre ont été à nouveau arrêtés.

« La peur nous colle à la peau », affirme Hasan (le prénom a été changé), un fonctionnaire qui dit se sentir « en permanence comme un coupable en puissance ». Dans son administration, « c’est devenu la mode de partager sur les réseaux sociaux le plus de photos possible attestant de la présence des fonctionnaires aux grands rassemblements organisés par l’AKP (le parti de M Erdogan, au pouvoir depuis 2002). Ces témoignages nous serviront de bouclier, le jour où… »

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Extrait d'un shooting - jeux de rôles - le cadeau (c'est Noël avant l'heure)

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Emily Ratajkowski

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Moi aux Frigos

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Mademoiselle A en concert pour la Fête du 14 juillet

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Extrait d'un shooting - enceinte

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De Gaulle. 1967, le Québec se souvient

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Jusqu'à jeudi, les visiteurs peuvent investir le balcon d'où le général de Gaulle prononça sa déclaration-choc, il y a tout juste un demi-siècle.

Le 24 juillet 1967, le général de Gaulle plongeait le Canada en état de choc et ravissait les indépendantistes en ponctuant son discours de Montréal, depuis le balcon de l'hôtel de ville, d'un tonitruant « Vive le Québec libre ! ». Cinquante ans après, le fameux balcon est de nouveau accessible au public... le temps, cette semaine, d'une exposition.

« C'est le balcon où était De Gaulle ? » Une famille de Français, en tenue estivale et appareil photo en main, interroge ses voisins avant d'immortaliser l'imposant ouvrage de pierre, à six colonnes frontales, au centre de la façade de l'hôtel de ville de Montréal. C'est de là qu'il y aura 50 ans demain, Charles de Gaulle, alors président de la République française, se saisit d'un micro. Alors qu'il n'était pas prévu qu'il s'adresse à la foule, il clama, ovationné par 15.000 Québécois rêvant d'indépendance, cette phrase restée célèbre : « Vive Montréal, vive le Québec, vive le Québec libre, vive le Canada français, vive la France ! ». « Un discours qui a marqué l'Histoire, le Québec et la France », souligne Marie-Ève Bonneau, responsable des activités de l'hôtel de ville de Montréal.

Comme un libérateur

Ce cri de ralliement, sorti de la bouche de l'ancien chef de la France Libre, ne peut que donner, à l'époque, une impulsion à un mouvement indépendantiste encore balbutiant. D'autant que le général ajoute : « Je vais vous confier un secret. Ce soir, ici et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération ».

Le Canada fédéraliste et anglophone juge, en revanche, ces propos « inacceptables ». « Les Canadiens n'ont pas à être libérés », s'emporte le Premier ministre, Lester Pearson. Le 25 juillet, imperturbable, Charles de Gaulle poursuit son voyage officiel dans l'ancienne Nouvelle-France et se félicite d'être allé, la veille, « au fond des choses ». Le 26, coup de théâtre : le Canada décide de ne pas l'accueillir, selon certains historiens, tandis que, pour d'autres, c'est lui qui annule sa visite à Ottawa. À l'arrivée à Paris, l'attendent des ministres stupéfaits, une opposition déchaînée, une presse exceptionnellement véhémente. « L'affaire du Canada », titre l'exemplaire daté du 5 août 1967 du magazine français, Paris Match.

Fermé au public depuis près de vingt ans, le balcon d'où le général prononça son discours est, de nouveau, provisoirement accessible, depuis hier et jusqu'à jeudi, le temps d'une exposition rétrospective de cette visite historique, effectuée à l'occasion de l'exposition universelle de Montréal.

« On était très fiers »

« Je revis ces moments avec beaucoup d'émotion », confie Marthe Oliver, une élégante retraitée, venue spécialement d'Ottawa pour visiter l'exposition. « Je me souviens de ce "Vive le Québec libre !", et ça me rappelle de bons souvenirs, étant moi-même de tendance plutôt séparatiste. On était très, très fiers », ajoute-t-elle.

De nombreuses photos retracent l'arrivée de Charles de Gaulle, debout et saluant la foule à bord d'une limousine décapotable, ou le général au balcon. Sa signature apparaît sur le livre d'or de la ville québécoise de Montréal, à gauche d'un dessin en couleur du drapeau tricolore et sous la croix de Lorraine, symbole de la France libre dès 1940. D'autres objets sont aussi exposés, comme le menu du dîner officiel (Saumon de Gaspésie, faisan et « délices du Québec ») donné le 25 juillet, à l'issue de l'inauguration du pavillon français de l'exposition universelle.

Un demi-siècle plus tard, le balcon reste le symbole d'une visite qui a braqué les projecteurs sur la Belle province et ses velléités de devenir un pays. « Le général de Gaulle a mis le Québec sur la carte mondiale, a fait connaître notre existence et notre besoin de liberté, de renouveau », s'enthousiasme Marthe Oliver.

Cette soif d'indépendance a cependant été balayée lors de deux référendums, en 1980 et en 1995, avec, pour ce dernier scrutin, une défaite de quelques milliers de voix.

Les relations entre la France et le Canada ne s'amélioreront, elles, qu'après la démission du général de Gaulle de la présidence française en 1969, un an avant sa mort.

Posté par jourstranquilles à 06:42 - In memorem - Commentaires [0] - Permalien [#]