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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

jeudi 27 juillet 2017

Charlie Hebdo

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Save the date : Fête de l'Humanité

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Avant les vacances, mollo au boulot

Par Vincent Mongaillard - Le Monde

Ils surfentsur Airbnb deux minutes après avoir allumé leur ordinateur, feuillettent le Routard quand le boss est en pause déjeuner ou prennent rendez-vous avec l’esthéticienne entre deux réunions. A l’approche de leurs congés, certains salariés n’hésitent pas à y aller mollo au boulot. Selon une étude de la compagnie aérienne nationale helvétique Swiss consacrée aux « petites choses qui font patienter jusqu’aux vacances », près de 4 Français sur 10 avouent lever le pied au travail. Ils sont plus d’un quart (27 %) à barrer chaque jour du calendrier qui les sépare du grand départ. Pas moins de 11 % vont jusqu’à changer leur fond d’écran pour y mettre le paysage de leur destination.

Olivier, ingénieur chez Peugeot, reconnaît qu’il s’économise alors qu’il s’arrête demain soir pour trois semaines. « Il y a moins de pression, alors j’en profite. Je suis bloqué sur certains dossiers car mes interlocuteurs sont absents. Et je ne vais pas en lancer d’autres alors qu’il faudra que je recommence tout à la rentrée », justifie ce quadra qui n’hésite pas à naviguer sur la Toile pour peaufiner ses escapades. Il est loin d’être le seul dans son service : « J’ai un collègue qui va sur Leboncoin pour dénicher un coffre de toit, un autre qui appelle un garagiste pour faire réviser sa voiture… »

Francis Dubrac, à la tête d’une entreprise de BTP en Seine-Saint-Denis, sait que la préparation des vacances s’invite entre deux missions de son personnel administratif. « L’habileté de l’employé, c’est de ne pas le montrer. Mais je ne suis pas dupe, lâche le patron qui n’en fait pas toute une histoire. Je ne suis pas dans une démarche de flicage. Cela fait partie du bien-être des salariés », observe-t-il. « Comme tout le monde », il arrive même que lui aussi s’autorise durant quelques minutes à avoir la tête ailleurs dans son bureau.

Rien ne dit que les salariés qui s’accordent des petites parenthèses sont moins productifs. C’est peut-être même l’inverse. « Il va y avoir une forme de recul assez salvatrice, qui nourrit la créativité de celles et ceux qui ont tendance à déployer des stratagèmes pour faire juste le nécessaire », souligne Catherine Berliet, coach en management et auteur du livre « Et si je prenais mon temps ! » (Eyrolles). « Il est normal de s’évader de temps en temps au travail, c’est comme une respiration. Le cerveau humain ne peut pas faire autrement », estime le docteur Christophe Bagot, psychiatre. Dans son cabinet, lui rencontre plutôt des forces vives qui angoissent. « Ils veulent tout boucler avant de partir, ils savent aussi qu’ils n’arriveront pas à couper avec leur boîte, parce qu’ils devront répondre à leur portable toutes les dix minutes », décrit-il.

Selon le sondage Swiss, à l’opposé de ceux qui se la coulent douce, près d’un quart (24 %) des salariés hexagonaux sont stressés dès que les congés pointent le bout de leur nez.

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Melon et pastèque : lequel est le meilleur pour notre santé ?

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Ces fruits stars de l'été ont des vertus très proches, mais qui est le meilleur ? Marie-Laure André, diététicienne-nutritionniste, arbitre le match. Verdict.

CŒUR ET CANCER : AVANTAGE AU MELONLe melon renferme des vitamines A et C, des caroténoïdes et des composés phénoliques, un cocktail d'antioxydants extrê­mement efficace pour protéger l'organisme des cancers et des maladies cardiaques. C'est également une très bonne source de potassium, un minéral qui s'oppose aux effets délétères du sel dans l'organisme et lutte donc contre l'hypertension artérielle, responsable du durcissement des artères.La pastèque doit sa belle couleur rouge au lycopène, un pigment naturel puissamment antioxydant, puisqu'il serait deux fois plus efficace que le bêtacarotène pour contrer l'action des radicaux libres. Différentes études ont montré qu'il pouvait limiter le risque de développer des cancers, celui de la prostate en tête. Une étude finlandaise, parue en 2012, souligne également qu'en consommer est bénéfique pour la santé des artères, diminuant de 55 % la probabilité de développer un accident vasculaire cérébral et de 59 % celle de faire un infarctus. Une équipe de chercheurs français a en outre découvert qu'une carence en lycopène jouait un rôle dans la survenue de la maladie d'Alzheimer.L'avis de la diététicienne : Le melon est un fruit particulièrement riche en composés antioxydants variés. La pastèque ne concentre pas autant de nutriments protecteurs, même si sa teneur en lyco­pène est très intéressante. A savoir : les lycopène et carotène sont mieux absorbés en présence de corps gras. Privilégiez donc le melon et la pastèque au cours d'un repas plutôt qu'en collation.

MINCEUR : LA PASTEQUE ARRIVE EN TÊTELe melon se situe parmi les fruits les moins caloriques (42 Kcal/100 g) et les moins riches en sucres (8 g/100 g), alors qu'il développe un goût délicieusement sucré. La raison de ce paradoxe : parmi les glucides (ou sucres) qu'il contient, on trouve en grande quantité du fructose (qui affIche un pouvoir sucrant important), ainsi que du saccharose (qui donne un goût sucréLa pastèque se révèle encore plus légère, puisque 100 g ne four­nissent que 34 Kcal, et d'un apport en sucres modeste – à peine 7 g de glucides aux 100 g. Là encore, le saccharose et le fructose en sont les chefs de file, d'où son appréciable goût sucré.L'avis de la diététicienne : Ces deux fruits sont des alliés minceur précieux dans le cadre d'une collation ou d'un dessert léger. Toutefois, la pastèque l'emporte grâce à sa teneur en sucres un peu plus faible, qui permet d'en consommer une belle tranche (de 200 à 250 g) sans culpabiliser.

PEAU ET YEUX : LE MELON GAGNANTLe melon fait partie, avec la mangue et l'abricot, des fruits les plus riches en bêtacarotène. Ce précurseur de la vitamine A pré­serve la peau de l'apparition précoce des signes de l'âge. Il favo­rise également la cicatrisation. Enfin, il stimule la régénération du pourpre rétinien, améliorant la vision, notamment nocturne.La pastèque contient, elle aussi, du bêtacarotène, mais en quan­tité nettement moindre que le melon. En revanche, le lycopène qu'elle renferme protège notre vision, en prévenant la cataracte et la dégénérescence macu­laire liée à l'âge (DMLA).L'avis de la diététicienne : Les bêtacarotènes du melon sont de puissants composés antioxydants qui préparent la peau au soleil tout en la préservant du vieillissement prématuré. A côté de ces avantages, la pastèque ne fait pas le poids !

LIBIDO : PLACE A LA PASTEQUELe melon, moyennant une portion de 200 g, couvre 75 % de nos besoins en vitamine C, une vitamine clé pour favoriser l'absorp­tion par l'organisme du fer non héminique (que l'on trouve dans les végétaux, contrairement à celui présent dans la viande rouge). S'y ajoute le fait que ce fruit estival contient quasi toutes les vita­mines du groupe B, en particulier la B2 antifatigue et la B5 indis­pensable aux performances intellectuelles. Et qu'il n'est pas en reste côté minéraux. Outre du magnésium et du phosphore, il nous apporte lui­-même une belle quantité de fer antianémie.La pastèque, consommée dans les mêmes proportions, satisfait seulement 25 % de nos besoins quotidiens en vitamine C. Mais elle est très reminéralisante grâce à sa teneur en potassium, cal­cium, phosphore, fer, zinc, cuivre et manganèse. Qui plus est, elle booste… la libido grâce à la présence de citrulline et d'argi­nine, deux acides aminés qui, en favorisant la dilatation des vais­seaux sanguins, soutiennent la fonction érectile.L'avis de la diététicienne : Le melon concentre davantage de minéraux, de vitamine C et de vitamines du groupe B que la pas­tèque, ce qui lui permet de combattre la fatigue – à condition de le consommer à maturité et de limiter le temps de stockage. Mais, contrairement à la pastèque, il n'a pas d'effet direct sur la libido.

TRANSIT : LE MELON VAINQUEUR MAIS…Le melon contient des fibres solubles qui ont pour particularité de réveiller efficacement les intestins les plus paresseux. Elles absorbent l'eau contenue dans le tube digestif comme une éponge, augmentent le volume des selles et stimulent les contractions de l'intestin, ce qui accroît la vitesse du transit. En quarante-­huit heures, la constipation n'est plus qu'un lointain souvenir !La pastèque renferme également, bien qu'en moindre quantité, des fibres alimentaires. Facilement digérables, elles aussi per­mettent de lutter contre la constipation et apportent une sensa­tion de satiété, sans provoquer douleurs et ballonnements chez les personnes les plus sensibles.L'avis de la diététicienne : Le melon contient davantage de fibres que la pastèque, et celles-­ci sont plus efficaces en cas de constipation passagère. Mais il peut occasionner des douleurs par irritation de la muqueuse. Pour ne pas vous en priver, mieux vaut le couper en petits dés, le préparer en smoothie ou en granité. Ses fibres seront plus digestes.

ANTIGONFLETTE : LA PASTEQUE SUR LE PODIUMLe melon, connu pour sa richesse en eau (90 %) et en potassium (329 mg/100 g), un minéral diurétique, se révèle assez pauvre en sodium (0,022 g/100 g), à l'effet inverse. C'est pourquoi il est recommandé en cas de rétention d'eau.La pastèque renferme 92 % d'eau ! Grâce à cette teneur, elle assure un apport hydrique précieux quand il fait chaud. Egale­ment riche en potassium (129 mg/100 g) et quasi dépourvue de sodium (0,0073 g/100 g), c'est le fruit de l'élimination.L'avis de la diététicienne : Un peu plus riche en eau et un peu plus pauvre en sodium que le melon, la pastèque désaltère et hydrate davantage l'organisme. A privilégier chez les personnes qui ont du mal à boire régulièrement, comme les enfants et les personnes âgées. Proposée en jus mixé au blender avec des glaçons, c'est un vrai délice !

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Extrait d'un shooting - fétichisme

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Toiletpaper

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Normal Magazine

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« En France, la conversation est un art »

Vues sur la France. Des correspondants de la presse étrangère à Paris racontent leur pays d’adoption. Aujourd’hui, l’Américaine Lara Marlowe, journaliste au quotidien de Dublin « The Irish Times ».

La France et moi, c’est une histoire d’amour qui a commencé lorsque j’avais 5 ans. Ma famille habitait en Californie. Peu après la mort de mon père, ma mère s’est embarquée pour une visite guidée de l’Europe et du Proche-Orient avec un groupe de son église, confiant ses filles à d’autres membres de cette congrégation.

De son périple, elle a rapporté un sac en vinyle Air France, bourré de souvenirs. Je n’avais d’yeux que pour la petite tour Eiffel en bronze et le foulard frappé des monuments de Paris. Dès mon plus jeune âge, la France a été pour moi synonyme de beauté, d’élégance et de grandeur.

A 19 ans, j’ai pris un vol charter à Los Angeles pour Le Bourget. Lorsque je suis sortie du métro, Place de la Concorde, ça a été un émerveillement. Un émerveillement toujours recommencé.

J’ai trouvé une chambre de bonne dans le beau 7e arrondissement, en échange de cours d’anglais. Mon employeur-logeur, un médecin, s’était abonné à L’Humanité pour faire peur au vicomte qui logeait au 2e étage. Au dernier étage, je regardais la télé avec une femme de ménage espagnole et son compagnon antillais. Ainsi a commencé mon apprentissage de la société française.

J’ai découvert récemment une citation de Montaigne, gravée sur le socle de sa statue face à la Sorbonne. « Paris a mon cœur dès mon enfance, a écrit le philosophe. Je ne suis Français que par cette grande cité. Grande surtout, et incomparable en variété. La gloire de la France, et l’un des plus nobles ornements du monde. »

Cinq fois, je me suis installée à Paris. La première fois pour m’inscrire aux cours de civilisation française pour les étrangers à la Sorbonne, la plus récente, en 2013, au retour des Etats-Unis.

Perfectionnisme intransigeant

Chaque fois que j’ai quitté Paris, j’ai été malheureuse. Chaque fois, je me suis battue pour revenir. C’est à Paris que j’ai vécu la plupart de mes amours et chagrins, de mes victoires et défaites. Ma vie a suivi l’évolution de la France, depuis les premiers élans du socialisme mitterrandien jusqu’à la déprime des dernières années et la cure de jouvence de l’élection d’Emmanuel Macron. Entre-temps, j’ai souvent regretté que la gauche ne soit pas plus efficace et la droite plus généreuse.

Si je me sens chez moi en France, c’est sans doute que je partage certaines qualités, des défauts aussi, de mon pays d’adoption. Je citerai en premier un perfectionnisme intransigeant, qui nous voue à l’insatisfaction.

LA FRANCE A REFUSÉ DE SUIVRE LES PARTISANS DU BREXIT ET LES ÉLECTEURS DE DONALD TRUMP. C’EST MA FRANCE QUE J’AIME ET DONT JE SUIS FIÈRE.

Le monde entier vous envie votre art de vivre, imite votre culture, votre haute couture et votre cuisine. Nulle part ailleurs on ne vit aussi bien. Et pourtant, les Français sont souvent grincheux, voire malheureux. L’écrivain Sylvain Tesson a raison de dire que « la France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer ».

Un sens très développé de l’esthétique est partie prenante de ce perfectionnisme. En France, on ne supporte pas la laideur. Un exemple idiot mais parlant : les toilettes pour femmes de l’aéroport de Roissy sont ornées de ballerines de Degas. Les toilettes publiques sont plus nombreuses et plus propres dans mon Amérique natale, mais on ne les verrait jamais décorées de fresques impressionnistes !

Les enjeux du plan de table

Quand elle est maniée par vos grands écrivains, la langue française est sublime. Mais elle se prête singulièrement à la langue de bois. Vos responsables politiques excellent dans l’art de parler pour ne rien dire. J’en ai souffert comme journaliste. C’est pour cela que j’ai été ravie quand j’ai entendu Emmanuel Macron tancer vertement Vladimir Poutine à deux reprises lors de leur conférence de presse commune, le 29 mai, à Versailles. Fini la langue de bois !

En France, la conversation est un art. Elle se déguste en compagnie, comme les mets et le vin. J’ai passé des soirées délicieuses à discuter avec des amis de droite et de gauche, fortunés et sans le sou. En tant qu’étrangère, j’échappe à leur besoin de classer politiquement. Mais j’ai appris à mêler des convives de bords politiques différents avec la plus grande précaution.

J’admire profondément les écrivains et artistes étrangers qui ont choisi la France : Apollinaire, Modigliani, Edith Wharton, Picasso, Beckett… J’ai la chance de vivre dans les quartiers où ils vivaient. Ils m’accompagnent.

Malgré quelques « hics » bureaucratiques, les Français m’ont toujours accueillie chaleureusement. Ils me demandent souvent comment ils sont perçus en Amérique. Je trouve attachant ce signe de curiosité, peut-être d’insécurité. Les Américains ne se posent jamais la question de comment les autres les voient.

Une forme de séduction

L’intérêt porté aux autres est une forme de séduction, qui en France dépasse de loin le désir sexuel. L’expression « être dans la séduction » n’a pas son équivalent en anglais. Les rapports de séduction n’existent quasiment pas en Amérique.

Qu’ils sont enrichissants, ces petits sourires, regards et actes de galanterie qui émaillent les échanges humains ! J’ai peur que cela se perde, parce que nos caractères aussi se mondialisent, parce qu’on est tous pressés, le nez sur nos smartphones…

En France, l’histoire est prenante et poignante, « noble et tragique comme le masque d’un tyran », a écrit Apollinaire. A Washington, j’ai été étonnée par la rareté des commémorations historiques. Les présidents français passent énormément de temps à inaugurer les chrysanthèmes. A Paris, où le passé est tellement présent, un correspondant étranger se doit d’apprendre l’histoire.

Deux époques en particulier passent mal : l’Occupation et la guerre d’Algérie. Il a fallu qu’un professeur américain, Robert Paxton, déterre l’histoire de Vichy pour que la vérité de la Collaboration soit établie. Il m’arrive encore d’entendre un Français traiter un autre de « collabo ». Quand il a démissionné de son poste de ministre de la justice, le 21 juin, François Bayrou a évoqué « la France [qui] a été, à d’autres époques, le pays des lettres anonymes ».

Le poids de l’histoire

J’ai été personnellement blessée par cette incapacité française à se réconcilier avec son histoire. En 2015, j’ai publié dans l’Irish Times une critique du livre L’Intifada française : la longue guerre entre la France et ses Arabes, de l’universitaire britannique Andrew Hussey.

Ce livre excellent raconte en détail ce qu’Emmanuel Macron a qualifié de crimes contre l’humanité en Algérie. Un ami proche, un écrivain français, âgé et de droite, s’est offusqué de mon article. Une brouille douloureuse s’en est suivie, qui n’a été que partiellement réparée avant sa mort.

Je comprends donc l’émotion suscitée par la remarque d’Emmanuel Macron pendant la campagne. Marine Le Pen nous a fourni un autre exemple, quand elle a exonéré la France de toute responsabilité pour la rafle du Vél’ d’Hiv.

Ma génération est celle des enfants et petits-enfants de ceux qui ont fait la deuxième guerre mondiale et la guerre d’Algérie. Bien que nous n’ayons pas vécu ces conflits, ces derniers restent présents dans nos mémoires. L’attitude appropriée serait, je crois, « ni dans la repentance ni dans le déni », comme l’a dit Emmanuel Macron lors du débat télévisé du 3 mai.

Comme un boomerang

De longs séjours dans le monde arabe m’ont donné une perspective inhabituelle sur les relations tourmentées entre la France et ses anciens colonisés. J’ai aimé surtout Beyrouth et Alger, sans doute à cause de l’empreinte que la France y a laissée.

Ayant connu beaucoup de musulmanes voilées, j’ai eu du mal à comprendre l’aversion viscérale des Français pour ce morceau de tissu sur la tête. Toutes les questions touchant à la coexistence des communautés – le port du voile et du burkini, la nourriture halal – sont devenues tellement sensibles que j’évite d’en parler.

LA LAÏCITÉ À TOUT-VA N’A PAS FONCTIONNÉ MIEUX QUE LE MULTICULTURALISME.

Pendant des années, j’ai entendu des critiques acerbes du multiculturalisme tel qu’il est pratiqué aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Les Français s’entêtaient à aspirer à l’égalité dans une République laïque et unie. Puisqu’on le disait, cela devait être vrai.

L’embrasement du Proche-Orient et ses retombées tragiques en France ont ébranlé bien des certitudes. La laïcité à tout-va n’a pas fonctionné mieux que le multiculturalisme. La France vivait dans le déni, qui revient la hanter tel un boomerang.

A l’époque où je couvrais les conflits armés, Paris et Dublin ont été mes villes refuges. Je me souviens d’avoir cherché mentalement les trous d’obus sur la façade des immeubles parisiens, quand je venais ici pour me reposer de la guerre du Liban.

Leçon d’optimisme

En janvier et novembre 2015 à Paris, en juillet 2016 à Nice, le Proche-Orient nous a rattrapés. Les chocs provoqués par ces massacres restent intacts, même si on s’y attendait. Il n’y a plus d’endroit sûr, plus de refuge. La terreur aussi est mondialisée. Chaque fois, on espère que c’est le dernier attentat, tout en sachant qu’il y en aura sans doute d’autres.

2015 et 2016 ont été des années sombres. J’ai été sonnée par les attentats à répétition en France et en Tunisie, par le crash de la Germanwings et l’incendie d’un bus transportant des retraités en Gironde. Plus rien de positif ne semblait arriver.

La conférence sur le climat au Bourget a commencé à peine deux semaines après les attentats du 13 novembre 2015. Cela relevait de la gageure, et c’était en même temps l’expression d’une foi en la possibilité d’un monde meilleur.

J’ai demandé à une étudiante irlandaise qui faisait du volontariat à la COP21 si ce n’était pas trop dur d’atteindre l’âge adulte dans un monde tétanisé par le djihadisme et le changement climatique. « Non, m’a-t-elle répondu avec un grand sourire. Je veux changer le monde. » Depuis, je garde cette leçon d’optimisme en tête. J’en ai eu besoin pendant la campagne présidentielle, affligeante par sa longueur et les failles du système politique qu’elle a révélées.

Mais le meilleur a gagné. Le soir du 7 mai, un vers de Seamus Heaney, prix Nobel irlandais de littérature (1995), m’a traversé la tête : « Une fois dans la vie… espoir rime avec histoire. »

La France s’est dotée d’un président jeune, beau, dynamique et décidé à « changer le monde ». Même si, par moments, son manque d’égards pour la presse m’inquiète, je reste confiante. A l’issue d’une période difficile, la France a refusé de suivre les partisans du Brexit et les électeurs de Donald Trump. C’est ma France que j’aime et dont je suis fière. J’ose croire qu’elle peut enfin changer pour le meilleur.

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Lara Marlowe

Née en Californie en 1957, l’Américaine Lara Marlowe a été correspondante du « Financial Times » et de « Time Magazine » à Beyrouth, avant d’être nommée, en 1996, chef du bureau parisien de l’« Irish Times », le quotidien de référence en Irlande. Cette spécialiste de la politique française a également couvert une douzaine de conflits armés. Elle est revenue à Paris en 2013 après avoir couvert le premier mandat de Barack Obama à Washington.

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Lily Rose Melody Depp et Cara Delevingne photographiées par Karl Lagerfeld

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