Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

vendredi 11 août 2017

De l'art de déclencher une guerre

Vu par Jean Guisnel
« La guerre est une chose trop grave pour la confier à des militaires », disait Clemenceau. Mais à voir le jeu stupide auquel se livrent deux chefs d'État, à coups de déclarations incendiaires, on se demande si la guerre ne serait pas une chose trop grave pour la confier à des politiques provocateurs. S'agissant de Kim Jong-Un, rien ne saurait nous étonner. Sa dictature naine est exsangue et, s'il multiplie les violations des sanctions internationales, ainsi que les outrages verbaux à l'adresse des États-Unis et du reste du monde, c'est bien pour exister.

Intérêts vitaux

Les tenants de l'orthodoxie nucléaire ne varient pas : l'arme atomique est dissuasive, en ce sens qu'elle empêche un éventuel agresseur de s'en prendre aux intérêts vitaux d'un pays détenteur. Or, de ce point de vue, la Corée du Nord n'a mis en cause les intérêts vitaux de personne. Et en toute logique, il suffirait à Washington de rappeler que si tel était le cas, alors des représailles seraient exercées. Mais ce n'est pas ce qu'a dit Donald Trump. Comme un vulgaire coq de village, il a clairement menacé son rival, en grande gueule, d'utiliser contre lui « le feu et une furie que le monde n'a jamais vus jusqu'ici » ! Non pas en cas d'atteinte aux intérêts vitaux de son pays, mais de nouvelle provocation.

Il s'agirait alors d'une frappe nucléaire « préventive », inédite à ce jour. Ce n'est pas sérieux.

Rhétorique du « fou »

Ravi de l'aubaine, le régime nord-coréen a aussitôt menacé de tirer contre l'île de Guam, tout en s'interrogeant sur la santé mentale de Donald Trump. On rappelle aujourd'hui, à Washington, que Nixon a, lui aussi, utilisé la rhétorique du « fou », pour faire croire à ses adversaires qu'il fallait craindre qu'il fasse n'importe quoi, sauf à céder à ses exigences. Mais Trump ne rentre pas dans ces subtilités. Il n'a ni la sagesse, ni la rationalité qu'on attend d'un chef d'État.

ile

Posté par jourstranquilles à 09:11 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]

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