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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

vendredi 8 septembre 2017

Pierre Bergé est décédé

Gauche caviar

L’hommage est unanime. Chacun célèbre le mécène, le capitaine de l’industrie de la mode, le collectionneur, l’esthète, le militant de la cause homosexuelle, l’homme de presse, le Pygmalion d’Yves Saint Laurent, l’ami de François Mitterrand et le gardien de sa mémoire. Ces hommages mérités, cette admiration pour un personnage de roman qui a construit à force d’énergie et de culture sa propre légende, recèlent un paradoxe. Pierre Bergé, disparu ce vendredi, fut aussi le symbole d’une engeance honnie, le représentant flamboyant d’une espèce qu’on affecte de stigmatiser, la figure de proue d’une sensibilité que le discours anti-élite a vouée aux gémonies : la «gauche caviar». C’est-à-dire cette fraction des classes dirigeantes qui professe des convictions progressistes, et qui encourt pour cela le reproche d'hypocrisie, le crime de tartufferie, le méfait de duplicité. Autant dire, en ces temps populistes, l’assurance d’une condamnation sans nuance…

La définition est d’autant plus juste pour Pierre Bergé qu’il poussa le vice, au moment où il aidait de son entregent et de ses finances les rejetons du mitterrandisme que furent Laurent Fabius, Ségolène Royal ou Vincent Peillon, à se faire producteur et vendeur de caviar, dans l’une des multiples affaires qu’il a lancées ou possédées… C’est l’occasion d’une mise au point sur cette «gauche caviar» de si mauvaise réputation.

On la dénonce désormais (tout en rendant hommage à Bergé). Mais fallait-il que ce milliardaire se contente de jouir de ses milliards ? Que le PDG d’Yves Saint Laurent se limite à compter ses dividendes et à se prélasser dans ses villas paradisiaques ? Ou bien n’est-il pas utile, pour la cause progressiste, pour le combat des minorités, qu’un homme de l’élite, de l’argent et de la culture, consacre une partie de son temps et de sa fortune à aider la gauche, à alerter l’opinion sur l’épidémie du sida, à défendre la cause homosexuelle ? Voilà qui pose un problème à l’idéologie «dégagiste» en vogue. Dans le souci agressif de délimiter deux camps dans la société française, il faudrait aussi «dégager» les membres de la classe dirigeante qui se séparent de leurs congénères et prennent le parti du progrès ? Voilà un sujet de réflexion que Bergé, esprit raffiné autant que militant, aurait sans doute prisé…Laurent Joffrin

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Pierre Bergé, la fin d'un style

Homme d’affaires et de lettres, compagnon au long cours d’Yves Saint Laurent, éminence politique et médiatique, celui qui avait commencé comme un modeste courtier en livres est mort ce vendredi, à 86 ans.

Le 31 mars, Pierre Bergé, 86 ans, épousait Madison Cox, paysagiste américain de 58 ans, auteur de la majestueuse restauration du jardin Majorelle de Marrakech. Plus qu’une information fleur bleue, ces noces tardives en disent long sur le caractère de feu Pierre Bergé, mort vendredi des suites d’une «longue maladie». Fidèle et prévoyant, Bergé voulait clore des dossiers et mettre à l’abri celui avec qui il avait refait sa vie quelque temps après avoir quitté Yves Saint Laurent, son ami cher et grand compagnon de travail. Il réaffirmait ainsi son soutien au mariage gay, lui qui avait formé avec Yves Saint Laurent l’un des premiers couples célèbres officiellement homosexuels de l’hexagone.

Ce que l’on retient d’abord de ce personnage multiple, engagé dans plusieurs voies tout au long de sa vie c’est justement cette association avec Yves Saint Laurent, qui dura cinquante ans et ne prit fin qu’en 2008, à la mort du couturier.

Homme d’affaires tenace, mécène, éminence politique et médiatique française, Pierre Bergé a démontré dans chacun de ses nombreux domaines de prédilection un besoin de contrôle permanent. Lâcher prise n’était pas vraiment envisageable pour Pierre Bergé, ses colères d’anthologie mises à part. Parti d’à peu près rien, il était doté d’une ambition féroce, s’affichait retors, toujours à la limite de l’ire. Féru d’art et de culture, ce collectionneur invétéré est parvenu à diriger l’une des grandes maisons de couture du XXe siècle d’une main de maître.

Cercle poétique

Né le 14 novembre 1930 sur une île (Saint-Pierre­-d’Oléron, en Charente-Maritime), d’une mère institutrice dont il était très proche et d’un père fonctionnaire des impôts, Pierre Vital Georges Bergé s’est pris de passion pour la littérature alors qu’il n’était encore qu’un élève au lycée Fromentin de La Rochelle. En dehors de son appétence pour les belles lettres, le garçon ne fait alors pas grand-chose. Il cisèle son éloquence, avec l’insolence en filigrane.

A 17 ans, il gifle un professeur et quitte le lycée sans passer le bac. Engagée à la Fédération anarchiste comme son mari, Christiane Bergé, sa mère, perçoit très tôt que son fils est une forte tête. Elle-même n’a rien à lui envier : elle vénère Gide mais pas Dieu. Leur relation d’amour-haine a toujours été empreinte d’une lucidité sévère, qu’évoquait Marie-Dominique Lelièvre en 2009 dans Libération : «Sa mère, elle, a 101 ans. Dans le magazine Globe, en 1990, elle lui taillait un costume rêche. Bébé ? "Insupportable." Ecolier ? "Infernal. Paresseux. Velléitaire." Son père est employé d’une perception, sa mère institutrice (et pas commode) : "La classe de ma mère ? Un cauchemar. Je devais donner l’exemple." Un inspecteur d’académie note alors : "Les élèves sont bruyants, mais le plus bruyant est le propre fils de la maîtresse."» A 18 ans, Pierre Bergé aspire à devenir journaliste et écrivain pour «ne pas [s]e faire avaler par le système» explique-t-il en 1980 dans une interview au magazine Vogue.

Il veut se frotter au monde et décide de «monter» à Paris. En 1948, il devient courtier en livres. Toute sa vie, il restera amateur de beaux ouvrages, de raretés, de premières éditions. Ce sont les livres qui lui donneront, avant même la peinture et les vêtements, avant la musique classique et le Maroc adoré, le goût du beau et du (très) précieux.

Pierre Bergé fait ses premiers pas dans l’arène médiatico-politico-littéraire dès l’âge de 19 ans. Il lance en 1949 la revue la Patrie mondiale. A Paris, il a rencontré Jean Giono, de 35 ans son aîné, dont il aurait aimé écrire la biographie. L’essai n’est pas concluant mais Giono reste un soutien indéfectible, auquel il voue une admiration sans borne. La Patrie mondiale cesse de paraître au bout de deux numéros, malgré des collaborateurs prestigieux - Albert Camus, André Breton et Jean Cocteau. Ce dernier lui ouvre les portes du milieu intellectuel. «Cocteau était curieux et opportuniste, c’est-à-dire qu’il saisissait les opportunités pour exercer son art, créer, rencontrer des gens. Il a également eu la chance de vivre dans un Paris cosmopolite qui était encore le rendez-vous des artistes et de créateurs venus du monde entier qui s’influençaient les uns les autres et s’aidaient autant qu’ils se concurrençaient», se rappelle-t-il au Point en 2013.

Dans ce cercle poétique, Bergé assume déjà son homosexualité. Il vit d’abord avec Bernard Buffet, peintre de la même génération que lui, dépressif et mal fagoté, perdu dans les médicaments et l’alcool. Pierre Bergé l’impose comme son compagnon, notamment auprès de sa propre mère. Il le promet à un brillant avenir, gère sa carrière, œuvre à l’envol de sa cote, qui atteindra des sommets avant de se fissurer. Ils passent huit ans ensemble, inséparables, complémentaires.

Le choc Saint Laurent

En 1958, il croise la route d’Yves Mathieu-Saint-Laurent, alors âgé de 21 ans. Ce dernier dirige la couture de la maison fondée par Christian Dior, mort brutalement quelques semaines plus tôt. Saint Laurent est le plus jeune couturier du monde, à la tête de la plus grande maison de couture du monde. Pierre Bergé ne connaît alors rien à la mode. Mais Saint Laurent le happe. Pour lui, il quitte Bernard Buffet, qui épousera Annabel Schwob, auteure et chanteuse. Du jour au lendemain, Pierre Bergé change de vie sans jamais vraiment s’éloigner du peintre.

En 1960, Saint Laurent est censé rejoindre l’Algérie en guerre, sa terre natale, pour y faire son service militaire. Il fait une dépression qui le mène jusqu’au Val-de-Grâce, section psychiatrique. La direction de Dior en profite pour le remercier sous prétexte qu’il ne suit pas assez les diktats imposés et que son style perturbe les clientes historiques. Avec Bergé, ils décident dès lors ensemble de monter leur maison de couture. Le binôme travaille côte à côte, à l’éclosion d’un style qui va dicter les codes vestimentaires d’une époque, dès 1966 avec le smoking androgyne, arrogant en diable, puis en 1967, année de la saharienne portée par les deux sexes. «Yves Saint Laurent n’aimait pas la mode, il aimait le style», répétait souvent Bergé. Couple fusionnel, paternalistes avec leurs ouvrières, Pierre Bergé et Yves Saint Laurent sont indissociables. Rue Spontini puis avenue Marceau, Pierre Bergé veille sur tout. Il s’occupe de la stratégie générale, mais aussi des moindres détails, du prêt-à-porter aux accessoires et aux parfums, du choix des mannequins à la circulation des limousines, sans oublier de saluer les stars amies de la griffe YSL lors des défilés.

Yves Saint Laurent fut la grande rencontre de la vie de Bergé. Son fardeau aussi. Au couturier de briller, de révolutionner les lignes du vestiaire féminin. A Bergé de soutenir le créateur perpétuellement au bord du gouffre, pris au piège d’une éternelle dépression. En 1971, ils font scandale avec la collection Quarante, hommage aux femmes de l’Occupation et aux filles de joie qui frayèrent avec l’ennemi. La même année, Saint Laurent pose nu pour la campagne publicitaire de son nouveau parfum pour homme et défraie la chronique. A l’époque, Bergé diffuse du Saint Laurent sur toute la planète, développe les licences sans diluer la griffe dans la multiplicité des marques bis façon Pierre Cardin. Et les deux hommes ne ratent pas le coche du prêt-à-porter alors que la haute couture devient désuète.

Dès 1973 et le premier choc pétrolier, Saint Laurent fait tout pour plaire aux Américaines enrichies par la spéculation boursière et aux femmes du Moyen-Orient, assises sur un tas d’or noir. En 1977, la sortie du parfum Opium est couronnée par un succès mondial et signe la première année de bénéfices de leur griffe.

Plus le temps passe, plus Yves Saint Laurent sombre. Pierre Bergé ne l’accompagne pas dans sa chute. Il le met sous surveillance. Il admettra plus tard qu’il a rendu Saint Laurent dépendant de lui. Et que jouer ce jeu-là participe à la léthargie mélancolique de l’autre, l’être adoré. On aime mal parfois. Surtout ceux qui vous ont subjugués. «C’est gratifiant que l’autre ne puisse pas se passer de vous, confiait-il. Signer les chèques, faire les choses à sa place. Mais c’est aussi l’empêcher de le faire.» Chaque saison, Saint Laurent renonce un peu plus, mais Bergé ne courbe jamais l’échine. Leur alliance est fondée sur ce postulat. «Il est né avec une dépression nerveuse, il n’avait pas le talent de la vie», analysait-il en 2008.

«Couturier frustré»

Bergé tient la barre. Il a pourtant appris la mode sur le tas. Jean-Pierre Derbord, pilier de la maison de couture, se souvient : «Monsieur Bergé connaissait les ouvrières. Il les respectait, les aidait quand cela était nécessaire. Une part de sa générosité résidait là. Il était présent tous les jours, voire très présent, pas tout à fait comme Napoléon sur son champ de bataille, mais pas loin. Quelque part, il était un couturier frustré. Il gérait certes l’aspect business mais il avait aussi un avis sur l’aspect créatif et il le faisait savoir. Ses colères étaient légendaires. Mais ça donnait une touche commedia dell’arte à l’ensemble. Au studio avec monsieur Saint Laurent, l’atmosphère de travail pouvait être très monacale. Monsieur Bergé animait ça. Avec lui, la maison Saint Laurent était solide. Nous faisions corps derrière lui, particulièrement dans les moments difficiles. Nous l’avons suivi comme de bons soldats rue Spontini puis avenue Marceau à partir de 1974. Même après leur séparation quand leur intimité s’est altérée, ça ne se ressentait pas aux ateliers.» Protecteur, Pierre Bergé le fut éternellement, d’abord avec Buffet puis avec Saint Laurent. Le bourreau de travail, c’était lui. La rigueur aussi.

La nuit où Saint Laurent, ivre, lui jette une sculpture au visage, manquant de le tuer, marque le grand tournant de leur histoire. En 1976, Pierre Bergé se décide à quitter le domicile commun de la rue de Babylone pour s’installer plusieurs années à l’hôtel Lutétia. Dans Lettres à Yves, il écrit : «Yves était maniaco-dépressif, cette dépression l’a fait tomber dans l’alcool et la drogue et il n’est jamais vraiment revenu. Evidemment, c’est triste de voir quelqu’un qui se suicide, qui se détruit. Vous êtes totalement ­impuissant.»

Dans les années 80, alors que la griffe perd de son aura, que le couturier s’enferme dans la solitude, Pierre Bergé décide d’institutionnaliser Saint Laurent et façonne le mythe. Il impose son compagnon en tant que sociologue, artiste, génie. Et l’installe au musée. Coup de maître. En 1983, la première exposition de mode du Metropolitan de New York est une rétrospective YSL. Bien d’autres suivront jusqu’au défilé hommage au stade de France en 1998, avant la finale historique de la Coupe du monde. Deux milliards de téléspectateurs assistent à l’événement.

Dans la lumière

Dans l’ombre, Bergé ne l’est jamais tout à fait resté. Son poste l’imposait comme gestionnaire. Son charisme le destinait à autre chose. Betty Catroux, muse et double féminin de Saint Laurent : «Yves était un mélancolique, Pierre est dans le présent, toujours avec un projet.» Et d’ajouter : «Mon copain Yves ne parlait que de l’ancien temps. Pierre, c’est le contraire. Il n’est que dans les projets.» La journaliste anglaise Alicia Drake, qui s’est entretenue longuement avec Pierre Bergé pour son livre Beautiful People (2005), décrit une «relation fondée sur l’équation dominant-dominé, entendue comme telle dès le départ. Les rôles finissent toujours par s’inverser. Entre Pierre et Yves, tout est fluctuant. Yves manipule son monde, même quand il boit des litres de pastis quotidien». Bergé avoue à Alicia Drake que la vérité est «à l’opposé de ce qu’on pense. Yves voulait être protégé, il m’a demandé de le protéger. J’ai joué le rôle qu’il a voulu. J’étais le plus prisonnier des deux, mais prisonnier volontaire».

Pierre Bergé a systématiquement refusé d’être considéré comme un pygmalion. Chez Saint Laurent, il se targuait d’avoir tenu de nombreuses années sans gagner d’argent, avant d’en perdre et d’en regagner un monceau à la revente de la maison. «Bergé avait cette faculté de forcer le respect partout où il allait. Il prenait la parole et on se taisait. Son autorité naturelle était indéniable», souligne l’un de ses proches.

Pierre Bergé, petit homme cinglant, incisif, fidèle mais rancunier, courtois mais capable d’être odieux au long de saillies verbales notoires, tape sous la ceinture si cela s’avère nécessaire. Même s’il assure que cela lui est passé avec l’âge, personne n’est dupe. Qui attaque Bergé récolte les foudres du même, et sa rancune tenace avec. Une incartade, et la porte se ferme à jamais. Il laisse ainsi en chemin d’anciens amis et nombre de collaborateurs. Christophe Girard, actuel maire du quatrième arrondissement de Paris, est haut placé dans le Panthéon de sa détestation. Bergé le considère comme un traître pour avoir quitté la maison dont il fut vingt ans le secrétaire général. L’atterrissage de Girard dans le groupe LVMH de Bernard Arnault pollue ensuite jusqu’aux rapports entre Bergé et Bertrand Delanoë, le maire de Paris, dont Girard devient l’adjoint à la culture. Bergé demande sa tête dès 2001 et ne sera jamais entendu.

«Bergé chasse en meute. Si vous êtes dans sa meute, il vous est d’une fidélité absolue, si vous n’en êtes pas…» déclara un jour Alain Minc au JDD. D’autres le décrivent franc. «Pierre Bergé disait les choses cash, assure une vieille connaissance. Au moins, on savait de quoi il en retournait.» Outre ce caractère ardu, Bergé a fait profiter une kyrielle de proches de ses largesses. Il est devenu en 2010 le coactionnaire du Monde avec Matthieu Pigasse et Xavier Niel. Il a porté à bout de bras le magazine gay Têtu créé en 1995. Il aurait offert son aide à une grande chanteuse française pour lui permettre de conserver un train de vie plus que convenable.

Amateur de rituels, jusqu’aux dernières années, il sort tous les soirs quand la myopathie qui le ronge le laisse un peu tranquille. Il passe tous les étés entre ses propriétés de Tanger, Marrakech et Saint-Rémy-de-Provence et donne chaque dimanche matin un coup de fil à Alain Minc, son éminence faussement grise, l’un des rares dont il écoute les conseils et les avertissements. Il organise des dîners hebdomadaires avec les uns et les autres où l’on croise peu de femmes, si ce n’est Betty Catroux, rabrouée un temps pour ses écarts avec Saint Laurent mais dont il ne peut plus se passer une fois celui-ci disparu.

En 2014, le cinéaste Bertrand Bonello a l’outrecuidance de le montrer en redoutable gardien du temple, dans son biopic sur Saint Laurent. Pierre Bergé fait son possible pour que cette version de l’histoire ne voit jamais le jour. Il ferme au réalisateur l’accès aux archives et enjoint tous les initiés de la maison à ne pas collaborer au projet, lui préférant un film à la gloire de Saint Laurent, réalisé par Jalil Lespert.

L’opiniâtreté, il la vit aussi à travers son corps. Depuis plusieurs années, Bergé souffre d’une myopathie. «Il n’y a rien à faire. Mes jambes lâchent» dit-il un jour. Si les jambes ont cédé, la tête jamais. Orateur né, il ne laisse personne parler en son nom. Il découvre Twitter en 2012, y déverse ses foudres et défend les causes chères à son cœur. «Vous ne me demandez pas mon avis, je vous le donne», aime-il à répéter.

Gauche caviar

Pierre Bergé est devenu l’un des grands amis de François Mitterrand. Pourtant, les deux Charentais d’origine ne furent pas des complices de la première heure. Le 11 mai 1981, il est même «furieux de l’élection de Mitterrand. Il engueule tous ceux qui sont passés à la Bastille, et menace de partir s’installer au Maroc», dixit Christophe Girard. Ce qui n’empêche pas Bergé de devenir l’un des plus fervents supporteurs du président socialiste à la faveur de leur amour commun pour la poésie française, les lettres et les arbres. Propriétaire d’un élevage d’esturgeons français qu’il servait dans son luxueux restaurant Prunier, Bergé est l’archétype de la gauche caviar. Il vote Chirac en 1995 pour ne pas soutenir Jospin, à qui il ne pardonne pas son droit d’inventaire de l’héritage Mitterrand. Il ne déteste pas Nicolas Sarkozy et soutient Ségolène Royal. En 2017, il croit un temps en Vincent Peillon, pour finalement pencher pour Emmanuel Macron, qui n’a rien inventorié mais enterre tout simplement le Parti ­socialiste.

Homme d’affaire de gauche avec un goût évident pour le luxe, Bergé s’est considéré sa vie durant comme un anarchiste, à l’image de ses parents. En 2016, il est la tête d’une fortune estimée à 180 millions d’euros et se vante de payer ses impôts en France. «Je n’ai jamais songé à partir en Suisse ou en Belgique, cela ne me viendrait pas à l’idée», affirme-t-il au Journal du dimanche. Farouche opposant à Marine Le Pen, au premier rang de la lutte contre le sida via son engagement dans le Sidaction, jamais avare de soutien aux bonnes œuvres, c’est sous les septennats Mitterrand que Pierre Bergé a pris une ampleur toute politique.

Proche de Jack Lang, nommé ministre de la Culture en 1981, il met à profit sa maîtrise du lobbying afin que les salons de la rue de Valois s’ouvrent aux créateurs de mode. Grâce à son entremise et à celle de Jack Lang, les couturiers sont reconnus comme artistes et artisans, quand ils étaient confinés auparavant dans la catégorie divertissement. Avec Lang, Pierre Bergé milite pour que la mode soit exposée, étudiée à l’école, mise en avant à la télévision. Il participe en 1986 à l’ouverture de l’Institut français de la mode et à celle du musée des Arts de la mode au pavillon de Marsan à Paris, puis à la création du prix de l’Andam en 1989. C’est le moment de la formation des grands groupes de luxe français. Deux hommes très opposés s’affrontent, Bernard Arnault et François Pinault. Pierre Bergé choisit le second qui le lui rendra au centuple.

Oraison

En juin 2008, à la mort d’Yves Saint Laurent avec qui il venait de se pacser, Pierre Bergé fait poser une cape jaune, couleur or sur le cercueil de son amant perdu. Le jour des funérailles, le prêtre de l’église Saint-Roch trébuche lors de son oraison. Il demande solennellement à l’assistance de se recueillir devant «la dépouille de Pierre Bergé». Le lapsus méduse l’assistance et laisse un sourire de façade sur le visage du principal intéressé.

Il aura finalement survécu neuf ans à l’homme de sa vie et manqué de peu la pose de la dernière pierre à leur grand œuvre. Il s’apprêtait à inaugurer en octobre deux musées Saint Laurent, l’un à Paris et l’autre à Marrakech. Dans la ville marocaine, une rue porte le nom d’Yves Saint Laurent, près du jardin Majorelle. Une place portera peut-être un jour celui de Pierre Bergé.

Marie Ottavi - Libération

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FEMME PRINTEMPS-ÉTÉ 2018 Desigual - Jean Paul Goude

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Premier défilé de Jean-Paul Goude pour Desigual

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Monica Bellucci

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Mode. Deux géants du luxe s'engagent contre les abus

LVMH et Kering exigeront la présentation d'un certificat médical datant de moins de six mois, tandis que la loi prévoit que ce certificat peut remonter jusqu'à deux ans.

Les géants du luxe Kering et LVMH, représentant des grands noms de la mode comme Gucci, Saint Laurent, Vuitton et Dior, ont adopté une charte commune pour interdire le recours à des mannequins trop maigres et âgés de moins de

16 ans.

Rendue publique hier, à la veille de l'ouverture des défilés new-yorkais, la charte « sur les relations de travail et le bien-être des mannequins » signée par LVMH et Kering prévoit une série d'engagements destinés à s'appliquer immédiatement dans le monde entier, lors des séances photos pour des campagnes publicitaires et les défilés de mode des marques appartenant à ces deux géants français (*).

« Nous voulions aller vite et frapper fort, pour que les choses bougent vraiment, et essayer d'inciter au maximum les autres acteurs de la profession à nous suivre », a déclaré le P-DG de Kering, François-Henri Pinault.

Antoine Arnault, membre du conseil d'administration de LVMH et fils du P-DG Bernard Arnault, a salué une charte qui « change vraiment la donne ».

Ces engagements vont au-delà de dispositions légales sur l'emploi des mannequins entrées en vigueur en France en mai. La charte requiert ainsi la présentation d'un certificat médical datant de moins de six mois, tandis que la loi prévoit que ce certificat - prenant notamment en compte l'indice de masse corporelle (IMC) du mannequin -, peut remonter jusqu'à deux ans.

Les petites tailles bannies

Alors que la maigreur des mannequins fait régulièrement polémique, les marques s'engagent à bannir les tailles les plus petites, inférieures au 34 (taille française) pour les femmes et 44 pour les hommes.

« La disposition sur la taille, couplée au certificat médical de moins de six mois, est une mesure très forte qui va nous permettre d'avancer », s'est félicité François-Henri Pinault.

« Beaucoup de gens ne connaissent même pas l'existence de la taille 32 », a reconnu Antoine Arnault. « Mais un certain nombre de créateurs faisaient faire leurs prototypes en 32. C'est maintenant terminé, les tailles seront désormais à partir du 34, ce qui est déjà assez petit », a-t-il dit.

Les maisons s'interdisent également d'embaucher des mannequins de moins de 16 ans pour des vêtements destinés à des adultes. « Il y a eu des abus », a estimé Antoine Arnault. « Une jeune fille de 15 ans n'a pas le bagage nécessaire pour affronter le monde difficile de la mode et du mannequinat », a ajouté le responsable, marié au mannequin Natalia Vodianova.

L'ancien mannequin Victoire Maçon-Dauxerre, qui avait, dans un livre paru en 2016, dénoncé le diktat de la maigreur, a jugé cette charte « intéressante », « même si une taille 34 reste beaucoup trop maigre pour 1m 80 ».

(*) Gucci, Bottega Veneta, Saint Laurent, Balenciaga, Alexander McQueen, Christopher Kane, Stella McCartney, pour Kering, et Dior, Vuitton, Givenchy, Céline, Kenzo, Fendi, Loewe, Berluti, Pucci, Marc Jacobs et Loro Piana, pour LVMH.

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Helmut Newton - Modèle : Sylvia Gobbel

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Yves Saint Laurent par Pierre et Gilles

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Charlotte Gainsbourg, une femme resplendissante

La fille de Serge Gainsbourg et de Jane Birkin doit beaucoup à ses parents. Mais aussi à ses grands-mères, au réalisateur Claude Miller et à son amoureux, Yvan Attal.

Par Saskia Galitch, Femina.ch, 

Avec ses grands yeux noisette, qu’on dirait perpétuellement étonnés, ses cheveux savamment décoiffés et sa voix de petite fille, Charlotte Gainsbourg a des airs de gamine fragile et délicate qu’on adorerait protéger. Mais ne vous fiez pas à ses apparences d’éternelle ado: depuis ses premières et si touchantes apparitions publiques, en 1985-1986, la coquine et bouleversante «Effrontée» a bien grandi. Pour s’en convaincre, il suffisait de la voir, le mercredi 17 mai 2017, lors de l’ouverture du 70eFestival de Cannes, où elle présentait «Les fantômes d’Ismaël», le nouveau film d’Arnaud Desplechin. Malgré ses fêlures, sa vulnérabilité et son spleen pleinement assumés, la fille de Jane Birkin et de Serge Gainsbourg est aujourd’hui une femme forte, une «mater familias» resplendissante, magnétique et déterminée, qui mène crânement sa barque, guidée par son instinct et ses coups de cœur durables.

Car oui, comme elle le dit avec ce naturel qui lui vient notamment de sa mère, la comédienne et chanteuse aime «les choses qui se passent spontanément». Et fonctionne essentiellement aux élans et aux impulsions. C’est ainsi qu’elle explique sa collaboration avec les cosmétiques Nars, pour lesquels elle a conçu une ligne de maquillage: «François Nars et moi, nous nous sommes vus pour la première fois à l’occasion d’une séance de photos. On a accroché instinctivement et très rapidement. Alors, quand il m’a rappelée pour me proposer cette aventure…» Amusée, la rayonnante quadragénaire ajoute: «Ma vie est décidément faite de rencontres et d’heureux hasards.»

Merci papa, merci maman

Songeuse, Charlotte G. se remémore alors de belles coïncidences, évoque quelques-unes des personnes que le destin a malicieusement placées sur sa route, qui l’ont guidée et grâce auxquelles elle a pu se développer et s’épanouir.

Sans surprise, cette enfant de la balle cite d’abord ses parents, à qui elle doit tant, dont le virus du cinéma, transmis par sa mère. Ou celui de la musique, inoculé par son père, qui se concrétise actuellement avec la préparation d’un nouvel album, qui sortira cet automne («ou cet hiver, je ne suis pas encore sûre!»).Bien sûr, tout n’a pas toujours été simple pour la petite Charlotte. Les excès surmédiatisés de Serge Gainsbourg, ajoutés à l’intérêt que suscitait son statut de graine de star, de «fille de…», n’ont pas facilité l’épanouissement social de cette gamine qui souffrait d’une timidité maladive. Pour le coup, elle s’est forgé «une carapace» et a «fermé des portes» afin de se protéger du regard des gens. «Aujourd’hui, c’est fini, je ne suis plus comme cela, assure-t-elle. Réservée, oui, timide, non!» Reprenant le fil de sa vie, la comédienne parle maintenant joliment de sa belle-mère Bambou, qui l’a «énormément influencée» dans les années 1980. Puis raconte ses grands-mères, de qui elle semble être une synthèse parfaite: des femmes libres et «de caractère», comme on dit pudiquement. D’un côté Judy Campbell, «actrice de théâtre anglaise, érudite, sublimement belle et hypersophistiquée», de l’autre Olga Ginzburg, «une costaude à l’accent russe, qui portait sa famille à bout de bras.»

Un avant et un après «L’effrontée»

Et le cinéma, dans tout cela? Encore une fois, tout serait parti d’un «coup de chance», note la jeune femme. Un «heureux hasard» nommé Claude Miller qui, en lui offrant, en 1985, le rôle de Charlotte dans «L’effrontée», a changé le cours de son destin. En plus de lui ouvrir les portes du cinéma, le réalisateur lui a permis de comprendre ce qui la rendait heureuse: tourner, se perdre dans des rôles. «Des souvenirs merveilleux sont liés à ce tournage…», murmure-t-elle, avant de reprendre: «Petite, j’avais un faible pour les films dans lesquels des enfants acteurs tenaient les rôles principaux: je m’identifiais aux jeunes héros de «Jeux interdits», de «Tiger Bay» ou de «Los Olvidados»… Au fond, je ne voulais pas me l’avouer, mais j’avais probablement envie de jouer depuis longtemps et cette expérience m’a ouvert les yeux!»

Attendrie, celle qui fut une inoubliable «Petite voleuse» repense à ses premiers films, à la manière «instinctive» qu’elle avait de se prêter au jeu. Elle revoit les tournages s’enchaîner, comme autant de moments de bonheur. Et se souvient – merci la vie! – de sa rencontre avec Yvan Attal, en 1991, peu de temps après la mort de son père, dont elle redoutait ne «jamais» pouvoir se remettre. Un moment déterminant, non seulement sur le plan privé – ils sont toujours en couple et ont ensemble trois enfants de 19, 15 et 6 ans – mais également dans sa carrière.

Profitant du fait que sa femme est une actrice, Attal la dirige ainsi dans des petits bijoux de films hyperpopulaires comme «Ils sont partout», sorti en 2016. Et il lui permet de s’épanouir: «Yvan m’a montré une autre manière d’envisager le métier. Jusque-là, c’était très accidentel et uniquement spontané, je ne savais pas ce que travailler un rôle voulait dire, s’enflamme-t-elle, amoureuse. En le voyant bosser et en parlant avec lui, je me suis petit à petit imprégnée de sa vision des choses.» Une vision qui lui permet de maîtriser à la perfection la science des rêves.

Ce qui la dope

New York, où je vis depuis plus de deux ans maintenant. Pouvoir s’y balader en restant anonyme me permet de respirer et de regarder plus librement autour de moi.

Son don inattendu

La cuisine. Quand j’ai rencontré Yvan (Attal), je ne savais pas faire cuire un œuf.

Sur sa shamelist

Je lis moins que ce que je voudrais, et que ce que je devrais. Du coup, je trouve qu’il me manque une grande culture littéraire.

Son dernier fou rire

Franchement, je ne m’en souviens pas. Mais c’était sûrement avec mes enfants: rigoler avec eux, c’est le plus grand plaisir de ma vie.

Son buzz

«François Nars!» fondateur de la maison Nars Cosmetics, s’exclame joyeusement l’actrice, qui vient d’élaborer avec lui une ligne de maquillages à son image: nature, délicate et chic.

Sa news Femme

Je trouve que Meryl Streep (qui va tourner dans le prochain Spielberg, ndlr) a des discours et des attitudes remarquables. Elle a l’humour, le sérieux, la colère. Pour moi, elle est exemplaire, j’ai une grande admiration pour elle.

Son actu

Elle est à l’affiche des «Fantômes d’Ismaël», d’Arnaud Desplechin. Cet automne, on la retrouvera dans «The Snowman», avec Michael Fassbender et, cet hiver, dans «Les promesses de l’aube», d’Eric Barbier.

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«L'Aérosol», le nouveau temple du graff et du street art à Paris

Le nouveau temple du street art à Paris s’appelle « L'Aérosol ». 7 000 mètres carrés d’une ancienne friche industrielle de la SNCF viennent d’être transformés en royaume des cultures urbaines.

Rampes de skate, piste de danse pour patins à roulettes, transats et DJ’s redonnent vie à ce lieu en béton. À l’Aérosol, la cool attitude est la règle.

Un casting irrésistible

Il y a de la musique pour danser, mais surtout un musée d’art urbain de très haut niveau. Le 54, rue de l’Evangile, dans le 18e arrondissement de Paris, c’est le paradis des graffeurs. Caché entre deux portes, celle de La Chapelle et d’Aubervilliers, l’Aérosol c’est de la bombe !

Son musée de 1 200 mètres carrés exposera un nombre impressionnant de 400 toiles. La crème du graffiti est représentée par Invader, Banksy, Blek le rat ou encore Obey. Un casting irrésistible, réuni par le commissaire de l’exposition.

« On a plein de records du monde »

David Benhamou est le fondateur de maquis-art.com, site de référence du graff et grand spécialiste en art urbain pour des maisons de vente aux enchères. Benhamou a fait jouer ses relations. Il a fait du « porte-à-porte » pour exposer ses toiles préférées.

« Je suis allé chez les collectionneurs que je connais ou alors chez des gens avec qui je travaillais ou conseillais sur leur collection et j’ai frappé à leur porte en leur disant : " Je vais faire une super expo, venez, c’est dans une friche industrielle, c’est génial. " J’avoue, ils avaient un peu peur au début, mais ils m’ont fait confiance. Donc, tous ceux qui m’ont prêté des œuvres m’ont fait confiance et m’ont laissé partir avec les œuvres qui sont dans leur salon. Dans les œuvres qu’on a, on a plein de records du monde, d’œuvres qui ont fait des résultats en vente aux enchères. Que ce soit dans mes ventes ou chez mes confrères. Et on a fait une sélection chez les collectionneurs. »

Des graffeurs de tous les horizons

Les stars sont donc bien là, mais pas question d’oublier les autres graffeurs de tous les horizons. À L’Aérosol, faire des graffitis sur les murs du musée, c’est permis. Ici, le visiteur est invité à s’emparer des 300 mètres de murs. Le lieu dispose même d’une petite boutique pour s’acheter des bombes.

« À l’extérieur, il y a le graffiti qui vit, le vrai graffiti, le vrai street art, explique David Benhamou. Les artistes viennent, font du graff, prennent des panneaux entiers. C’est nous qui leur disons où ils peuvent se placer. Il y a déjà cinq, six, sept couches sur tous les murs, donc tout est recouvert tout le temps. Là, il y a un graffeur en train de bosser. Il y en a déjà quatre couches en dessous. Donc tout le monde se repasse, mais selon des règles qu’on connaît dans le graffiti. C’est-à-dire qu’on ne repasse pas quelqu’un qui n’a pas fini son graff. Ce qui est important pour les graffeurs, c’est la photo. Les photos que les gens prennent pour les garder, les archiver… »

« Le tag, c’est le chien qui pisse pour marquer son territoire »

L’artiste qui fait du graff sur place s’appelle Jeanjerome. « Il y a plein de lieux abandonnés ou des gars qui sont en piteux état et il n’y a aucune volonté pour que des graffeurs embellissent des gares françaises. En sachant qu’il y a énormément de gens aujourd’hui friands de cet art. Là, aujourd’hui, L'Aérosol, c’est une expérience. Espérons que la SNCF fasse des appels à projets. Ils ont toujours la haine des tagueurs. Je peux comprendre, mais ils ne font pas la distinction entre graffeurs et tagueurs. Le tag, c’est la signature, c’est le chien qui pisse pour marquer son territoire. Le graff, c’est un style artistique. Moi, c’est complètement abstrait. Avec cette nouvelle expérience, il faut voir comment cela va être récupéré par la SNCF dans le futur. »

L’Aérosol et la brigade anti-graffiti

Avec la création de L’Aérosol, est-ce que l’heure de la réconciliation a sonné entre la SNFC et les graffeurs ? Parlons plutôt d’une trêve, car l’éternel jeu du chat et de la souris n’est pas prêt de s’arrêter entre les graffeurs et la SNCF avec sa fameuse brigade de police anti-graffiti qui se trouve à quelques pas de L’Aérosol.

« C’est vrai qu’il y a un jeu du chat et de la souris, avoue David Benhamou. Au sein de la police, il y a la police ferroviaire et il y a une brigade spéciale anti-graffiti, mais tous les graffeurs qui font du graffiti sur train, sur métro, sur tout ce qu’on veut, connaissent les risques. Il y a plein de graffeurs qui viennent sur le lieu et qui sont contents. Il n’y a aucune animosité : ni de la part de la SNCF, ni de la part des graffeurs. C’est juste une petite guéguerre saine. »

Un lieu éphémère

Une guéguerre « saine » qui coûte quand même des millions d’euros par an en nettoyage. L’Aérosol, un lieu éphémère dédié au street art comme il en existe encore peu à Paris, qu’il ne faudra pas trop tarder à aller visiter avant sa démolition fin janvier 2018.

► Ce vendredi 8 septembre, il y aura à l’Aérosol une soirée Snap’N’Mix et Mouv’ Live Club ouverte au public et en accès gratuit, entre 17h et 23h.

► L'Aérosol, 54, rue de l’évangile 75018 Paris, lieu éphémère dédié à l’art urbain

 

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Miles Aldridge

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