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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

vendredi 16 février 2018

Tom Ford - j'aime beaucoup...

 

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Salon de l'Agriculture bientôt...

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C’est un rendez-vous qu’Emmanuel Macron prépare avec beaucoup de soin. Avant sa visite au salon de l’Agriculture, le 24 février, le chef de l’Etat va convier jeudi à l’Elysée un millier de jeunes agriculteurs. Une façon de montrer qu’il est à l’écoute du monde rural… et de déminer un terrain très sensible. Beaucoup d’agriculteurs sont aujourd’hui inquiets, et pour certains très en colère. Ils redoutent de voir leurs conditions de vie se dégrader encore davantage en étant exclus des « zones de handicap naturel » donnant droit à des aides européennes. Une nouvelle carte doit en effet entrer en vigueur à partir du 1er janvier 2019. Plusieurs manifestations se sont succédé ces derniers jours, notamment dans des départements comme les Deux-Sèvres. En allant présenter ses vœux au monde agricole en Auvergne, fin janvier, Macron avait voulu affirmer qu’il n’était pas coupé des territoires. L’agriculture française peut retrouver « le printemps » en changeant de modèle pour privilégier la qualité et l’ouverture sur le monde, avait-il assuré. Au-delà des promesses, les paysans attendent surtout du concret. En recevant ces jeunes agriculteurs, il va tenter de les rassurer et de les convaincre. C’est sans doute nécessaire, mais pas sûr que cela soit suffisant.

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Normal Magazine

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Model Law : la première association française qui défend les mannequins

Par Tanissia Issad  

La Française Gwenola Guichard et la Russe Ekaterina Ozhiganova, 29 et 25 ans, viennent de lancer Model Law, la première association française pour défendre et protéger les droits des mannequins. Ces deux top models, qui fréquentent le milieu de la mode depuis qu’elles sont étudiantes à Paris, ont assisté de loin à la naissance de Model Alliance aux Etats-Unis. Cette organisation à but non lucratif créée en 2012 par l’ancien mannequin Sara Ziff, réalisatrice du documentaire Picture Me : Le journal vérité d’un top model, compte parmi ses buts celui de donner une voix aux modèles.

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Gwenola Guichard et Ekaterina Ozhiganova, les deux créatrices de Model Law - Model Law

Parties du constat qu’en France, capitale de la mode, rien de tel n’existe, Gwenola Guichard et Ekaterina Ozhiganova ont, après plusieurs années à en discuter entre elles et à témoigner dans la presse à ce sujet, décidé de monter Model Law, association loi 1901. Pourvue d’un manifeste qui a en un mois récolté 200 signatures (dont à ce jour celles des journalistes mode Alice Pfeiffer et Géraldine Dormoy-Tungate, des influenceuses Louise Follain et Sophie Fontanel ou encore du photographe Mauro Mongiello), Model Law n’a pas pour objectif de se transformer en syndicat.

« Notre but, c’est de proposer un projet de texte afin de revoir la convention collective actuelle des mannequins (établie en France en 2004) et de changer la loi. Tout en étant un intermédiaire neutre entre les mannequins et les agences, les mannequins et les pouvoirs publics, les mannequins et les médias... Ils ne peuvent souvent pas le faire eux-mêmes, à cause de la barrière de la langue, pour des raisons de maturité (certains sont très jeunes), parce qu’il s’agit d’un métier d’image et de réputation qu’ils ont peur de ternir… » nous explique Gwenola Guichard.

Et si le manifeste de Model Law comprend un paragraphe entier sur les violences sexuelles et sexistes, la jeune Française le précise, la réflexion et le travail autour de cette association ont commencé bien avant l’affaire Weinstein et les accusations portées contre les photographes Terry Richardson, Mario Testino, Bruce Weber ou encore le cofondateur de Guess, Paul Marciano.

Parce que Model Law a aussi à cœur de montrer les réalités liées au statut du mannequin, que l’on retrouve dès les premières lignes du manifeste : « Le salaire des top models suscite des fantasmes, mais la réalité est tout autre pour la masse des mannequins anonymes. Le mannequin ne touche que 33 % à 36 % des sommes facturées et pose toujours gratuitement pour la presse ». Une précision utile à l’heure où Condé Nast publie une charte de bonne conduite pour le bien-être de ses mannequins et où Elle comme Version Femina adjoignent leurs signatures au texte rédigé en ce sens par Kering et LVMH.

Si ces textes ont le mérite d’exister, pour Gwenola Guichard, « ils ne vont pas assez loin, ils sont écrits sans trop de concertation avec les mannequins et ça se voit », estime-t-elle. Et de rappeler que les top models n’ont que des contrats précaires et évoluent dans un système où elles sont « trop peu protégées des abus ».

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Priscilla

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Milo Moiré

 

 

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Xavier Legrand, un tragédien derrière la caméra

Par Laurent Carpentier - Le Monde

Le réalisateur de « Jusqu’à la garde », âgé de 38 ans, s’est formé sur les scènes de théâtre.

A la Mostra de Venise, quand Benoît Jacquot lui a remis, en septembre 2017, le Prix du meilleur premier film, sa lèvre a tremblé. Mais quand, ensuite, ­Annette Bening lui a tendu le Lion d’argent du meilleur réalisateur et qu’il a vu son jeune acteur, ­Thomas Gioria, 14 ans, pleurer dans la salle, les larmes de Xavier Legrand ont débordé. Prix du ­public à San Sebastian, à Angers… Son long-métrage, Jusqu’à la garde, est en train de suivre le même parcours incroyable que son unique essai précédent, un court-métrage de vingt-deux minutes, Avant que de tout perdre, qui, en 2014, avait raflé les prix, dont le César du court-métrage, jusqu’à être nommé aux Oscars…

Xavier Legrand. Yeux marron, barbe bien taillée, petit blouson, 38 ans. Comédien de théâtre. « J’ai toujours été passionné par les tragédies, raconte-t-il. Entre deux spectacles dans les villes où je tournais, quand tu te retrouves le soir seul dans des chambres d’hôtel… J’ai eu envie d’écrire pour le théâtre. Les Atrides, Médée, les liens du sang, les drames de famille… l’équivalent contemporain de la tragédie, aujourd’hui, c’est la violence conjugale. Ce faisant, j’ai réalisé que mon écriture était liée à l’image. D’où l’idée d’un film. Aujourd’hui, cela fait dix ans que j’ai commencé à travailler dessus. C’était en 2008. »

« Etre un miroir, un vecteur »

Le long-métrage est la suite du court : thriller sobre et terrifiant sur les violences faites aux femmes, qui résonne avec l’actualité. Et, au milieu de tout ça, un gamin pris en otage. « Une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint en France », dit le cinéaste, qui a pris le temps d’enquêter, de rencontrer des ­victimes et des bourreaux, des sociologues et des juges, de passer des nuits avec la police.

« Or le pouvoir, la vengeance, l’honneur, l’idée qu’il est préférable que la mort nous sépare plutôt que, toi, tu t’en ailles… Toutes ces thématiques de la tragédie, on les retrouve dans la violence conjugale. »

Vécu intime ? Fausse piste. Mère infirmière, père surveillant-chef dans les prisons de France. Une grande sœur, un demi-frère. Une séparation, certes, mais sans ­violence. En CM1, la maîtresse demande au petit Xavier de jouer un gamin en chaise roulante devant un public d’enfants qui le sont, eux, réellement. « Voir ces enfants qui avaient le même âge que moi rire en me regardant, moi le valide, qui les représentais, j’ai eu l’impression d’être un miroir, un vecteur, de servir à quelque chose, ça m’a marqué. » Il demande à ses parents de l’inscrire à des cours de théâtre.

Xavier Legrand ne quittera plus les tréteaux. D’Amiens, où il fait ses classes (et où on peut le voir cette semaine à la Comédie de ­Picardie au côté d’Anna Mou­glalis, dans Mademoiselle Julie, de ­Strindberg, mis en scène par ­Gaëtan Vassart), on le retrouve au conservatoire du 5e arrondis­sement de Paris, où il croise Jeanne Candel, Samuel Achache… avant d’intégrer le Conservatoire national supérieur. Depuis, il ­arpente la France, on le verra au TNS de Strasbourg, au TNP de ­Villeurbanne…

« IL A FALLU ENTRER DANS LA PEAU DE LA VIOLENCE CONJUGALE, ALLER CHERCHER LA TERREUR DU RÉEL… APRÈS, IL FAUT EN SORTIR. MON FILM EST FINI DEPUIS UN AN ; DEPUIS, J’AI JOUÉ AU THÉÂTRE, JE SUIS PASSÉ À AUTRE CHOSE »

Au cinéma, il n’aligne que de ­rares seconds rôles (Les Mains ­libres, de Brigitte Sy, Les Amants ­réguliers, de Philippe Garrel…). Il ­affiche son absence de cinéphilie, n’en conçoit ni honte ni fierté. « Il y a plein de cinéastes à la filmographie hallucinante que je ne connais pas du tout. Pialat, par exemple. » Autant dire : un ovni dans le paysage, qui doit beaucoup à Alexandre Gavras, le fils aîné de Costa-Gavras. Celui-ci était venu au TNS ­filmer La Cerisaie, sur laquelle Xavier Legrand assistait ­Julie Brochen à la mise en scène. Ils ont sympathisé. Xavier ­Legrand lui a montré son projet. Alexandre Gavras avait envie de se lancer dans la production… Pour eux deux, ce fut « le bal des débutantes », ironise le réalisateur, qui s’est attelé à l’écriture d’un deuxième long-métrage : « Pas une tragédie… » Plutôt une comédie ? « Noire. »

L’homme est poli, souriant, aimable, heureux de cette histoire qui s’ouvre à lui, mais, comme ­l’enfant du film, on le sent « en hypervigilance ». ­ « J’accueille les accidents et les contraintes avec calme, se défend-il. Mais, c’est vrai, je savais ce que je voulais, les cadres, les sons, tout était à l’écriture. Je suis un méticuleux. Julie Brochen me dit toujours : “On voit quand tu joues que tu es quelqu’un qui écrit.” »

Sa peur de « spoiler » le dénouement fait écho à son quant-à-soi. Il se méfie des sous-titres narratifs comme des intrusions dans son intimité. « Il a fallu entrer dans la peau de la violence conjugale, aller chercher la terreur du réel… Après, il faut en sortir. Mon film est fini depuis un an ; depuis, j’ai joué au théâtre, je suis passé à autre chose. » Il est à l’image de son film, sans musique qui annonce l’effroi, sans dialogue qui éclaircit l’ellipse…

« Il faut avoir confiance dans le spectateur. Moi, quand je regarde un film, j’aime travailler. Si je ne travaille pas, je m’ennuie, je m’endors ou je m’en vais. »

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COLORS OF WINTER- PIERRE TURTAUT {EXCLUSIVE EDITORIAL/NSFW} by chariskm

Pierre Turtaut, is a French photographer shooting mainly fashion, beauty and fine art. He submitted this beautiful set he shot with model/muse Maeva Leduc.

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