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vendredi 25 mai 2018

Il faut sauver Noura Hussein Hamad

Dans une tribune au « Monde », plus de cent personnalités demandent un procès équitable pour la jeune Soudanaise condamnée à mort le 10 mai dans son pays pour avoir tué son mari alors que ce dernier tentait de la violer.

Noura Hussein Hamad, une jeune Soudanaise de 19 ans, a été condamnée à mort le 10 mai pour avoir tué son mari alors que ce dernier tentait de la violer. Son père l’avait forcée à épouser cet homme alors qu’elle avait 16 ans, la loi autorisant dans ce pays le mariage des enfants de plus de 10 ans.

Noura ayant refusé de consommer le mariage, son époux a invité deux de ses frères et un cousin pour l’aider à la violer. Le 2 mai 2017, les trois hommes ont tenu Noura tandis que son mari la violait. Le lendemain matin, il a essayé de la violer à nouveau, mais elle a réussi à s’échapper vers la cuisine où elle a attrapé un couteau. En se défendant, elle a blessé son agresseur, qui a succombé à ses blessures.

Noura s’est ensuite enfuie dans sa famille, mais son père l’a livrée à la police. Un rapport d’examen médical de la lutte avec son mari a indiqué qu’elle avait subi des blessures, y compris une morsure et des égratignures. Lors de son procès, en juillet 2017, le juge a appliqué une loi désuète qui ne reconnaissait pas le viol conjugal. Noura Hussein a été inculpée en vertu de la loi pénale (1991) et reconnue coupable de meurtre intentionnel le 29 avril au tribunal pénal central d’Omdurman.

Faire pression sur les autorités judiciaires su Soudan

Il reste quelques jours pour faire appel de son exécution, jusqu’au vendredi 25 mai. Il faut mobiliser de toute urgence la communauté internationale pour faire pression sur les autorités judiciaires soudanaises afin qu’elles annulent cette condamnation injuste et cruelle. La peine de mort a été abolie dans de très nombreux pays dans le monde.

Nous demandons : l’annulation de la condamnation à mort de Noura ; un nouveau procès équitable pour Noura, prenant en compte le caractère forcé du mariage d’une très jeune fille, le viol et la légitime défense, toutes circonstances éminemment atténuantes ; un processus judiciaire qui tienne compte des conventions internationales en vigueur ; la présence d’observateurs internationaux.

On compte parmi les signataires de cette tribune : Claudia Abate-Debat (fondatrice et directrice de la Fondation post conflit développement), Eliette Abécassis (écrivaine), Isabelle Alonso (écrivaine), Jocelyne Adriant (présidente du Collectif pour le lobby européen des femmes), Ghislaine Arabian (chef-cuisinier), Saphia Azzeddine (romancière et réalisatrice), Nicole Bacharan (politologue, historienne), Elisabeth Badinter (philosophe), Josyane Balasko (actrice, réalisatrice), Nathalie Baye (actrice), Aurore Bergé (députée LRM des Yvelines) Juliette Binoche (actrice), Jane Birkin (artiste), Dominique Blanc (actrice), Carole Bouquet (actrice), Alma Brami (écrivaine), Sophie Bramly (productrice, présidente du Collectif 52), Irina Brook (actrice et metteur en scène), Karen Brunon (artiste musicienne), Belinda Cannone (écrivaine), Dominique Cantien (productrice), Sérénade Chafik (co-porte-parole de l’association Les Dorines), Diagne Chanel (artiste plasticienne, présidente du Comité Soudan), Laurie Cholewa (animatrice télé et radio), Natalie Dessay (cantatrice), Anne Hidalgo (maire de Paris), Isabelle Huppert (actrice), Camelia Jordana (artiste interprète, comédienne), Beate Klarsfeld (cofondatrice de l’association des Fils et filles de déportés juifs de France), Caroline Madsac (vice-présidente du Collectif urgence Darfour), Mathilda May (actrice, auteure, metteur en scène), Dominique Méda (économiste), Nana Mouskouri (chanteuse), Marie N’Diaye (romancière), Charlotte Rampling (comédienne), Sonia Rolland (actrice, réalisatrice), Dominique Schnapper (sociologue, politologue et ancienne membre du Conseil constitutionnel), Anne Sinclair (journaliste), Leïla Slimani (romancière) et Karin Viard (comédienne).

Posté par jourstranquilles à 07:20 - Réflexion - Commentaires [0] - Permalien [#]

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