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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

samedi 23 juin 2018

Extrait d'un shooting - lingerie

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"APES**T" : le clip "sublimissime" de Jay-Z et Beyonce

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Mon studio photo à différents moments...

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Bert Stern

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Turquie : Muharrem Ince, l’espoir des anti-AKP

Par Marie Jégo, Istanbul, correspondante - Le Monde

Le candidat républicain à la présidentielle du 24 juin tente de fédérer l’opposition au président sortant et espère l’affronter lors d’un second tour.

Il est la révélation de la campagne. Combatif, mordant, bon polémiste, Muharrem Ince, candidat du Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche) à la présidentielle du 24 juin en Turquie, a de quoi donner des sueurs froides au président Recep Tayyip Erdogan, dont la silhouette écrase le paysage politique turc depuis plus de quinze ans.

De Diyarbakir (sud-est) à Izmir (mer Egée), en passant par Esenyurt, Bagcilar, Kuçukçekmece, les quartiers périphériques d’Istanbul, les meetings de Muharrem Ince déchaînent les passions. Manches retroussées, le verbe haut et clair, cet ancien professeur de physique chimie, 54 ans, a réussi à briser le tabou selon lequel Recep Tayyip Erdogan est imbattable.

Il sait mettre le doigt sur les failles du numéro un turc : sa dérive autocratique, sa mauvaise gouvernance économique. « Mon rival vit dans un palais, il est riche, ses affaires marchent bien. Il boit du thé blanc, alors que moi je bois le même thé que vous, je suis le candidat des misérables », a-t-il lancé face à la foule venue l’acclamer, le 10 juin, à Esenyurt. Eclats de rires dans l’assistance. L’allusion aux « misérables » renvoie à l’adjectif employé récemment par le président Erdogan à l’endroit de Muharrem Ince, « ce misérable ».

Quand Erdogan promet d’ouvrir des « maisons de lecture » dans chaque quartier, avec distribution gratuite de « thé, café, et cakes », le tribun du CHP parle nouvelles technologies, investissements, emplois pour les jeunes. A chacun de ses meetings, il conjure son rival de l’affronter lors d’un débat télévisé « pour parler économie seulement ». Refus du numéro un turc, il n’y aura pas de débat.

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Muharrem Ince 

« Le doyen du cake »

« Après quinze années au pouvoir, que vous promet-il ? Des ponts, des parcs pour le peuple et des cafés librairies ! Il dit que vous mangerez du cake gratis. Ma parole, il est le doyen du cake ! Moi, je m’engage à trouver des emplois à vos enfants », clame Ince, micro en main, un insigne du drapeau turc à la boutonnière de sa veste bleu marine. « Ince, président ! », scande la foule.

Son slogan favori, « la Turquie a besoin de sang neuf », a l’assentiment de l’assistance. Ugur, la trentaine, en est convaincu : « Il faut que cela change, le pouvoir des islamo-conservateurs est usé, eux-mêmes le reconnaissent. Erdogan a parlé d’une “usure du métal” dans son parti, mais ça le concerne au premier plan, lui aussi est usé. »

Commerçant en pièces détachées à Esenyurt, un quartier populaire et dynamique à la périphérie d’Istanbul, Ugur a toujours voté CHP : « C’est de famille. » Mais il sent autour de lui « un grand désir de changement » d’autant que « les gens se serrent la ceinture ».

L’économie va mal. Le régime ultraprésidentiel de M. Erdogan, qui doit entrer en vigueur après les élections, ne plaît guère aux investisseurs, qui craignent pour l’indépendance de la banque centrale. Les capitaux fuient, les investissements stagnent, les déficits s’accentuent, les entreprises du secteur privé, endettées à hauteur de 65 % du PIB, luttent pour restructurer les crédits libellés en dollars alors que la devise locale, la livre turque, ne cesse de se déprécier.

« Si l’opposition parvient à convaincre les électeurs que la poigne de fer d’Erdogan est une source d’instabilité, la trajectoire politique de la Turquie pourrait changer », écrit la chercheuse Asli Aydintasbas dans une tribune publiée par le Washington Post le 12 juin.

Député CHP au Parlement depuis seize ans, Muharrem Ince a déjà brigué à deux reprises la direction du vieux parti d’Atatürk contre Kemal Kiliçdaroglu, l’actuel chef du CHP. Il sait capter l’attention de tous les publics. Nombreux sont les Kurdes qui se disent prêts à lui donner leur voix malgré leur hostilité bien ancrée envers son parti, honni pour son mépris des minorités. Ses arguments font mouche, sa popularité grandit.

Les nationalistes l’approuvent, les conservateurs pieux louent ses égards pour la religion, lui qui a pris soin de diffuser sur son compte Twitter une photo avec sa mère et sa sœur, têtes recouvertes du foulard simple, noué sous le menton, typique de l’islam turc. Car Muharrem Ince n’hésite pas à affronter son rival Erdogan sur son terrain réservé : l’islam. « Ce n’est pas eux [les islamo-conservateurs au pouvoir] qui vont nous apprendre ce qu’est l’islam, nous sommes musulmans autant qu’eux. »

Front commun de l’opposition

Les instituts de sondages assurent qu’il affrontera le président sortant au second tour de la présidentielle, le 8 juillet. Selon les études d’opinion, Recep Tayyip Erdogan arriverait en tête du premier tour, avec de 39 % à 43 % des suffrages. Recueillir 51 % des voix dès le premier tour s’annonce comme une gageure. Crédité de 26 % à 30 % des voix selon les enquêtes, Ince arriverait deuxième.

Pour la première fois en quinze ans, l’opposition est parvenue à s’unir. Chacun présente son candidat au premier tour de la présidentielle, un accord de désistement devrait avoir lieu au second tour pour mettre fin au règne sans partage du « reis » Erdogan.

Pour les élections législatives qui ont lieu le même jour, les républicains du CHP, le vieux parti fondé par Atatürk, ont choisi de faire front commun avec deux autres formations de l’opposition – les nationalistes du Bon Parti, de Meral Aksener, et les islamistes du Parti de la félicité, de Temel Karamollaoglu.

La course est inégale. Pendant que le candidat Erdogan bénéficie de tous les leviers étatiques et médiatiques à sa disposition, l’opposition a ses meetings en plein air pour seule tribune. Les chaînes de télévision, progouvernementales à 90 %, ne les diffusent pas, ou très peu. En revanche, ceux du reis sont retransmis en intégralité.

Ainsi, pour la seule journée du 1er juin, le temps d’antenne consacré au candidat Erdogan était de 105 minutes, contre 37 minutes pour Muharrem Ince, 14 minutes pour Meral Aksener, 5 minutes pour Temel Karamollaoglu et 3 secondes pour le candidat prokurde Selahattin Demirtas, censé faire campagne depuis sa prison de haute sécurité à Edirne, dans l’ouest de la Turquie.

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Laetitia Casta

 

 

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Fin d'Autolib' à Paris: Bolloré et les syndicats en discussion pour un arrêt définitif fin juillet

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La date est (presque) fixée. Les syndicats et le groupe Bolloré sont en cours de discussion pour arrêter définitivement le service de voitures électriques Autolib' le 31 juillet, a-t-on appris ce vendredi de sources concordantes.

Les élus locaux ont demandé « un arrêt progressif » du service Autolib' à horizon fin juillet « afin de prendre le temps de bien informer les usagers et que le groupe Bolloré reclasse ses 254 salariés », a indiqué à l’AFP une porte-parole du syndicat Autolib'.

La décision sur la date d’arrêt définitif « (devrait) intervenir lundi », ont affirmé les élus locaux.

Le groupe Bolloré a proposé « que le système pour les abonnés se termine le 31 juillet et que tout disparaisse le 31 août », selon un porte-parole. Ils retireront « tout ce qui (leur) appartient, c’est-à-dire les voitures », a précisé le porte-parole. Le groupe a précisé avoir le « souci de poursuivre le service pour les abonnés et pour les salariés » afin « qu’ils aient un temps pour se remettre du contrecoup ».

Lancé en fanfare en 2011 sous Bertrand Delanoë, le dispositif fort de 150.000 abonnés, a dû faire face à un changement des façons de se déplacer, avec le vélo électrique, le VTC, la location de véhicules privés. Sans compter son image dégradée et ses voitures souvent sales.

La Ville de Paris a annoncé jeudi que les 3.244 places de stationnement actuellement dévolues aux Autolib' seraient réservées dès la fin du service aux propriétaires de voitures électriques, et leurs bornes de recharge accessibles.

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Palais de Tokyo - vernissage du 21 juin 2018

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Photos : J. Snap - photos prises avec un Iphone 7

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Portrait : François Pinault, le collectionneur

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Par Raphaëlle Bacqué - Le Monde

L’ancien PDG du groupe de luxe Kering est un amateur d’art contemporain aussi passionné qu’influent. En attendant l’ouverture de son musée à la Bourse de commerce de Paris, en 2019, une partie de sa collection s’expose à Rennes.

Il n’a fallu que quelques dizaines de minutes pour quitter les beaux quartiers de Manhattan, où François Pinault possède un vaste appartement littéralement tapissé de tableaux. La berline noire a remonté Lexington Avenue vers le nord, glissant jusqu’aux rues plus pauvres de Harlem. On jurerait que le quartier n’abrite que des entrepôts, mais il y a là, nichée dans une usine de quatre étages, une galerie où le milliardaire a rendez-vous.

Une formidable visibilité

En descendant sur le trottoir, il a cette phrase : « Si je n’avais pas aimé l’art, je serais resté dans ma Bretagne. » Comme si ces quelques miles entre deux mondes mesuraient cet autre chemin invisible, de la ferme de son enfance à Trévérien à l’univers restreint des plus grands collectionneurs d’art contemporain.

La veille, Caroline Bourgeois, son élégante conseillère, est venue en repérage et convenir de cette visite privée alors que la galerie n’est pas encore ouverte au public. C’est là que la Gavin Brown’s Enterprise expose les sculptures, photos et vidéos d’Arthur Jafa, un de ces artistes afro-américains qui nourrissent les nouvelles méditations de l’« Amérique noire ». Jafa est là, justement, timide et discret. Presque pétrifié par la présence de cet acheteur français dont la fortune et les « musées » à Venise et à la Bourse de commerce de Paris, à l’automne 2019, peuvent offrir une formidable visibilité.

« S’IL S’INTÉRESSE À UN ARTISTE, IL Y A DE BONNES CHANCES POUR QUE TOUT LE MARCHÉ S’Y INTÉRESSE ENSUITE. » ALAIN SEBAN, ANCIEN PATRON DU CENTRE POMPIDOU

« Vous me direz ce qu’il a acheté », a réclamé, quelques jours auparavant, l’air dégagé, un marchand d’art français apprenant ce voyage à New York au beau moment des foires et des ventes dans les galeries privées. « S’il s’intéresse à un artiste, il y a de bonnes chances pour que tout le marché s’y intéresse ensuite », nous a prévenus Alain Seban, l’ancien président du Centre Pompidou, à Paris et à Metz. Le patron de la galerie le sait, bien sûr. Il se tient en retrait, cependant, sans obséquiosité inutile devant cette petite silhouette qui promène partout son regard bleu laser sans rien laisser deviner.

Dans la première salle, les deux énormes photos d’un spectaculaire travesti noir, torse nu et jupe à panier, qui ont valu à Jafa la critique élogieuse du New York Times, ont à peine retenu l’attention du collectionneur. « Les œuvres qui vous attrapent tout de suite, il faut s’en méfier », remarque François Pinault, comme s’il avait succombé autrefois aux facilités du débutant.

Homme d’affaires averti

Il laisse aussi les énormes roues de tracteur ceintes de chaînes et décorées de bandanas qui occupent tout un étage. Il en connaît manifestement la valeur réclamée par le galeriste : « Les prix sont parfois pour les couillons. » L’amateur pointu n’a pas effacé, chez lui, l’homme d’affaires averti…

Dans la pénombre d’une salle, une vidéo projetée sur un mur diffuse les images de la messe d’un pasteur noir, puis d’un concert, dans les années 1970, du chanteur de soul Al Green. On jurerait qu’il s’agit là des rushs d’un documentaire. Mais c’est pour cette vidéo que François Pinault est venu. « Il ne faut pas rejeter ce que l’on ne comprend pas. Il faut y penser la nuit… puis se décider vite », dit-il gentiment pour répondre au scepticisme. Demain, il reviendra l’acheter, ainsi qu’une grande photo devant laquelle il s’est longuement arrêté : un homme paraît s’y jeter dans le vide, le visage extatique.

Personne n’a parlé d’argent. Le businessman connaît déjà les prix, transmis la veille par Caroline Bourgeois. Pinault Collection, détenue par la holding familiale Financière Pinault, négociera comme à son habitude une remise d’au moins 20 %. Trente minutes à Harlem, le revoilà parti. Trois jours auparavant, il a acheté une œuvre de l’artiste minimaliste Liz Deschenes, dont il possède déjà des installations, et un tableau de Julie Mehretu, à qui il a rendu visite dans son atelier de Manhattan. Et encore deux nus de la peintre sud-africaine Marlene Dumas, l’une des plus chères aujourd’hui, qu’il veut nous montrer.

Il achète « vite, bon et beaucoup »

Cette fois, il a fait son choix avant même de s’envoler pour New York, à partir des photos envoyées par la galerie David Zwirner, qui représente l’artiste. On file jusque dans le quartier de Chelsea, à l’ouest de Manhattan, où elle est exposée. Là, parmi la cinquantaine de tableaux accrochés sur de grands murs blancs, il désigne deux grandes toiles verticales. Une femme enceinte, levant les mains au-dessus d’un corps aux couleurs délavées semble se cogner contre une vitre invisible.

L’autre nu, un homme, sexe pendant entre deux jambes brunes, se tient droit comme pour une inspection. C’est à la fois violent et dépouillé. « Ce n’est jamais facile, ces corps bruts, dans une époque où le politiquement correct est en passe de gagner, mais je crois que j’ai pris les plus beaux tableaux de l’exposition », se félicite-t-il. Quatre autres toiles de Dumas ont été choisies parmi sa collection pour « Debout ! », la nouvelle exposition hors-les-murs qui s’ouvre le 23 juin à Rennes, la ville de ses débuts.

« LA RÉALITÉ, C’EST QUE, POUR ÊTRE UN BON ENTREPRENEUR, IL NE FAUT PAS AIMER L’ARGENT, MAIS MISER SUR L’AUDACE ET SAVOIR SE METTRE EN DANGER. » FRANÇOIS PINAULT

Depuis la France, vingt connaisseurs nous ont décrit cette façon étourdissante d’acheter « vite, bon et beaucoup ». Peu de revente : 130 à peine depuis l’an 2000 pour 3 000 achats. À 81 ans, l’ancien entrepreneur a gardé ce sens de la manœuvre foudroyante et cette volonté de maîtrise qui le poussait autrefois à racheter par surprise fournisseurs et grossistes pour mieux dominer la filière du bois qui a fait le début de sa fortune.

« Ma mère me disait : “Tu n’en as pas assez comme ça ?” C’était une vieille paysanne, elle ne comprenait pas. Mais la réalité, c’est que, pour être un bon entrepreneur, il ne faut pas aimer l’argent, mais miser sur l’audace et savoir se mettre en danger », assure-t-il.

Troisième patrimoine français

Aucun de ses collaborateurs n’ose évoquer le budget dépensé ces derniers jours à New York. Lui répond sans fard à la question : « On approche des vingt millions d’euros. » C’est une bonne moyenne. En 2016, son année faste, il avait acquis 118 œuvres pour près de 182 millions d’euros. « Sans comparaison possible avec nous, reconnaît Fabrice Hergott, le président du Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Entre la subvention de la Mairie et l’aide des amis du musée, notre budget d’acquisition est d’un peu moins d’un million par an… » Avec 27 milliards de dollars, la fortune Pinault est classée au troisième rang des plus gros patrimoines français par Forbes et au trentième rang mondial.

« Évitons de mettre trop d’euros et de dollars sous les œuvres d’art », nous textote l’ancien ministre de la culture Jean-Jacques Aillagon, devenu le directeur général de Pinault Collection, craignant les vindictes de l’époque. François Pinault n’ignore pas le choc que peut susciter une telle dépense pour des œuvres que le public ne comprend pas.

« À mes débuts, moi aussi cela me gênait de dépenser trop d’argent pour un tableau, mais faire une affaire, dans le marché de l’art, c’est faire une mauvaise affaire. Il faut surpayer un chef-d’œuvre, il vaudra plus cher un jour », dit-il, installé pour le déjeuner dans un restaurant non loin de Christie’s, dont le rachat en 1998 a fait de lui le parrain de l’art contemporain.

« Le Tapie du bois »

Sa première acquisition, en 1972, est à la fois prudente et enracinée. Il a choisi une toile de Paul Sérusier, un post-impressionniste de l’école de Pont-Aven. « Cette femme dans une cour de ferme me rappelait ma grand-mère. J’ai toujours le tableau chez moi, et je le contemple chaque matin en prenant mon petit-déjeuner. » Deux ans plus tôt, en 1970, il s’est remarié avec Maryvonne Campbell, une antiquaire de Rennes qui l’a emmené pour la première fois dans les salles de vente.

Sa première femme, Louise Gautier, mère de ses trois premiers enfants (dont François-Henri, aujourd’hui à la tête de Kering, ex-Pinault-Printemps-Redoute et PPR), était la fille du marchand de bois fournisseur de la scierie de son père. La seconde aime les meubles du XVIIIe siècle et lui laisse entrapercevoir, avec l’art, la possibilité d’un ailleurs.

Tout homme est double. Au tournant des années 1980, le businessman étouffe encore le collectionneur. « Le Tapie du bois » ou même « le dépouilleur d’épaves », c’est ainsi que le qualifient ses biographes Pierre-Angel Gay et Caroline Monnot (François Pinault milliardaire. Les secrets d’une incroyable fortune, Éd. Balland, 1999), tant il s’est mis à racheter des entreprises en difficulté, les démantèle et dessine son empire.

C’est pourtant à la même époque qu’il commence vraiment à s’intéresser à l’art. À Saint-Tropez, où il s’est acheté une maison, il a rencontré dans le bel atelier du peintre catalan Antoni Clavé, l’historien de l’art Pierre Daix et son épouse, Françoise London. Daix est un ancien résistant et déporté. Françoise est la fille d’Artur et Lise London, le couple des procès de Prague racontés dans L’Aveu, adapté par Costa-Gavras. La guerre, le totalitarisme, le courage, voilà de quoi impressionner cet homme d’affaires, engagé en Algérie en 1956, à 20 ans à peine, dans ce conflit qui lui a laissé ses pires souvenirs mais lui a ouvert les yeux sur un autre monde.

L’apprentissage de l’art

« Je voudrais voir Mauthausen », demande François Pinault à Pierre Daix, qui porte, tatoué sur le bras, le numéro 59807, son matricule de déporté. Les deux hommes partent ensemble pour l’ancien camp de concentration. En revenant d’Autriche, ils s’arrêtent à Lucerne pour voir la collection Rosengart et ses Paul Klee. L’art comme remède à l’horreur. Bientôt, Daix lui présentera César, Zao Wou-Ki, Pol Bury, Soulages. Mais Pinault est encore un peu timoré. « Mon mari lui disait : “Mais achète Zao Wou-Ki !”, se souvient Françoise London. François ne comprenait pas sa peinture. »

Une grande amitié est née cependant. « Ma mère communiste disait que François était de droite mais que c’était un homme bien », sourit Françoise. L’été, le critique d’art – intime de Picasso jusqu’à la mort de ce dernier – et l’entrepreneur font du vélo dans le Lot ou à Saint-Tropez. L’hiver, ils courent les expositions.

« HUIT MILLIONS DE DOLLARS, C’ÉTAIT UNE SOMME. JE ME SUIS DÉCIDÉ EN DEUX HEURES. MES COLLABORATEURS M’ONT PRIS POUR UN FOU. » FRANÇOIS PINAULT

Après Sérusier, le capitaine d’industrie a voulu poursuivre sur sa lancée, mais il a vite compris que les chefs-d’œuvre de l’école de Pont-Aven ont été peints par Gauguin. Encore inatteignable pour lui. Marc Blondeau, un ancien de chez Sotheby’s, lui conseille de se diriger vers plus contemporain. Il y va à petits pas. Cubistes, surréalistes, l’école américaine d’après guerre.

À l’automne 1990, New York annonce la vente de deux grands hollandais : un Van Gogh, le Portrait du docteur Gachet, un Mondrian, Tableau losangique II. Blondeau conseille d’acheter le pionnier de l’abstraction. « Huit millions de dollars, c’était une somme, sourit Pinault. Je me suis décidé en deux heures. Mes collaborateurs m’ont pris pour un fou. » Cette fois, il a fixé son ambition.

La galeriste Chantal Crousel le voit, dans ces années-là, encore entouré de conseillers mais « intense, sérieux, discret et animé du désir d’apprendre ». Dans son monde, l’art est à la fois un signe extérieur de richesse et un vernis destiné à donner un peu de lustre à l’argent. La plupart des patrons autour de lui vivent dans des décors qui se ressemblent, achetant les mêmes meubles signés Jean Prouvé et Charlotte Perriand pour mieux les assortir à des tableaux contemporains qu’on croirait issus des mêmes ateliers.

« Lui osait pousser la porte vers des mondes inconnus », se souvient Chantal Crousel. Déjà avant qu’il n’ouvre, en 2006, à Venise, le Palazzo Grassi puis la Pointe de la douane, pour exposer au public sa collection, ses visiteurs peuvent mesurer l’éclectisme de ses choix privés. « Jusqu’à un mètre cinquante de haut s’impose le goût de son épouse, Maryvonne, pour les meubles du XVIIIe, décrit drôlement un proche. Au-dessus, c’est François. Kandinsky côtoie Borremans, Stingel voisine avec Signac. »

La transmission, synonyme de libération

Tous les six mois, il fait modifier les accrochages de ses différentes demeures : à Los Angeles et à Dinard, dans son appartement new-yorkais et son château de la Mormaire, à Grosrouvre (Yvelines), dans sa villa de Saint-Tropez et son hôtel particulier de la rue du Bac à Paris.

La transmission de son groupe à son aîné François-Henri, en 2005, a achevé de le libérer. Lui-même avait eu des relations difficiles avec son père. Du jour au lendemain, il a vidé son bureau et laissé les manettes de l’entreprise, transformée au mitan des années 1990 en l’un des plus puissants et florissants groupes de luxe. Depuis qu’il n’est plus aux affaires, on lui parle moins de son art de la défiscalisation qui lui évita longtemps de payer l’impôt sur la fortune.

« MACRON NE COMPREND PAS LES PETITES GENS, GLISSE-T-IL. J’AI PEUR QU’IL MÈNE LA FRANCE VERS UN SYSTÈME QUI OUBLIE LES PLUS MODESTES… »

« Je ne crée pas de fondation parce qu’il n’y a aucune raison de faire payer la collection au contribuable », a déclaré Pinault dans les journaux, comme une pique à la Fondation d’entreprise Louis Vuitton. « Cela lui permet surtout de pouvoir vendre comme il le souhaite et de garder l’opacité sur les contours de sa collection », souligne un directeur de musée.

Chaque année, la holding familiale abonde le budget de ses filiales Pinault Collection (pour Palazzo Grassi) et Collection Pinault Paris (pour la Bourse de commerce) en fonction de ses acquisitions. En contrepartie, on y fait porter les pertes, ce qui permet de réduire l’impôt sur les sociétés de Financière Pinault.

En 2001, peu de temps avant de confier la direction de son groupe à son fils, Financière Pinault a fait l’objet d’une donation au profit des enfants Pinault, moyennant une transaction avec le fisc. « À l’époque, la filiale Pinault Collection ne valait rien, expliquait l’hebdomadaire Challenges fin mars. Ce n’est qu’après la donation que ses stocks ont grossi et que son capital social a été porté à 273 millions. »

On en est au café quand François Pinault aborde un terrain qu’il n’a jamais tout à fait délaissé : la politique. « Macron ne comprend pas les petites gens, glisse-t-il. J’ai peur qu’il mène la France vers un système qui oublie les plus modestes… » En 2012, Pinault avait confié voter François Hollande contre Nicolas Sarkozy, dont il n’apprécie ni les manières, ni la proximité avec son rival Bernard Arnault, ni les trahisons passées contre son ami Chirac. Manifestement, il fréquente moins les Macron. Toujours, il a usé de ses réseaux politiques pour ses affaires. Se peut-il qu’il ait pris ses distances ?

« MAIS ON NE POUVAIT PAS LAISSER UN CHINOIS RAFLER UN FLEURON DE LA BOURGOGNE. » FRANÇOIS PINAULT, QUI A RACHETÉ LE CLOS DE TART

Magie des géographies du pouvoir, François Pinault croise justement sur le trottoir François Henrot, le numéro deux de la banque Rothschild et père de l’artiste Camille Henrot dont Pinault possède plusieurs œuvres. Le bras droit de David de Rothschild est celui qui, en 2008, repéra le jeune Macron et, bluffé par son brio, en fit un associé de la banque. Salutations chaleureuses dans la lumière du printemps new-yorkais. Éloge du nouveau président de la République par Henrot. François Pinault se contente de sourire aimablement.

L’année dernière, c’est pourtant Henrot qui a appelé pour lui l’Élysée et Bercy. Pinault avait appris que le Clos de Tart, grand cru fameux de Bourgogne, était à vendre. Bien placé au rang des acheteurs, Jack Ma. Le médiatique propriétaire d’Alibaba, l’Amazon chinois, pèse sept milliards de plus que François Pinault. « Mais on ne pouvait pas laisser un Chinois rafler un fleuron de la Bourgogne », souligne le Français. À sa demande, Henrot a fait valoir l’argument auprès du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, et du ministre de l’économie, Bruno Le Maire, qui ont eux-mêmes pesé sur la famille Mommessin, propriétaire du Clos de Tart… Pinault l’a emporté.

Chirac et Pinault, faits l’un pour l’autre

L’homme connaît pourtant la valeur des amitiés désintéressées. Juste avant de partir à New York, il est passé voir Jacques Chirac rue de Tournon, dans l’ancien hôtel particulier qu’il a mis à disposition de l’ancien président et de son épouse. C’est là qu’en 1995 la CX de Chirac, suivie par une armada de photographes, avait déposé Bernadette, pour fêter sa victoire.

Des années durant, Chirac et Pinault furent amis, passant des soirées à Saint-Tropez à siroter des bières pendant que Maryvonne et Bernadette sortaient dîner chez des amis. « Ils étaient faits pour s’entendre, ce sont deux grands Français enracinés dans leur terre et totalement ouverts sur le monde », souligne Claude Chirac.

Combien viennent encore visiter l’ancien chef de l’Etat, depuis que la maladie l’a plongé dans ce flottement brumeux où il ne reconnaît plus ceux qui autrefois emplissaient sa vie ? Une main, les cinq doigts écartés, a montré sa fille lorsqu’on le lui a demandé. Mais « monsieur Pinault », comme elle persiste à l’appeler, « se comporte comme un frère, plus présent lorsque la tempête se lève que lorsqu’il fait grand beau, dit-elle. Il aura été infiniment plus préoccupé à mesure que la situation est devenue plus difficile ».

Lorsque l’ami Pierre Daix est tombé malade, il s’en est occupé pareillement, dépêchant auprès de lui Jean-Pierre Tarot, le médecin qui accompagna jusqu’à la mort François Mitterrand, devenu un intime des Pinault.

Propriétaire de Christie’s

On revient à pied vers Christie’s. Ce soir-là, la grande salle des ventes orchestre la dispersion de la collection Rockefeller et l’on comprend mieux, en regardant ceux qui se pressent pour assister aux enchères, l’un des secrets de la puissance de François Pinault sur le marché de l’art.

Des acheteurs chinois, américains, japonais, européens ont fait le déplacement ou sont déjà en ligne avec les jeunes commissaires-priseurs. Françoise Bettencourt et son mari Jean-Pierre Meyers se sont installés discrètement au cinquième rang. Le marchand d’art Guy Wildenstein, toujours aux prises avec la justice française pour fraude fiscale et blanchiment, passe de groupe en groupe.

Mais ce sont les patrons de la nouvelle économie, ces nouveaux venus sur le marché de l’art contemporain, qui intriguent le collectionneur. « Et Xavier Niel, il achète ? », a-t-il demandé tout à l’heure d’un air dégagé à propos du patron de Free, actionnaire avec Matthieu Pigasse du groupe Le Monde. Dans la petite foule des acheteurs potentiels, Jeff Bezos, ami de François-Henri, son fils aîné, est venu accompagné de ses art advisers.

Depuis que le patron d’Amazon s’est avisé d’investir un peu de son immense fortune dans la peinture, les conseillers qui gravitent désormais autour des milliardaires de la nouvelle économie lui font acheter à tour de bras de la peinture américaine d’après guerre. « J’ai dit à François-Henri de lui conseiller d’acheter plus ouvert. Il ne faut pas acheter avec les oreilles des autres », soupire François Pinault.

« LA SEULE CHOSE QUI L’OBSÈDE EST LA TRACE QU’IL LAISSERA DANS L’HISTOIRE DE L’ART. » LE MARCHAND D’ART KAMEL MENNOUR

Dans un petit box, en hauteur, à l’abri des regards derrière une vitre dépolie, le collectionneur observe la vente. À la demande de son fils, il a accueilli à ses côtés un autre patron de la Silicon Valley dont il veut taire le nom. Le nouveau milliardaire n’ose pas enchérir. « Vas-y maintenant ! », intime Pinault en assurant : « Si tu n’en veux plus, demain, je te le rachète. »

Le conformisme bourgeois, le souci des convenances, l’absence de passion sincère, c’est tout ce que Pinault méprise. Lors des vernissages, il peut arriver parmi ses invités flanqué de la direction du Point, l’hebdomadaire dont il est propriétaire, mais il préfère dîner en compagnie des artistes. Pas de mondanités.

Le marchand d’art Kamel Mennour, pour sa première transaction – une œuvre d’Adel Abdessemed –, l’avait conduit dans un kebab, seul troquet au pied de l’atelier de l’artiste, dans le 18e arrondissement de Paris. « J’aurais pu l’emmener au Ritz, cela aurait été pareil. La seule chose qui l’obsède est la trace qu’il laissera dans l’histoire de l’art. »

Parrain d’artistes

Bien des jeunes artistes lui doivent leur lancement sur le marché. La plasticienne Tatiana Trouvé se souvient encore de l’avoir vu arriver, accompagné de son chauffeur jusqu’à cet entrepôt de la Sernam, qui lui servait d’atelier à Pantin, où même les taxis refusaient de se rendre. « Je n’étais pas encore connue, et j’étais intimidée. Il a tout regardé, avec son regard de glace, sans exprimer aucune émotion, comme un joueur de poker. Je n’ai su qu’après qu’il avait aimé mon travail lorsqu’il m’a passé commande d’une installation pour Venise. Cela m’a portée. »

L’ancien patron connaît les hommes. Gare à ceux qui se relâchent, ils se verront délaissés. « Jeff Koons se perd dans les cocktails », cingle Pinault qui, après avoir acheté 1,5 million son Split Rocker, une tête de jouet à bascule, recouverte de fleurs, l’a revendu plusieurs dizaines de millions.

Le collectionneur peut en revanche soutenir un artiste contre le marché. Surtout s’il en possède déjà plusieurs œuvres. En 2013, il rend ainsi visite à Damien Hirst, dans le Gloucestershire, où l’artiste millionnaire possède un immense atelier, juste à côté d’une fonderie, et un manoir façon Downton Abbey. Le bad boy de l’art contemporain s’est discrédité en inondant le marché de spot paintings qui frisent la supercherie. Partout, les experts sifflent que Hirst est « fini ». On le dit déprimé.

« Il pensait avoir tout dit, se souvient Pinault. Alors, je l’ai secoué : “Arrête de te foutre du monde, termines-en avec ce besoin de revanche sur les bourgeois !” » Le collectionneur offre une aide inédite. Pour 6,5 millions d’euros, il assurera la logistique et avancera les 55 millions nécessaires à la production du projet qui doit remettre Hirst en selle : réinventer le trésor imaginaire d’un vaisseau qui aurait été oublié sous les flots.

3 000 m2 réaménagés par Tadao Ando

Pendant des mois, des centaines de personnes travaillent sous la direction de l’artiste autour de gigantesques sculptures et installations. De la cinquantaine d’œuvres imaginées au départ, on passe vite à 250, entièrement nouvelles, sans aucune des boîtes de formol et autres animaux découpés qui avaient fait autrefois la renommée de Hirst. « Tous les mois, le projet semblait exploser dans une autre direction, se souvient Martin Béthenod, le directeur des lieux d’exposition vénitiens et de la Bourse de commerce. Mais François Pinault, qui voyait régulièrement les maquettes et se rendait dans les ateliers, a suivi. »

Résultat : une extraordinaire exposition, « Trésors de l’épave de L’Incroyable », 380 000 visiteurs dans chacun des deux musées vénitiens . Et de très nombreuses œuvres vendues par la galerie Gagosian, François Pinault se réservant pour lui-même plusieurs pièces.

« Where are we going ? » questionnait la première exposition du Palazzo Grassi. « Ouverture », c’est le nom qu’a déjà choisi François Pinault pour l’exposition d’inauguration des 3 000 mètres carrés de la Bourse de commerce de Paris entièrement réaménagée par Tadeo Ando, l’architecte japonais qui imagine ses musées. Pour la première fois, il en sera lui-même le curateur et réfléchit déjà à ce qu’il montrera de ses goûts.

« Il a des obsessions, un penchant pour le minimalisme, qui marque sa réflexion sur les vanités et, en même temps, une manière de refuser de se plier à ce goût et de le mettre au défi en optant pour les exubérances d’un Damien Hirst », remarque Martin Béthenod. « Tout nouvel accrochage est le portrait du collectionneur », confirme Pinault sans dévoiler ce qu’il choisira.

La peur du néant

Ensuite ? « Il faudra trouver un nouveau projet, dit-il déjà, peut-être un nouveau lieu d’exposition, à Shanghaï… » Le collectionneur n’a pas relâché ce rythme effréné qui est sa marque. Autour de lui, chacun se livre à des psychanalyses faciles sur cet appétit, symptôme de sa peur du néant. « J’ai longtemps craint la mort, répond-il. Ce n’est plus le cas. Mais je voudrais laisser quelque chose… »

Les artistes comprennent cela d’instinct. La radiographie colorisée du crâne de l’homme d’affaires, intitulée Monsieur François Pinault, c’est le portrait qu’avait osé le Polonais Piotr Uklanski en 2003, comme un rappel de sa condition humaine. L’artiste italien Maurizio Cattelan, qui joue volontiers les fous du roi pour son mécène, a mis un doigt supplémentaire sur ses angoisses existentielles.

À sa demande, Pinault a acheté une concession, dans le ravissant cimetière de Grosrouvre, à deux pas de son château de la Mormaire. Là où sont enterrés l’acteur Jean Rochefort et Lucien Herr, le légendaire bibliothécaire de Normale-Sup. La famille Pinault a détesté le projet imaginé par l’Italien. Le collectionneur, lui, en a souri. Sur la pierre funéraire dessinée par Cattelan, on lit seulement deux mots : « Why me ? »

« Debout ! » Collection Pinault au Couvent des Jacobins et au Musée des Beaux-Arts, à Rennes, du 23 juin au 9 septembre. https://www.tourisme-rennes.com/fr/exposition-pinault

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