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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

lundi 17 juillet 2017

Bretagne : Marées vertes. Une fin rapide ?

Article de Hervé Queillé - Le Télégramme

Leur arrivée a été précoce et massive. On en mesure tous les désagréments en ce début de saison. Mais le déclin des marées vertes pourrait être tout aussi précoce en raison du faible débit des cours d'eau et donc du manque d'apport d'azote.

Relativement discrètes depuis huit ans, les algues vertes ont fait leur grand retour de façon massive dès le printemps, sur le littoral. Et ça se sent, en ce début juillet, dans les secteurs de champs d'algues en décomposition. Dès avril, des plages ont même dû être fermées, comme à Bréhec (22).

Le premier inventaire mené par le Ceva (Centre d'études et de valorisation des algues) de Pleubian (22), après le survol de la région, avait montré un niveau six fois supérieur à la moyenne. « Au mois de mai, les volumes ont encore augmenté de façon significative. Il y avait, par exemple, dix fois plus d'algues vertes dans la baie de Saint-Brieuc qu'une année moyenne. Ce qui a contraint à des ramassages là aussi précoces, confie Sylvain Ballu, chargé du suivi des marées vertes au Ceva.

Peu de houle, du soleil...

Cette invasion n'a aucunement surpris le spécialiste. « Dès décembre, nous avions averti les collectivités que l'année allait être difficile car les stocks résiduels en octobre étaient importants (le double de surface par rapport à la période 2009-2015). Des stocks qui, de plus, en raison d'un hiver calme avec exceptionnellement peu de houle - neuf jours à plus 3,5m de novembre à mars contre 27 en moyenne et 74  en 2014 - n'ont pas été dispersés, comme c'est souvent le cas ».

Une météo très ensoleillée (30 à 40 % de bonus en avril), favorable à la photosynthèse, et une température de l'eau plus élevée que la moyenne (+0,74° C) ont fait le reste. Va-t-on pour autant dépasser les records (70.000t) ? A priori, non. Le dernier inventaire, effectué à la fin juin, a, en effet, révélé une légère diminution des superficies de marées vertes. Et, surtout, des algues de couleur plus claire ; ce qui traduit un manque d'azote. Là encore, le phénomène ne surprend pas Sylvain Ballu : « Les débits des cours d'eau sont bas, voire très bas. On se retrouve donc à un moment où, à la fois, les algues, beaucoup plus qu'en mars, ont un fort besoin de croissance et n'ont plus assez de nutriments ».

Le ciel décidera

Deux scénarii sont possibles. Soit la sécheresse persiste ; les algues n'auront plus à « manger » et déclineront. Soit l'été est pluvieux et les marées vertes risquent de proliférer. Mais les prévisions météo ne privilégient pas cette dernière option. Le déclin des algues vertes pourrait donc s'avérer tout aussi rapide que leur prolifération, en début d'année. Avec quelques nuances, toutefois, souligne Sylvain Ballu : l'anse du Dossen et la baie de Guissény ne devraient, de fait, pas connaître d'amélioration sensible. Compte tenu de la géologie (socle granitique) et de la pluviométrie (plus importante qu'à l'est de la Bretagne), ces secteurs connaissent traditionnellement des débits moyens de cours d'eau élevés l'été. Tout ceci confirme qu'il reste encore du chemin pour réduire la production d'azote bien en deçà, parfois, des 20 mg/l de nitrate. C'est ce à quoi va s'attacher le Plan algues vertes 2 qui va entrer en action pour les quatre ans à venir.

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BRETAGNE : Ploërmel. Trop de caméras en vue !

Depuis 2010, 21 caméras ont été autorisées à proximité de sites « sensibles ». La nouvelle demande, rejetée, concernait des rues et des places qui ne présentent pas de risques particuliers.

Article de Tangi Leprohon - Le Télégramme

Le tribunal administratif de Rennes vient d'annuler l'arrêté préfectoral autorisant la ville de Ploërmel (56) à étendre son système de vidéoprotection de 21 à 40 caméras. Au motif que ce projet est disporportionné par rapport au nombre de faits répréhensibles constatés dans la commune.

Un système municipal de vidéoprotection de 21 caméras sur sept sites, oui ; ce même équipement étendu à 40 caméras sur 24 sites, non, dans la mesure où il concerne une ville de quelque 9.500 habitants, Ploërmel, où « le nombre de crimes et délits constatés (...) a sensiblement diminué » entre 2009 et 2015. Tel est le sens du jugement que vient de rendre le tribunal administratif de Rennes qui avait été saisi par un animateur du collectif « Ploërmel sans vidéo » qui estimait que deux arrêtés préfectoraux autorisant l'exploitation de la vidéosurveillance portaient atteinte à la liberté d'aller et venir, au droit à l'anonymat et au respect de la vie privée et familiale...

« Adapté et nécessaire »

La décision de la juridiction administrative distingue bien deux cas de figure. Elle ne trouve rien à redire à l'arrêté pris par le préfet du Morbihan le 6 juillet 2015 qui, dans la continuité d'un précédent arrêté pris en 2010 pour une durée de cinq ans, autorisait la municipalité de Ploërmel à exploiter un système de vidéoprotection de 21 caméras sur sept sites : la gare routière, une aire de covoiturage, la piscine et le complexe sportif attenant, le bâtiment des Carmes qui abrite la médiathèque, la Caisse primaire d'assurance maladie, l'antenne médico-sociale du Département et la déchèterie.

Des lieux « particulièrement fréquentés avec des risques d'atteinte à la sécurité publique », soulignent les juges. Ceux-ci retiennent aussi que dans sa demande de renouvellement d'autorisation, la commune de Ploërmel fait valoir que « la vidéoprotection est un moyen efficace de prévention des délits » puisque « quinze faits délictueux seulement ont été constatés sur les sept sites surveillés entre 2010 et 2015 ». Pour le tribunal, il s'agit bien d'« un système adapté et nécessaire à la prévention et à la constatation de ces atteintes ».

Une délinquance en baisse

Tout autre est l'avis des magistrats sur un autre arrêté du préfectoral, en date du 17 mai 2016, autorisant le maire de Ploërmel « à exploiter un système de vidéoprotection de 40 caméras sur 24 sites » concernant, outre les sept lieux déjà équipés, « certaines places du centre-ville mais également un nombre important de rues ». Dans quel but ? Le dossier présenté par la municipalité précise qu'« une personne se trouvant en centre-ville passant devant une caméra sera nécessairement appelée à repasser devant une ou deux autres, ce qui permettra de l'appréhender en cas d'infraction » mais aussi en cas de « comportements inacceptables ».

Inadapté, tranche le tribunal, d'autant que le nombre de crimes et délits constatés à Ploërmel « qui était de 538 infractions en 2009 a sensiblement diminué pour s'établir à 350 à la date du 30 novembre 2015 ». Et contraire au code de la sécurité intérieure car le centre-ville de la commune morbihannaise ne peut être regardé comme « particulièrement exposé aux risques d'agression ou de vol », condition requise pour généraliser la vidéosurveillance.

Le tribunal administratif a donc annulé ce deuxième arrêté, estimant qu'il était entaché d'une erreur d'appréciation du préfet. Ce n'est pas la première fois que la commune doit faire face à une telle décision. Sous le dernier mandat de Paul Anselin, maire (UMP) de Ploërmel de 1977 à 2008, la même juridiction avait annulé un arrêté préfectoral qui autorisait l'installation de 31 caméras dans la commune. « Une péripétie judiciaire » avait commenté le premier magistrat de l'époque avant de déposer un nouveau dossier de demande d'autorisation.

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dimanche 16 juillet 2017

Détour d'Art. 22 chapelles, 22 trésors

Pour les jours de pluie, ou les jours gris, le pays d'Auray recèle de trésors architecturaux, à travers ses chapelles. 22 chapelles réparties sur dix communes sont ouvertes tout l'été à la visite. Ce programme culturel baptisé « Détour d'Art » propose en visite libre et gratuite ou bien en visite guidée de pousser la porte de ces 22 chapelles.

Du XIIIe au XXesiècle

« Le patrimoine en édifice religieux est très riche », explique Virginie Morgant de l'office de tourisme. « Sur le territoire d'Auray, nous avons une soixantaine d'églises et de chapelles recensées. Nous n'en ouvrons qu'une vingtaine ; certaines sont classées monuments historiques. On privilégie les chapelles où il y a un contenu. On n'ouvre jamais une coquille vide. On les ouvre pour ce qu'elles sont ».

De la plus ancienne, Notre-Dame-de-Pitié à Ploemel qui date du XIIIesiècle et qui est un chef-d'oeuvre de l'art roman, à la plus récente, Notre-Dame-de-la-route à Brec'h datant du XXesiècle, pas question de faire de ces visites, quelque chose d'ennuyeux. Détour d'Art propose depuis plusieurs années, une découverte du patrimoine par le jeu pour les enfants. Quatre jeux de piste amusants sont proposés dans les communes de Ploemel, Pluneret, Plumergat, et Sainte-Anne-d'Auray : « À la recherche des Clés du temps ».

Fiches de visite

Des fiches de visites ont également été éditées pour les amateurs qui ont choisi les visites libres, afin qu'ils puissent comprendre ce qu'ils voient. Toutes ces fiches de visites, très didactiques sont d'ailleurs regroupées dans un fascicule, en vente à l'office de tourisme d'Auray pour 6 €.

La musique s'intègre aussi dans le dispositif. Détour d'art organise trois concerts dans des chapelles, en partenariat avec l'Académie de musique de Sainte-Anne-d'Auray. Le public profite ainsi d'un cadre privilégié pour écouter des aires celtiques, baroques et classiques.

Croc'ta chapelle

Enfin, l'artiste qui sommeille en chacun des visiteurs n'est pas oublié. Avec Croc'ta chapelle, vous pourrez expérimenter, le temps d'un après-midi, diverses pratiques artistiques, accompagné d'un artiste professionnel : sculpture, modelage, linogravure, mosaïque, photographie sont au programme.

Pratique

Site : https://www.detourdart.com/

Contact : Tél.02.97.24.09.75.

Bureau d'information touristique

Auray : 20, rue du Lait.

Pluvigner : place Saint-Michel

Sainte-Anne-d'Auray : 1, rue de Vannes.

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Plouharnel - Bégo. Des visites qui passionnent

De nouvelles visites vont être organisées durant tout l'été sur le site du Bégo. Ce mercredi, ils étaient presque cinquante visiteurs, dont des enfants très intéressés. L'Office de tourisme et l'association Liberty Breizh Memory Group (LBMG) se sont associés pour l'événement. Autant d'occasions de découvrir la batterie du Bégo, vestige du Mur de l'Atlantique aux 180 ouvrages bétonnés, ayant abrité environ 700 soldats allemands. LBMG ouvre son bunker-musée, dimanche 16 juillet 10  h-18 h et visite du Bégo à 9 h 30. Le Bégo, route de Quiberon.

Voir mes anciens billets sur Le Bégo

beeeego

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vendredi 14 juillet 2017

Royal de Luxe de retour à Nantes : on en sait plus

Royal-De-Luxe

La rumeur d'un retour de Royal de Luxe dans les rues de Nantes avait été lancée suite au discours de bonne année de la maire, Johanna Rolland. Cette fois, c'est confirmé : la troupe de théâtre devrait bien revenir dans la Cité des Ducs mais... sans les géants. Et ça aura lieu place de la Petite-Hollande, du 29 juillet au 20 août.

La compagnie Royal de Luxe, menée par l'extravagant Jean-Luc Courcoult a préparé, en Belgique, à Malines, un nouveau spectacle, intitulé "Miniatures". La troupe, qui nous avait plutôt donné l'habitude de se produire autour de géants devrait changer son fusil d'épaule et nous faire voir la vie en tout petit. Après les premières représentations à Malines au mois de mars, Royal de Luxe devrait bel et bien revenir dans les rues et les quartiers de Nantes, pour nous faire découvrir ce tout nouveau spectacle. Save the date : du 29 juillet au 20 août, la troupe devrait donner une vingtaine de représentations, pour notre plus grand plaisir.

Adieu les géants, bonjour les miniatures

Selon nos confrères de Ouest France, l'intrigue de "Miniatures" raconte l'histoire d'un pilote de ligne qui, au beau milieu d'un vol, s'endort dans le cockpit de son avion. Là, il se prend à rêver. Et de tout là-haut, il observe les catastrophes subies par la planète... en miniature ! L'envie de Jean-Luc Courcoult est de s'autoriser à rêver alors même que l'on vit une époque propice à la terreur et au désarroi. Une fois encore, la troupe du Royal de Luxe nous promet de jolis moments, dans les rues de la ville, pleins de poésie et d'imagination. Rappelons qu'en 2014, le dernier spectacle "Le mur de Planck", qui mettait en scène une grand-mère et une fillette, avait rassemblé près de 500 000 spectateurs en 4 jours seulement. On parie fort sur un nouveau succès en 2017 !

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mercredi 12 juillet 2017

AURAY - Urgences. L'accueil d'été à l'hôpital du Pratel rouvre ce jeudi

auray hopital

Article de Guillaume Hubert - Source : Le Télégramme

Pour répondre aux besoins estivaux, les urgences de l'hôpital du Pratel ouvrent du 13 juillet au 18 août. Un service essentiel pour décharger les urgences de Vannes, selon Thomas Maréchal, directeur du site.

« Un service de proximité souvent décisif l'été ». Thomas Maréchal, directeur du centre hospitalier Bretagne Atlantique, développe : « si quelqu'un fait une crise cardiaque sur un territoire excentré, comme la presqu'île de Quiberon, gagner une demi-heure de transport par rapport aux urgences de Vannes, ça peut tout changer ». D'où l'importance d'un service d'urgences à Auray, sans lequel celles de Vannes seraient engorgées l'été. « Nous avons déjà eu un mois de juin particulièrement soutenu au centre hospitalier de Vannes, avec 250 patients par jour durant la Semaine du golfe, contre 170 en hiver », justifie le directeur.

Près de 40 patients par jour

À l'hôpital du Pratel, presque 40 patients ont été traités chaque jour l'été dernier. « Sauf après le 15 août, où on a constaté une fréquentation plus faible. C'est notamment pour ça que nous fermons le 18 août cette année », explique Thomas Maréchal. Le service ouvre cette année deux jours plus tard et ferme trois jours plus tôt. Il assure que ces cinq jours d'accueil estival en moins par rapport à 2016 ne sont pas dus à des coupes budgétaires, mais à « une adaptation plus juste par rapport aux besoins de la population ».

Dix postes dont deux médecins

Les patients seront pris en charge de 9 h à 20 h, sauf pour les urgences les plus graves, transférées sur Vannes. Le personnel provient d'effectifs détachés du site vannetais.

Un recrutement de plusieurs contractuels a eu lieu au printemps. Principalement sur des postes d'infirmières, d'aides-soignants et de personnel d'entretien. Cette ouverture estivale est aussi un moyen de tester de futurs salariés permanents, pour le directeur de l'hôpital : « nous recrutons également dans le cadre de mutations. Chaque année, nous prenons en CDI à Vannes des contractuels qui ont prouvé leur qualité durant l'été à Auray ». Une sorte de phase test.

Le Smur et la Maison Médicale en renfort

Deux urgentistes sont présents chaque jour de 9 h à 20 h. En dehors des horaires d'ouverture, le Service mobile d'urgence et de réanimation (Smur) du Pratel reste mobilisé et accessible via le 15, comme toute l'année.

Pour les soins courants, la maison médicale du 45 avenue Wilson sera ouverte en semaine de 20 h à minuit, le samedi de 12 h à minuit et le dimanche de 8 h à 22 h.

« La proximité permet des transferts. Le rôle premier des urgences, c'est l'intervention rapide et la bobologie, pas les maux de tête. La maison médicale est là pour ça ». Chacun son rôle !

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lundi 10 juillet 2017

Barre d'Etel

barre etel

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dimanche 9 juillet 2017

La Bretagne impuissante face aux algues vertes

Par Martine Valo

L’étendue des surfaces couvertes d’ulves a triplé au printemps malgré une baisse des nitrates dans les rivières.

C’est une Annus horribilis pour la Bretagne, la pire depuis quinze ans. Les échouages massifs d’algues vertes battent tous les records. Apparues exceptionnellement tôt dans la saison sur le littoral des Côtes-d’Armor et du Finistère, les proliférations d’ulves ont couvert, en avril et en mai, des superficies trois fois et demie plus importantes que la moyenne depuis 2002.

Malgré un certain repli en juin, des plages ont dû être fermées au public, alors que débute la saison touristique. Les données, même provisoires, relevées lors des vols d’observation du Centre d’étude et de valorisation des algues (CEVA) sont formelles : le bilan s’annonce catastrophique. L’espoir d’une amélioration, amorcée en 2010, s’éloigne.

Dans la région, élus et représentants de l’Etat s’en étaient félicités avant ce retour brutal des marées vertes malodorantes. Las, pour le moment l’étendue de ces épais dépôts sur les plages est 50 % à 70 % supérieure aux sept saisons précédentes.

Les responsables bretons auraient préféré focaliser l’attention sur leur deuxième plan pluriannuel de lutte contre un phénomène qui s’est beaucoup aggravé depuis la décennie 1990, et qu’ils présentaient mercredi 5 juillet. Lors d’un comité de pilotage, les huit baies les plus touchées (la Fresnaye, Saint-Brieuc, Lieue de Grève, Locquirec, Horn-Guillec, Guisseny, Douarnenez et La Forêt-Concarneau) ont détaillé la façon dont elles comptent lutter pour endiguer cette invasion récurrente de leurs plages.

Ramassage et prévention

Au total, 55 millions d’euros doivent être engagés pour la période 2017-2021, à la fois pour financer le ramassage – quotidien si nécessaire –, et le volet préventif – c’est-à-dire essentiellement des mesures visant à aider les agriculteurs à améliorer leurs pratiques. Le programme précédent devait s’élever à 134 millions d’euros entre 2010 et 2016, mais seule une centaine de millions d’euros a finalement été engagée, et même moins selon la région.

Une part des crédits sont destinés à l’acquisition de connaissances, même si le processus de prolifération des algues vertes est déjà bien compris : dans les baies peu profondes, les ulves prospèrent grâce à la lumière et surtout aux nitrates. Ces substances proviennent des excès d’azote déversés en partie sous forme d’engrais minéral, et majoritairement lors des épandages d’« effluents d’élevage », autrement dit lisiers de porcs, fientes de volaille, bouses de vaches. Une matière organique dont la région ne manque pas, elle qui produit un tiers des poulets et élève 56 % des porcs (soit 7,3 millions d’animaux) des cheptels français.

Un hiver doux, lumineux et épargné par les tempêtes a encore accentué les proliférations d’ulves, tapies en masse sous la surface de l’eau depuis l’automne précédent.

Dans les Côtes-d’Armor et le Finistère, un hectare cultivé reçoit en moyenne 170 kg d’azote organique par an, 180 kg dans le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine. Les sols de la région ne peuvent absorber de tels tonnages qui ruissellent, se retrouvent dans les nappes phréatiques, puis dans les cours d’eau avant d’atteindre le littoral.

Sous-sol de la région saturé de nitrates

Moins de fosses à lisier qui débordent, plus de prairies et moins d’épandages : les recettes sont connues aussi. Moyennant des compensations financières et des accompagnements techniques, elles sont en partie mises en œuvre dans les huit baies les plus touchées. De fait, les quantités de nitrates ont baissé ces dernières années dans les rivières, mais on est encore bien loin du compte tant le sous-sol de la région reste saturé.

La Bretagne est devenue, en janvier, à sa demande et à titre expérimental, la première collectivité locale chargée de coordonner les politiques de l’eau sur son territoire. Cette compétence que n’ont pas les autres régions, l’oblige a priori à avancer, mais elle reste prise dans la contradiction d’un modèle agroalimentaire qui la pollue tout en pesant lourd dans son économie. C’est ainsi que dans le Finistère, à Landunvez, à Plovan et ailleurs, des propriétaires de porcheries déjà très importantes se sentent soutenus dans leur souhait de s’étendre encore, y compris contre l’avis des commissaires enquêteurs.

Lundi 3 juillet, le vice-président du conseil régional chargé de l’environnement, Thierry Burlot, et le préfet de Bretagne, Christophe Mirmand, se sont rendus dans une exploitation du Trégor, afin de souligner leur satisfaction vis-à-vis des efforts des exploitants et les assurer que la puissance publique serait là pour les accompagner vers « une agriculture rémunératrice qui génère de faibles fuites d’azote dans le milieu ».

« Tsunami »

Mercredi, lors du comité de pilotage rassemblant les huit baies, l’association Eau et rivières de Bretagne a fait valoir ses doutes sur le plan de lutte et déploré l’insuffisance des « objectifs affichés de réduction des nitrates à l’horizon 2027 ».

Le matin, Halte aux marées vertes, une autre association très virulente sur le sujet, était venue dénoncer chez le préfet des Côtes-d’Armor le « tsunami d’algues vertes » qui frappe la région. Son combat à elle porte sur l’hydrogène sulfuré – un gaz mortel –, qui émane des algues lorsqu’elles entrent en putréfaction.

Le 23 juin et les jours suivants, la municipalité d’Hillion a ainsi dû fermer au public quatre de ses plages pour des raisons de « santé publique ». Plusieurs accidents ont eu lieu dans cette baie, en 2009, une année noire en Bretagne.

Le danger se concentre dans les lieux peu accessibles aux tracteurs chargés de racler les couches d’ulves avant qu’elles ne pourrissent. Rien que dans les Côtes-d’Armor, 78 vasières et fonds d’estuaires ont été identifiés dans 59 communes du littoral comme présentant des risques. Cet inventaire mis à jour est désormais public et consultable sur le site de la préfecture. C’est nouveau. Les bulletins mensuels d’observation du CEVA, eux, ne le sont toujours pas.

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samedi 8 juillet 2017

Sénat. Michel Le Scouarnec laisse la place

auray

Michel Le Scouarnec va laisser son fauteuil de sénateur à la rentrée.

En septembre prochain les grands électeurs investis en fin de semaine dernière lors des conseils municipaux se prononceront sur les trois sénateurs à élire pour représenter le Morbihan. Michel Le Scouarnec n'en fera pas partie. Il s'apprête à laisser la place, après ce dernier mandat... On dira contrasté

C'est une grande page d'histoire locale qui va se tourner en septembre prochain. Michel Le Scouarnec, après 28 années ininterrompues de mandat, va se retrouver sans fonction électorale. « J'avais déjà dit qu'après 65 ans, il était évident que je ne devais plus me présenter », sourit l'ancien maire d'Auray et bientôt ancien sénateur. « Je n'ai pas vraiment réfléchi à la suite... Il y a la famille d'abord. Mais je vais certainement m'investir dans une ou plusieurs associations, certainement avec mon épouse... Il est temps qu'on puisse s'impliquer ensemble... ».

Difficiles débuts

Toujours aussi passionné par le combat politique au sens noble du terme et par la vie de la cité, Michel Le Scouarnec va quitter le Sénat avec quelques regrets teintés d'amertume. « Je me suis senti plus utile à la population comme maire qu'au Sénat », avoue-t-il sans qu'on le pousse. « On passe beaucoup trop de temps sur des sujets qui, au final, ne sont pas écoutés ». Pragmatique et à l'écoute des besoins de la population pendant sa période en mairie d'Auray, Michel Le Scouarnec a découvert un autre monde, dans les coursives et les bancs du Sénat. « Je me souviens d'un débat sur l'école maternelle avec Luc Chatel... Cela avait été très, très dur. C'était ma première vraie intervention dans l'hémicycle. À minuit. On va dire que je n'avais pas vraiment été préparé à ce qui m'attendait. La scolarisation des enfants de maternelle et de moins de 3 ans était évoquée. J'étais alors dans la Majorité de gauche. L'opposition n'était pas d'accord et affirmait que rien n'était budgété. Il y a eu une suspension de séance. C'était un vrai bazar. On ne savait pas si on allait reprendre. Il m'a été demandé de faire un rappel au règlement, quelque chose auquel personne ne m'avait préparé... Après, toutes mes interventions ont été faciles. C'est comme si j'avais commencé par un col dans le Tour de France avec une série de plats à suivre ».

« Qu'est-ce qu'on a vraiment fait bouger ? »

Au-delà des mots, on sent se dessiner chez Michel Le Scouarnec une déception après ces six années passées au coeur de ce rassemblement d'élus qui apprennent à se connaître, viennent d'environnements et de territoires différents, n'ont pas obligatoirement les mêmes objectifs et les mêmes attentes. « Cela a été très dur au départ. J'ai toujours apprécié les relations humaines et j'ai toujours pensé au territoire plus qu'au parti auquel j'adhérais. Il faut le dire : je ne suis pas un spécialiste du combat politique ». Les luttes de pouvoir et d'appareils, pas vraiment la tasse de thé de l'Alréen. Il préfère faire bouger les choses pour la population. Mais là aussi, frustration : « Qu'est-ce qu'on a fait évoluer pour la population pendant six ans ? Très peu de choses. Un document fort sur le dopage ? Oui, mais est-ce que cela a réglé le problème en France ? On peut en douter », soupire-t-il avec sa franchise habituelle, qu'on imagine désarmante dans certains cénacles parisiens. « L'impression de ne pas avoir été écouté par les différents ministres auxquels je posais des questions me restera ».

À y relire à deux fois, l'image d'un homme politique usé se dessine. Mais c'est bien mal connaître Michel Le Scouarnec. Car au moment de refermer son passage au Sénat, l'homme fort de la politique alréenne de ces 30 dernières années préfère conclure sur le positif : « Nous avons fait de belles choses sur le travail saisonnier notamment, sur nos propositions sur l'expérimentation dans les dents creuses, même si cela devra encore repasser dans les mois qui viennent au Sénat... De nombreux maires sont venus me remercier pour ce combat des dents creuses. J'ai fait des rapports sur la pêche, sur les gens du voyage. J'ai rencontré beaucoup de monde, j'ai reçu un millier de personnes durant ces six années, proposé 262 questions écrites et 18 orales pour les séances particulières... Même la réserve parlementaire, à laquelle j'étais plutôt hostile, car j'assimilais cela à du clientélisme, a servi la population en établissant des liens encore plus forts et en donnant un coup de pouce important à certaines petites communes... ». Michel Le Scouarnec va donc passer la main. Il restera un observateur attentif du paysage politique en cours de renouvellement. « Il ne faut pas que les mêmes partis dominent les deux assemblées pour que le débat démocratique demeure. J'espère que la gauche continuera à se faire entendre. On a besoin de ça ».

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vendredi 7 juillet 2017

Brest. Des lettres de Jack Kerouac aux enchères

lettres

Les lettres de correspondance entre Jack Kerouac et Youenn Gwernig seront vendues aux enchères, lundi, à Brest.

Photo DR
Catherine Le Guen - Le Télégramme

La correspondance entre Jack Kerouac (1922-1969) et Youenn Gwernig (1925-2006) à la fin des années 60 sera vendue aux enchères, lundi, par Adjug'art, à Brest, au cours des deux journées de vente de « L'Âme bretonne ».

La part bretonne de Jack Kerouac sera livrée aux enchères lundi à Brest. La lecture de « Satori à Paris » a conduit Youenn Gwernig, le poète breton, alors installé à New York, à contacter, en 1966, l'auteur de la Beat Generation. Les deux hommes vont se lier d'amitié et échanger une correspondance jusqu'au décès de Jack Kerouac.

Rendez-vous manqué

Ces lettres, la plupart tapées à la machine, le photographe René Tanguy les connaît bien : il les avait en poche quand il a marché sur les traces des deux hommes en Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis, pour son livre « Sad Paradise, la dernière route de Jack Kerouac » (*) dans lequel elles sont reproduites en fac-similé et traduites.

« Kerouac, c'était toute mon adolescence. Quand Youenn Gwernig, que j'ai photographié en 1999, m'a montré cette correspondance, j'étais scotché. C'était des lettres inédites que presque personne ne connaissait, même de l'autre côté de l'Atlantique. J'avais demandé à l'une des filles de Youenn de me les traduire, parce que c'était un mélange d'argot new-yorkais des années 60, de joual (NDLR : français québécois) avec des mots de breton mais ces lettres ont un contenu très fort. Ils avaient même commencé à écrire un livre ensemble », dit René Tanguy qui a sorti ces lettres de l'oubli en publiant son livre. À partir de cette correspondance, il a construit un récit photographique. Ces lettres montrent bien toute la recherche d'identité bretonne de Kerouac. Elles racontent une amitié et un rendez-vous manqué de Kerouac avec la Bretagne de Youenn. Un faux-bond qui a failli coûter une amitié mais les deux hommes ont renoué peu avant le décès de Kerouac.

Toutes les correspondances connues de Kerouac aux États-Unis s'arrêtent pratiquement en 1966, ces lettres sont quasiment les dernières et sont d'autant plus précieuses. Difficile d'en apprécier la valeur marchande, l'estimation se situant entre 30 et 50.000 €.

« Ce sont des documents extrêmement rares, Kerouac reste important aux États-Unis. Bien sûr, j'aimerais que cela reste dans un musée breton mais c'est une vente exceptionnelle. Et c'est marrant que cela parte de Brest en pleine commémoration de la venue des Américains en 1917 et quelques mois après la sortie de " Sad Paradise " », ajoute René Tanguy.

Du même coin de Bretagne

Gwernig pensait sauver Kerouac de son alcoolisme en le faisant venir en Bretagne, mais l'auteur de « Sur la route » meurt avec le billet d'avion dans la poche. « Tous deux ignoraient à ce moment-là qu'ils étaient issus quasiment du même coin de Bretagne, près d'Huelgoat (29) ».

(*) Sorti en octobre 2016 aux éditions Locus Solus.

Pratique

La vente « L'Âme bretonne » d'Adjug'art aura lieu dimanche et lundi, à 14 h 15. Des faïences, tableaux, objets d'art populaire, dont des pièces de la collection Hemar, ainsi que des costumes seront aussi dispersés. Les lettres seront vendues en un seul lot le lundi après-midi.

L'exposition commence aujourd'hui de 17 h à 20 h, et se poursuit demain, de 15 h à 20 h, dimanche et lundi de 9 h 30 à 10 h 30, à la salle des ventes, 13, rue Traverse, à Brest.

Voir mes précédents billets sur Jack Kerouac

Posté par jourstranquilles à 06:34 - Bretagne - Commentaires [0] - Permalien [#]