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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

samedi 18 août 2018

Portrait : Mimsy Farmer, changement de décor

Par Fabrice Lhomme, Gérard Davet - Le Monde

De la lumière à l’ombre. L’actrice, figure du mouvement hippie, a connu une carrière fulgurante dans les années 1970. Retirée dans le Loiret, elle travaille avec son mari, sculpteur et décorateur pour le cinéma.

La voisine était une star de cinéma aux millions de fans, et nous n’en savions rien… Mimsy Farmer, 73 ans, née à Chicago, était et demeure pour l’éternité Estelle, l’héroïne de More, un film mythique de Barbet Schroeder sorti en 1969. Elle sera à jamais cette Américaine aux cheveux blonds et courts, nue et sexy sous le soleil d’Ibiza, entre deux prises de LSD, joueuse, bohème, mutine, au regard distant, parfois. Parce qu’en réalité elle s’ennuyait, dans cet univers machiste et autocentré.

Peut-être est-ce justement cette distance, ce jeu contenu, qui allait faire d’elle l’icône de la Beat generation, au point d’incarner un style de vie, une liberté furieuse, à rebours de ce qu’elle était. Les Pink Floyd avaient composé la bande originale et More allait devenir le film d’une époque, bousculer Cannes et immortaliser la vague hippie.

C’était bien avant #metoo, les actrices ne revendiquaient rien mais n’en pensaient pas moins. Mimsy Farmer faisait la couverture de Vogue, enchaînait les tournages avec des partenaires du calibre d’Henry Fonda, Alain Delon ou Jean Gabin… Sans jamais se plaindre, malgré les vexations. Combien de fois a-t-elle entendu ce reproche : « Surveille ton poids, tes fesses sont trop grosses… » ? Jusqu’à ce producteur intervenu sur Lolita (1962), de Stanley Kubrick, un certain Ray Stark (décédé en 2004) : « J’avais 16 ans, je suis allée le voir dans son bureau pour un entretien. Il m’a dit que si jamais je faisais le rôle, je devrais être à sa disposition pendant le tournage. J’ai refusé. Pour autant, je ne pense pas que Sue Lyon ait eu le rôle parce que moi j’ai refusé de coucher avec lui ! Elle l’a eu parce qu’elle était parfaite, et Stanley Kubrick l’aurait choisie même si j’avais couché avec le monde entier ! »

La voisine du dessus était un mythe

Mais de tout cela, nous n’avions pas idée, en cette fin d’année 1997… Mimsy Farmer occupait alors un modeste appartement proche de Montparnasse, femme menue, souriante et rougissante, discrète au possible, quand on la croisait dans l’escalier. Il avait fallu que notre chat kleptomane lui dérobe puis nous ramène un billet de 50 francs, voire un jour une petite culotte, pour que nous fassions sa connaissance ! Et même là, elle n’avait rien dit. Elle se présentait comme sculptrice, avec juste un modeste passé dans le cinéma. Jusqu’au jour où nous avons fait quelques recherches. Surprise : la voisine du dessus était un mythe.

Mimsy Farmer, rivale des Jean Seberg, Maria Schneider, Mireille Darc et autres têtes d’affiche des années 1970… Elle était passée de la gloire à l’anonymat si rapidement, si facilement. Dernier tournage en 1988, avec José Giovanni. Puis plus rien. Disparition totale, assumée, quoique contrainte. « J’avais 46 ans, se souvient-elle, et des problèmes de santé m’ont obligée à arrêter. De toute façon, on ne me proposait plus rien de bon. »

Elle vit désormais dans le Loiret, avec Francis Poirier, son troisième mari, sculpteur et décorateur réputé dans le cinéma. Elle repousse la plupart des demandes d’interview. Parfois elle répond, par écrit, à ses très nombreux fans. Eh oui : il suffit de se promener sur Internet pour mesurer à quel point elle demeure idolâtrée. Les photos de l’époque la montrent si ravissante, une girl next door d’apparence si fragile… Mais, à l’image d’une Bardot, son sourire rafraîchissant dissimulait une personnalité extrêmement forte, capable du jour au lendemain de claquer la porte d’un monde du cinéma un peu trop phallocentrique.

Une Estelle frémissante pour Barbet Schroeder

Elle reste nimbée d’une sorte de timidité maladive qu’elle avait su oublier, pourtant, sur les plateaux. Comme si elle parvenait à se dédoubler. On la retrouve dans une brasserie parisienne. « Je ne sais pas trop ce que vous attendez de moi », glisse-t-elle. Nous, on sait. « Je n’ai été star qu’une quinzaine d’années, résume-t-elle. Je n’ai jamais été accro à la notoriété ni ambitieuse, encore moins opportuniste. Ma carrière au cinéma a été un miracle, c’est tout. »

Drôle de destin. A Hollywood, dans les années 1960, elle est une enfant star, repérée par les producteurs. Elle enchaîne les épisodes de feuilletons, type Perry Mason, dans lesquels sa frimousse enchante les réalisateurs. Vite, on lui propose un film, ce sera Spencer’s Mountain, avec Henry Fonda. Pas un chef-d’œuvre, mais bien suffisant pour lancer une carrière.

Fille d’une mère française et d’un scénariste envahissant, Mimsy – de son vrai prénom Merle – quitte le giron familial, se marie avec un cascadeur, travaille un an comme aide-soignante dans un hôpital où les patients dépressifs sont traités à coups de LSD. Elle voyage, tourne quelques films dispensables… Jusqu’à More.

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Dans « More », de Barbet Schroeder, en 1969. 

Le réalisateur suisse Barbet Schroeder a flashé sur sa silhouette, son visage. Tout le monde a oublié l’acteur allemand partenaire de Mimsy Farmer, mais personne n’a écarté de sa mémoire Estelle, frémissante jeune femme aux mille tourments qui entraîne son amant dans les paradis artificiels. Le scénario est minimaliste mais l’actrice crève littéralement l’écran, la lumière d’Ibiza est superbe, sur fond de pétards et autres substances illicites.

« Quand le film est sorti, tout le monde croyait que j’étais droguée, mais je n’étais ni hippie ni droguée. J’étais normale, presque ennuyeuse !… » Gros succès, et statut de film culte acquis illico. Le mouvement hippie tient son égérie au cinéma. Ibiza, devenue le « spot » hippie, ne s’en est jamais vraiment remise.

Mimsy Farmer non plus, mais elle ne rejette rien, même si elle n’aime pas ce film. « Je le trouve médiocre, son succès m’avait étonnée, estime-t-elle. En plus, à l’époque, j’étais jeune et bête, et j’ai signé un contrat incroyablement défavorable : j’ai dû toucher 3 000 dollars ! Vous vous rendez compte ? Et je n’avais aucun droit sur l’exploitation sur d’autres supports : DVD, etc. Je n’en ai toujours pas, d’ailleurs, malgré un procès, qui était perdu d’avance. Mais bon, Ibiza, à part les quelques nazis qui traînaient, c’était chouette !… »

« TOURNER NUE N’ÉTAIT PAS UN SOUCI, POUR MOI. J’ÉTAIS COMME DÉTACHÉE DE MON CORPS »

Les actrices, on les dénude volontiers, mais quant à les payer convenablement… « Tourner nue n’était pas un souci, pour moi. J’étais comme détachée de mon corps, que je ne trouvais pas spécialement joli », lâche-t-elle.

Elle enchaîne ensuite d’autres films. Elle y est souvent déshabillée, victime du syndrome qui a frappé tant d’actrices réduites à leur physique avantageux… Elle obtient le premier rôle dans La Route de Salina, de Georges Lautner, en 1970, aux côtés de l’immense Rita Hayworth. Elle reçoit un prix des mains de Luchino Visconti pour ce film vénéré par Tarantino. Puis Deux hommes dans la ville (1973), de José Giovanni, avec Alain Delon. Les rapports avec son partenaire sont réduits à leur plus simple expression. Deux tempéraments inconciliables. Entre une mégastar pétrie de son importance et la timide Américaine éprise de simplicité, ça ne pouvait pas fonctionner. Et doucement, sa carrière s’étiole.

Il est vrai qu’elle refuse les mondanités, les réseaux… Un air d’opéra la ravit, voir s’épanouir sa fille, aujourd’hui actrice en Italie, la contente. Elle obtiendra encore quelques beaux rôles. L’un d’eux est mémorable. Son film préféré. La Traque, de Serge Leroy (1975). Mimsy Farmer, 30 ans, campe une Américaine en goguette dans l’Orne. Où elle croise malencontreusement une bande de chasseurs menée par Philippe Léotard et Jean-Pierre Marielle. Le film est dur, il dit bien la veulerie d’un milieu, les castes sociales et provinciales de l’époque. Et l’actrice s’y donne tout entière. Elle dit cinq ou six phrases en tout, mais irradie.

Sculptrice-décoratrice pour « Charlie et la chocolaterie »

Après, il y aura divers navets, genre Don Camillo (1984), avec Terence Hill. Puis plus rien, si ce n’est une poignée de films d’horreur qui font encore sa gloire aux Etats-Unis. Et doucement, elle va se fondre dans le décor, au sens propre du terme.

Car Mimsy Farmer va devenir sculptrice-décoratrice aux côtés de son compagnon. On leur doit les superbes décors de Charlie et la chocolaterie (2005), avec Johnny Depp, le vaisseau spatial du méchant dans Les Gardiens de la galaxie (2014)… Elle s’épanouit dans ce nouvel art où l’on crée sans se faire remarquer. Sur les plateaux on ne la reconnaît plus, et ça lui va très bien.

De sa fulgurante carrière, elle a gardé quelques photos et des souvenirs à foison. Comme ce jour où elle dîna à Rome avec Marcello Mastroianni et son épouse d’alors, Catherine Deneuve. « Il était toujours beau comme un dieu et gentil à l’extrême, humble au point de me dire : “Je ne suis pas un très bon comédien, ce sont les metteurs en scène qui me subliment”. » Catherine Deneuve avait apporté, ce soir-là, un article qu’elle avait découpé dans un magazine. « Un article sur moi ! J’étais flattée et émue. »

Mimsy Farmer observe avec intérêt les soubresauts du cinéma, le combat pour l’émancipation des femmes… Avec son franc-parler habituel. « Quand je vois toutes ces personnes qui se détournent de Woody Allen, je trouve ça inacceptable. Vous savez, j’ai toujours été de gauche, j’ai vécu le maccarthysme aux Etats-Unis. La délation, accuser les gens sans preuves, on le sait, c’est dangereux. Le côté “bande de femmes accusatrices”, ça me gêne un peu. On doit demander la justice, mais surtout pas au détriment de la vérité. »

« JE N’AVAIS PAS ASSEZ DE GÉNÉROSITÉ DANS MON JEU, J’AVAIS TROP DE DISTANCE AVEC CE MÉTIER »

Nourrit-elle quelques regrets, sur cette gloire qui l’a désertée ? « Non, la notoriété, je m’en fous. Je pense que je n’étais pas une “comédienne-née”. Je n’avais pas assez de générosité dans mon jeu, je ne donnais pas assez, j’avais trop de distance avec ce métier », tranche l’ancienne actrice avec lucidité.

Elle avait si peur, aussi… A chaque tournage, elle tremblait, transie, saisie par la peur de décevoir. Il lui en reste encore quelques trucs, comme pleurer sur commande. Il suffit de « croiser les yeux », et les larmes arrivent, puis l’émotion. Ou l’inverse, parfois, les jours de tristesse. L’entretien s’achève, la voilà qui semble soulagée. Elle a un nouveau hobby, la peinture. Ses fans s’arrachent ses toiles. Et puis, elle s’occupe de sa chatte Baby, 20 ans cette année. La fille du matou kleptomane.

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Sea Sex and Sun

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Les grandes bouées font fureur...

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vendredi 17 août 2018

Connexion

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Kylie Jenner

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Banane

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jeudi 16 août 2018

Langoustines : les prix flambent

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Journalisme d'été...

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Victoria's secret

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Laurent Strouk - galériste

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