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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mercredi 12 avril 2017

François Hollande sort de son silence : «Cette campagne sent mauvais»

A onze jours du premier tour de la présidentielle, François Hollande, inquiet de la montée de Jean-Luc Mélenchon, sort de son silence. Le chef de l'Etat ne va pas jusqu'à appeler à voter Emmanuel Macron, mais «fait confiance à l'intelligence des Français».

Il avait dit qu'il s'abstiendrait et avait fini par accorder un entretien - cordial - à Benoît Hamon début février. Mais François Hollande ne tient plus. Face à la montée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, le président s'inquiète de l'éparpillement de la gauche et sort de son silence. Sans appeler clairement à voter Emmanuel Macron, le chef de l'Etat multiplie cette semaine les confidences qui vont dans ce sens.

Le Monde rapporte ce mercredi que François Hollande a même accordé une interview au site de divertissement Konbini pour s'adresser aux jeunes, pour l'instant plutôt attirés par la chaîne Youtube, le jeu vidéo et les hologrammes de Jean-Luc Mélenchon. Dans Le Point à paraître jeudi, le président dit également considérer que «le politique a besoin de renouvellement», en ajoutant avoir trouvé le pari de son ancien ministre de l'Economie «audacieux».

«Cette campagne sent mauvais»

«Cette campagne sent mauvais (...) Elle est hors sol», explique-t-il au Point. François Hollande semble déplorer que «l’émotion» et les dynamiques de campagne aient pris le pas sur la «raison» et le fond. Face à la «mode Mélenchon», et «le populisme», «il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte», insiste encore le chef de l'Etat. Par ailleurs, «il peut exister chez les Français la tentation d’abattre le ou les favoris du scrutin».

Pour autant, pas question d'appeler les électeurs à voter pour le candidat d'En marche. Le président ne veut notamment pas gêner son ancien protégé. En revanche, ses mots sonnent comme des bons points à Emmanuel Macron. «Je considère que le politique a besoin de renouvellement», lâche François Hollande.

Hamon déçu...

Benoît Hamon ne peut, quant à lui, plus cacher sa déception. Evoquant ce mercredi dans Les Echos le leader des sociaux-démocrates allemands Martin Schulz, le socialiste «note qu'il m'a encore apporté son soutien ce week-end et qu'il en fait plus pour ma candidature qu'une vingtaine de dirigeants socialistes ou ministres français de premier rang».

Quant à François Hollande, «mon désaccord date de 2014 : je considère à ce moment-là que le déséquilibre sur la politique de l'offre va être dommageable et que la courbe du chômage ne va pas s'inverser... Je ne pense pas m'être complètement trompé», tacle-t-il.

Macron, «pas une mesure sociale dans ses cent premiers jours»

Pour lui, une victoire de Marine Le Pen, improbable en mai, est en revanche possible en 2022 «si on continue à mettre en œuvre des politiques libérales». «Je ne vois pas en quoi le programme d'Emmanuel Macron aurait des résultats différents. Il ne propose pas une mesure sociale dans ses cent premiers jours. Rien, le néant absolu!», dénonce le candidat du PS.

Enfin, il assure «assumer un désaccord profond avec Jean-Luc Mélenchon sur la question européenne». «Je ne crois pas à son plan A, parce qu'il place beaucoup trop haut le niveau de ses exigences de renégociations des traités pour que celui-ci soit réaliste. Donc en réalité il n'y a chez lui que le plan B, à savoir la sortie de l'Union européenne. Et moi, je ne souhaite pas une telle issue», martèle-t-il.

Le Parisien

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On a suivi les street artists parisiens qui détournent et réinventent l'affichage électorale

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mardi 11 avril 2017

Benoit Hamon...une bouteille à la mer...

Une lettre aux Français. Un peu comme une bouteille jetée à la mer, pour éviter le naufrage... dans les urnes, le 23 avril. L’équipe de Benoît Hamon a démarré ce mardi l’envoi de sa missive en 9 millions d’exemplaires. Le candidat socialiste tient d’abord à nous rassurer : « Ces dernières semaines, écrit-il, n’ont ébranlé aucune de mes convictions, elles les ont confirmées ». Sa chute dans les sondages au-dessous de 10%? Les lâchages des camarades du PS en transhumance vers l’écurie Macron ? Les folles rumeurs, faussement étayées par un SMS bidon, de son désistement au profit du rival honni, Jean-Luc Mélenchon ? Même pas mal !, assure, bravache, le « petit Benoît », comme l’a maladroitement désigné l’autre jour Martine Aubry. Bien sûr, il ira jusqu’au bout de ce qui ressemble de plus en plus à un calvaire. « Je me bats, je résisterai à tout : je viens d’une terre granitique », dit le Breton. Peut-être. On l’espère pour lui. Mais le PS, lui, que deviendra-t-il ? Car la maison Solferino n’est pas de granit. Plutôt un palais en carton empli de courants d’air...  

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Jean Luc Mélenchon : Tout un programme

C’est avec des civils qu’on fait des militaires. C’est avec des modérés qu’on fait des mélenchonistes, avec des soumis qu’on fait des insoumis. Avérée par tous les instituts, la percée de Jean-Luc Mélenchon correspond au glissement réel d’une partie de l’opinion. Le candidat de La France insoumise a gagné quelque six points depuis le début de la campagne, soit environ 1,8 million de voix, peut-être 2 millions (cela dépend du taux d’abstention, qu’on ne connaît pas encore). Ces transfuges ne sont plus rebutés, de toute évidence, par le discours radical de Jean-Luc Mélenchon. Ils adhèrent à la personne. Ont-ils vraiment lu le projet ? Si oui, nous assistons à un gauchissement spectaculaire de l’opinion française, dans un pays qui tend à se droitiser (paradoxe compliqué mais réel : des deux côtés, les extrêmes progressent).

Un cinquième environ de l’électorat, donc, souhaite désormais accroître les salaires de 6% en moyenne, revenir aux 35 heures, aller vers les 32 heures, restaurer la retraite à 60 ans, lancer un plan d’investissement de 100 milliards d’euros, supprimer le CICE, instaurer une gratuité totale des soins, accroître les indemnités de chômage, créer une allocation autonomie pour les jeunes, nationaliser les industries d’armement et la production d’électricité, embaucher 60 000 professeurs… Le tout financé par un accroissement des prélèvements obligatoires de 45% à 49%, une augmentation de l’impôt sur le revenu jusqu’à 90%, une hausse de l’ISF, une inflation à 4% en fin de période, et une création monétaire conséquente qui financerait la dette publique. Et l’Europe ? On l’obligerait à ratifier cette politique ou bien on en sortirait. Bref, un programme de rupture qui aurait fait dresser les cheveux sur la tête des mà ªmes électeurs s’ils étaient restés là où étaient il y a deux semaines. Après, on dira que les Français sont rétifs au changement. A moins qu’ils n’aient pas encore lu le programme de Jean-Luc Mélenchon… Texte de Laurent Joffrin - Libération

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lundi 10 avril 2017

François Fillon peut-il encore gagner ?

Par Alexandre Lemarié, Matthieu Goar

Le candidat de la droite, fragilisé par les affaires, a réuni ses soutiens dimanche à l’occasion d’un grand meeting, porte de Versailles, à Paris.

Sa campagne a été un long supplice accompagné d’une lente érosion dans l’opinion. Peut-il renaître dans le sprint final ? Lui en est convaincu. Depuis le début de l’année, François Fillon a répété à plusieurs reprises que l’élection présidentielle se jouerait dans les deux dernières semaines. Difficile de lui donner tort, tant l’indécision plane sur cette ultime ligne droite. Après une campagne rendue chaotique par les révélations quasi quotidiennes sur son train de vie et ponctuée par sa mise en examen, le candidat de la droite a organisé un grand meeting, porte de Versailles à Paris, dimanche 9 avril. Sur la scène, les ténors des Républicains, tels Eric Ciotti, Luc Chatel, Valérie Pécresse ou encore Bruno Retailleau, ont sonné la mobilisation.

L’opération a été réussie et les militants en sont sortis galvanisés. Pas seulement par les discours, mais aussi parce que le contexte de la campagne de François Fillon est en nette amélioration. La plupart des derniers sondages montrent un resserrement entre les quatre principaux candidats. Certes, M. Fillon est toujours troisième et il est même devancé par Jean-Luc Mélenchon dans une enquête publiée dimanche soir. Mais, dans de nombreux autres sondages, il grignote entre 0,5 et 1,5 % et Marine Le Pen et Emmanuel Macron stagnent. Conscient de cette convergence des courbes, le député de Paris est maintenant persuadé que l’élection sera serrée et qu’il pourra passer dans un trou de souris.

« Ils sont en colère, énervés »

Cette conviction se forge dans l’expérience de la primaire où l’électorat s’était cristallisé dans les deux dernières semaines. Malgré son image beaucoup plus abîmée qu’en novembre, François Fillon rêve de réussir le même coup. « Je serai au second tour », a-t-il répété jeudi, sur France Inter : « Ces sondages ne sont pas inexacts mais je suis absolument convaincu qu’ils sont biaisés à la fois par les échantillons, les questions et surtout par le climat politique général. (…) C’est exactement ce qu’on a vu à la primaire. » L’agenda des quatorze derniers jours a donc été minutieusement préparé : le grand rassemblement de Paris sera suivi par des meetings dans des grandes villes (Marseille, Lyon, Lille, Nice) mais aussi par des déplacements symboliques, peut-être dans la Sarthe. « Cela peut se passer comme à la primaire : une remontée spectaculaire de François Fillon dans les derniers jours. C’est maintenant que les gens se décident », espère Vincent Chriqui, son directeur de campagne.

Pour réussir à grignoter son retard, M. Fillon mise sur une forte participation de son socle et sur le rattrapage d’une partie de ceux qui se sont éloignés à cause des affaires. Les messages de soutien de Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, vendredi, ont été précieux car l’ancien président parle à la base la plus fidèle alors que le maire de Bordeaux pèse dans l’électorat de la droite modérée. Et pour convaincre ces déçus, M. Fillon passe beaucoup de temps en meeting à mettre en avant son projet plutôt que sa personne. Il espère que le peuple de droite, même perturbé par ses affaires, finira au final par se raccrocher à son programme libéral et conservateur en le comparant à ceux de Mme Le Pen et M. Macron.

« Quand on les interroge dans les sondages, les gens disent aujourd’hui honnêtement qu’ils ne vont pas voter pour nous. Parce qu’ils sont en colère, énervés », observe Laurent Wauquiez. « Mais quand ils seront dans l’isoloir face à un seul bulletin de vote pour la droite et le centre, ils se diront : “bon, allez !, je vote pour la droite et le centre.” » Les fillonistes se raccrochent ainsi à la théorie d’un vote caché en sa faveur, qui ne serait pas mesuré dans les sondages.

Cette stratégie part du postulat que l’électorat de la présidentielle se déterminera principalement sur les programmes. Une analyse discutable. Car, dans une élection aussi personnalisée que la présidentielle, le profil du candidat reste un élément important du choix d’une partie des votants. Et sur cet aspect-là, François Fillon a beaucoup perdu avec les différentes révélations sur son rapport à l’argent. Selon une enquête Ipsos-Sopra Steria publiée le 5 avril, l’honnêteté et la probité sont en effet les qualités les plus importantes pour un président de la République pour une majorité des sondés. 65 % d’entre eux placent en tête ces deux qualités comme nécessaires à l’exercice présidentiel. Et François Fillon est le candidat à qui les électeurs font le moins confiance parmi les cinq « grands » candidats.

Stature et expérience

Même s’ils affichent leur optimisme devant les micros, les élus de droite savent que l’équation est encore compliquée. Toujours en retard, M. Fillon n’a pas forcément toutes les cartes entre les mains. Il doit aussi miser sur un effondrement d’un des deux favoris. « Désormais, il dépend d’une défaillance des autres, en particulier de Macron, qui a les clés de l’élection », glisse un député LR. Une donnée qui n’a pas échappé à l’ancien premier ministre. A longueur d’intervention, il cible Emmanuel Macron, surnommé « Emmanuel Hollande », dont l’électorat semble plus friable que celui de Marine Le Pen. « Macron sera le Juppé de cette présidentielle. Le soutien de Valls est un baiser de la mort, comme l’avait été le soutien de Bayrou à Juppé », estime Bruno Retailleau, coordinateur de la campagne.

Pour faire la différence avec l’ancien ministre de l’économie, M. Fillon insiste sur l’incohérence de sa future majorité et le décrit comme l’héritier de François Hollande. Une façon de faire passer le message qu’il est le seul à incarner l’alternance. Et il met en avant sur son expérience. Ce dernier aspect revient en boucle dans les discours de la droite depuis le regain de tension internationale après l’attaque chimique qui a 87 morts en Syrie, mardi 4 avril, et la frappe américaine contre le régime syrien, vendredi 7 avril. Les fillonistes veulent croire que ce contexte anxiogène va pousser certains électeurs à élire un homme expérimenté à la tête du pays. « Personne ne peut se réjouir des tensions internationales mais dans ce contexte malheureux, chacun peut mesurer à quel point la stature et l’expérience seront cruciales pour le président de la France », argumente Jérôme Chartier.

Dans cette campagne dominée par les affaires et à l’approche de ce premier tour indécis, François Fillon n’a jamais totalement décroché. Grâce à ce socle qui lui a permis de garder la tête hors de l’eau, il peut encore rêver d’un sursaut. A plusieurs conditions. « Il est pour l’instant à un niveau bas pour un candidat de droite. Son principal enjeu reste de rassembler son électorat éparpillé sur Macron, Le Pen ou Dupont-Aignan, et d’attirer les électeurs de droite abstentionnistes », analyse Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP, qui rappelle que 30 % des électeurs qui avaient choisi Nicolas Sarkozy en 2012 ne sont pas encore sûrs de leurs choix.

Même si l’espoir est encore permis, la position de M. Fillon est loin d’être favorable. « L’histoire des campagnes présidentielles montre qu’un candidat classé troisième dans les sondages deux semaines avant l’élection ne s’est quasiment jamais qualifié pour le second tour, excepté Jean-Marie Le Pen en 2002 », rappelle M. Dabi : « Mais l’histoire est faite pour être bouleversée et il est vrai que nous sommes en présence d’une campagne atypique. » Surtout celle de M. Fillon…

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La une du Parisien de ce matin - Jean Luc Mélenchon

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dimanche 9 avril 2017

L'ode à la paix de Mélenchon, sous le soleil de Marseille

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A Marseille, Jean-Luc Mélenchon se pose en candidat de « la paix »

Par Raphaëlle Besse Desmoulières, Marseille, envoyée spéciale

Sur la Canebière, le candidat de La France insoumise, au coude-à-coude avec François Fillon dans les sondages, a réuni près de 70 000 personnes selon les organisateurs.

« Ça s’entend, ça se sent ! La victoire est à la portée de nos efforts ! » C’est un Jean-Luc Mélenchon conquérant qui s’est présenté, dimanche 9 avril, devant une foule compacte rassemblée sur le vieux port de Marseille – 70 000 personnes, selon les organisateurs. A quinze du premier tour de la présidentielle, le candidat de La France insoumise, un rameau d’olivier à la boutonnière, s’est présenté comme « le candidat de la paix ».

Dans son discours, M. Mélenchon a retrouvé les accents qu’il avait eus en 2012 sur la plage du Prado pour vanter une France « métissée ». Après une ode à la Méditerranée, il a appelé à une minute de silence en hommage aux migrants disparus dans cette même mer. « C’est à nous de dire que l’émigration est toujours un exil forcé, une souffrance, s’est-il exclamé. Il est temps par-dessus tout de mettre un terme aux guerres qui ravagent les pays du Sud. »

Dans un contexte international troublé après une attaque chimique intervenue mardi en Syrie, imputée au président Bachar Al-Assad, le député européen a fustigé les frappes américaines sur une base de l’armée syrienne deux jours plus tard – « un acte criminel irresponsable » – sans s’attarder sur le rôle de la Russie dans ce pays. L’occasion pour le candidat de réaffirmer sa volonté de sortir de l’OTAN. « Si vous voulez la paix, ne vous trompez pas de bulletin de vote », a-t-il mis en garde, avant d’ajouter : « Si vous en choisissez un pour la guerre, ne vous étonnez pas si elle finit par arriver ! »

« Dégagez ! dégagez ! »

Auparavant, il s’était félicité que la France ne soit plus, avec sa candidature, « vouée à choisir entre deux extrêmes » : « l’extrême droite » de Marine Le Pen « condamnant notre grand peuple multicolore à se haïr entre lui-même », et « l’extrême marché » de François Fillon et Emmanuel Macron, « sorte de magie noire qui transforme la souffrance, la misère, l’abandon en or et en argent ». Au même moment, à Paris, le candidat du parti Les Républicains attaquait son challenger sur ses propositions économiques. « Mélenchon, capitaine du cuirassé Potemkine, finira par négocier la ferraille du Titanic », a-t-il ironisé.

Les deux hommes sont désormais au coude-à-coude dans les sondages. Pour la première fois dimanche, l’ancien socialiste a été donné, avec 18 % d’intentions de vote, devant M. Fillon (17 %), à six points de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron selon une étude d’opinion Kantar-Sofres-One Point pour Le Figaro. De quoi faire de lui le potentiel troisième homme de cette présidentielle. Dans la course depuis plus d’un an, M. Mélenchon récolte les fruits d’un travail de longue haleine dans une campagne marquée par les affaires, où son concept de « dégagisme » a pris, selon lui, tout son sens.

A Marseille, ses partisans n’hésitaient pas à scander « dégagez ! dégagez ! » quand le candidat évoquait les projets de ses adversaires. Le sien n’a pas varié depuis octobre : abrogation de la loi El Khomri, retraite à 60 ans, sortie du nucléaire, des traités européens, VIe République… Autant de propositions en rupture avec le quinquennat qui s’achève et durant lequel le député européen a incarné l’opposition de gauche à François Hollande.

Candidat qui « rassure »

En revanche, fini « le bruit et la fureur » dont il avait fait sa marque de fabrique, place au candidat qui « rassure » selon ses propres termes. « Mélenchon joue les vieux sages dont c’est le dernier combat et fait de gros efforts pour ne pas effrayer le réservoir hamoniste qui pourrait se tourner vers lui, notamment vis-à-vis de Poutine, note Fabien Escalona, politologue à l’Université libre de Bruxelles. Il devient le vote utile dans un vote de conviction. » Même sentiment pour Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’IFOP, qui relève la « faiblesse terrible » de Benoît Hamon, donné sous les 10 % d’intentions de vote. « Mélenchon peut incarner un vote plaisir à gauche sauf si Fillon commençait à remonter, juge-t-il. Si l’hypothèse d’un second tour Le Pen-Fillon refaisait surface, Macron réapparaîtrait comme le vote utile pour éviter ce scénario cauchemardesque pour la gauche. »

Pour Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof, il sera cependant difficile pour l’élu européen d’élargir sa base au-delà des électeurs socialistes. « L’image compte mais il propose un programme très à gauche où un électeur centriste ou de droite aura du mal de s’y retrouver, notamment du point de vue économique », estime-t-il. M. Mélenchon, lui, ne voit pas les choses ainsi. « Ma candidature change de sens, expliquait-il récemment au Monde. Il ne s’agit pas seulement d’un programme. En votant pour moi, on tourne une page, c’est le coup de balai. On me dit qu’il y a des gens de droite, du FN qui votent pour moi… »

A Marseille, chose rare, il ne s’est exprimé qu’une heure. Même s’il s’était lui-même dit « très fatigué » le 2 avril, ses proches assurent qu’il n’est « ni grisé, ni fatigué mais déterminé ». Pour se démultiplier sans trop d’efforts, M. Mélenchon compte de nouveau utiliser un hologramme, cette fois dans six villes de France quand lui-même sera en meeting à Dijon le 18 avril. De quoi refaire le buzz juste avant le jour J, où il espère bien être au second tour. Une hypothèse que n’a pas écartée M. Hamon, samedi, sur France 2. S’il n’était pas qualifié, le député des Yvelines était invité à dire pour quel candidat, entre MM. Macron, Fillon ou Mélenchon, il appellerait à voter face à Marine Le Pen. Sans hésiter, il a donné le nom de son ex-camarade du PS. Un beau cadeau à quinze jours du 23 avril.

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Qui ne m’aime pas me suive

L'édito de Charles de Saint Sauveur - Le Parisien

«Je ne vous demande pas de m’aimer, mais de me soutenir. Il ne s’agit pas de choisir un copain mais un président.» Avec ces deux petites phrases, lâchées à la fin de son discours, François Fillon tient peut-être la martingale qu’il cherche pour relancer sa campagne perdue. Voilà à quoi en est réduit son camp depuis deux mois : le plaindre, l’excuser, pourquoi pas l’admirer. D’amour, en revanche, il n’est plus question. Pas avec un candidat qui a trahi sa promesse d’exemplarité, l’une des clés de son triomphe à la primaire. Aujourd’hui, il a peut-être libéré les siens en ne leur proposant plus un mariage d’amour mais un mariage de raison. Comme en témoigne son anaphore culottée sur ce que doit être - selon lui - un «président exemplaire» : c’est - notamment, affirme-t-il, «un président qui ne troque pas le destin de la nation pour un peu de popularité éphémère».

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Trois hommes + un logiciel = l’Elysée ?

Par Zineb Dryef

Une méthode scientifique pour prédire les choix de vote des Français ? Emmanuel Macron y croit. Le candidat a confié sa campagne au trio de trentenaires français Liegey, Muller et Pons, fondateurs d’une start-up de stratégie électorale.

Dans une rue de l’Est parisien, des bureaux propres, lumineux et calmes. Un open space plein d’une vingtaine de trentenaires, des commerciaux, des « data-scientists » et des développeurs. A vue de nez, autant de filles que de garçons. Ils sirotent du thé et du lait de soja bio. C’est frais, avec ce qu’il faut de vintage : aux murs, des affiches aux couleurs passées des campagnes de Mitterrand et de Chirac. L’une proclame « De toutes les forces de la France », l’autre « Maintenant il nous faut un homme de parole ».

Sur un « wall of fame » improvisé à l’entrée, des articles parus dans la presse nationale vantent le fabuleux destin de « Liegey, Muller et Pons » (LMP), le nom de cette start-up née en 2013 et les patronymes de leurs fondateurs. Guillaume Liegey, Arthur Muller, nés en 1983, et Vincent Pons, de trois ans leur aîné. Leur promesse ? Une approche scientifique des campagnes électorales, pour savoir où porter l’effort, où traquer les indécis. Un « consulting » sur mesure en pleine expansion, avec la présidentielle et les législatives à venir, où ils travaillent à la fois pour le Parti socialiste (PS) et En marche !

La méthode de l’équipe Obama

A l’origine, il y a cette histoire qu’ils racontent volontiers. Celle de trois Français à Boston. Deux à Harvard, l’autre au MIT. On est en septembre 2008, dans une Amérique électrisée par Barack Obama. Arthur Muller s’inscrit sur le site de campagne du candidat démocrate. Deux jours plus tard, il fait du porte-à-porte à 150 km de Boston, dans un quartier peuplé de républicains « susceptibles de porter des armes à feu » et de « pencher pour les démocrates ».

Le porte-à-porte, méthode à l’ancienne, est la clé de la campagne de terrain d’Obama, qui l’a modernisé. « On ne faisait pas du porte-à-porte au hasard, se souvient Muller. C’était ciblé, hyperprécis. On nous disait : “On pense que Monsieur X a 63 % de chances de voter pour nous mais il risque de ne pas aller voter.” »

Ça aurait pu en rester là. Mais les trois garçons veulent expérimenter en France la méthode américaine, fondée sur une analyse ultra-rigoureuse des scrutins passés. Quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît… finit par les introduire chez Jean-Paul Huchon, alors en pleine campagne pour les régionales, en 2010.

« Pour gagner de l’argent, il vaut mieux faire du logiciel »

Maxime des Gayets, jeune directeur de campagne du président de la région Ile-de-France, les reçoit. Ils cochent toutes les cases : ils sortent d’universités prestigieuses, ils ont fait la campagne d’Obama, ils parlent bien. Bref, ils sont charmants. Mais des Gayets a une inquiétude : « Comment faire accepter ce dispositif aux socialistes ? »

Quand les militants voient débarquer ces jeunes gens d’Harvard, leurs « têtes de consultants », leurs méthodes d’entreprise, leur jargon (« coaching » et « rétroplanning »), eh bien, contre toute attente, ça passe. Ils parcourent ensemble les quartiers qui votent le moins en Ile-de-France. « Ils ont indéniablement leur part dans la victoire, analyse des Gayets. Mais, surtout, ils sont arrivés au bon moment : ils ont permis au parti de s’interroger sur ses méthodes de campagne. »

En 2012, le trio est rappelé pour la campagne de François Hollande. La victoire est grisante. Ils décident de faire de cette expérience un business. Mais les partis ne disposent pas de budgets énormes pour les consultants. « On se rend compte que pour gagner de l’argent, il vaut mieux faire du logiciel que du conseil. Avec du logiciel, on peut déployer notre méthode à très grande échelle. »

Le PS, client pour les législatives

Un quinquennat plus tard, les Bostoniens sont à la tête d’une boîte florissante, dont les clients comptent des députés, un président de la République et peut-être le prochain. Emmanuel Macron leur a confié sa campagne présidentielle cet automne. Solférino vient juste de signer pour les législatives. Tous convoitent Cinquante Plus Un, un logiciel de stratégie et d’organisation des campagnes électorales capable de dire aux candidats à quels électeurs parler et où leur parler.

Les trois jeunes gens ont travaillé pour la campagne de François Hollande en 2012. C’est après la victoire qu’il ont décidé de faire de cette expérience un business. 

« On découpe la France en 67 000 petits carrés qui correspondent aux bureaux de vote. Pour chacune de ces zones, on a les résultats de toutes les élections depuis 2004 et toutes les données sociodémographiques issues des recensements de l’Insee. L’âge, le revenu, le sexe, la situation familiale et professionnelle, explique-t-on à LMP. A partir du moment où vous avez ces données, vous êtes capables de comprendre et de prédire le comportement électoral des gens. Où sont les indécis ? Les “à persuader” ? Les abstentionnistes ? »

La dernière version de Cinquante Plus Un vend du rêve. Jusque-là, il manquait une chose à ce super logiciel : de la fraîcheur. Il n’appréhendait guère les soubresauts de l’actualité, les colères contre un candidat englué dans les affaires ni les volte-face des indécis. Un partenariat signé avec Ipsos à la fin de l’année 2016 est venu combler ce manque. Désormais Cinquante Plus Un recoupe ses données avec les enquêtes d’opinion recueillies par l’institut de sondages.

« Tous les partis politiques, sauf le Front national »

Une fois le logiciel acheté – une circons­cription coûte environ 3 000 euros – le candidat a droit à une démo. Il lui suffit de cliquer sur un lien dans la solitude de son bureau. Une page sur un écran l’accueille avec chaleur : « Bonjour démo-député ! » Les écouteurs vissés dans les oreilles, il faut se laisser guider par la voix d’une commerciale, qui en explique le fonctionnement.

« NOUS NE SOMMES PAS PARTISANS, NOUS TRAVAILLONS POUR TOUS LES PARTIS POLITIQUES, SAUF POUR LE FRONT NATIONAL. » ARTHUR MULLER

Depuis 2013, plus de 800 candidats à différentes élections ont acheté le package complet. « Nous ne sommes pas partisans, précise Arthur Muller. Nous travaillons pour tous les partis politiques, sauf pour le Front national. Economiquement, si on pouvait vendre notre logiciel à tous les candidats, mêmes rivaux, ce serait l’idéal. » A la guerre comme à la guerre, celui qui paye le plus décroche l’exclusivité du territoire qu’il convoite. Pour les législatives de 2017, le PS et En marche ! en ont ainsi réservé un certain nombre.

Seuls sur le marché en 2013, Liegey-Muller-Pons compte désormais quelques concurrents en France. Les français Spallian et Federavox, qui ont travaillé avec Alain Juppé et François Fillon, l’américain NationBuilder, qui s’occupe autant de la campagne de Fillon que de celle de Mélenchon. « Notre approche est devenue mainstream, mais on est les seuls en Europe à proposer une offre aussi précise. »

Prochaine étape : l’ouverture d’un bureau en Allemagne est prévue en septembre. Pour accompagner les législatives. « Ils ont indéniablement contribué à apporter une certaine rationalisation dans les campagnes électorales françaises, ce sont des pros », observe Clémence Pène. Cette ancienne responsable de la communication numérique d’Anne Hidalgo et chercheuse en sciences politiques s’interroge toutefois, après la défaite d’Hillary Clinton, adepte de ce genre d’outils : « Tout de même, la victoire de Trump… ça pousse à relativiser la science des algorithmes. »

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samedi 8 avril 2017

Les 11 affiches des 11 candidats....

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