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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

vendredi 7 avril 2017

L’Elysée et un haut magistrat répliquent à François Fillon sur l’existence d’un « cabinet noir »

Selon une source proche du dossier, le parquet national financier n’enquêtera pas sur les soupçons de « cabinet noir » dénoncés par le camp du candidat de la droite.

Accusés une nouvelle fois par François Fillon d’être à la manœuvre dans l’affaire des emplois fictifs, des représentants du gouvernement ont dénoncé jeudi 6 avril « de la pure calomnie » et « une manière de faire de la politique qui n’est pas à la hauteur de ce que doit être un engagement pour gouverner un pays ».

Présenté comme un des responsables des fuites visant le candidat de la droite à la présidentielle, Robert Gelli, le directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG), a, pour sa part, déploré des « allégations mensongères » et des « propos calomnieux. »

Selon une source proche du dossier, le parquet national financier (PNF) n’enquêtera pas sur les soupçons de « cabinet noir » dénoncés par le camp Fillon, qui avait promis de poursuivre « tous ceux qui sont à l’origine » des révélations dans la presse. L’occasion de revenir sur ce feuilleton qui émaille la vie politique depuis plusieurs mois.

Les révélations visant François Fillon

Le 24 janvier, l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné révélait l’emploi passé comme collaboratrice parlementaire de Penelope Fillon, sans en avoir trouvé trace. Le lendemain, le PNF ouvrait une enquête préliminaire avant de confier le dossier à des juges d’instruction dans le cadre d’une information judiciaire.

François Fillon, qui a reconnu avoir employé son épouse et ses enfants comme assistants parlementaires, a été mis en examen notamment pour détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux. Son épouse a été mise en examen notamment pour complicité et recel de détournement de fonds publics. Les soupçons pèsent également sur l’emploi de Mme Fillon à La Revue des deux mondes.

Comment François Fillon réplique

Le 23 mars sur France 2, le candidat des Républicains (LR) avait accusé François Hollande d’être à la tête d’un « cabinet noir » exploitant les affaires judiciaires contre lui. Jeudi sur France Inter, la menace s’est faite plus précise :

« J’ai les dates, les jours, les personnes qui ont communiqué les documents. Le moment venu je poursuivrai tous ceux qui sont à l’origine de cette affaire. »

C’est François Hollande qui a déclenché l’affaire ? « Oui, bien sûr », a réaffirmé M. Fillon. Les documents à l’origine des premières révélations, « je sais d’où ils viennent. Ils viennent d’un service de l’État », a-t-il précisé. « Ca fait deux mois et demi qu’on m’empêche de faire campagne », s’est lamenté le député de Paris.

Comment réagit l’Elysée

Interrogé jeudi par l’AFP après les nouvelles accusations de M. Fillon, l’Elysée a « réaffirmé ce que le président de la République a déjà dit par voie de communiqué », évoquant des accusations « mensongères et sans fondement ». François Hollande avait lui-même réagi après la sortie de M. Fillon du 23 mars, jugeant le candidat de la droite « en deçà » de la « dignité » et de la « responsabilité » nécessaires dans une campagne présidentielle.

Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, proche de François Hollande, a parlé jeudi d’« accusations diffamatoires ».

« La justice est indépendante et il n’y a jamais eu de cabinet ni noir, ni gris, ni blanc ni jaune. Et c’est l’honneur de François Hollande. […] La justice, et ça François Fillon ne veut pas l’accepter, a été indépendante dans la conduite des affaires judiciaires, c’est un acquis de ce quinquennat. »

« On dit toujours que M. Fillon est un héritier de Philippe Séguin. C’est aussi un héritier de Charles Pasqua suivant le vieil adage : “Si vous avez une affaire, créez une affaire dans l’affaire” », a de son côté ironisé François Kalfon (PS).

A l’Elysée, des collaborateurs ont, en outre, reçu des menaces de mort après les premières accusations de François Fillon, via des « lettres anonymes »

Gaspard Gantzer, le conseiller en communication du président Hollande, a jugé auprès du Point que François Fillon n’avait « aucune preuve » pour engager des poursuites : « Il veut déposer une plainte ? Eh bien, qu’il le fasse. Mais il n’a aucun élément, aucune preuve. Et il faudra aussi qu’il nous explique en quoi lui serait calomnié puisqu’il ne conteste nullement les informations sorties par Le Canard enchaîné. »

La contre-attaque d’un haut magistrat

Robert Gelli, le directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG) a vivement dénoncé, dans une lettre adressée le 30 mars à l’ensemble des procureurs et procureurs généraux, les accusations portées contre ses services.

« Comment imaginer que des procureurs généraux, des magistrats du parquet chargé d’enquêtes, des juges d’instruction, des juges du fond et du droit de la première instance, des cours d’appel et de la chambre criminelle de la Cour de cassation, appliqueraient des instructions occultes, de nature à détourner ou entraver le cours de la justice ? », écrit le magistrat.

« Le dire et même le penser est une insupportable insulte au professionnalisme de l’institution judiciaire dans son ensemble et une atteinte à la probité de toute la magistrature », poursuit-il dans une lettre que publie Libération.

Le parquet national financier n’enquêtera pas

Les menaces de François Fillon d’engager des poursuites contre « tous ceux qui sont à l’origine » des révélations dans la presse ont été tuées dans l’œuf par le PNF, qui a annoncé qu’il n’enquêterait pas sur les soupçons de « cabinet noir », dénoncés par le camp du candidat LR après la parution du livre Bienvenue Place Beauvau, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.

Les affirmations du livre « sont trop imprécises et manquent trop d’étai pour pouvoir justifier l’ouverture d’une enquête préliminaire », explique le procureur national financier, Eliane Houlette, dans un courrier révélé par L’Express et confirmé de source proche du dossier.

Six responsables des Républicains, le parti de François Fillon, avaient saisi le procureur de Paris et le procureur national financier pour des « infractions » commises, selon eux, par l’exécutif et pointées du doigt dans cet ouvrage.

Posté par jourstranquilles à 18:13 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Affaires Fillon : des magistrats ainsi que des journalistes de Mediapart et du "Canard enchaîné" visés par des menaces de mort

Des lettres de menaces, accompagnées chacune d'une balle de calibre 22 long rifle, ont été envoyées au rédactions du Canard enchaîné et de Mediapart, rapporte le site d'information jeudi 6 avril. Quatre magistrats du pôle financieer ont reçu des courriers similaires. Selon Mediapart, il s'agirait d'Eliane Houlette, la patronne du parquet national financier, et des trois juges chargés d'instruire l'affaire Fillon.

Mediapart a annoncé avoir porté plainte après avoir reçu cette lettre envoyée depuis Marseille et adressée à la rédaction. Le courrier portait en en-tête le nom du "collectif d'épuration 2J" ainsi que le dessin d'un cercueil avec les initiales d'Edwy Plenel, le président du site d'information. "La vigilance et la protection ne durent pas ad vitam... Ce jour-là, nous serons là pour vous ou l'un de vos proches", menace la lettre. Elle porte également le slogan "juges et journalistes dans le même sac".

Une enquête ouverte pour "menaces de mort"

Le rédacteur en chef du Canard enchaîné, Louis-Marie Moreau, a confirmé à Mediapart avoir reçu un courrier similiaire. Sur l'en-tête, le dessin d'un canard a été imprimé à la place des initiales "EP", précise le site d'information. "Nous n’avons pas porté plainte. On prend ce courrier avec précaution, on le signale à la police mais, pour nous, cela s’arrête là", a indiqué Louis-Marie Moreau.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance pour "menaces de mort", confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de Paris. "En cette période électorale, beaucoup de courriers d’insultes nous arrivent mais, là, avec une munition, ce n’est pas anodin", a précisé une source judiciaire à Mediapart.

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Emmanuel Macron : Au centre du milieu

Sur France 2, le filloniste Bruno Retailleau, taillé à loisir par Macron, a reproché à son interlocuteur son vol en zigzag. Il a tort : le candidat d’En marche chemine avec minutie sur la frontière droite-gauche, sans jamais s’en écarter, tel un funambule sur un fil d’acier. Sa prestation réussie à «l’Emission politique» en est la parfaite illustration. Il est le prince du chaud-froid, le chevalier du mi-chèvre mi-chou, le champion du salé-sucré, le prophète du vice et versa, le mandarin du yin et du yang, le soleil qui a rendez-vous avec la lune, le roi des chauve-souris, le poisson volant de l’élection, le centaure de la vie politique. Sur tout sujet il convoque le tout et son contraire et s’il dirigeait un journal, ce serait la Revue des deux mondes. Il est banquier et philosophe, il est riche et sans argent, il est haut-fonctionnaire dans le privé, il veut une Europe libérale qui protège, un marché du t ravail flexible avec des garanties, il est respectueux mais sévère avec son mentor Hollande, il prône une ubérisation sans le far-west, il rejette la colonisation en lui trouvant des vertus, il veut une médiation à Notre-Dame-des-Landes mais promet l’évacuation, il propose une action en Syrie mais avec l’onction de l’ONU, il est un jeune homme vert avec une femme mûre, il prévoit un gouvernement mi-politique mi-société civile, il veut une présidence simple mais pas normale et comme de juste en fin d’émission, il est approuvé par 50% des sondés (un très bon chiffre) dont la moitié vient de la droite et l’autre de la gauche.

Est-ce un handicap ? Dans le pays qui a inventé la partition droite-gauche, on pourrait le penser. Le ramollissement récent de sa cote sondagière va dans ce sens. Mais le centrisme est un vieux fantasme français. On a connu la Plaine à la Convention, les thermidoriens après Robespierre, le Consulat, «ni talon rouge, ni bonnet rouge», l’Empire libéral de Louis-Napoléon et d’Emile Ollivier, l’opportunisme républicain après 1870, les ministères de concentration, la troisième force sous la IVe, les majorités d’idées chères à Edgar Faure, le sourire de Lecanuet d’une oreille à l’autre, l’ailleurs de Michel Jobert, le centrisme révolutonnaire de Jean-François Kahn, l’obstination médiane de François Bayrou. Centre de gravité ou ventre mou ? Bonaparte ou Alain Poher ? Malgré quelques déconvenues récentes, Macron reste favori. Peut-il transformer l’essai ? Une chance sur deux… Article de Laurent Joffrin - Libération

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Nicolas Sarkozy s'exprime sur Facebook...

Au moment où prend fin un quinquennat marqué par l'échec économique, la perte d'autorité de l'Etat et l’affaiblissement de la France dans le monde, notre pays et l'Europe font face à des risques majeurs pour leur avenir. L’ampleur des défis qui nous attendent est considérable. Pour les relever, nous avons besoin d’un plan de redressement puissant, cohérent et juste qui apporte des solutions au décrochage de la France et aux angoisses de millions de nos concitoyens.

A l'occasion du premier tour de l'élection présidentielle, chaque voix comptera. Tout doit être mis en œuvre pour éviter aux Français de n’avoir le choix au second tour qu’entre deux aventures sans issue : celle d’une nouvelle illusion portée par un candidat dont la responsabilité dans les échecs économiques de l’actuel quinquennat est clairement établie ; l’autre alimentée par l’irresponsabilité et la démagogie qui conduirait à des conséquences catastrophiques pour le niveau de vie des Français et pour l’avenir de l’Europe.

Dans ce contexte, le rassemblement au service d’une alternance franche et crédible est un devoir pour chacun de ceux qui partagent nos valeurs. C’est la condition d’un retour de la confiance. Il n’y a plus de place pour les hésitations ou les états d’âme. François Fillon est le seul parmi les candidats à avoir l’expérience qui lui permettra d’incarner et de réussir l’alternance dont la France a tant besoin.

J'appelle donc tous les Français à se mobiliser pour la victoire des idées de la droite républicaine et du centre, les seules en mesure de permettre le redressement de la France.

Nicolas Sarkozy

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mercredi 5 avril 2017

Les six affrontements qui ont marqué un débat inédit

Par Elvire Camus, Adrien Pécout

Les onze prétendants à l’Elysée ont tous débattu mardi soir pour la première fois sur CNews et BFM-TV, un format jamais vu dans l’histoire politique française.

Exercice inédit dans l’histoire des élections françaises, le débat télévisé réunissant la totalité des onze candidats à la présidentielle avant le premier tour, a surtout été l’occasion pour les « petits » candidats d’apostropher les « grands », mardi 4 avril. Mais ce débat rythmé, parfois confus – onze participants obligent – a aussi été marqué par quelques passes d’armes.

Retour sur le débat entre Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), François Asselineau (Union populaire républicaine), Jacques Cheminade (Solidarité et progrès), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), François Fillon (Les Républicains), Benoît Hamon (Parti socialiste), Jean Lassalle (Résistons !), Marine Le Pen (Front national), Emmanuel Macron (En marche !), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), et Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste).

Travailleurs détachés : « Vérifiez votre vote ! »

Parmi les premiers sujets de controverse figure la question de la suppression ou non de la directive européenne sur les travailleurs détachés, qui remonte à 1996 et est censée contribuer au développement du marché intérieur de l’Union européenne (UE) en facilitant la circulation de la main-d’œuvre.

Nicolas Dupont-Aignan a annoncé vouloir supprimer cette directive dès le « premier jour de [son] élection », jugeant « inacceptable que des personnes viennent de Roumanie, de Pologne, d’Espagne et ne payent pas les charges sociales quand nos artisans, nos indépendants les payent ».

Le souverainiste a regretté qu’Emmanuel Macron soit « très clair » et veuille « maintenir » cette directive. Jean-Luc Mélenchon l’a alors interrompu pour montrer du doigt Marine Le Pen : « Vous vous êtes abstenue, vous », a-t-il lancé, alors que cette dernière secouait la tête : « Vous vérifiez votre vote, vous vous êtes abstenue (…), je vous le dis. »

Après l’intervention de M. Dupont-Aignan, Mme Le Pen a répondu n’avoir « évidemment pas voté » ce texte au Parlement européen, sans nier s’être abstenue. « Je ne veux pas de cette directive détachement, même si on respecte la loi, je la trouve profondément injuste parce qu’elle crée une priorité étrangère à l’emploi », a-t-elle développé.

Réplique de M. Mélenchon : « Il fallait voter contre ». « Je lui ai dit qu’elle s’était abstenue, elle en convient, tout me va », a-t-il ironisé.

Europe : « Si vous êtes si sûr de vous, vous pouvez consulter les Français »

Les travailleurs détachés n’ont pas été le seul point de friction entre les candidats sur la question de l’Europe. Nicolas Dupont-Aignan a notamment profité de la séquence pour attaquer François Fillon, à qui il tente de grignoter des électeurs de droite troublés par les affaires.

« Comment croire le premier ministre qui a bafoué le vote des Français en 2005, a fait voter le traité de Lisbonne par le Parlement ? Cela a été un viol du peuple. Comment vous croire alors que vous avez fait ça ? »
M. Fillon lui rétorque qu’en 2007, « il y a eu une élection présidentielle, les Français ont choisi », faisant allusion à l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. Mais M. Dupont-Aignan n’en a pas démordu : « Si vous êtes si sûr de vous, vous pouvez consulter les Français. En vérité, les gouvernements de Fillon et Hollande sont passés en force alors que les Français avaient dit qu’il fallait réorienter l’Union européenne. »

Terrorisme : « Je ne me servirais pas des attentats pour faire des amalgames »

Plus effacée lors du chapitre sur l’économie, Marine Le Pen s’est voulu virulente et sans nuances au sujet de la lutte contre le terrorisme. « La France est une université des djihadistes », a-t-elle lancé. La candidate d’extrême droite a reproché à François Fillon d’avoir « supprimé 54 000 militaires » lorsqu’il était premier ministre (2007-2012) :

« Le moins que l’on puisse dire c’est que vous n’êtes pas visionnaire, car chacun était capable de dire à l’époque que le terrorisme était un danger majeur. »
« Non, je ne réponds pas à Mme Le Pen », a asséné François Fillon. Le candidat du parti Les Républicains propose de juger les djihadistes partis en Syrie pour « intelligence avec l’ennemi ». Une proposition déjà formulée justement par Marine Le Pen par le passé, mais qui correspond mal à cette problématique. Cet article du code pénal ne s’applique pas aux djihadistes. Il est en effet destiné aux faits d’espionnage.

Sur le terrorisme, Nathalie Arthaud a voulu marquer sa différence avec M. Fillon et Mme Le Pen qui, selon elle, « creusent un fossé dans la population ».

« Je peux dire ce que je ne ferai pas : me saisir de chaque attentat, de chaque drame pour faire des amalgames entre terroristes, migrants, immigrés et musulmans, ce que vous faites en permanence, Marine Le Pen et François Fillon. »
Affaires : « Nous, on n’a pas d’immunité ouvrière »

Philippe Poutou a été le quatrième à prendre la parole pendant la séquence sur « l’exemplarité en politique ». Et le premier à faire directement référence aux affaires qui visent François Fillon et Marine Le Pen :

« Depuis janvier, c’est le régal. Fillon, que des histoires. Plus on fouille et plus on sent la corruption et la triche. (…) On a aussi Marine Le Pen, pareil, on pique dans les caisses publiques et le FN, qui est antisystème, ne s’emmerde pas car se protège grâce à l’immunité parlementaire, donc peinard. »
Marine Le Pen et François Fillon ont tous deux tenté d’interrompre le candidat du NPA, qui a fini par signer l’une des phrases les plus percutantes de ce débat :

« Nous, quand on est convoqué par la police, on n’a pas d’immunité ouvrière. L’antisystème, c’est de la foutaise. Le problème des politiques corrompus, c’est la professionnalisation de la politique. Les hommes politiques sont déconnectés, surpayés, c’est écœurant. »
« Nous, on pense qu’il faut limiter le salaire des politiques. (…) Ils auront peut-être envie d’augmenter le smic car ils seront directement concernés. Il faut arrêter le cumul de mandat, de carrière politique sur la durée. »
Une intervention ponctuée par des applaudissements nourris – les seuls en plus de 3 h 30 de débat – mais qui n’a pas empêché François Fillon de « refuser de répondre aux journalistes qui pendant deux mois ont fait [son] procès » sur les affaires et de filer une anaphore pour le moins inattendue : « Moi, président exemplaire. »

Fonction publique : « Les fonctionnaires tiennent le pays ! »

Quelle politique les candidats souhaitent-ils mettre en œuvre en matière de fonction publique ? La séquence a fourni à Benoît Hamon, jusque-là discret, l’occasion d’attaquer François Fillon en se démarquant franchement de sa proposition de supprimer 500 000 postes dans la fonction publique. « J’ai un désaccord total avec François Fillon sur la manière dont il voit l’avenir de notre pays », a lancé le candidat du PS.

« Lors de la crise financière, [les] fonctionnaires ont tenu le pays. Lorsqu’ils se lèvent le matin, ils ne se lèvent non pas comme des fonctionnaires mais comme des infirmières, des gendarmes,… Ce sont des hommes et femmes qui ont tenu le pays et on va leur demander des sacrifices en plus. (…) J’aime la fonction publique. »
François Fillon le coupe alors : « Vous l’aimez tellement que vous allez ruiner le pays. » De quoi relancer Benoît Hamon :

« Vous avez ruiné le pays et vous venez nous donner des leçons ? Il y a un vrai clivage sur ces questions. C’est là ou il faut mettre des moyens. Particulièrement en période de crise. Nous devons donner plus d’effectifs, revaloriser les carrières, plus de profs dans les écoles, de policiers… »
Laïcité : « Fichez-nous la paix avec la religion ! »

« Fichez-nous la paix avec la religion ! », a assené Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, lorsque celle-ci défendait l’installation de crèches en mairie. Interrogée sur ses propositions pour réformer les institutions, la candidate d’extrême droite a proposé d’inscrire dans la Constitution « le droit de défendre notre patrimoine culturel et historique ».

« Qu’est-ce que ça veut dire ? », a fait mine de s’interroger M. Mélenchon. Réponse de Mme Le Pen : « Ça veut dire que les crèches font partie de notre patrimoine culturel et historique. » Le candidat de La France insoumise a de nouveau répliqué par une question : « Vous voulez mettre des symboles religieux dans nos mairies ? C’est ça votre laïcité ? »

Allant dans le même sens que Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud a estimé que « la laïcité de Marine Le Pen » sert « en réalité à dénoncer l’islam, se mettre en travers d’autres pratiques religieuses ». Toujours selon la candidate d’extrême gauche, il s’agit pour le FN « d’avancer sur votre racisme, votre xénophobie. La laïcité sert de paravent ».

4 avril

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Laurence Haïm, de la Maison-Blanche à Emmanuel Macron

PORTRAIT - Après huit ans à la Maison-Blanche pour Canal+, Laurence Haïm écrit une nouvelle saison de sa vie comme porte-parole d'Emmanuel Macron.

"La dernière fois que vous avez pleuré, c'était quand?" En ce mois de juin 2015, Laurence Haïm, correspondante historique de Canal+ et d'iTélé aux Etats-Unis, tente une interview "à l'américaine" d'Emmanuel Macron, alors en visite de l'autre côté de l'Atlantique. Gros plan sur le jeune visage du ministre de l'Economie qui balaie la question sortez-vos-kleenex d'un plissement de fossettes. La nouvelle porte-parole du candidat Macron y répond volontiers : "La dernière fois que j'ai pleuré, c'est en quittant la maison où je passais mes week-ends, à Fire Island, près de New York." Celle que Barack Obama surnommait "The Frenchie" a pourtant dit adieu sans regret à ses roses et à ses colocataires américains du dimanche pour un CDD de quatre mois au sein de la start-up En marche! Comme Carrie Mathison, l'héroïne de sa série préférée, Homeland, Laurence Haïm est autant réputée pour ses humeurs en dents de requin (les squales la passionnent) que pour sa capacité à sauter à pieds joints dans une nouvelle vie plus trépidante.

"Aux Etats-Unis, elle a appris à être un outsider"

Après Laurence assistante de Christine Ockrent sur RTL, Laurence apprentie reporter télé auprès d'Hervé Chabalier à l'agence Capa, Laura (son surnom américain) correspondante de guerre missionnée par le célèbre journaliste de CBS Dan Rather, Laura embedded à la Maison-Blanche pour faire vivre en direct l'ère Obama, voici Laurence Haïm face aux micros pour Emmanuel Macron. "Lors de l'interview à New York, j'avais été frappée par son ambition. Il a une lumière dans les yeux." Attirée par cette flamme et forcée de chercher du travail après avoir été virée sans ménagement d'iTélé pour cause de soutien aux grévistes, elle s'invite le 23 décembre à 17 heures dans le bureau d'Emmanuel Macron. Celui-ci lui propose illico un job de porte-parole.

"C'est tout elle. Elle met le pied dans la porte. Aux Etats-Unis, elle a appris à être un outsider", admire Bernard Zekri. L'ancien directeur de la rédaction d'iTélé, aujourd'hui à Radio Nova, raconte volontiers les mille et une fois où celle qui n'était pas "la plus surdouée" de sa génération, mais certainement "la plus opiniâtre", l'a "bluffé". Faute de visa pour Bagdad au début de la guerre en mars 2003, elle campe sur une chaise dans l'ambassade d'Irak en Jordanie jusqu'à faire flancher un employé qui lui délivre le sésame. "Bagdad, sur le papier, elle n'avait rien à y faire, poursuit Zekri. Mais l'Histoire ne peut pas se dérouler sans qu'elle en soit le témoin."

«Laurence fait partie de ceux qui écrivent eux-mêmes leur propre histoire. D'ailleurs, on l'appelle Laurence H. Sa vie est comme une série»

Une fois passée la ligne de démarcation entre la presse et la communication, Laurence Haïm a essuyé les réactions sévères de plusieurs proches. "What the fuck?", l'a tancée une figure du petit écran quand ses copains américains la félicitaient de cette prise de risque. Pourtant journaliste dans l'âme, Bernard Zekri applaudit des deux mains : "Laurence fait partie de ceux qui écrivent eux-mêmes leur propre histoire. D'ailleurs, on l'appelle Laurence H. Sa vie est comme une série. Va-t-elle réussir à faire son trou chez Macron? A-t-elle choisi le bon canasson?"

Dans le premier épisode de cette nouvelle saison, début janvier, Laurence H. fait un saut à Washington. Femme sans enfants, aux amours non cohabitantes, elle liquide sa vie d'avant, à l'américaine, en quelques jours. Un exploit en pleine "guerre des déménageurs", qui a vu les 6.000 personnes de l'administration Obama faire leurs cartons à toute vitesse pour céder la place aux collaborateurs de Trump arrivant dans l'autre sens. Cette transhumance au couteau a fini de la persuader qu'il était grand temps de quitter une ville où, "comme disait Truman, pour avoir un ami il faut avoir un chien". Elle, avait pris un chat, Monday, avec lequel elle a emménagé dans un studio du 17e arrondissement de Paris.

Une quête d'absolu et d'excellence

Après plus de vingt ans aux Etats-Unis, Laurence Haïm ne reconnaît plus le pays de son enfance. "Je ne pensais pas qu'il était si écorché. En colère, gagné par l'anxiété." La potion libérale et pro-européenne concoctée par le leader d'En marche! constituera-t-elle un antidote à cette crise? Elle veut le croire comme elle croit à ces valeurs.

Ce vendredi 17 mars, à trois jours de la confrontation à cinq candidats, la porte-parole distillait de vraies-fausses confidences d'avant-match à BFMTV. "François Bayrou lui a recommandé de faire la sieste, Emmanuel Macron entend ce que François Bayrou lui a dit. Il arrivera reposé et prêt pour ce débat." Sourire complice à la caméra, enthousiasme communicatif. Oubliés les débuts hésitants dans C à Vous sur France 5, l'ex-caméléon de l'info apprivoise son nouveau terrain de jeu. D'interviews en séances de brainstorming, de déplacements de campagne officiels en escapades buissonnières aux côtés des "vraies gens", Laurence Haïm assure retrouver "la dynamique, le goût pour la réflexion et la bienveillance" de la première campagne d'Obama.

«Je ne sais pas mentir. C'est culturel : en Amérique, le mensonge est criminel»

Mardi 14 mars au QG d'En marche!, le député européen et ancien patron de Radio France, Jean-Marie Cavada, centriste converti au macronisme, la félicite en la croisant dans un couloir. "Ce n'est pas facile de franchir la barrière, je suis bien placé pour le savoir. Tu t'en sors bien. Les journalistes me disent que tu es toujours très agréable avec eux." Les consoeurs ou rédacteurs en chef qui ont connu ses colères homériques en concluront qu'elle a enfin appris, à 50 ans et après avoir perdu ses parents, à gérer ses frustrations. Ses amis – ils la décrivent généreuse et enjouée – pensent plutôt qu'elle a trouvé une place à sa mesure après de longs mois de doutes.

Mais sa nature franche et directe, confortée par vingt ans de journalisme sans complaisance à l'anglo-saxonne, s'accommodera-t-elle du langage encagé produit par les communicants? "J'essaie de retranscrire le message le plus honnêtement possible, insiste-t-elle. Je ne sais pas mentir. C'est culturel : en Amérique, le mensonge est criminel."

Il y a des années, son amie Alexandra Boulat lui avait lancé dans un clin d'œil : "Qu'est-ce qu'on va faire quand on sera grandes?" La photojournaliste est morte quelque temps plus tard, en 2007, avant d'avoir pu vieillir. Laurence Haïm a choisi de ne jamais renoncer à sa quête d'absolu et d'excellence. Ses proches, à qui elle avait prédit la première victoire d'Obama puis celle de Trump, l'imaginent déjà sous les ors de l'Elysée. Elle jure que si l'aventure d'En marche! s'arrête, elle pourrait aller vivre auprès des singes au Costa Rica. Après la politique, une autre jungle.

Anne-Laure Barret - Le Journal du Dimanche

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samedi 1 avril 2017

1er avril...

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vendredi 31 mars 2017

Jean Luc Mélenchon

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mercredi 29 mars 2017

Affaire Fillon : soupçons d’emplois fictifs - Penelope Fillon mise en examen

L’épouse du candidat de la droite était convoquée par les juges d’instruction mardi. Elle a été mise en examen, notamment pour « complicité et recel de détournement de fonds publics ».

Après François Fillon, c’est au tour de son épouse, Penelope, d’être mise en examen, mardi 28 mars, par les juges d’instruction pour « complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de bien sociaux et recel d’escroquerie aggravée ».

« Les magistrats instructeurs ont décidé de mettre en examen Penelope Fillon, dans la logique d’une enquête et d’une instruction conduites exclusivement à charge, au mépris de la séparation des pouvoirs et de la présomption d’innocence, dans des délais de rapidité hors norme. Lorsque cette affaire sera examinée dans la sérénité et le respect des principes de droit, je maintiens que l’innocence de Penelope et de François Fillon sera reconnue », s’est insurgé l’avocat de Mme Fillon, Me Pierre Cornut-Gentille, dans un communiqué diffusé par l’équipe du candidat à la présidentielle.

Les magistrats, saisis par le parquet national financier à la fin de février, ont cherché à savoir si Mme Fillon avait bien travaillé lorsqu’elle était employée par son époux, puis par le suppléant de ce dernier, Marc Joulaud, comme assistante parlementaire entre 1986 et 2013. Ce dernier a d’ailleurs également été mis en examen vendredi.

Lors de son audition par la police judiciaire, Penelope Fillon a détaillé son activité auprès de son époux : « Je lui préparais des fiches », « il m’arrivait de le représenter » dans des manifestations culturelles, a-t-elle entre autres affirmé, selon des informations du Monde.

Soupçons d’emploi fictif à « La Revue des deux mondes »

Le Journal du dimanche a également publié, dimanche, son système de défense dans les locaux du groupe d’intervention régional à Versailles. Sur l’emploi auprès de son mari, elle affirme qu’elle s’occupait du « courrier arrivant à [notre] domicile », des « demandes d’administrés, problèmes personnels de gens en difficulté, sollicitations diverses ». Elle aurait également rédigé des « fiches et des mémos » pour M. Fillon concernant des manifestations locales.

Des soupçons d’emploi fictif pèsent également sur ses missions au sein de La Revue des deux mondes entre mai 2012 et décembre 2013. Pour Michel Crépu, qui dirigeait à l’époque la revue littéraire, l’épouse de François Fillon « a bien signé deux ou peut-être trois notes de lecture », mais « à aucun moment (…) je n’ai eu la moindre trace de ce qui pourrait ressembler à un travail de conseiller littéraire ». Selon le propriétaire de la revue et proche de M. Fillon, Marc Ladreit de Lacharrière, l’épouse de l’ancien premier ministre avait également un rôle de conseillère auprès de lui.

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mardi 28 mars 2017

AVANT-APRES : après le slogan, Fillon change son affiche de campagne

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