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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mardi 28 mars 2017

Sondages diaboliques par Laurent Joffrin - Libération

Les experts – qui ne se trompent jamais… – en sont sûrs : un mois avant le scrutin du premier tour, vient le temps de la cristallisation. Les convictions s’affirment, les choix se stabilisent, les préférences s’arrêtent. C’est en tout cas ce qui s’est passé lors des deux dernières présidentielles. Un mois avant le scrutin de 2007, il était clair que le duel final opposerait Sarkozy et Royal, avec une victoire finale pour Sarkozy.

Un mois avant celui de 2012, Sarkozy et Hollande tenaient la corde, et Hollande devait l’emporter au second tour. Toutes prévisions qui se sont vérifiées dans les urnes. Si l’on reproduit le schéma en 2017, Macron et Le Pen sont donc au deuxième tour et Macron gagne haut la main. L’ennui, c’est que cette fois la cristallisation est fragile… comme le cristal.

Dans la plupart des enquêtes, c’est un fait que Macron et Le Pen sont autour de 25%, Fillon au-dessous de 20% et les deux candidats de gauche entre 10 et 14%. Pliée, la présidentielle ? C’est là que le sol peut se dérober sous les pieds du commentateur paresseux. Dans un sondage des Echos, par exemple, Macron est à 24% et Fillon à 20%. Malgré les coups de boutoir des affaires, le candidat LR réunit toujours un cinquième des intentions de vote, perinde ac cadaver.

L’électorat de droite est donc toujours là, souvent furieux contre son champion, certes, mais aussi terrorisé à l’idée que Macron, ce bébé Hollande, puisse l’emporter. Quatre points d’écart : en un mois d’une campagne au canon, Fillon peut revenir. D’autant que Macron est celui qui compte le plus d’indécis dans son magot d’intentions de vote. Deux ou trois gaffes, une fatigue de fin de campagne, un débat raté et le candidat d’En marche se retrouve… en marche arrière.

On dira que la mécanique du vote utile joue comme une assurance pour Macron. Si Fillon menace de se rétablir, on peut penser qu’une partie des électeurs de gauche, inquiets d’un deuxième tour droite-extrême-droite, voleront à son secours. Peut-être. Mais peut-être pas, surtout si Hamon et Mélenchon le pilonnent sur le thème du social-libéralisme honni. La cristallisation est donc incertaine. Et avec le cristal, on fait des boules. Leur fiabilité est bien connue. Laurent Joffrin

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40% des Français prêts à voter blanc

Les Français ne sont pas satisfaits de l'offre politique et souhaitent le faire savoir. Selon un sondage réalisé par Ipsos pour le think tank Synopia et dévoilé ce matin par L'Opinion, 40% des électeurs seraient prêts à voter blanc si celui-ci était reconnu. Ils étaient seulement 26% en 2014. "Aujourd'hui, une pétition en faveur du vote blanc a déjà recueilli 230 000 signatures, c'est la première fois qu'une telle démarche a autant de succès", explique au quotidien Olivier Durand, de l'Association pour la reconnaissance du vote blanc.

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La présidentielle sur un coup de dés

Par Gérard Courtois, éditorialiste - Le Monde

On vote souvent contre ou par défaut. Et cette mécanique menace d’être plus puissante que jamais cette année, estime notre éditorialiste Gérard Courtois, dans sa chronique hebdomadaire.

Sans doute faudra-t-il se faire une raison. Constater qu’aucun des candidats ne parvient jusqu’à présent à présenter un projet assez mobilisateur ni à imposer un thème assez saillant pour cristalliser le débat national. Et admettre, par conséquent, que l’élection présidentielle risque de se jouer sur un coup de dés, ou plus exactement sur des millions de coups de dés, lancés par des électeurs déboussolés au terme d’une campagne aussi nébuleuse qu’indigente.

Cette part d’indécision et de hasard n’abolit pas, pour autant, toute logique électorale. Comme toujours, il entrera dans le choix des Français une bonne dose de rejet. L’on vote bien souvent contre ou par défaut plutôt que pour et par conviction. Au train où l’on va, cette mécanique menace d’être plus puissante que jamais.

A gauche, les uns voteront en priorité pour faire barrage à Marine Le Pen et à son projet nationaliste et dangereusement protectionniste, tandis que les autres voudront d’abord écarter François Fillon et sanctionner son comportement personnel plus encore que la médecine de cheval qu’il propose au pays. A droite, peu se soucient du socialiste Benoît Hamon de plus en plus évanescent et de l’insoumis Jean-Luc Mélenchon de plus en plus entreprenant ; cette bagarre-là, à leurs yeux, est l’affaire de la gauche. En revanche, beaucoup voudront tenter de stopper l’OPA tous azimuts lancée par Emmanuel Macron, en qui ils voient un trop habile suppôt du hollandisme honni.

Quatre personnalités rivalisent

Comme toujours, également, la personnalité des candidats pèsera dans le choix final. L’ancien premier ministre Edouard Balladur nous faisait remarquer récemment qu’il serait temps de renoncer à l’adage selon lequel la présidentielle est « la rencontre entre un homme et un peuple », puisqu’aucun des successeurs du général de Gaulle ne parvint réellement à incarner cette dimension de la fonction. Il n’empêche, il s’agit bien de choisir un homme ou une femme pour ses mérites supposés.

Quoi qu’on pense de leur projet, ils sont quatre, sur ce terrain, à pouvoir rivaliser. En posant au « combattant balafré » et en faisant feu de tout bois pour tenter d’occulter les affaires qui l’accablent, François Fillon veut croire que les Français lui reconnaîtront une exceptionnelle capacité de résistance à l’épreuve. Pugnace jusqu’à la brutalité, sûre d’elle-même jusqu’à l’arrogance, Marine Le Pen n’en dégage pas moins une indéniable force de conviction capable d’entraîner ceux que la politique a fini par écœurer ou révulser. Jean-Luc Mélenchon a su ajouter la truculence à l’imprécation, les bons mots aux grandes envolées et c’est un atout que de mettre les rieurs de son côté. Par son audace transgressive, son optimisme assumé, sa jeunesse même, Emmanuel Macron démontre depuis des mois sa capacité de séduction. Pardon enfin pour Benoît Hamon, mais en dépit de sa bonne foi, il paraît un peu perdu sur ce ring.

Une élection, pourtant, ne saurait se réduire à des choix négatifs ou épidermiques, à un concours de rejet ou de beauté. Même en l’absence de controverse majeure, elle se solde toujours par un arbitrage des Français entre leurs inquiétudes et leurs attentes. Le scrutin de 2002 est, à cet égard, très instructif. Comme aujourd’hui, la campagne avait été, cette année-là, médiocre et confuse. Le président sortant de l’époque, Jacques Chirac, et le premier ministre sortant, Lionel Jospin, enfermés dans leur détestation réciproque après cinq ans de cohabitation, n’avaient pas su élever le débat.

Probité, sécurité, nouveauté

Les électeurs n’en avaient pas moins tranché, au bout du compte, en fonction de trois préoccupations qui résonnent singulièrement quinze ans plus tard. D’abord la probité. Jacques Chirac était alors harcelé par des affaires de financement politique et d’abus de biens sociaux plus encore que ne l’est François Fillon : les caisses de la Mairie de Paris alimentaient allègrement celles de son parti, le RPR, ses frais de voyages personnels ou ses frais de bouche défrayaient méchamment la chronique. C’est au point que l’austère Jospin crut possible de le disqualifier sur ce seul slogan vertueux : « Présider autrement ». L’on sait que cela ne suffit point. Voilà qui peut laisser quelque espoir à l’actuel candidat des Républicains.

Ensuite la sécurité. Car Chirac avait trouvé la parade. Sans relâche ni vergogne, pendant des mois, il avait dénoncé le supposé laxisme du gouvernement socialiste face à la délinquance et attisé toutes les peurs du moment. Or on sait que les questions liées à l’insécurité restent une inquiétude multiforme qui taraude les Français : pour plus de 80 % d’entre eux (à égalité avec le chômage, le pouvoir d’achat ou l’avenir de la protection sociale), le terrorisme et la criminalité sont aujourd’hui des sujets de préoccupation majeurs – et des thèmes de prédilection de la candidate du Front national.

Enfin la nouveauté. Déjà lassés de la succession au pouvoir des mêmes hommes et des mêmes partis, les électeurs avaient cherché fortune ailleurs, du côté de Jean-Pierre Chevènement, puis des trotskistes Arlette Laguiller et Olivier Besancenot ou encore de l’écologiste Noël Mamère et la radicale Christiane Taubira, avant de qualifier, le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen pour le second tour. Au total, les deux candidats du PS et du RPR n’avaient totalisé que 35 % des voix. Leurs héritiers actuels (Fillon et Hamon) sont crédités de moins de 30 % des intentions de vote et menacés d’être tous deux écartés du second tour par un coup de balai sans précédent.

Ajoutons que, perplexes et désabusés, bon nombre de Français ne firent leur choix – et la différence – que dans les dernières semaines et même les tout derniers jours avant le premier tour de 2002. C’est, à l’évidence, ce qui nous attend cette année. Et comme chacun sait, quand l’histoire se répète, il arrive que ce soit en ricanant.

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lundi 27 mars 2017

«Avec Fillon, on assiste à l’exhibition d’un orgueil» Chrisine Angot

Trois jours après son passage mouvementé dans «l’Emission politique», sur France 2, où elle faisait face au candidat LR, Christine Angot a accepté de recevoir «Libération» chez elle pour refaire le match.

«Avec Fillon, on assiste à l’exhibition d’un orgueil»

Par Alexandra Schwartzbrod — 26 mars 2017 à 19:06

Trois jours après son passage mouvementé dans «l’Emission politique», sur France 2, où elle faisait face au candidat LR, Christine Angot a accepté de recevoir «Libération» chez elle pour refaire le match.

 «Avec Fillon, on assiste à l’exhibition d’un orgueil»

Au lendemain du face-à-face houleux sur France 2 entre François Fillon et la romancière Christine Angot, nous avons sollicité celle qui est aussi chroniqueuse à Libération. Elle nous a rappelée samedi puis reçue chez elle dimanche matin, dans un appartement du Nord parisien baigné de soleil. Vêtue de noir, son fameux bracelet au poignet (lire ci-contre), elle semblait sûre d’elle, considérant comme «dingue» l’accusation portée contre elle par beaucoup d’avoir involontairement renforcé le candidat LR. Est-ce un hasard si, non loin du canapé où nous prenons place, traîne un exemplaire de la Nausée de Jean-Paul Sartre ?

Avez-vous proposé à France 2 d’intervenir ?

Non, jamais je n’aurais proposé un truc pareil. France 2 a téléphoné à un ami, une semaine avant l’émission. Ma première réaction a été de dire non. Ça me paraissait trop dur, mais en même temps j’avais envie d’accepter car je savais que je serais à la fois seule et pas seule. Un écrivain, c’est toujours une expression par lui-même, et en même temps on sait qu’on n’est pas seul. Je ne réfléchis jamais sur le moment. Je réfléchis après. Sinon je ne le fais pas. Mon texte était écrit à la virgule près. Les trois premières phrases me sont venues au dernier moment.

Vous aviez déjà croisé François Fillon ?

Non, jamais.

Vous ne regrettez pas d’y être allée ?

Non. Dans ce que j’ai dit, je n’ai rien inventé. C’est ce que les gens ressentent, je le sais. Je voulais mettre des mots sur un état d’esprit. En revanche, je n’ai aucun sens de la repartie. Et j’avais face à moi un professionnel du débat. Le débat, c’est une prise de pouvoir, par la rhétorique, de l’un sur l’autre, une partie de tennis où tout ce qui compte, c’est de marquer des points. Quand il a dit «je constate que vous n’avez pas rendu le bracelet», j’aurais dû répondre «oui, mais je n’ai pas rendu le service» qu’on attendait de moi en échange.

L’équipe de France 2 avait-elle lu le texte ?

Non, personne. Je l’avais juste fait lire à mon compagnon et à un ami.

Vous n’aviez pas envisagé que Fillon ait envie de réagir ?

Si on commence à se concentrer sur ce que va faire l’autre, on ne fait plus ce qu’on a à faire. Dans la première version de mon texte, je rapportais des propos entendus dans le métro qui étaient très drôles mais pas tendres pour Fillon. Je les ai enlevés parce que justement ç’aurait été ironique et blessant. J’aurais eu les rieurs de mon côté, je ne voulais pas ça.

On vous a reproché d’être agressive…

Moi, agressive ? Ce qui était violent était la situation que je décrivais ! Pas moi. Allez voir les gens quand ils sont devant leur télé ! Ecoutez-les ! J’ai juste fait en sorte que ce qu’on prend pour du silence ne soit pas du vide. Alors que lui, Fillon, quand il est poussé vers son vide, il ne dit rien, il renverse la situation. Quand il est accusé, il accuse Hollande. Il rend les costumes, et hop c’est effacé. Alors beaucoup de gens ont l’impression d’être pris pour des imbéciles. Marine Le Pen s’appuie sur ce sentiment.

Vous avez évoqué le symbole de la Revue des deux mondes…

Cette revue porte bien son nom. Il y a bien deux mondes, oui, et une grande fracture au milieu en ce moment, comme en Espagne au moment de Franco ou en Allemagne juste avant le plébiscite de Hitler. Pas une fracture gauche-droite, bobos-pas bobos, capital culturel ou pas. Bien sûr qu’un groupe déteste l’autre et réciproquement. On n’arrive plus à parler ensemble. Mais le problème, c’est que l’un de ces mondes refuse le réel, au nom d’un passé rêvé, et souhaite dominer et abolir ce réel en abolissant la parole de l’autre et ce qu’il vit. Il y a quelques années, ces deux mondes pouvaient se parler. Aujourd’hui, c’est fini.

La réaction du public vous a déstabilisée ?

Quand j’ai entendu quelqu’un crier «c’est une honte !», j’ai pensé «ils sont gonflés, elle est de mon côté, la honte ?» Fillon dit «vous me condamnez», je ne le condamne pas, je dis ce qu’on est des millions à ressentir, c’est tout. Combien de messages j’ai reçus qui me disent «vous avez parlé pour nous», et qui ne viennent pas seulement d’artistes, loin de là.

Vous vous êtes quand même énervée à la fin…

Non, je ne me suis pas énervée. Bien sûr que Fillon a le droit à la présomption d’innocence. Mais les journalistes ont le droit d’enquêter et les gens ont le droit de penser. Même si ça le dérange. Ceux qui prétendent que la justice est manipulée, ou que les journalistes sont malhonnêtes, très bien, mais ils ne peuvent pas entrer dans nos têtes. Vu la violence que j’ai reçue ce soir-là sur le plateau, non, je ne me suis pas énervée. Je n’ai pas dit qu’il était malhonnête, j’ai dit que sa parole l’était. On voit, on entend quand ça sonne faux.

Cet argument ne tient pas au plan juridique…

Non, bien sûr. Mais le plan juridique n’empêche pas les gens d’être sensibles à ce qu’ils voient, ils ont cinq sens. Je ne reproche rien à personne, j’ai juste une sensibilité. Avec Fillon, on assiste à l’exhibition d’un orgueil, c’est ça qu’on voit. Il parle d’un homme qui s’est suicidé en vrai, Bérégovoy, pour se protéger lui. Bien sûr que c’est légal de dire ça, mais c’est indécent. C’est pourquoi on ne peut pas parler avec quelqu’un comme ça. Il dit «je suis blessé», c’est nous qui sommes blessés !

Cela fait un moment que vous vous frottez au politique…

En 2012, Télérama m’avait proposé de faire le portrait de Marine Le Pen, j’avais un trac dingue. Puis je l’ai fait. Ce qui m’intéresse, c’est d’essayer de montrer la personne. Ensuite, le Point m’a appelée pour refaire un portrait d’elle, je n’ai pas voulu. Ils m’ont proposé de suivre Hollande. C’était au moment du Bourget. Je n’ai pas les compétences des journalistes politiques qui suivent ces gens-là depuis des années. L’an dernier, j’ai fait un portrait de Sarkozy pour Libé, puis de Bruno Le Maire pour l’Obs. Et j’aime bien, avant, être en contact avec le journaliste qui suit le politique en question. J’aime énormément, car c’est la rencontre de deux manières de faire. Ces journalistes ont été très généreux avec moi, ils ont la passion de ce qu’ils voient, du fait. Alors que ma passion, ce n’est pas exactement ça. Moi, ma passion, c’est «comment dire ce qui est». Et «ce qui est», ça ne s’arrête pas aux faits. C’est ce que l’on perçoit d’une personne dans l’ensemble, son affectivité par exemple, mais sans explication psychologique, sans surplomb, le lien que la personne politique crée avec nous, comment on peut décrire ce lien. Les politiques, ça les intéresse le lien. Ils ne s’en foutent pas de nous. Quand Hollande dit «j’aime les gens», je suis sûre que c’est vrai. Sarkozy aussi. Marine Le Pen, elle aime les gens mais pas tous. Elle aime ceux du Front national, vraiment. Les autres non. Elle les drague, c’est pas pareil.

Vous ne regrettez pas non plus votre dernière phrase concernant France 2 ?

Les journalistes sont très polis, attentifs à ménager les uns et les autres pour préserver l’objectivité, ou son apparence. Pujadas a posé des questions claires ce soir-là. Mais quand les réponses indécentes arrivent, un journaliste ne peut pas dire «c’est dégoûtant». Contrairement à ce que disent les politiques, les journalistes ne disent pas ce qu’ils ressentent, voilà ce que j’ai voulu dire. Moi, dans cette affaire, j’avais quoi à gagner à part des coups ? J’ai refusé qu’on affiche la couverture de mon dernier livre comme France 2 le proposait, car le sujet n’était pas là, je croyais à ce que je faisais, c’est tout. C’est mon travail de traduire un sentiment collectif, et je crois que ça a soulagé des gens. Si tu sens que ce que tu dis est légitime, il n’y a pas besoin de courage.

Alexandra Schwartzbrod - Libération

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Christine Angot

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dimanche 26 mars 2017

Affaire Fillon - Ce que contient le livre « Bienvenue Place Beauvau », cité par Fillon

Par Franck Johannès

L’ouvrage, évoqué par le candidat jeudi pour dénoncer un « scandale d’Etat », met en lien des événements souvent déjà connus, pour construire une machine à soupçons.

Le livre Bienvenue Place Beauvau, police : les secrets inavouables d’un quinquennat, d’Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé (Robert Laffont, 246 pages, 19,50 euros) s’inscrit dans la lignée d’un précédent ouvrage des trois mêmes auteurs, chez le même éditeur, L’espion du Président : au cœur de la police politique de Sarkozy (2012), dont il reprend d’ailleurs plusieurs passages.

Les auteurs – deux d’entre eux travaillent au Canard enchaîné, Olivia Recasens est journaliste indépendante –, mettent systématiquement en lien des événements, souvent déjà connus, pour construire une machine à soupçons, qui n’est jamais très loin des théories conspirationnistes et qui fait douter qu’il puisse exister un seul policier républicain.

Le livre a naturellement plu à l’hebdomadaire Valeurs actuelles, qui en a fait sa « une », jeudi 23 mars, et en a publié « les bonnes feuilles », sans doute une première pour Le Canard enchaîné.

François Hollande a-t-il mis en place un cabinet noir ?

« Le retour aux affaires de ces [policiers] chiraquiens [par François Hollande] nourrit bien évidemment le soupçon sarkozyste de l’existence d’un cabinet noir, relèvent les auteurs. Il n’est pas possible d’en apporter la preuve formelle. Comme il n’est pas possible de prouver le contraire ! Mais l’addition d’indices troubles et de témoignages étonnants interroge. Plusieurs observateurs bien placés dans l’appareil policier nous ont ainsi décrit par le menu l’existence d’une structure clandestine, aux ramifications complexes, et dont le rayon d’action ne serait pas cantonné au seul renseignement territorial. »

La plupart des citations de policiers sont anonymes et très accusatoires, les rares fonctionnaires à être cités nommément se contentent de propos anodins, d’autres, et le moyen est très discutable, pensaient qu’ils participaient à un déjeuner informel et se retrouvent cités avec la mention « entretien avec l’auteur ». C’était déjà le cas pour l’ouvrage précédent, consacré au chef du contre-espionnage, Bernard Squarcini, enregistré à son insu.

Le poids du ministère de l’intérieur

Les auteurs relèvent avec raison que le ministère de l’intérieur est au cœur de l’appareil d’Etat, « la présidentielle se joue à l’intérieur », notent les journalistes, et nombre d’« anciens premiers flics de France » se sont « tous servis du tremplin de la place Beauvau pour atterrir sur le trottoir d’en face, à l’Elysée ». Le livre a été écrit avant les mésaventures de Bruno Le Roux.

Les auteurs s’attachent dans un premier chapitre à expliquer comment la gauche au pouvoir a recruté des policiers pour « désarkozyser » le ministère de l’intérieur.

Les policiers rendent évidemment compte à leur hiérarchie, et donc au ministre, mais les mécanismes sont moins sommaires que ne l’expose le livre, qui évoque une police tenue en laisse. Le directeur des affaires criminelles et des grâces à la chancellerie est accusé de faire remonter toutes les affaires sensibles au président parce qu’il « a partagé la même chambrée que François Hollande et Michel Sapin lors de leur service militaire ».

Les amis de Manuel Valls

« Sarkozy, je le surveille, je sais tout ce qu’il fait », aurait dit François Hollande devant dix-neuf députés socialistes en février 2014, dont pas un n’est cité.

Le chapitre suivant assure que le président faisait surveiller Manuel Valls « pour brider les ambitions de son premier ministre ». Pour preuve, le chef de cabinet de Valls a été photographié avec le patron d’un cercle de jeux. Mais c’est aussitôt pour expliquer que ce patron était suivi depuis trois ans par les douanes.

L’ouvrage s’attarde sur deux amis bien connus de l’ancien chef du gouvernement – Alain Bauer, insubmersible conseiller police sous tous les quinquennats et ancien grand maître du Grand Orient de France (« le Raspoutine de l’intérieur », pour les auteurs), et Stéphane Fouks, vice-président d’Havas. Leurs relations ont été racontées à de très nombreuses reprises dans la presse.

La police des polices

Un chapitre entier est ensuite consacré à l’ascension du général de gendarmerie Denis Favier : François Mitterrand avait une confiance telle dans la gendarmerie qu’il avait monté une cellule semi-clandestine à l’origine de nombre de scandales ; Nicolas Sarkozy avait au contraire privilégié les policiers. Avec François Hollande, la gendarmerie a pris sa revanche, dans l’éternelle guerre police-gendarmerie.

Parmi « les secrets inavouables » mais déjà publiés du quinquennat, figure en bonne place l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), présentée comme « une machine de guerre », qui a fait le ménage chez les fonctionnaires les plus douteux.

Les lecteurs familiers des affaires de police n’apprendront rien, pas plus que dans le chapitre consacré à la séculaire rivalité entre la préfecture de police de Paris et la place Beauvau. Les auteurs égrènent les affaires qui ont valu aux policiers de premier rang d’être écartés, de la Pasqua connection aux affaires de stupéfiants

L’autre espion du président

Autre passage obligé, les rivalités entre la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), mise en place par Nicolas Sarkozy, et la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), dont le patron, le diplomate Bernard Bajolet, est effectivement un proche du président et ne s’en est jamais caché.

Que François Hollande choisisse, en ces périodes de terrorisme, un homme en qui il a entièrement confiance pour diriger les services secrets est-il tellement scandaleux ? Même s’il a fallu discrètement prolonger son mandat.

Le dernier chapitre est consacré au Front national, sachant qu’un policier sur deux a voté pour Marine Le Pen en 2012. Les auteurs assurent que le préfet Christian Lambert, qui a débuté comme gardien de la paix avant de diriger le RAID – l’unité d’intervention de la police nationale – et de gravir tous les échelons – Nicolas Sarkozy l’avait pris en affection –, aurait proposé ses services au parti frontiste, par l’intermédiaire du député du Gard Gilbert Collard.

Le passage illustre à merveille les ambiguïtés du livre : « Cette rencontre nous a été racontée par plusieurs témoins. Christian Lambert ne nous l’a pas confirmée. En revanche, lorsque nous avons interrogé Gilbert Collard à ce propos, il nous a répondu : “Vous êtes bien renseignés. Mais vous comprendrez que je ne peux vous confirmer cette information. Ni l’infirmer.” »

Franck Johannès

Affaire Fillon : mise en examen et colère présidentielle François Hollande a de nouveau réagi, vendredi matin 24 mars, aux accusations de François Fillon, qui avait affirmé la veille sur France 2 que les fuites concernant ses déboires judiciaires émanaient d’un « cabinet noir » à l’Elysée. « Je ne veux pas rentrer dans le débat électoral, je ne suis pas candidat, mais il y a une dignité, une responsabilité à respecter. Je pense que M. Fillon est au-delà maintenant, ou en-deçà », a déclaré le chef de l’Etat sur France Info. « Vous savez ma position, ça a toujours été l’indépendance de la justice, le respect de la présomption d’innocence et ne jamais interférer », a-t-il assuré, ajoutant : « Je crois que c’est très différent de mes prédécesseurs. » Par ailleurs, l’ex-suppléant de François Fillon à l’Assemblée nationale, Marc Joulaud, a été à son tour mis en examen, vendredi, pour « détournement de fonds publics en lien avec un emploi fictif ou surévalué ». L’actuel maire LR de Sablé-sur-Sarthe avait succédé à l’Assemblée nationale à M. Fillon comme député de la Sarthe. Il avait salarié l’épouse de ce dernier comme assistante parlementaire de 2002 à 2007.

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vendredi 24 mars 2017

Bal tragique sur le plateau de l'Emission politique

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Baroin, le dernier atout de Fillon

Droite Le maire de Troyes, assez discret jusque-là, va monter en puissance auprès du candidat en difficulté, qui compte « faire équipe » avec lui. En lui offrant Matignon ?

Par  Olivier Beaumont

« François Fillon sera le meilleur président de la République, et le meilleur Premier ministre, ce sera François Baroin ! » La phrase est lâchée vendredi dernier par Eric Ciotti, en réunion publique à Cannes (Alpes-Maritimes), à laquelle assiste justement François Baroin. Depuis des semaines, l’ancien ministre de l’Economie est pressenti pour composer le ticket Elysée-Matignon en cas de victoire de la droite à la présidentielle.

Un secret de polichinelle, jamais officialisé, mais déjà installé dans la tête de Fillon qui ne tarit pas d’éloge sur celui qui figurait juste derrière lui lundi soir — et ce n’est pas un hasard —, lors du débat télévisé : « Ce qui nous rapproche avec François Baroin, c’est une estime réciproque, confie-t-il à notre journal. Nous avons la République et l’intérêt national pour causes communes. Le fond et pas les paillettes, des convictions et pas des postures. Le mariage de l’idéal gaulliste et de l’enracinement local. »

Il y a quelques semaines, à une députée qui lui demandait ses intentions sur son casting gouvernemental, l’ancien Premier ministre a été on ne peut plus clair : « Je vais faire équipe avec Baroin. » Entre les deux, tout s’est joué au plus fort de la crise du Penelopegate, lorsque le candidat à la présidentielle a commencé par être lâché début mars par ses soutiens. « Baroin avait bien pensé être le plan B en cas de retrait de Fillon. C’était le fameux week-end du Trocadéro. Mais il y avait les soutiens de Juppé qui poussaient ce dernier à y aller. Et il a surtout vite compris que, de toute façon, Fillon ne se retirerait pas. Alors autant placer ses pions pour Matignon… » raconte un parlementaire LR. « Baroin a plusieurs avantages : il a l’expérience de gros ministères, il peut rassembler la famille, il représente les territoires avec sa casquette de président de l’AMF (Association des maires de France) et — ça n’est pas rien — il est soutenu par tous les sarkozystes », décrypte de son côté un stratège LR. Surtout, avec sa casquette de modéré, il pourrait élargir le spectre électoral de Fillon dans cette campagne, dont la base s’est nettement droitisée.

Un soutien bientôt davantage affiché

Ces derniers jours, le principal intéressé est cependant resté bien discret, à l’exception de réunions publiques qu’il anime une à deux fois par semaine pour soutenir la candidature de Fillon, comme hier soir à Montargis (Loiret). « Il est aussi tenu par son agenda personnel et ses responsabilités de président de l’Association des maires de France », explique son entourage, alors même que tous les candidats à l’élection présidentielle doivent justement défiler aujourd’hui à la Maison de la radio, pour leur grand oral devant l’AMF.

« Jusqu’à ce mercredi, c’était compliqué pour lui de trop s’exposer. Il est quand même tenu à une certaine réserve due à ses fonctions. Mais passé ce rendez-vous, il devrait être nettement plus visible jusqu’à l’élection », fait-on savoir, alors qu’il vient d’hériter dans l’organigramme de la fonction clé du « rassemblement politique » dans la campagne.

Reste à savoir si le candidat officialisera de manière formelle cet attelage dans les prochains jours. « Ça, il n’y a que Fillon qui le sait. Et encore… En tout cas, lui et Baroin se parlent et se voient tous les jours en ce moment », insiste un cadre filloniste.

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mercredi 22 mars 2017

François Fillon supprime le mot «vérité» de son slogan de campagne et suscite les moqueries sur Twitter

PRESIDENTIELLE Le candidat Les Républicains a décidé de remplacer son slogan: «Le courage de la vérité» par: «Une volonté par la France», ce qui fait bien rire les internautes…

Au revoir « courage » et « vérité ». À un mois du premier tour de l’élection présidentielle, François Fillon a décidé de changer son slogan de campagne. Ce dimanche 19 mars, il a annoncé dans un tweet que son slogan était « "Une volonté pour la France" : volonté de retrouver le plein emploi, de protéger les Français, de rendre sa grandeur à la France ». Exit donc son précédent slogan utilisé lors de sa campagne pour la primaire de la droite et du centre : « Le courage de la vérité ». Évidemment, les moqueries ne se sont pas fait attendre sur la toile.

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mardi 21 mars 2017

Débat présidentiel : les petites et grosses intox des cinq candidats

Par Adrien Sénécat, Alexandre Pouchard, Maxime Vaudano, Anne-Aël Durand

Le Pen gonfle les chiffres du chômage, Fillon déforme ceux sur les demandeurs d’asile, Macron s’emmêle les pinceaux sur les peines de prison… Neuf déclarations des candidats décryptées.

C’est à un débat pugnace que se sont livrés les cinq principaux candidats à l’élection présidentielle, lundi 20 mars, sur TF1. François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon se sont opposés sur de larges thèmes comme la sécurité, l’immigration, les retraites ou encore l’Europe. Au prix de quelques contre-vérités ou d’exagérations, parfois, dans leurs argumentaires. Nous avons décrypté les neuf plus flagrantes relevées.

La proposition inapplicable de Marine Le Pen sur les fichés S

PROPOSITION : « EXPULSER LES ÉTRANGERS ISLAMISTES FICHÉS S ».
MARINE LE PEN
POURQUOI C’EST INAPPLICABLE
En pratique, la loi permet tout à fait d’expulser un étranger qui représente « une menace grave ou très grave pour l’ordre public ». La décision peut être prise par le préfet ou, dans certains cas, le ministre de l’intérieur. Sauf « urgence absolue », la procédure demande de convoquer la personne concernée devant une commission avant de prendre une décision. Convocation qui doit être notifiée au moins quinze jours à l’avance.

Ce qui pose problème, c’est que la candidate laisse entendre qu’il serait possible d’expulser de manière systématique des étrangers soupçonnés d’appartenir de près ou de loin à la mouvance djihadiste. Or la décision d’expulsion ne peut se faire qu’en fonction d’une appréciation individuelle de la menace. Il n’est pas nécessaire que la personne visée ait été condamnée, mais le danger doit être jugé « actuel » et « proportionnel » à la décision d’éloignement.

Mais surtout, le cas des fichés S regroupe des situations bien trop vagues et diverses pour légitimer des expulsions systématiques. La fiche S est un outil de surveillance, pas d’appréciation du niveau de dangerosité d’un individu.

L’intox de François Fillon sur les demandeurs d’asile

« UNE PARTIE [DES DEMANDEURS D’ASILE] FUIENT LA GUERRE EN SYRIE MAIS L’IMMENSE MAJORITÉ DE CES HOMMES ET FEMMES FUIENT LA PAUVRETÉ ET VIENNENT DE TOUTES LES RÉGIONS DU MONDE. »
FRANÇOIS FILLON
POURQUOI C’EST FAUX
En 2015, selon les chiffres d’Eurostat (organisme de statistiques européen), plus de la moitié des demandeurs d’asile venaient de pays en guerre tels la Syrie (29,9 %), l’Afghanistan (14,2 %) et l’Irak (9,7 %).

L’erreur d’Emmanuel Macron sur les peines de prison courtes

« LES PEINES DE MOINS DE DEUX ANS [SONT] SYSTÉMATIQUEMENT NON APPLIQUÉES.»
EMMANUEL MACRON
POURQUOI C’EST FAUX
Il est en effet possible, pour les peines de prison ferme de moins de deux ans, d’aménager la peine si la situation de la personne condamnée le permet aux yeux de la justice. Il n’y a alors pas de mandat de dépôt.

Il est en revanche erroné de dire que les peines de prison de moins de deux ans ne sont jamais appliquées, ou « systématiquement non appliquées » comme le dit M. Macron. La preuve ? Au 1er janvier 2015, 12 % des peines en cours d’exécution (sur 60 742 détenus) concernaient des peines de moins d’un an et 29 % des peines de 1 à 3 ans, selon les chiffres du ministère de la justice.

Marine Le Pen force le trait sur l’insécurité

IL Y A EN FRANCE UNE SITUATION « D’EXPLOSION DE L’INSÉCURITÉ ».
MARINE LE PEN
POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ
Marine Le Pen a évoqué des « violences » et des « cambriolages sur tout le territoire », sans citer de chiffres précis. La candidate du FN semble ici passer un peu vite du sentiment d’insécurité qui reste élevé (notamment du fait des attentats successifs depuis janvier 2015) à une « explosion » des statistiques pour le moins contestable.

Il faut toujours prendre les chiffres de la délinquance avec du recul, car ils mesurent l’activité policière (par exemple à travers les plaintes déposées) et pas les atteintes commises directement. Reste que, selon les grands indicateurs disponibles, difficile de parler « d’explosion ».

Par exemple, le nombre de vols et de tentatives de vol de voitures est en baisse continue depuis 2006, selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). A l’inverse, le nombre de victimes de retraits frauduleux sur les comptes bancaires a augmenté. Les cambriolages, les injures ou les violences physiques sont quant à eux restés plutôt stables depuis 2014, à un niveau « élevé par rapport au niveau moyen des années 2006 à 2010 », selon l’ONDRP.

Temps de travail : l’argument discutable de François Fillon

« LA FRANCE EST LE PAYS OÙ LE VOLUME D’HEURES TRAVAILLÉES EST LE PLUS BAS PAR RAPPORT AUX GRANDES ÉCONOMIES. »
FRANÇOIS FILLON
POURQUOI C’EST CONTESTABLE
Certaines données, notamment celles d’Eurostat sur le temps de travail des salariés à temps complet, laissent effectivement entendre que les Français travaillent moins longtemps que leurs voisins européens.

Ces chiffres sont toutefois à manier avec précaution : d’abord, il faut également souligner que toutes catégories confondues (c’est-à-dire en intégrant les temps partiels et les indépendants), les Français arrivent cette fois en 10e position (sur 28) du classement européen.

Par ailleurs, lorsque l’on s’intéresse au temps de travail et donc à la « rentabilité » des salariés en France, il n’est pas inintéressant de citer les chiffres de productivité. Et cette fois, selon Eurostat, la France se classait en 5e position européenne en 2014, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni par exemple, toujours selon Eurostat.

Approximation de Jean-Luc Mélenchon sur le nucléaire

« DANS LE PROCHAIN MANDAT, 18 RÉACTEURS NUCLÉAIRES ATTEIGNENT 40 ANS, IL FAUT 100 MILLIARDS POUR LES “RECARÉNER”. »
JEAN-LUC MÉLENCHON
DU VRAI ET DU FAUX
Le candidat a raison lorsqu’il parle de dix-huit réacteurs qui dépasseront les 40 ans avant 2022. Ils se trouvent dans les centrales de Fessenheim (Haut-Rhin), Bugey (Ain), Dampierre (Loiret), Gravelines (Nord), Tricastin (Drôme) et Blayais (Gironde).

En revanche, les « 100 milliards d’euros » que coûteraient le grand « carénage » correspondent plutôt à la somme qu’il faudrait débourser pour rénover les 58 réacteurs français selon la Cour des comptes. Pour les dix-huit réacteurs évoqués, on arrive plutôt à 30 milliards… bien qu’il ne s’agisse que d’une estimation, qui peut encore évoluer.

Dette publique : l’erreur de François Fillon

« NOUS SOMMES LE PAYS LE PLUS ENDETTÉ DE TOUS LES GRANDS PAYS DÉVELOPPÉS »
FRANÇOIS FILLON
POURQUOI C’EST FAUX
Alors que la dette publique française est d’un ordre de grandeur équivalent au produit intérieur brut (PIB) – soit 97,5 % de celui-ci au troisième trimestre 2016 selon l’Insee –, cela n’en fait pas le pays le plus endetté du monde. Par exemple, les Etats-Unis (108 % du PIB) et le Japon (250 %) le sont beaucoup plus.

Attention, néanmoins : ce chiffre à lui seul ne permet pas d’appréhender la situation des finances publiques d’un pays, puisque d’autres paramètres jouent : croissance, taux d’emprunts, niveau du chômage… C’est pourquoi le taux d’endettement du Japon, qui peut paraître spectaculaire, n’est pas un problème majeur pour le pays actuellement.

Chômage : l’exagération de Marine Le Pen

« NOUS AVONS 7 MILLIONS DE CHÔMEURS. »
MARINE LE PEN
POURQUOI C’EST TROMPEUR
Si l’on y ajoute les personnes à temps partiel et souhaitant travailler davantage (les catégories B et C), ce chiffre s’établit à 5,5 millions, selon les chiffres de Pôle Emploi. Si l’on ajoute les catégories D et E, qui regroupent les personnes non tenues de chercher un emploi (personnes en stage, formation, maladie, contrats aidés…), on atteint 6,2 millions de demandeurs d’emploi en janvier 2017 (6,6 millions pour la France entière).

Fin janvier, en France métropolitaine, le nombre de chômeurs tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) était de 3,5 millions. C’est ce nombre que l’on convoque communément pour parler des « chiffres du chômage ».

Cette définition, très large, ne correspond pas à celle du « chômeur », au sens du Bureau international du travail (BIT), qui doit répondre à trois critères simultanément :

être sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir travaillé au moins une heure durant une semaine de référence ;
être disponible pour prendre un emploi dans les quinze jours ;
avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.
C’est sur cette base que l’Insee estimait le nombre de « chômeurs » à 2,8 millions de personnes en France métropolitaine au troisième trimestre 2016.

L’exagération d’Emmanuel Macron sur le niveau des écoliers

« NOUS AVONS PLUS DE 20 % DES ÉLÈVES QUI ARRIVENT EN CM2 » QUI NE SAVENT PAS LIRE, ÉCRIRE OU COMPTER.
EMMANUEL MACRON
POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ
Les statistiques du ministère de l’éducation nationale sur le niveau des élèves de CM2 montraient en 2013 que 79,8 % maîtrisaient les compétences attendues en lecture et 70,9 % celles en mathématiques. Des chiffres qui peuvent sembler correspondent à l’ordre de grandeur évoqué par le candidat, mais sa présentation est en réalité trompeuse.

Il est en effet faux d’affirmer que ceux qui ne maîtrisent pas les compétences du socle ne savent pas lire ou compter. Sur la compétence lire, il est notamment attendu de savoir « dégager le thème d’un texte, repérer dans un texte des informations explicites, inférer des informations nouvelles (implicites), repérer les effets de choix formels ».

Posté par jourstranquilles à 20:45 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Affaires Fillon : l'enquête élargie à des faits d’"escroquerie aggravée", de "faux et usage de faux"

L'enquête sur les époux Fillon est élargie. L'information judiciaire, ouverte notamment pour détournement de fonds publics et abus de biens sociaux, porte également sur des suspicions d'"escroquerie aggravée", de "faux et usage de faux". Un réquisitoire supplétif a été délivré aux juges d'instruction, le 16 mars, par le parquet national financier, a appris franceinfo, confirmant une information du Monde publiée mardi 21 mars.

Posté par jourstranquilles à 19:58 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]