Partager sur Face Book

Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mardi 21 mars 2017

Présidentielle : un premier débat dynamique mais sans bouleversement

Par Solenn de Royer, Cédric Pietralunga, Bastien Bonnefous, Olivier Faye, Matthieu Goar, Alexandre Lemarié, Raphaëlle Besse Desmoulières

Les cinq principaux candidats ont débattu pendant plus de trois heures. Au final, pas de grand vainqueur ni de vaincus. Mais une campagne électorale enfin lancée.

Cette fois, ça y est, la campagne est lancée. Lundi 20 mars, à trente-quatre jours du premier tour, les cinq principaux candidats à l’élection présidentielle – Marine Le Pen, Emmanuel Macron, François Fillon, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon – ont pu débattre pendant plus de trois heures, en arc de cercle sur le plateau de TF1 et LCI à la Plaine Saint-Denis, sur les sujets de société, les questions économiques et les enjeux internationaux. Exercice inédit, bousculant les usages de la Vè République.

Animée par les deux journalistes Gilles Bouleau et Anne-Claire Coudray, la soirée a commencé par une pensée pour les absents, ces six « petits » candidats exclus par les organisateurs car à la traîne dans les sondages ; un parti-pris jugé antidémocratique par plusieurs acteurs de ce « grand débat ».

Calme et corsetée, voire ennuyeuse au début, la confrontation a pris un tour plus dynamique et interactif à mesure que la nuit avançait, virant parfois à la cacophonie, sous les yeux d’un public autorisé à se manifester, à rire aux bons mots notamment, ce qui a parfois donné à ce long débat appliqué des faux airs d’émission de divertissement.

In fine, celui-ci ne semble pas avoir bousculé les tendances préexistantes, ni inversé radicalement les rapports de force entre les candidats. Tout ça pour ça ? Revue de détail.

Les affaires ont-elles pesé sur le débat ?

Alors que depuis fin janvier, et les premières révélations du Canard enchaîné sur l’emploi présumé fictif de Penelope Fillon, la campagne présidentielle est rythmée par les affaires, celles-ci ont été absentes du débat télévisé.

Mis en examen depuis le 14 mars, François Fillon s’attendait pourtant à être au centre des attaques de ses adversaires sur ce sujet délicat. Il aura finalement été relativement épargné. Dans la première moitié des échanges, le candidat Les Républicains (LR) s’est même permis de venir lui-même sur ce terrain en proposant de mettre en place une « commission qui planche sur les conflits d’intérêts et les règles de la transparence » en cas d’élection à l’Elysée. Aucun autre candidat ne l’a alors interpellé.

Ce n’est que lorsque les journalistes ont évoqué le « climat des affaires », sans être plus précis, que Jean-Luc Mélenchon a brisé le non-dit qui s’installait dans le studio, moquant ces « pudeurs de gazelle ».

« Ici, il n’y a que deux personnes qui sont concernées : M. Fillon et Mme Le Pen. Nous n’avons rien à voir avec tout ça, alors s’il vous plaît ne nous mettez pas dans le même sac », a insisté le candidat de La France insoumise avant d’égrener ses propositions pour plus de transparence, comme l’interdiction pour un élu d’embaucher des membres de sa famille. « Il n’est pas interdit aux électeurs de récompenser les vertueux et de châtier ceux qui leur paraissent ne pas l’être », a conclu l’ancien socialiste.

« C’est Robespierre… », a alors rétorqué Marine Le Pen, elle-même visée par plusieurs affaires concernant des emplois présumés fictifs d’assistants au Parlement européen.

Seul Benoît Hamon a glissé une allusion aux soupçons qui pèsent sur M. Fillon. Attaqué par ce dernier sur son projet de réduction du temps de travail à 32 heures, le candidat socialiste n’a pas laissé passer l’occasion : « Vous, c’est 500 000 fonctionnaires en moins. Vous êtes très fort en soustraction, un peu moins en addition quand il s’agit de votre propre argent ! »

Mais sur le fond, l’ancien premier ministre n’a jamais eu à détailler sa défense. Aucune allusion sur son train de vie, ses costumes payés par l’homme d’affaires Robert Bourgi ou ses amitiés avec des grands patrons.

François Fillon a même reçu le soutien de Marine Le Pen qui a semblé aller dans son sens. « J’espère qu’elle [la justice] sera aussi rapide que pour M. Fillon », a-t-elle lancé à Emmanuel Macron qui lui reprochait des propos relevant de la « diffamation ». « C’est ce qu’on appelle la justice TGV », a embrayé l’ancien premier ministre qui a profité de sa conclusion pour livrer des éléments de langage désormais bien rodés : « J’ai pu commettre quelques erreurs. J’ai des défauts – qui n’en a pas – mais j’ai de l’expérience. »

Qui a gagné le match à gauche entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon ?

Le premier désaccord est arrivé après… deux heures et dix minutes de débat, sur le revenu universel proposé par Benoît Hamon. Et encore, avec des pincettes de la part de Jean-Luc Mélenchon, qui a jugé « l’idée brillante », mais impossible à réaliser dans l’immédiat. Une illustration de la tragédie de la gauche qui se présente à la présidentielle divisée entre deux candidats finalement d’accord sur pratiquement tous les sujets.

Sur l’éducation, la santé, l’écologie, la sécurité, la laïcité ou l’immigration, MM. Hamon et Mélenchon n’ont en effet exprimé aucune divergence forte. La question européenne n’ayant pas été évoquée, le seul point de friction entre le socialiste et son ex-camarade est intervenu sur les rapports de la France avec la Russie. « C’est là que nous avons un désaccord », a reconnu à voix haute le député des Yvelines.

Pour M. Hamon, ce rendez-vous devait être l’occasion de convaincre une partie des électeurs de M. Mélenchon qu’il était un candidat mieux placé que le député européen pour accéder au second tour de la présidentielle. Mission accomplie ?

Rien n’est moins sûr, alors que M. Mélenchon, qui a multiplié les saillies, a su faire vivre le débat, quand M. Hamon, en s’en tenant à sa feuille de route préétablie, a donné l’impression d’être plus en retrait. Dans le match qui oppose les deux hommes à gauche, le premier a clairement marqué des points lundi soir.

Regonflé par le succès de sa marche pour la VIe République, le candidat de La France insoumise est apparu très à l’aise, enchaînant les formules ciselées et les traits d’humour. Il a notamment fait rire le public en lâchant à propos de la loi El Khomri (qu’il compte abroger) : « Je ne suis pas d’accord pour un code du travail par entreprise, comme je ne suis pas d’accord pour un code de la route par rue. » Il s’en est par ailleurs pris à plusieurs reprises à la candidate du Front national (FN) qu’il accuse, à propos du voile, de « vouloir établir une police du vêtement dans la rue ».

François Fillon a-t-il rattrapé son retard sur Emmanuel Macron ?

Distancé dans les sondages par le duo Le Pen-Macron, François Fillon a tenté de combler son retard en ciblant principalement le fondateur d’En marche ! Sans parvenir toutefois à le déstabiliser vraiment.

Le candidat de droite a déroulé ses principaux angles d’attaque contre M. Macron : il l’a notamment accusé de vouloir « conduire par d’autres moyens la politique socialiste de François Hollande », cherchant à le rendre responsable du bilan du quinquennat et essayant de dissuader les électeurs de droite de le rejoindre.

A l’entendre, lui seul et son projet de rupture pourrait « rendre l’alternance possible ». M. Fillon a également assuré être « le seul candidat » à pouvoir disposer d’une majorité parlementaire « cohérente et stable » en cas d’accession à l’Elysée, contrairement à Marine Le Pen et à l’ex-ministre de l’économie, dont il a moqué le positionnement centriste. « La politique de M. Macron, c’est un petit peu à gauche et un petit peu à droite », a-t-il ironisé.

Son offensive anti-Macron s’est déclinée sur deux terrains principaux : le régalien et la stature présidentielle, des domaines où l’ex-premier ministre pense avoir l’avantage. « J’ai l’expérience », a-t-il souligné dans l’espoir d’accréditer l’idée que son rival, âgé de 39 ans, n’aurait pas la carrure pour présider le pays.

M. Fillon a rappelé aussi les mesures les plus musclées de son projet en matière de sécurité (rétablissement des peines planchers ou création de 16 000 places de prison) et fustigé la politique d’accueil de réfugiés mise en œuvre par la chancelière Angela Merkel en Allemagne – saluée par M. Macron – pour se démarquer de son rival.

Si MM. Fillon et Macron se sont tous deux posés en garant de la maîtrise des dépenses publiques, le premier a tenté de se prévaloir d’une ardeur réformatrice supérieure à celle de son concurrent. Le député de Paris s’est vanté de vouloir supprimer purement et simplement les 35 heures et l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), contrairement à l’ex-banquier.

Fragilisé par ses ennuis judiciaires, M. Fillon a aussi cherché à dissuader les électeurs de droite de fuir chez Marine Le Pen, accusant la présidente du FN – présentée comme un « vrai “serial killer” du pouvoir d’achat des Français » – de vouloir « entraîner le pays vers le chaos économique et social » avec sa volonté de sortir de l’euro.

Le statut de favori a-t-il nui à Emmanuel Macron ?

C’est celui qui avait le plus à perdre. Donné favori dans les sondages, au coude-à-coude avec Marine Le Pen, Emmanuel Macron jouait gros lors de « grand débat ». Nouveau venu en politique, le candidat n’avait jamais participé à un tel exercice et pouvait légitimement craindre les mises en cause et les chausse-trappes de ses adversaires.

Au final, il n’a pas été le punching-ball que ses partisans redoutaient et il a su déjouer la plupart des pièges qui lui ont été tendus, même s’il a semblé mettre du temps à trouver son rythme de croisière.

Désireux d’installer l’idée que le premier tour est déjà joué, Emmanuel Macron a concentré ses attaques sur Marine Le Pen. « Je ne vous fais pas parler, je n’ai pas besoin d’un ventriloque », a lancé l’ex-ministre à la présidente du FN, qui l’accusait d’être favorable au burkini. « Le piège dans lequel vous êtes en train de tomber, Mme Le Pen, par vos provocations, c’est de diviser la société » et de faire « des ennemis de la République » des « plus de 4 millions de Françaises et de Français dont la religion est l’islam et qui sont, pour la très grande majorité, absolument pas dans le communautarisme », a-t-il estimé.

A l’inverse, le candidat d’En marche ! a ménagé François Fillon, donnant l’impression de préparer d’ores et déjà le ralliement de ses électeurs au second tour. A de nombreuses reprises, M. Macron s’est ainsi dit « d’accord » avec le candidat LR, que ce soit sur le nucléaire, sur les institutions ou sur une plus grande « autonomie » accordée aux « acteurs de la santé ». Il a également souligné qu’ils étaient les deux seuls candidats à proposer un cadrage budgétaire sérieux de leur programme.

M. Macron a en outre su éviter les manœuvres – même si elles ont été peu nombreuses – destinées à lui faire porter le bilan de François Hollande, qu’il a servi durant quatre ans, d’abord comme conseiller à l’Elysée puis comme ministre de l’économie. « Le projet que je porte c’est d’abord un projet d’alternance profonde, avec de nouveaux visages, de nouveaux usages », a-t-il argué.

Mais l’ancien ministre de l’économie a aussi trébuché. Il est par exemple tombé à pieds joints dans un piège tendu par Benoît Hamon. Alors que le candidat socialiste dénonçait les risques de conflits d’intérêts liés aux « dons de personnes qui appartiennent à des grands groupes », M. Macron a aussitôt réagi… alors qu’il n’était pas nommé. « Je pense que c’est pour moi donc je me permets d’intervenir », a-t-il justifié, expliquant avec difficulté que « 32 000 personnes » lui avaient fait un don de « 50 euros » en moyenne. Erreur de jeunesse ?

Marine Le Pen a-t-elle déjà joué le second tour ?

Le fait a été peu noté, mais la présence de Marine Le Pen dans ce débat inédit n’a posé à aucun moment question. Une victoire en soi pour une candidate en quête de normalisation. Mais la présidente du FN, annoncée en tête du premier tour par les sondages, a visé plus haut lundi soir, s’adonnant à une sorte de répétition du second tour, où elle espère affronter Emmanuel Macron.

Au risque de laisser ses autres adversaires, dont MM. Hamon et Mélenchon en tête, s’en prendre à elle sur les questions d’immigration ou de sécurité – le socialiste l’a dépeinte comme « droguée aux faits divers » – sans vraiment leur opposer de riposte.

Arc-boutée sur sa définition d’un nouveau clivage qui opposerait les « patriotes » aux « mondialistes », la candidate du FN s’est efforcée de ranger M. Macron dans cette dernière catégorie, en pointant son soutien à la construction européenne ou son passé d’énarque devenu banquier d’affaires, qui serait selon elle aux prises avec des intérêts particuliers.

« Ce qui me choque, c’est le pantouflage : on est formés dans les grandes écoles de la République pour devenir fonctionnaire, on devient banquier puis on redevient politique », a-t-elle lâché, dénonçant ceux qui « prennent des décisions qui avantagent telle ou telle société ». « Je ne vous laisserai pas diffamer », a répondu l’intéressé.

De l’autre côté, la fille de Jean-Marie Le Pen a défendu son objectif de préférence nationale et a promis, entre autres, d’« arrêter l’immigration », de « retrouver nos frontières » ou d’en finir avec le « modèle ultralibéral ». Ou comment rester dans son couloir, sans vraiment faire le choix de s’adresser aux électeurs de droite ou de gauche en vue du second tour, et risquer de plafonner.

L’attaque la plus efficace contre M. Macron est sans doute intervenue en fin de débat. « Vous avez parlé sept minutes, je suis incapable de résumer votre pensée, vous n’avez rien dit. A chaque fois que vous prenez la parole, vous prenez un petit peu de ceci et un petit peu de cela, et jamais vous ne tranchez », a-t-elle lancé, rejoignant une critique déjà émise par François Fillon. Mais il était déjà minuit passé.

Qui a incarné le vote utile face à Marine Le Pen ?

Haro sur Marine Le Pen ! Favorite des sondages, la présidente du FN a concentré les critiques et les attaques tout au long du débat, chacun de ses challengers essayant de se poser en meilleur adversaire en vue d’un second tour face à elle.

François Fillon a multiplié les critiques sur l’irréalisme et la dangerosité de son programme économique qui mènerait le pays au « chaos ». Jean-Luc Mélenchon a été chercher la présidente du FN sur les questions de société, notamment l’éducation, l’immigration ou la laïcité. Quant à Emmanuel Macron, il a tout au long du débat installé l’idée d’un duel de second tour entre Mme Le Pen et lui, n’hésitant pas à dire qu’il était « d’accord » avec François Fillon quand celui-ci a assuré que la sortie de l’euro provoquerait le « chaos ».

Mais c’est sans doute Benoît Hamon qui jouait le plus gros dans cette partie. Prisonnier du piège tendu par l’ancien ministre de l’économie, qui veut installer l’idée d’un second tour entre Marine Le Pen et lui, le candidat du PS devait convaincre à la fois les électeurs de gauche et les élus de sa famille politique tentés de rejoindre Emmanuel Macron, que le leader d’En marche ! n’incarnait pas le vote utile face à Marine Le Pen.

Pour le député des Yvelines, dès lors que François Fillon reste enkysté à la troisième place dans les sondages, loin derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen, et que la gauche semble moins exposée – du moins à ce stade – au risque d’un second tour Fillon/Le Pen, l’argument du vote utile employé jusqu’à présent avec efficacité par les macronistes pour battre le rappel en faveur de leur candidat ne tient plus.

C’est ce qu’il a tenté de faire valoir lundi soir : « Le 23 avril puis le 7 mai, je vous propose un vote utile, a-t-il lancé en appelant à voter pour ses convictions d’abord. « Je vous propose de voter pour », a-t-il poursuivi en égrenant les points de son programme : « Transition écologique, soutien au pouvoir d’achat des plus modestes, VIe République, Europe libérée du dogme austéritaire… »

Mais le débat n’ayant pas inversé le rapport de force entre les candidats, le mistigri du vote utile reste pour l’heure entre les mains du leader de En marche !

Posté par jourstranquilles à 19:22 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 20 mars 2017

Cinq candidats ce soir sur TF1

candidats

Posté par jourstranquilles à 19:27 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]

UN DÉBAT QUI POURRAIT TOUT CHANGER

parisien

Les cinq principaux candidats à l’Elysée s’affrontent avant le premier tour, ce soir à 21 heures sur TF 1. Cela pourrait rebattre les cartes d’une campagne hors normes.

Par  Olivier Beaumont

C’est un rendez-vous inédit, unique dans l’histoire de la vie politique française. Ce soir, et pour la première fois, les principaux candidats à l’élection présidentielle se retrouvent dans la même arène télévisuelle, celle de TF 1, pour un débat télévisé organisé avant le premier tour ! Fini l’unique et sacro-saint duel d’entre-deux-tours réservé aux seuls finalistes. Après TF 1 ce soir, BFMTV et CNews, le 4 avril, puis France 2, le 20 avril, organiseront d’autres confrontations avant le premier tour. Bien sûr, le succès des récents débats organisés pour les primaires de la droite et de la gauche, qui s’étaient révélés déterminants pour le choix des électeurs, n’est pas étranger à cette nouveauté. Ils avaient à chaque fois attiré plusieurs millions de téléspectateurs,

En tout cas, pour Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron, Benoît Hamon, François Fillon et Marine Le Pen, qui composent le casting de ce soir, le rendez-vous est déjà crucial. Deux jours après la fin du dépôt officiel de candidatures, il marque même le vrai début de cette bien étrange campagne présidentielle. Une campagne jusqu’alors marquée par les affaires, celles de Fillon et de Le Pen, mais aussi par le rejet des partis politiques traditionnels, et surtout par la menace d’une abstention record au soir du premier tour, le 23 avril, rendant plus que jamais incertaine l’issue du scrutin.

Les six autres qualifiés écartés du plateau de TF 1

Ce soir, pour chacun des participants, l’objectif est clair : marquer des points, faire valoir ses différences. Donner des coups, en prenant bien soin de ne pas en recevoir. Avec des projecteurs forcément un peu plus braqués autour de trois candidats : Emmanuel Macron, l’ovni politique qui entend transcender le clivage droite-gauche et qui devrait être au centre des tirs croisés ; François Fillon, fragilisé par le Penelopegate mais bien déterminé à faire valoir ce « projet de rupture » sur lequel il travaille depuis quatre ans ; et bien sûr Marine Le Pen, seule représentante féminine de ce combat cathodique, et leadeuse d’un Front national qui n’a jamais été aussi près de la conquête de l’Elysée.

Tout le week-end, les héros de cette soirée inédite se sont isolés pour préparer, au calme, leur prestation. Un luxe que n’ont pas eu les six autres qualifiés pour l’élection, écartés du plateau de TF 1 en raison de la faiblesse de leur score dans les intentions de vote. C’est le cas du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan qui a qualifié cette absence forcée « d’assassinat politique ». Hier, TF 1 a rappelé que le CSA et le Conseil d’Etat avaient jugé que l’organisation d’un débat avec cinq candidats relevait de la liberté éditoriale de la chaîne. Les recalés de ce premier débat pourront tout de même se consoler le 20 avril sur France 2, qui a prévu d’accueillir sur son plateau les onze candidats.

@olivierbeaumont

debat

Posté par jourstranquilles à 17:52 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Qui sont les candidats pour la présidentielle 2017 ?

Onze candidats ont obtenu les 500 parrainages nécessaires pour entrer dans la course à l’Elysée, a annoncé samedi le Conseil constitutionnel.

Ils seront donc onze sur la ligne de départ, un de plus qu’en 2012 lors de la précédente élection présidentielle. Deux femmes et neuf hommes, qui ont obtenu les 500 parrainages nécessaires pour être candidat à l’élection présidentielle, a annoncé Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, samedi 18 mars.

Les trois derniers candidats à entrer dans la course sont Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste) qui s’était inquiété de sa capacité à obtenir ses parrainages jusqu’aux derniers jours de collecte, Jacques Cheminade (Solidarité et progrès) et Jean Lassalle (Résistons). Ils obtiennent respectivement 573, 528 et 708 parrainages, selon le dernier décompte publié par le Conseil constitutionnel.

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière)

François Asselineau (Union populaire républicaine)

Jacques Cheminade (Solidarité et progrès)

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)

François Fillon (Les Républicains)

Benoît Hamon (Parti socialiste)

Jean Lassalle (Résistons !)

Marine Le Pen (Front national)

Emmanuel Macron (En marche !)

Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)

Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste)

 

Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière)

La candidate de Lutte ouvrière (LO), Nathalie Arthaud, va vivre sa deuxième campagne présidentielle, après celle de 2012. Elle avait alors obtenu 0,56 % des voix. Quatre ans plus tôt, en 2008, elle était devenue porte-parole nationale de LO, succédant à la figure emblématique du parti trotskiste, Arlette Laguiller. En 2009 et 2014, elle a été candidate aux élections européennes, où elle a obtenu respectivement 0,84 % et 0,85 % des voix. Elle s’est présentée également aux élections législatives de 2012 en Seine-Saint-Denis, où elle a réuni 2,47 % des suffrages.

Son but : « Faire entendre le camp des travailleurs. » L’enseignante en économie de 47 ans entend incarner une « candidature de classe » qui « permettra aux travailleurs, aux chômeurs, aux exploités de défendre leurs intérêts, à l’opposé de ceux du patronat et des actionnaires qui encaissent des millions et des millions ».

 

François Asselineau (Union populaire républicaine)

Sa capacité à rassembler les 500 parrainages nécessaires à être candidat à la présidentielle constitue l’une des surprises de cette campagne. François Asselineau, 59 ans, est diplômé d’HEC et de l’Ecole nationale d’administration (ENA). Il a débuté sa carrière comme inspecteur des finances puis travaille au sein de plusieurs cabinets ministériels dans les années 1990. Il a fait partie, en 1999, du Rassemblement pour la France et l’indépendance de l’Europe (RPF), fondé par Charles Pasqua et Philippe de Villiers puis, en 2004, de l’Union pour un mouvement populaire (UMP). Il en a démissionné en 2006, « par opposition à sa ligne européenne et sa position d’alignement sur les Etats-Unis ».

En 2007, il a fondé l’Union populaire républicaine (UPR), un mouvement souverainiste militant pour la sortie de l’Union européenne. Il a été candidat à l’élection présidentielle de 2012 mais n’a recueilli que 17 signatures et échoué donc à se présenter. Cinq ans plus tard, il y est parvenu. La mesure phare de son programme est le « Frexit », la sortie de la France de l’Union européenne.

 

Jacques Cheminade (Solidarité et progrès)

A 75 ans, il est le doyen de cette élection présidentielle. Jacques Cheminade, qui se veut le candidat « anti-système », est diplômé d’HEC et énarque. Sa rencontre avec le sulfureux homme politique américain Lyndon LaRouche, classé à l’extrême droite, a donné un virage politique à sa carrière. Il a fondé, en 1996, son parti groupusculaire, Solidarité et progrès, proche de cet idéologue américain complotiste, homophobe et climatosceptique.

Dans son programme, M. Cheminade prône la sortie de l’Union européenne, de l’OTAN, de la zone euro et le retour au franc. Il défend aussi très sérieusement l’idée de coloniser la Lune, en vue d’explorer la planète Mars. Ce candidat est un habitué de l’exercice : en 1981 et 1988, il a échoué deux fois à réunir 500 parrainages avant d’y parvenir en 1995, pour finalement obtenir 0,28 % des voix (et voir ses comptes de campagne invalidés) et en 2012 (0,25 %). En 2002 et 2007, il a tenté à nouveau d’être candidat, sans toutefois parvenir à réunir le nombre de signatures nécessaire.

 

Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France)

Ancien membre du RPR, du RPF et de l’UMP, Nicolas Dupont-Aignan quitte le parti en 2007 sur fond de désaccord avec Nicolas Sarkozy, à la veille de la désignation de ce dernier comme candidat pour la présidentielle de 2007. Il fonde, dans la foulée, le parti politique souverainiste Debout la République, qui deviendra Debout la France en 2014.

A 57 ans, il est maire d’Yerres (Essonne) depuis 1995, député de l’Essonne depuis 1997 et président de la communauté d’agglomération du Val d’Yerres Val de Seine. Diplômé de l’Ecole nationale d’administration, il a exercé dans plusieurs cabinets ministériels et dans plusieurs cabinets, dont celui de François Bayrou (1993 et 1994) lorsqu’il est ministre de l’éducation, et celui de Michel Barnier (1994 et 1995) lorsqu’il est ministre de l’environnement. Candidat à l’élection présidentielle pour la troisième fois – il avait obtenu 1,79 % des voix au premier tour en 2012 – il espère, en se revendiquant du gaullisme, « tracer son chemin » entre Mme Le Pen et M. Fillon, « entre la rupture dans le drame et la fausse rupture ».

 

François Fillon (Les Républicains)

Conseiller municipal, conseiller régional, député, sénateur, ministre, premier ministre. Depuis son entrée en politique à la fin des années 1970, il n’est guère d’échelon de pouvoir que François Fillon n’ait gravi. Sauf la présidence de la République, qu’il brigue après avoir été le vainqueur surprise de la primaire à droite, en novembre. Mais le député de Paris voit sa campagne bouleversée par l’affaire de l’emploi présumé fictif de sa femme, Penelope, comme assistante parlementaire. Affaire dans laquelle il est mis en examen depuis le 15 mars, alors même qu’il avait dit qu’il avait qu’il renoncerait à sa candidature si une telle situation devait se présenter.

M. Fillon a pris le parti de présenter un programme de « rupture » avec des mesures d’inspiration très libérale : fin des 35 heures, retraite à 65 ans, suppression de 500 000 fonctionnaires et de l’ISF, refonte du code du travail ou encore réforme de l’Assurance-maladie.

 

Benoît Hamon (Parti socialiste)

Lui aussi est l’un des vainqueurs surprise des primaires organisées par les partis. En janvier, l’ancien frondeur du gouvernement l’a emporté face à Manuel Valls au second tour de la primaire à gauche, faisant de lui le successeur du Parti socialiste à François Hollande pour briguer l’investiture suprême. Son ancrage à gauche, Benoît Hamon le revendique depuis sa jeunesse. Très tôt, il milite au sein de SOS Racisme avant de prendre sa carte à l’UNEF, principal syndicat étudiant, duquel il est resté proche.

Ministre délégué à l’économie sociale et solidaire (2012-2014), puis de l’éducation nationale (avril-août 2014), M. Hamon compte se démarquer du quinquennat écoulé. Il a notamment fait campagne sur une mesure forte : la mise en place d’un revenu universel d’existence. Il portera, outre les couleurs du parti socialiste, celles d’Europe écologie-Les Verts, Yannick Jadot qui avait gagné la primaire écologiste, ayant annoncé son ralliement à M. Hamon en février.

 

Jean Lassalle (Résistons)

Candidat depuis mars 2016, l’élu béarnais a réussi à récolter les 500 parrainages d’élus nécessaires à la dernière minute. Ex-compagnon de route de François Bayrou au Modem, Jean Lassalle va donc vivre sa première campagne présidentielle. Sous la bannière du mouvement Résistons, le candidat se définit comme le « défenseur des territoires ruraux et d’une écologie humaniste ».

M. Lassalle a été élu maire de Lourdios-Ichère, petit village des Pyrénées-Atlantiques de 160 habitants, en 1977, dès l’âge de 21 ans. Il est ensuite devenu député des Pyrénées-Atlantiques en 2002, avant d’être réélu en 2007 et 2012.

Jean Lassalle s’est notamment fait connaître pour sa grève de la faim de trente-neuf jours, en 2006, pour protester contre la délocalisation de l’usine Toyal d’Accous (Pyrénées-Atlantiques) vers le bassin de Lacq, situé 65 kilomètres.

En 2013, d’avril à décembre, il a parcouru la France à pied et fait plus de 6 000 kilomètres pour aller « à la rencontre de Français ». « Je ne pensais pas que la détestation des politiques atteindrait un tel degré », avait-il constaté à la fin de cette marche. Il s’est par ailleurs fait remarquer en début d’année pour avoir rencontré Bachar al-Assad pendant plus d’une heure, à Damas, avec deux députés Les Républicains.

 

Marine Le Pen (Front national)

La présidente du Front national aborde sa deuxième campagne présidentielle après avoir, en 2012, obtenu 17,90 % des voix au premier tour. Avant d’entamer une carrière politique, la fille de Jean-Marie Le Pen a été avocate au barreau de Paris, avant de rejoindre le Front national en tant que directrice juridique. En 1998, Mme Le Pen devient également conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais et en 2004, elle est élue députée au Parlement européen où elle sera réélue en 2009 et 2014.

Marine Le Pen a succédé à son père en prenant la tête du Front national en 2011. Elle est aujourd’hui en tête des intentions de vote, avec un programme plaidant la préférence nationale et la sortie de l’euro, et voit également sa campagne marquée par plusieurs enquêtes judiciaires visant son parti et son entourage.

 

Emmanuel Macron (En marche !)

« Ni de droite, ni de gauche », jamais élu mais ancien ministre, le plus jeune des candidats à l’élection présidentielle est aujourd’hui l’un des favoris du scrutin. Diplômé de l’Ecole nationale d’administration, Emmanuel Macron commence sa carrière dans l’administration publique comme inspecteur adjoint des finances et débute un parcours éclair : en 2008, il devient le rapporteur adjoint de la commission Jacques Attali, installée pour relancer la croissance économique du pays. Juste après, il rejoint la banque Rothschild, où il est rapidement promu associé-gérant. Le surnom de « banquier-de-chez-Rothschild » lui collera à la peau.

En 2012, Emmanuel Macron réintègre la fonction publique et est nommé secrétaire général adjoint de l’Elysée avant de rejoindre Bercy comme ministre de l’économie, où il donnera son nom au projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques. Alors qu’il est encore ministre, il lance en avril 2016 le mouvement En marche ! et démissionne du gouvernement le 30 août, avant de déclarer officiellement sa candidature.

 

Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)

Pour la deuxième fois, Jean-Luc Mélenchon espère faire entendre une nouvelle voix à gauche en se présentant à l’élection présidentielle. Longtemps membre du PS auquel il s’oppose, Jean-Luc Mélenchon a été tour à tour conseiller général de l’Essonne (1985-1992 et 1998-2004) et sénateur de l’Essonne (1986-2000 et 2004-2009). Sous le gouvernement de Lionel Jospin, le candidat de La France insoumise a été ministre délégué à l’enseignement professionnel entre 2000 et 2002.

Après l’élection présidentielle de 2002, Jean-Luc Mélenchon fonde, avec Henri Emmanuelli, Nouveau monde, un courant situé à gauche du PS. Il fera ensuite campagne pour le non en 2005 au référendum du projet de traité constitutionnel européen. Dénonçant la « dérive libérale » du parti et très critique envers François Hollande, il quitte le PS en 2008 avec le député du Nord Marc Dolez. Les deux élus fondent dans la foulée le Parti de gauche. M. Mélenchon, eurodéputé depuis 2009, sera ensuite candidat à l’élection présidentielle de 2012 sous la bannière du Front de gauche où il arrive 4e, avec 11,10 % des voix. En 2017, c’est sous une nouvelle bannière, celle de La France insoumise, qu’il est candidat, avec un programme marqué par davantage d’idées écologistes

 

Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste)

C’est passé de justesse pour Philippe Poutou. Le candidat du Nouveau parti anticapitaliste a réuni in extremis les signatures d’élus, ce qui lui permet d’entamer sa deuxième campagne présidentielle.

A tout juste 50 ans, Philippe Poutou va tenter de faire mieux qu’en 2012, quand il avait rassemblé 411 160 voix au premier tour (1,15 %). Comme il y a cinq ans, sa campagne s’annonce encore difficile, avec la concurrence de Jean-Luc Mélenchon, qui attire sur sa candidature des voix d’extrême gauche. Mais avec son style décontracté et sa parole sans langue de bois, le candidat a, depuis 5 ans, gagné en notoriété… et en sympathie.

Militant d’extrême gauche de longue date, le candidat a fait ses premières armes chez Lutte ouvrière avant de rejoindre la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), devenue le Nouveau Parti anticapitaliste en 2009. Mécanicien chez Ford, à Blanquefort (Gironde), où il est syndicaliste CGT, il lutte toujours contre la fermeture de son usine.

Posté par jourstranquilles à 07:26 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 19 mars 2017

Entre Bastille et République, Mélenchon réussit son pari

Par Raphaëlle Besse Desmoulières

Le candidat de La France insoumise a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes, samedi à Paris, pour une VIe République.

« On l’a fait ! » A la tribune, Charlotte Girard, l’une des proches de Jean-Luc Mélenchon, annonce que 130 000 personnes ont répondu à l’appel du candidat de La France insoumise à venir défiler, samedi 18 mars à Paris, pour une VIe République. Dans la foule massée face à elle, un souffle de plaisir traverse les rangs, et les applaudissements fusent.

Le leader de la gauche radicale, lui aussi, savoure le moment. A la peine dans les sondages et peu audible ces dernières semaines, Jean-Luc Mélenchon a réussi son pari. Et à l’heure où Benoît Hamon réunit ses partisans, dimanche 19 mars à Bercy, le député européen a donné à voir une démonstration de force.

Devant la Bastille deux jeunes militants s'embrassent. | LAURENCE GEAI POUR LE MONDE

Dans le cortège qui le mène de la place de la Bastille à celle de République, il sait déjà que sa marche est un succès, comparable à celle qu’il avait convoquée il y a cinq ans sur le même mot d’ordre et qui avait constitué un tournant dans sa campagne. En 2012, celui qui était alors le candidat du Front de gauche avait revendiqué 120 000 personnes. « Cela témoigne de la permanence d’une force. Tout ça ne sort pas de l’œuf. C’est 5 ans de travail », confie-t-il au Monde.

« Une force propulsive pour la suite »

A ses côtés, plusieurs personnalités : la philosophe belge Chantal Mouffe, l’ancien leader CGT des Continental, Xavier Mathieu, le communiste Pierre Laurent, la porte-parole d’Ensemble Clémentine Autain ou encore le député Europe Ecologie-Les Verts Sergio Coronado. Et bien sûr son premier cercle : Alexis Corbière, son porte-parole, Manuel Bompard, son directeur de campagne ou encore Eric Coquerel, qui lui a succédé à la tête du Parti de gauche.

« Comme en 2012, on va en faire le plus gros rassemblement de la campagne, c’est une force propulsive pour la suite », assure le conseiller régional d’Ile-de-France. « C’est de nature à donner un élan à la candidature. Prendre la rue, c’est quelque chose de positif, de populaire », ajoute Mme Autain.

Le carré VIP est parti en retard, a perdu la tête de cortège et finira par renoncer à rattraper les premiers manifestants. Parmi les dizaines de milliers de personnes présentes, chacun est venu avec sa pancarte où il était inscrit un point du programme du candidat de La France insoumise : « Droit de vote à 16 ans », « suppression du Sénat », « fin du contrôle au faciès », « inéligibilité des corrompus ».

Des militants pendant le discours de Jean-Luc Mélenchon, place de la République. | LAURENCE GEAI POUR LE MONDE

Les bonnets phrygiens, rouge et frappés de la cocarde tricolore, ont également refait leur apparition. Et n’en déplaise à l’ex-socialiste qui avait appelé les militants des partis politiques à défiler en queue de cortège, des drapeaux du Parti communiste, du Parti de gauche, d’Ensemble se sont mêlés aux drapeaux français, particulièrement nombreux.

Appel à abolir « la monarchie présidentielle »

Quand Jean-Luc Mélenchon parvient enfin à rallier la place de la République, il est déjà largement en retard sur le timing prévu. Le candidat de La France insoumise s’avance sur scène en rendant hommage au lion qui trône au pied de la Marianne et dont « l’auteur a voulu qu’il symbolise le suffrage universel ». Et que dire de cette statue de bronze qui le domine et qui « porte fièrement le bonnet des affranchis, celui de la liberté retrouvée et de la servitude rompue » ? « Nous la faisons nôtre ! », s’exclame le tribun de la gauche radicale.

Pendant plus d’une heure, le député européen a déroulé un discours centré autour de cette VIe République qu’il veut mettre en place, souhaitant abolir « la monarchie présidentielle » et cette Ve République mise en place par l’homme néanmoins « exceptionnel » qu’était le général de Gaulle.

Les organisateurs affirment que 130 000 personnes ont fait le déplacement. | LAURENCE GEAI POUR LE MONDE

M. Mélenchon a mis en garde les Français contre les « pouvoirs incroyables » de l’actuelle Constitution et les a appelés à ne pas les déléguer à « des apprentis sorciers ». S’il n’a pas cité les noms de Marine Le Pen, François Fillon ou Emmanuel Macron, ses adversaires étaient clairement désignés.

« Ne confiez pas, fut-ce pour une période transitoire, de tels pouvoirs à des gens déterminés à en faire l’usage (…) quand ils se prosternent devant l’ethnie ou devant l’argent », a lancé l’ex-socialiste qui propose une « issue positive » avec le bulletin de vote à son nom. « Notre marche prouve que nous sommes capables de diriger le pays », a-t-il assuré.

La Marseillaise, puis L’Internationale

Dans la nouvelle Constitution qu’il appelle de ses vœux, le candidat souhaite voir figurer plusieurs mesures : le droit de révoquer des élus en cours de mandat, le droit à l’avortement et au suicide assisté, la « règle verte » – ne pas prendre plus à la nature qu’elle ne peut reconstituer –, l’interdiction du brevetage du vivant ou encore un référendum obligatoire pour ratifier tout nouveau traité européen.

« Il faut que les bulletins de vote donnent le coup de balai qui efface tout sans exception », clame-t-il avant d’ajouter : « Dégagez ! » Et la foule de reprendre : « Dégagez ! Dégagez ! »

Jean-Luc Mélenchon quitte la scène à la fin de son discours. | LAURENCE GEAI POUR LE MONDE

La Marseillaise est entonnée a capella par un chanteur lyrique, et quand les derniers couplets ont fini de retentir, M. Mélenchon s’avance de nouveau sur scène pour appeler ses partisans à chanter L’Internationale. Cela fait bien longtemps qu’il ne l’a pas fait mais, en ce jour anniversaire de la Commune de Paris, il y a des symboles qu’on n’efface pas si facilement.

melenchon (1)

melenchon (2)

melenchon (3)

Posté par jourstranquilles à 13:27 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Une campagne sans boussole

Par Nicolas Chapuis

« Dans cette campagne égarée, les électeurs ont un mois pour décider de l’itinéraire qu’ils veulent emprunter, pour distinguer les chemins des impasses.  »

La présidentielle française est frappée d’une double incertitude. Celle, évidente, de l’absence absolue de favori à un mois du terme. Et celle, plus diffuse, liée à l’éclipse programmatique qui s’est abattue sur la campagne.

Alors que le premier débat entre les cinq principaux candidats aura lieu lundi 20 mars, il est impossible de déterminer sur quel thème se jouera la décision finale. On aurait pu croire, au sortir d’un été 2016 meurtrier, que la lutte contre le terrorisme, le rapport à l’immigration, la laïcité et le difficile équilibre entre libertés publiques et la sécurité des ­citoyens seraient les enjeux majeurs.

On aurait pu penser, au sortir d’un quinquennat mitigé, que l’emploi et le rapport au travail seraient déterminants dans le choix des électeurs. On aurait pu miser sur l’Europe, sur l’environnement, sur l’éducation, le logement, la santé… Mais rien de tout cela.

Un vote « par contumace »

A quelques semaines du scrutin, aucun des candidats n’a réellement réussi à imposer ses propositions dans le débat public, happé par l’affaire Fillon, la menace Le Pen, l’énigme ­ Macron, les jeux d’appareils Hamon-Mélenchon. A ce rythme, les électeurs vont être obligés de voter « par contumace », la politique étant aux abonnés absents.

L’enjeu est de taille pour les candidats. Celui qui parviendra à dicter le tempo de la campagne prendra une longueur d’avance sur ses concurrents. C’est la leçon des primaires. Benoît Hamon a réussi à placer son revenu universel et le rapport au travail au centre de la discussion, dans une gauche assoiffée de propositions… de gauche.

Avec son projet très libéral et sa proposition de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, François Fillon a réussi à imposer l’idée qu’il est le seul à vouloir réellement réformer la France, dans une droite traumatisée par les palinodies hollandiennes et en quête de marqueurs forts… de droite.

Aucun des deux n’est pourtant audible. Le premier parce qu’il semble enferré dans des discussions qui soulignent à quel point la gauche d’aujourd’hui se conjugue davantage au singulier qu’au pluriel. Le second parce qu’il est rattrapé par une affaire dont il appartiendra à la justice de dire si elle est délictueuse, mais dont on peut déjà affirmer qu’elle lève le voile sur une facette méconnue du personnage Fillon, qui jouait au gentleman-farmer mais a en réalité tout du bourgeois gentilhomme.

Le hold-up électoral du siècle

Face à cette gauche et à cette droite qui ont créé patiemment toutes les conditions de leur propre paralysie, Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont en embuscade pour le hold-up électoral du siècle. Chacun essaie à sa façon de prendre le pas idéologique sur cette campagne, en instaurant sa grille de lecture.

Lui essaie d’effacer la barrière entre la gauche et la droite pour créer, face aux « conservateurs », un arc des « progressistes », édifice dont on mesure, au fil de ses interviews, ce qu’il faut de souplesse et d’accommodements pour en tenir tous les bouts.

Elle tente d’effacer dans l’esprit des électeurs son ancrage viscéral à l’extrême droite en créant une opposition entre « patriotes » et « mondialistes », énième version du populiste « nous contre eux ».

Alors qu’une grande majorité de Français continuent à se positionner à droite ou à gauche, ils risquent de devoir se décider en fonction de nouvelles lignes de fracture dont ils ne maîtrisent pas forcément la géographie.

Une campagne égarée

Les candidats ne sont pas les seuls responsables de l’escamotage de cette campagne. Les médias ont leur part dans cette affaire, eux qui sont le relais dans l’opinion de la bataille des idées. A l’approche du premier débat, Le Monde a donc voulu regarder de près ces programmes, qui existent même si l’actualité les relègue au second plan.

A l’appui des projets de chacun des candidats ayant à ce jour leurs 500 parrainages, nous avons choisi de décliner plusieurs ­thématiques à travers un cahier spécial, sans prétendre à l’exhaustivité. Sur notre site ­Internet, le comparateur de programmes des candidats permettra à nos lecteurs de naviguer de proposition en proposition pour se forger leur opinion.

Dans cette campagne égarée, les électeurs ont un mois pour décider de l’itinéraire qu’ils veulent emprunter, pour distinguer les chemins des impasses. Que la France échappe à un second tour en forme de référendum, pour ou contre l’extrémisme, ressemblerait presque aujourd’hui à une surprise. Ça tombe bien, cette présidentielle n’en est pas avare.

Posté par jourstranquilles à 10:34 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 18 mars 2017

Liste officielle des 11 candidats à l'Elysée

Le conseil constitutionnel a donné la liste des onze candidats sur la ligne de départ pour l'élection présidentielle, samedi 18 mars. Jacques Cheminade, Jean Lassalle et Philippe Poutou ont obtenu leurs 500 parrainages. Ces nouveaux noms viennent s'ajouter aux huit autres candidats qui avaient déjà obtenu leurs 500 parrainages : Nathalie Arthaud, François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan, François Fillon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Posté par jourstranquilles à 11:52 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Jean Luc Mélanchon

melenchon

Posté par jourstranquilles à 10:58 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 17 mars 2017

Bayrou sur scène avec Macron

Après avoir officialisé leur alliance au Palais de Tokyo fin février, Emmanuel Macron et François Bayrou vont passer la seconde. Pour la première fois depuis le début de la campagne électorale, les deux hommes vont tenir un meeting commun vendredi en fin d'après-midi à Reims (Marne), rapporte France 3 Grand Est.

Posté par jourstranquilles à 12:39 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Trois quarts des Français estiment que François Fillon aurait dû se retirer après sa mise en examen

La popularité de François Fillon s'effrite encore un peu plus après sa mise en examen mardi pour "détournement de fonds publics" et "recel d'abus de biens sociaux". Selon un sondage Odoxa pour franceinfo révélé vendredi 17 mars, 75% des Français estiment désormais que le candidat Les Républicains à l'élection présidentielle devrait renoncer à se présenter. À titre de comparaison, ce taux était de 70% lors du précédent sondage le 3 mars et de 61% lors de celui du 3 février.

Près de huit sondés sur dix (78%) déclarent avoir une mauvaise opinion de François Fillon. Le candidat a perdu 32 points de "bonne opinion" depuis début novembre. Seuls 58% des sympathisants de droite - hors Front national - disent aujourd'hui avoir une bonne opinion de lui.

La baisse de popularité de Fillon ralentit

Preuve de la forte dégradation de l'image du candidat, près de neuf Français sur dix (89%) considèrent qu'il n'est pas honnête, et plus de trois quarts qu'il n'est ni convaincant (76%), ni proche de leurs préoccupations (78%). Près de la moitié des sondés le trouvent toutefois courageux (46%), dont 83% des sympathisants de droite.

Seule consolation à tirer de ce sondage pour François Fillon : la baisse de sa popularité ralentit, malgré une nouvelle vague de révélations. "Le candidat a moins baissé ces dernières semaines après sa mise en examen qu'il n'avait baissé tout au long du mois de février. On a le sentiment de toucher le noyau dur de ce qui lui reste de supporters", analyse Gaël Sliman, le président de l'institut Odoxa.

Enquête réalisée sur internet les 15 et 16 mars 2017 auprès d'un échantillon de 1 006 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, parmi lesquelles 250 sympathisants de gauche, 175 sympathisants de droite hors FN, et 171 sympathisants du FN.

 

Posté par jourstranquilles à 07:58 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]