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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

samedi 23 juin 2018

Donald Trump

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jeudi 21 juin 2018

Melania Trump

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La première dame Melania Trump arrive à la base aérienne d'Andrews le 21 juin 2018, après avoir visité un centre accueillant des enfants migrants à McAllen, au Texas. Gaffe ou provocation? Le message sur sa veste fait polémique : «I really don’t care, do u ?» (Je m’en fiche complètement, et vous ?).

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Séparation des familles de migrants : Trump contraint de reculer

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Par Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde

Devant le tollé provoqué par la mise en œuvre de la « tolérance zéro », le président américain a signé un décret disposant que parents et enfants seront détenus ensemble.

Depuis son entrée en politique, il y a trois ans, Donald Trump s’était toujours montré capable de défier les lois de la politique. Jusqu’au mercredi 20 juin. En milieu de matinée, le président des Etats-Unis a pris acte d’une ligne rouge : l’instrumentalisation d’enfants à des fins électorales. Face au tollé croissant suscité par le choix de séparer les familles de sans-papiers arrêtées après le franchissement illégal de la frontière avec le Mexique, Donald Trump a battu en retraite en signant dans la précipitation un décret présidentiel disposant que les enfants et les parents seront désormais détenus ensemble pendant la durée des poursuites judiciaires.

Les jours précédents, la Maison Blanche, à commencer par le président lui-même, avait pourtant défendu sans ciller la politique de « tolérance zéro » instaurée par le ministère de la justice avec sa bénédiction qui obligeait depuis le mois de mai la police des frontières à séparer les enfants de leurs parents incarcérés avant d’être jugés, faute de pouvoir légalement emprisonner les premiers. Au moins 2 342 enfants et jeunes migrants auraient ainsi été séparés de leurs familles.

Contre toute évidence, la secrétaire à la sécurité intérieure, Kirstjen Nielsen, avait nié l’existence d’une telle politique, alors que Donald Trump prétendait dans le même temps qu’il ne faisait qu’appliquer une disposition législative héritée d’administrations démocrates, ce qui est faux.

Elections de mi-mandat

Les défenseurs de cette mesure lui trouvaient deux avantages : un effet dissuasif sur les candidats au départ des pays d’Amérique centrale qui alimentent désormais majoritairement l’immigration illégale et un moyen de pression sur le Congrès pour le forcer à adopter des mesures restrictives, y compris concernant l’immigration légale. S’ajoutant aux témoignages d’élus démocrates scandalisés après la visite de centres de rétentions, les images pourtant contrôlées par le département de la sécurité intérieure montrant des mineurs placés à l’intérieur d’espaces grillagés, ainsi qu’un enregistrement de pleurs d’enfants en très bas âge réclamant leurs parents, ont rendu progressivement cette position intenable.

Les premiers sondages montraient qu’une majorité d’électeurs républicains soutenait cette politique, alors que les deux tiers de l’ensemble des Américains interrogés s’y opposaient. Mais de nombreux membres du Congrès ont redouté que la polémique ne finisse par peser sur les prochaines élections de mi-mandat. Le sénateur du Texas Ted Cruz, qui se représente en novembre, a illustré cette crainte grandissante. Après avoir initialement soutenu la politique de « tolérance zéro », il a fait spectaculairement machine arrière en s’exprimant avec force mardi contre les séparations des familles.

Le même jour, rencontrant au Congrès des élus républicains, Donald Trump avait sans doute pris conscience de ce malaise, qui s’ajoutait aux critiques grandissantes de responsables religieux et de figures de son propre camp. Son épouse, manifestement choquée par ces mêmes images, n’était pas restée inerte, comme il l’a avoué lui-même. L’avocat qui avait suivi la procédure de naturalisation de Melania Trump a ainsi haussé la voix, manifestement avec l’assentiment de sa cliente.

Découverte des contraintes du pouvoir

Le lendemain matin, recevant à la Maison Blanche une délégation de sénateurs et de représentants, Donald Trump a semblé découvrir avec candeur les contraintes du pouvoir. « Le dilemme est que si vous êtes faible, ce que les gens aimeraient que vous soyez (…), le pays va être envahi par des millions de personnes. Et si vous êtes dur, vous semblez n’avoir aucun cœur. C’est un dilemme difficile. Peut-être que je préférerais être dur, mais c’est un dilemme difficile », a philosophé le président.

Quelques heures plus tard, il a signé un décret présidentiel interdisant les séparations de familles, dans une telle précipitation que le mot incriminé a été tout d’abord mal orthographié. « Je n’aimais pas voir des familles être séparées », a affirmé celui qui l’avait décidé. Cette signature lui a permis de se poser une nouvelle fois en homme d’action, y compris en se démentant lui-même : il avait assuré à la presse, cinq jours plus tôt, que le problème ne pouvait être réglé que par le Congrès et non de cette manière.

Ce moyen de parer au plus pressé est loin cependant de régler tous les problèmes posés par les séparations de familles. Le décret ne tourne pas le dos, en effet, à la politique de « tolérance zéro ». il implique seulement que les incarcérations toucheront désormais les familles tout entières, ce qui va poser rapidement des problèmes logistiques tout autant que juridiques.

Prélude à une bataille juridique

Le plus évident concerne la période de détention maximum qui peut s’appliquer aux enfants de sans-papiers emprisonnés. Selon une règle découlant d’un très long contentieux juridique, ces enfants ne peuvent en effet être incarcérés plus de vingt jours. Compte tenu de l’engorgement des tribunaux qu’a provoqué la politique de « tolérance zéro », la perspective de nouvelles séparations imposées n’est qu’une affaire de semaines. Sans compter qu’il faudra obtenir parallèlement la réunification des familles déjà séparées, que le décret de mercredi ne mentionne pas.

La responsable de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a immédiatement vu le danger. « Au lieu de protéger les enfants traumatisés, le président a ordonné à son procureur général d’ouvrir la voie à l’emprisonnement à long terme de familles dans des conditions carcérales », a-t-elle déploré. Autant dire que le décret présidentiel, qui a fait l’objet d’intenses discussions internes mercredi matin, selon le Washington Post, est sans doute le prélude à une vigoureuse bataille juridique, comparable à celle qui s’était ouverte au lendemain de l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, en janvier, avec la publication précipitée d’un décret anti-immigration immédiatement bloqué par des juges fédéraux.

Le salut, pour la Maison Blanche, ne peut venir aujourd’hui que du Congrès. Ce dernier, compte tenu notamment des divisions internes entre républicains, s’est montré cependant incapable jusqu’à présent de parvenir au moindre compromis sur l’immigration.

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mardi 19 juin 2018

Donald Trump a mis fin aux séparations des familles de migrants

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Donald Trump a mis fin aux séparations des familles de migrants arrivées illégalement aux Etats-Unis, qui ont provoqué une vague d'indignation mondiale et un profond malaise au sein de son parti. Photo : Une manifestation devant le bureau de l'immigration et des douanes (ICE) à San Francisco, le 19 juin 2018.

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mercredi 11 avril 2018

Donald Trump

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vendredi 2 février 2018

A suivre....

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mercredi 31 janvier 2018

Lors de son premier discours sur l’état de l’Union, Trump s’essaie à nouveau à l’unité

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Par Gilles Paris, Washington, correspondant Le Monde

Tout en conservant une rhétorique anti-immigration, le président américain a paru, mardi, faire des gestes en direction des démocrates, qui lui sont indispensables pour faire avancer ses priorités.

Le président-prompteur a éclipsé une nouvelle fois le président-Twitter, mardi 30 janvier, à l’occasion de son premier discours sur l’état de l’Union. En s’en tenant fidèlement à son texte, quitte à se montrer économe en passion, mais en évitant les provocations, Donald Trump a en effet renoué avec le ton posé adopté le 28 février 2017 devant les deux chambres du Congrès. Cette intervention avait alors fait brièvement espérer une normalisation après des débuts tumultueux à la Maison Blanche.

Après avoir excellé, une campagne présidentielle durant, dans la description apocalyptique d’une Amérique au bord du gouffre, le président s’était déjà appuyé il y a près d’un an sur ses invités présents en tribune pour donner de la chair à un discours volontariste. Il a renoué avec talent, mardi, avec cette source d’inspiration, en s’attardant longuement sur des vies de héros ordinaires ou d’exception, celles d’un soudeur, d’une secouriste, d’un pompier, d’un soldat, ou d’un dissident nord-coréen, pour nourrir une vision optimiste des Etats-Unis.

Volonté fédératrice

Donald Trump a surtout pu mettre en avant la santé éclatante de l’économie américaine dont il a revendiqué l’entière et unique paternité, sans un mot envers son prédécesseur. Sans craindre l’exagération, lorsqu’il a qualifié sa réforme fiscale de plus importante de l’histoire du pays, le président a assuré qu’elle constituait le socle d’un meilleur avenir à portée de main. « Ensemble, nous construisons une Amérique sûre, forte et fière », a-t-il assuré dans un appel à l’unité rompant avec des dizaines de messages insultants à l’égard de ses adversaires démocrates publiés sur son compte Twitter depuis plus d’un an.

Cette volonté fédératrice tient en bonne partie à des considérations politiques. Après avoir pu se passer des votes démocrates pour sa réforme fiscale en usant d’une disposition législative, Donald Trump sait qu’il ne peut en faire désormais l’économie pour voter le budget, refondre l’immigration ou lancer un programme de modernisation d’infrastructures vieillissantes évoqué brièvement mardi, compte tenu d’une trop faible majorité au Sénat.

Les ouvertures du président, cependant, ont été mesurées. Donald Trump a certes dit vouloir tendre la main « aux élus des deux partis, démocrates comme républicains, pour protéger nos citoyens, quelles que soient leurs origines, leur couleur de peau ou leur religion ». Sa proposition de régulariser 1,8 million de sans-papiers arrivés enfants aux Etats-Unis en échange d’un durcissement sans précédent depuis près d’un siècle de la politique migratoire a laissé les démocrates de marbre.

Pour une surpuissance militaire dissuasive

En rendant hommage aux parents présents en tribune de deux victimes présumées d’un gang d’origine salvadorienne, M. Trump a renoué par ailleurs avec les accents de sa campagne, assimilant l’immigration irrégulière à la criminalité. Les frontières « laissées ouvertes ont coûté la perte de nombreuses vies innocentes ».

A l’opposé, la perspective d’une régularisation risque d’autant moins de séduire les républicains que la saison des primaires va bientôt débuter pour les élections de mi-mandat prévues en novembre. Elles s’annoncent délicates pour le Grand Old Party (GOP). L’aile droite républicaine n’a d’ailleurs cessé de dénoncer d’éventuelles régularisations comme autant d’« amnisties ».

Dans la partie consacrée à la politique étrangère, M. Trump a assuré avoir restauré « la force et le standing » des Etats-Unis, passant sous silence l’isolement provoqué par de nombreuses initiatives comme le départ d’un projet de traité de libre-échange, celui de l’accord de Paris contre le réchauffement climatique (non mentionné dans son discours), ou bien les menaces agitées contre l’accord sur le nucléaire iranien. Face aux rivaux chinois et russe pointés dans sa vision stratégique publiée en décembre 2017 et qui menacent « nos intérêts, notre économie et nos valeurs », le président a plaidé pour une surpuissance militaire dissuasive.

« Beaucoup reste à faire »

Donald Trump a tempéré l’enthousiasme né des victoires enchaînées contre l’organisation Etat islamique en Irak et en Syrie, là aussi dans la continuité de son prédécesseur, en assurant que « beaucoup reste à faire ».

Seule annonce de la soirée, le président a d’ailleurs symboliquement déclaré qu’il avait signé, avant de se rendre au Congrès, un décret annulant celui de Barack Obama en faveur de la fermeture de la prison de Guantanamo. Les républicains du Congrès qui avaient empêché le président démocrate de tenir sa promesse, l’ont vigoureusement applaudi.

Une ovation tout aussi monolithique a salué la fin de l’intervention de Donald Trump. En 2017, quatre jours avaient passé avant que le président-Twitter reprenne le dessus en accusant sans la moindre preuve son prédécesseur de l’avoir mis sur écoutes. Le décompte pour 2018 est désormais enclenché.

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dimanche 28 janvier 2018

Trump prêt à signer une nouvelle version de l’accord de Paris sur le climat

Dans une interview donnée à la chaîne britannique ITV, le président américain assure qu’il pourrait reconsidérer le retrait de son pays « si le traité était totalement différent ».

Le président américain Donald Trump serait prêt à signer l’accord de Paris sur le climat, mais seulement s’il comprend des modifications importantes, selon des extraits d’une interview qui sera diffusée dimanche 28 janvier par la chaîne de télévision britannique ITV.

Donald Trump avait annoncé en juin 2017 que les Etats-Unis se retiraient de l’accord de Paris, le qualifiant de « mauvais accord » pour l’économie américaine, une décision désapprouvée internationalement. Bien qu’il reste ferme dans ses critiques contre l’accord historique signé par son prédécesseur, Barack Obama, M. Trump s’est dit prêt à signer un accord remanié.

« L’accord de Paris serait pour nous un désastre », a-t-il affirmé. « S’ils faisaient un bon accord… il y a toujours une chance que nous revenions », a-t-il ajouté, décrivant l’accord actuel d’« injuste » pour les Etats-Unis.

« Il faudrait qu’il soit totalement différent »

Ce traité historique a été signé à Paris par 197 nations, en 2015, après d’intenses négociations. Des engagements volontaires de réduction des émissions de carbone avaient alors été pris.

« Si quelqu’un disait “revenez dans l’accord de Paris”, il faudrait qu’il soit totalement différent car nous avions un accord affreux », estime M. Trump, selon des extraits de l’interview. « Pourrais-je y retourner ? Ouais, j’y retournerais… J’adorerais cela. »

Donald Trump, qui a déjà laissé la porte entrouverte à un retour dans l’accord de Paris en cas de renégociations – sur lesquelles il est cependant toujours resté évasif –, avait déjà déclaré début janvier que les Etats-Unis pourraient « en théorie y revenir ».

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samedi 27 janvier 2018

A Davos, Trump tente de rompre l’isolement des Etats-Unis

Par Sylvie Kauffmann, Davos, Suisse, envoyée spéciale - Le Monde

« L’Amérique d’abord ne veut pas dire l’Amérique seule », a assuré le président américain, qui ne parle plus de « leadership » mais de « partenariat ».

Dès la deuxième phrase, le ton était donné : « Je suis ici pour représenter les intérêts des Américains. » Fidèle au mot d’ordre qui l’a fait élire, « America First », le président Donald Trump a tenu à rappeler d’emblée, vendredi 26 janvier, devant le public très international du Forum économique de Davos, que sa première priorité était l’état de son pays et de ses électeurs, pas celui de la planète.

C’était la première fois que Donald Trump participait au Forum de Davos. Sa décision de venir avait surpris : en quarante-huit ans d’existence, ce forum, qui attire aujourd’hui 3 000 participants, est devenu le symbole du rassemblement des élites mondiales, celles-là même contre lesquelles le candidat Trump avait fait campagne. Pourquoi donc ce président qui déteste voyager prenait-il la peine d’aller à la rencontre d’élites si violemment dénoncées ?

La réponse tient sans doute dans le slogan que M. Trump a placé au cœur de ce discours d’un quart d’heure, en clôture du Forum : « L’Amérique d’abord ne veut pas dire l’Amérique seule. » Non, assure-t-il, l’Amérique n’est pas isolée. Le slogan, à vrai dire, n’est pas nouveau. C’était même le titre d’une tribune signée de deux hauts responsables à la Maison Blanche, Gary Cohn, chef du conseil économique, et le général H. R. McMaster, conseiller à la sécurité nationale, publiée par le Wall Street Journal le 30 mai 2017, au lendemain du premier voyage à l’étranger du nouveau président.

Cette tournée, qui avait emmené M. Trump en Arabie saoudite, en Israël, puis en Europe, avait suscité de grosses interrogations sur l’abandon par les Etats-Unis de leur leadership sur la scène internationale. Les deux conseillers de M. Trump avaient alors voulu redresser cette image : « America First, écrivaient-ils, est bien le signe du rétablissement du leadership américain et du rôle traditionnel de notre gouvernement à l’étranger. »

Eviter toute embardée

Huit mois plus tard, à l’évidence, une nouvelle remise à niveau s’imposait. Donner la priorité à la prospérité de ses concitoyens plutôt que de se lancer dans de désastreuses aventures militaires en Irak est une chose, s’effacer de la scène internationale au point de laisser le président chinois Xi Jinping ou le premier ministre indien Narendra Modi s’y pavaner en est une autre. Le spectacle du premier ministre canadien Justin Trudeau annonçant triomphalement, mercredi, la conclusion du TPP (Trans-Pacific Partnership), accord de libre-échange entre onze pays du Pacifique, en dehors des Etats-Unis, avait quelque chose d’humiliant pour Washington.

M. Trump est donc venu à Davos délivrer un message, dûment retransmis à ses électeurs : les Etats-Unis, loin de se couper du monde, ont retrouvé leur splendeur économique. Il s’y est employé avec discipline. Ceux qui s’attendaient à une des gaffes dont il a le secret ont été déçus : la brièveté du discours du président américain et les deux questions anodines que lui a posées ensuite le président du Forum, le professeur Klaus Schwab, ont permis d’éviter toute embardée – les deux hommes avaient d’ailleurs passé une heure ensemble dans la matinée pour préparer cet échange de dix minutes.

Le naturel revenant au galop, Donald Trump n’a pas pu s’empêcher d’attaquer à nouveau, dans cette brève conversation, la presse, dont il a découvert, depuis qu’il fait de la politique, à quel point elle est « méchante, vile, vicieuse, et fausse ». Ces remarques lui ont valu de se faire huer.

Pourtant, s’il n’a eu droit ni aux applaudissements chaleureux ni à l’ovation debout réservés à MM. Modi et au président Macron, Donald Trump n’a pas non plus eu à se plaindre de l’accueil de Davos. La salle était pleine à craquer, la curiosité énorme, les PDG conquis par son programme de réductions d’impôts et la hausse des indices boursiers. Le président américain a eu beau jeu de se vanter vendredi d’avoir gagné « quinze nouveaux amis », les quinze PDG européens qu’il avait invités à dîner la veille, et qui ne s’étaient pas plus fait prier que ceux que M. Macron a invités à Versailles.

Argumentaire de VRP

Dans tous ces milieux, l’Amérique est attendue, tant son poids reste central. Mais son rôle dans le monde tel que l’a défendu le président vendredi est bien en rupture avec la tradition américaine de l’après-deuxième guerre mondiale. M. Trump ne parle plus de « leadership » américain (le mot n’a pas été prononcé à Davos) mais de « partnership », de partenariat. Lorsque M. Trump ou ses collaborateurs parlent de « l’ordre international », c’est un ordre fait de relations bilatérales dans lesquelles chacun est encouragé à « défendre ses intérêts », comme dans un deal immobilier.

Washington ne peut envisager de rejoindre les accords multilatéraux dont il s’écarte – TPP, accord de Paris sur le climat, accord sur le nucléaire iranien – que s’ils sont modifiés pour convenir aux intérêts américains. Lorsque Donald Trump vante les mérites de son pays aux investisseurs étrangers, on est plus près de l’argumentaire du VRP que de celui de Ronald Reagan et de la fameuse « ville qui brille sur la colline ».

Le chef de la Maison Blanche demande la réciprocité dans les échanges avec la Chine, qu’il a accusée vendredi, sans la nommer, de « comportements prédateurs ». Ce souci est partagé par les Européens. Mais l’administration américaine choisit de le gérer par des mesures unilatérales, comme des barrières tarifaires sur les panneaux solaires, plutôt que devant des instances multilatérales.

« Les guerres commerciales ont toujours existé, fait valoir le secrétaire au commerce, Wilbur Ross. Ce qui est nouveau, c’est que les troupes américaines montent à l’assaut. » Cette vision du système international reste l’une des différences marquantes avec les Européens. Une autre a été l’absence frappante, dans les propos de M. Trump, de thèmes largement évoqués à Davos, comme ceux des inégalités, des valeurs, du changement climatique, ou de l’égalité hommes-femmes.

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samedi 13 janvier 2018

«Pays de merde» : la grossièreté de Donald Trump suscite un tollé

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Jeudi, le président des États-Unis aurait qualifié Haïti, le Salvador et plusieurs nations africaines de «pays de merde». Une déclaration démentie mais qui a déclenché une indignation mondiale.

«Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici?» Selon des sources concordantes, Donald Trump, grand habitué des phrases choc, aurait franchi une nouvelle étape langagière jeudi, lors d'une réunion à la Maison-Blanche. Ces propos viseraient particulièrement plusieurs États africains ainsi que le Salvador et Haïti, le président estimant que les États-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège, dont il avait rencontré la première ministre la veille.

Le milliardaire républicain recevait dans le Bureau ovale plusieurs sénateurs, dont le républicain Lindsey Graham et le démocrate Richard Durbin, pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l'accès à la loterie pour la carte verte. En échange, l'accord permettrait d'éviter l'expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux États-Unis.

Des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes»

Les réactions n'ont pas tardé à pleuvoir. Après une longue réunion d'urgence, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l'ONU ont exigé des excuses et une «rétractation», condamnant des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes». Ils se sont déclarés préoccupés par la tendance «grandissante» de l'administration Trump «à dénigrer le continent et les gens de couleur». Le Sénégal et le Bostwana ont par ailleurs convoqué chacun l'ambassadeur américain. L'ONU a qualifié ces remarques de «choquantes et honteuses» et l'Union africaine de «blessantes» et «dérangeantes». Le gouvernement haïtien a dénoncé des propos «odieux et abjects» qui, s'ils étaient avérés, seraient à tous égards «inacceptables car ils refléteraient une vision simpliste et raciste». Le ministre cubain des Affaires étrangères a condamné «fermement» ces déclarations «racistes, dénigrantes, grossières, pleines de haine et de mépris», qui suscitent selon lui «l'indignation du peuple cubain». Au Venezuela, le président Nicolas Maduro a appelé à la solidarité avec les nations «agressées» par Donald Trump. La Russie a jugé les propos du président américain «extrêmement négatifs».

«Trump, président de merde»

«#Trumppresidentdemerde». Ce matin, tout en sobriété, l'ancien ministre et actuel président de l'Institut du monde arabe, Jack Lang, a traité Donald Trump de «président de merde» sur Twitter. «C'est un cri du cœur, un cri de révolte après ce qu'il a dit sur les Haïtiens. J'ai envie qu'on dise dans le monde entier: “président de merde“, comme un cri de ralliement contre ce personnage humiliant et offensant», a insisté Jack Lang auprès de l'AFP.

Aux États-Unis, l'ancien directeur du FBI James Comey a écrit sur Twitter: «La grandeur de ce pays et son génie viennent de sa diversité». Chelsea Clinton a rappelé que certains «immigrants du Salavdor, d'Haïti et d'Afrique ont aidé à construire notre pays». Mêmes échos chez son père, l'ancien président Bill Clinton, qui a souligné «les immenses contributions des immigrants d'Haïti et d'autres nations à l'Amérique», appelant au «respect et à la gratitude» pour «eux et leurs pays d'origine». «Enfin un président qui dit ce que nous pensons tous!»

Parmi l'océan de critiques, certaines personnalités américaines ont félicité leur chef d'État. «Enfin un président qui dit ce que nous pensons tous!», a salué Marco Gutierrez, créateur du mouvement «Latinos for Trump». La blogueuse conservatrice Stacy Rush a estimé que ces critiques empêchaient les États-Unis de traiter les problèmes de fond. «Il est lamentable que notre pays, et notamment la presse généraliste, perde du temps sur le mot #shithole alors que nous avons de vrais problèmes qui doivent être traités», écrit-elle. Sans démentir le fond de ses propos, le président américain a déclaré vendredi qu'il n'avait pas utilisé l'expression «pays de merde». «Le langage que j'ai utilisé pendant la réunion était rude, mais ce ne sont pas les mots utilisés», a écrit Donald Trump sur Twitter, avant d'assurer dans un deuxième message qu'il n'avait «jamais dit quoi que ce soit de péjoratif sur les Haïtiens à part que Haïti est évidemment pays un pays très pauvre et sujet aux troubles. (...) J'ai une relation merveilleuse avec les Haïtiens».

La Maison-Blanche a souligné que le chef d'État se battrait «toujours pour le peuple américain». «Comme d'autres nations ayant une immigration fondée sur le mérite, le président Trump se bat pour des solutions durables qui renforcent notre pays en accueillant ceux qui contribuent à notre société, font croître notre économie et s'assimilent à notre grande nation», a insisté un porte-parole de l'exécutif, Raj Shah, dans un communiqué. Lost in translation

«Pays de merde», «pays de chiottes», «merdiers, «trous à rats», «trous paumés»... L'expression «shithole countries» n'a pas toujours été traduite de la même façon partout dans le monde, comme le souligne l'Agence France-Presse.

Si la presse francophone et espagnole s'est accordée sur «pays de merde», les médias grecs ont préféré «pays de chiotte» et les allemands «trous à rats» Le journal syndical russe Troud a choisi «trous à merde» et le Corriere della Sera italien utilise le terme «merdiers».

Chine et Pays-Bas ont préféré éviter la grossièreté et parlent respectivement de «mauvais pays» et d'«arriérés». La palme de l'originalité revient à la presse serbe - qui évoque «l'endroit où les loups copulent» - et à l'agence taïwanaise CNA - qui cite «des pays où les oiseaux ne pondent pas d'œufs».

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Jack Lang traite Donald Trump de «président de merde»

L'ancien ministre de la Culture Jack Lang ne mâche pas ses mots pour dénoncer les propos de Donald Trump sur les "pays de merde", qualifiant en retour le président américain de "président de merde".

L'ancien ministre de François Mitterrand a utilisé cette expression samedi sur son compte Twitter et sur Facebook. "C'est un cri du coeur, un cri de révolte après ce qu'il a dit sur les Haïtiens", s'est justifié Jack Lang contacté par l'AFP. "J'ai envie qu'on dise dans le monde entier: 'président de merde', comme un cri de ralliement contre ce personnage humiliant et offensant", a insisté le président de l'Institut du monde arabe (Ima).

"Ce qui m'a motivé, a expliqué l'ancien ministre âgé de 78 ans, c'est d'entendre ce type (Donald Trump, ndlr) chaque heure chaque jour dire n'importe quoi, insulter".

L'ancien ministre qui se déclare "solidaire" des pays africains et d'Haïti, "pays que j'aime", a dénoncé le "mépris" du président américain à leur encontre. "Ce mépris est inqualifiable. C'est blessant, offensant (...) Tous les jours, il déverse du mépris sur les uns sur les autres".

Selon Jack Lang, Donald Trump est "un xénophobe et un raciste maladif". "C'est indigne de l'Amérique, grand pays de liberté, de grandes aventures d'émancipation", a estimé l'ancien ministre.

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