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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

samedi 4 août 2018

A Brégançon, May tente d’amadouer Macron, perçu comme hostile à son plan Brexit

La dirigeante britannique, reçue vendredi par le président, a un besoin urgent du soutien des Européens pour assurer la survie de son plan de divorce, attaqué de toutes parts.

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Le dessin est cruel. A mains nues, chaussées de ses fameux escarpins, Theresa May tente d’escalader une tour du fort de Brégançon, la résidence présidentielle du Var. « Pourquoi ne me permettez-vous pas de prendre l’escalier ? », supplie la première ministre britannique. Au sommet, près d’un drapeau tricolore, Emmanuel Macron la nargue : « Je ne peux pas vous faire des concessions unilatérales ! » Même pour la presse conservatrice comme dans cette caricature du Times, il n’y a aucun doute : Mme May a sollicité le rendez-vous de Brégançon et y est arrivée en position de demandeuse. Elle a écourté ses vacances dans les lacs italiens pour plaider la cause de son nouveau plan Brexit – dont dépend son avenir politique – au cours d’un entretien avec le président français, vendredi 3 août, avant un dîner avec leurs conjoints respectifs.

« Aidez-nous, sinon le Brexit sera une tragédie », avait déjà plaidé, mardi 31 juillet à Paris le nouveau chef du Foreign Office Jeremy Hunt. En dix jours une bonne partie du gouvernement britannique a défilé à Paris.

Ministre du commerce, des finances, du Brexit et des affaires étrangères ont tous développé la même rhétorique du « no deal » (absence d’accord) : si vous ne soutenez pas le compromis raisonnable de Mme May, les négociations de Bruxelles risquent d’échouer avec des conséquences catastrophiques pour vous comme pour nous : rétablissement des contrôles douaniers, commerce paralysé, emplois menacés par centaines de milliers. « L’échec des négociations sur le Brexit n’est dans l’intérêt de personne », a résumé David Lidington, numéro deux du gouvernement May lui aussi de passage à Paris, dans un entretien au Monde.

Un exercice qui relève de l’acrobatie

Si Downing Street a orchestré un tel ballet parisien et si Mme May fait le détour de Brégançon, c’est qu’Emmanuel Macron est considéré par le gouvernement britannique comme la principale pierre dans son jardin. A tort ou à raison, les Britanniques considèrent Angela Merkel comme plus ouverte. Derrière l’attitude du président français, Londres croit discerner la volonté farouche d’attirer à Paris des emplois de la City. « Les Français ne cessent de doucher les demandes britanniques, se plaint un responsable politique dans le Guardian. Aucun pays ne se montre aussi désobligeant. »

Après deux ans de tergiversations, la première ministre britannique a fait des concessions. Son « livre blanc » propose un quasi-maintien dans le marché unique pour les biens – ce qui éviterait le retour d’une frontière en Irlande –, tandis que les services financiers comme ceux de la City, essentiels pour les Britanniques, n’accéderaient plus automatiquement au continent.

Officiellement, le plan a été reçu fraîchement par Michel Barnier qui refuse l’idée de scinder le marché unique, ce qui l’affaiblirait. « La France souhaite un partenariat privilégié tant sur le plan économique qu’en matière de sécurité. Ce futur partenariat devra respecter l’intégrité du marché unique et les conditions d’une concurrence loyale », a rappelé Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes, après avoir reçu M. Hunt, exprimant une hantise française : un dumping fiscal et social britannique post-Brexit.

Pour Mme May, l’exercice relève de l’acrobatie. Elle et ses ministres agitent la menace d’un « no deal » en réalité peu probable. Ce faisant, ils transforment les « opportunités » du Brexit vantées par les tories en catastrophe, évoquant de possibles pénuries de nourriture et de médicaments en cas de blocage de la frontière. Le géant pharmaceutique français Sanofi a annoncé jeudi qu’il renforçait ses stocks au Royaume-Uni. En écho, Marks & Spencer a averti que les Français risquent d’être privés de ses sandwiches qui traversent la Manche quotidiennement.

Besoin urgent du soutien des Européens

Londres se plaint en outre de l’intransigeance de Michel Barnier, le Français qui conduit la négociation sur le Brexit au nom des Vingt-Sept, ce qui n’est pas forcément habile. « Ceux qui chercheraient une feuille de cigarette entre le mandat des vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement et ce que je fais, perdent leur temps », a prévenu l’intéressé visiblement agacé par les tentatives de Londres de « diviser pour régner ». Theresa May a rendu visite, vendredi 27 juillet, au chancelier autrichien Sebastian Kurz considéré comme un allié dans ces manœuvres.

En réalité, les Vingt-Sept n’ont nullement fermé la porte. M. Barnier, dans un entretien publié jeudi 2 août dans vingt journaux européens, Michel Barnier s’est dit prêt à « améliorer » le plan de Mme May afin d’aboutir à l’établissement avec le Royaume-Uni de nouvelles relations « sans précédent par leur portée et leur contenu ». Une expression qui semble faire droit à la revendication britannique d’un accord « sur mesure ».

Theresa May a un besoin urgent du soutien des Européens pour assurer la survie de son plan attaqué de toutes parts, alors que l’accord scellant le Brexit doit être approuvé impérativement avant la fin 2018. Le prochain moment clé est programmé le 20 septembre à Salzbourg, lors d’un sommet européen spécial. Mme May devrait mettre en avant les enjeux sécuritaires, où les Britanniques disposent de leurs meilleurs atouts (renseignement, coopération policière et militaire).

Un minimum d’ouverture des Européens lui sera nécessaire pour aborder l’étape suivante de son calvaire : le congrès des Tories du début octobre où elle affrontera les europhobes de son parti qui l’accusent de « trahir » le Brexit. Au regard de la guerre de tranchées qui s’annonce à ce congrès de Birmingham, l’escapade de Brégançon aura été probablement une aimable parenthèse.

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vendredi 20 juillet 2018

Brexit : l’Union européenne se prépare au scénario du pire

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Par Cécile Ducourtieux, Bruxelles, bureau européen - Le Monde

La Commission a publié jeudi son plan au cas où le Royaume-Uni quitterait l’UE sans un accord. Les deux parties ont jusqu’en mars 2019.

Preuve que l’heure est grave : jeudi 19 juillet, la Commission européenne a rendu public un document à l’attention des vingt-sept Etats membres destiné à leur expliquer la marche à suivre en cas d’absence d’accord sur les conditions du divorce avec Londres, censé être acté au plus tard le 29 mars 2019.

Il ne reste plus que huit mois pour boucler un traité de divorce, mais, étant donné le chaos politique à Londres, où la première ministre, Theresa May, a eu le plus grand mal à imposer à son propre camp conservateur sa dernière vision du Brexit, la crainte d’un no deal (« aucun accord ») est montée en flèche à Bruxelles ces derniers jours. « Les préparations [pour un no deal] doivent être lancées immédiatement, à tous les niveaux, et prendre en compte tous les scenarii », explique la Commission dans son document.

« Nous travaillons jour et nuit à un accord, mais les opérateurs économiques et les Etats membres doivent être prêts à toutes les éventualités », a précisé Mina Andreeva, porte-parole de la Commission, jeudi. Ce n’est pas l’institution qui est à l’initiative du document mais les vingt-sept capitales : elles lui ont expressément demandé d’y travailler lors du dernier Conseil européen, le 29 juin.

Conséquences multiples et redoutables

Cependant, insister sur ce document le jour où le chef négociateur des Européens, Michel Barnier, rencontre son nouvel équivalent britannique, Dominic Raab, semble quand même le moyen pour l’institution communautaire de faire prendre conscience au gouvernement britannique que le scénario catastrophe risque de se matérialiser s’il n’adopte pas enfin une ligne claire sur sa vision du divorce.

En l’absence d’accord de divorce, explique la Commission dans sa communication, la période de transition réclamée par Londres pour parachever sa « relation future » avec l’Union européenne (UE), censée démarrer le jour J du Brexit, le 30 mars 2019, et s’achever le 31 décembre 2020, sera caduque. Au 30 mars 2019, le Royaume-Uni sera considéré comme un Etat tiers de l’UE.

Les conséquences sont multiples, et redoutables. Les expatriés européens et britanniques ? Aucun arrangement particulier ne tiendra pour eux au lendemain du Brexit : les Européens installés au Royaume-Uni ne se verront plus garantir leur droit de séjour, idem pour les Britanniques installés dans les Etats membres.

Ces derniers devront par ailleurs avoir « réintroduit leurs contrôles aux frontières pour tous les flux de biens et de personnes venant ou allant au Royaume-Uni [contrôles douaniers mais aussi phytosanitaires, et sanitaires] », précise le document bruxellois. Les opérateurs économiques devront aussi prendre en compte que ces contrôles « impacteront sévèrement les transports », « entraîneront des délais conséquents » et « des difficultés dans les ports ».

Sensibiliser les TPE et les PME

Si les grandes entreprises sont déjà en train de prendre leurs dispositions, notamment dans le secteur financier, la Commission entend surtout sensibiliser les PME-TPE. « Nombre d’entre elles n’ont aucune expérience du commerce avec des pays tiers, car elles ne commercent qu’à l’intérieur du marché unique. » Or ces entités vont devoir, une fois le Royaume-Uni parti, « s’acquitter de procédures [déclarations aux douanes], auxquelles elles ne sont pas du tout habituées mais qui sont obligatoires dans le cas des pays tiers ».

Si la Commission mobilise déjà des dizaines d’experts en interne pour le  no deal, l’essentiel du travail de préparation reste à la charge des Etats. A eux, entre autres, de se tenir prêts à déconnecter le Royaume-Uni de leurs multiples bases de données informatiques, le jour J du Brexit… Certains ont déjà pris les devants. L’Irlande en particulier, probablement l’Etat le plus touché par le futur Brexit avec près de la moitié de sa production agricole destinée au Royaume-Uni. Dublin a lancé un site Web (prepareforbrexit.com) pour les PME-TPE, leur permettant d’évaluer l’impact du Brexit sur leur activité. Un système de prêts jusqu’à 5 000 euros a également été mis en place pour les aider à se préparer.

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jeudi 19 juillet 2018

L’impasse du Brexit fait monter l’hypothèse catastrophe d’un divorce sans accord

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Par Philippe Bernard, Londres, correspondant, Cécile Ducourtieux, Bruxelles, bureau européen- Le Monde

Au Royaume-Uni, où le dossier du divorce avec l’UE est devenu synonyme de crise politique, aucune des issues possibles n’est soutenue par une majorité parlementaire.

Sauvée ! Une fois encore, la générale en chef du Brexit, Theresa May, a échappé à l’embuscade. Mardi 17 juillet, dans une atmosphère électrique aux Communes, il a fallu que quatre députés eurosceptiques de l’opposition travailliste votent avec le gouvernement pour sauver, à un cheveu près, la première ministre britannique, qui ne possède qu’une minuscule majorité parlementaire à Westminster. Douze députés conservateurs anti-Brexit lui ont fait défection, votant avec le Labour un amendement favorable au maintien dans l’union douanière européenne.

Après une journée de chaos, ce texte pro-européen visant à obliger Theresa May à renoncer à sa principale ligne rouge – la sortie du marché unique et de l’union douanière – a été rejeté de justesse par 301 voix contre 307.

La première ministre ne contrôle plus son propre parti – en cours d’implosion – et le Brexit est devenu synonyme de crise politique et d’impasse. Aucune des issues possibles au divorce avec l’Union européenne (UE) n’est soutenue par une majorité parlementaire. S’il en fallait la preuve, les derniers jours l’ont administrée.

Plus conciliant à l’égard de l’UE, le « livre blanc » de Theresa May sur l’avenir des relations avec le continent après le Brexit a déclenché un tollé aux tories. La visite de Donald Trump, qui a soufflé sur les braises, a donné des ailes aux pro-Brexit les plus durs. Lundi, ils sont passés à l’offensive à l’occasion de l’examen d’un projet de loi sur le commerce après le divorce. A la consternation des modérés, la première ministre leur a cédé, non pas sur un détail, mais sur un point central de son « livre blanc » : elle a accepté un amendement interdisant au Royaume-Uni de percevoir des taxes à la frontière pour le compte de l’UE, une mesure qu’elle veut emblématique de sa main tendue aux Vingt-Sept.

Radicalisation du débat

Ainsi, ni le « livre blanc » ni l’option nettement pro-européenne ni l’issue extrême d’une rupture avec l’UE sans le moindre accord (« no deal ») n’ont à ce stade les faveurs conjointes de la majorité parlementaire et du parti conservateur.

Partisans de ce dernier scénario, les extrémistes pro-Brexit n’ont pas, pour l’heure, les moyens politiques de leurs ambitions. Ils pourraient déclencher un vote de défiance (48 voix suffisent), mais ils ne le font pas, sachant qu’ils n’auront pas les 159 voix nécessaires pour faire tomber Theresa May.

Mais la radicalisation du débat est telle que le crash des négociations avec Bruxelles n’est plus une hypothèse d’école. « Beaucoup de tories eurosceptiques estiment que le choix est entre le plan de Theresa May et la sortie de l’UE sans deal », résume James Forsyth, chroniqueur à l’hebdomadaire conservateur The Spectator.

Furieux de voir la première ministre défendre le maintien dans le marché unique européen pour les marchandises, les partisans du « no deal » sortent peu à peu du bois. Le Brexit ultralibéral dont ils ont toujours rêvé consiste à transformer le Royaume-Uni en pays pratiquant le dumping fiscal, social et environnemental aux portes du continent. Pas question pour eux de rester dans une union douanière qui barre l’accès à leur nirvana : des accords de libre-échange purement « british » avec les Etats-Unis, l’Inde et la Chine.

« Lignes rouges » européennes

Mais ce « Singapour sur la Manche » heurte de plein fouet le vote populaire pro-Brexit qui recherche au contraire un Etat plus protecteur, voire protectionniste. Et les conséquences économiques immédiates – chaînes d’approvisionnement coupées, files de camion à la frontière – en seraient catastrophiques.

L’ex-patron du Foreign office, Boris Johnson, et l’actuel ministre de l’environnement, Michael Gove, attendent pourtant leur heure, misant sur une chute de Theresa May, voire de nouvelles élections pour promouvoir cette nouvelle révolution thatchérienne.

Ce scénario catastrophe, l’UE veut absolument éviter. Répondant à une question sur l’amende infligée aux responsables de la campagne pro-Brexit pour avoir enfreint le code électoral lors du référendum de 2016, Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission européenne, a botté en touche : « La situation est assez compliquée pour que j’ajoute ici des commentaires. » A Bruxelles, personne n’ose encore dire officiellement son fait à Theresa May, de peur de l’affaiblir encore davantage et d’aggraver le chaos politique à Londres.

Le « livre blanc » de la première ministre ne respecte pas davantage les « lignes rouges » des Européens que ses précédentes propositions. Il réclame la poursuite de l’accès au marché intérieur européen sans en respecter les quatre libertés de circulation, puisque Londres veut se ménager la possibilité de contrôler sa migration.

L’échéance du Brexit se rapproche dangereusement

Les Britanniques souhaitent aussi maintenir leur participation dans des agences européennes (sécurité aérienne, sécurité des aliments), ce qui est incompatible avec l’autonomie de décision des Européens. Londres propose encore un système de double contrôle douanier, considéré comme une usine à gaz en puissance.

Pour autant, la Commission de Bruxelles et les Etats membres ne devraient pas repousser sèchement la proposition, sachant le capital politique qu’elle a déjà coûté à Theresa May. « Ce livre blanc ne doit pas être considéré comme une base de négociation, il est plutôt destiné à un usage de politique intérieure. Si on le décortique trop, on va casser la dynamique de discussion », relève un diplomate européen.

Si l’intérêt des Européens prime, ils ne souhaitent pas la chute de la première ministre britannique. Qui signifierait la perte de précieux mois de négociations, alors que l’échéance du Brexit se rapproche dangereusement : c’est pour dans huit mois. « Theresa May a fait preuve jusqu’à présent d’une vraie résilience », souligne un diplomate bruxellois. Les négociateurs, réunis à Bruxelles depuis le 16 juillet, se concentrent sur les aspects techniques de l’accord de divorce, les moins contentieux.

Preuve cependant que la crainte d’un « no deal » monte sérieusement à Bruxelles : la Commission a rédigé un document détaillant la marche à suivre en l’absence d’accord le 30 mars 2019, jour du Brexit officiel. Selon la chaîne irlandaise RTE, le texte souligne qu’au jour du divorce, les Etats membres devront considérer le Royaume-Uni comme un pays tiers et réintroduire les contrôles aux frontières, pour les biens et les personnes.

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jeudi 12 juillet 2018

L'ÉDITO de Henri Vernet - Le Parisien - Trump Imperator

Quels que soient les pays visités, quel que soit l’ordre du jour, Donald Trump débarque avec la délicatesse d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Ainsi du sommet de l’Otan, qui s’est achevé ce jeudi à Bruxelles et réunissait la puissante Amérique et ses alliés canadien et européens. Trump Imperator commence par une bonne engueulade : « De nombreux pays ne paient pas ce qu’ils devraient et, franchement, de nombreux pays nous doivent un énorme paquet d’argent depuis des années ». Il aurait pu dire un « pognon de dingue »… En clair, l’Oncle Sam en a assez d’assurer à grands frais la défense d’une Europe qui ne prendrait pas assez sa part. C’est oublier qu’après le 11 septembre 2001, les alliés européens activèrent sans barguigner l’article 5 du Traité prévoyant la solidarité des membres de l’Alliance en cas d’attaque contre l’un d’entre eux. Deuxième charge trumpienne : « Nous protégeons l’Allemagne, nous protégeons la France… » Non, Mister President. La France est certes une alliée fidèle des Etats-Unis, mais depuis de Gaulle et la politique de dissuasion nucléaire, maintenue par tous les successeurs du général à l’Elysée, elle ne s’en remet qu’à elle-même pour ce qui concerne sa sécurité ultime. De plus, elle n’a pas attendu les foudres donaldesques pour hausser son effort de défense, Emmanuel Macron s’étant engagé, dès l’an dernier, à le porter à 2 % du PIB. Mais qu’importent les faits, l’essentiel pour Trump, déjà passé à un autre sujet, est de faire le buzz planétaire.

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mardi 22 mai 2018

L’Europe face au défi du vieillissement

Par Marie Charrel - Le Monde

La chute de la population active va mettre le financement des dépenses sociales à rude épreuve et peser sur la croissance.

Les Finlandais appellent cela « äitiyspakkaus », et ils sont très fiers de cette tradition. Chez eux, chaque future mère reçoit de l’Etat, avant la naissance, une boîte en carton contenant tout le nécessaire pour le nourrisson. Une fois vide, elle se transforme en couffin.

Symbole de la politique familiale généreuse du pays nordique, cette « baby box » fut créée en 1938 pour encourager la natalité. Mais aujourd’hui, elle ne suffit plus : en 2016, pour la première fois depuis cent quarante-huit ans, le nombre de morts (53 629) a dépassé celui des naissances (52 645) en Finlande. « Un choc, raconte Timo Hirvonen, économiste chez FIM Bank, à Helsinki. Cela nous a brutalement rappelé que nous vieillissons. Et que le déclin démographique va nous poser un défi majeur. »

« Chute de la natalité »

Ce n’est pourtant rien à côté de celui qui attend l’Italie. Il y a quelques mois, le maire d’Ollolai, pittoresque village de Sardaigne, a mis en vente 200 maisons pour 1 euro chacune, dans l’espoir de repeupler son bourg : en cinquante ans, la population a chuté de 2 250 à 1 300 habitants. Une ­dizaine de villages italiens ont déjà tenté l’expérience, avec plus ou moins de succès. Et d’autres devraient suivre : en 2017, la population de la péninsule, où les décès surpassent également les naissances, a fondu de 100 000 personnes. L’équivalent de la ville de Pise rayée de la carte.

Ces dix dernières années, l’Union européenne (UE) s’est concentrée sur l’urgence : réparer les dégâts de la crise de 2008, nettoyer son secteur bancaire, relancer l’économie. Elle en a presque oublié l’autre mutation à l’œuvre, susceptible de transformer son économie en profondeur. « Com­me l’ensemble des pays industrialisés, l’Europe vieillit rapidement du fait de l’allongement de l’espérance de vie et de la chute de la natalité », dit Laurent Chalard, géographe de la population à Paris-Sorbonne.

Ces prochaines années, la plupart des pays membres vont voir leur population en âge de travailler diminuer. D’après les projections d’Eurostat, celle-ci (20-64 ans) devrait baisser de 0,4 % par an d’ici à 2040. Sans apport migratoire, l’Europe pourrait perdre 16 % de sa population d’ici à 2060. Et pour cause : à 1,6 enfant par femme, son taux de fécondité est inférieur au seuil nécessaire (2,05, soit 205 enfants pour 100 femmes) pour assurer le renouvellement des générations.

Cette mutation représente aussi une opportunité

Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. « La France est mieux lotie, elle vieillit moins vite que l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne », rappelle Gérard Cornilleau, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

D’après les projections de la Bundesbank, la population en âge de travailler (45,8 millions d’individus aujour­d’hui) devrait diminuer de près de 2,5 millions de personnes d’ici à 2025 outre-Rhin. Le basculement observé en Europe de l’Est est plus vertigineux encore : après la chute du bloc communiste, la natalité s’est effondrée tandis que l’émigration a explosé. Vingt millions de personnes ont quitté la région depuis les années 1990, soit 5,5 % de la population. Si bien qu’aujourd’hui, les entreprises polonaises, tchèques ou hongroises font face à une pénurie de main-d’œuvre si sérieuse qu’elle risque de freiner le rattrapage économique de ces pays.

Les optimistes soulignent qu’à l’Ouest, cette mutation représente aussi une opportunité. C’est l’eldorado de « l’économie argentée », en référence aux cheveux poivre et sel des seniors. Selon ­Natixis, celle-ci pèse aujourd’hui 8 900 milliards de dollars (7 500 milliards d’euros) annuels dans le monde, et contribuera pour un tiers à la croissance des principales économies ces trente prochaines années. Car les têtes grises consomment. Bénis soient les baby-boomers, aujourd’hui au seuil de la retraite.

Envolée des dépenses publiques

Grâce à la forte croissance des « trente glorieuses », dont ils ont profité à plein, ils disposent d’un pouvoir d’achat et d’un patrimoine relativement confortables. Pour le tourisme, l’industrie pharmaceutique ou la finance, ils représentent un marché considérable.

« Au début des années 2000, l’Allemagne vivait son vieillissement avec angoisse, remarque Cécile Oberlé, spécialiste de la société allemande à Paris-I et à l’UMR Sirice, un laboratoire spécialisé sur l’Europe. Aujourd’hui, il est vu de façon bien plus positive : les seniors s’engagent, bougent, participent à la société de façon dynamique. »

Mais il ne faut pas s’y tromper : la génération du baby-boom est une exception dans l’histoire. Celles qui suivront ne disposeront probablement pas des mêmes marges de manœuvre financières. Et dans tous les cas, le vieillissement mettra le financement des dépenses sociales à rude épreuve.

Dans l’UE, les dépenses publiques des pays membres liées à la retraite et à l’aide aux personnes âgées devraient gonfler de 50 % d’ici à 2060 pour atteindre 12 % du produit intérieur brut (PIB), selon Bruxelles. Sans parler des dépenses de santé. Pour y faire face, nombre d’Etats ont d’ailleurs engagé des réformes afin d’assurer la pérennité de leurs systèmes de retraite.

Des spécificités nationales

Mais le vieillissement aura aussi une incidence sur la croissance de long terme. Elle est délicate à évaluer. Certaines études théoriques estiment que le déclin démographique est une opportunité pour gérer le ralentissement de l’économie – voire la décroissance promue par certains pour adapter notre consommation aux ressources limitées de la planète. D’autres jugent qu’il devrait se traduire par un niveau de richesse par habitant plus élevé, et nous amènera à innover davantage pour remplacer le départ des travailleurs. D’autres, enfin, soulignent que le vieillissement des actifs provoquera une baisse de la productivité, une moindre diffusion du progrès technique et le déclin de l’innovation.

Il est probable que cela dépende beaucoup des spécificités nationales, comme des politiques publiques mises en œuvre pour accompagner (et freiner) le phénomène. Décaler l’âge du départ à la retraite ne suffira pas. « Former les seniors afin qu’ils conservent leur emploi et continuent de développer leurs compétences est tout aussi indispensable », souligne Mathil­de Lemoine, chef économiste du groupe Edmond de Rothschild, dans une note sur le sujet. En particulier en France, où les plus de 45 ans peu qualifiés bénéficient rarement de formation.

Autre piste : l’ouverture à l’immigration, à laquelle s’essaye, par exemple, l’Allemagne. Mais aussi, le développement du taux d’emploi des femmes, trop faible dans certains pays. Notamment dans le sud de l’Europe, où beaucoup de mères cessent de travailler pour élever les enfants, ou sont cantonnées aux emplois précaires.

Ici, l’enjeu n’est pas seulement de compenser le déclin de la population active. Il est aussi de réduire les inégalités parmi les retraités. Car selon Eurostat, les pensions des femmes européennes sont, en moyenne, 37 % plus basses que celles des hommes.

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mercredi 18 avril 2018

Défense de la démocratie, budget, réfugiés… le grand oral européen d’Emmanuel Macron à Strasbourg

Mardi, le chef d’Etat s’est adressé pour la première fois aux députés européens. Il a livré un plaidoyer pour la défense de la démocratie dans l’UE, mais a aussi appelé à « dépasser le débat empoisonné » sur les quotas de répartition de réfugiés.

C’était son premier grand oral devant les députés européens réunis à Strasbourg. Le président français, Emmanuel Macron, a livré, mardi 17 avril, un plaidoyer pour la défense de la démocratie dans l’Union européenne (UE), mettant en garde contre « les tentations autoritaires » et les replis nationaux, qui réveillent une « forme de guerre civile européenne ».

« Je ne veux pas faire partie d’une génération de somnambules », a lancé le chef de l’Etat devant les eurodéputés avec lesquels il a échangé pendant environ trois heures, ponctuées par des applaudissements.

« J’appartiens à une génération qui n’a pas connu la guerre et qui est en train de s’offrir le luxe d’oublier ce que ses prédécesseurs ont vécu », a-t-il dit, dressant un tableau sombre de la situation du Vieux Continent sur fond de montée des populismes et du sentiment antieuropéen dans nombre de pays :

« Une forme de guerre civile européenne réapparaît [et] nos égoïsmes nationaux parfois nous paraissent plus importants que ce qui nous unit face au reste du monde. »

Pour une « une souveraineté réinventée »

Ce discours était le premier prononcé devant le Parlement européen, placé sous haute sécurité, par le jeune président français, qui avait choisi L’Ode à la joie, de Beethoven, l’hymne européen, pour célébrer son élection, en mai 2017.

Il avait ensuite proposé, dans un discours à la Sorbonne en septembre 2017, 80 initiatives pour « refonder l’Europe », notamment en renforçant la zone euro, en généralisant le programme Erasmus et en taxant les grandes entreprises du numérique.

Cette ambition a jusqu’à présent été freinée par la longue crise politique en Allemagne – dont la chancelière, Angela Merkel, viendra débattre à son tour au Parlement européen en novembre – et par les victoires de partis eurosceptiques aux récentes élections en Italie et en Hongrie.

M. Macron a appelé « à organiser le vrai débat européen qui permettra à notre peuple de choisir entre ceux qui veulent une Europe du repli et ceux qui sont prêts à porter une Europe d’une souveraineté réinventée, d’une démocratie vivante ».

La France « prête à augmenter sa contribution »

Pour que l’UE ait les moyens de ses ambitions face aux défis internationaux, la France « est prête à augmenter sa contribution » dans le cadre du prochain budget pluriannuel post-Brexit de l’UE après 2020, a annoncé M. Macron.

Pour trouver de nouvelles ressources, il a proposé la suppression des rabais « qui ne sauraient survivre au Brexit » et il a aussi plaidé pour de nouvelles ressources européennes issues d’une taxe sur le numérique.

Concernant les migrations, l’un des sujets qui divisent le plus les Européens, M. Macron a appelé à « dépasser le débat empoisonné » sur les quotas de répartition dans l’UE et il a proposé « de créer un programme européen qui soutienne directement financièrement les collectivités locales qui accueillent et intègrent les réfugiés ».

« La vraie France est de retour. Je salue le retour de la France parmi nous », s’est réjoui le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lors du débat en plénière. Mais, a-t-il ajouté, « n’oublions pas que l’Europe n’est pas seulement franco-allemande ».

Macron attendu à Berlin jeudi

M. Macron est justement attendu jeudi à Berlin pour s’entretenir de l’avenir de la zone euro avec Angela Merkel, dont le parti conservateur (la CDU, démocratie chrétienne) a critiqué lundi son idée de création d’un budget propre à l’union monétaire pour aider les investissements.

A Strasbourg, le chef de file des socialistes, Udo Bullmann a salué « l’enthousiasme et la passion pour l’Europe » du président français. « Mais les mots ne suffisent pas », a-t-il averti, l’appelant à des « actions concrètes » et critiquant la politique migratoire de Paris.

M. Macron a reçu le soutien du chef de file de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE), Guy Verhofstadt, qui l’a encouragé à « persévérer » face aux « forces conservatrices ». « Parfois j’ai l’impression que comparé aux conservateurs en Europe, même la SNCF est un bastion de réformistes », a dit l’eurodéputé belge, déclenchant des rires dans l’assemblée.

Défense des frappes en Syrie

Sur un ton virulent, l’eurodéputé belge Philippe Lamberts (Verts) a de son côté attaqué « l’action en France » de M. Macron, qui « met à mal la devise “Liberté, égalité, fraternité” », critiquant les ventes d’armes, le nucléaire ou le démantèlement de camps de migrants.

Le président français a une nouvelle fois défendu les frappes menées en Syrie contre des sites d’armes chimiques par la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni alors que, dans l’hémicycle, quelques eurodéputés brandissaient des pancartes appelant à « arrêter la guerre en Syrie ». M. Macron a plaidé :

« Ces frappes ne règlent rien mais elles mettent fin à un système auquel nous nous étions habitués, qui est que, en quelque sorte, le camp du droit serait devenu le camp du faible. »

Premières « consultations citoyennes » sur l’UE à Epinal

Emmanuel Macron s’est ensuite rendu au centre des congrès d’Epinal, où il a lancé la première « consultation citoyenne » sur l’UE. Jusqu’en octobre, le gouvernement ira à la rencontre des Français pour écouter ce qu’ils ont à dire sur l’Europe.

Le président avait expliqué, en février, que l’objectif de ces rendez-vous menés dans les vingt-sept pays de l’UE (hors Royaume-Uni), était de « libérer la parole sur l’Europe » dans la perspective des élections européennes de 2019. Alors que les élections en Italie et en Hongrie ont vu la victoire de partis eurocritiques, M. Macron a l’intention de faire campagne contre « les tentations autoritaires » qui planent au-dessus du Vieux Continent.

Dans le chef-lieu des Vosges, un département frappé par la désindustrialisation et où le Front national a régulièrement recueilli de nombreux suffrages à chaque élection, le chef de l’Etat a souhaité « avoir un débat instruit avec les Français, pour chasser les fausses idées ».

Devant les quelque 300 personnes qui s’étaient inscrites pour participer à la rencontre, il s’est prêté, debout au centre de la salle et pendant plus de deux heures, au jeu des questions-réponses. Un jeu très fair-play, tant l’auditoire, composé en majorité de partisans de La République en marche, a peiné à être critique contre l’Europe. Au point que le président lui-même a fini par demander « si quelqu’un avait des critiques ou des doutes » sur le fonctionnement actuel de l’UE…

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mardi 17 avril 2018

Emmanuel Macron au Parlement Européen

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lundi 5 mars 2018

Elections législatives en Italie : les partis anti-européens font le plein

Selon les premières projections de résultats nationaux, réalisées à partir de sondages, la coalition de droite arriverait en tête devant le Mouvement cinq étoiles.

L’instabilité politique n’est pas une découverte pour l’Italie. Mais l’ampleur du bouleversement dessiné par les premiers résultats de ce scrutin législatif est inédit. Aucune majorité parlementaire claire n’émerge, dimanche 4 mars au soir, alors que les Italiens étaient appelés à élire pour cinq ans les 630 membres de la Chambre des députés et les 315 membres du Sénat. Et le pays, plus divisé que jamais, s’oriente à nouveau vers une situation de blocage politique.

Au niveau des partis, c’est le Mouvement 5 étoiles (M5S) qui frappe un grand coup. Avec des premières estimations le créditant de près de 32 % des voix, le parti créé en 2009 sur la promesse d’un « changement de système » s’impose comme la force majeure de l’échiquier politique italien. Le parti obtiendrait ainsi entre 195 et 235 sièges, confirmant largement sa place de premier parti d’Italie.

Mais aussi haut que le parti populiste culmine, le M5S ne peut pas rêver d’un gouvernement seul. Il le sait. Il lui faudra sceller une alliance pour atteindre une majorité absolue à la Chambre des députés et au Sénat, estimée par les politologues aux alentours de 40 % des voix. Une concession qu’il avait déjà commencé à évoquer en fin de campagne, alors que le parti avait auparavant construit son programme politique sur le rejet des coalitions et des combines politiques.

« Tout le monde va devoir venir nous parler », a commenté, dimanche soir, le responsable du M5S, Alessandro Di Battista. Reste à savoir qui répondra à cette main tendue du parti, dont les prises de position au cours de la campagne ont également beaucoup évolué, notamment vis-à-vis de l’Union européenne.

Un revers pour les partis traditionnels

Le futur allié du M5S se cache peut-être du côté de la coalition de droite, qui subit un revers. Si la formation, qui rassemble les partis Forza Italia (Silvio Berlusconi), la Ligue du Nord (Matteo Salvini) et Fratelli d’Italia, est en tête du scrutin avec environ 35 % des votes, elle est, elle aussi, loin de la majorité.

Surtout, au sein même de cette coalition se joue peut-être le plus gros bouleversement de ce scrutin. Le parti d’extrême droite de Matteo Salvini, la Ligue, dépasse d’une courte tête (16 %) le parti historique de Silvio Berlusconi, Forza Italia (15 %), selon les premiers résultats. Un score qui illustre là encore la montée en puissance des partis anti-européens, vrais gagnants de cette élection.

Nul doute que la Ligue, galvanisée par ce score historique, risque de peser aussi dans les futures négociations pour former un gouvernement. Dans le cadre de leur accord de coalition, le parti de Matteo Salvini et Forza Italia étaient convenus que la formation qui arriverait en tête prendrait la direction d’un éventuel gouvernement. Si leur alliance ne semble pas suffisante pour une majorité, le parti d’extrême droite pourrait chercher d’autres alliés.

Enfin, si cette élection ne permet pas d’établir un vainqueur incontestable, le perdant, lui, est vite trouvé. Le Parti démocrate (PD) – au pouvoir – essuie une défaite cuisante, avec un score évalué à près de 20 %. Un revers électoral d’ampleur qui pourrait le renvoyer dans l’opposition. « Si c’est le résultat, pour nous, c’est une défaite », a commenté Ettore Rosato, président PD de la Chambre des députés. Selon les projections, ce parti décrocherait entre 115 et 155 sièges à la Chambre des députés.

Rosatellum bis

Les résultats complets ne sont pas attendus avant plusieurs heures et les sondages de sortie des urnes en Italie se sont souvent révélés trompeurs par le passé. Mais si les projections pointent dans la bonne direction, l’Italie, troisième puissance économique de la zone euro, se dirige vers une situation de blocage politique, qui pourrait l’obliger à envisager une nouvelle élection dans les prochains mois.

Un paradoxe, alors que ce scrutin a eu lieu en vertu du Rosatellum bis, une nouvelle loi électorale censée simplifier la répartition des votes. Adopté fin 2017, ce système jamais testé jusqu’à dimanche prévoit que 37 % des sièges sont alloués au scrutin majoritaire uninominal à un tour, 61 % à la proportionnelle et 2 % désignés par les Italiens de l’étranger. Un mode de scrutin qui a largement compliqué le vote, dimanche, créant de longues files d’attente et de nombreuses difficultés d’organisation. La participation au scrutin, évaluée à 74 %, est d’ailleurs la plus faible de l’histoire de la république italienne.

Les deux chambres du nouveau Parlement doivent siéger pour la première fois le 23 mars prochain. Les discussions formelles en vue de constituer un gouvernement ne devraient pas commencer avant début avril.

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dimanche 4 mars 2018

Elections en Italie - Berlusconi/Femen

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mardi 13 février 2018

Le Parlement européen s’interroge sur l’utilité du changement d’heure

Les parlementaires ont demandé, jeudi 8 février, à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel

Le changement d’heure vivrait-il ses dernières heures ? Les députés européens ont réclamé, jeudi 8 février, une « évaluation » détaillée du système de changement d’heure, qui pourrait aboutir à sa révision, après avoir longuement débattu de l’intérêt ou non de maintenir ces modifications horaires semestrielles.

Par 384 voix pour (153 voix contre), les parlementaires, réunis en session plénière à Strasbourg, ont demandé à la Commission européenne de « lancer une évaluation complète » du système actuel et, si nécessaire, de « présenter une proposition pour la réviser ».

Plus d’accidents, moins de sommeil

« De nombreuses études, si elles n’aboutissent pas à des conclusions définitives, ont indiqué l’existence d’effets négatifs sur la santé des êtres humains » de ces décalages d’une heure qui ont lieu les derniers week-ends de mars et d’octobre depuis 2001, soulignent les eurodéputés.

« Les études démontrant un accroissement des accidents de la route ou des troubles du sommeil lors du changement d’heure, doivent être prises au sérieux », a également plaidé la députée européenne écologiste Karima Delli, à l’origine de la résolution. Elle estime, par ailleurs, que les économies d’énergie, but initial des changements d’heure saisonniers, « ne sont pas probantes ».

La Commission européenne ne s’est pas montrée enthousiaste à l’idée de se lancer dans une révision du système. « Mais il est évident que si on laisse les Etats membres libres de décider d’appliquer ou non des changements d’heure, cela sera problématique pour le marché intérieur », a reconnu la commissaire européenne slovène Violeta Bulc devant les députés.

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