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... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

samedi 18 novembre 2017

Catalogne : emprisonnés ou exilés, les indépendantistes se présentent aux élections

Par Jean-Pierre Stroobants, Bruxelles, bureau européen, Isabelle Piquer, Madrid, correspondance - Le Monde

Carles Puigdemont, qui comparaîtra le 4 décembre devant un juge belge chargé d’examiner le mandat d’arrêt émis contre lui par Madrid, pilotera la campagne depuis la Belgique.

C’est en Belgique que le dirigeant séparatiste Carles Puigdemont commencera à faire campagne pour les élections régionales qui se tiendront en Catalogne le 21 décembre. Ainsi en a décidé la justice belge en reportant au 4 décembre sa décision sur le mandat d’arrêt émis par l’Espagne contre lui et quatre de ses anciens ministres pour avoir organisé, le 1er octobre, un référendum illégal d’autodétermination.

La Chambre du Conseil du tribunal de Bruxelles, une instance d’instruction n’a, comme prévu, pas pris de décision immédiate. Le juge unique a écouté le procureur réclamer l’exécution du mandat et fixé la suite des débats au 4 décembre, un jour avant le début de la campagne électorale catalane. Et c’est donc à ce moment-là que les avocats des cinq anciens responsables catalans plaideront. Ils maintiennent que leurs clients sont la cible d’une accusation à caractère politique et non pénale et qu’ils ne peuvent dès lors être remis à la justice espagnole.

L’audience, qui s’est déroulée à huis clos, n’a duré qu’une heure, permettant seulement au représentant du parquet d’indiquer qu’il avait posé des questions complémentaires aux autorités espagnoles. Celles-ci étaient, selon lui, rendues nécessaires par le contenu du mandat ; elles portaient notamment sur les conditions de détention en Espagne.

Evitant la nuée de journalistes présents, notamment espagnols, les cinq responsables catalans et leurs défenseurs étaient entrés par une porte dérobée. A l’issue de ces premiers débats, des avocats ont indiqué que, comme le veut la pratique, ils répondraient par écrit aux arguments du ministère public et plaideraient ensuite.

Les séparatistes en ordre dispersé

Selon eux, le procureur a indiqué qu’il ne retenait pas le motif de corruption invoqué par Madrid et que la rébellion et la sédition, également évoquées dans le mandat, pouvaient être qualifiées, en droit belge, de coalition de fonctionnaires et de détournements par fonctionnaires ; ces arguments seront combattus par la défense, qui soutient de son côté que de telles incriminations n’existent pas en Belgique. Les avocats invoqueront aussi la question de la proportionnalité entre les faits reprochés et les peines encourues.

En attendant la décision de la justice, M. Puigdemont va donc continuer à télécommander la politique catalane depuis Bruxelles. Les indépendantistes ont présenté, vendredi 18 novembre, leurs listes électorales sur lesquelles figurent douze des quatorze membres du gouvernement déchu par Madrid le 27 octobre lors de la mise sous tutelle de la région.

En effet, malgré les appels à l’unité lancés par le président déchu, les deux principales formations séparatistes, le Parti démocrate de Catalogne (PDeCAT, droite) et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), s’affronteront dans les urnes. Toutes deux réclament la restauration du « gouvernement légitime » catalan, « l’indépendance, la République et la liberté » et demandent « le retour des prisonniers politiques et des exilés ».

M. Puigdemont est désormais le nouveau chef de file d’une liste « transversale » Junts per Catalunya (Ensemble pour la Catalogne), soutenue par le PDeCAT. Jordi Sanchez, chef de la puissante association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC), en prison préventive depuis le 16 octobre, sera son numéro deux. Ont aussi été inclus quatre anciens ministres de son gouvernement, dont deux sont exilés avec lui à Bruxelles, quand trois autres sont en détention provisoire à Madrid.

La liste comprend de nombreuses personnalités de la mouvance indépendantiste mais qui ne sont pas du PDeCAT. Ce parti – refonte de Convergence démocratique de Catalogne de l’ancien président Jordi Pujol – se dilue ainsi dans cette formation que M. Puigdemont a voulue plus ample pour lutter contre la « répression brutale de l’Etat espagnol » et disparaît pour ainsi dire de l’échiquier politique catalan qu’il a dominé pendant plus de trente ans.

Messages confus

Le vice-président déchu, Oriol Junqueras, également derrière les barreaux, sera lui tête de liste de l’ERC devant sa numéro deux, Marta Rovira. L’ancienne présidente du Parlement catalan, Carme Forcadell, poursuivie par la justice espagnole, et cinq ministres déchus – dont deux sont exilés à Bruxelles – sont aussi de la partie. Cette liste est « ouverte, généreuse et cherche à rassembler tous ceux qui veulent vaincre l’Etat [espagnol] dans les urnes », a déclaré Sergi Sabria, le porte-parole d’ERC.

Si les anciens responsables séparatistes (éligibles jusqu’à ce que la justice se soit prononcée) ne peuvent finalement ni faire campagne – tout du moins en personne – ni occuper leurs postes, d’autres pourraient assumer leurs fonctions.

Dans une lettre aux militants, diffusée le 15 novembre, M. Junqueras a ainsi laissé entendre que Marta Rovira pourrait devenir présidente de la Catalogne si l’ERC l’emportait. « Il est temps qu’une femme prenne les rennes du pays », a assuré M. Junqueras en ajoutant toutefois que « M. Puigdemont et tous les ministres » étaient « également les candidats » d’ERC. L’une des responsables du PDeCat, Marta Pascual, a même demandé que M. Puigdemont « seul président légitime » soit à nouveau investi quel que soit le résultat des urnes.

Les indépendantistes ont récemment lancé des messages pour le moins confus. Ainsi, le 13 novembre, M. Puigdemont a affirmé au quotidien belge Le Soir qu’il était prêt à accepter « une autre relation » avec l’Espagne. A Madrid, un député de la Gauche républicaine, Joan Tardá, a pour sa part reconnu que la Catalogne n’était « pas encore indépendante » car il n’y avait « pas eu une majorité de Catalans à l’avoir souhaité ».

Quant à l’ancien président de la Catalogne catalan (de 2010 à 2016), Artur Mas, il a affirmé qu’il était peut-être un peu tôt pour penser à une république. « Ne nous fixons pas de délais trop courts », a-t-il déclaré lors d’une conférence à Barcelone le 16 novembre « car ils pourraient nous étouffer et nous faire prendre des décisions qui ne seraient pas les meilleures ».

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mardi 31 octobre 2017

La lettre politique de Laurent Joffrin - Catalogne : qui veut vraiment l'indépendance ?

Les indépendantistes catalans sont-ils des gens sérieux ou bien la coiffure de Carles Puigdemont, le Ringo Starr de Barcelone, cache-t-elle un esprit encore plus fantasque et primesautier que celui du batteur de Liverpool ? Entre indépendance annoncée puis suspendue, réannoncée et encore remise à plus tard, élections prévues et non proclamées, sinon par le gouvernement de Madrid qui a eu la sagesse de s’en remettre aux urnes, la cause de l’indépendance catalane n’a guère été grandie par la dernière séquence. Il faut dire qu’elle se heurte à de solides réalités. Il apparaît de plus en plus nettement que la moitié au moins des habitants de la région veulent rester d ans le giron espagnol. Le dernier sondage montre même que l’indépendance reste légèrement minoritaire, comme l’ont été les partis indépendantistes dans le dernier scrutin régional. Ils doivent leur succès, non à une victoire numérique mais au jeu des règles de représentation. Victoire légale, bien sûr, mais qui ne traduisait certainement pas une poussée unanime à la séparation. Quant aux promesses indépendantistes – pas de fuite des entreprises, une place naturelle en Europe – elles se sont révélées pour ce qu’elles étaient : du flan. Quelque 1 500 entreprises ont déjà annoncé leur volonté de déplacer leur siège social ; aucun gouvernement européen n’est prêt à reconnaître la Catalogne. Le spectre d’une micronation isolée et appauvrie se profile…

Madrid, quoique très raide dans la crise, cherche à éviter la montée aux extrêmes. Les élections annoncées aident à calmer le jeu. La prudence affichée en matière de répression – Puigdemont pourra se présenter au prochain scrutin malgré la procédure judiciaire contre lui – devrait limiter les risques de violence. Pourtant, l’attitude de certains «unionistes» pose problème. Peut-on vouloir l’unité de l’Espagne et désigner comme des ennemis irréductibles, menteurs, irresponsables et vicieux, des élus qui représentent la moitié de la Catalogne ? Un mari qui refuse le divorce peut-il, dans le même temps, se répandre partout en disant pis que pendre de sa femme ? Pour rester ensemble, il faut sinon s’aimer, du moins se respecter. Certains discours madrilènes, tissés de dénigrement et d’hostilité, obtiennent l’effet inverse de celui qui est recherché. Au moment du référendum sur l’indépendance du Québec en 1995, les partis «unionistes» avaient tenu un grand meeting à Montréal pour proclamer «leur amour du Québec». Ils l’avaient ensuite emporté de justesse. Madrid pourrait s’en inspirer. Si l’on défend l’idée d’une «Espagne pour tous», il faut y inclure les Catalans, seraient-ils indépendantistes… Laurent Joffrin - Libération

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samedi 28 octobre 2017

Catalogne/Espagne. Fracture ouverte – Le Télégramme

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L'Histoire s'est accélérée, hier. Le Parlement catalan a rompu avec l'Espagne en votant pour l'indépendance.

Madrid a riposté en mettant la région sous tutelle.

Dorénavant, la tâche s'annonce ardue pour le gouvernement espagnol alors qu'une partie de la population de Catalogne est prête à désobéir.

1. L'absence de l'État. C'est un obstacle majeur pour la prise de contrôle réelle de la Catalogne. Seuls 9 % des fonctionnaires de la région - 26.000 personnes - sont issus de l'administration centrale. C'est bien moins qu'en Andalousie (19 %) et dans la région de Madrid (39 %).

Selon le quotidien El Pais, l'État n'y dispose en direct que de 842 juges et 5.900 membres des forces de l'ordre. Ce qui explique qu'il ait dû envoyer en renfort quelque 10.000 gardes civils et policiers, hébergés en partie... dans des bateaux de croisière.

2. Que faire si Carles Puigdemont tient tête ? La mesure de destitution du président séparatiste, basée sur l'article 155 de la Constitution, doit entrer en vigueur, une fois publiée au Journal officiel. Elle risque d'être un casse-tête pour le gouvernement de Mariano Rajoy : que faire, par exemple, si Carles Puigdemont, qui ne reconnaîtra pas les mesures de Madrid, refuse de quitter son bureau ? « S'il se retranche, les délits s'accumuleront pour lui », et « rien de ce qu'il fera n'aura de validité », répond une source gouvernementale à Madrid.

Le parquet général d'Espagne engagera, la semaine prochaine, une procédure judiciaire contre Carles Puigdemont pour « rébellion », a indiqué, hier, un porte-parole du ministère public.

3. Surmonter grèves, désobéissance ou boycotts. Dans cette région de 7,5 millions d'habitants, grande comme la Belgique et très jalouse de son autonomie, les indépendantistes sont habitués à descendre dans la rue pour soutenir leurs dirigeants. Un collectif, « Debout pour la paix », a largement diffusé des consignes d'une « stratégie non violente de libération » : lancer des campagnes de « non coopération » incluant grèves ou boycott, ou de « désobéissance civile » en assumant l'illégalité.

Sur les 304.000 fonctionnaires en Catalogne, dont 167.000 travaillent pour l'administration régionale et 84.000 pour les mairies, certains pourraient traîner les pieds. La vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, a prévenu : il pourra y avoir des « limogeages, pour les employés qui continueraient ouvertement à ne pas respecter la Constitution ».

« Nous ne reconnaîtrons pas une administration qui ne provienne pas des urnes du peuple catalan », a averti Ramon Font, porte-parole du syndicat d'enseignants Ustec, majoritaire en Catalogne, assurant cependant qu'on n'avait pas donné de consignes précises.

Une partie des pompiers a aussi brandi des menaces dans le même sens. « Si une route est bloquée (par des manifestants) et qu'on nous demande de la débloquer, il est probable que nous ne répondions pas », a expliqué l'un d'entre eux.

4. Contrôler la police régionale. Autre obstacle majeur : la prise de contrôle de la police catalane, les Mossos d'Esquadra. « Bien sûr que ce ne serait ni facile ni agréable ! Ce ne serait pas bien vu qu'un policier ou quelqu'un de l'extérieur vienne prendre le contrôle des Mossos », affirme Ramon Cosio, porte-parole du syndicat de policiers SUP, majoritaire.

Les relations entre les Mossos et les corps de police nationaux ont été mises à rude épreuve depuis le référendum d'autodétermination interdit du 1 eroctobre, émaillé de violences policières qui n'ont pas empêché la tenue du vote dans la plupart des bureaux.

« Rajoy nous a dit qu'il avait tout bien préparé pour le référendum, et, ensuite, il s'est avéré que non », commente Josep Borrell, socialiste critique à la fois des indépendantistes et de Mariano Rajoy.

5. Maîtriser les finances. Un des seuls points positifs pour l'État espagnol : il tient les cordons de la bourse. Les finances du gouvernement catalan sont déjà sous tutelle depuis septembre, et, dès fin octobre, il sera incapable de payer ses fonctionnaires et d'honorer ses dettes. L'administration fiscale reste entre les mains de l'État central et de ses fonctionnaires.

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L’ultime bravade de la Catalogne

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Par François-Xavier Gomez - Libération

Le Parlement de la région autonome a voté vendredi en faveur de la sécession, portant à son paroxysme le bras de fer avec Madrid, qui a activé dans la foulée le processus de mise sous tutelle des institutions catalanes.

 L’ultime bravade de la Catalogne

A 15 h 41 vendredi, le Parlement de Catalogne a voté une résolution ouvrant la voie à l’instauration d’une «République catalane, en tant qu’Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social». A 16 h 10 à Madrid, le Sénat espagnol votait l’application de l’article 155 de la Constitution, qui suspend de facto le statut d’autonomie de la région et met ses principales institutions sous la tutelle du pouvoir central. Les deux décisions concomitantes sont des premières : elles instaurent des situations qui ne se sont jamais produites en Espagne depuis le retour à la démocratie, en 1978. Elles ouvrent une période d’instabilité, et pire sans doute : un saut dans le vide dont nul ne peut prévoir les conséquences en Espagne, et dont l’onde de choc ne devrait pas épargner l’UE, qui bien sûr ne reconnaît pas l’Etat unilatéralement créé. La maire de Barcelone, Ada Colau, opposée à l’indépendance, a parlé d’une «collision entre deux trains».

Séparation

Au Parlement catalan, le vote a été acquis par 70 voix pour, 10 contre et 2 abstentions, sur un total de 135 sièges. Le bloc indépendantiste, formé d’une coalition pilotée par le parti de centre droit de Carles Puigdemont et du mouvement anticapitaliste CUP, a quasiment fait le plein, puisqu’il dispose de 71 sièges. Les élus du Parti populaire (PP, conservateur), du Parti socialiste catalan (PSC) et de Ciudadanos avaient quitté l’hémicycle en signe de protestation. A l’annonce du résultat, les restants, accompagnés par 200 maires favorables à la sécession, ont entonné Els Segadors, l’hymne catalan, un chant de la fin du XIXe siècle qui incite les «défenseurs de la terre» à porter un «bon coup de faux» à leurs ennemis, «ces gens orgueilleux et méprisants» ; l’Espagne, donc. Un coup de faux : c’est ce qu’ont donné les représentants élus au lien qui unit la région avec le royaume d’Espagne.

La résolution votée prévoit un chemin rapide vers la séparation (lire ci-contre). Et d’abord la formation, en deux semaines, d’une commission chargée d’organiser l’élection d’une Assemblée constituante. La proclamation correspond au scénario proposé par Puigdemont le 10 octobre, lors de son discours devant le Parlement. Il avait annoncé que le résultat du référendum (interdit par le pouvoir central), lui donnait le mandat pour proposer la transformation de la région en république. Une proclamation qu’il suspendait «quelques semaines», le temps d’ouvrir une phase de dialogue avec Madrid. Trois semaines se sont écoulées, le dialogue ne s’est pas produit, l’indépendance est donc proclamée.

Des milliers de partisans de l’indépendance se sont réunis à proximité du Parlement catalan, dans le parc de la Ciutadella à Barcelone, agitant la bannière estelada («étoilée», celle de l’Etat désiré) et sabrant le cava, le mousseux de la région. En début de soirée, la foule affluait autour de l’arc de triomphe de brique rouge situé sur la promenade Lluis-Companys, qui honore le président de la région dans les années 30, fusillé par Franco après que le régime de Vichy l’eut extradé.

A Madrid, le vote de l’article 155 a été suivi par l’adoption d’autres dispositions : la destitution de Carles Puigdemont, effective depuis vendredi soir, de ses consellers (ministres régionaux) et du bureau du Parlement de Barcelone, qui a validé la mise à l’ordre du jour de la résolution sécessionniste. Mais les sénateurs espagnols ont aussi accepté un amendement du Parti socialiste espagnol rejetant, au nom de la liberté d’expression, la prise de contrôle des médias publics de la région, TV3, la station Catalunya Radio et l’agence de presse ACN. Mariano Rajoy avait pourtant défini cet objectif comme prioritaire, jugeant que l’exécutif catalan avait transformé son service public audiovisuel en machine de propagande indépendantiste.

Les principaux dirigeants européens (Macron, Merkel), ainsi que les Etats-Unis, ont réaffirmé leur soutien à l’Etat espagnol et leur refus de reconnaître cet éventuel nouvel Etat, le premier à exiger son indépendance dans un pays de l’Union européenne. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a souligné que l’Espagne restait «la seule interlocutrice» de l’UE. Il a cependant appelé le gouvernement espagnol à choisir «la force de l’argument plutôt que l’argument de la force», alors que beaucoup craignent que la remise au pas de la région rebelle ne s’accompagne d’une spirale d’agitation et de répression, comme les violences policières contre le référendum du 1er octobre.

Avenir flou

Pendant toute la semaine, les épisodes de la crise catalane se sont accumulés, de façon imprévisible. Et l’avenir s’annonce encore plus flou. Le Tribunal constitutionnel et les juges espagnols vont poursuivre leur offensive contre les dirigeants indépendantistes. Deux responsables d’associations séparatistes sont d’ailleurs en prison depuis la mi-octobre pour «sédition». Le chef d’inculpation de «rébellion» sera retenu dès lundi contre Carles Puigdemont et probablement aussi contre son gouvernement. Mais Mariano Rajoy ne souhaite sûrement pas, en emprisonnant des hommes et femmes politiques, fournir de nouveaux martyrs à la cause séparatiste.

De son côté, Puigdemont a appelé ses partisans à «maintenir le pays sur le terrain de la paix, du civisme et de la dignité». Quant à la partie de la société catalane opposée à la sécession, elle ne devrait pas tarder à faire entendre sa voix. En attendant des élections régionales anticipées, annoncées pour le 21 décembre, une indépendance pleine et entière de la Catalogne n’a que d’infimes chances de devenir une réalité.

François-Xavier Gomez

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vendredi 27 octobre 2017

Indépendance de la Catalogne : Mariano Rajoy destitue le président catalan Carles Puigdemont et dissout le Parlement de Barcelon

Mariano Rajoy a annoncé la destitution de Carles Puigdemont, le président catalan, vendredi 27 octobre, lors d'une prise de parole. Il a aussi annoncé la dissolution du parlement de Barcelone qui, quelques heures plus tôt, avait proclamé l'indépendance de la région. Le chef de l'Etat espagnol a annoncé la tenue d'élections en Catalogne le 21 décembre.

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Référendum en Catalogne

Catalogne : Puigdemont renvoie la responsabilité de l’indépendance sur le Parlement

Par Isabelle Piquer, Barcelone, Espagne, envoyée spéciale

Sommé par Madrid de se prononcer sur la tenue d’élections, le chef de l’exécutif n’a pas tranché, jeudi. Le Parlement devra décider, vendredi, alors que la menace de la mise sous tutelle par Madrid se rapproche.

Suspense, rebondissements, crises, le feuilleton catalan a vécu une nouvelle journée de grande confusion, jeudi 26 octobre. Des scènes maintes fois jouées par les gouvernements de Madrid et de Barcelone qui, malgré leurs ultimatums à répétition, ne semblent vouloir s’engager ni l’un ni l’autre dans la voie de non-retour que supposerait la mise sous tutelle de la Catalogne.

Le dénouement final devrait avoir lieu vendredi 27 octobre. A Madrid, dès 10 heures, le Sénat a prévu de débattre l’article 155 de la Constitution espagnole – il donne au gouvernement du premier ministre Mariano Rajoy le pouvoir de destituer l’exécutif catalan et de contrôler, entre autres, la police et les médias publics. Au même moment à Barcelone, le Parlement régional doit se réunir pour décider s’il va voter en faveur de l’indépendance. Les débats, et la tension, devraient durer tout l’après-midi.

C’est le président catalan, Carles Puigdemont, qui a décidé de prolonger son bras de fer avec Madrid jusqu’au dernier moment. Au cours d’une journée particulièrement chaotique, et après avoir retardé puis annulé deux allocutions solennelles, il est finalement apparu devant la presse, peu après 17 heures, au siège de la Généralité (exécutif catalan) pour annoncer sa décision de ne pas convoquer des élections anticipées, car le gouvernement de M. Rajoy ne lui offrait pas « de garanties suffisantes ».

Et ce malgré la médiation de « diverses personnes », a reconnu le responsable nationaliste, notamment celles du premier secrétaire des socialistes catalans, Miquel Iceta, et, d’après la presse espagnole, du chef du gouvernement basque, Inigo Urkullu. Ils voyaient dans un scrutin régional la meilleure issue pour éviter un choc frontal avec Madrid.

Une crise aux conséquences imprévisibles

Carles Puigdemont a finalement annoncé qu’il laissait le Parlement régional se prononcer sur « les conséquences de l’application contre la Catalogne de l’article 155 » et continuer sur la voie du mandat en faveur de l’indépendance donné par les électeurs lors du référendum du 1er octobre.

C’était une manière de se délester de la responsabilité d’une rupture, même symbolique, avec l’Espagne et surtout d’éviter que sa formation, le Parti démocrate européen de Catalogne (PdeCAT), n’assume seule l’usure d’une crise aux conséquences imprévisibles. « Si nous devons tomber, toute la coalition tombera », déclare un proche du président Puigdemont.

Une stratégie qui comporte des risques d’implosion pour la coalition Junts pel si (« Ensemble pour le oui »). Au sein de la majorité indépendantiste (72 députés sur 135), les sensibilités sont très diverses. Les tensions de ces derniers jours n’ont fait qu’aviver les différends entre le PdeCAT, la Gauche républicaine (ERC) du vice-président Oriol Junqueras et la Candidature d’unité populaire (CUP, extrême gauche).

Il suffit de cinq défections pour faire couler une éventuelle déclaration d’indépendance. Et certains membres de la coalition ne sont pas sûrs de vouloir aller jusqu’au bout. Plusieurs auraient fait part de leur crainte face à de possibles poursuites judiciaires.

Retournements de situation

Jeudi soir, c’est l’un des proches de M. Puigdemont, le ministre catalan chargé des entreprises, Santi Vila, qui a annoncé sa démission sur Twitter après avoir constaté que ses efforts pour le dialogue avaient « échoué ». Peu après le référendum, M. Vila avait demandé un « cessez-le-feu » et appelé à « réfléchir à l’utilité et aux conséquences » d’une déclaration d’indépendance.

A Madrid, le Parti populaire (PP) au pouvoir et les socialistes du PSOE ont essayé tant bien que mal d’opposer un front uni face aux indépendantistes. Au Sénat, la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, a poursuivi la procédure préalable au vote de l’application de l’article 155 en déclarant que l’objectif était de « rétablir la légalité et le vivre ensemble », des arguments répétés par les conservateurs.

Les socialistes, quant à eux, essayent de laisser la porte ouverte à un recul de dernière minute des indépendantistes en proposant un amendement qui permettrait de tout arrêter si Barcelone se décidait finalement à convoquer des élections. « Nous sommes toujours à temps », a martelé son secrétaire d’organisation, José Luis Abalos, qui a également dénoncé « l’irresponsabilité du sécessionnisme ».

Pour les militants indépendantistes les retournements de situation de la journée de jeudi ont été particulièrement déroutants. Dans les rues de Barcelone, dès que les rumeurs de possibles élections anticipées ont commencé à circuler, des milliers d’étudiants qui avaient convoqué une grève puis une manifestation place de l’Université, sont allés jusqu’au siège de la Généralité pour crier contre le « traître » Puigdemont. Puis, un peu désorientés par la non-déclaration du président mais pleins d’énergie revendicatrice, ils sont partis jusqu’aux grilles du parc du Parlement, fermées par un important barrage policier, pour demander l’instauration de la République.

« Nous allons vivre un moment historique »

« Ce serait une lâcheté que de faire marche arrière, explique Gerard, un étudiant en physique qui sèche ses cours depuis un mois pour soutenir la sécession, « si le PdeCat n’est pas à la hauteur, il le paiera aux urnes. »

Le noyau dur de l’indépendantisme, lui, s’est déchaîné sur les réseaux sociaux. Le porte-parole de l’Assemblée nationale catalane (ANC) a parlé de « fraude » ; la CUP, quant à elle, a répété, une fois de plus, qu’elle « ne soutiendrait pas des élections ».

Toutes les organisations indépendantistes, l’ANC et Omnium, ainsi que l’Association des municipalités en faveur de l’indépendance et d’autres collectifs de la mouvance, ont appelé leurs sympathisants à se mobiliser, vendredi, dans les jardins proches du Parlement dès 10 h 30. L’ANC leur a même conseillé d’amener de l’eau et des sandwiches en prévision d’une journée qui s’annonce longue.

« Nous allons vivre un moment historique », a déclaré le porte-parole de l’ANC, Agusti Alcoberro, celui que les militants n’ont pas pu vivre, le 10 octobre, sur cette même place, lorsque M. Puigdemont a annoncé puis suspendu la déclaration d’indépendance. Venus célébrer la République, ils étaient repartis chez eux déçus et découragés.

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mardi 24 octobre 2017

La lettre politique de Laurent Joffrin : Un point pour le Président

Rien ne sert de toujours chipoter : Macron a gagné. Il n’a pas tout gagné, il n’a pas complètement gagné. Mais il a gagné. Il avait fait de la directive sur les travailleurs détachés un symbole, un marqueur de sa posture en Europe. Au terme d’une négociation de douze heures, la France et ses partenaires ont abouti à un compromis honorable. La discussion s’est focalisée sur un point sensible : la durée pendant laquelle on peut faire courir un contrat de détachement. La Commission proposait vingt-quatre mois. Pendant sa tournée des pays de l’Est, le Macron-voyageur avait plaidé avec flamme pour douze mois au maximum. Finalement, ce sera douze mois avec une rallonge possible de six mois.

A Bruxelles, cette capitale des cotes mal taillées, l’Union a de nouveau joué sa carte maîtresse : le sens du compromis. En France on dira : c’est douze mois sauf exception. Dans les pays hostiles à la réglementation nouvelle, on dira : c’est dix-huit mois sauf exception. Demi-vérité en deçà du Danube. Demi-mensonge au-delà. Les souverainistes ne manqueront pas de moquer cette politique du verre à moitié vide ou plein, selon la longitude.

Pourtant, l’harmonisation sociale du continent est à ce prix. Le problème s’éteindra de lui-même quand les pays moins développés de l’Union auront rattrapé les autres. Ce qu’ils ont commencé à faire grâce au grand marché. Derrière une frontière hermétique, ils peineraient plus. Quant à la France, on oublie toujours de dire qu’elle détache elle aussi de nombreux travailleurs à l’étranger. Au bout du compte, tout le monde y gagne. Rappelons aussi que, même s’ils sont souvent concentrés sur certains secteurs, les travailleurs détachés représentent nettement moins de 1% de la main-d’œuvre totale en Europe. Plus de 99% des travailleurs ne sont pas concernés. L’affaire est donc statistiquement symbolique. Mais en politique, les symboles comptent souvent autant que les faits.

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mardi 10 octobre 2017

Carles Puigdemont entérine "le droit" à l'indépendance de la Catalogne, mais souhaite négocier avec Madrid

Le président séparatiste Carles Puigdemont entérine, mardi 10 octobre, "le droit" de la Catalogne à devenir indépendante, mais se donne le temps de négocier avec Madrid. "Après le référendum du 1er octobre dernier, la Catalogne a gagné le droit de devenir un Etat indépendant, affirme-t-il lors d'une allocution devant le parlement catalan. [Elle] sera un Etat indépendant sous la forme d'une République." Il demande toutefois à l'Assemblée de "suspendre la déclaration d'indépendance durant les prochaines semaines", le temps de négocier une sortie de crise avec le gouvernement central.

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mardi 3 octobre 2017

Les dirigeants catalans se sont mis "en marge du droit et de la démocratie", estime le roi d'Espagne.

roi espagne

Felipe VI ne joue pas la carte de l'apaisement. Dans une allocution diffusée mardi 3 octobre, le roi d'Espagne a dénoncé l'attitude des séparatistes catalans. Deux jours après l'organisation du référendum sur l'indépendance interdit par Madrid, il a accusé les dirigeants de la région autonome de se mettre "en marge du droit et de la démocratie".

Quelque 300 000 personnes ont participé à un rassemblement, à Barcelone, selon la police municipale pour "dénoncer" les violences policières en marge du référendum interdit. Lors du scrutin, la police et la garde civile sont intervenues dans une centaine de bureaux de vote pour saisir urnes et matériel électoral, et des heurts ont éclaté.

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Référendum en Catalogne

L’Espagne et la Catalogne plongent dans l’inconnu

Par Sandrine Morel, Madrid, correspondance

Carles Puigdemont, le président catalan, veut enclencher le processus d’indépendance de la région après la victoire du oui au référendum.

Et maintenant ? Le scénario des événements de dimanche 1er octobre était écrit d’avance. Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, avait prévenu qu’il ne laisserait pas s’organiser, au mépris de la loi et de l’autorité de l’Etat, le référendum sur l’indépendance de la Catalogne, interdit par la Cour constitutionnelle espagnole. Le président catalan, Carles Puigdemont, l’a maintenu envers et contre tout, au nom de la « légitimité populaire » et de l’« engagement » pris envers ceux qui ont porté au pouvoir la coalition indépendantiste en Catalogne, en septembre 2015.

L’escalade verbale entre les deux hommes, incapables d’engager un quelconque dialogue, annonçait ainsi depuis des mois un choc inévitable. Ce dernier a finalement eu lieu le 1er octobre lorsque la police nationale a chargé sur des Catalans qui voulaient ­voter. Ses conséquences sont à présent ­imprévisibles.

Le président de la Catalogne a laissé peu de place au doute quant à son intention de proclamer l’indépendance de la région espagnole dans le courant de la semaine. « En ce jour d’espoir et de souffrances, les citoyens catalans ont gagné le droit d’avoir un Etat indépendant sous la forme d’une république », a-t-il déclaré lors une allocution télévisée, avant même la publication des résultats, insistant sur les « atteintes aux droits et libertés » qui se sont produites dans la journée.

A maintes reprises, dans son discours, il a mentionné l’Europe, demandant une médiation internationale. Mais il a aussi laissé entendre qu’il n’attendra pas celle-ci pour agir et qu’il « transmettra dans les prochains jours les résultats du scrutin au Parlement catalan, afin qu’il puisse agir conformément à la loi référendaire ».

« Processus long et laborieux »

D’après cette loi polémique, sorte de mini-Constitution liquidant à la fois la Loi fondamentale espagnole et le statut d’autonomie catalan, approuvée sans débat le 7 septembre au Parlement régional par une majorité simple et suspendue par le Tribunal constitutionnel, la sécession doit être proclamée dans les 48 heures suivant la publication des résultats, si le oui l’emporte.

Sauf surprise majeure, la coalition indépendantiste Junts pel si (« Ensemble pour le oui ») et la Candidature d’unité populaire (CUP, extrême gauche) devraient proclamer l’indépendance de la Catalogne mercredi 4 octobre. Selon leur programme s’ensuivrait ensuite un « processus constituant » de négociation entre les différents partis et avec l’Etat.

Après plusieurs mois, le projet de Constitution qui en émanerait serait soumis à une nouvelle assemblée, dite constituante, formée après de nouvelles élections. Selon un dirigeant de Ciudadanos, le principal parti d’opposition, « le gouvernement catalan pourrait en quelque sorte essayer d’appliquer dès mercredi l’équivalent de l’article 50 pour le Brexit : l’ouverture d’un processus de négociation long et laborieux qui lui permettrait en fait de gagner du temps pour chercher des soutiens dans la communauté internationale et essayer de renforcer encore le bloc indépendantiste, en marge de la CUP, qui est un allié gênant pour son image… »

Quelle sera la réponse de Madrid ? Il semble improbable que Mariano Rajoy laisse passer une déclaration d’indépendance sans réagir. En cas de sédition, la loi lui permet de suspendre l’autonomie de la Catalogne et de prendre le contrôle de la police régionale, les Mossos d’Esquadra.

La déclaration d’indépendance pourrait aussi conduire les juges à procéder à l’arrestation de Carles Puigdemont et des membres du gouvernement, déjà mis en examen pour détournement de fonds publics pour l’organisation du référendum. « Si cela se produit, l’Etat de droit aura vaincu mais le système politique de l’Espagne, celui des régions autonomes, aura perdu, affirme le journaliste Xavier Vidal-Folch, auteur de plusieurs ouvrages sur la question catalane. Et il faudra de nombreuses années pour le recoudre et réparer les fractures de la société. »

Fuite en avant et manque de vision

Les principaux syndicats ont appelé à une grève générale en Catalogne, mardi 3 octobre, pour protester contre les violences policières.

Et les puissantes associations indépendantistes ont envoyé un avertissement à M. Puigdemont. « Nous attendons tout de votre engagement : Président, ne nous faites pas défaut », a déclaré dimanche soir devant une foule enthousiaste, place de la Catalogne, à Barcelone, Jordi Sanchez, le président de l’Assemblée nationale catalane (ANC), à l’origine des manifestations monstres qui ont lieu chaque année pour la Diada (la fête nationale catalane).

La fuite en avant des indépendantistes et le manque de vision du chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, cadenassé derrière une lecture uniquement juridique de la crise la plus grave qu’ait connue son pays en quarante ans de démocratie, font craindre le pire. Persuadé que la reprise économique ramènerait les Catalans « à la raison », et que les divisions internes au sein du bloc indépendantiste feraient exploser leur fragile unité, M. Rajoy a attendu que le temps règle les choses.

La seule proposition que sont prêts à accepter les indépendantistes est l’organisation d’un véritable référendum d’autodétermination légal. Le temps des négociations sur le système de financement et l’amélioration du statut d’autonomie est passé, disent-ils. « Celui qui renonce à l’indépendance meurt immédiatement politiquement », affirme un dirigeant de la Gauche indépendantiste catalane (ERC).

« Une simple mise en scène »

Or, un référendum d’autodétermination n’a jamais été envisagé par le chef du gouvernement espagnol : la Constitution ne le permet pas et le Parti populaire ne la réformera pas pour qu’elle le permette. Dimanche soir, M. Rajoy, lors d’un discours froid, a répété « qu’il n’y a pas eu de référendum en Catalogne, mais une simple mise en scène », se félicitant d’avoir appliqué « la loi, rien que la loi », comme s’il avait remporté une victoire.

C’est une erreur. Ni Madrid ni Barcelone ne sortent vainqueurs ce 1er octobre. Le chef du gouvernement catalan, Carles Puigdemont, est certes parvenu à faire descendre dans la rue des milliers de Catalans pour voter à son référendum d’autodétermination unilatéral. Mais il s’est agi d’un simulacre dépourvu des garanties démocratiques minimales, avec des urnes opaques et un programme informatique défaillant qui a permis à ceux le souhaitant de voter à plusieurs reprises. Ce scrutin illégal s’est soldé par un résultat digne d’une république bananière : 90 % de oui à l’indépendance, avec un taux de participation de 42,3 % (2,26 millions de personnes).

Quant à Mariano Rajoy, sa défaite est double. Non seulement il n’est pas parvenu à empêcher le vote, comme il s’y était engagé, mais il a perdu la bataille morale. Les images des charges policières ont fait le tour du monde et donné aux indépendantistes de nouveaux arguments.

Posté par jourstranquilles à 20:34 - Europe - Commentaires [0] - Permalien [#]