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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

jeudi 17 août 2017

Exposition photographique à Concarneau

Le photographe René Métairie, primé à plusieurs reprises pendant ses 60 ans de carrière, a sélectionné 70 clichés, exposés jusqu'à dimanche à Concarneau (29), sur le site du festival des Filets Bleus, quai d'Aiguillon.

Deux ans après avoir pris sa retraite, le photographe, originaire de Mauron, fera son retour au festival des Filets Bleus, à Concarneau. L'occasion, surtout, d'admirer la Cornouaille depuis l'oeil expert du photographe. En 60 ans d'exercice, René Métairie ressort de ses archives 5.000 photos, toutes soigneusement classées et rangées chez lui. Pour appuyer sa sélection de 70 clichés phares, le choix a été rapide : « Des tirages qui ont déjà figuré, pour une bonne partie, tr+ois mois dans une exposition au Musée national, à Paris ». Ses portraits coups de coeur, ses clichés du paysage de Cornouaille, en long, en large, en travers, du port de Concarneau aux communes avoisinantes : Trégunc, Pont-l'Abbé, jusqu'à Scaër, le lieu où il décide d'établir ses quartiers. L'endroit où il fonde sa famille.

Dans le bureau de Gorbatchev

« Les chevaux souriants » lui mettent le pied à l'étrier du métier de photographe, en été 1965. « C'est par une chaude journée que je me suis rendu chez Manu, un paysan connu à Trégunc (29). On racontait alors qu'il baignait ses chevaux dans l'eau de mer et qu'après, sur le sable, il faisait ouvrir la bouche ». Il est là au bon endroit, au bon moment : les chevaux lui décrochent leur plus beau sourire. « On aurait dit qu'ils se fendaient vraiment la poire ! ». Alors simple ouvrier au studio photo de Pierre Le Grand, à Concarneau, il se fait remarquer par la presse, à 22 ans : passé à la télévision, dans Paris Match, le journal anglais The Sun ou le magazine allemand Stern, son cliché aurait même été vu, à l'époque, selon le photographe, dans le bureau de Gorbatchev.

Six ans plus tard, en 1971, il se met à son compte, dans son atelier à Scaër. Durant sa carrière, il reçoit une dizaine de prix : Figaro, O.R.T.F... Une médaille lui a été remise par Jean d'Ormesson. Lors d'autres cérémonies, il côtoie Jack Lang. En 2015, l'année de sa retraite, il reçoit le premier prix européen de photographie en Allemagne, aux côtés de 400 concurrents étrangers. Une belle manière de finir sa carrière.

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dimanche 13 août 2017

Musée du Faouët - vu récemment

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Reportage photographique : J. Snap

http://www.museedufaouet.fr/pages/expo/expo_fiche.php

Nombreux sont les métiers à avoir inspiré les peintres et les photographes qui fréquentaient la Bretagne aux XIXe et XXe siècles. De la terre et de la mer, ces artistes ont saisi les instantanés d’une époque aujourd’hui révolue, conscients de la disparition prochaine de certaines activités comme le crieur public ou encore le colporteur… A l’heure des nouvelles technologies de l’information et de la communication, d’autres métiers ont survécu en se modernisant ou ont été créés, offrant une nouvelle source d’inspiration à nos peintres contemporains. L’exposition retrace cette évolution à travers près de 150 œuvres et 80 noms d’artistes.

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Le Domaine de Kerguéhennec - vu avant hier

Racheté par le Département du Morbihan en 1972 et classé au titre des Monuments historiques en 1988, le Domaine de Kerguéhennec est situé sur la commune de Bignan, à 30 km au nord de Vannes. Le château a été construit au XVIIIe siècle et remanié à la fin du XIXe siècle. Le parc paysager a été élaboré par Denis Bühler. A partir de 1986, un parc de sculptures ainsi qu'un centre d'art voient le jour. Le Domaine présente donc une offre riche et variée aussi bien d'un point de vue architectural que paysager et artistique. Le Domaine s'étendait sur plus de 2 000 ha en 1847, sous les Janzé, ancêtres du comte Lanjuinais. Il en compte 175 aujourd'hui. Selon les sources, le lieu aurait connu trois constructions différentes et une restauration conséquente au XIXe siècle. Ainsi, de 1476 à 1972, la propriété va passer entre les mains de plusieurs familles dont deux ont eu une influence considérable sur le château et son parc ; les Hogguer et les Lanjuinais.

En 1703, le Domaine est acheté par de riches banquiers suisses résidant à Paris, Daniel et Laurent Hogguer. En 1710, sur les vestiges d'un ancien manoir, les Hogguer érigent un château, symbole de leur réussite et de leur fortune. Pour cela, ils font appel à Olivier Delourme, architecte vannetais, auteur notamment du château de Loyat, près de Ploërmel, et de l’église Saint-Patem à Vannes. La réalisation de Delourme se compose d'un corps de logis encadré de deux pavillons d'angle respectant parfaitement les contraintes de symétrie et de rigueur voulues par l'Académie Royale d'Architecture de Louis XIV. On note enfin une recherche de confort, d'intimité, ainsi qu'un certain goût pour la lumière grâce à la fragmentation intérieure des espaces. Le comte Lanjuinais fait l'acquisition du domaine en 1872. Cet avocat est également une personnalité politique de premier plan, tant au niveau régional que national. Il est maire de Bignan puis président du Conseil général du Morbihan en 1901, mais aussi député royaliste à l'Assemblée nationale à compter de 1881. Paul-Henri Lanjuinais concrétise le projet de transformer le parc et le château en un domaine de prestige mêlant, sans crainte du paradoxe, vision autarcique et volonté d'ouverture. Sous la direction de l'architecte parisien Ernest Trilhe, d'importants travaux sont entrepris aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du bâtiment Delourme.

Après le rachat du Domaine par le Département du Morbihan en 1972. la restauration du château débute en 1997 par les extérieurs et plus précisément par les façades et les toitures. La restauration intérieure du château n'est amorcée qu'à partir de 2001, offrant aujourd'hui, au rez-de chaussée, un décor de style néo-Renaissance de la fin du XIXe siècle. Le parti pris a été de conserver en l'état le décor et la distribution de l'édifice avec le confort moderne et l'accessibilité pour tous. Les travaux de restauration sont achevés en 2006 et, dès l'année suivante. le château est ouvert au public.

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Roland Cognet - 2014-Bois, acier

Dépôt de ('artiste depuis 2014

Dans sa sculpture, Roland Cognet catalyse les quatre essences fondamentales : le minéral, le végétal, l'animal et l'humain.

Couché et posé sur un socle monumental, le tronc fait jonction avec ('architecture dans une étonnante proximité de couleur et de graphisme. D'élément naturel, l'arbre devient sujet dans l'œuvre puis objet-mémoire s'inscrivant dans une histoire : son histoire et cette des hommes qui le contemple. 

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Nicolas Fedorenko - 2014 - Fonte d'acier, feuille d'or

Dépôt de l'artiste depuis 2015

Nicolas Fedorenko développe un univers artistique aux références multiples, qu'il puise aussi bien dans l'histoire de l'art et la littérature que dans les arts populaires et l'industrie culturelle.

Faisant fi des catégories et de leur hiérarchie, il mêle les références classiques aux icônes naïves de l'enfance - oursons, lapins, poupons - dans des combinaisons de formes où l'humour le dispute à la rêverie. Paysage spirituel est l'aboutissement d'une réflexion sur le thème de la montagne, à la fois éternelle et soumise à d'incessantes mutations physiques. Cette sculpture aborde la question du paysage dans sa dimension poétique et onirique.

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Carel Visser - 1989 - Métal découpé et soudé, peinture

Acquis par commande à l'artiste en 1989

Coll. Centre national des arts plastiques

Carel Visser a assemble différents éléments d'acier qui constituent ce qu'il a nommé L'Oiseau Phénix. Cet animal est étrange et mécanique. La récupération d'une goulotte de moissonneuse ou d'un chariot renvoie aux machines agricoles.

Cet assemblage de métal est mis en regard du château et du parc. Le domaine lie dans son histoire et dans le paysage, les espaces architecturaux et les espaces agricoles. L’œuvre réinterroge ces relations à l’aune des technologies de l’agriculture du XXème siècle, par un « dialogue des cultures .. la culture des terres, la culture des esprits ».

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Simon Augade - 2016 - bois de charpente, bois de récupération, clous, vis, peinture

Dépôt de l'artiste depuis 2016

Pans et portes de meubles, issus de nos intérieurs et mis au rebut, s'accumulent telles des écailles. "Ce sont des agglomérés, dont on ne peut reconnaître les essences de bois, amalgamées de colles néfastes pour l'environnement. Il y a toujours un revêtement qui cache. Notre société conçoit des matériaux pratiques pour un usage relativement court, qui ne sont ni bricolables, ni réparables et dissimulent la réalité du cœur des choses". De la construction ondulatoire, un cube blanc semble émerger et pénétrer.

Effondrement ou ascension? Soulèvement soulève et "sous-lève". Sous ce qui se lève, nefs et alcôves révèlent l'envers du décor. Bastaings, poutres, chevrons partent en tous sens et révèlent le travail du sculpteur pour qui "l'expérience et le dialogue avec les matières font la sculpture. Rien n-est droit, cela questionne. On doute quant à la tenue de l'ensemble. Le doute permet de construire en évitant de figer les choses."

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Jean Pierre Raynaud - 1986-Pots et béton peints

Achat par commande à l'artiste en 1986

Coll. Frac Bretagne

Jean-Pierre Raynaud a choisi la serre, lieu de confrontation entre la matière vivante et la matière inerte. Les pots de fleurs utilisés sont empruntés au réel mais détournés de leur fonction première ; l'artiste les a remplis de béton, rompant avec les représentations d'une nature idéalisée. La couleur rouge renforce cet effet de contraste. L'installation questionne et interpelle sur la mort inévitable de tout être vivant. Dans cette serre, rien ne pousse, rien ne vit... Mais rien ne meurt non plus. Comme une nature morte au premier abord, qui n'en est finalement pas une, puisqu'il aurait fallu qu'elle vive auparavant pour pouvoir mourir. "A l'école d'horticulture, on m'a appris à soigner les fleurs, mais pas à les empêcher de mourir. Je décidais d’éviter de nouvelles victimes en remplissant les pots de fleurs avec du ciment"

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Marcel Dupertuis - 2013-Bronze patiné

Dépôt de l'artiste depuis 2013

Si les sculptures de Marcel Dupertuis sont réduites jusqu'à la ligne, la matière n'en est pas éliminée pour autant. Celle-ci reste bien présente, entre allégement et pesanteur, et dans une tension que vient redoubler le matériau choisi par l'artiste : le bronze, traditionnellement utilisé en sculpture mais réputé pour sa robustesse et sa densité plus que pour sa légèreté. Marcel

Dupertuis propose ainsi un jeu sur les apparences et sur propriétés physiques des matériaux qu'il travaille, passant par le procédé complexe et classique de la fonte pour obtenir ces sculptures aériennes. La linéarité se fait circulaire, articulée par des « nœuds » et déposée légèrement au-dessus du sol. Elle se relève comme une invitation à la pénétrer, à pénétrer la Clairière.

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Le Parc de Kerguéhennec

Initialement, le parc est conçu dans l'esprit d'un jardin à la française. La perspective de l'allée cavalière et la géométrie de la cour d'honneur au sud du château en témoignent.

A la fin du XIXe siècle, le parc est considérablement remodelé sous l’influence de Denis Bühler (créateur, avec son frère, du parc de la Tête d'or à Lyon et des jardins du Thabor à Rennes).

L'intervention concerne essentiellement le parc Nord où plusieurs modifications sont apportées. Les lignes amples et sinueuses remplacent alors les allées rectilignes à la française, créant ainsi un nouveau cheminement, plus romantique. Le château n'est plus découvert de front et dès l’entrée, il faut désormais un lent cheminement pour mieux s'imprégner de l'esprit du parc. Une dualité est lisible entre le parc Nord aux allées sinueuses et le parc Sud dont les allées rectilignes et perpendiculaires sont conservées.

La volonté du comte Lanjuinais fut aussi de faire du parc Nord un véritable arboretum mêlant les essences et les variétés des quatre coins du monde. On retrouve ainsi des plantations d'Asie, d'Amérique du Nord, d'Afrique mais également d'Europe. Celles-ci répondent aux plantations originelles du Domaine. L'arboretum mène le visiteur à arpenter non seulement le paysage naturel mais à emprunter les chemins de la connaissance. Au XIXe siècle, le savoir agit comme facteur de différenciation sociale entre ceux qui savent nommer les essences et les autres qui ne voient rien d'autre que des arbres.

Enfin, la création d'un potager est envisagée dès 1873, avec une serre ainsi qu'un grand bassin alimenté par la citerne octogonale de Cléhury. Paul-Henri Lanjuinais sollicite le jardinier Jarry pour en faire son jardinier en chef, qui est chargé des premières plantations du potager.

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mardi 8 août 2017

Hans Feurer à Caméra Work - Berlin

Le photographe suisse Hans Feurer expose plus de 25 clichés en grand format pour célébrer les 20 ans de la galerie berlinoise Caméra Work. A découvrir depuis le 15 juillet 2017.

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Voir mes précédents billets sur Hans Feurer

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Galerie Jean Jacques Rio à Auray

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http://www.galerie-jjrio.com/

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Guy Bourdin

Chloé dévoile un nouvel espace culturel : la Maison Chloé. Situé à quelques pas de son siège parisien, cet immeuble haussmannien accueillera tout au long de l'année les expressions de différentes féminités, avec un programme d'expositions et d'événements mettant à l'honneur 65 ans de créations et d'histoires, de la fondatrice de la maison, Gaby Aghion, aux filles Chloé d'aujourd'hui. Ces expressions artistiques donneront vie à cette féminité unique célébrée par Chloé et refléteront la mission qui a toujours été celle de la maison : donner aux femmes la liberté d'oser être elles-mêmes.

A l'occasion de l'inauguration de la Maison Chloé, le 2 juillet 2017, Judith Clark, commissaire d'exposition et scénographe de renom, a créé un parcours singulier. Grâce à une circulation originale conduisant de l'entrée rue de La Baume aux showrooms, ou des salons VIP au patrimoine situé au cinquième étage ; mais aussi au gré d'une sélection riche d'objets, vêtements et photographies retraçant sept décennies de mode, les visiteurs pourront s'immerger dans l'univers de la fille Chloé.

Pour sa première exposition temporaire, la Maison Chloé met à l'honneur Guy Bourdin. Un lien particulier les unit. Le photographe français a en effet créé le plus grand nombre d'éditoriaux de mode mettant en lumière les créations Chloé. Par un jeu de mise en scène habile, Judith Clark oppose deux types de féminité, soulignant le contraste entre les images explosives et controversées de l'un des principaux photographes de mode et les vêtements au chic bohème représentés dans ces mêmes images. Avec ces photographies et ces pièces d'archives inédites, l'exposition offrira un nouveau regard sur l'œuvre de Guy Bourdin.

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dimanche 6 août 2017

Le Voyage à Nantes - Le Lieu Unique

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Reportage photographique : Jacques Snap

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Exposition "Picasso" à Landerneau

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L'exposition « Picasso », présentée par le Fonds Hélène & Édouard Leclerc à Landerneau, est l'un des événements culturels majeurs de l'été.

Michel-Édouard Leclerc, son initiateur, se réjouit d'accueillir aux Capucins une rétrospective d'un artiste, en qui il voit « la métaphore de ce qui nous attend au XXIe siècle ». Entretien.

> Quel premier bilan peut-on tirer de l'exposition, un mois et demi après son ouverture ?

Elle suscite un véritable engouement : on compte de 1.000 à 2.000 visiteurs par jour. Le public est très familial. Les jeunes, notamment, manifestent une grande curiosité. Ils croyaient connaître Picasso à travers ses oeuvres emblématiques, publiées dans les manuels scolaires ou les revues, et là, ils découvrent la profusion de l'artiste, ses obsessions...

> Les 200 pièces présentées sont issues d'une collection familiale privée. Savez-vous pourquoi Picasso n'avait jamais voulu s'en séparer ?

Les méchantes langues disaient qu'il était pingre (rires). À sa mort, on a dénombré plus de 70.000 oeuvres de lui. Mais dans sa vie, il a vendu moins de 30 % de sa production artistique ! Picasso en conservait un maximum dans ses différents ateliers. Il n'hésitait pas à les retravailler, procéder à des ajouts, des changements de couleur... Certaines oeuvres étaient dédiées à des personnes qui comptaient dans sa vie : ses amis écrivains, des marchands, son éditeur de lithographies, et, bien sûr, ses deux femmes « légales », avec qui il s'est marié. Certains tableaux visibles à Landerneau portent des mentions pour une donation à Jacqueline, sa dernière épouse.

> L'exposition est découpée en neuf sections chronologiques. Êtes-vous plus particulièrement sensible à une période ?

Oui, celle de sa formation quand, très jeune, il était stimulé par son père en Catalogne. Dès l'âge de 15 ou 16 ans, il est incroyable de maturité. Dans les portraits et les scènes de la vie familiale du début de l'exposition, on est surpris par tant de qualité picturale. Les premières oeuvres qu'il a réalisées à Paris sont également saisissantes. On a l'impression qu'il capte tout, qu'il cherche à s'approprier ici un peu de cubisme, là de l'expressionnisme, qu'il va chercher de la lumière chez Matisse...

Il est sans arrêt dans l'accaparement, mais aussi le dépassement. Lorsqu'on regarde son autoportrait de 1917, on mesure aussi sa maîtrise totale du classicisme. Il semble dominer toutes les formes et a l'air d'en jouer.

> Quels sont vos coups de coeur dans l'exposition ?

J'aime beaucoup les dessins et les peintures surréalistes, les portraits de femmes sur toiles, ses minotaures, très puissants... Et ces femmes allongées, offertes, en forme arrondie ou cubiste. Évidemment, il y a aussi les portraits de Jacqueline que je trouve magnifiques. Celui en bleu de 1964, ou « en costume turc » de 1955...

> Comment définir l'art de Picasso ?

C'est un génie ! Il a de l'ego et ressent de la satisfaction à montrer ses oeuvres, seulement, il se remet en cause tout le temps. Il y a plusieurs Picasso dans Picasso. C'est en ce sens qu'il est, pour moi, le plus grand artiste du XXe siècle, en même temps que la métaphore de ce qui nous attend au XXIe siècle.

Les jeunes, aujourd'hui, vous parlent de rupture, tout le monde nous dit qu'on va exercer plusieurs métiers dans notre vie, que nos parcours publics et privés vont être remis en cause sans arrêt. Eh bien Picasso prouve, incarne, qu'il ne faut pas avoir peur du changement, de la rupture. Rien n'est linéaire dans sa vie, qu'elle soit amoureuse - les femmes ne se ressemblent pas - ou artistique !

> Comment faire mieux que Picasso pour les prochaines expositions aux Capucins ?

Si l'on ne peut pas faire mieux, alors faisons différent (rires) ! Picasso a consacré beaucoup de temps à revisiter ses maîtres : Velasquez, Goya... Son souci n'était pas de les surpasser mais de faire autrement, d'inventer et réinventer encore. À Landerneau, nous ne ferons jamais mieux que Picasso, Chagall, ou Giacometti, mais nous jouerons sur cette notion de différence au potentiel de variation énorme !

> En restant fidèle au contemporain ?

Pas forcément, on peut faire dialoguer l'archi-contemporain avec le passé qui l'a inspiré. Cet hiver, nous présenterons pour moitié des artistes vivants et pour l'autre des artistes du XXe siècle.

Pratique

Jusqu'au 1 er novembre de 10 h à 19 h (18 h à partir de septembre) aux Capucins à Landerneau.

6/8 €. Gratuit -18 ans. 02.29.62.47.78.

www.fonds-culturel-leclerc.fr

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samedi 5 août 2017

Le Voyage à Nantes

COURS CAMBRONNE : LES NUS de DANIEL DEWAR & GRÉGORY GICQUEL

ŒUVRE D'ART IN SITU

Les Nus est un ensemble de trois sculptures en pierre, faisant écho à l’exposition de la HAB Galerie : Le Nu et la roche des mêmes artistes.

Dans ce jardin de style néo-classique bordé de façades d’hôtels particuliers et jalonné de tilleuls argentés, l’atmosphère est propice à la promenade. Alors qu’au centre de la longue allée rectiligne trône la statue en bronze du général Cambronne, Daniel Dewar et Grégory Gicquel préfèrent occuper les alcôves, espaces protégés et voués à la contemplation.

Poursuivant leur obsession de la représentation du mobilier sanitaire – déjà expérimenté en béton pour le musée Rodin en 2014 ou plus récemment avec des sculptures en céramique – Les Nus sont réalisés en marbre rose du Portugal, pierre choisie pour sa couleur et son veinage similaires à la peau. Les imposants blocs, posés à même le sol, sont travaillés en taille directe et font émerger les formes du mobilier : vasque, bidet et toilettes. Telles des images inversées du corps humain – le lavabo représenterait le visage, les toilettes le fessier, et le bidet les pieds – ces pièces font aisément penser aux corps nus annoncés.

Copiant à la main ce mobilier moderne normalement industrialisé, les artistes renvoient ces objets à l’état de nature et révèlent l’interdépendance entre nos corps et les formes de notre quotidien. Dans le décor architectural admis comme parfait du cours Cambronne, les sculptures prennent place comme si elles avaient toujours été là et posent la question de la valeur de la sculpture dans l’espace public.

À la fois solides, précieux et peut-être pas si intimes, Les Nus s’imposent comme des fossiles luxueux de notre civilisation.

3 QUESTIONS À...DANIEL DEWAR & GRÉGORY GICQUEL

QUEL EST VOTRE PREMIER SOUVENIR DE NANTES ?

L’Extrême.

QUE SIGNIFIE POUR VOUS « ESPACE PUBLIC » ?

L'espace de la liberté et l'espace de la gratuité.

QU’EST CE QUE VOUS REGARDEZ EN PREMIER DANS UNE VILLE ?

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Les trains, les voitures et comment les gens sont habillés.

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vendredi 4 août 2017

Le Voyage à Nantes...

Article de Christophe Levent À Nantes(loire-Atlantique)

L’art reprend le pouvoir, le temps de l’été, dans les rues de Nantes, avec une nouvelle invitation au Voyage, 6 e édition d’une manifestation toujours réjouissante. La ligne, verte en l’occurrence, qui guide les pas des visiteurs, est toujours la même : faire surgir l’inattendu au gré des rues grâce à la fine fleur des artistes contemporains. Le tout sans jamais se départir d’un certain humour.

Voici une sélection, parmi les nouveautés de l’année qui viennent s’ajouter à la vingtaine d’œuvres déjà existantes.

Tournez manège place du Bouffay

Une grande roue, incomplète et figée, trône au milieu des terrasses des cafés, sur un sol de sel d’un blanc scintillant. Des godets de pelleteuse font office de wagon et des palmiers poussent entre les rayons. Intriguant.

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Une oasis sur la place Royale

Un arbre préhistorique et un palmier géant ont poussé au cœur du centre historique, sur un sol aride de sable blond. Trois personnages blancs, asexués, sont allongés sur les branches. Poétique.

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Corps céleste à Graslin

En face de l’opéra, un corps noir et immense, celui de la muse manquant au fronton, est allongé sur le sol. A l’intérieur, dans une légère brume, le feu d’un foyer diffuse sa lumière sur les parois. Onirique.

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Glissade historique

Accrocher un toboggan au flanc des remparts du château des ducs de Bretagne, il fallait oser. Le Voyage l’a fait : 50 m de descente, au-dessus des douves, en partant de 12 m de haut, pour petits et grands. Régressif.

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L’humour dans le marbre

Marbre rose, grès, granit travaillés dans les plus purs canons de la sculpture classique mais pour représenter… des bidets, des pommeaux de douche ou des mocassins à pompons… Une exposition baptisée le « Nu et la Roche », à découvrir au Cours Cambronne. Détonnant.

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Un labyrinthe de fils

Le patio du musée des Arts de Nantes, magnifiquement transformé après six ans de travaux, accueille un immense labyrinthe de fils blancs tendus du sol au plafond. Envoûtant.

Micro-maison

A l’entrée d’un passage large de 2,80 m se dresse une maison de métal noir haute de 5 m, perchée sur pilotis. Une micro-habitation avec cuisine, salon et chambre. A l’intérieur, ça tangue comme sur un bateau. Innovant.

Sur les traces d’Alien

Le lieu rend hommage à H.R. Giger, le plasticien suisse qui avait imaginé l’univers d’« Alien » pour le film de Ridley Scott (1979). Un voyage en dessins et sculptures à travers l’œuvre de ce graphiste et designer qui a marqué de son empreinte la science-fiction. Fascinant.

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Les graffeurs en prison

L’ancien greffe de la prison de Nantes, aujourd’hui fermée, a été livré aux artistes, graffeurs et illustrateurs. Murs extérieurs comme intérieurs se parent de villes imaginaires, de monstres à trois têtes ou de personnages de détenus, en noir et blanc ou dans une explosion de couleurs. Troublant.

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Déchiffrez le morse

Etape surprise, non localisée sur les plans, cette installation risque d’être l’un des musts de cette 6 e édition. Dans un remake surréaliste de l’épisode du parachutiste resté accroché à un toit en Normandie lors du Débarquement, un… morse se retrouve dans la même position sur une façade de la ville. A vous de le découvrir.

Reportage photographique : J. Snap

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