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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

lundi 6 novembre 2017

A la Fondation Louis Vuitton

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jeudi 2 novembre 2017

DES FILLES TRÈS JOLIES CHEZ MICHEL HADDI

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Après un bain d’été indien, à Miramas, on court voir l’exposition de Michel Haddi, Pop Style Icons.

Ah qu’elles sont jolies les filles sous l’objectif de Michel Haddi ! Vous avez de la chance, les regarder vous sera permis. L’exposition de ses photographies se déroule jusqu’au 10 février 2018 à Miramas, sous le soleil de la French Riviera. Il s’agit là d’une véritable exclusivité puisque cet événement, accueilli au McArthurGlen Designer Outlet Provence en collaboration avec ONO Arte Contemporanea, Bologne, est une première en France.

« Initialement, je voulais être réalisateur ou journaliste. Mais soudainement, à 18 ou 19 ans j’ai eu une révélation. J’ai vu une couverture du Vogue en kiosque de Helmut Newton et je me suis dit ‘c’est incroyable, c’est ce que je veux faire !’»

Né en 1956 à Paris, c’est à sa majorité que Michel Haddi a décidé de photographier les plus belles femmes de la planète. Dont certaine ont été en couverture de votre magazine, Kate Moss ou Laetitia Casta. « Initialement, je voulais être réalisateur ou journaliste. Mais soudainement, à 18 ou 19 ans j’ai eu une révélation. J’ai vu une couverture du Vogue en kiosque de Helmut Newton et je me suis dit “c’est incroyable, c’est ce que je veux faire !”» a-t-il déclaré. Comme nous le comprenons !

Des hommes il en a photographiés aussi. Mais attention, là encore, uniquement des célébrités au charisme impeccable : David Bowie, Nicholas Cage, Martin Scorsese… De Londres où il était assistant de Ben Lee à Venice Beach, il les a tous rencontrés, photographiés, sublimés. Bref, Michel Haddi, on y va.

Michel Haddi – Pop Style Icons, McArthurGlen Provence, Mas de la péronne, rue de la quénouille, 13140 Miramas.

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lundi 30 octobre 2017

Save the date...

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Roman Polanski à la Cinémathèque...

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Malgré son apparente versatilité, l’œuvre de Roman Polanski possède une unité paradoxale et profonde, combinant grand spectacle et vision personnelle, intérêt pour les innovations techniques et explorations psychiques, dérives fantastiques et sens du détail vériste.

UN ART VISIONNAIRE

Roman Polanski aime dire qu'il a apporté une certaine touch européenne au cinéma américain et que, réciproquement, son goût pour les films hollywoodiens l'a poussé à en importer le professionnalisme au sein du Vieux Continent. Même si ses thèmes fétiches sont assez facilement repérables (intérêt pour le huis clos, personnages guettés par la frustration et/ou la folie, pression sociale écrasant l'individu, jeux d'humiliations, tentation de l'absurde et de la farce...), on est ainsi dérouté devant le caractère composite de sa carrière, en termes de genres abordés, de pays producteurs, de gammes de budget, voire de montages financiers. Après que son premier long métrage, Le Couteau dans l'eau, a valu à la Pologne une nomination à l'Oscar du meilleur film étranger, il réalise en Angleterre Répulsion et Cul-de-sac pour le compte de Tony Tenser, jusqu'alors pourvoyeur de séries Z horrifico-sexy. C'est ensuite l'empire du magazine Playboy qui lui finance un Macbeth plein de boue et de fureur, tourné entre ses deux grands succès hollywoodiens, Rosemary's Baby et Chinatown. Et quand la rubrique faits divers le poussera à fuir définitivement les studios californiens, il devra écumer les bureaux des nababs internationaux, en comptant sur son nom et son talent pour susciter l'intérêt autour de projets ambitieux et atypiques.

UN REGARD OBLIQUE SUR LES GENRES

Avec un peu de provocation, on pourrait qualifier tous ces films du mot péjoratif d'« euro-pudding », désignant ces coproductions européennes « de prestige » tournées en anglais avec un casting cosmopolite, et souvent adaptées de classiques littéraires. Sauf que notre cinéaste va donner ses lettres de noblesse à cette catégorie ingrate, qui semble conçue à son seul profit. D'abord, cet éternel exilé, féru d'univers étrangers et labyrinthiques, peut y égarer des stars américaines qui se retrouvent ainsi comme des poissons hors de l'eau : voir Harrison Ford dans les belles variations hitchcockiennes de Frantic, ou Johnny Depp dans l'ahurissant et pourtant très réussi La Neuvième Porte.

Mais le plus important dans ce système de coproductions continentales est peut-être qu'il permet à Polanski de s'affranchir de la tyrannie des genres, qu'il traite de manière volontiers oblique. En effet, mis à part des parodies qui ne sont pas ses films ayant le mieux vieilli (Le Bal des vampires, Pirates), il se soucie peu des conventions. Déjà, il avait bataillé avec Robert Evans, le producteur de Chinatown, pour escamoter l'hommage au film noir au profit d'un regard direct sur la réalité des années 30. De la même manière, la fresque mélodramatique de Tess se déroule sur fond d'une description quasi-maniaque de l'agriculture du XIXe siècle... même si la campagne anglaise a en fait été reconstituée en France sous la houlette du producteur Claude Berri.

LE CORPS NE RÉPOND PLUS

Loin d'être abstrait ou artificiel, le cinéma de Polanski est donc un mélange entre, d'une part, une volonté de relever toutes sortes de défis techniques, et d'autre part, un sens du détail véridique et trivial. En revoyant ses films, on reste stupéfait devant le nombre incalculable de scènes où les personnages mangent ou boivent, quand ils ne sont pas simplement tenaillés par la faim. Cela contamine jusqu'à ce qu'on pourrait appeler la « trilogie de l'horreur schizophrénique » qui, par là, tient peut-être moins du surréalisme que de l'hyperréalisme. Ces histoires de possession sont ancrées dans le concret par des substances organiques (la décoction permettant que Rosemary porte l'enfant du Démon, la tasse de café du Locataire, la patate et la carcasse de lapin germant et pourrissant à mesure que l'héroïne de Répulsion bascule dans la folie homicide) et ces substances font entrer les protagonistes dans des phases de réclusion dont ils sortent avec une identité altérée : Rosemary acceptant son rôle de mère du Diable, le nouveau locataire réincarné dans le corps mourant de la précédente occupante de l'appartement...

De plus, ces transformations procèdent d'images mentales qui ne sont pas vraiment hallucinatoires, mais plutôt visionnaires. La clé réside peut-être dans un titre pourtant un peu anecdotique, l'escapade italienne de Quoi ? : échouée dans une villa étagée sur une falaise, l'héroïne parle à un homme situé sur la terrasse du dessus, mais ce dernier lui explique que pour le rejoindre à pied, elle devra traverser un nombre absurde de pièces. Bref, chez Polanski, l'œil voit, mais c'est le corps qui ne répond plus. Ou alors : quand le corps est immobilisé, l'œil se met à voir des choses échappant aux autres sens. C'est ce qui arrive dans le dernier acte du Pianiste, dont le personnage-titre, forcé de se terrer dans des appartements, assiste impuissant à l'insurrection de Varsovie. Puis il découvre une ville en ruines qui est presque aussi fantasmagorique que les mains masculines sortant des murs dans Répulsion, mais qui n'en ressemble pas moins aux images télévisuelles de Grozny ou Alep. Cependant, de la même façon qu'il retourne comme un gant les clichés antisémites sur l'argent, le film inverse l'habituel traitement polanskien du psychisme : c'est quand il est cloîtré que le héros retrouve son identité, d'être humain, de Juif, de pianiste du nom de Szpilman, avec la complicité d'un énigmatique officier de la Wehrmacht.

D'où un ultime pied de nez : habituellement, le meilleur long métrage d'un réalisateur n'est pas celui qui le couvre de Palmes, Césars et autres Oscars, ni celui où il aborde littéralement la source de ses obsessions – ici, l'expérience de Polanski enfant dans le ghetto de Cracovie. Tout au contraire, l'intéressé signe avec Le Pianiste le film de sa vie, à tous les sens du terme : ses préoccupations entrent en pleine résonance avec le sujet, et le résultat demeurera sans doute son plus grand chef-d'œuvre.

Gilles Esposito

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Une pétition pour annuler la rétrospective Polanski à Paris

Une pétition sur change.org, lancée par une militante féministe, demande à la Cinémathèque française d’annuler la rétrospective des films du cinéaste franco-polonais Roman Polanski, qui sera inaugurée lundi à Paris.

«C’est de culture que nous avons soif, pas de culture du viol», peut-on lire dans cette pétition lancée par Laure Salmona, qui avait recueilli plus de 20.000 signatures vendredi à la mi-journée.

«Il est temps d’en finir avec la culture du viol qui produit un discours qui vise à minimiser, à excuser et à perpétuer les violences sexuelles. D’en finir, aussi, avec l’impunité des hommes célèbres qui violent, agressent, harcèlent et tuent des femmes et des enfants sans que cela ne gêne leur carrière», ajoute la pétition.

Accusé de viol il y a 40 ans par une jeune fille de 13 ans, Roman Polanski a reconnu une relation sexuelle avec une mineure mais nié le viol. Un juge de Los Angeles a refusé en août dernier de clore les poursuites.

La pétition ironise sur le «sens du timing parfait» de la Cinémathèque, «en pleine affaire Weinstein» et alors que le réalisateur a fait l’objet de nouvelles accusations d’agressions sexuelles, qu’il conteste formellement.

La Cinémathèque, présidée par le réalisateur Costa-Gavras, avait défendu son choix cette semaine, n’entendant «se substituer à aucune justice», et affichant son «ambition»: «montrer la totalité des œuvres des cinéastes et les replacer ainsi dans le flux d’une histoire permanente du cinéma».

L’association Osez le féminisme a appelé à un rassemblement lors de l’inauguration de la rétrospective, en présence du réalisateur qui doit présenter son dernier film «D’après une histoire vraie», lundi soir lors d’une séance privée.

Sous la pression de féministes, Roman Polanski avait dû en début d’année renoncer à présider la cérémonie des César.

AFP

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Exposition pont d'Iéna - Octobre rose

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Le pont d'Iéna accueille une exposition de photographies jusqu’au 3 novembre 2017, qui réunit les finalistes du concours Estée Lauder Pink Ribbon Photo Award. Elle s'inscrit dans le cadre des missions de l'association "Le cancer du sein, parlons-en !", co-fondée par le groupe Estée Lauder en France et Marie Claire en 1994.

Le concours Estée Lauder Pink Ribbon Photo Award a été créé en 2012 pour apporter à la cause du cancer du sein des images émouvantes, parfois légères, parfois poignantes. Sur la sélection de photographies de cette édition 2017, on voit des femmes rire, jouer avec leur perruque, courir sur la plage, s'enlacer...

Au plus près des malades, les photographes font le choix d'un travail humain, porté sur les sentiments. En noir et blanc ou en couleurs, l'idée est de vous éveiller à la réalité du cancer du sein. Chaque image est accompagnée d'une histoire, qui l'éclaire et la rend vibrante.

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dimanche 29 octobre 2017

La Galerie Daniel Maghen a l'honneur de présenter les œuvres de William Vance à l'Espace Commines (demain dernier jour)

Cette exposition rend hommage à un auteur populaire et incontournable du monde du 9e Art. Une occasion rare d'admirer ses originaux; plus de 200 pièces de ces grandes sagas: XIII, Bob Morane, Bruno J. Hawker, Bruno Brésil, Ramiro ... Déjà exposé en 2006, la galerie présente cette fois l'ultime exposition-vente de l'artiste puisqu ' Elle rejoint les dernières pièces conservées par la famille Vance ainsi que la collection personnelle de Jean Van Hamme.

Cette rétrospective retrace près de cinquante ans de carrière (1964-2010) depuis Howard Flynn, publication pour la première fois dans Le Journal de Tintin en 1964 jusqu'au dernier album de XIII. Elle permet de découvrir l'évolution de son dessin, d'admirer son trait si efficace, ses enchaînements plus puissants et ses compositions cinématographiques, capables de transporter le lecteur à travers des histoires hyperréalistes.

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#Vernissage de l'exposition "RETROSPECTIVE XIII - VANCE / VAN HAMME" @ Espace Commines #EspaceCommines @EspaceCommines #Marais #ExpoVance #Vance #WilliamVance #bandedessinee #bd #comic #comics #illustration #album #albums #planche #retrospective #saga #XIII #BobMorane #BruceJHawker #BrunoBrazil #HowardFlynn By #GalerieMaghen #GalerieDanielMaghen #Maghen @galeriedm #art #Paris #ArtAParis #ArtParis #exposition #exhibition La Galerie Daniel Maghen a l'honneur de présenter les œuvres de William Vance lors d'une rétrospective éphémère à l'Espace Commines. Cette exposition rend hommage à un auteur populaire et incontournable du monde du 9e Art. Une occasion rare d'admirer ses originaux ; plus de 200 pièces provenant de ses plus grandes sagas : XIII, Bob Morane, Bruce J. Hawker, Bruno Brazil, Ramiro... Déjà exposé en 2006, la galerie présente cette fois l'ultime exposition-vente de l'artiste puisqu'elle réunit les dernières pièces conservées par la famille Vance ainsi que la collection personnelle de Jean Van Hamme. Cette rétrospective retrace près de cinquante ans de carrière (1964-2010) depuis Howard Flynn, publiée pour la première fois dans Le Journal de Tintin en 1964 jusqu'au dernier album de XIII. Elle permet de découvrir l'évolution de son dessin, d'admirer son trait si efficace, ses encrages puissants et ses compositions cinématographiques, capables de transporter le lecteur à travers des histoires hyperréalistes.



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Liu Bolin, l'exposition de l'Homme invisible à la Maison Européenne de la Photographie (dernier jour)

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Romain Duris expose à la Galerie Cinéma - vu hier

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Romain Duris (10)Reportage photographique : J. Snap

http://galerie-cinema.com/expositions/expo-romain-duris-dessins/

 

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NAKED WAR- Exposition photo à la Galerie Xippass - Photos : Bettina Rheims - Vu hier

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Reportage photographique : J. Snap

https://www.instagram.com/bettinarheims/

https://www.instagram.com/explore/locations/595697939/xippas-galleries/

http://www.xippas.com/fr/exhibition/naked-war/

NAKED WAR

OCTOBRE 21 - NOVEMBRE 25, PARIS

La Galerie Xippas a le plaisir de présenter le dernier projet photographique de Bettina Rheims « Naked War ». Réalisé en 2017 en collaboration avec l’écrivain et romancier Serge Bramly, il est issu de la rencontre entre la photographe et les activistes Femen.

Les portraits des Femen prolongent la recherche sur la construction et la représentation de la féminité que l’artiste mène depuis plus de 35 ans et qui a pris un tournant clairement politique depuis sa série « Détenues » (2014)[1]. Dans cette continuité, Bettina Rheims se tourne vers le courant féministe où elle trouve des affinités intrinsèques à son travail.

Femen est un mouvement international de femmes du monde entier qui a vu le jour en 2008 en Ukraine. Les actions de Femen s’inscrivent dans la « troisième vague du féminisme », après les Suffragettes du XIXe siècle et les mouvements des années 1970. Plus radicales, physiquement engagées, les Femen se réapproprient les codes de la performance en agissant dans l’espace public. Portant des slogans sur leurs torses nus qui deviennent un espace privilégié de revendication, elles inventent le « nu politique » comme outil de mobilisation.

En se mettant à nu, ces femmes démontrent que le corps reste le seul et dernier moyen de résistance face à une oppression, et les réactions aux revendications des Femen prouvent que c’est un moyen extrêmement puissant. Allant des accusations d’atteinte à la pudeur jusqu’à l’agression physique, ces réactions révèlent la violence inhérente du système socio-politique actuel.

Par la mise en scène, mais également par les codes propres à l’image, Bettina Rheims donne une autre visibilité à l’engagement des Femen et transpose la problématique de l’actionnisme féministe dans le champ de l’art contemporain.

Photographiés sur fond neutre, ces corps en combat sont extraits de leur environnement public et faisant face au spectateur, s’adressent directement à lui. Par le moyen de la photographie, Bettina Rheims met en valeur le côté performatif de l’activisme des Femen et crée une œuvre où l’artiste et les activistes sont les co-auteurs. Donnant une présence forte au corps féminin, non idéal et parfois non conventionnel, devenu médium d’un message politique, la corporalité, toujours présente dans le travail de Bettina Rheims, dévoile une autre dimension – celle de l’engagement et du pouvoir.

Avec la féminité assumée mais non érotique, les Femen utilisent leur nudité comme moyen de communication qui ébranle les modes d’expression des mouvements féministes. Bettina Rheims reprend les codes de la féminité adoptés par les Femen pour remettre en question les rapports de forces sociaux-culturels où les femmes se voient encore attribuer des rôles bien précis. Retrouver son corps féminin, non comme objet du désir, mais comme sujet actif et comme acteur politique, tel est l’engagement des Femen transcrit par Bettina Rheims.

Abordant la question du corps féminin et l’image du nu comme espace et outil politique, Bettina Rheims met en avant les enjeux de la mobilisation du mouvement Femen et offre une vision renouvelée du portrait féminin en tant que  « nu politique ».

De sa série sur les stripteaseuses de Pigalle (1980) qui marque le début de sa carrière, au cycle sur la vie de Jésus dans I.N.R.I. (1998), des portraits d’animaux empaillés dans la série “Animal” (1982) à son travail sur le genre dans « Gender Studies » (2011), la photographie de Bettina Rheims bouscule l’iconographie et les thèmes traditionnels. L’une des séries majeures, « Chambre Close » (1990-1992) – la première en couleur – marque le début de sa collaboration avec le romancier Serge Bramly.

Plusieurs institutions ont consacré des expositions rétrospectives à son travail : le Kunsthal, Rotterdam et le Moscow House of Photography, Moscou (2006), le C/O Berlin et le FORMA, Milan (2008), la Maison Européenne de la Photographie de Paris et le Fotografiska Museet de Stockholm (2016).

Un ouvrage rétrospectif qui rassemble plus de 500 photographies réalisées durant 35 ans de sa carrière, a été publié par les Editions Taschen en 2016.

En 1995, Bettina Rheims a réalisé le portrait officiel du Président de la République Jacques Chirac. Il la décorera des Insignes d‘Officier de la Légion d’Honneur pour l’ensemble de son travail en 2007.

[1] Encouragée par M. Robert Badinter et le soutien de l’administration pénitentiaire, Bettina Rheims a photographié, entre septembre et novembre 2014, plus d’une soixantaine de femmes en détention.

Un film de Joseph Paris « Naked War », une réflexion philosophique et artistique sur les Femen, est désormais disponible aux éditions Montparnasse, Paris.

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samedi 28 octobre 2017

Sélection Galerie : Bettina Rheims à la Galerie Xippas à Paris

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Pour son dernier projet photographique « Naked War », Bettina Rheims a réalisé des portraits d’activistes Femen.

Par Philippe Dagen

L’exposition “Naked War” de Bettina Rheims, à la galerie Xippas, Paris.

« Personne ne me soumet », « Délivrez-nous du mâle », « Mon corps m’appartient » : ces injonctions sont écrites en lettres rouges ou noires sur les bustes des Femen que Bettina Rheims a photographiées il y a quelques mois dans son studio parisien. La défense du corps féminin contre les abus de toutes sortes réunit les activistes du groupe, né en 2008 en Ukraine et célèbre pour ses actions contre dogmes religieux et politiques de la haine, et la photographe, qui s’était attachée dans ses séries précédentes aux transgenres et aux femmes détenues dans les prisons françaises. Le protocole est simple : fond blanc, portraits en pied ou cadrés plus serré, frontalité et nudité du buste. Chacune des Femen – elles sont une vingtaine – a décidé de sa phrase, de la position de ses bras et jambes, de sa coiffure. L’une d’elles tient une chaîne, une autre une kalachnikov, une troisième lève le poing. D’autres encore ont les mains sur les hanches. Plusieurs portent voile de tulle ou couronne de fleurs comme autant d’allusions railleuses au mariage. D’autres allusions sont plus crues et sexuelles. Ce serait peu dire que leurs revendications sont formulées clairement, violence dont l’intensité répond à l’intensité des violences qui sont infligées à tant de femmes parce qu’elles sont femmes.

Ni les Femen ni Bettina Rheims n’ont attendu l’affaire Harvey Weinstein pour le proclamer et c’est une coïncidence si l’exposition a lieu au plus fort du scandale. La surprise ne vient donc pas du sujet, mais de cet effet paradoxal : alors que ces jeunes femmes sont à moitié nues –l’une d’elle l’est entièrement –, leurs images sont dégagées de toute aura d’érotisme. La blancheur systématique du fond, la neutralité voulue de la lumière et la simplicité des poses s’opposent à toute sensation de cet ordre. Ces nus se refusent à la contemplation et à la suggestion. Ils s’opposent ainsi à la tradition photographique du corps séducteur, de Man Ray à Helmut Newton en passant par des milliers d’amateurs, tradition que Bettina Rheims a tantôt paru prolonger et tantôt remis en cause dans son œuvre. Ici, aucun doute n’est permis : elle refuse artifices et codes pour exposer dans leur individualité vivante des femmes qui se refusent, elles aussi, à jouer aux jeux du charme et de la tentation. C’est ce que l’on appelle une conception politique de l’image.

« Naked War », galerie Xippas, 108, rue Vieille-du-Temple, Paris 3e. Du mardi au vendredi de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 19 heures, le samedi de 10 heures à 19 heures. Jusqu’au 25 novembre. xippas.com

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