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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

jeudi 19 octobre 2017

Une année dans la vie de Picasso

Par Philippe Dagen - Le Monde

Au Musée Picasso, à Paris, un moment-clé dans la relation du peintre à ses modèles Olga et Marie-Thérèse.

Pourquoi Pablo Picasso (1881-1973) passe-t-il devant les Galeries Lafayette le 8 janvier 1927 ? Rentre-t-il chez lui, rue La Boétie ? Va-t-il acheter dans le grand magasin un cadeau pour son épouse Olga, un jouet pour leur fils Paulo ?

Pourquoi la jeune Marie-Thérèse Walter, née en 1909, passe-t-elle par là au même instant ? Parce que sa mère, modiste, travaille dans le quartier, suppose-t-on.

Ils se croisent, et Picasso, l’ayant abordée et s’étant nommé, lui aurait dit : « Mademoiselle, vous avez un visage intéressant, je voudrais faire votre portrait. » Qu’il ait ajouté, comme on le lit souvent, « je sens que nous ferons de grandes choses ensemble », paraît trop prophétique pour être vrai.

Une rencontre singulière et décisive

Un visage et un corps aussi intéressants. A en juger d’après les photographies du temps de leur rencontre, Marie-Thérèse ressemble aux femmes athlétiques, épaules larges et cuisses fuselées, qu’il a peintes dans sa manière sculpturale en 1921.

On pourrait en déduire que Picasso reconnaît en elle un genre de beauté qui lui est familier, ce qui serait un début d’explication de cette rencontre singulière – et décisive dans l’œuvre et la vie du peintre, comme le démontre l’exposition « Picasso 1932. Année érotique ». Celle-ci a trois protagonistes : Olga, Marie-Thérèse et Picasso ; cela peut se dire de façon boulevardière : l’épouse, la maîtresse et le mari infidèle. Ou, d’une façon plus analytique : l’artiste et ses deux modèles, l’ancien et le nouveau.

Si l’exposition est si intéressante, c’est parce qu’elle fait alterner deux récits, le biographique et l’artistique. Pour cela, elle suit le calendrier, 366 jours – 1932 est une année bissextile – dans la vie de ces trois-là et de leurs proches et moins proches, poètes et marchands, hôteliers et fournisseurs.

Pour qu’une chronique jour après jour puisse ainsi être reconstituée, il faut pléthore d’éléments. Or Picasso ne jetait rien, et son musée conserve des dizaines de boîtes de factures, de coupures de presse et de correspondances. Aussi est-il possible d’atteindre ce degré de précision folle. Entre toiles, dessins et gravures s’intercalent des vitrines de documents plus instructifs les uns que les autres.

Clandestinité

Au visiteur qui ne pourrait pas consacrer deux ou trois heures à leur consultation, on conseille les tristes articles de ces critiques français qui, en 1932, dénoncent en Picasso le coupable de la décadence du bon goût français, préparant la propagande nazie contre « l’art dégénéré » et, à l’inverse, les lettres et articles attentifs des conservateurs et critiques étrangers à l’occasion de la rétrospective que le Kunsthaus de Zurich lui consacrait à l’automne.

A lire encore, les lettres sans littérature que Michel Leiris envoie d’Afrique, au cours de la mission Dakar-Djibouti : « L’arrogance des Blancs, à toute occasion, se manifeste, plus bête encore que positivement méchante », écrit-il le 3 février.

Dans les archives se trouvent aussi les indices d’une vie divisée entre l’épouse et la maîtresse, qui n’est pas encore la mère de Maya, née en 1935. Picasso donne les signes extérieurs d’une vie exemplaire : communion du fils à Saint-Augustin suivie d’une visite au Sacré-Cœur, séjours en famille à la mer, photos où Madame pose à côté de Monsieur au château de Boisgeloup, dans l’Eure – lequel deviendra plus tard le lieu de création des sculptures à la gloire de Marie-Thérèse.

A celle-ci, Picasso rend visite en secret, clandestinité qu’en 1932 il réussit encore à préserver. Il n’en aurait pas été ainsi si Olga avait découvert l’une de ces photographies d’elle-même à la plage que Marie-Thérèse envoie à son amant durant l’été dans les lettres où elle lui raconte journées et baignades à Juan-les-Pins. Ces photos, passées dans la machine mentale et visuelle nommée Picasso, en ressortent à l’état d’allégories érotiques. Il n’en aurait pas été ainsi non plus si Olga avait mieux regardé les œuvres de son mari : elle se serait doutée de quelque chose en observant l’apparition d’une nouvelle manière de dessiner et de peindre.

Métamorphoses

Cette manière, c’est la langue Marie-Thérèse, que Picasso invente à partir de 1927 et qui, en 1932, est celle de ses poèmes visuels en l’honneur de la jeune femme. Elle a pour signes premiers le cercle, l’ovale et la ligne sinueuse.

S’enchaînant, ils figurent visage, seins, bras et hanches en stylisations courbes qui définissent des formes immédiatement identifiables bien qu’évidemment disproportionnées, telle partie du corps amplifiée, telle autre abrégée ou absente.

Ces formes sont d’une couleur le plus souvent ­unique et peu modulée, ou, parfois, rehaussée de frottis de blanc. Tantôt, ce sont des harmonies en trois tons – gris, vert amande et violet –, tantôt des orchestrations chromatiques très sonores : Le Repos, daté du 22 janvier, La Jeune Fille devant le miroir, achevé le 14 mars, le Nu couché à la mèche blonde du 21 décembre qui semble annoncer les nus les plus déchaînés des dernières années de Picasso.

Il élabore ces schémas anatomiques sur le papier, avec crayon ou encre. Les hypothèses se succèdent jusqu’à l’apparition d’une formule graphique qu’il déplace sur la toile. Si ce n’est qu’il ne transfère pas le dessin tel quel. Celui-ci se transforme à mesure qu’il peint, à mesure que les rapports de couleur suggèrent de nouvelles métamorphoses.

Il faudrait, là aussi, des heures pour examiner chaque moment de cette méthode expérimentale, jour après jour, sinon heure après heure, des carnets aux toiles. Plusieurs séquences sont reconstituées, sinon dans leur intégralité, du moins avec suffisamment de stades intermédiaires pour que l’on puisse en suivre le déroulement et en comprendre le fonctionnement.

Précision déconcertante

L’une de ces séquences n’est pas consacrée à Marie-Thérèse, mais au Christ du retable d’Issenheim, de Matthias Grünewald. Précision déconcertante : Picasso, bien qu’il passe par l’Alsace en allant inaugurer son exposition zurichoise, ne s’arrête pas à Colmar, où le retable est conservé, mais travaille avec des reproductions.

A cela près, la méthode est identique, qu’il s’agisse de l’amante cachée ou de la crucifixion : une étude après l’autre, la deuxième développant ou systématisant une suggestion apparue dans la première et ainsi de suite.

Mais, si le processus est le même, la langue est profondément différente. Ce n’est plus celle de la ballade érotique, mais celle de la tragédie et de la mort, corps martyrisé, ossatures désarticulées, noir et blanc – Guernica cinq ans avant Guernica.

« Picasso 1932. Année érotique », Musée Picasso, 5 rue de Thorigny, Paris-3e. Du mardi au dimanche. Entrée : de 11 € à 12,50 €. Jusqu’au 11 février 2018.

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Cité de la Mode et du Design

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mercredi 18 octobre 2017

Camille Henrot au Palais de Tokyo - actuellement

Camille Henrot et Cindy Sherman

Camille Henrot et Cindy Sherman ci-dessus

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http://jourstranquilles.canalblog.com/archives/2017/10/17/35778870.html#comments

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Andres Serrano au Petit Palais (actuellement)

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«Jewel-Joy Stevens, America's Little Yankee Miss (Amérique)», 2003, par Andres Serrano. Provocant et souvent sulfureux, n'hésitant pas à faire scandale, entraînant rejeté et vandalisme (sur se souvient du 17 avril 2011 à Avignon, lors de l'exposition de son célèbre «Piss Christ» à la Collection Lambert), le photographe américain Andres Serrano - né le 15 août 1950 à New York - expose une quarantaine de portraits au Petit Palais à Paris, au 14 janvier 2018. Il se fait l'écho, dans cette exposition qui porte son nom, d'un choix de tableaux issus de la collection du musée. Et si, «éducation catholique et de la religion religieuse, Serrano aime jouer avec les codes de la peinture d'église», confie Susana Gallego Cuesta, conservatrice en chef, chargée du service des expositions du Petit Palais, c'est pour mieux s'en affranchir et créer ses propres règles. Photo publiée avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la galerie Nathalie Obadia. Portfolio: http://lemde.fr/2znjVzN #Art #Portrait #Photographie #Exposition #Culture #PetitPalais #Paris

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FIAC 2017

Le parvis du Centre Pompidou accueillera une grande installation artistique à l'occasion de la FIAC (Foire internationale d'art contemporain) 2017. Signé par l'Atelier Van Lieshout, l'oeuvre s'intitule "Domestikator"...

Vous trouvez que le billet d'entrée de la FIAC est beaucoup trop cher ? Rassurez-vous : même en étant fauché, vous pouvez suivre un large parcours d'art contemporain gratuit en ville, puisque 70 oeuvres ont été sélectionnées pour être exposées dans l'espace public.

Parmi elle, le Domestikator de l'Atelier Van Lieshout, fondé par le sculpteur Joep Van Lieshout, est accueilli par le Centre Pompidou sur son parvis.

L'artiste, représenté par la Carpenters Workshop Gallery où il est exposé en ce moment, explique : "le Domestikator a toujours eu comme intention d’être un catalyseur de pensée et d’opinion, puisqu’il pose la question dont les humains emploient la technologie – avec ingéniosité, créativité, sophistication et persistance – pour changer le monde et le rendre « meilleur », mais en le domestiquant souvent au passage."

Dès le mardi 17 octobre, venez donc découvrir cette machine dont le but est de faire réfléchir les visiteurs à la domestication du monde, qui entraîne des comportements déraisonnables vis-à-vis de la préservation de l'environnement.

Les écolos et autres amateurs d'art contemporain audacieux adoreront !

Informations pratiques :

FIAC 2017 : Domestikator

Devant le Centre Pompidou

Du 18 au 22 octobre 2017

Gratuit

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mardi 17 octobre 2017

Etre moderne : le MOMA à Paris - Fondation Louis Vuitton

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VERNISSAGE - Carte Blanche à Camille Henrot - Palais de Tokyo

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https://twitter.com/hashtag/CamilleHenrot?src=hash

http://www.palaisdetokyo.com/fr/evenement/carte-blanche-camille-henrot

Days are Dogs

Carte blanche à Camille Henrot

jusqu'au → 7 janvier 2018

À l’automne 2017, le Palais de Tokyo confie à Camille Henrot la totalité de ses espaces d’exposition à l’occasion de la troisième édition d’une série de cartes blanches, initiée avec Philippe Parreno en 2013 et poursuivie avec Tino Sehgal en 2016.

Pour cette carte blanche, l’artiste française a choisi de présenter un vaste ensemble d’œuvres, auquel s’ajoutent des productions d’artistes internationaux avec lesquels elle entretient un dialogue fécond : David Horvitz, Maria Loboda, Nancy Lupo, Samara Scott et Avery Singer. Elle invite également le poète Jacob Bromberg — avec lequel elle a collaboré sur plusieurs de ses œuvres — pour l’écriture des textes accompagnant l’exposition ainsi que pour la création d’un projet original.

L’exposition explore comment la semaine et les jours qui la composent structurent notre rapport au temps. Elle révèle la manière dont cette invention nous rassure — en nous offrant un cadre commun et des routines — autant qu’elle nous aliène — en instaurant un ensemble de contraintes et de dépendances.

Intitulée « Days are Dogs » en référence, notamment, à l’expression anglaise « Dog Days » qui désigne les jours de canicule, l’exposition se déroule en sept grandes parties thématiques. Chacune est consacrée à un jour de la semaine, allégorie d’un ensemble d’émotions et d’actions dont les œuvres se font l’écho. La structure des jours de la semaine, qui nous apparait comme une évidence, révèle son origine, celle d’une construction narrative issue de la mythologie : la lune pour lundi, Mars pour mardi, Mercure pour mercredi, Jupiter pour jeudi…

À travers le choix de cette structure, l’une des plus banales de notre vie quotidienne, c’est notre rapport aux dépendances, les frustrations et les désirs qui rythment la vie qui sont parcourus. L’exposition explore ainsi des notions telles que la soumission ou la révolte, tant à une échelle intime, au sein des relations affectives ou sexuelles par exemple, qu’à une échelle collective dans un contexte d’hyperconnectivité où les rapports de force sociaux, économiques, culturels et idéologiques sont exacerbés. Cette hyperconnectivité s’applique aussi au langage, lors des échanges sur les réseaux sociaux par exemple, dans lesquels les intensités des vies privée et publique se trouvent mêlées.

Convoquant une large palette de médiums — sculptures, dessins, vidéos, installations — et se référant pour son exposition au Palais de Tokyo tant à l’origine du bâtiment qu’à sa qualité de « palais baroque » (en présentant mosaïques, fresques et bronzes), l’exposition met en scène de nombreuses œuvres inédites, notamment Saturday, son film le plus conséquent depuis Grosse Fatigue (2013, primé à la Biennale de Venise). Elle inclue également un ensemble de travaux récents conçus en prévision de cette carte blanche.

Le travail de l’artiste, qui bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance internationale, a été exposé dès 2007 au Palais de Tokyo, et ce à plusieurs reprises.

Commissaire : Daria de Beauvais

Née à Paris en 1978, Camille Henrot vit à New York. Elle a remporté le Lion d’argent à la 55e Biennale de Venise (2013), le Nam June Paik Award (2014) et l’Edvard Munch Award (2015). Elle a bénéficié de nombreuses expositions personnelles dans des institutions internationales, notamment : Kunsthalle Wien (Vienne, 2017), Fondazione Memmo (Rome, 2016), New Museum (New York, 2014), Chisenhale Gallery (Londres, 2014, point de départ de son exposition itinérante « The Pale Fox »). Elle a récemment participé aux biennales de Berlin (2016), Sydney (2016) et Lyon (2015). Elle est représentée par les galeries kamel mennour (Paris/Londres), König Galerie (Berlin) et Metro Pictures (New York).

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lundi 16 octobre 2017

Galerie Laurent Strouk

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Paris: Le «Domestikator», l’œuvre évoquant une levrette, sera finalement exposé au Centre Pompidou

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ART Le Louvre avait refusé d’accueillir cette immense sculpture de 12 mètres de haut…

L’œuvre « Domestikator », qui devait initialement figurer dans le parcours « Hors les murs » de la Foire internationale d’art contemporain (Fiac) aux Tuileries, avant d’être refusée par le Louvre, sera finalement exposée sur le parvis du Centre Pompidou, ont indiqué samedi les exposants.

L’immense sculpture de 12 mètres de haut constituée de briquettes façon Lego évoque un couple en position de levrette.

« Une magnifique utopie en prise avec l’espace public »

La direction du Louvre avait motivé son refus d’accueillir l’œuvre dans un courrier adressé à la Fiac, où son président Jean-Luc Martinez estimait que « des légendes sur l’Internet circulent et attribuent à cette œuvre une vision trop brutale qui risque d’être mal perçue par notre public traditionnel du jardin des Tuileries ».

« L’œuvre de l’Atelier Van Lieshout est une magnifique utopie en prise avec l’espace public », a pour sa part estimé Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne du Centre Pompidou. « J’ai demandé au Président du Centre, Serge Lasvigne, et il a immédiatement dit oui ».

Joep Van Lieshout se dit « heureux que les visiteurs du Centre Pompidou puissent avoir l’opportunité de faire l’expérience de cette œuvre et espère que cela génère questions et dialogue autour de la complexité du problème que pose la domestication de notre monde ».

« Domestikator » sera exposée sur le parvis de Beaubourg à partir du mardi 17 octobre, dans le cadre de la 44e édition de la Fiac (19 au 22 octobre).

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Picasso à Landerneau - Fonds Hélène et Edouard Leclerc

 

Grand rendez-vous de cette fin d'expo "Picasso" à Landerneau ! À 18h30 venez assister à la performance de Louise Hervé et Chloé Maillet puis profitez de l'exposition jusqu'à 21h 💚#derniers jours #onvousattend #picasso #art #exhibition #performance #bretagne #lastdays #love



61 Likes, 1 Comments - Le FHEL (@fhel_landerneau) on Instagram: "Grand rendez-vous de cette fin d'expo "Picasso" à Landerneau ! À 18h30 venez assister à la..."

 

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