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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

samedi 13 octobre 2018

Actuellement dans le jardin du Palais Royal

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Photos : J. Snap

CARRÉ LATIN - Latino contemporain - Le lapin de Playboy, la frimousse de Minnie, une figure de Dragon Ball Z ou le symbole de Superman, qu'ils sont bien décorés ces paniers traditionnels vénézuéliens. Mais surtout, quel contraste entre la culture du consumérisme et la culture ancestrale. Cette œuvre signée Pepe Lopez montre bien l'identité de ce festival en parallèle de la Fiac, qui met à l'honneur des artistes d'Amérique latine : allier la beauté du classique avec la force de l'art contemporain. Dans les vitrines des boutiques et dans les jardins du Palais Royal, s'exposeront ainsi des créations signées Carlos Medina, Etias Crespin, Antonio Asis, Pepe LÔPez, Soraya Abu Naba'a... Un événement hors-norme qui nous baigne dans des créations ensoleillées et enthousiasmantes.

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Jean Michel Basquiat - Actuellement à la Fondation Louis Vuitton

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Egon Schiele - Actuellement à la Fondation Louis Vuitton

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mercredi 10 octobre 2018

Actuellement au CENT QUATRE

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EXPOSITION : Des sexes et des femmes - Organisé par 59 Rivoli

Visibiliser l’indicible, remuer les trous noirs de nos consciences, exciser la gêne, rapprocher les genres, exterminer les limites

17 artistes, 5 collectifs et associations, 16 intervenant.e.s  pour représenter des sexes, parler de l’inceste, du viol, des violences obstétricales et gynécologiques, de mutilations génitales, du sexisme en médecine, d’intersexuation et de transidentités.  Réaliser des ateliers d’auto-gynécologie et sexualité.

EXPOSITION jusqu'au 15 octobre inclus

// Les artistes //

Tamina Beausoleil, Axelle Remeaud, Cassie Raptor, Vanda Spengler, Louise Dumont, Mila Nijinsky, Aurélie Raidron, Nathalie Tacheau, Romy Alizée, Linda Trime, Olga Laz, Rita Renoir, Louise A. Depaume, Andréa Valienne, Nevna M., Rose Pialat, Juliette Drouar.

Squatt d'artistes racheté par la mairie de Paris et mis à leur disposition, le 59 rue de Rivoli est un lieu étonnant. Il accueillera du 2 au 15 octobre prochain une exposition sur le thème "Des Sexes et des 'Femmes'".

Elle réunit 17 artistes, 5 collectifs et associations mais également 16 intervenant·es qui aborderont lors de rencontres, l'inceste, le viol, les mutilations génitales, le sexisme en médecine, les violences obstétricales et gynécologiques mais aussi l'intersexuation et la transidentités.

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lundi 8 octobre 2018

Jean Michel Basquiat

A la Fondation Louis Vuitton, 120 chefs d'oeuvres font le tour d'une carrière aussi brève que fulgurante : celle de Jean-Michel Basquiat. En huit ans seulement, de 1980 à 1988, il marquera au fer rouge l'histoire de l'art et de la culture visuelle d'une oeuvre incandescente.

Précoce et sauvage. Les débuts de Basquiat répondent en tous points à la mythologie de l’artiste romantique. Né en 1960 à Brooklyn, il grandit aux côtés de deux sœurs dans une famille aimante qui l’emmène au musée et lui offre des livres d’art pour nourrir la passion pour l’art qui le consume déjà. A quatre ans, il sait lire et écrire ; à huit, il parle couramment trois langues. Puis le cocon se déchire : avec le divorce des parents viendront les changements d’école et les déménagements incessants. En 1976 à 16 ans, il plaque tout, l’école privée huppée et la maison paternelle. Désormais, son éducation et sa famille, ça sera la rue, la même qui fera éclore l’artiste qui sommeille encore en lui.

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Avec sa bande, AL Diaz et Shannon Dawson, ils commence à graffer dans leur quartier, un Manhattan encore brut et plein de possibles que commencent tout juste à investir les galeries d’art. La rue, Keith Haring la tient déjà, qu’il recouvre de son alias « Radiant Babies ». Mais voilà que commence à s’imposer un nouveau venu, SAMO pour "Same Old Shit" : Basquiat et Al Diaz. SAMO, on le répète souvent, c’est l’invention du graffiti intello, accompagnant systématiquement la signature–logo de messages lapidaires, véritables manifestes où se met déjà en place sa pratique picturale à venir : "SAMO© comme une forme de néo-art", "SAMO© comme clause échappatoire", "SAMO© comme une fin au faux pseudo-intellectuel".

"Ceci n’est pas un graffiti, ceci n’est pas un train, ceci est un Jean-Michel Basquiat", écrira en 1981 le critique René Ricard entre les pages dArtforum, soit la plus prestigieuses des revues d’art. Avant même d’avoir vu les toiles, le critique reconnaît dans les tags une singularité rayonnante. D’où ce titre pour celui qui accompagnait toujours le nom de SAMO d’un sigle copyright mais aussi d’une couronne : "The Radiant Child", l’enfant radieux. La même année, Basquiat s’offre sa première exposition solo. Alors que SAMO taggait l’extérieur des galeries downtown, Basquiat y pénètre enfin. 1981 n’est pas qu’une évolution, pas uniquement la première étape mais marque une rupture nette. Pour que Jean-Michel Basquiat devienne vraiment Basquiat, SAMO doit mourir.

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Il entame alors une série de "Têtes" et d’autoportraits en dessin et en peinture, d’abord sur des matériaux de rebut puis sur toile. S’y retrouvent son amour pour les mots et la musique, son énergie fluide et solaire, sa rage de vivre et surtout de vaincre. L’exposition rétrospective que lui consacre actuellement la Fondation Lois Vuitton s’ouvre ainsi sur un ensemble exceptionnellement réuni de trois grandes "Têtes" (Heads). Dans le style néo-expressionniste qui déferle alors sur la scène US, mâtiné de l’énergie de la rue et des pulsations frénétiques du jazz qu’il écoute en travaillant à même le sol, éclate déjà l’aura du demi-dieu que deviendra celui qui n’a pourtant encore peint moins de toiles qu’il n’a sur la tête de dreads.

L’art du sampling

En 1982, il a 22 ans. A l’âge où d’autres rentrent à peine aux Beaux-Arts, celui qui a grillé toutes les étapes s’offre une exposition chez Larry Gagosian, soit le galeriste le plus puissant de l’époque – c’est toujours le cas. Il enchaîne également les expositions institutionnelles, aux Etats-Unis et en Europe. Il participe à la Documenta 7 de Kassel en Allemagne organisée tous les cinq ans, et devient le premier artiste afro-américain à exposer au Whitney Museum de New York. Dès le début, il est à la fois reconnu, révéré même, par les institutions, la critique et le marché. C’est-à-dire aux antipodes de l’artiste maudit que les films et biographies s’attachent désormais à donner de lui. Certes, avec Keith Haring, il fait partie des premiers artistes à passer de la rue au musée. Mais surtout, Basquiat connaît l’histoire de l’art sur le bout des doigts.

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Tout autant que le sacré, biblique ou vaudou, et que la culture populaire, le jazz ou la BD, il se nourrit de la tradition européenne d’après-guerre (CoBrA, Jean Dubuffet) mais aussi des grands peintres américains de la génération précédente (Robert Rauschenberg ou Cy Twombly). Surtout, il participe, conscient à la fois de sa singularité et de ses racines, au mouvement néo-expressionniste qui émerge alors au début des années 1980 à New York, aux côtés notamment de Julian Schnabel et David Salle. L’un des buts de l’exposition à la Fondation Vuitton, loin d’être la première rétrospective, est d’ailleurs selon sa directrice Suzanne Pagé de "mettre fin à la fable du supposé autodidacte sauvage". Comment ? En alignant une série de 120 chefs d’œuvres.

Warhol et Basquiat, frères solitaires

Résumons. A 22 ans, Basquiat a le monde a ses pieds. Que faire ensuite, lorsqu’on est animé d’une inextingible énergie de créer ? Tout en continuant à peindre avec la fougue qu’on lui connaît, la vie lui paraît trop simple. Comme le relate le film que lui consacrera en 1996 le peintre Julian Schnabel, son ami et rival, Basquiat s’ennuie. Il se met à trahir ses proches, lâche ses galeristes et grille ses soutiens, préfère la compagnie des groupies à celle de sa copine. Quelque chose manque, quelque chose comme une amitié désintéressée, une émulation aussi brutale et sincère que les valeurs du sport qu’il adule : la boxe.

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Le salut ne viendra pas du sport mais de la nuit. La nuit glacée tapissée de feuilles argent, la nuit éternelle des lunettes noires portées H24. D’un autre pape donc, d’une autre figure aussi stellaire et solitaire que lui : Andy Warhol. Très tôt, Warhol a du flair. Il lui achète plusieurs croquis, l’encourage et le soutient financièrement. Peu à peu, une véritable amitié naît. Et surtout des œuvres. Entre 1983 et 1987, ils co-produiront une soixantaine de toiles. A la Fondation Vuitton, la toile Dos Cabezas (1982), signée de la seule main de Basquiat, les montre côte à côte, frères solitaires que tout oppose, l’un sinistre, l’autre éructant ; l’un dandy retiré dans sa Factory aseptisée, l’autre enfant de la rue, du bruit et de la fureur.

Représenter l’identité afro-américaine

En 1988 à 27 ans, Basquiat meurt d’une overdose. Il est difficile de découper une œuvre resserrée en une poignée d’année en périodes distinctes comme on le fait pour tant d’autres artistes. Cependant, l’une des évolutions majeures reste l’affirmation à la fin de sa vie d’une tonalité militante. Après les « Têtes » de la jeunesse, puis les peintures intermédiaires sur panneau laissant la part belle au grand remix des sources et références, s’y prononce de plus en plus une dimension toujours contenue en germe : la représentation, de plus en plus militante, d’une identité afro-américaine.

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Tout en ayant toujours clamé sa volonté d’être reconnu comme un artiste, le plus grand, et non un artiste afro-américain, il peint des personnages noirs historiques ou contemporains et les événements qui leurs sont liés. Au point d’entamer, à la toute fin de sa vie vers 1986, une période plus figurative, plus directe. A la Fondation Louis Vuitton, on assiste à l’apparition de cette veine à travers la figure du "negro policeman", le policier noir, qu’il considère comme profondément ambiguë voire ironique. Un traite à sa propre classe, illustrant l’absurdité de faire volontairement appliquer des lois iniques écrite par la classe dominante blanche. D’où ce portrait traité d’un bloc, au rictus grimaçant et aux yeux vides, n’ayant en guise de visage qu’un masque surmonté d’un chapeau surmonté de grilles rigides comme l’est le totalitarisme.

• Jean-Michel Basquiat, du 3 octobre au 14 janvier à la Fondation Vuitton à Paris

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Derniers jours - Aux yeux des femmes, 6 femmes photographes pour Marie Claire

Partez à la découverte de soixante ans d’images de mode sous l’œil de six grandes photographes, jusqu'au 9 octobre dans le Salon des Tapisseries de l'Hôtel de Ville !

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La scénographie à la fois inspirante et étonnante a été orchestrée par Olivier Gabet, directeur du Musée des Arts Décoratifs et commissaire de l’exposition, avec l’appui de Constance Guisset, designer française. Les photographies présentées saisissent autant des portraits de femmes que des moments de mode. L’exposition revient sur les instants symboliques qu’elles ont vécus avec Marie Claire et qui les ont marquées. Toutes différentes, mais toutes animées par le même désir de poser leur regard sur cette interprétation particulière de la femme et de la mode.

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dimanche 7 octobre 2018

Exposition : Joan Miro, le rêve au bout du pinceau

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Par Emmanuelle Lequeux - Le Monde

Le Grand Palais, à Paris, présente, jusqu’au 4 février, 150 œuvres – des toiles, des dessins, des sculptures et des céramiques – de l’artiste catalan.

De son propre aveu, il ne rêvait jamais. « Je dors comme une taupe », s’amusait-il dans son joli français de catalan. Voilà pour les nuits de Joan Miro (1893-1983). Quant à ses jours, c’était une tout autre ­affaire. Il avait apprivoisé le songe pour en faire son compagnon indocile.

La rétrospective qui vient d’ouvrir au Grand Palais, à Paris, le rappelle merveilleusement. Sept décennies de création, un mouvement perpétuel, vers toujours plus de liberté. Certes, l’accrochage ne dévoile pas de grandes avancées théoriques sur son œuvre, et le propos n’avait rien de risqué : « Nous voulions réunir les 150 chefs-d’œuvre de Miro », résume Jérôme Neutres, directeur de la stratégie de la RMN-Grand Palais. Encore fallait-il y parvenir.

Pas vraiment surprenant que l’on doive cette prouesse à Jean-Louis Prat, ancien directeur de la Fondation Maeght et grand ami de l’artiste. Venues du monde entier, parfois cachées dans des ­collections privées, nombre de ces peintures appartiennent ­désormais à l’inconscient collectif. Certaines, au contraire, sortent bien plus rarement de leur cachette, à l’instar de ce Nocturne de 1938, somptueux microcosme où cohabitent, funambules, les créatures de son cœur, étoile, lune, oiseau.

« Détaillisme »

« Je sais que je suis des chemins extrêmement dangereux et je vous avoue que parfois, je suis pris d’une panique propre au voyageur qui se retrouve sur des chemins inexplorés », confiait Miro à un ami, en 1923. Plutôt que la panique, c’est l’enchantement qui l’emporte dans ce voyage truffé de péripéties formelles. Même les tout débuts ne sont pas si sages. Datées de 1916, les premières toiles du Barcelonais mêlent ardemment les fulgurances des couleurs fauves et la rigueur analytique du cubisme.

Changement soudain, alors que la première guerre mondiale s’achève en Europe : la terre rude et ocre de Montroig, en Tarragone, où il passe tous ses étés, lui inspire des compositions à nulles autres pareilles. Fermes, champs, potagers, bétail, le moindre pistil est dépeint dans ces singulières enluminures. « Au moment de travailler à un paysage, je commence par l’aimer, de cet amour qui est le fils de la lente compréhension », expliquait-il.

JOAN MIRO : « LE FAUVISME, LE CUBISME NE M’AVAIENT APPORTÉ QUE DES DISCIPLINES FORMELLES, SÉVÈRES. IL Y AVAIT EN MOI UNE RÉVOLTE SILENCIEUSE »

Le chantournement des feuilles d’olivier, la silhouette gracile des pousses, la rectitude des labours, la ligne serpentine d’une sente… Tout est rendu avec la plus grande méticulosité, et le « détaillisme » est poussé à son paroxysme dans La Ferme (1921), acquis après moult péripéties par Ernest Hemingway.

Pourtant, de réalisme, aucun. Ce paysage qu’il connaît par cœur lui a appris à le dépasser. « Il me faut un point de départ, ne serait-ce qu’un grain de poussière ou un éclat de lumière, racontait ce fils d’orfèvre. Cette forme me procure une série de choses, une chose faisant naître une autre chose. Ainsi un bout de fil peut-il me déclencher un monde. » C’est à la douce naissance de ce cosmos que l’on assiste, de salle en salle.

Très vite, Miro rejoint la joyeuse troupe de l’avant-garde parisienne, comme l’avait fait son concitoyen Picasso, vingt ans auparavant. Installé au 45, rue Blomet, dans le 15e arrondissement, il se lie d’amitié avec Eluard, Breton, Aragon, Tzara, Leiris, Jacob et Desnos. Ce sont eux qui lui ouvrent définitivement la porte des songes. Car rêver, cela s’apprend, et il eut en la matière de fabuleux maîtres : « Le surréalisme m’a ouvert un univers qui justifie et qui apaise mon tourment. Le fauvisme, le cubisme ne m’avaient apporté que des disciplines formelles, sévères. Il y avait en moi une révolte silencieuse. »

« Encres de cygnes »

Son vocabulaire est alors en place, qu’il contorsionnera en tous sens jusqu’à ses derniers instants, en 1983. Les ocres de ses terres d’enfance se battent ­contre les bleus des ciels d’Espagne. Les chiens ont des silhouettes de palette de peintre désorganisé, les spirales suscitent, de quelques pointillés, un big bang.

Plus que la peinture, qu’il cherche selon ses mots à « détruire », la poésie l’accapare. C’est la ­ période des peintures-poèmes, ces « encres de cygnes » que célèbre l’ami Raymond Queneau. Des toiles-étincelles. Ceci est la couleur de mes rêves ? Une tache de pigment bleu sur un océan de blanc suffit à faire décoller l’imaginaire. Main à la poursuite d’un oiseau, et la courbe de ces doigts file jusqu’à un infini d’azur.

Toutes les œuvres majeures de cette époque idéale sont ici rassemblées, notamment deux des Intérieurs hollandais : explosives digressions autour de scènes de genre du Siècle d’or, qui deviennent chez Miro un somptueux carnaval de formes. Cette face de lune rouge sang, cette grenouille qui s’effile en patchwork, cette chauve-souris baudruche, cette fureur jazzy, l’œil pourrait passer des heures à les explorer.

QUAND TOUTE L’EUROPE S’EMBRASE, À L’ÉTÉ 1939, MIRO SE RÉFUGIE EN NORMANDIE

Mais bientôt, le ciel s’assombrit sur l’Europe, et avec lui la palette du peintre. Les monstres remplacent les créatures graciles, le pastel grince, on entend des aboiements plutôt que des chants d’oiseaux. Quand éclate la guerre d’Espagne, en 1936, Miro se lance dans une série de vingt-sept peintures sur masonite brune, « un exorcisme violent, instinctif ». Bitume, goudron, poudre de gravier, les formes éclatent, s’enragent. « Aidez l’Espagne ! » Seul le timbre qu’il réalise à la ­demande du critique d’art ­Christian Zervos, afin de collecter des fonds pour les Répu­blicains en lutte contre Franco, tente un « haut les cœurs », poing levé gargantuesque de paysan catalan en révolte, jaune et rouge du drapeau national.

Quand toute l’Europe s’embrase, à l’été 1939, Miro se réfugie en Normandie. De ce douloureux exil naît sa série la plus ­stupéfiante, la plus aérienne : Constellations, une vingtaine de gouaches sur papier. Etoiles et becs de perroquet, plumes et ­pupilles, globules et chevelures, les idéogrammes flottent sur fond de ciel d’orage. C’est la calligraphie d’un ailleurs quand il ­devient impossible d’échapper à la tragédie du monde. « L’art peut mourir, ce qui compte, c’est qu’il ait répandu des germes sur la terre », clamait-il alors.

Le ravissement des trois « Bleu »

Le dernier tiers du parcours est peut-être moins fort, Miro revisitant ses motifs chéris dans des formats plus libres, mais moins tendus, dans des céramiques « en terre de grand feu » quasi ­archaïques, et des créatures de bronze peint. Une salle suffit ­cependant à replonger dans le ­ravissement. Bleu I, II et III : trois somptueux monochromes, traversés d’une mélopée de trous noirs, de quelques fulgurances sang et soulignés ici par la silhouette de bronze noire d’un Oiseau lunaire prêt à l’envol.

Bien qu’appartenant toutes trois au Musée national d’art ­moderne, ces toiles immenses ne sont pas si souvent présentées ensemble au centre Pompidou. Ici, ce n’est plus un triptyque, c’est une chapelle.

« Dépouillement ­absolu », « l’aboutissement de tout ce que j’avais essayé de faire », se félicite l’artiste après dix longs mois passés, en 1961, à achever ce chef-d’œuvre dans l’atelier que lui a construit sur mesure Josep Lluis Sert à Palma de Majorque, où il ­finira sa vie.

Les trois Bleu, ce sont les enfants aériens des expériences les plus radicales de la rue Blomet, mais aussi de sa fascination pour les maîtres de l’abstraction américaine, à commencer par Mark Rothko et ses nébuleuses, qu’il découvrit à New York dix ans auparavant. « Faille du ciel effervescent », ces mots du poète ­Jacques Dupin semblent être dédiés à cette épiphanie. Ils ont été publiés dans le recueil L’Embrasure, que Miro enlumina à la gouache. Et qui finit ainsi : « Ta comptabilité stellaire atteint l’obscénité. »

Rétrospective Joan Miro, aux galeries nationales du Grand Palais, 3, avenue du Général-Eisenhower, Paris 8e. Tél. : 01-44-13-17-17. Les jeudis, dimanches et lundis de 10 heures à 20 heures, les mercredis, vendredis et samedis de 10 heures à 22 heures. De 12 € à 16 €. Jusqu’au 4 février. Catalogue, éditions RMN-Grand Palais, 304 p., 300 illustrations, 45 €.

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samedi 6 octobre 2018

La Nuit Blanche c'est ce soir...

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Des sexes et des femmes

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Une exposition collective à travers laquelle 15 artistes aux médiums multiples posent la question de la représentation du sexe féminin.

Représenter des sexes de femmes. Des sexes Des femmes... Des grands, des noirs, des poilus, des drôles, des qui couchent, d’autres qui accouchent, des obscures, des fonds marins, des pailletés, des encres, des mères, des Inters... On ne nait pas femme, on le devient.

Vanda Spengler, Tamina Beausoleil, Axelle Remeaud, Cassie Raptor, Louise Dumont, Mila Nijinsky, Aurélie Raidron, Nathalie Tacheau, Romy Alizée, Linda Trime, Otto Zinsou, Olga Laz, Clémentine du Pontavice, Rita Lenoir et Louise Peau d’Âme, 15 artistes aux médiums multiples pour visibiliser l’invisible, remuer les trous noirs de nos consciences, exciser la gêne, rapprocher les genres, exterminer les limites.

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