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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

jeudi 25 mai 2017

Cannes 2017 - Festival de Cannes

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Marine Vacth - J-3

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mardi 23 mai 2017

Festival de Cannes

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lundi 22 mai 2017

Festival de Cannes 2017 - « Le Redoutable » : clichés de Godard en mai

Par Thomas Sotinel

Michel Hazanavicius filme l’amour et le désamour de Jean-Luc Godard et Anne Wiazemsky, en 1967-1968. Un joli objet pop, qui ne s’approche jamais tout à fait de son sujet.

SÉLECTION OFFICIELLE - EN COMPÉTITION

Des rires, aux bons endroits, quelques applaudissements, quelques sifflets : la projection de presse du Redoutable, samedi 20 mai, de Michel Hazanavicius, n’entrera pas dans la chronique des scandales cannois. Pourtant le film s’attaque, se moque de, pastiche, caricature et réimagine Jean-Luc Godard, sujet et objet avec lequel d’habitude, en pays cinéphile, on ne rigole pas.

Le Redoutable emprunte son titre au premier sous-marin nucléaire français, lancé en 1967. Un reportage radio qui relate sa première croisière, fournit au film son leitmotiv : « Ainsi va la vie à bord du Redoutable ». C’est une de ces phrases codées qu’on utilise à intervalle régulier entre amoureux, en l’occurrence Jean-Luc Godard et Anne Wiazemsky, dont le film raconte l’amour et le désamour, en 1967 et 1968.

Le scénario est adapté des deux livres de souvenirs d’Anne Wiazemsky – Une année studieuse et Un an après. S’il ne s’agissait que de cela, d’une comédie sentimentale, Le Redoutable serait un film plutôt réussi. Louis Garrel et Stacey Martin vont aussi bien ensemble que leurs modèles, et Michel Hazanavicius les filme tantôt comme Truffaut filmait Jean-Pierre Léaud et Claude Jade dans Domicile Conjugal, tantôt comme Piccoli et Bardot dans Le Mépris.

Insoluble contradiction

Les références accumulées dans la phrase précédente ne sont pas seulement, pour une fois, le signe de la pédanterie du critique. Elles sont aussi le symptôme de l’insoluble contradiction, pour reprendre un terme en vogue à l’époque, qui finit par défaire le projet de Michel Hazanavicius.

Depuis ses débuts, le réalisateur s’est servi du cinéma existant pour fabriquer d’autres films : les classiques hollywoodiens doublés et remontés de La Classe américaine, les nanars français parodiés dans OSS 117, le cinéma muet tardif pastiché avec amour dans The Artist.

Or Le Redoutable a pour personnage central l’un des plus grands inventeurs du cinéma moderne. Cette quête jamais assouvie de nouvelles façons de faire du cinéma n’a jamais séparé le propos de la forme, le vocabulaire de la syntaxe.

Au moment où Hazanavicius s’empare de ce personnage (et l’auteur du Redoutable ne prétend pas faire œuvre d’historien), Godard est en phase de réinvention, ce qui pèse sur son couple (après tout, Anne Wiazemsky est comédienne et la perspective d’un cinéma sans personnages, sans récit, sans acteurs ne lui offre pas un avenir radieux) et lui fait tourner le dos à ceux et celles qui avaient fait un bout de chemin avec lui. C’est une affaire sérieuse, qu’il n’est pas interdit de traiter sur le mode comique, encore faut-il trouver la juste distance, le juste regard sur le moment que l’on tente de saisir.

De Mai 68, Hazanavicius ne retient que les moments de ridicule

Le Redoutable est un film à grand spectacle quand il met en scène les manifestations de Mai 68. Cette ampleur – du cadre, de la figuration – est pourtant démentie par la dynamique des séquences de combat de rue qui ne sont que déroutes cocasses des contestataires.

De toute évidence, Michel Hazanavicius ne prend pas au sérieux le fond de l’affaire. De l’intervention de Godard (et Truffaut, et Malle, et Resnais…) à Cannes, il ne retient que la déception (fictive) de Michel Cournot (Grégory Gadebois, ce qui pour un collègue de feu Michel, devenu par la suite critique de théâtre au Monde, est assez déconcertant).

Cournot se plaint de n’avoir pu « faire naître » son film à Cannes, comme Hazanavicius y vit naître The Artist (et y mourir The Search). Des débats de ce mois-là, l’auteur d’OSS 117, Rio ne répond plus ne retient que les formules les plus creuses, les moments de ridicule. Des expériences de cinéma autogéré que la prise de pouvoir de plèbe aux dépens des vrais artistes.

Si l’on refoule cet aspect du Redoutable, cette tentative de portrait de l’artiste en période de mue, qui ne s’approche jamais tout à fait de son sujet, si l’on oublie l’état-civil du personnage à l’écran, celui avec les lunettes noires et le léger accent, le film est un joli objet pop.

Parmi les emprunts à Godard, il y a une palette aussi stricte que celle de Pierrot le fou, sauf qu’elle est ici bleu blanc rouge (on se gardera de toute exégèse). Mais il y a aussi des inventions charmantes comme cette scène de ménage polyphonique faite de propos anodins sur la bande-son pendant que les sous-titres livrent un bulletin de santé inquiétant quant à l’état du couple Godard-Wiazemsky. L’emballage d’époque est impeccable, et mieux vaut ne pas en défaire les nœuds.

Film français de Michel Hazanavicius. Avec Louis Garrel, Stacey Martin, Bérénice Béjo, Micha Lescot, Grégory Gadebois (1 h 47). Sortie en salles le 13 septembre.

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Laetitia Casta au Festival de Cannes ce week-end

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Kate Moss au Festival de Cannes

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Festival de Cannes

Dustin Hoffman #TheMeyerowitzStories #Cannes2017

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dimanche 21 mai 2017

« 120 battements par minute » bouleverse le Festival de Cannes

Par Isabelle Regnier

La tragédie de Robin Campillo chronique magistralement la lutte spectaculaire d’Act Up-Paris, au début des années 1990, pour rendre visibles les ravages du sida.

SÉLECTION OFFICIELLE – EN COMPÉTITION

Une heure déjà qu’on est sorti de la projection, et nos cœurs sont encore contractés du choc qu’ils ont reçu. Des rivières de larmes ont inondé, samedi 20 mai au matin, le Grand Théâtre Lumière à Cannes. De loin en loin, on entendait des sanglots. Attendu comme un des moments forts de ce Festival, 120 battements par minute, de Robin Campillo, cette chronique de l’aventure d’Act Up-Paris au début des années 1990 remporte magistralement son pari périlleux.

En fusionnant chimiquement l’intime et le politique, elle chante la tragédie de cette jeunesse terrassée qui retrouva l’espoir dans la chaleur du groupe et la découverte de sa puissance de feu, et dont la joie nouvelle, intense, se heurtait de plein fouet à la machine de mort de l’épidémie et aux forces réactionnaires complices de la société dans laquelle elle explosait.

Anciens militants d’Act Up, Robin Campillo et son co-scénariste Philippe Mangeot s’inspirent de leur expérience de ces années noires où l’AZT et les autres traitements existants permettaient de freiner le développement du virus sans lever la menace de mort qui pesait sur les séropositifs.

Créée en 1989 sur le modèle de l’association américaine Act Up, née deux ans plus tôt, Act Up-Paris se donnait pour mission de rendre visible, par des actions spectaculaires et des slogans ravageurs, le sida, le combat des malades, l’existence des minorités les plus massivement touchées – gays, lesbiennes, trans, prostitué(e)s, toxicomanes, prisonniers…

« Des molécules pour qu’on s’encule ! »

Siège politique de la guerre, le corps est à la fois la cible de la maladie et l’arme pour la combattre. Et c’est toute la justesse du film que de s’aimanter à ceux de ses acteurs, refusant les séductions que l’esthétique d’Act Up auraient pu lui inspirer. Au long de ses deux heures vingt qui passent à une vitesse folle, ce biopic d’un corps collectif sauvage luttant contre un monstre mortel déploie une trame mélodramatique d’autant plus explosive qu’elle est minimaliste : hésitante et fragmentée comme ne peut qu’être la naissance d’un amour métastasé par le sida, et fondue par ailleurs dans le combat de l’association.

L’histoire de Nathan (Arnaud Valois), nouveau venu aux réunions hebdomadaires, séronégatif, et Sean (Nahuel Perez Biscayart), militant de la première heure confronté aux premiers signes de la maladie, est indissociable, de fait, de celle du mouvement dans laquelle elle éclot, des prises de parole, de la tension et de la joie qui s’y nouent.

Jeter des sacs de faux sang au visage de l’ennemi, qu’ils soient représentants de l’inerte Association française de lutte contre le sida, émanation du pouvoir étatique, ou d’un laboratoire pharmaceutique qui fait primer ses intérêts commerciaux sur la vie des malades, tétaniser au passage les flics qui n’osent pas vous toucher de peur que c’en soit du vrai, se rouler des pelles dans la cour d’un lycée où le proviseur refuse d’installer des distributeurs de préservatifs, brandir des pancartes où est écrit le slogan « Des molécules pour qu’on s’encule ! » : toutes ces actions vont dans le même sens d’une politisation de l’intime, que prolonge fièrement la mise en scène.

Rarement scène de sexe aura tant exprimé d’amour que celle qui se déploie, longuement, sensuellement, tendrement entre Nathan et Sean, dont les corps continuent de se pénétrer tandis que leur conversation sur l’oreiller commence à les recouvrir en « off ».

« La communauté sida »

Dans le petit amphi éclairé au néon où se soude une communauté transcendant les classes sociales, les nationalités, les genres et les statuts sérologiques (« la communauté sida », comme l’appelait Didier Lestrade, figure de proue du mouvement), la parole s’investit d’une puissance politique inédite et joyeuse.

Symptôme d’une vitalité exacerbée par la menace de la mort, cette joie infuse toute la première partie du film qui, l’hymne Smalltown Boy de Bronski Beat en bandoulière, rend justice à l’inventivité de cette association flamboyante dont les actions subversives restent encore dans les mémoires, et au savoir que fabriquaient collectivement en son sein tous ces « ignorants », pour reprendre une terminologie de Jacques Rancière.

Là encore, c’est par les corps que tout passe, corps jeunes, débordant de vie, qui se cabrent dans la rue sous les assauts des policiers, qui pénètrent en trombe dans des institutions pour en saccager l’ordre, qui exultent la nuit sur le dancefloor au son d’une B.O. forgée dans la house du début des années 1990.

Inscrivant l’histoire d’Act Up-Paris dans ses interactions avec les autres grands acteurs de la lutte contre le sida en France, le film n’occulte rien des ratés, des tensions internes, des conflits que la maladie et l’angoisse rendaient d’autant plus cruels. La mort frappe évidemment, et à son approche, la joie finit, rappelant ces jeunes gens hier encore si fougueux à leur solitude scandaleuse face au crime odieux qui avance face à eux.

Mais c’est moins son travail qui arrache toutes ces larmes que le requiem qu’entonnent les vivants autour des défunts, en faisant de leur dépouille, parce qu’ils n’ont pas le choix, l’instrument déchirant d’une nouvelle action politique. L’image d’Adèle Haenel, le poing levé, le visage cramoisi, les yeux remplis de larme, qui n’arrive plus, tant elle suffoque, à scander ses slogans, est la plus bouleversante icône de ce début de Festival.

Film français de Robin Campillo avec Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel (2 h 20). Sortie en salles le 23 août. Sur le Web : distribution.memento-films.com/film/infos/80

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Save the date : 28 juin - Visages, villages - Agnès Varda et JR

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