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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mercredi 15 août 2018

Mercredi 15 août : chapelle de Saint Germain, vous avez rendez-vous avec Bléjean Brothers

Loïc Bléjean (uilleann pipes) et son frère Ronan (accordéon) sont des références en musique irlandaise depuis une trentaine d’années, en France, en Irlande et aux Etats-Unis. Ils sont tous deux des musiciens incontournables de la scène bretonne, au sein de nombreux groupes, mais c’est en duo qu’ils expriment toute l’énergie et l’émotion d’une musique qu’ils ont appris en Irlande, au contact des plus grands artistes, et ils sont désormais parmi les rares Français à y être régulièrement invités pour des concerts ou des master classes. Après de nombreux concerts en 2017, ils sont de retour sur scène en 2018.

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lundi 13 août 2018

« Il faut agir vite pour ne pas laisser Oleg Sentsov mourir »

Un collectif de personnalités, parmi lesquelles la ministre de la culture Françoise Nyssen, Jean-Luc Godard et Ken Loach, lance dans « Le Monde » un appel à la libération du cinéaste ukrainien.

Artisans de l’image et de l’imaginaire, les cinéastes nous émeuvent et nous émerveillent, capturent notre époque et nous captivent. Par leurs œuvres, ils partagent leurs regards et éveillent les nôtres. Ils font entendre leurs voix – des voix parfois dissidentes : partout dans le monde, elles constituent des contre-pouvoirs essentiels, construisent de nouvelles pensées. La diversité d’opinions, les débats, désaccords et discussions qu’alimentent les artistes sont une chance pour la démocratie, pour la liberté, pour le progrès.

Parce que l’art ne connaît pas de frontières, parce que l’art est universel, les droits de ceux qui le font vivre devraient l’être également. La liberté d’expression et la liberté de création ne sauraient s’arrêter là où commence la dissidence. Pourtant, aujourd’hui, un cinéaste se meurt parce qu’il est dissident. Menacé à cause de ses idées, comme Vassili Grossman, Soljenitsyne et bien d’autres sous le régime communiste.

Oleg Sentsov est détenu en Russie depuis plus de quatre ans. Sa condamnation à vingt ans de réclusion par un tribunal militaire russe, au terme d’un procès qui n’a manifestement pas respecté les droits de la défense, est une violation du droit international et des normes fondamentales de la justice. Son seul « tort » réel ne serait-il pas d’avoir manifesté sa liberté d’expression ? Son seul « crime » ne serait-il pas de pouvoir exprimer son engagement politique à travers son art ?

Enfermé au nord de la Sibérie dans des conditions effroyables et inhumaines, il aurait perdu près de 30 kg depuis le début de sa grève de la faim, il y a maintenant près de trois mois. Alors que son état de santé semble se dégrader dangereusement de jour en jour, il faut agir. Et il faut agir vite.

Atteinte à la liberté de pensée et de création

Ne pas agir, ce serait laisser Oleg Sentsov mourir. Ce serait renoncer à nos valeurs et à nos principes, renoncer à ce que nous défendons et à ce que nous sommes. Ce serait tolérer qu’on peut être tué pour ses idées, ses opinions, ses prises de position. Le traitement dont il est l’objet est une atteinte à la liberté de pensée et à la liberté de création.

Nous ne pouvons l’accepter. Il devient urgent et nécessaire pour la Russie de trouver une solution non seulement humanitaire mais aussi politique à cette situation. Non seulement la France – le président Emmanuel Macron a émis plusieurs propositions auxquelles le président Poutine s’est engagé à répondre –, mais l’ensemble de la communauté internationale, de l’Union européenne à l’ONU, doit se mobiliser pour Oleg Sentsov et pour obtenir des réponses.

Les artistes du monde entier savent pertinemment que le président russe a le pouvoir d’arrêter cette tragédie humaine et démocratique. Partout dans le monde ; dans le monde du cinéma, de la culture mais bien au-delà, une mobilisation internationale doit se faire entendre pour défendre ce cinéaste. Au nom de la liberté artistique et de la liberté d’expression, nous appelons à nouveau à la libération immédiate d’Oleg Sentsov.

La Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), La Société civile des auteurs multimédia (SCAM), La Société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs (ARP), La Société des réalisateurs de films (SRF), L’Association des réalisateurs et réalisatrices francophones (ARRF, Belgique), Le Théâtre du Soleil

Premiers signataires :

Dominique Abel (Belgique), Marie Amachoukeli (France), Jean-Pierre Améris (France), Antonin Arnold (Haïti), Yvan Attal (France), Jacques Audiard (France), Christophe Barratier (France), Nicolas Bary (France), Lucas Belvaux (Belgique), Julie Bertuccelli (France), Bertrand Bonello (France), Gilles Bourdos (France), Guillaume Brac (France), Patrick Braoudé (France), Claire Burger (France), André Buytaers (Belgique), Dominique Cabrera (France), Thomas Cailley (France), Laurent Cantet (France), Christian Carion (France), Camille de Casabianca (France), Olivier Casas (France), Chad Chenouga (France), Laurent Chevallier (France), Malik Chibane (France), Jean-Paul Civeyrac (France), Clément Cogitore (France), Jean-Louis Comolli (France), Antony Cordier (France), Catherine Corsini (France), Costa-Gavras (France), David Cronenberg (Etats-Unis), Emmanuelle Cuau (France), Jean-Pierre Dardenne (Belgique), Emilie Deleuze (France), Dante Desarthe (France), Antoine Desrosières (France), Alice Diop (France), Evelyne Dress (France), Amat Escalante (Mexique), Joël Farges (France), Philippe Faucon (France), Léa Fehner (France), Dan Franck (France), Thomas Gilou (France), Delphine Gleize (France), Jean-Luc Godard (France/Suisse), Fabienne Godet (France), Miguel Gomes (Portugal), Yann Gonzalez (France), Fiona Gordon (Canada), Romain Goupil (France), Emmanuel Gras (France), Lucas Guadagnino (Italie), Robert Guédiguian (France), Joana Hadjithomas (Liban), Rachid Hami (France), Mia Hansen-Love (France), Michel Hazanavicius (France), Christoph Hochhäusler (Allemagne), Christophe Honoré (France), Agnès Jaoui (France), Thomas Jenkoe (France), Pierre Jolivet (France), Sam Karmann (France), Vergine Keaton (France), Lodge Kerrigan (Etats-Unis), Cédric Klapisch (France), Héléna Klotz (France), Jan Kounen (France), Gérard Krawczyk (France), Pierre Lacan (France), Alexandre Lança (France), Eric Lartigau (France), Sébastien Laudenbach (France), Michel Leclerc (France), Louis-Do de Lencquesaing (France), Sébastien Lifshitz (France), Ken Loach (Angleterre), Jean Marbœuf (France), Nathalie Marchak (France), Tonie Marshall (France), Patricia Mazuy (France), Agnès Merlet (France), Anne-Marie Miéville (Suisse), Radu Mihaileanu (France/Roumanie), Jonathan Millet (France), Nadir Moknèche (France/Algérie), Ariane Mnouchkine (France), Dominik Moll (France), Cristian Mungiu (Roumanie), Olivier Nakache (France), Françoise Nyssen (France), Nakache Safy Nebbou (France), Rithy Panh (Cambodge), Héloïse Pelloquet (France), Antonin Peretjatko (France), Thierry de Peretti (France), Christian Philibert (France), Nicolas Philibert (France), Martin Provost (France), Katell Quillévéré (France), Lola Quivoron (France), Brigitte Roüan (France), Jaime Rosales (Espagne), Christophe Ruggia (France), Nicolas Saada (France), Mahamat Saleh Haroun (Tchad), Jean-Paul Salomé (France), Pierre Salvadori (France), Riad Sattouf (France), Pierre Schoeller (France), Céline Sciamma (France), Abderrahmane Sissako (Mauritanie), Bertrand Tavernier (France), Joachim Trier (Norvège), Justine Triet (France), Margarethe von Trotta (Allemagne), Jaco Van Dormael (Belgique), Régis Wargnier (France), Frederick Wiseman (Etats-Unis), Rebecca Zlotowski (France)…

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« Amy Winehouse. Blake Wood » par Blake Wood.

Pendant deux ans, il ne la quittera pas. En 2007, Amy Winehouse a déjà remporté cinq Grammy Awards pour l’album « Back to Black », paru l’année précédente et incluant son tube prémonitoire, « Rehab ». Le photographe américain Blake Wood, lui, a 22 ans et vient de débarquer à Londres. Il est ébloui par la star de deux ans son aînée.

Alors qu’Amy Winehouse est au sommet de sa carrière, le photographe la suit à Londres, Paris ou Sainte-Lucie (Caraïbes). Il immortalise des instants privés et solaires. Car selon lui, la vie d’Amy Winehouse alors, « ce n’est en rien une histoire sombre ou tragique comme les médias l’ont faussement rapporté. Elle était une âme exceptionnelle et aimante qui remporta des victoires personnelles incroyables, et c’est ce que je vois dans ces images. »

Une facette plus légère de l’icône

En 85 photos couleur et noir et blanc, le recueil « Amy Winehouse. Blake Wood » retrace la période qu’ils ont passée ensemble, des moments privés inoubliables. Les clichés, jamais montrés jusqu’à présent, saisissent une facette rare, plus légère, de cette icône tant regrettée, et constituent un hommage intime à Winehouse telle qu’elle désirait se voir elle-même.

Amy Winehouse décédera trois ans plus tard, à l’âge de 27 ans. Le rapport d’autopsie indiquera que l’interprète de « Valerie » a succombé « accidentellement » le 23 juillet 2011 à un abus d’alcool après trois semaines d’abstinence.

« Amy Winehouse. Blake Wood » avec des textes de Nancy Jo Sales, éditions Taschen. Paru le 8 août 2018. 176 pages, 30 euros.

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vendredi 10 août 2018

Corinne et Gilles Benizio, l’humour comme moteur

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Par Sandrine Blanchard - Le Monde

Couples d’artistes (2/6). Passionnés de music-hall, ils se sont fait connaître en duo à la télévision sous les noms de Shirley et Dino, avant de revenir sur les planches, où ils conçoivent ensemble leurs spectacles.

A quoi tient l’alchimie d’un couple ? En écoutant Corinne et Gilles Benizio, alias Shirley et Dino, on est tenté de répondre : au plaisir d’être ensemble, au respect mutuel, aux émotions et intuitions partagées. Mais à tout cela il faut ajouter un trait de caractère commun qui cimente la complicité de ces artistes, unis sur scène et à la ville depuis plus de trente ans. Ce petit truc en plus tient en un mot : l’humour. L’humour comme moteur de leur rencontre, de leurs créations, de leur succès et de leur amour. Ces deux passionnés de music-hall, qui, de manière inattendue, ont conquis le grand public au début des années 2000 grâce à l’émission de Patrick Sébastien « Le Plus Grand Cabaret du monde », sur France 2, étaient faits pour s’entendre.

Ils se sont « trouvés » en 1982, sur les bancs de l’université Censier-Paris-III. Elle rêve d’être actrice, lui de faire de la comédie. Elle vit encore chez ses parents à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) où, grâce à la MJC, elle a découvert le théâtre. Son père travaille aux PTT, sa mère à l’usine. Lui, fils d’immigrés italiens, est né en Meurthe-et-Moselle d’un père ouvrier spécialisé dans la sidérurgie et d’une mère au foyer élevant ses quatre enfants. Il a décroché son bac technologique et travaille à Paris depuis cinq ans (leur écart d’âge) dans les télécoms.

Tous deux d’origine modeste, ils n’ont pas les moyens de se payer une école. Alors ils choisissent la fac, mais comprennent très vite que ce ne sont pas les cours théoriques de théâtre qui les mèneront sur les planches. Les deux étudiants se croisent : « Elle me faisait marrer », se souvient Gilles. « Lui aussi », renchérit Corinne. Coup de foudre ? Coup de chance ? Les deux, mon capitaine. « On partageait, sans le savoir, beaucoup de choses », résume ce couple que l’on croirait presque frère et sœur.

« Mnouchkine nous a enseigné les règles essentielles »

Ils se mettent à écrire ensemble, à improviser à partir de situations et de personnages. Dans une salle de la fac, ils jouent leur premier spectacle de café-théâtre intitulé La Folie des glandeurs. « Tout un programme ! », se moque aujourd’hui Corinne. Cinq représentations comme un prélude à une carrière qui va se construire avec son lot de galères, de surprises et de coups de poker. « Je ne voulais pas forcément faire rire ; c’est lui, fan de comédie italienne, qui m’a entraînée là-dedans », précise Corinne, sans aucune acrimonie.

Dans le petit jardin de leur maison d’Antraigues-sur-Volane (le très beau village ardéchois de Jean Ferrat, où ils se réfugient chaque été depuis quatorze ans), Corinne et Gilles, mariés depuis 1985, ne se coupent jamais la parole. Chacun complète les souvenirs de l’autre et tous deux évoquent avec nostalgie les premiers stages où ils ont tout appris. Monika Pagneux, professeur de mouvement, leur fait « prendre conscience » de leurs corps « de manière extraordinaire ».

Puis, grâce aux ateliers gratuits d’Ariane Mnouchkine, ils comprennent comment peut naître un personnage. « Pour la première fois de ma vie, c’était exactement ce que je cherchais, ce que je voulais faire », insiste Corinne. « Elle nous a enseigné les règles essentielles du jeu », complète Gilles. « Sans ces deux femmes, nous n’aurions pas fait tout ce parcours », jurent les duettistes.

A la sortie de cette expérience mémorable avec Mnouchkine, le couple crée Shirley et Dino. Deux personnages de music-hall à la ringardise désopilante qui vont jalonner leur parcours théâtral et leur apporter, à force de travail, la notoriété. Fan de Dean Martin, Gilles imagine un crooner moqueur qui multiplie les gamineries avec la complicité du public. Corinne opte pour une jeune fille un peu coincée, à la voix perchée et aux éclats de rire incontrôlés, coiffée d’une « choucroute » et habillée d’une robe Vichy des années 1950.

Les débuts de ce duo se font dans la rue, le temps d’un été à Perpignan, et ça cartonne. « On avait le sentiment de tenir quelque chose », se remémore Gilles. Puis c’est le Festival « off » d’Avignon : leur compagnie, Achille Tonic, signe une centaine de dates de programmation à travers la France. Mais ne convainc personne à Paris : « Du music-hall ? Arrêtez, c’est mort », leur rétorque-t-on. Corinne persuade Gilles de lâcher son travail aux télécoms. Sinon, lui dit-elle, « tu ne seras jamais comédien ». Il accepte mais attendra deux ans avant de l’annoncer à sa mamma, inquiète de cette vie de saltimbanque.

Bouche-à-oreille

La question de travailler et de créer ensemble ne s’est jamais posée, mais imposée, comme une évidence. « On se connaît tellement, et puis on aime inventer », dit Corinne. « Les mêmes choses nous font rire, elle est mon meilleur public, on ressent les mêmes émotions », poursuit Gilles. Ils partagent l’artistique, mais la compta et la gestion, c’est pour lui. « Moi, j’étais prête à jouer gratuitement », concède-t-elle dans un éclat de rire.

Entre deux représentations de Shirley et Dino, ils créent Les Etoiles de Monsieur Edmond, en 1990, et dénichent un terrain vague rue de la Roquette, à Paris, où ils montent un chapiteau. Pendant plus d’un an, leur spectacle de music-hall ne désemplit pas grâce au bouche-à-oreille. Après une tournée, ils relancent l’aventure et installent cette fois leur chapiteau à côté de la gare d’Austerlitz pour une nouvelle création intitulée Cabaret citrouille.

« LES INSTITUTIONNELS ONT DÉPENSÉ LEUR ÉNERGIE À NOUS EXPLIQUER POURQUOI ILS NE NOUS AIDERAIENT JAMAIS. JE LES DÉTESTE UN PEU »

« On avait très peu d’argent, on faisait tout, jusqu’au recrutement du gardien de nuit, on bossait comme des dingues », se souvient Corinne. « Et en plus y avait les mômes », précise Gilles. Une fille et un garçon nés en 1991 et 1994. Sous le chapiteau, la chanteuse Anne Sylvestre avait sa table et, un soir, le cinéaste Pierre Etaix, dont le couple admire le travail, est là. Emballé par le spectacle, il leur présente des clowns, des magiciens… Shirley et Dino ont un public mais ni médias, qui boudent ces « deux rigolos », ni subventions, parce qu’ils n’entrent dans aucune case officielle. « Les institutionnels ont dépensé leur énergie à nous expliquer pourquoi ils ne nous aideraient jamais. Je les déteste un peu », lâche Gilles. « En France, le rire est douteux », regrette Corinne.

Shirley et Dino sont loin d’être des débutants quand leur vie d’artistes bascule, au tournant du siècle. Au Festival du rire de Montreux, en Suisse, on leur propose d’animer le gala. Après sa retransmission à la télévision, des collaborateurs de Patrick Sébastien les appellent. « Je m’en souviendrai toujours. On était à la plage, à l’île de Ré, le téléphone sonne et quelqu’un nous dit : voulez-vous participer à l’émission “Le Plus Grand Cabaret du monde” ? », relate Corinne.

Bien sûr, ils connaissent ce rendez-vous télévisé, mais pas du tout son animateur. Pendant les répétitions, Patrick Sébastien leur glisse : « Vous, vous allez exploser. » Il ne croyait pas si bien dire. Après seulement deux émissions, le standard de La Nouvelle Eve, cabaret parisien où ils se produisent alors, ne cesse de sonner et leur DVD se vend comme des petits pains. En 2002, les deux fantaisistes font le plein au Théâtre Marigny et, en 2003, décrochent le Molière du meilleur spectacle d’humour.

La télé, « une période délirante mais compliquée »

Ces quatre premières années à la télévision furent « une période délirante mais compliquée, résume Corinne. Du jour au lendemain on ne peut plus sortir dans la rue tranquillement ». Gilles ajoute : « Heureusement qu’on avait passé la quarantaine, sinon on aurait pu prendre la grosse tête ! »

C’est elle qui décide d’arrêter ce métier qui n’est pas le leur. La télé est arrivée par hasard dans leur vie, leur a apporté beaucoup, mais ils vont la quitter sans regrets. « J’étais catégorique, je voulais faire autre chose ! On était essorés, on commençait à faire n’importe quoi et peut-être à être tirés vers le bas. » Lui se laisse convaincre par « l’analyse de Coco. Ce n’était plus uniquement du plaisir, [ils] avai[ent] perdu le côté bon enfant ». Et puis le scénario de leur film (Cabaret Paradis, 2006) arrivait à maturité. Sollicités par d’autres chaînes de télévision pour animer, avec un salaire confortable, des émissions, ils déclinent, d’un commun accord, toutes les propositions.

Ils font le choix de revenir à l’artisanat plutôt qu’à l’audimat, mettent en scène la comédie musicale Le Soldat rose et montent un nouveau spectacle, Les Caméléons d’Achille. A l’issue d’une des représentations, le chef d’orchestre Hervé Niquet, fan de leur univers, leur propose de mettre en scène un opéra de Purcell. Gilles dit oui tout de suite, Corinne, « toujours trop modeste », selon sa moitié, trouve que « c’est de la folie. [Ils] connaissai[ent] mal la musique classique ». Mais elle suit. King Arthur est créé en 2008, le succès est au rendez-vous et la collaboration avec Pierre Niquet perdure depuis plus de dix ans.

Et les personnages de Shirley et Dino ? Abandonnés depuis 2010. « J’avais 25 ans quand j’ai imaginé Shirley, je ne voulais pas qu’elle devienne pathétique sur scène », explique Corinne. Dino a continué à faire son crooner, toujours accompagné de sa femme, mais différemment. Ils répètent à la maison leur nouveau spectacle, Le Bal, confrontent leurs idées et, c’est l’essentiel, « se marrent », encore et toujours.

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Sainte Anne d'Auray

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Le son et lumière 1625… Le mystère de Sainte Anne réunit 200 bénévoles dans un théâtre de verdure à Sainte-Anne-d’Auray. Le spectacle se poursuit cette semaine du 7 août en soirée.

Le théâtre de plein air de Pont-Er-Groah, derrière la basilique de Sainte-Anne-d’Auray a plongé lundi 6 août, dans une reconstitution historique, grandeur nature.

L’association Asyn propose, durant encore six représentations, de revivre, par le biais d’un son et lumière, une partie de la vie d’Yvon Nicolazic, ce paysan témoin des apparitions de Sainte Anne. " Dans l’écrin de verdure qu’est la scène, reconstituée dans un décor du XVIIe siècle juste devant le bassin construit par des moines à la même époque, se conte la véritable histoire ", confie Patrick Geindre, chargé de communication. Près de 200 acteurs figurants bénévoles travaillent depuis le mois de mars pour raconter aux visiteurs ce qui s’est réellement passé dans le petit village de Ker Anna.Sur vingt-cinq tableaux différents, l’histoire de Sainte Anne s’ouvre au spectateur. Croyants ou non, la magie du son et lumière fonctionne. Lorsque Sainte Anne apparaît en fond de scène, alors qu’Yvon Nicolazic est au sol, l’image surprend, attendrit et parle.

Yvon Nicolazic et sa femme Guillemette sont interprétés par de nouvelles personnes, de nouveaux bénévoles ont rejoint la troupe. Des travaux ont été réalisés sur le site notamment sur la régie technique, les gradins, les espaces verts et l’étang des carmes a été nettoyé.

Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 août, à 22 h, théâtre de plein air de Pont-Er-Groah, derrière la basilique de Sainte-Anne-d’Auray. Tarifs : 15 €, réduit 7 €. Parking gratuit. Contact et réservation : 07 82 18 25 15.

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jeudi 9 août 2018

Le vent tourne

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La santé d’Oleg Sentsov, en grève de la faim en Russie, se dégrade drastiquement

Par Benoît Vitkine - Le Monde

L’avocat du cinéaste demande que des médecins puissent être admis dans sa prison pour obtenir des « informations indépendantes ».

C’est un signe de l’urgence qui entoure le cas d’Oleg Sentsov, dont la grève de la faim dure depuis 88 jours. Aux nombreuses lettres ouvertes demandant la libération de ce cinéaste ukrainien condamné en Russie à vingt ans de prison ont succédé, ces derniers jours, les appels à ne pas le laisser mourir. Oleg Sentsov « est aujourd’hui entre la vie et la mort, mais votre influence et votre fidélité aux principes des droits de l’homme nous donnent encore un espoir », écrivaient à Emmanuel Macron, lundi 6 août, la romancière Lioudmila Oulitskaïa et le cinéaste Andreï Zviaguintsev. Les deux demandent au président français d’œuvrer pour que des médecins de la Croix-Rouge puissent rendre visite au prisonnier dans la colonie pénitentiaire de Labytnangui, dans le Grand Nord sibérien.

Parmi les signataires de cette lettre figure également son avocat, Dmitri Dinze, qui a pu le rencontrer mardi, pour la cinquième fois seulement. L’avocat, qui avait jusqu’à présent évité les messages alarmistes, a présenté à son retour un tableau plus qu’inquiétant de l’état de son client. Depui le 14 mai, début de son action, celui-ci a perdu 30 kg. Il souffre de problèmes cardiaques, a un très bas niveau d’hémoglobine dans le sang et son rythme cardiaque est de 40 pulsations par minute. « La situation a dramatiquement évolué ces deux dernières semaines, explique au Monde Me Dinze. Lui-même reconnaît qu’il se sent mal, ce qu’il ne faisait pas avant. La chaleur, forte en ce moment, joue aussi un rôle. »

Les informations sur la santé d’Oleg Sentsov, 42 ans, sont parcellaires, et Dmitri Dinze reconnaît ne pas être qualifié pour l’évaluer. L’avocat demande que des médecins puissent être admis dans la prison du cinéaste pour obtenir des « informations indépendantes ».

« Ses exigences n’ont pas changé »

Oleg Sentsov ne mène pas une grève de la faim « totale ». Il boit 3,5 litres d’eau par jour et a accepté, il y a deux semaines, de prendre deux à trois cuillères quotidiennes de substituts alimentaires, pour éviter que l’administration pénitentiaire ne le nourrisse de force à l’aide d’une sonde. C’est aussi la raison pour laquelle il refuse d’être transféré à l’hôpital, craignant une action des médecins contre sa volonté.

Ces craintes sont renforcées par le déni des autorités russes. L’administration pénitentiaire continue ainsi d’évoquer un état « satisfaisant » du prisonnier. Un prêtre orthodoxe lui aurait rendu visite le 4 août, et d’après le compte rendu qu’en a fait le service d’application des peines, Sentsov lui aurait déclaré que son état était « normal ». La cousine du cinéaste criméen, Natalia Kaplan, a pourtant indiqué mercredi avoir reçu une lettre au ton bien différent :

« Il m’a écrit que la fin était proche, et il ne parlait pas de sa libération. Il ne se lève presque plus. »

Face à l’urgence de la situation, la question d’une éventuelle libération est donc passée au second plan. Les négociations avec Kiev pour un échange de prisonniers, un temps évoquées, semblent au point mort : la partie russe en refuse le principe, considérant M. Sentsov comme l’un de ses ressortissants. Celui-ci a beau avoir refusé d’adopter la nationalité russe après l’annexion de la péninsule, en 2014, Moscou a décidé de lui enlever « automatiquement » sa citoyenneté ukrainienne. Le 17 juillet, sa mère a transmis à Moscou un recours en grâce. Celle-ci dépend donc désormais du bon vouloir du président russe Vladimir Poutine.

« Ses exigences n’ont pas changé, avertit toutefois Dmitri Dinze. Si on le libère seulement lui, il considérera cela comme un échec. » Oleg Sentsov a lié son sort, dès le début de son mouvement, à celui de quelque 70 autres Ukrainiens détenus en Russie pour des raisons politiques, dont son co-accusé Oleksandr Koltchenko. A l’issue d’un procès qualifié par Amnesty International de « parodie de justice » évoquant « l’ère stalinienne », les deux hommes, arrêtés en mai 2014, avaient été condamnés, le 25 août 2015, à respectivement vingt et dix ans de colonie pénitentiaire pour « participation » à une entreprise « terroriste ».

Sentsov et son complice auraient envoyé deux cocktails Molotov contre les locaux d’une organisation criméenne prorusse. La sévérité des peines, pour de tels faits, a surpris jusqu’aux observateurs russes.

« On se heurte à un mur »

Surtout, aucune preuve solide n’a été présentée lors du procès, et l’accusation s’est uniquement appuyée sur les témoignages de deux autres co-accusés. L’un d’eux avait expliqué à l’audience avoir signé des aveux sous la torture ; l’autre a refusé de témoigner. Sentsov et Koltchenko ont eux aussi évoqué des tortures. Le FSB avait d’abord instruit le dossier sur un projet d’attentat contre « un pont ferroviaire » en Crimée… où il n’existe aucune infrastructure de la sorte.

Depuis son arrestation, Oleg Sentsov a joui d’un soutien important en Ukraine. Les gouvernements occidentaux ainsi que de nombreuses personnalités, comme l’écrivain Stephen King ou l’acteur Johnny Depp, ont appelé le Kremlin à le libérer. Emmanuel Macron a évoqué son cas deux fois avec Vladimir Poutine, lors de sa visite à Saint-Pétersbourg, fin mai, et lors de sa venue en Russie pour la Coupe du monde.

« Nous espérions un geste à la faveur du tournoi, explique au Monde François Croquette, ambassadeur de France pour les droits de l’homme. Mais l’on se heurte à un mur : nos interlocuteurs alternent entre les fins de non-recevoir, le silence complet et des mensonges. La médiatrice russe nous avait par exemple assuré il y a quelques semaines que Sentsov avait pris 2 kg en prison. C’est un peu incompréhensible pour nous. La Russie dépense beaucoup d’énergie et d’argent pour son image, et là elle semble prête à le laisser mourir. Nos demandes sont désormais seulement d’ordre humanitaire, à commencer par l’accès d’un médecin indépendant. Mais l’on commence à craindre qu’il ne soit trop tard. »

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mercredi 8 août 2018

En salles aujourd'hui

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lundi 6 août 2018

"Le monde est à toi"

monde à toi

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vendredi 3 août 2018

"Mission impossible" - vu hier soir

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