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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

jeudi 18 octobre 2018

Lars von Trier, aux racines du mal

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Par Aureliano Tonet

Rencontre chez lui à Copenhague avec le très controversé cinéaste danois alors que sort son dernier film, l’horrifique « The House that Jack Built ».

L’architecte danois Bjarke Ingels, fameux pour tordre les dogmes de sa profession, expose au Kunsthal Charlottenborg, un musée d’art contemporain de Copenhague, sa collaboration avec son compatriote Lars von Trier, cinéaste non moins doué et roué.

Ensemble, ils ont bâti une maison à partir d’un matériau des plus macabres : une pile de cadavres – en réalité, des mannequins de silicone grimés. Avant d’être exposé, l’édifice a servi de décor pour The House That Jack Built, le nouveau film de Von Trier, présenté hors compétition à Cannes. C’était le grand retour du réalisateur sur la Croisette sept ans après en avoir été tenu à l’écart en raison de propos lors d’une conférence de presse où il déclara notamment « comprendre Hitler ».

En salle mercredi 17 octobre, The House That Jack Built raconte l’histoire d’un architecte médiocre, sexiste et néonazi qui, incapable de dessiner sa propre maison, finit par en construire une avec les dépouilles de ses victimes – l’homme est tueur en série à ses heures.

Lars von Trier habite dans une maison autrement chaleureuse, au nord de Copenhague. Depuis sa naissance, il y a 62 ans, il n’a jamais quitté cette banlieue aisée et boisée. Mobilier clair, canapé épais, lumières douces ; un gâteau achève de nous souhaiter la bienvenue. Les Danois ont un adjectif – « hyggelig » – pour décrire ces intérieurs qui respirent le confort et le bien-être. « Ici, ce n’est pas très “hyggelig”, corrige le cinéaste. Ce n’est pas assez petit, et il n’y a pas de bougies. » Quid de ces chandelles, dans les recoins ? « Ah oui…, admet-il, rigolard. C’est la marque d’une présence féminine. Les femmes aiment les bougies ; moi pas. »

Terrain glissant

Un nounours, échappé des décors de Diretkor (2006), lorgne des livres de Stephen King et Somerset Maugham, posés sur la table basse : « Mon petit-fils joue avec… »

Cheveu long, barbe blanche, chemise à motifs tropicaux sur teintes militaires, Von Trier préfère s’attarder sur le tableau qui surplombe la table à manger. Il représente l’épisode biblique du Massacre des innocents, quand le roi Hérode ordonna le meurtre de tous les bébés mâles, à Bethléem : « Ça a été peint par des étudiants en art, d’après une gravure de la Renaissance. Il y a plein d’erreurs, voyez le nez, les hanches…, pointe-t-il. Lorsque mes garçons – des jumeaux – étaient petits, je les prévenais : regardez bien ce tableau, voilà ce qu’il vous coûtera d’être un homme. »

Lars est hilare. Il sait que, en reprenant à gros traits l’antienne de Jack (« Les hommes sont victimes », martèle le serial killer), il s’aventure sur un terrain glissant. Depuis un an, le mouvement #metoo a amplifié les accusations de misogynie à son encontre.

Dans la presse danoise, neuf femmes ont dénoncé le « climat toxique » que faisait régner l’associé de Von Trier, Peter Aalbaek Jensen, au sein de Zentropa, la maison de production qu’ils ont cofondée en 1992. Le temps où l’entreprise se targuait d’être à la pointe du féminisme semble bien loin, quand elle produisait les « premiers films pornographiques réalisés par et pour des femmes », à la fin des années 1990. Soupçonné de harcèlement sexuel, Jensen a été démis de toute fonction managériale – son nom figure encore, cependant, au générique de The House That Jack Built, en tant que producteur exécutif.

« Qui n’a pas été déclaré coupable est présumé innocent »

Le 17 octobre 2017, sur Facebook, la musicienne Björk a décrit par le menu les épreuves que lui aurait fait subir Von Trier sur le tournage de Dancer in the Dark, Palme d’or en 2000 : attouchements, avances, dénigrement constant…

« Internet est une invention formidable, qu’aucun écrivain de science-fiction n’aurait pu prédire, répond-il, agacé par la sonnerie d’un portable qui résonne dans la cuisine. Quiconque a été blessé peut faire part de ses griefs ; c’est une bonne chose. Mais, dans le même temps, il est devenu plus facile de répandre des mensonges. Cet effet de zoom accroît ce qu’on appelle au Danemark le “Parlement de la rue”. Je crois en la loi ; qui n’a pas été déclaré coupable est présumé innocent. »

Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir attaqué Björk en diffamation ? « J’y ai songé, mais elle ne fait pas tant de mal que ça. Oui, je l’ai serrée dans mes bras – comme tous mes acteurs après une scène dure –, pour la réconforter. Mais je n’ai jamais eu d’ambitions érotiques avec elle. Le premier jour du tournage, elle s’est assise sur mes genoux… C’est un étrange enfant sauvage. Elle a écrit à Nicole Kidman que je dévorais l’âme de mes actrices, pour lui déconseiller de jouer dans Dogville (2003)… Une partie de sa colère vient, je crois, de la haine que vouent les Islandais aux Danois, qui ont conquis leur île, il y a des siècles. »

Il lève les yeux vers deux autres peintures, dans l’entrée : « Ce couple fait partie de la famille Trier, il y a cinq générations. Une lignée de marchands juifs… Leurs portraits veillent strictement sur moi. » Qu’auraient-ils pensé de sa scandaleuse déclaration cannoise de 2011? Sur cette question comme sur les autres, la rhétorique de Von Trier obéit au même mouvement : rétractation, digression, provocation, nouvelle rétractation, etc.

« Les édifices fantastiques » d’Albert Speer

« La Shoah est une abomination, affirme-t-il, avant de marquer une pause. Je me suis toujours intéressé aux criminels. Qu’est-ce qui pousse un homme à une telle extrémité ? Quand je dis que je comprends Hitler, je dis que j’essaie de comprendre ces êtres humains-là, dont Jack fait partie. A mes yeux, le criminel devient une “deuxième victime”, dans la mesure où il est emprisonné, tué, etc. »

Son regard se pose sur la télévision, derrière laquelle trône une énorme peinture brunâtre, utilisée pour le générique d’Antichrist (2009) : « Il existe une chaîne danoise spécialisée sur la seconde guerre mondiale. Quand je tombe dessus, je dois dire que je reste scotché. L’autre jour, j’ai vu des images de sévices perpétrés sur des officiers SS juste après la guerre, en Europe de l’Est, par les libérateurs… C’est presque aussi sadique que… »

Il ne finit pas sa phrase. Compare le cinéma à la guerre, pour mieux avouer que, lorsqu’il jouait à la bataille militaire, enfant, il se rangeait derrière les nazis – à l’âge même où il tournait ses premiers films, en Super 8. Evoque les « édifices fantastiques » d’Albert Speer, l’architecte du IIIe Reich, qui « fut le seul dignitaire nazi à dire non à Hitler ». S’égare encore et encore, sans guère se soucier d’exactitude historique. Puis, énième rétropédalage : « Quand j’affirme que je suis nazi, je veux dire que j’ai des origines allemandes. Pour les Danois, “nazi” et “allemand” sont presque synonymes. »

En 1989, sur son lit de mort, la mère de Lars von Trier lui révèle qu’il n’est pas juif : son père biologique n’est pas Ulf Trier, qui l’a élevé jusqu’à son décès en 1978, mais Fritz Michael Hartmann, issu d’une famille d’artistes allemands. Employé au ministère danois des affaires sociales – comme la mère de Lars, dont il était le supérieur –, Hartmann participa à la résistance. « J’ai essayé d’entrer en contact avec lui… Il m’a dit de ne lui parler qu’à travers son avocat. Et qu’il pensait que ma mère s’était protégée pendant leur rapport sexuel. » Les lettres F.U.C.K., tatouées sur quatre doigts de sa main droite, tremblent de plus belle : « C’était un vrai connard. »

Des airs de vieillard moribond

Car, quels que soient les détours qu’emprunte sa dialectique, tous le ramènent à cet infranchissable seuil maternel. Il a beau louer les méandres de ses artistes favoris – David Bowie et ses zigzags, Glenn Gould et ses contrepoints, Andreï Tarkovski et ses miroirs… Décrire sa lutte contre les pathologies – alcoolisme, T.O.C. – qui lui donnent des airs de vieillard moribond. Diagnostiquer les hauts et les bas de sa filmographie (« Melancholia est trop joli et commercial, mais il a de la vitalité ; The House That Jack Built est un film malade, né du désir de filmer un homme ignoble, après tant d’héroïnes positives »). Insister sur la dose d’humour qui sous-tend, par-delà les torrents de bile et les tollés, son ténébreux talent. Se décréter incurable (« Faire des films ne me guérit pas, ça me mine encore plus »)…

Il a beau dire tout et son contraire, en somme, il n’est rien qui ne l’arrache au souvenir de cette femme, Inger Host, féministe, communiste, nudiste, érudite, qui l’éduqua sans la moindre règle, mais avec de grandes espérances : « J’ai passé ma vie à combler les attentes de ma mère. Je suis devenu artiste. J’ai racheté et embelli sa maison, puis celle d’un architecte dont elle était éprise… C’est la maison où nous sommes, et où je vis depuis vingt ans. »

Ses yeux se perdent à travers la baie vitrée, sur les champs blonds et orangés où il s’ébrouait, petit. Puis sur la rivière, en contrebas, dont il craignait le courant et la pollution. Lars von Trier n’a-t-il jamais cessé d’être cet enfant, pour qui toute joie se paie, fatalement, d’effroi ?

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Dita Von Teese au Casino de Paris avec The art of the Teese

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Dita Von Teese, la plus glamour des icônes Américaines, sera de passage à Paris, pour deux soirs seulement, avec son spectacle "The art of the Teese". Sa tournée européenne s'arrêtera au Casino de Paris les jeudi 8 et vendredi 9 novembre.

Entre glamour et séduction, le spectacle néo-burlesque "The art of the Teese" a déjà attiré de très nombreux spectateurs au Canada, en Australie et aux Etats-Unis. Il ne manque plus qu'à Dita Von Teese de combler les Parisiens.

L'icône du burlesque s'était déjà produite en Europe par le passé notamment avec son célèbre numéro du verre de Martini. Mais la pin-up n'avait encore jamais joué son spectacle en intégralité sur le vieux continent. Ce sera désormais chose faite.

En 2016, Dita Von Teese avait donné une série de 33 shows exceptionnels au Crazy Horse pour les 65 ans du célèbre cabaret parisien.

Pour ce spectacle, Dita Von Teese viendra avec toute sa panoplie : tenues glamour vintage, talons aiguilles signés Louboutin, cheval de manège bariolé, coeur rouge scintillant, baignoire dorée... Tout ce qui a fait la renommée de la pin-up de 45 ans sera bien présent sur scène.

Avec "The art of the Teese", c'est une soirée 100 % sexy et glamour qui vous attend. Dita, qui conçoit et supervise absolument tout dans ses spectacles, a prévu des jeux de lumière sensuels, de la musique sexy et de nombreux effets visuels.

Au menu très alléchant de ce spectacle de cabaret érotique moderne, des numéros exclusifs d'effeuillage, mais aussi le fameux numéro du verre de Martini dans lequel l'accessoire sera remplacé par une coupe de champagne recouverte de 150.000 cristaux Swarovski, la "Rhinestone Cowgirl" dans laquelle Dita est accompagnée d'une charmante escorte masculine, "Lazy", son numéro d'effeuillage en technicolor ou encore "Swan Lake Stripteese", un hommage au ballet de l'opéra. La promesse est de taille.

Envie de passer une soirée ultra glamour en compagnie de Dita Von Teese ? Ne tardez pas à réserver, les places pour son show à Paris partent très vite alors que les représentations de Londres, Berlin et Amsterdam affichent déjà complet.

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mercredi 17 octobre 2018

Colette

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mardi 16 octobre 2018

Johnny Hallyday, un dernier album à la couleur rock affirmée

Par Sylvain Siclier

« Mon pays c’est l’amour », cinquante-et-unième et ultime opus studio du chanteur mort le 5 décembre 2017, sera commercialisé vendredi.

Lundi 15 octobre, en début d’après-midi, c’est l’effervescence des grands jours dans les locaux parisiens de Warner Music France, filiale française de la major américaine du disque Warner Music Group.

Ce grand jour, c’est celui de la présentation à la presse de Mon pays c’est l’amour, le dernier album studio de Johnny Hallyday, mort le 5 décembre 2017, à l’âge de 74 ans. A l’entrée, deux files, l’une pour les médias (presse écrite quotidienne nationale et régionale, magazines, télévision, radios), l’autre pour une trentaine de fans conviés à l’écoute. En attendant d’entrer, certains chantent Allumer le feu ou Que je t’aime.

Après une courte présentation, au cours de laquelle il a été précisé que durant la conférence de presse il ne sera question que de l’album, de la musique et de la carrière de Johnny Hallyday, l’écoute commence. Dans la grande salle où le chanteur « avait répété ses deux dernières tournées », indiquera plus tard Thierry Chassagne, président de Warner Music France, pour chacune et chacun, un casque audio dont les écouteurs transmettent une lumière bleue, donnant à l’assemblée une étrange allure.

En dix chansons, auxquelles s’ajoute un instrumental, en cinquième position dans l’ordre du disque, un premier constat, celui d’une couleur rock affirmée, avec, dans la majorité des cas, un tempo assez enlevé – seule Pardonne-moi est dans un mouvement lent, quand généralement dans les précédents albums d’Hallyday, dont Rester vivant en 2014 et De l’amour en 2015, on trouvait un équilibre entre ballades et rock. La prise de son claire valorise autant la présence vocale du chanteur que la formation de base, avec guitares, électriques et acoustiques, claviers (piano et orgue), basse et batterie. Sur certaines chansons, une section de cuivres, des chœurs, des arrangements de cordes et de vents.

Les thèmes chers au chanteur

Si les musiques ont été toutes composées par Maxim Nucci, dit Yodelice, compositeur et réalisateur de l’album, ou co-composées pour quatre d’entre elles avec Yarol Poupaud, les textes sont signés par plusieurs auteurs. Pierre Jouishomme, Christophe Miossec, Pierre-Yves Lebert, Jérôme Attal, déjà là sur d’autres albums, et des nouveaux venus, Katia Landreas, le duo Yohann Mallory et Hervé Le Sourd pour trois chansons, et Boris Lanneau, un fan, qui avait proposé en 2015 des textes à Bertrand Lamblot, directeur artistique de Warner Music France, dont Tomber encore qui a plu à Hallyday.

Musicalement avec son accroche de piano, l’alliance avec l’orgue, des clochettes, ce Tomber encore, l’une des chansons les plus réussies, a l’allure d’un rock façon Bruce Springsteen. Ailleurs, des références au rock à la Rolling Stones, avec croisement des guitares en lead-rythmique, sont perceptibles.

Ecrire pour Hallyday c’est être, comme tant d’autres avant, en relation avec les grands thèmes chers au chanteur. La référence fondatrice au rock’n’roll (Made in rock’n’roll, adaptation par Pierre-Dominique Burgaud de Let The Good Times Roll, de JD McPherson), l’évocation des Etats-Unis (L’Amérique de William, avec des paysages de motels, de drive-in, de grands espaces, une approche country avec sonorités probables de dobro, pedal steel), l’homme amoureux avec ses désirs et ses faiblesses (Pardonne-moi, Back in LA, Tomber encore), le battant. Dans 4 m2, un thème social écrit par Pierre-Yves Lebert, celui de l’enfermement d’un prisonnier, l’une des chansons les plus réussies, un rock-blues.

A l’issue de l’écoute, qui a permis d’entendre un album bien dans la manière d’Hallyday, Thierry Chassagne, Rose-Hélène Chassagne, directrice du label Warner, Maxim Nucci, Bertrand Lamblot et Sébastien Farran, le manager de Johnny Hallyday, sont revenus sur certains éléments de la genèse de cet album.

En mars 2017, Johnny Hallyday avait posé sa voix sur les maquettes instrumentales de Pardonne-moi, Un enfant du siècle et Je ne suis qu’un homme. Ce sont « ces prises vocales qui ont été conservées et qui étaient extraordinaires », explique Bertrand Lamblot. Pour les sept autres chansons, la voix a été enregistrée entre fin septembre et début octobre. « Johnny a fait peu de prises pour chaque chanson, a indiqué Maxim Nucci. Le cas échéant, on a fait un travail traditionnel de composite de différentes prises, qui est un montage des meilleures parties de sa voix. »

Huit cent mille exemplaires disponibles vendredi

C’est en août 2017, à Los Angeles, qu’ont été enregistrées les musiques. Avec Dean Parks et Val McCallum aux guitares, Brad Cole aux claviers, Davey Faragher à la basse et Matt Chamberlain à la batterie. En tout, vingt-deux compositions – dont les trois qui étaient à l’état de maquette et qui ont été réenregistrées alors –, parmi lesquelles Johnny Hallyday a choisi celles qu’il souhaitait chanter. Il n’y a pas à la suite de ces séances « d’autres chansons que les dix de l’album », précise Bertrand Lamblot.

Les arrangements de cordes et de vents, sous la direction d’Yvan Cassar, des parties de choristes, les interventions d’une section de cuivres de haut niveau – les cinq musiciens de l’album Rester vivant –, des ajouts de guitares par Maxim Nucci et Yarol Poupaud pour deux chansons, tout cela discuté et décidé avec Johnny Hallyday, ont été effectués après sa mort. L’album ayant été finalisé fin janvier 2018 avec le mixage par Bob Clearmountain, familier des enregistrements de Johnny Hallyday depuis plus de quinze ans.

C’est donc à partir du vendredi 19 octobre dans les magasins – certains seront ouverts dans la nuit, à partir de minuit – et sur toutes les plateformes de diffusion en ligne que sera commercialisé ce dernier album. La mise en place pour ce 51e album studio d’Hallyday sera « exceptionnelle avec 800 000 exemplaires », a indiqué Thierry Chassagne. Un nombre qui n’a pas été vu pour un artiste français depuis des années.

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"L'homme fidèle" avec Laetitia Casta et Lily Rose Melody Depp

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lundi 15 octobre 2018

Jean Paul Gaultier aux Folies Bergère

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dimanche 14 octobre 2018

France 2 a offert un show grandiose à Jean-Paul Gaultier

Pour les 42 ans de carrière du couturier, France 2 lui a donné carte blanche. Résultat : une émission qui en met plein les yeux, diffusé hier soir à 21 heures. Ci-dessous : captures d'écran

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samedi 13 octobre 2018

Ce soir sur France 2 - Jean Paul Gaultier

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vendredi 12 octobre 2018

Le temps, c'est de l'argent | ARTE

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mardi 9 octobre 2018

CINEMA : La vie (séparée), mode d’emploi

Par Laurent Carpentier - Le Monde

Les comédiens Romane Bohringer et Philippe Rebbot sont les mêmes à la ville que dans leur film, « L’Amour flou », dans les salles mercredi : drôles et profonds.

RENCONTRE

On a sonné à la porte et on s’est retrouvé dans le film. Sur le plateau, c’est-à-dire dans leur appartement, ou plutôt dans leurs appartements, avec les comédiens, c’est-à-dire avec eux. Parce que – et c’est tout le sujet de leur film, L’Amour flou – Romane Bohringer et Philippe Rebbot, après s’être aimés éperdument et avoir donné naissance à deux enfants, ont perdu, comme cela arrive si souvent, « le sens de ce pourquoi ils s’aimaient ».

Mais devant le vide absolu de la promesse d’une séparation, après trois ans de cohabitation triste, ils ont décidé de tenter un truc : emménager dans deux petits logements communicants, et les enfants au milieu.

Montreuil (Seine-Saint-Denis). Philippe Rebbot a répondu à l’interphone et a ouvert la porte. Bêtement on s’est trompé et, empruntant le deuxième escalier, on est arrivé chez elle. Romane Bohringer sortait de la douche. Il nous a hélé depuis l’autre bout, on a traversé et il a préparé un café dans sa cuisine à lui, pendant qu’elle s’habillait fissa dans sa salle de bains à elle.

« Feel good movie »

Sur la table, un bouquet de fleurs, un large cendrier et un bordel de bouquins qui débordent des rayonnages tapissant les murs. Parmi eux, un récit de Charles Bukowski : Shakespeare n’a jamais fait ça. Philippe Rebbot y est tombé ce matin sur une phrase qu’il veut nous lire : « Cette fille aimait tout ce qui m’ennuyait, et tout ce que j’aimais l’ennuyait. Nous étions le couple parfait : ce qui sauvait notre relation, c’était cette distance à la fois tolérable et intolérable entre nous. On se retrouvait chaque jour – et chaque nuit – sans avoir rien résolu et avec zéro chance de résoudre quoi que ce soit. La perfection. »

Romane Bohringer a cette voix grave, presque rauque, qui rappelle son père, Richard : « Le projet de nouvel appartement a agi comme une sorte de pansement sur la séparation. Toute cette perspective de se quitter, de faire nos cartons, d’un seul coup, c’est devenu joyeux. »

Et comme, autour d’eux, cela questionnait et faisait rire, elle a eu l’idée d’en faire un film : une autofiction, un « feel good movie », une comédie du non-remariage. « J’aime ça, moi, les comédies sentimentales tendres et drôles. Je me voyais dans un personnage à la Bridget Jones. » Il rigole : « Moi, je croyais faire un DVD pour les mômes. »

Tandem

Achat de l’appartement en novembre 2016, début de tournage en janvier 2017, avec autour d’eux – directeur de la photographie, ingénieur du son, perchman – la même équipe qui les a vus se tomber dans les bras une douzaine d’années plus tôt sur le plateau de la série de Benoît Cohen Nos enfants chéris (2007).

Avec le recul, le titre ferait sourire Lacan. Car, disent-ils, ce qui les lie, c’est « eux » : Rose, 10 ans, et Raoul, 7 ans. « Une semaine sans les voir, sans les toucher, im-po-ssi-ble », déclame-t-il, en faisant des moulinets avec ses bras : « J’ai dit à ma fille : tu ne sortiras pas de la baraque avant 35 ans. »

amour flou

Dans leur tandem, ils ont distribué les rôles : il est le poète, l’homme des formules à l’emporte-pièce, des pensées en vrac dont il gonfle ses carnets. Elle est l’intellectuelle « hypersynthétique », qui mène les projets au bout. « Elle est une bouffeuse de vie, un tank, moi, je suis le petit soldat qui marche derrière le tank », affirme-t-il. Et de glousser : « Elle est l’intelligence, je suis la beauté. »

Drôle de faux couple

« La névrose de Philippe, c’est ce sentiment d’illégitimité inouïe qui le ronge, dit-elle. Cette fragilité, c’est ce que j’aime le plus chez lui, et c’est ce qui m’a le plus décontenancée. » La comédienne – qui joue du 4 octobre au 2 décembre un texte d’Annie Ernaux, L’Occupation, au Théâtre de l’Œuvre, à Paris – pose la main sur le bras de son ex devenu son coloc. Jaillissement d’icelui : « Enlève ta main, vieux pédé ! » L’humour toujours, qui sourd de partout, comme un torrent, joyeux et mélancolique : « J’aime cette fille ! »

Drôle de faux couple qui continue à partir en vacances ensemble. « A quatre. Ça pourrait même être à six… Quand, à un moment, Romane a eu un gars dans sa vie, ça ne m’a pas gêné, au contraire, je le trouvais sympa, raconte le comédien : de toute façon, un mec que Romane aime ne peut être que sympa. Moi, après Romane, je ne ferai plus que des hôtesses de l’air qui font du long-courrier », dit-il en fredonnant, clope au bec, la chanson de Pierre Vassiliu, Dans ma maison d’amour.

Elle sourit : « J’ai toujours peur qu’il embrouille, qu’il digresse… Moi, je suis classico-classique. J’adore le couple, la vie à deux. La maternité était pour moi un Graal absolu, j’ai cherché le père de mes enfants. Je l’ai trouvé avec Philippe. Politiquement, intellectuellement, il y a peu de monde qui m’intéresse autant que lui. »

Un chant d’amour

La vérité, c’est qu’ils auraient du mal à se passer l’un de l’autre. « Heureusement que je ne flotte pas tout seul », dit Rebbot. Il allume une nouvelle cigarette : « C’est un film qui ment par omission. On n’y a pas mis nos cavaliers noirs… Mes moments de solitude… » Elle soupire en écho : « Ça me rassure que Philippe soit là. »

Entre eux se tisse un chant d’amour, alors que d’une même voix ils jurent ne plus pouvoir s’aimer, qu’entre eux au moins ça, c’est réglé. Regards croisés comme pour guetter une approbation. L’amour ?

« Une forme de reconnaissance, un truc qui vient de l’enfance, la part manquante de soi », dit-elle. « Il suffit de regarder les photos de nous gamins, on voit qu’on arrive du même endroit. Physiquement, c’est hallucinant. Elle a de grosses lunettes, elle louche. Moi aussi. Pas compliqué à voir que ce sont des enfances de grande solitude, un peu délicates. Romane dit de nous “la revanche des moches”. C’est vrai. On trimballe les mêmes mélancolies, même si on y répond différemment. » Lui, dépressif avoué sous le masque du clown. Elle, toujours en action.

Ils passent leur temps à se couper la parole. Deux bavards impénitents, deux pensées qui s’entrechoquent, s’enlacent et s’affrontent.

« On est capables de se foutre sur la gueule », prévient-il.

« Tu ne vas pas ?

– … Angoulême !

– Ah oui, le festival [du film francophone] d’Angoulême, le mois dernier, on reçoit le Prix du public… Et monsieur, bourré, pieds nus, est perdu dans la ville.

– Je n’étais pas bourré, j’avais rencontré des gens…

– Et moi, je dois m’occuper des enfants… Bénéfice : le film nous oblige à réévaluer les choses… Non, le projet n’était pas un prétexte à se remettre ensemble. Mais il nous a fait entrer dans notre propre légende », analyse-t-elle en désignant sur le mur l’affiche où trônent John Cassavetes et Gena Rowlands, ce couple mythique dont son père lui rebattait les oreilles lorsqu’elle était petite. « Au fond, ça nous a apporté une autre manière d’être ensemble. On a retrouvé notre complicité.  

Lady, le basset et l’un des personnages principaux de L’Amour flou, jappe en traînant sa bedaine. Rose débarque pour dire qu’on a sonné à la porte de l’autre appartement. On est dans le film.

« L’Amour flou », film français de Romane Bohringer et Philippe Rebbot. Avec Romane Bohringer, Philippe Rebbot, Reda Kateb (1 h 37).

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