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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

vendredi 22 juin 2018

Le baron Empain, dont l’enlèvement défraya la chronique en 1978, est mort

empain

Ci-dessus : le Baron Edouard-Jean Empain tient une conférence de presse, le 7 septembre 1978, au siège du Groupe Empain. Photo Gabriel Duval. AFP

Edouard-Jean Empain, ancien PDG du groupe Empain-Schneider, s’était retiré des affaires peu après son rapt. Il est mort jeudi à l’âge de 80 ans.

Le baron Edouard-Jean Empain, homme d’affaires belge, dont l’enlèvement en France en 1978 défraya la chronique, est mort jeudi 21 juin à l’âge de 80 ans, ont rapporté les médias belges. Selon le quotidien économique L’Echo, qui l’avait encore interviewé en 2014, l’ancien PDG du groupe Empain-Schneider, retiré des affaires depuis les années 1980, vivait à Monaco avec sa compagne.

Edouard-Jean Empain était le petit-fils d’Edouard Empain, anobli par le roi des Belges Léopold II en 1907, qui avait bâti à partir de la fin du XIXe siècle un empire industriel, à l’origine notamment du réseau ferroviaire congolais et de la construction du métro parisien.

Un enlèvement retentissant en 1978

Edouard-Jean Empain, devenu PDG du groupe Empain-Schneider en 1971, fut enlevé devant son domicile, à Paris, le 23 janvier 1978. Il fut séquestré et torturé dans un petit pavillon de Savigny-sur-Orge, en région parisienne, et ne fut libéré qu’au bout de soixante-trois jours de captivité, lors d’une remise de rançon ratée, assortie de l’arrestation d’un ravisseur.

Le retentissement de l’affaire fut notamment dû au fait que ses ravisseurs, « des petites frappes », selon les dires du baron, interviewé en octobre 2014 par L’Echo, pour faire pression sur sa famille, lui tranchèrent une phalange d’un auriculaire.

Après sa libération, Edouard-Jean Empain s’était rapidement retiré des affaires, nourrissant de l’amertume sur le fait de ne pas avoir suscité d’empathie pendant ce rapt, au motif qu’il aurait « dérangé » l’establishment en France. « J’avais plein d’amis qui étaient prêts à payer [la rançon], mais comme il ne fallait pas que je revienne, il ne fallait surtout pas payer », déclarait-il en 2014.

Dans cet entretien à L’Echo, il avait aussi dit qu’à l’époque, le roi Baudouin était prêt à payer pour le libérer en raison de « ce que la couronne belge devait à la famille Empain ». Le roi l’avait fait savoir à son entreprise, mais celle-ci n’avait pas donné suite, selon le baron.

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Mort d'Edouard-Jean Empain : son histoire vue par «Libé»

Il était «le baron kidnappé amputé d’un doigt». Edouard-Jean Empain, décédé jeudi à l’âge de 80 ans, avait été enlevé en plein jour devant son domicile situé avenue Foch dans le XVIe arrondissement de Paris le 23 janvier 1978. Les huit ravisseurs voulaient viser un patron du CAC 40. Après avoir pensé à Serge Dassault et Liliane Bettencourt, leur choix s’était finalement porté sur ce petit-fils du créateur d’une dynastie industrielle d’origine belge, anobli par le roi Léopold II en 1907. «Le capital, l’atome, l’aristocratie financière : le baron représentait beaucoup de choses», relevait Libération au lendemain de l’enlèvement.

L’affaire fait grand bruit : son groupe Empain-Schneider pèse 20 milliards de francs, 150 000 employés, 300 sociétés dont des fleurons comme Framatome (nucléaire), Creusot-Loire (métallurgie) ou Spie Batignolles (BTP). Durant 63 jours, il est séquestré et torturé dans un petit pavillon de Savigny-sur-Orge, dans l’Essonne, en banlieue parisienne. La rançon demandée est colossale : 80 millions de francs. «Jamais les enchères n’avaient été placées aussi haut en France pour l’enlèvement d’un possédant de capital», soulignait Libération à l’époque. Les ravisseurs envoient à sa famille l’auriculaire du baron pour prouver leur détermination. Les négociations s’arrêtent, reprennent, la remise de l’argent est reportée…

Embuscade et libération

Le 22 mars, rendez-vous est pris avec les ravisseurs sur une autoroute près d’Arcueil, à hauteur d’une borne téléphonique, pour la remise de rançon. Mais la police en profite pour tendre une embuscade. Commence alors un jeu de piste qui durera deux jours et qui se transforme en course-poursuite à travers Paris. L’un des ravisseurs est tué, l’autre blessé ainsi que deux policiers. Alain Caillol, arrêté et blessé lors de la remise de rançon avortée, finit par demander à ses complices de relâcher leur otage. Le 26 mars, on trouve le baron Empain hagard, errant dans une ruelle d’Ivry, relâché par ses ravisseurs. «Muni d’un billet de dix francs que lui avaient donné ses ravisseurs, il partait à pied jusqu’au métro», détaillait Libération le 28 mars. Il avait perdu 20 kg, et l’auriculaire gauche.

Après sa libération, Edouard-Jean Empain s’était rapidement retiré des affaires en 1981. Il estimait ne pas avoir suscité d’empathie pendant ce rapt spectaculaire, au motif qu’il aurait «dérangé» l’establishment en France. Amer, il ressassait les accusations d'«auto-enlèvement» visant à combler ses dettes de jeu. «J’avais plein d’amis qui étaient prêts à payer [la rançon], mais comme il ne fallait pas que je revienne, il ne fallait surtout pas payer», déclarait-il en 2014 dans un entretien à L’Echo. Il avait aussi affirmé qu’à l’époque, le roi des Belges était prêt à passer à la caisse pour le libérer en raison du passé de la famille Empain.

Dans un article sur le récit de sa séquestration par le baron, Libération ironisait sur sa position victimaire : «Outre les chaînes qu’il portait au cou, aux poignets et aux pieds, c’est surtout, semble-t-il, ses conditions d’alimentation qui l’ont fait souffrir : il n’était, paraît-il, nourri que de sandwiches et de haricots à peine réchauffés ! "Ce fut, dit-il, la période la plus terrible". Car la deuxième prison, un silo à grains ou une ferme, où il était resté une semaine, était, estime-t-il, plus confortable. On lui a donné de quoi se laver et une brosse à dents. Il avait également un poste à transistor et la télévision. Bref, un souvenir pas trop désagréable, s’il n’avait encore eu à subir la nourriture. C’est là en effet, qu’alors qu’il déteste les gâteaux, on l’aurait un jour obligé à manger un moka !»

Tout est pardonné

Le baron était resté proche d’un de ses geôliers, Alain Caillol. Dans le portrait de Libération qui lui était consacré, le cerveau de l’enlèvement racontait à 70 ans la complicité née entre les deux hommes. Pendant sa captivité, le PDG aurait réussi à susciter la sympathie, voire à prendre l’ascendant psychologique. Alain Caillol en était venu à saluer «cet homme sans vice et d’un courage exceptionnel, qui ne méritait pas ça. On s’est trompés de cible». Celui qui parle de «syndrome de Stockholm inversé» dans un ouvrage consacré cette histoire a fini par s’identifier au PDG : «On a eu un peu la même enfance, solitaire, les mêmes collèges de gosses de riches.»

Alain Caillol racontait avoir tiré à la courte paille pour désigner celui qui couperait le petit doigt du baron au massicot. Avec trois autres ravisseurs et au bout d’un mois de négociations infructueuses, ils jouent à un autre jeu de hasard pour déterminer s’ils épargnent sa vie ou non. Malgré tout, Edouard-Jean Empain disait tout pardonner. «Il a un certain remords, en tout cas, un regret, et ne me considère pas comme un sale type», avait-il raconté à Libération. LIBERATION

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mardi 12 juin 2018

Yvette Horner

yvette horner

L'accordéoniste aux cheveux de feu s'est éteinte. Yvette Horner est décédée le 11 juin à 95 ans, a annoncé son agent dans la soirée. Originaire de Tarbes, où elle avait vu le jour le 22 septembre 1922, la musicienne vouait à sa ville natale une affection sans borne. Celle-ci le lui rendait bien puisque la commune avait baptisé une rue en son honneur, en novembre 2014.

La vocation artistique d'Yvette Horner doit beaucoup à la cité-préfecture des Hautes-Pyrénées. Sa grand-mère paternelle était propriétaire du théâtre des Nouveautés. « C'est d'ailleurs là que j'ai fait mes premiers pas », nous avait confié l'artiste. Yvette Horner se plaisait à raconter que, dès son plus jeune âge, elle avait préféré dormir le jour pour pouvoir écouter les concerts la nuit.

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Guerre de Corée : comment tout a commencé

CORÉE DU NORD - ANTOINE BOURGUILLEAU / GEO HISTOIRE 

Rencontre inédite entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, ce mardi, à Singapour. Pour rappel, il y a soixante-huit ans, sur une résolution des Nations unies, les Américains et leurs alliés partaient en guerre contre la Corée du Nord. Une guerre qui, techniquement, n'est toujours pas terminée.

Un président américain, Donald Trump, qui multiplie les déclarations tonitruantes et baptise son homologue "rocket man". Un dictateur nord-coréen, Kim Jung-un, qui intensifie les essais nucléaires et les tirs de missiles. Jusqu'à très récemment et l'organisation surprise de ce sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un, la guerre paraissait bien près de reprendre en Corée. Fausse impression : car la guerre de Corée n’est tout simplement pas terminée. Elle dure depuis bientôt soixante-huit ans.

Retour en 1943. Les 22 et 23 novembre, à la conférence du Caire, les Alliés s’accordent sur la nécessité de redonner son indépendance à la Corée (occupée par les Japonais depuis 1910) à l’issue de la guerre. Deux ans plus tard, en août 1945, la péninsule est libérée et séparée en deux zones d’occupation : au nord du 38e parallèle, les Soviétiques, au sud, les Américains. Les deux grands vainqueurs de la guerre doivent, comme convenu, négocier pour déterminer l’avenir du pays. Mais à quelle condition et selon quel régime politique ? Dès octobre 1945, les Soviétiques ont en effet installé Kim Il-sung, au pouvoir à Pyongyang, la grande ville du Nord. Au sud, les Américains font de même avec Syngman Rhee, un anticommuniste farouche. Administrative en théorie, la séparation du 38e parallèle devient une frontière entre deux entités qui ne sont pas encore des Etats. En 1947, les Soviétiques rejettent la proposition américaine d’élections générales, et en mai 1948, les Américains organisent un scrutin qui donne naissance à la République de Corée du Sud, dirigée d’une main de fer par Syngman Rhee. Début septembre, les Soviétiques répliquent en proclamant la naissance de la République populaire de Corée, avec Kim Il-sung à sa tête.

Dans le contexte de Guerre froide, les choses ne peuvent cependant pas en rester là. De nombreux accrochages ont lieu le long du 38e parallèle. Notamment parce qu’au nord comme au sud, le sentiment national est très prononcé et que chacun n’aspire qu’à une chose : réunifier le pays, mais à ses conditions. Au sud de la Corée, le régime militaire pousse son allié américain à intervenir militairement. Au nord, le pouvoir stalinien fait de même auprès de son "grand frère" soviétique. Le 25 juin 1950, c’est l’embrasement. En Occident, on affirme que c’est l’attaque surprise de 600 0000 combattants nord-coréens qui a mis le feu aux poudres. Côté communiste, on prétend, au contraire, que les impérialistes ont frappé les premiers la ville frontalière d’Ongjin. Quelles qu’en soient les origines, la guerre de Corée commence.

Profitant de l’absence des Russes au Conseil de sécurité, les Etats-Unis font voter une intervention

Séoul, la capitale du Sud, tombe rapidement aux mains des Nord-Coréens. Pris au dépourvu, les Sud-Coréens se replient autour de Busan, au sud de la péninsule. Profitant de l’absence de l’URSS au Conseil de sécurité (les Soviétiques boycottent les séances car ils revendiquent la présence de la République populaire de Chine), les Etats-Unis font voter une intervention de l’ONU en Corée. Le 15 septembre 1950, le commandant en chef Douglas MacArthur débarque avec ses troupes à Incheon, un port de la mer Jaune, situé à 50 kilomètres à l’ouest de Séoul. La capitale du Sud est reprise, et les Alliés franchissent le 38e parallèle avant de remonter vers le nord. "Derrière chaque montagne, il y avait une autre montagne", dit un colonel américain pour décrire les conditions dans lesquelles l’offensive se déroule. Façon imagée de dire que chaque difficulté en précède une nouvelle. Les troupes de l’ONU gagnent cependant bientôt les rives du fleuve Yalu, à la frontière chinoise.

Pour la Chine, c’en est trop. Le 26 novembre 1950, des milliers de "volontaires" chinois contre-attaquent en pénétrant en Corée, rejetant les Alliés vers le sud avant que le front ne se stabilise autour du 38e parallèle, au début de l’année 1951. MacArthur insiste à l’époque pour l’utilisation de l’arme atomique ! Déçu de ne pas être écouté, il accuse Truman de mollesse. En avril 1951, la sanction tombe : le président américain limoge MacArthur et nomme le général Ridgway à sa place. "Notre but est d’empêcher une troisième guerre mondiale, pas de la provoquer", explique Truman pour justifier ce remplacement. En juillet 1953, les combats cessent enfin. Nikita Khrouchtchev, le nouveau maître de l’URSS et Dwight D. Eisenhower, le successeur de Truman à la tête des Etats-Unis, sont pressés de voir ce conflit prendre fin. Lorsque survient le cessezle- feu, le bilan du nombre de morts dans cette guerre s’élève à 39 000 soldats de l’ONU (dont 269 Français), 70 000 soldats sud-coréens, 2 millions de soldats nord-coréens et chinois, et 3 millions de civils. Mais aucun traité de paix n’a été signé. Le 38e parallèle est donc, depuis soixante-neuf ans, une frontière de facto. Au nord, une dynastie communiste s’est installée sous l’égide de Kim Il-sung, grandpère du dirigeant actuel, Kim Jong-un, derrière la "DMZ", cette zone "démilitarisée" qui coupe toujours la Corée en deux. Un paravent qu’un simple souffle pourrait faire tomber.

Repères

• 27 juin 1950 : le Conseil de sécurité de l’ONU vote une assistance militaire à la Corée du Sud.

• 1er juillet 1950 : les troupes américaines livrent leur premier combat.

• 19 octobre 1950 : prise de Pyongyang par les forces américaines.

• 4 décembre 1950 : avec le renfort de "volontaires" chinois, le Nord reprend Pyongyang.

• 14 mars 1951 : contre-offensive américaine. Le front se stabilise sur le 38e parallèle fin mars.

• 27 juillet 1953 : signature de l’armistice de Panmunjom.

Les Kim, première dynastie communiste de l'histoire

Par Valérie Kubiak

"Grand leader", "Président éternel", "Soleil de la nation"… Rarement un chef d’Etat n’a fait l’objet d’une telle vénération. Vingt-trois ans après sa mort, les portraits de Kim Il-sung continuent d’orner les façades, et même parfois les montagnes. Et chaque Nord-Coréen arbore un badge à l’effigie du père de la nation… sous peine de s’exposer à de sérieux problèmes.

Né en 1912, Kim Il-sung a 7 ans lorsque ses parents, paysans pauvres, s’exilent en Mandchourie. Le jeune homme y fait ses premières armes dans la résistance antijaponaise. L’histoire officielle prétend qu’il est alors un combattant exceptionnel, repéré par les Soviétiques qui le soumettent à une formation militaire et politique. Ce n’est qu’en 1945, à l’âge de 33 ans, qu’il retourne à Pyongyang. Sous le patronage de Moscou, il est placé à la tête du gouvernement provisoire de la Corée du Nord en 1948. S’inspirant du modèle stalinien, il va régner d’une main de fer : purges, répression, endoctrinement, culte de la personnalité… La Corée du Nord devient l’une des pires dictatures au monde.

Après quarante-six ans de pouvoir, il s’éteint en 1994. Mais, Kim Il-sung n’a rien laissé au hasard. Son successeur sera son propre fils, Kim Jong-il. Depuis les années 1960, celui-ci travaille dans l’ombre de son père, occupant les plus hautes fonctions officielles. Mais l’homme qui arrive au pouvoir à 52 ans, n’a pas la personnalité charismatique de son aîné. Introverti, il déteste les foules et les grands discours. Cultivé, il a aussi la réputation d’être excentrique et imprévisible. Son règne sera marqué par le déclin économique. Dans les années 1960, Kim Jong-il doit affronter l’une des plus grandes famines qu’ait connue le pays (plus d’un million de victimes entre 1994 et 1998).

Après une première attaque cérébrale en 2008, il commence à préparer sa succession. Kim Jong-un, fils cadet de sa quatrième épouse, est désigné pour devenir le nouveau leader. A la mort de Kim Jong-il en 2011, le jeune homme, élevé en Suisse et âgé d’à peine 30 ans, n’a eu que peu de temps pour se préparer au pouvoir. Il se montre néanmoins le digne héritier de sa lignée : jouant de sa ressemblance avec son grand-père, il entretient le culte de la personnalité et procède à des purges, y compris au sein de sa propre famille, pour ne conserver dans l’administration que ses plus proches fidèles. Son premier geste sera d’accélérer la nucléarisation de son pays.

• 23 janvier 1968

Retour des hostilités entre Kim Il-sung et les Etats-Unis : un navire américain, le Pueblo, est capturé en mer du Japon. L’équipage sera libéré le 23 décembre.

• 17 septembre 1988

Vexée de ne pas participer à l’organisation des Jeux olympiques de Séoul avec sa "soeur ennemie" du Sud, la Corée du Nord boycotte la manifestation sportive.

• 18 septembre 1996

Kim Jong-il déclare ne plus être engagé par le traité de 1953 et envoie des troupes dans la zone démilitarisée : 24 agents nord-coréens et 4 sudcoréens sont tués.

• 3 septembre 2017

Kim Jong-un annonce avoir pratiqué un essai de bombe à hydrogène. Le tir de plusieurs missiles en mer du Japon lui vaut d’être menacé par Donald Trump.

• Samedi 21 avril 2018

La Corée du nord annonce la fin des essais nucléaires et des tests de missiles intercontinentaux ainsi que la fermeture de son site d'essais atomiques.

• 12 juin 2018

Rencontre historique entre Donald Trump et Kim Jong-un à Singapour.

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samedi 9 juin 2018

Nécrologie : Le photographe David Douglas Duncan est mort

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Par Claire Guillot - Le Monde

L’Américain, grande figure de la photo de guerre et proche de Pablo Picasso, est décédé jeudi à l’âge de 102 ans.

Il a traversé trois guerres, comme soldat ou comme reporter pour le magazine Life. Il a parcouru le monde, de la Russie à l’Iran, à bord de sa flamboyante Mercedes SL aux ailes papillon, souvent accompagné de son petit chien Yo-Yo. Il a photographié les dernières années de la vie du peintre Picasso, dont il fut proche. Il avait la classe de Gary Cooper, et sa vie, très longue, a ressemblé à un incroyable film d’aventures. Le photographe américain David Douglas Duncan, dit « DDD », est mort le 7 juin à l’âge de 102 ans, à Grasse (Alpes-Maritimes). Ce pionnier de la photographie de guerre, auteur de vingt-huit livres, était aussi connu pour son caractère entier et bien trempé, qui n’empêchait pas l’émotion de, parfois, le déborder.

Né le 23 janvier 1916 dans le Midwest à Kansas City, DDD avait commencé par des études d’archéologie en Arizona. Mais, dès ses débuts, sa vie est marquée par l’instinct du scoop. Armé d’un appareil photo que lui a offert sa sœur pour ses 18 ans, il se précipite pour prendre des images de l’incendie qui ravage l’Hôtel Congress à Tucson, en 1934. Il photographie alors un drôle de client qui insiste auprès des pompiers pour récupérer sa valise laissée dans une chambre. Le lendemain, DDD apprendra qu’il s’agissait de John Dillinger, l’ennemi public numéro 1, le braqueur de banques le plus célèbre du pays, arrêté avec sa bande ce jour-là.

David Douglas Duncan va collaborer à plusieurs journaux américains, mais c’est la seconde guerre mondiale qui lancera vraiment sa carrière et le marquera à jamais : incorporé dans l’armée en 1942, il rejoint le corps des marines comme photographe de guerre dans le Pacifique. En 1946, dès son retour à la vie civile, il est embauché au magazine Life. De ces longues années passées comme soldat, DDD gardera une émotion à fleur de peau – sa voix tremblait dès qu’on évoquait ses camarades morts au combat – mais aussi une raideur toute militaire : il goûtait peu aux tenues débraillées, et il est connu pour avoir violemment giflé, sans un mot, un éditeur photo coupable d’avoir oublié de lui envoyer un magazine…

Une plume lyrique

Ce rapport si intime à la guerre lui a fait publier des livres très personnels, servis par une plume lyrique. This is War !, son premier ouvrage, publié en 1951, après sa couverture de la guerre de Corée pour Life, est novateur non seulement pour ses images, mais aussi pour sa mise en page – blancs soigneusement calculés, ruptures de rythme, photos en rafales qui composent comme une bande dessinée. Le texte introductif est précis, mais David Douglas Duncan laisse ensuite les images s’épanouir, sans folio, sans légende, pour « montrer toutes les guerres à travers cette guerre ».

« JE VOULAIS MONTRER CE QUE LA GUERRE FAIT À UN HOMME. MONTRER QUELQUE CHOSE DE LA CAMARADERIE QUI LIE LES HOMMES ENSEMBLE QUAND ILS COMBATTENT UN PÉRIL COMMUN »

Il cherchera toujours à montrer les conflits à travers le visage des hommes : celui du caporal Leonard Hayworth, strié de larmes d’impuissance lorsqu’il découvre qu’il est à court de munitions pendant la guerre de Corée. DDD traite en revanche souvent les morts de façon indirecte – mais glaçante – par des pieds qui dépassent d’un camion, des corps dans des sacs. Dans l’introduction du livre, il écrit :

« Je voulais montrer ce que la guerre fait à un homme. Montrer quelque chose de la camaraderie qui lie les hommes ensemble, quand ils combattent un péril commun. »

Il signera deux autres livres sur la guerre, plus rageurs, et très engagés, au moment de la guerre du Vietnam : I Protest (1968), réquisitoire contre la politique belliciste américaine, vendu sous forme d’un livre de poche à 1 dollar et écoulé à 250 000 exemplaires, suivi de War Without Heroes (1970). Il y écrit : « C’est une guerre qui a coûté plus de vies que celles perdues en Corée, une guerre qui a réduit en miettes le pouvoir du président des Etats-Unis et lui a coûté son poste. C’est une guerre qui a fracturé les structures de notre société à un tel point qu’il faudra toute une nouvelle génération pour la soigner. Et quand bien même, rien ne sera plus jamais pareil. »

Trois livres consacrés à ses chiens adorés

La guerre n’est pourtant qu’un aspect de la longue carrière de DDD. « Je n’en ai pas eu marre de la guerre, disait-il. La guerre, elle, n’en a jamais marre ! Mais je suis photographe, je suis curieux de tout, c’est ma nature. » Il s’est intéressé à la politique, et en a tiré un autre titre remarquable, Self-Portrait : USA (1969). Il y met face à face les républicains et les démocrates pendant leur convention nationale, avec une vision des à-côtés de la politique originale pour l’époque : les militants qui s’enflamment et s’empoignent, les familles des candidats anxieuses, les hippies qui protestent, les policiers armés jusqu’aux dents…

Il a fait des images au Moyen-Orient, en Russie, en Iran, dans la bande de Gaza ou en Irlande, passant sans sourciller d’un sujet léger à un conflit, d’une publicité à un long reportage. Il résumait ainsi son métier de reporter : « Parfois, un sacré business. Et tous les jours, une vie fabuleuse ! » Parmi ses nombreux ouvrages, pas toujours inoubliables, il en a consacré trois à ses chiens adorés. Yo-Yo, kidnappé par des malfrats puis récupéré après nombre de péripéties. Ou Lump, le basset qu’il a offert à Picasso et qui a servi plusieurs fois de modèle à l’artiste. C’est lui aussi qui a mis en rage Henri Cartier-Bresson en publiant un livre sur le maître français, qui avait horreur d’être pris en photo, à partir des images tirées d’une seule brève rencontre avec lui.

IL A FAIT DES IMAGES AU MOYEN-ORIENT, EN RUSSIE, EN IRAN, DANS LA BANDE DE GAZA OU EN IRLANDE, PASSANT SANS SOURCILLER D’UN SUJET LÉGER À UN CONFLIT, D’UNE PUBLICITÉ À UN LONG REPORTAGE

Féru de technologie, le photographe est un des premiers à avoir adopté les objectifs Nikkor sur son Leica, juste avant la guerre de Corée, contribuant à leur popularité. Et les objets qu’il a touchés semblent s’être transformés en or : son appareil photo Leica, un M3D modifié, s’est vendu aux enchères pour 1,68 million d’euros en 2012, ce qui en fait l’un des plus chers de l’histoire. Parmi ses attributs mythiques, il y a aussi sa Mercedes SL noire qu’il avait reçue en cadeau du constructeur allemand après un reportage publié dans Sports Illustrated. A bord du bolide, DDD a parcouru plus de 450 000 kilomètres.

Picasso dans son bain

En France, DDD a surtout été connu pour sa longue amitié avec Picasso, qu’il a photographié intensément. C’est Robert Capa qui lui a fait rencontrer le peintre que DDD surprendra dans son bain en 1956, et qu’il immortalisera ainsi. Comme Picasso, DDD vivait dans le sud de la France et jusqu’à la mort de l’artiste en 1973, ils se voyaient fréquemment, se donnant du « Maestro » et du « Ismael ». David Douglas Duncan a consacré huit livres à l’artiste, qu’on voit au travail, en famille, faisant l’idiot.

David Douglas Duncan, qui a confié ses archives à l’université du Texas à Austin, a régulièrement exposé ses œuvres, et a eu les honneurs du Festival de photojournalisme de Perpignan pour les vingt ans de la manifestation. De cette vie trépidante, le vieil homme voûté racontait, sans se lasser : « Je n’ai jamais regretté quoi que ce soit. J’ai eu tellement de chance ! »

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vendredi 8 juin 2018

Souvenir ! Souvenir ! 45 tours...

45tours

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mercredi 6 juin 2018

D-DAY NORMANDY

 

Ready for the 74th Anniversary of D-Day 2018? We will show you pictures of the events and ceremonies in Normandy, so follow us and check the feed! ---------------------- #dday #6thjune1944 #normandie1944 #normandie #operationoverlord #wwii #ww2 #worldwar2 #battle #bandofbrothers #lestweforget #war #remember #worldwarhistory #history #anniversary #dday2018 #normandie2018 #utahbeach #normandy #jahrestag #normandy #normandy1944 #historiansunion #ddayanniversary @routes_of_history

 

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D Day - 6 juin 1944

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Sainte Mère Eglise - 6 juin 1944 - in memorem

ste mere eglise

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mardi 5 juin 2018

Massacre de Tiananmen : un récit cauchemardesque tiré d’archive

tiananmen

Un télégramme de l’ambassadeur britannique de l’époque, désormais public, donne une estimation du nombre de morts dix fois plus élevée que celle retenue jusqu’ici.

Vingt-huit ans après la répression des manifestations de Tiananmen à Pékin, un document des archives nationales britanniques livre un récit cauchemardesque du massacre orchestré par l’armée chinoise entre le 15 avril et le 5 juin 1989.

Un télégramme secret adressé le 5 juin 1989 par Alan Donald, ambassadeur du Royaume-Uni dans la ville, à son gouvernement au lendemain de la répression sanglante de sept semaines de manifestations pour la démocratie en Chine, se conclut ainsi : « Estimation minimale des morts civils 10 000 ».

L’estimation est presque dix fois plus élevée que les évaluations admises communément à l’époque et qui faisaient généralement état de plusieurs centaines à plus d’un millier de morts. Le régime chinois, qui impose un tabou sur cette période, avait, de son côté, affirmé à la fin juin 1989 que la répression des « émeutes contre-révolutionnaires » avait fait 200 morts chez les civils et « plusieurs dizaines » du côté des forces de l’ordre.

Les manifestants « taillés en pièces »

Le rapport d’Alan Donald offre un témoignage terrifiant de la violence qui s’est déchaînée dans la nuit du 3 au 4 juin, lorsque l’armée a entamé son avancée en direction de la gigantesque place Tiananmen, cœur symbolique du pouvoir communiste occupée par les manifestants.

« Les blindés de transport de troupes de la 27e armée ont ouvert le feu sur la foule (…) avant de lui rouler dessus », écrit l’ambassadeur. Alan Donald cite pour source une personne dont le nom est caché mais qui a obtenu ses informations d’un « ami proche, actuellement membre du Conseil d’Etat », le gouvernement chinois.

Une fois les militaires arrivés place Tiananmen « les étudiants ont cru comprendre qu’ils avaient une heure pour évacuer, mais après seulement cinq minutes, les blindés ont attaqué », rapporte le diplomate. Les manifestants « ont été taillés en pièces ». Les blindés ont ensuite « roulé sur les corps à de nombreuses reprises, faisant comme une “pâte” avant que les restes soient ramassés au bulldozer. Restes incinérés et évacués au jet d’eau dans les égouts ». « Quatre étudiantes blessées qui imploraient d’être épargnées ont reçu des coups de baïonnette », ajoute l’ambassadeur, avant d’évoquer des ambulances militaires qui « ont essuyé des coups de feu alors qu’elles tentaient d’intervenir ».

Ces exactions sont imputées principalement à la 27e armée, composée de soldats originaires de la province du Shanxi (nord) « illettrés à 60 % et qualifiés de primitifs ». Elle est commandée par Yang Zhenhua, neveu de Yang Shangkun, alors président de la République populaire (un poste honorifique).

Selon le document, la répression a engendré des tensions au sein de l’armée, le commandant militaire de la région de Pékin refusant de fournir nourriture et casernes aux soldats venus des provinces pour ramener l’ordre. « Certains membres du gouvernement considèrent que la guerre civile est imminente », affirme l’ambassadeur.

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lundi 4 juin 2018

Che Guevara

 

Ernesto " Che " Guevara, politicien argentin et ministre de l'industrie à Cuba (1961-1965), durant une interview exclusive dans son bureau de La Havane, à Cuba, en 1963. - Le printemps de Prague, le mouvement des droits civiques au Etats-Unis ou les événements de Mai à Paris : 1968 fut une année de grands changements à travers le monde. Les photographes de l'agence Magnum Photos ont choisi de célébrer le 50e anniversaire de cette année charnière en sélectionnant dans leurs archives des images qui, pour eux, symbolisent la liberté. L'agence propose une sélection de photographies classiques et contemporaines, mises en vente du 4 au 8 juin. Chacune est agrémentée, au dos, d'un texte de l'auteur. - Photo : René Burri @magnumphotos En savoir plus : https://bit.ly/2z4KJak - #Photojournalisme #Magnum #Art #Tirage #Magnumsquare #Freedom



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