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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

dimanche 15 octobre 2017

Président Trump, semaine 37 : Donald la menace

Par Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde

La ligue de football, la chaîne NBC, Kim Jong-un, l’Iran ou même Porto Rico : le président américain a multiplié les tweets d’intimidation, une fois de plus.

C’était la semaine de la National Football League (NFL), de la chaîne de télévision NBC, de Porto Rico, du régime de Kim Jong-un et des autorités iraniennes. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump pratique la menace à haute dose, quel que soit le sujet. L’intimidation, chez le président des Etats-Unis, constitue avec le dénigrement de ses adversaires et l’autosatisfaction, une part essentielle de ses commentaires publiés sur son compte Twitter. Ces derniers jours ont permis de le vérifier une nouvelle fois.

Lundi 9 octobre, M. Trump a commencé sa semaine par une menace voilée visant la Corée du Nord, l’une de ses cibles de prédilection depuis l’été. Le lendemain, la puissante fédération qui rassemble les clubs de football professionnels américains s’est retrouvée à son tour dans la ligne de mire présidentielle, parce que certains joueurs continuent de s’agenouiller pendant l’exécution de l’hymne national des Etats-Unis qui précède les rencontres, pour protester contre les inégalités raciales et sociales. « Pourquoi la NFL bénéficie-t-elle d’exemptions fiscales massives alors qu’elle ne respecte pas notre Hymne, notre Drapeau et notre Pays ? », a-t-il grondé avant de suggérer une sanction financière.

M. Trump a poursuivi sur le même mode interrogatif le jour suivant, après la publication d’un reportage de la chaîne NBC dont il contestait le contenu. « Avec tous ces Informations Bidons venant de NBC et des chaînes, à quel moment sera-t-il approprié de contester leur licence ? Mauvais pour le pays », a tonné l’occupant du bureau Ovale, qui a juré sur la Bible le 20 janvier de respecter une Constitution dont le premier amendement concerne la liberté d’expression.

Bombardement d’avertissements

Puis le tour est venu de l’île de Porto Rico, qui tarde à se remettre des destructions causées par l’ouragan Maria en septembre. Le président a averti jeudi, toujours sur son compte Twitter, que l’Agence fédérale chargée des situations d’urgence et l’armée, réquisitionnée en toute hâte, n’allaient pas rester sur place « pour toujours ». Pour justifier cette impatience, il a jugé bon d’estimer que « le réseau électrique et toutes les infrastructures étaient un désastre avant les ouragans », une manière de dire que les Portoricains ne pouvaient s’en prendre qu’à eux-mêmes. Vendredi, M. Trump a conclu sa semaine en menaçant de saborder l’accord sur le nucléaire iranien « à tout moment ».

Pour se tenir loin d’éléments jugés contraires ou contrariants qu’il bombarde de ses avertissements, M. Trump a pu compter au cours de la même période sur deux entretiens télévisés. Le premier a été conduit par l’ancien candidat à l’investiture républicaine Mike Huckabee, qui dans le civil est le père de sa porte-parole, Sarah Sanders. Le second a été piloté, devant un public conquis, par Sean Hannity, qui avait eu la bonté d’apparaître dans un de ses clips de campagne. Le locataire de la Maison Blanche est ressorti indemne d’un déluge de flatteries.

Lundi, jour férié, il avait défié sur un terrain de golf le sénateur de Caroline du Sud Lindsey Graham, qui l’a longtemps irrité par son indépendance d’esprit. M. Graham a annoncé à l’issue de la partie remportée par M. Trump un score record pour le président, ce qui a soulevé le sourcil de la revue Golf Magazine, plus que circonspecte. Un bon investissement au demeurant, le sénateur a été réinvité samedi.

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jeudi 12 octobre 2017

Israël emboîte le pas aux Etats-Unis et quitte l'Unesco

Après son retrait de la COP21 en juin, Washington continue de faire cavalier seul. Jeudi 12 octobre, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) a annoncé que les Etats-Unis quittaient ses rangs. "Cette décision n'a pas été prise à la légère, et reflète les inquiétudes des Etats-Unis concernant l'accumulation des arriérés à l'Unesco, la nécessité d'une réforme en profondeur de l'organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants", a précisé le département d'Etat américain dans un communiqué. Dans la foulée, Israël a annoncé qu'elle quittait également l'organisation.

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dimanche 8 octobre 2017

«Une seule» solution avec la Corée du Nord, dit Trump, sans préciser

trump et l'autre aerosol

New York - Le président américain Donald Trump a affirmé dans un message énigmatique posté samedi sur Twitter qu’«une seule chose marchera» avec la Corée du Nord, sans dire laquelle, deux jours après une autre déclaration mystérieuse.

«Les présidents et leurs administrations parlent à la Corée du Nord depuis 25 ans», a tweeté M. Trump. «Les accords passés et les montants massifs d’argent versés n’ont pas eu d’effet».

«Les accords ont été violés avant même que l’encre ne soit sèche», a-t-il poursuivi. «Désolé, mais il n’y a qu’une seule chose qui marchera », a conclu le milliardaire, sans autre détail.

Lors d’une réception jeudi à la Maison-Blanche, il avait déjà eu une phrase évasive, sans mentionner quoi que ce soit d’autre: « C’est peut-être bien le calme avant la tempête».

Il venait tout juste de participer à une réunion avec les principaux responsables militaires américains pour aborder les dossiers sensibles du moment, dont l’Iran et la Corée du Nord.

Interrogé vendredi sur cette déclaration, l’ancien promoteur immobilier a seulement répondu: «Vous verrez».

«Comme il l’a dit à de nombreuses occasions, le président n’annoncera jamais à l’avance» sa stratégie, a déclaré vendredi la porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Huckabee Sanders en réponse à une question sur le sujet.

Il y a une semaine, le secrétaire d’État Rex Tillerson avait confirmé l’existence de contacts entre les États-Unis et la Corée du Nord.

«J’ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux secrétaire d’État, qu’il perd son temps à négocier», avait rapidement réagi Donald Trump par le biais de son compte Twitter.

«Conserve ton énergie, Rex, nous ferons ce que nous devons faire», avait-il alors expliqué.

Depuis plusieurs mois, Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un se livrent à une escalade verbale, chacun ayant déjà brandi contre l’autre la menace d’une frappe nucléaire.

Lors de son premier grand discours au siège des Nations unies, mi-septembre, le président américain avait menacé de « détruire totalement » la Corée du Nord en cas d’attaque initiale de Pyongyang.

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lundi 2 octobre 2017

Pour Donald Trump, négocier avec la Corée du Nord est une « perte de temps »

Le président américain a tancé le secrétaire d’Etat Rex Tillerson qui avait déclaré, samedi, que des « lignes de communication » avec Pyongyang étaient ouvertes.

Le président américain, Donald Trump, a estimé, dimanche 1er octobre, que négocier avec la Corée du Nord était « une perte de temps », au lendemain de la révélation par Washington de « lignes de communication » avec Pyongyang.

« J’ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux secrétaire d’Etat, qu’il perd son temps à négocier avec le petit Rocket Man… » (l’homme-fusée), a-t-il tweeté, reprenant l’une de ses références moqueuses au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. «… Conserve ton énergie Rex, nous ferons ce que nous devons faire », a ajouté M. le locataire de la Maison Blanche.

Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, avait affirmé, samedi, lors d’un déplacement en Chine que Washington avait ouvert des « lignes de communication » avec Pyongyang pour « sonder » la volonté de la Corée du Nord d’engager des discussions sur son programme nucléaire.

« Nous avons deux ou trois canaux ouverts avec Pyongyang. (…) Nous pouvons leur parler, nous leur parlons », avait assuré aux journalistes M. Tillerson, alors que les deux pays n’entretiennent pas de relations diplomatiques.

Pyongyang n’a « aucun signe d’intérêt » pour des pourparlers

Le département d’Etat américain avait toutefois fait savoir peu après, par l’entremise de sa porte-parole Heather Nauert, que Pyongyang n’avait encore manifesté « aucun signe d’intérêt » pour des pourparlers « sur la dénucléarisation ».

Rex Tillerson s’est fait le chantre des « pressions pacifiques » sur la Corée du Nord, misant sur un durcissement des sanctions internationales contre ce pays et travaillant avec la Chine pour resserrer l’étau autour du régime de Kim Jong-un, alors que ce dernier et le président Donald Trump se livrent de leur côté à une surenchère verbale.

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vendredi 22 septembre 2017

Angela Merkel

angela merkel

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mercredi 20 septembre 2017

ONU : Macron défend une vision du monde aux antipodes de celle de Trump

macron onu

Par Marc Semo, New York, envoyé spécial -Le Monde

Le président français a notamment prévenu que dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien serait une « lourde erreur ».

Ce discours, Emmanuel Macron, plus encore qu’à son habitude, l’a travaillé et retravaillé, jusqu’au dernier moment. C’était sa première intervention à une Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies, et donc un moment fondateur de sa présidence. A Athènes, face à l’Acropole, il avait exposé, au début de septembre, sa vision de la démocratie et de l’Europe. Là, face aux représentants de cent quatre-vingt-treize pays, dont cent trente chefs d’Etat, réunis à New York mardi 19 septembre, le président français a exposé, sur un ton lyrique et passionné, une vision du monde opposée en tout point à celle avancée deux heures plus tôt par son homologue américain Donald Trump.

Elle se fonde avant tout sur le multilatéralisme, la concertation entre les nations, le respect des accords – celui de Paris sur le climat ou celui de Vienne sur le nucléaire iranien –, sur la primauté de l’action diplomatique pour résoudre les crises, y compris les plus préoccupantes, comme celle créée par la course à l’arme atomique de la Corée du Nord. M. Macron se pose aussi comme la voix des sans-voix, qu’il a énumérés dans une anaphore : Bana, la petite Syrienne d’Alep ; Ousman, le jeune Malien ; Kouamé, le migrant arrivé en Europe au péril de sa vie. Et tant d’autres.

« Partout où le multilatéralisme se dote des armes de son efficacité, il est utile », a argué le président français, regrettant que trop souvent « nous laissons s’installer l’idée que le multilatéralisme est une activité confortable pour diplomate assis et que nous sommes plus crédibles et plus forts en agissant de manière unilatérale ». L’allusion aux rodomontades du président américain, menaçant le « méchant régime » de la Corée du Nord d’une totale destruction ou contre l’Iran, est explicite ; même s’il ne nomme jamais le locataire de la Maison Blanche, avec qui il entretient des relations plutôt chaleureuses, sans pour autant cacher ses désaccords.

Vieux monde contre nouveau monde

C’est le vieux monde – centré sur les Etats, les rapports de puissance, la défense prioritaire des intérêts nationaux – contre le nouveau monde – interconnecté, mondialisé, conscient que les grands défis communs, la lutte contre le réchauffement climatique ou les développements, ne peuvent s’affronter qu’ensemble.

« Le monde multipolaire qui est aujourd’hui le nôtre nous oblige à réapprendre la complexité du dialogue mais aussi sa fécondité », a notamment souligné le chef de l’Etat, qui a appelé à la fin de ses trente-cinq minutes d’intervention – dix de moins que M. Trump – « à réconcilier notre intérêt et nos valeurs, notre sécurité et le bien commun de la planète ». Ces derniers sont les fondamentaux qui inspirèrent la naissance de l’Organisation des Nations unies au sortir de la seconde guerre mondiale. Les droits humains, la liberté et notamment celle de la presse. Il a appelé « à la désignation d’un représentant spécial des Nations unies pour la protection des journalistes dans le monde, car rien, ni le durcissement du monde, ne saurait justifier la réduction de cette liberté ».

Redonner du sens au projet onusien, c’est aussi œuvrer pour son adaptation aux nouvelles réalités. Tout en rappelant son soutien au projet ébauché par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, M. Macron a aussi insisté sur la nécessité d’une réforme du droit de veto au Conseil de sécurité « afin qu’il ne soit plus paralysé face aux massacres ».

L’anti-Trump

Point par point, sur la plupart des dossiers les plus chauds, le président français défend des positions aux antipodes de celles de M. Trump. Quand celui-ci insiste sur « l’Amérique d’abord », celui-là rappelle que « l’indépendance réside aujourd’hui dans l’interdépendance ».

A propos de la Corée du Nord, tout en soulignant l’urgence de bloquer le programme nucléaire d’un régime qui refuse de négocier, M. Macron insiste sur la pression des sanctions et le nécessaire engagement de Moscou et de Pékin, principaux partenaires économiques du régime, pour forcer Pyongyang à s’asseoir à la table des négociations. A la tribune, il a rappelé son opposition à l’escalade militaire, « parce que la carte montre toute la complexité d’une intervention militaire ».

DÉNONCER L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN SERAIT « UNE LOURDE ERREUR »

Même pragmatisme s’agissant de Téhéran. Dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien, comme menacent de le faire les Etats-Unis, serait « une lourde erreur », a lancé M. Macron, tout en laissant la porte ouverte à des discussions pour prolonger la portée du texte au-delà de 2025. « Notre engagement sur la non-prolifération a permis d’obtenir un accord solide, robuste, qui permet de vérifier que l’Iran ne se dotera pas de l’arme nucléaire. Le dénoncer aujourd’hui sans rien proposer d’autre serait une lourde erreur, ne pas le respecter serait irresponsable, parce que c’est un accord utile, essentiel à la paix », a-t-il dit.

Même opposition frontale à propos de l’accord de Paris sur le climat. « Cet accord ne sera pas renégocié, il nous lie (…), nous ne reculerons pas », a déclaré le président de la République, ajoutant qu’il « respect[ait] profondément la décision des Etats-Unis ». Et de souligner les effets déjà bien perceptibles et dévastateurs du réchauffement climatique. « Les plus fragiles sont les premières victimes, mais nous sommes tous frappés par l’emballement du climat », a-t-il expliqué, soulignant que « détricoter l’accord serait détruire un pacte entre les Etats et les générations ».

L’« échec collectif » en Syrie

Tragédie qui se poursuit depuis plus de six ans, la guerre de Syrie a été l’un des premiers sujets évoqués par M. Macron, qui a appelé la communauté internationale « à prendre acte de son échec collectif et à s’interroger sur ses méthodes ». Paris veut reprendre l’initiative dans ce dossier-clé, y compris pour la sécurité nationale, car « agir pour la paix en Syrie c’est agir pour le peuple syrien mais aussi contre le terrorisme islamique ».

L’idée est de relancer la recherche d’une solution politique, sur la base de la résolution 2254 des Nations unies de décembre 2015, en prenant l’initiative de mettre sur pied un « groupe de contact » entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité – Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie –, qui doivent se réunir jeudi à l’ONU au niveau ministériel. « La solution sera politique et non militaire », a insisté le président français qui, tout en revendiquant de ne plus faire du départ du président Bachar Al-Assad le préalable à de vraies négociations, a rappelé que celui qu’il a épinglé comme « un criminel » devrait rendre des comptes à la justice internationale. Sur ce dossier comme sur les autres, l’important est d’agir ensemble.

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Aux Nations unies, Donald Trump défend une souveraineté à géométrie variable

Par Gilles Paris, New York, envoyé spécial - Le Monde

Le président américain a violemment attaqué la Corée du Nord, l’Iran ou encore le Venezuela, dans son premier discours à l’Assemblée générale de l’ONU.

Donald Trump a parlé au monde, mardi 19 septembre. S’exprimant pour la première fois devant l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, il s’est efforcé de donner corps à ce qui pourrait constituer sa doctrine. Dans les affaires intérieures américaines, le trumpisme tel qu’il se dégage de premiers mois difficiles puise à plusieurs sources qui le singularisent par rapport aux administrations républicaines précédentes. La vision du monde exposée mardi, centrée sur l’exaltation de la « souveraineté », un terme répété vingt et une fois par le président, découle du même processus d’hybridation, très souvent au risque de la cohérence.

Face au National Mall, Donald Trump avait marqué les esprits lors de son discours d’investiture, le 20 janvier, par la noirceur du tableau dressé d’un « carnage américain ». Dans l’enceinte des Nations unies, il a récidivé en estimant que certaines régions étaient sur le point de « sombrer en enfer », et par la violence de ses attaques. Il n’est en effet pas courant qu’un Etat membre de l’ONU, a fortiori le plus puissant, menace de « détruire totalement » un autre pays devant ses propres représentants.

corée

Le « rocket man » nord-coréen et sa « mission suicide »

Le président Donald Trump a franchi ce pas en promettant de passer à l’acte si son pays est obligé un jour « de se défendre ou de défendre [ses] alliés » contre Pyongyang. M. Trump s’est d’ailleurs inspiré de ses messages agressifs publiés sur son compte Twitter pour estimer à propos de Kim Jong-un que ce dernier, qualifié comme dimanche de « rocket man » (homme-fusée) en allusion à la multiplication des essais balistiques, s’est engagé « dans une mission suicide ».

M. Trump s’est ensuite tourné vers l’Iran, autre « Etat voyou », qui figurait déjà comme la Corée du Nord dans « l’axe du mal » défini en 2002 par George W. Bush dans le contexte de la guerre contre le terrorisme. Dénonçant une « dictature » qui se défie de son propre peuple, le président a éreinté une nouvelle fois l’accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran, considéré comme « une honte ». « Nous ne pouvons pas respecter un accord s’il sert à couvrir l’éventuelle mise en place d’un programme nucléaire », a-t-il assuré alors que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) assure que le régime iranien respecte ses engagements.

Pivotant vers Cuba et surtout le Venezuela, dans un lointain écho à des propos qu’aurait pu prononcer Ronald Reagan au début des années 1980, le président a assuré que « partout où le socialisme ou le communisme ont été appliqués, ils ont apporté l’angoisse, la dévastation et l’échec ».

Face au climat de guerre civile qui paralyse ce pays d’Amérique latine et qui a précipité l’imposition de sanctions par Washington, « nous ne pouvons pas rester sans rien faire ». « En tant que voisin et ami responsable, nous devons avoir un but » : que les Vénézuéliens puissent « récupérer leur liberté, remettre le pays sur les rails et renouer avec la démocratie », a-t-il ajouté, en se disant prêt à « de nouvelles actions », sans en préciser la nature, pour le cas où le président vénézuélien, Nicolas Maduro, persiste dans la voie visant à « imposer un régime autoritaire ».

« Souveraineté », « sécurité », « prospérité »

Ces charges vigoureuses ont pu donner l’illusion d’une ambition de la part du président des Etats-Unis d’endosser le costume de « gendarme du monde » à rebours de la tentation isolationniste esquissée par son slogan de campagne « l’Amérique d’abord ». Elles ont masqué la réaffirmation, dans la continuité cette campagne, d’une vision du monde centrée sur la promotion de la « souveraineté » nationale, pilier avec « la sécurité » et « la prospérité » d’un ordre fondé sur « un grand réveil des nations ».

Cette défense de la souveraineté a conduit M. Trump à une critique à demi-mot de la Russie à propos de l’annexion de la Crimée et de Chine pour sa volonté d’hégémonie maritime. Cependant, Moscou et Pékin n’ont été nommément cités qu’à l’occasion d’un hommage à leurs votes en faveur de sanctions contre Pyongyang, en août et en septembre.

« En tant que président des Etats-Unis, je mettrai toujours l’Amérique en premier, tout comme vous, car les responsables de vos pays devront toujours mettre vos pays en premier », a-t-il assuré. « Améliorer les conditions de vie de nos peuples exige aussi que nous travaillions ensemble dans une étroite harmonie et une unité pour créer un avenir plus sûr et pacifique pour tout le monde », a poursuivi M. Trump, sans détailler comment la somme d’intérêts particuliers pourrait automatiquement favoriser le bien commun.

Lorsqu’il a évoqué le rôle des Nations unies dans la crise nord-coréenne, M. Trump a d’ailleurs eu une formule curieuse en demandant de voir comment « elles s’y prendront », comme si son pays n’en était pas l’un des principaux acteurs.

Les menaces agitées contre la Corée du Nord, l’Iran et le Venezuela ont prouvé que M. Trump pouvait avoir une conception à géométrie variable de ce principe de souveraineté, et se montrer sélectif dans la dénonciation des autoritarismes. Cette contradiction n’a pas été la seule, loin de là.

Un « réalisme basé sur les principes »

Le président qui n’a cessé de dénoncer le concept de « regime change » qui accroît selon lui l’instabilité internationale, l’a défendu pour ces mêmes pays, en le justifiant par des arguments (« l’oppression », « l’emprisonnement des réformateurs ») qui auraient trouvé toute leur place dans un discours prononcé par un néoconservateur. Il en a été de même avec la dénonciation de la présence au sein du Conseil des Nations unies pour les droits de l’homme de pays parmi les plus répressifs.

Le mépris manifesté mardi par le président des Etats-Unis à l’égard de l’accord sur le nucléaire iranien plaide plutôt pour qu’il refuse de certifier au Congrès que Téhéran respecte les termes de l’accord comme il doit le faire avant le 15 octobre, selon les termes d’une loi votée en 2015. Une telle remise en cause sans aval de l’AIEA ne pourra cependant qu’affaiblir le discours américain sur la nécessaire « dénucléarisation » par la négociation pourtant appelée de ses vœux par M. Trump.

De même, l’occupant du bureau Ovale s’est livré à un rappel vibrant du plan Marshall « bâti sur l’idée noble que le monde entier est plus sûr lorsque les nations sont fortes, indépendantes et libres » qui est apparu comme un éloge involontaire du « nation building ». Ce thème avait également été pris pour cible pendant la campagne au motif qu’il détournerait les États-Unis de l’impératif de « l’Amérique d’abord ».

Nul doute que l’accent mis sur la souveraineté trouvera un écho favorable aux Etats-Unis auprès de la base électorale du président. Cette dernière ne déplorera certainement pas son omission du dossier du climat, ou bien celle du sort de la minorité musulmane des Rohingya de Birmanie, qui aurait pu pourtant illustrer une formule de M. Trump à propos de la Corée du Nord : « Lorsque des peuples et des nations honorables deviennent des témoins passifs de l’histoire, les forces de destruction ne font que gagner en pouvoir et en force. »

Lors de son discours de Riyad, en Arabie saoudite en mai, M. Trump s’était fixé comme cap un « réalisme basé sur les principes ». Une formule répétée mardi, mais sans doute encore trop ondoyante pour espérer convaincre.

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mardi 19 septembre 2017

A la tribune de l'ONU, Trump menace de "détruire totalement la Corée du Nord" si les Etats-Unis sont "obligés de se défendre".

Donald Trump montre les muscles. Devant les dirigeants du monde réunis mardi 19 septembre à New York lors de l'Assemblée générale des Nations unies, Donald Trump a vivement critiqué le régime nord-coréen, qui multiplie les essais de missiles. Dans une allusion à Kim Jong-un, il a dénoncé "la mission-suicide de monsieur Missile", et a menacé de "détruire totalement la Corée du Nord" si les Etats-Unis ou un de ses alliés était visé par Pyongyang. 

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Religions « de paix » et « de guerre » en Birmanie

Par Jean-Pierre Filiu, Professeur des universités à Sciences Po

La tragédie des Rohingya de Birmanie rappelle, s’il en était besoin, que le bouddhisme n’est pas plus une religion « de paix » que l’islam ne serait une religion « de guerre ».

Imaginons un pays fictif d’Asie dont la culture ancestrale et l’art de vivre nourriraient à l’étranger une fascination durable. Peuplé à plus de 90 % de musulmans, il aurait longtemps été dirigé par une junte militaire, inspirée des dictatures en place au Pakistan et au Soudan. Ce pays serait resté longtemps fermé au monde extérieur jusqu’à ce qu’une ouverture démocratique, très contrôlée par les généraux, s’opère progressivement. L’icône de cette transition aurait été surnommée la Sayyida, la Dame, tant cette fille d’un père de l’indépendance aurait su préserver une inébranlable résistance durant les années les plus sombres de la répression.

Honorée du prix Nobel de la Paix, la Sayyida aurait aussi été célébrée dans une production hollywoodienne, réalisée par un cinéaste français, où son rôle aurait été tenu par une star de Bombay. Son immense prestige n’aurait cependant pas fait taire les critiques croissantes de son autoritarisme, et surtout de sa soumission aux diktats des militaires. Ceux-ci ne lui auraient concédé que le titre de « conseillère spéciale de l’Etat » et la direction de fait, et non en droit, du gouvernement. La Sayyida en serait venue à cautionner l’acharnement de la soldatesque locale contre la minorité bouddhiste, d’abord privée de ses droits à la nationalité, puis victime d’une politique systématique d’épuration ethnique. Le monde entier se serait naturellement dressé contre une telle infamie.

Deux poids deux mesures

Ce pays mythique restera une fiction, alors que la tragédie birmane est bien réelle. Mais imaginons un instant le tonnerre de protestations qui aurait accompagné les persécutions aujourd’hui infligées en Birmanie, si celles-ci avaient été menées par des musulmans, toujours soupçonnés de violence, à l’encontre de bouddhistes, spontanément crédités de pacifisme. La Sayyida n’existe pas, c’est Luc Besson qui a mis en scène la « Lady » sous les traits de Michelle Yeoh. Mais Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la Paix en 1991, assume aujourd’hui à la face du monde la responsabilité des massacres perpétrés à l’encontre des musulmans de Birmanie. Elle ne couvre pas tacitement les crimes des militaires birmans, elle dénonce la « désinformation » de ceux qui les dénoncent, au point d’annuler un déplacement prévu à l’ONU.

Notre monde s’est habitué, depuis Sarajevo et Grozny, à ce que les massacres de musulmans laissent de marbre des consciences qui s’émeuvent légitimement face à d’autres violations massives des droits de l’homme. La lutte contre le « terrorisme islamiste » est bien commode pour justifier des indignations aussi sélectives. Oui, l’Armée du Salut des Rohingya du Arakan (ARSA) a ouvert cette crise, le 25 août, en menant des attaques coordonnées contre les forces birmanes de sécurité. Non, la Birmanie, confrontée pourtant depuis des décennies à différentes guérillas ethniques, n’a jamais vu un tel acharnement contre une population civile assimilée aux « terroristes » et traitée comme telle. Oui, l’ARSA a proclamé un cessez-le-feu dès le 30 août, que l’armée birmane a balayé pour mieux expulser en masse les Rohingya vers le Bangladesh. Non, la « désinformation » n’est pas à sens unique, elle est largement pratiquée par les uns comme les autres.

Une tragédie terriblement prévisible

L’engrenage menant à la crise actuelle remonte au moins à 2012, quand une vague de troubles a frappé la province birmane d’Arakan/Rakhine, frontalière du Bangladesh. Les Rohingya, qui représenteraient le tiers de la population de cette province, ont dès lors été la cible d’une politique discriminatoire en Birmanie même, tandis que les civils réfugiés au Bangladesh se voyaient interdire le retour dans leur pays natal. Une attaque menée par un obscur groupe Yakin, en octobre 2016, a entraîné une nouvelle vague de répression et d’expulsions. C’est ce groupe Yakin, devenu depuis l’ARSA, qui a déclenché, nous l’avons vu, la tragédie en cours.

J’avais, en février dernier, mis en garde contre l’abcès de fixation djihadiste que pourrait rapidement constituer la Birmanie si rien n’était fait pour traiter au niveau local et politique ce qui est fondamentalement un problème politique et local. L’ARSA continue d’avoir la Birmanie, et la Birmanie seule, pour horizon, tandis que la propagande djihadiste tente de se saisir de la tragédie des Rohingya au profit, entre autres, d’une implantation plus solide de Daech en Asie du Sud-Est. Il est certain que la zone frontalière entre le Bangladesh et la Birmanie fournirait des possibilités infinies à des réseaux transnationaux, que personne n’a encore signalés sur ce théâtre.

Le dalaï-lama et Kofi Annan

Barbet Schroeder, dans son récent documentaire Le Vénérable W, a jeté une lumière crue sur le courant extrémiste qui, au sein du bouddhisme birman, prône une haine féroce à l’encontre des musulmans. Le Dalaï-Lama a jugé de tels débordements assez dangereux pour proclamer récemment que « Bouddha aurait aidé ces pauvres musulmans ». Une confrontation religieuse est donc tout sauf inévitable. D’autant que le Bangladesh, troisième pays musulman le plus peuplé du monde, est loin d’épouser la cause des Rohingya, qu’il voudrait surtout détourner de son territoire. Le Bangladesh, qui a atrocement souffert lors de sa guerre d’indépendance de 1971 contre le Pakistan, ne nourrit aucune illusion sur les limites de la solidarité « islamique ».

Il n’est peut-être pas trop tard pour éviter une nouvelle escalade dont ne pourraient profiter que les réseaux djihadistes. Le rapport remis à Aung San Suu Kyi, le 23 août, par Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, et lui aussi prix Nobel de la Paix, fournit toutes les recommandations nécessaires en vue d’une solution durable de la crise dans la province birmane de Rakhine/Arakan. Mais la majorité bouddhiste de Birmanie doit enfin accepter que les musulmans de ce pays ne sont pas des citoyens de seconde zone, voire des étrangers à pousser à l’exode. Cette crise, politique et non religieuse, a donc des enjeux qui dépassent de loin la Birmanie et le sort des Rohingya. Il serait temps d’en tirer toutes les conséquences.

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La Birmanie prête à organiser le retour des réfugiés rohingyas (Suu Kyi)

aung224La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi a assuré mardi que la Birmanie était "prête" à organiser le retour des plus de 410.000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh voisin, se disant "profondément désolée" pour les civils "pris au piège" de la crise.

"Nous sommes prêts à débuter la vérification" des identités des réfugiés, en vue de leur retour, a-t-elle déclaré dans l'enceinte du parlement, à Naypyidaw, la capitale birmane, dans un discours télévisé très attendu après plus de trois semaines de troubles dans l'ouest de la Birmanie.

"Nous condamnons toutes les violations des droits de l'homme", a ajouté Aung San Suu Kyi, sans citer l'armée, accusée d'incendier des villages et de tirer sur des civils.

L'ONU de son côté a parlé d'"épuration ethnique".

"Les forces de sécurité ont reçu des instructions" afin de "prendre toutes les mesures pour éviter les dommages collatéraux et que des civils soient blessés" lors de l'opération antiterroriste, a-t-elle encore dit.

"Nous sommes profondément désolés pour les souffrances de tous ceux qui se sont retrouvés pris au piège de ce conflit", a-t-elle ajouté, évoquant les civils ayant fui en masse au Bangladesh, mais aussi les bouddhistes ayant fui leurs villages dans la région.

"Nous ne voulons pas que la Birmanie soit divisée par les croyances religieuses", a-t-elle insisté, alors que l'opinion publique birmane est chauffée à blanc par les critiques internationales sur le sort des Rohingyas.

Les violences et discriminations contre les Rohingyas se sont intensifiées ces dernières années: traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90% bouddhiste, ils représentent la plus grande communauté apatride du monde.

Depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, ils sont soumis à de nombreuses restrictions: ils ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation, et ils n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics (écoles et hôpitaux).

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