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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

dimanche 10 décembre 2017

Macron reçoit Nétanyahou ce dimanche à Paris

Le premier ministre israélien sera reçu à l'Elysée pour un «déjeuner de travail». Le président français est le premier chef d'État a le recevoir depuis la reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d'Israël par Donald Trump.

Le rendez-vous était prévu depuis plusieurs semaines. Dimanche, à 14 heures, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou sera reçu à l'Elysée par Emmanuel Macron pour un «déjeuner de travail». Une visite qui tombe à point nommé, alors que Jérusalem est au centre des attentions, depuis que Donald Trump a décidé de reconnaître unilatéralement la ville trois fois sainte comme capitale de l'État hébreu.

C'est la seconde visite en France du premier ministre israélien. Il avait déjà été invité à Paris en juillet dernier pour commémorer la rafle du Vel d'Hiv. Cette fois, Nétanyahou est attendu en début d'après-midi au Palais pour un déjeuner de travail. Les deux responsables politiques feront ensuite une déclaration commune à 15h45.

Cette rencontre a été annoncée le 19 novembre, alors que les deux dirigeants avaient échangé par téléphone à propos de la crise au Liban. Mais la situation à Beyrouth devrait être éclipsée par la recrudescence des violences depuis la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem capitale d'Israël. Samedi encore, au moins deux Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza par des raids israéliens à la suite de tirs de roquettes. Des affrontements entre jeunes Palestiniens et forces de l'ordre israéliennes ont également eu lieu en Cisjordanie. Selon le Croissant-Rouge, 171 Palestiniens ont été blessés en Cisjordanie et 60 dans la bande de Gaza pendant la journée de samedi par des tirs ou des coups des forces de sécurité ou intoxiqués par inhalation de gaz lacrymogène.

La Ligue arabe a demandé à Washington de revenir sur sa décision quand le Fatah a appelé à poursuivre les manifestations.

À Paris, plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi contre la décision de Donald Trump. Ils étaient environ 400 place de la République à l'invitation des associations EuroPalestine et France Palestine Solidarité, d'après l'AFP. «Ce n'est pas Trump qui décide du droit international (...) Il n'y a pas de peuple élu!», a lancé Olivia Zemor d'EuroPalestine devant un public brandissant des drapeaux palestiniens.

À Lyon également, 300 personnes se sont rassemblées en bord de Rhône, en scandant «Palestine vivra, Palestine vaincra». «La décision de Donald Trump met le feu à la poudrière», a déclaré à l'AFP Jérôme Faynel président du Collectif 69 Palestine et organisateur du rassemblement lyonnais. «Il faut maintenant que l'Europe prenne l'initiative. Et la rencontre dimanche entre Emmanuel Macron et Benjamin Nétanyahou pourrait être une bonne occasion d'élever la voix», a-t-il ajouté.

Si pour Nétanyahou, mercredi a été un «jour historique», Emmanuel Macron a de son côté qualifié de «regrettable» la décision du président américain. Vendredi, au micro de France Inter, Jean-Yves le Drian a également déclaré que cette initiative était «contraire au droit international». «Nous la désapprouvons, et nous souhaitons vraiment que malgré tout cela le calme règne», a ajouté le ministre des affaires étrangères. Mais il a aussi affirmé que la France «ne pouvait agir seule» pour résoudre la crise.

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vendredi 8 décembre 2017

Chronique : « Trump a dégradé la démocratie américaine comme jamais et éreinté son image »

donald

Par Alain Frachon, éditorialiste au Monde

Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde » observe que ce président qui donne aux riches, cultive et exploite dans le même temps le désarroi des laissés-pour-compte face à l’immigration, à l’islamisme, à l’étranger.

On s’est habitué. On n’y prête plus attention. On clique, on tourne la page, on change de chaîne. On a banalisé Donald Trump. On oublie que cette personne qui trouve le temps de fouiller les sites de l’extrême droite raciste, qui scanne à plaisir les publications numériques des théoriciens du complot et autres suprémacistes blancs, est le président des Etats-Unis.

Il est à la tête de la plus puissante des démocraties de la planète. Il est responsable de l’image de la démocratie. Et c’est lui, le 45e président américain, qui s’attache ainsi à sélectionner soigneusement des vidéos bidon sur lesdits sites, puis à les diffuser aux 43 millions de fidèles de son fil Twitter !

La presse interroge les porte-parole de la Maison Blanche : comment Trump est-il tombé sur ces montages vidéo destinés à discréditer les musulmans du monde entier ? Réponse : le président fait lui-même ses recherches. Ces derniers jours ont pourtant été chargés. Ils ont vu la semaine du 27 novembre au 3 décembre s’achever sur le vote par le Sénat de la plus grosse baisse d’impôts que les Etats-Unis ont connue depuis le milieu des années 1980. Apparemment, les deux événements n’ont rien à voir. Pourtant, ces journées-là représentent la quintessence du trumpisme.

Commençons par l’insulte faite au Royaume-Uni et aux musulmans. Patouillant dans le fumier des sites de l’ultra-droite raciste, Donald Trump sélectionne trois vidéos de Britain First – groupuscule britannique surveillé de près par Scotland Yard et spécialisé dans les provocations anti-islamiques.

Visions hallucinées

On imagine la scène : le successeur d’Abraham Lincoln cliquant sur trois montages racistes – ils sont censés montrer des musulmans agressant des non-musulmans – puis assurant leur diffusion. Il s’agissait de faux et d’images éditées hors de leur contexte.

Londres a protesté, Trump ne s’est pas excusé. Sa porte-parole, Sarah Huckabee Sanders, a défendu le président : il a voulu attirer l’attention sur la violence islamiste. Cela l’autorise à détourner des images. Elle n’a pas précisé d’où le président avait opéré : de ses appartements privés, du bureau Ovale de la Maison Blanche ? Peu importe. Trump est dans son univers : mentir, manipuler, monter une communauté contre l’autre, diviser.

Dans son édition d’octobre, le mensuel Vanity Fair cherche à comprendre. Il interroge cinq historiens. A qui peut-on comparer Trump ?

La Maison Blanche a déjà connu quelques scènes exotiques – du républicain Richard Nixon sombrant dans le cognac lors du scandale du Watergate, au démocrate Bill Clinton baissant son pantalon devant une stagiaire. Mais des menteurs compulsifs obsédés par leur propre personne, des egos dérangés passant de l’auto-adulation à l’auto-commisération, des hommes en proie à des visions hallucinées – Trump a vu des « milliers de musulmans » massés sur le pont de Brooklyn pour applaudir les attentats du 11 septembre 2001, des titulaires d’un QI incertain mais convaincus de leur supériorité intellectuelle, non, il n’y en a pas eu, disent les historiens.

Une réforme fiscale de nature religieuse

Les élus républicains ont pris la responsabilité historique de soutenir cet homme. A la sauvette, les 52 sénateurs du « Grand Old Party » lui ont donné, le 2 décembre, sa première victoire : le vote – qui sera confirmé par la majorité républicaine à la Chambre – de la réforme de la fiscalité. Il organise un énorme transfert de richesse au profit des entreprises et des plus riches des Américains. Il abaisse le taux de l’impôt sur les sociétés (de 35 % à 22 % ou 20 %) afin, notamment, de lutter contrer la délocalisation fiscale. L’Etat compensera la baisse de ses revenus en taillant dans les dépenses sociales.

Ce vote est de nature religieuse. Il obéit à un article de foi républicain : toute baisse d’impôt est dictée par Dieu. Surtout quand elle soulage les riches parce qu’ils redistribueront, sous forme d’investissements et de hausses des salaires, l’argent ainsi récupéré.

Cela s’appelle la théorie du ruissellement. Elle ne s’est jamais avérée et les économistes la rangent sous l’étiquette de « l’économie vaudoue ». Outre que la réforme se traduira par une hausse substantielle de la dette américaine, elle va manifestement à l’encontre des intérêts d’une partie de l’électorat trumpiste.

Trump s’est fait élire sous la bannière de la révolte sociale. Il est le défenseur des laissés-pour-compte de la mondialisation. Il s’affiche comme le porte-parole des « petits Blancs », privés de leur emploi, de leur dignité, de leur santé, par l’accélération libre-échangiste et technologique de ces trente dernières années.

Concilier populisme et politique économique

Seulement voilà, Trump est l’élu d’un parti républicain qui s’est donné pour tâche de démolir l’Etat social rooseveltien, qui démonise l’impôt, l’assurance-santé et l’expansionnisme de l’Etat fédéral. Richissime promoteur immobilier, Trump s’est volontiers converti au catéchisme républicain. Mais il doit en permanence résoudre cette contradiction : concilier son populisme avec sa politique économique.

C’est là qu’intervient son activisme quotidien sur Twitter. Trump sait qu’une partie de la révolte sociale est d’origine culturelle. Contre l’élitisme libertaire du Parti démocrate, les républicains ont su gagner une partie de l’électorat populaire.

Trump entretient cette tradition. Il cultive, et exploite, le désarroi de l’opinion face à l’immigration, à l’islamisme, à l’étranger – déployant ce discours victimaire d’une Amérique malmenée par tous les maux de l’époque.

Pour le moment, ça marche. Les historiens peuvent dire, avec raison, que cet homme a dégradé la démocratie américaine comme jamais et éreinté son image dans le monde entier. Il reste cette réalité : le noyau dur électoral du trumpisme tient bon, régulièrement revitalisé par les tweets du patron.

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jeudi 7 décembre 2017

Au pouvoir depuis 1999, Vladimir Poutine annonce être candidat à un quatrième mandat de président russe en mars 2018

Ce n'est pas vraiment une surprise : le président russe Vladimir Poutine sera candidat à sa réelection, lors du scrutin présidentiel organisé en mars 2018. Il l'a officialisé mercredi 6 novembre. S'il était élu, il entamerait son quatrième mandat de chef de l'Etat, un poste qu'il occupe depuis le 31 décembre 1999, et qu'il n'a quitté que quatre ans entre 2008 et 2012. Il était alors devenu Premier ministre pour échapper à la limite de deux mandats consécutifs.

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Jérusalem : le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence vendredi matin après la décision de Donald Trump

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira en urgence vendredi matin après la décision de Donald Trump de reconnaître "officiellement Jérusalem comme capitale d'Israël", a annoncé la présidence japonaise de l'instance, dans la nuit du mercredi 6 décembre au jeudi 7 décembre

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mercredi 6 décembre 2017

Donald Trump reconnaît officiellement "Jérusalem comme la capitale d'Israël",

trump

Donald Trump reconnaît officiellement "Jérusalem comme la capitale d'Israël", une décision qui aura des "conséquences dangereuses" selon les Palestiniens

"Le moment est venu de reconnaître officiellement Jérusalem comme la capitale d'Israël", a déclaré Donald Trump, mercredi 6 décembre, depuis la Maison Blanche, à Washington (Etats-Unis). Une décision qui aura des "conséquences dangereuses", avait mis en garde l'Autorité palestinienne à la veille de cette officialisation.

Des Palestiniens brûlent un portrait du président américain Donald Trump lors d'une manifestation à Bethléem, en Cisjordanie, le 6 décembre. Les mises en garde, au Proche-Orient comme en Europe, n'auront servi à rien. Donald Trump l'a annoncé, mardi 5 décembre, à plusieurs dirigeants de la région : il compte toucher au symbole politique et religieux, hautement inflammable, que représente Jérusalem, en reconnaissant cette ville comme la capitale d'Israël. -- Photo : Mahmoud Illean / AP (@ap.images) -- Lire notre article : http://lemde.fr/2zRL0Lk -- #Trump #Israel #Capitale #Jerusalem #Annonce



415 Likes, 8 Comments - Le Monde (@lemondefr) on Instagram: "Des Palestiniens brûlent un portrait du président américain Donald Trump lors d'une manifestation à..."

 

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mardi 5 décembre 2017

Turquie : ouverture de grands procès contre des centaines d’universitaires

Par Marie Jégo, Istanbul, correspondante - Le Monde

Des enseignants sont poursuivis pour « terrorisme » pour avoir signé une pétition favorable à la reprise de pourparlers de paix entre le gouvernement et les Kurdes.

Des centaines d’universitaires ont été appelés à comparaître mardi 5 décembre devant des tribunaux à travers toute la Turquie pour répondre d’accusations de « terrorisme ». Les premières audiences de ces procès ont débuté à Istanbul, où d’éminents professeurs des universités de Galatasaray, de Marmara et d’Istanbul, sont jugés. D’autres procès débuteront plus tard.

Leur crime ? Avoir signé une pétition favorable à la reprise du processus de paix dans le sud-est du pays, à majorité kurde, ce qui fait d’eux de présumés suppôts du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre l’Etat turc depuis 1984. Ils risquent jusqu’à sept ans et demi de prison.

En janvier 2016, alors que les hostilités entre le PKK et les forces régulières d’Ankara faisaient rage à nouveau dans les régions kurdes du sud-est du pays, 1 128 enseignants rattachés à différentes universités du pays choisirent d’apposer leur signature sous un texte qui dénonçait « les violations des droits de l’homme », réclamait « la levée des couvre-feux » dans les villes assiégées par les forces spéciales, et demandaient l’accès des lieux à des « observateurs nationaux et internationaux », ainsi que la reprise des pourparlers de paix entre le gouvernement turc et la rébellion kurde.

« Propagande en faveur du PKK »

Aux yeux des autorités, ce geste équivaut à un acte de « propagande en faveur du PKK ». Les universitaires « savaient ce qu’ils faisaient » en le signant, dit l’acte d’accusation émis contre eux. Pourtant, le droit à la libre expression est mentionné dans l’article 26 de la Constitution du pays.

Dès 2016, des mesures administratives — limogeages, non-renouvellements de contrat — ont été prises à l’encontre de 885 d’entre eux. Quatre signataires, assez audacieux pour confirmer publiquement leur attachement à l’esprit de la pétition, furent jetés en prison. Remis en liberté provisoire depuis, ils sont toujours en jugement. Sur les 1 128 signataires, moins de 500 sont restés en Turquie, les autres sont partis à l’étranger pendant qu’il en était encore temps.

Pour Aysen Uysal, professeure de sciences politiques à l’université du 9-Septembre, à Izmir, et signataire de la pétition, plus question de voyager. Le 28 juin, elle et onze de ses collègues, tous signataires, ont reçu une lettre du recteur leur signifiant leur mise à pied. Enseignante depuis douze ans dans cette université, Aysen Uysal était loin de s’attendre à pareil traitement. « Avant cela, mes relations avec la direction de l’université étaient tout à fait normales. J’étais même plutôt bien vue, entre autres pour avoir permis de nombreux échanges d’étudiants dans le cadre du programme Erasmus. »

Son passeport a été annulé, elle ne peut plus quitter la Turquie. « J’avais des colloques à l’étranger, un cours à donner en Suisse, un jury de thèse à Aix-en-Provence le 6 février 2018, mais il m’est impossible de m’y rendre », déplore la jeune enseignante, parfaitement francophone. Sa mise à l’écart a été brutale. « Je travaillais normalement, je corrigeais des copies, je dirigeais des thèses, quand j’ai reçu cette lettre. Je n’en suis pas revenue. La porte de mon bureau a été verrouillée, mon accès au campus a été bloqué. »

Passeports confisqués

Depuis leur limogeage, les universitaires sont devenus des parias. Mis au ban de la société, ils ne peuvent ni espérer trouver du travail en Turquie ni refaire leur vie ailleurs, leur passeport ayant été confisqué. Les collègues qui ne sont pas concernés par ces mesures fuient les signataires de la pétition. « Visiblement, ils ont peur et préfèrent se tenir à distance de crainte de perdre leur statut », explique Aysen Uysal.

En fin de semaine dernière, elle n’avait toujours pas reçu sa convocation au tribunal. « Ce côté imprévisible est une autre forme de répression. La seule certitude est que l’état d’urgence [imposé après le coup d’Etat raté du 15 juillet 2016 et régulièrement reconduit depuis] est la porte ouverte à tous les abus, il n’y a plus de droits. » Avec ses collègues, elle a quand même déposé un recours auprès d’un tribunal administratif pour contester leur mise à pied.

Seule consolation, un élan de solidarité existe entre les enseignants signataires de la pétition. « Ceux qui travaillent aident les autres, le syndicat Egitim-Sen [gauche] organise une caisse de secours, ce qui permet aux plus démunis de survivre et à nous tous d’espérer que, un beau jour, ce cauchemar prendra fin. »

Par ailleurs, un tribunal d’Ankara a condamné, vendredi 1er décembre, Nuriye Gülmen, une universitaire en grève de la faim depuis mars pour contester son limogeage, à six ans et trois mois de prison pour appartenance au DHKP-C, un groupuscule d’extrême gauche classé « terroriste » par Ankara. La cour a ordonné sa remise en liberté conditionnelle dans l’attente de son jugement en appel. Le juge a en revanche abandonné les charges contre Semih Özakça, un autre enseignant jugé dans la même affaire.

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vendredi 1 décembre 2017

Abattre un missile nord-coréen ? Une option risquée pour les Etats-Unis

Par Harold Thibault - Le Monde

Washington a les moyens de frapper un engin en vol. Mais cette éventualité pose des problèmes légaux, stratégiques et techniques.

La multiplication des tirs de missiles nord-coréens – une vingtaine depuis le début de l’année dont trois de type intercontinental – est un défi aux injonctions américaines. Avec la nouvelle provocation de Pyongyang, mercredi 29 novembre, l’exaspération se fait ressentir. Un représentant républicain de Californie, Dana Rohrabacher, lançait ainsi en septembre :

« J’espère que la prochaine fois que les Nord-Coréens tireront un missile, particulièrement s’il survole notre allié le Japon, nous l’abattrons pour envoyer un message aux Nord-Coréens ainsi qu’aux peuples, comme le Japon, qui comptent sur nous. Tant que nous ne démontrons pas notre volonté d’employer la force, il n’y a aucune raison pour eux d’y croire. »

La doctrine américaine n’a pas fondamentalement changé pour l’heure. « La position actuelle est de s’attaquer à un missile s’il pose une menace », résume Ian Williams, chercheur au Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) à Washington. C’est d’ailleurs ce qu’a souligné le secrétaire américain à la défense, James Mattis, lorsque la presse lui a demandé la raison pour laquelle les Etats-Unis n’ont jusqu’à présent pas intercepté les tirs de Pyongyang. « D’abord, ces missiles ne menacent aucun d’entre nous directement », avait répondu M. Mattis, le 19 septembre, ajoutant que si un de ces vecteurs constituait un danger pour les Etats-Unis ou le Japon, « cela susciterait une réponse différente de notre part ».

Une interception créerait un précédent

Mais un débat semble s’être installé, ou du moins le Pentagone veut-il en donner le sentiment, ce qui laisse planer le doute. Un responsable de l’administration Trump, sous couvert de l’anonymat, s’est demandé, interrogé par CNN, si le programme balistique nord-coréen n’était pas devenu une « menace inhérente ». Une qualification qui serait de nature à convaincre la défense américaine d’intercepter un missile, « même si sa trajectoire n’indique pas qu’il va frapper les Etats-Unis ou ses alliés ».

Au premier abord, l’idée de réaliser un geste fort en abattant un missile nord-coréen peut sembler tentante à l’armée américaine. « Ce serait un signal, le reste n’ayant pas marché, et cela démontrerait la capacité de nos systèmes à ceux qui sont sceptiques », relève M. Williams, du CSIS. Mais ce dernier ajoute que les arguments contre sont nombreux. A commencer par la question de la suite des opérations. Une interception créerait un précédent, mais que faire lors du tir suivant ? Les systèmes d’interception sont conçus comme un filet temporaire, pour faire face à une première frappe, le temps ensuite pour l’aviation de tenter de détruire les sites de tir clés, mais certainement pas comme des outils de blocage systématique.

La légalité d’une telle frappe au regard du droit international serait par ailleurs discutable. « Envoyer un missile dans l’océan, dans une zone où il n’y a rien autour, comme le fait la Corée du Nord, ne constitue pas un acte de guerre », souligne Joshua Pollack, chercheur à l’Institut Middlebury d’études internationales et rédacteur en chef de la Nonproliferation Review.

C’est le même raisonnement du côté du Japon, contraint au pacifisme par sa Constitution de 1947. Certains tirs atterrissent dans sa zone économique exclusive, la ligne des 200 milles nautiques depuis la côte à l’intérieur de laquelle un Etat est souverain en matière d’exploitation des ressources naturelles.

« Plus difficile qu’on l’imagine »

Le territoire de l’Archipel a été survolé à deux reprises cette année par les missiles nord-coréens mais à une altitude élevée (environ 550 km pour le tir du 15 septembre) indiquant, malgré le caractère anxiogène de l’opération, que le pays n’était pas la cible.

Mais dans un entretien au Financial Times en octobre, le ministre japonais de la défense, Itsunori Onodera, estimait :

« Que ce soit fait par le Japon ou un autre pays, je pense qu’abattre un missile balistique pourrait être interprété comme une action militaire. A moins que vous jugiez que c’est une attaque contre votre propre pays, il est difficile d’abattre de tels missiles. »

Les armées américaine et japonaise ont théoriquement la capacité technique d’abattre un tel missile mais c’est un jeu risqué – quelle serait la réaction de Pyongyang ? –, voire contre-productif. Il faudrait en effet, pour abattre un engin ne descendant pas vers le sol nippon ou américain, qu’un des navires dotés du système d’interception Aegis, des radars et batteries de missiles, s’approche dangereusement des côtes nord-coréennes et touche le missile en phase ascendante.

Quant à intercepter le missile en phase descendante, il faudrait pour cela qu’un bâtiment américain se positionne au large dans le Pacifique et non à proximité du Japon ou d’autres îles relevant des intérêts américains. « Cela reviendrait à soustraire des ressources employées à la protection de l’Archipel pour une zone du Pacifique où il n’y a que du poisson, résume M. Pollack. L’interception est bien plus difficile qu’on l’imagine. »

Enfin, le risque d’un échec ne peut être exclu. En juin, l’armée américaine avait procédé à un test d’interception avec un missile SM-3 depuis le destroyer USS John Paul Jones au large d’Hawaï. Le radar à bord avait bien identifié le missile cible, le SM-3 l’avait suivi mais n’était pas parvenu à l’atteindre. Une telle déconvenue face à un missile nord-coréen porterait un coup sévère à la crédibilité des sommations américaines.

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mercredi 29 novembre 2017

Minorité rohingya : Le pape François ne prononce pas le mot Rohingya en Birmanie

Par Cécile Chambraud, Rangoun, Naypyidaw, envoyée spéciale - Le Monde

Le pontife a appelé au « respect des droits de tous ceux qui considèrent cette terre comme leur maison » sans mentionner le nom de la minorité musulmane persécutée.

Le pape François a choisi de donner une chance au gouvernement d’Aung San Suu Kyi afin de favoriser la transition politique en Birmanie. En ne prononçant pas le mot Rohingya devant les autorités du pays, mardi 28 novembre, le chef de l’Eglise catholique a évité de braquer les militaires, qui conservent un poids institutionnel très important – un quart des sièges au Parlement et les ministères de la défense, de l’intérieur et des frontières – après avoir dirigé le pays pendant cinquante ans.

Pourtant, il a clairement évoqué le sort dramatique de cette minorité musulmane. Dans un discours très engagé, devant les représentants politiques et de la société civile, il a appelé les dirigeants birmans à « construire un ordre social juste, réconcilié et inclusif » qui garantisse « le respect des droits de tous ceux qui considèrent cette terre comme leur maison ».

Cette formule englobe les Rohingya, installés souvent depuis des générations dans l’Etat Rakhine, dans l’ouest de la Birmanie, mais auxquels l’Etat birman ne reconnaît pas le statut de minorité nationale et refuse la nationalité.

Depuis août, quelque 600 000 de ces apatrides ont fui vers le Bangladesh voisin, chassés par les agissements de l’armée, accusée par les Nations unies (ONU) et les organisations humanitaires de se livrer à un « nettoyage ethnique » à coup d’exécutions sommaires, de viols et de déplacements forcés de populations. La plupart des Birmans considèrent les Rohingya comme des immigrés et les dénomment des « Bengalis ».

« Tapisserie de différents peuples »

Le chef de l’Eglise catholique est entré dans le vif du sujet dès les premières heures de sa présence sur le sol birman, lundi. A peine était-il arrivé à Rangoun, le chef des forces armées, le général Min Aung Hlaing, devançait le calendrier prévu et venait lui rendre visite à l’archevêché, où le pontife est logé. Le général, accompagné de trois adjoints, pouvait ainsi s’entretenir avec son hôte avant que celui-ci ne rencontre la prix Nobel de la paix et de facto cheffe du gouvernement, mardi.

De cette brève rencontre, le porte-parole du Vatican, Greg Burke, a simplement dit qu’il avait « été question de la grande responsabilité des autorités du pays dans ces moments de transition » d’une dictature militaire vers la démocratie. Sur sa page Facebook, le militaire a pour sa part affirmé qu’il n’y avait pas de persécution ethnique ou religieuse dans son pays.

Juste avant de céder la parole au pape, mardi, dans la capitale Naypyidaw, Aung San Suu Kyi a elle aussi évoqué la situation en Arakan (l’ancien nom de l’Etat Rakhine). Comme à son habitude, elle a évité toute critique de la répression sanglante de l’armée, mais elle a donné acte à son hôte de son soutien.

« Parmi les nombreux défis qu’affronte notre gouvernement, la situation dans le Rakhine a le plus fortement attiré l’attention du monde. Au moment où nous affrontons des problèmes anciens, économiques et politiques, qui ont érodé la confiance et la compréhension, l’harmonie et la coopération, entre les différentes communautés du Rakhine, le soutien de notre peuple et de nos bons amis qui veulent seulement nous voir réussir dans nos efforts a été inestimable. »

Relevant que la Birmanie est « une riche tapisserie de différents peuples, langues et religions », Aung San Suu Kyi a affirmé que le but de son gouvernement est « de mettre en évidence la beauté de notre diversité et d’en faire notre force, en protégeant les droits, forgeant la tolérance, assurant la sécurité pour tous ». Elle n’a pas précisé si les Rohigya étaient compris dans ce « tous ».

135 minorités ethniques

Parlant juste après elle, et devant une assemblée qui comprenait aussi des militaires, le pape François a pressé les autorités de respecter les droits de l’Homme, dans un pays aux 135 minorités ethniques officielles et aux nombreuses guérillas locales. « Le processus ardu de construction de la paix et de la réconciliation nationale ne peut avancer qu’à travers l’engagement pour la justice et le respect des droits humains », a-t-il affirmé.

« L’avenir du Myanmar doit être la paix, une paix fondée sur le respect de la dignité et des droits de tout membre de la société, sur le respect de tout groupe ethnique et de son identité, sur le respect de l’Etat de droit et d’un ordre démocratique qui permette à chaque individu et à tout groupe – aucun n’étant exclu – d’offrir sa contribution légitime au bien commun. »

Le pontife argentin, qui doit rencontrer mercredi le haut-clergé bouddhiste, a tenu le même discours à d’autres acteurs essentiels de cette transition politique, à savoir les représentants des différentes religions. Depuis 2011, une partie du clergé bouddhiste (88 % de la population appartient à cette tradition) a joué un rôle important dans la radicalisation anti-musulmane, qui s’est traduite par des violences dès 2012. Les autres confessions, notamment chrétiennes, sont le plus souvent présentes dans les minorités ethniques (30 % de la population), dont certaines sont de longue date en conflit avec le pouvoir central.

Mardi matin, à Rangoun, lors d’une rencontre interreligieuse, François a exhorté à l’acceptation des différences dans un pays aussi complexe. « L’unité n’est pas l’uniformité, a-t-il fait valoir. Nous sommes tous différents et chaque confession a ses richesses à offrir. Et on ne peut le faire que si on vit en paix. Et la paix se construit au cœur des différences. »

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Pyongyang affirme être un Etat nucléaire capable de frapper le continent américain

bombes

La Corée du Nord a testé mardi un nouveau type de missile balistique, brisant net la pause des essais observée depuis plus de deux mois. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira en urgence mercredi.

La Corée du Nord a affirmé, mercredi 29 novembre, avoir réalisé son objectif, devenir un Etat nucléaire, après avoir testé avec succès un nouveau missile intercontinental qui met « la totalité du continent américain » à sa portée.

Ce tir – le premier depuis le 15 septembre – anéantit les espoirs d’une trêve qui aurait pu ouvrir la porte à une solution négociée à la crise suscitée par le programme nucléaire et balistique du régime nord-coréen.

« Le système d’armes de type ICBM Hwasong-15 est un missile intercontinental équipé d’une ogive lourde extra-large capable de frapper la totalité du continent américain », a affirmé l’agence officielle nord-coréenne KCNA. Le développement de cet armement protègera le pays de « la politique de chantage et de menace des impérialistes américains », a-t-elle ajouté.

Pyongyang doit encore démontrer qu’il maîtrise la technologie de rentrée des ogives dans l’atmosphère depuis l’espace. Mais les spécialistes estiment que la Corée du Nord est sur le point de développer une capacité de frappe intercontinentale opérationnelle

Réunion en urgence du Conseil de sécurité

Le tir a eu lieu à Pyongsong, dans le sud de la province de Pyongan, aux alentours de 18 h 17 GMT (19 h 17 à Paris). L’engin a survolé la mer du Japon, précise l’armée sud-coréenne, disant avoir elle-même procédé à un test de missile en réponse à cette « provocation ».

Mardi soir, le président américain, Donald Trump, a réagi à ce nouveau tir dans une déclaration forte mais, mais évasive, à la Corée du Nord, en promettant : « On va s’en occuper. » Quelques heures plus tard, la Maison Blanche a publié sur Twitter une image de M. Trump en conversation téléphonique avec le premier ministre japonais Shinzo Abe à propos du tir de missile.

Une réunion en urgence du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) sur la Corée du Nord, demandée par Washington, Tokyo et Séoul, se tiendra mercredi vers 21 h 30 GMT, a par ailleurs annoncé mardi la mission américaine auprès de l’ONU.

Plus haute altitude

Selon des analystes du Pentagone, il s’agit d’un missile balistique intercontinental, qui a parcouru un millier de kilomètres avant de retomber en mer. L’engin ne représentait une menace ni pour les Etats-Unis ni pour leurs alliés.

Toutefois le ministre américain de la défense, Jim Mattis, a dit que ce tir avait atteint la plus haute altitude de tous ceux effectués par Pyongyang et qu’il représentait « une menace partout dans le monde ». Il a ajouté que les militaires sud-coréens avaient tiré des missiles de précision en mer pour « s’assurer que la Corée du Nord comprend bien qu’elle peut être prise sous le feu de notre allié ».

D’après la chaîne de télévision japonaise NHK, qui cite le ministère japonais de la défense, le missile nord-coréen pourrait s’être abîmé dans la zone économique exclusive de l’Archipel.

Ce tir a eu lieu huit jours après la décision de Washington de réinscrire la Corée du Nord sur la liste noire des « Etats soutenant le terrorisme », un geste qualifié de grave provocation par Pyongyang.

Donald Trump était au Congrès au moment du tir, « et il a été informé de la situation en Corée du Nord tandis que le missile était encore en vol », a dit Sarah Sanders, la porte-parole de la Maison Blanche. Le Pentagone dit quant à lui avoir « détecté un probable tir de missile en Corée du Nord ». « Nous sommes en train d’évaluer la situation et fournirons plus de détails quand nous en aurons », ajoute-t-il.

Options diplomatiques sur la table

Dans la soirée, le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, a déclaré que les « options diplomatiques » pour résoudre la crise nucléaire avec la Corée du Nord restaient « sur la table, pour l’instant ». Dans une déclaration lue par sa porte-parole à Washington, il a appelé la communauté internationale à « prendre de nouvelles mesures » au-delà des sanctions déjà adoptées par le Conseil de sécurité de l’ONU, « y compris le droit d’interdire le trafic maritime transportant des biens vers et de la Corée du Nord ».

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a qualifié le tir « d’acte violent » qui « ne peut pas être toléré ». Il a ajouté dans la soirée : « Nous ne céderons jamais à aucun acte de provocation. Nous renforcerons notre pression » sur Pyongyang.

En alerte

L’agence de presse japonaise Kyodo rapportait lundi soir que le gouvernement nippon était en alerte après avoir capté des signaux radio suggérant qu’un tir de missile pourrait avoir lieu dans les prochains jours. Séoul avait fait état, mardi, de signes d’activité sur une base de missiles nord-coréenne.

La Corée du Nord, qui avait procédé à des tirs deux ou trois fois par mois depuis avril, avait suspendu ses essais depuis le 15 septembre, après avoir envoyé une roquette qui était passée au-dessus de l’île de Hokkaido, dans le nord du Japon.

L’absence de test de missile depuis avait suscité l’espoir que le durcissement des sanctions de l’ONU portait ses fruits. D’autant que les Etats-Unis ont incité le reste de la communauté internationale à prendre des mesures unilatérales. Washington a notamment demandé à la Chine, principal soutien économique de Pyongyang, de lâcher définitivement son voisin. Donald Trump s’est montré confiant à cet égard après sa récente visite à Pékin, en dépit du scepticisme de nombre d’observateurs.

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Corée du Nord : et si Trump ripostait ? #cdanslair 29.11.2017

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