Partager sur Face Book

Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mercredi 22 mars 2017

Attentat à Londres

Posté par jourstranquilles à 19:43 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 20 mars 2017

Entre l’UE et la Turquie, le divorce indicible

Par Cécile Ducourtieux, Bruxelles, bureau européen, Jean-Pierre Stroobants, Bruxelles, bureau européen

Malgré les tensions, les Européens ne veulent pas rompre avec Ankara, afin de préserver l’accord migratoire.

Un an après l’accord du 18 mars 2016 destiné à stopper les flux de migrants transitant par la Turquie, que Bruxelles avait alors salué comme un nouveau départ dans ses relations avec Ankara, l’Union européenne (UE) et la Turquie sont au bord de la rupture. Et les Européens se demandent s’ils pourront supporter longtemps encore les outrances et les provocations du président turc Recep Tayyip Erdogan sans mettre définitivement fin au processus d’adhésion d’Ankara, dont les négociations ont commencé en 2005 et qui traînent depuis en longueur.

La ligne rouge a été largement franchie après que le président Erdogan a récemment traité de « nazis » les dirigeants allemands et néerlandais qui avaient fait annuler des meetings de ses ministres entendant faire campagne pour son référendum – prévu le 16 avril, il doit renforcer considérablement ses pouvoirs. Dans la foulée, le ministre turc de l’intérieur, Süleyman Soylu, a averti, jeudi 16 mars, que son pays pourrait laisser passer 15 000 réfugiés par mois vers l’Europe. La veille, son collègue des affaires étrangères, Mevlüt Çavusoglu, menaçait de « mettre fin unilatéralement » à l’accord sur les migrants.

Comparée à l’outrance des propos turcs, la réaction des Européens reste modérée. « Des comparaisons avec le nazisme ou des déclarations agressives contre l’Allemagne ou d’autres Etats membres sont inacceptables », ont affirmé François Hollande et Angela Merkel, jeudi 16 mars. Certes, il n’est plus question d’organiser un sommet UE-Turquie au printemps pour lancer une modernisation de l’accord douanier entre les deux parties – qui date de 1995 –, alors que les Européens l’avaient envisagé fin 2016 dans un geste de conciliation vis-à-vis d’Ankara.

« Ambiguïté »

Les dirigeants de l’Union refusent toutefois de dénoncer officiellement le processus d’adhésion de la Turquie. Les discussions, brièvement relancées en juin 2016 avec l’ouverture d’un nouveau chapitre – sur les questions budgétaires –, sont complètement gelées depuis l’automne. Un diplomate bruxellois résume le point de vue des Européens : « Comme disait le cardinal de Retz, on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens. » Malgré les accusations de M. Erdogan, reprochant à l’UE de ne pas l’avoir suffisamment soutenu après la tentative de coup d’Etat de mi-juillet 2016, puis de ne pas libéraliser assez vite les visas pour les Turcs (contrepartie attendue de l’accord sur les migrants), les Européens restent stoïques. Ils refusent de donner des arguments à un président islamo-conservateur qui semble s’être définitivement détourné de l’Union.

« Les discussions d’adhésion sont au point mort, et le pouvoir turc ne veut manifestement plus se rapprocher de nous. Est-il, dès lors, intelligent de les dénoncer officiellement, alors que cela va inciter Erdogan à diaboliser encore plus l’Union ? Cela n’améliorerait en rien la situation », explique un diplomate européen. Le vieil argument selon lequel il faudrait maintenir les négociations d’adhésion pour ne pas décourager les Turcs pro-européens, alors qu’une partie de la population subit de sévères purges après le coup d’Etat de juillet 2016, continue aussi de porter.

Les Européens, particulièrement les Allemands, n’ont surtout aucune envie de mettre davantage en danger l’accord migratoire, qu’à Bruxelles on qualifie de « succès ». De fait, les flux de personnes venues de Turquie se sont taris. Même s’ils commencent à s’y habituer tant elles sont devenues répétitives depuis des mois, les dirigeants prennent les menaces turques très au sérieux. « La route des Balkans a beau être fermée, si Ankara rouvrait les vannes, la Grèce se trouverait à nouveau dans une situation très délicate », estime Yves Pascouau, spécialiste des migrations à l’European Policy Centre, un think tank basé à Bruxelles.

« Les Turcs vont continuer à hausser le ton jusqu’au référendum, il faut tenir », glissait, il y a quelques jours, un dirigeant de l’Union. Les Européens y parviendront-ils si Ankara multiplie les provocations ? La tension avec La Haye n’est pas retombée. L’annulation par la mairie de Rotterdam d’une nouvelle manifestation pro-Erdogan, prévue vendredi 17 mars, en est un signe.

Calmer le jeu

Sur le plan diplomatique, Mark Rutte, le premier ministre néerlandais sortant, qui devrait être reconduit à ce poste, tente de calmer le jeu sans pour autant céder aux exigences du pouvoir turc, qui a réclamé des excuses officielles après l’interdiction faite à deux ministres de faire campagne aux Pays-Bas. La fermeté, du moins verbale, sera aussi la règle du futur gouvernement néerlandais. L’Appel chrétien-démocrate (CDA), qui a de bonnes chances d’y participer, réclame un arrêt officiel des négociations d’adhésion avec la Turquie. Les Pays-Bas pourraient donc se ranger du côté de l’Autriche, qui demande la même chose. Le Parlement européen s’est aussi récemment prononcé dans ce sens, toutes familles politiques confondues, y compris la gauche.

« Un jour, le débat [sur l’arrêt des négociations avec Ankara] aura lieu, estime une source européenne de haut niveau. Mais on ne peut pas faire cela à chaud. Il faudra attendre la fin du référendum turc, puis des élections en France et en Allemagne. »

Posté par jourstranquilles à 07:38 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 13 mars 2017

A la tête de la Birmanie depuis un an, Aung San Suu Kyi déçoit ses anciens partisans

aung

 Par Bruno Philip, Rangoun (Birmanie), envoyé spécial

Outre son silence sur la répression de la minorité rohingya, l’ancienne dissidente ne semble avoir aucun projet économique pour améliorer le développement de son pays.

« En Birmanie, observe un expert étranger basé à Rangoun, il y a deux pouvoirs : d’un côté, le gouvernement d’Aung San Suu Kyi, et de l’autre, l’armée. Tous deux fonctionnent de manière indépendante et ne se demandent pas leurs avis sur la conduite des affaires du pays. »

La remarque illustre assez bien la situation du Myanmar, nom officiel de la Birmanie, depuis les élections législatives de novembre 2015, qui ont porté au pouvoir un gouvernement issu de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti de l’ancienne dissidente.

Depuis le 1er avril 2016, cette dernière s’est installée de facto à la tête du pays, après que l’un de ses proches, Htin Kyaw, eut été désigné par le Parlement au poste désormais honorifique de président.

Deux personnages clés monopolisent le singulier théâtre politique birman : d’abord Mme Suu Kyi, 71 ans, qui occupe la double fonction de ministre des affaires étrangères et de conseillère d’Etat, ce qui fait d’elle une première ministre virtuelle. Ensuite, le général Min Aung Hlaing, 61 ans, chef de l’armée et héritier de la junte militaire, qui avait décidé, il y a bientôt six ans, de procéder à sa propre dissolution.

Aucun programme pour la santé ou l’éducation

Alors qu’Aung San Suu Kyi a vu son aura pâlir à l’étranger en raison de son silence sur la terrible répression, dans le sud-ouest du pays, de l’ethnie musulmane des Rohingya par la Tatmadaw, les forces armées birmanes, le bilan de son année au pouvoir est dramatiquement maigre. Voire carrément négatif.

La « Lady », célèbre pour son courage dans le passé et son caractère autoritaire aujourd’hui, semble n’avoir aucun projet économique ni vision précise des moyens à mettre en œuvre pour développer l’un des pays les plus pauvres d’Asie. Aucun réel programme dans les domaines cruciaux de la santé et de l’éducation n’a été annoncé.

Et, outre les atrocités commises contre les Rohingya à la frontière avec le Bangladesh, la guerre continue avec plusieurs armées de minorités ethniques dans les Etats Kachin et Shan, près de la frontière chinoise.

Pour autant, à Rangoun, ex-capitale du pays et centre des affaires, l’icône de la démocratie birmane reste populaire, son accession au pouvoir symbolisant malgré tout une transition, aussi chaotique, frustrante et éminemment imparfaite soit-elle.

« La Lady ne dispose pas de la pleine autorité ! »

Son silence à propos des Rohingya, dans l’un des pays les plus islamophobes de la planète, ne dérange pas grand monde. Même les musulmans lui trouvent des excuses : « C’est une femme intelligente, subtile, qui s’efforce d’arranger les choses de manière discrète en négociant avec l’armée », assure Tin Maung Than, secrétaire général du Conseil des affaires islamiques, l’une des six organisations islamiques du pays.

Pour cet homme d’une quarantaine d’années, à la tête d’une florissante entreprise immobilière, la cause est entendue : tout vaut mieux que la dictature. « N’oubliez pas que la Lady ne dispose pas de la pleine autorité ! Elle doit composer avec les réalités résiduelles de l’ancien régime. »

Mais n’y a-t-il pas quelque chose de choquant dans le fait qu’elle ait quasi entériné les propos de l’armée, qui nie toutes les atrocités commises à l’encontre de la minorité musulmane ? La réponse de Tin Maung Than est sans détour : « Politiquement, elle ne peut se permettre de donner le sentiment qu’elle défend les Rohingya. » Pour l’essentiel des Birmans, ces derniers ne sont que des Bengalis, des immigrants illégaux venus du Bangladesh voisin…

Maintien d’une loi liberticide

Le gouvernement d’Aung San Suu Kyi est malgré tout critiqué par nombre d’intellectuels, de militants des droits de l’homme et de journalistes pour s’être montré incapable de supprimer une disposition liberticide permettant d’embastiller toute personne accusée de diffamation sur Internet : le « 66.d », comme tout le monde l’appelle ici, en référence à un article de la loi sur les télécommunications permet tous les abus et sert, le cas échéant, de punition politique.

Le patron et le rédacteur en chef d’un quotidien ont fait de la prison à cause d’un article publié sur leur site Internet que le dirigeant de la région de Rangoun avait jugé diffamatoire. Un proche d’Aung San Suu Kyi, qui avait demandé sur Facebook au chef de l’armée de démissionner, est toujours sous les verrous.

Cette loi n’accorde pas la liberté provisoire aux prévenus en attente de jugement. Et, depuis un an, le nombre de personnes traînées devant les tribunaux ou arrêtées en vertu de ce texte est à la hausse.

Pour Thiha Saw, vice-président de l’Association des journalistes du Myanmar, ce n’est cependant pas tant l’article 66.d qui est en cause que « l’esprit dans lequel il est appliqué ». Pour ce célèbre journaliste qui a connu les amères années de la junte militaire, les difficultés de la période de transition s’expliquent par le fait qu’en réalité, l’ancien système est toujours en place.

Bureaucratie tétanisée

Certes, tous les prisonniers politiques ont été libérés et la censure préalable avant publication pour les journaux a été levée – sous l’ancien gouvernement issu de la junte, d’ailleurs. Mais la Birmanie n’est pas devenue pour autant un exemple de liberté d’expression : « Prenez le cas du ministre de l’information, Pe Myint, un ancien journaliste que je connais bien, poursuit Thiha Saw. Il est littéralement prisonnier des 4 000 bureaucrates sous ses ordres ! »

Si l’on ajoute à cela que cette même bureaucratie, héritière de l’ancien régime, s’avère tétanisée par le nouveau pouvoir, qui donne des ordres vagues – quand il en donne –, et que les ministres n’osent rien faire s’ils n’ont pas l’aval d’une Aung San Suu Kyi lointaine et plus « Dame de fer » que jamais, on a une idée du niveau de pétrification de l’actuelle Birmanie.

Même si elle reste adulée par la population, Mme Suu Kyi déçoit nombre de ses anciens partisans : « Je pensais qu’elle était une championne des droits de l’homme, mais ce n’est qu’une politicienne », se désole Thet Shwe Win, jeune activiste d’une ONG de défense des droits.

Aung San Suu Kyi sera-t-elle en mesure de convaincre, à terme, l’armée de renoncer à ses pouvoirs encore exorbitants et de vaincre l’inertie d’une bureaucratie connue de longue date pour son incompétence et sa corruption ? Rien n’est moins sûr. Même les députés de la NLD, majoritaires à la chambre basse du Parlement, n’ont rien fait pour supprimer l’article 66.d.

« Peut-être ne veulent-ils pas l’abroger parce qu’ils veulent s’en servir eux-mêmes », ironise Nay Phone Latt, ancien prisonnier politique et lui-même député NLD au Parlement régional de Rangoun. « Oui, observe-t-il dans un sourire un brin désabusé, c’est vrai que notre transition vers la démocratie est difficile. »

Posté par jourstranquilles à 15:10 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 2 février 2017

L'ex-général du KGB impliqué dans les révélations sur Trump a été retrouvé mort

Oleg Erovinkin a-t-il fourni de compromettants renseignements sur Donald Trump ? Il a été retrouvé mort à l'arrière d'une voiture, dans un parking moscovite.

Souvenez-vous. Peu après la publication début janvier d'un accablant rapport sur Donald Trump, son auteur présumé, un ex-agent britannique du MI6 avait précipitamment plié bagage et disparu des écrans radar. "The Telegraph" indique à présent que l'homme suspecté de l'avoir renseigné, un ancien général du KGB, a été retrouvé mort à Moscou.

Officiellement, Oleg Erovinkin est mort d'une crise cardiaque. Mais le quotidien britannique "The Telegraph" rapporte que son corps a été retrouvé inerte à l'arrière d'une Lexus, dans un parking moscovite en décembre... soit quelques semaines avant la publication dans la presse d'un compromettant rapport confidentiel de 35 pages sur Donald Trump. 

A la morgue du FSB

Composé d'une série de notes datées de juin à décembre 2016, ce rapport aurait été rédigé par un ancien agent des services secrets britanniques pour le compte d'opposants politiques à Donald Trump. Il fait notamment état d'une sextape captée à Moscou et détaille comment "le régime russe a cultivé, appuyé et assisté [Donald] Trump depuis au moins cinq ans".

Ce que contient le rapport de 35 pages qui accable Donald Trump

Qualifié de "fake news" par Donald Trump, ce rapport avait à tel point été jugé crédible par le renseignement américain qu'il avait été présenté à Donald Trump, mais aussi au président sortant Barack Obama et à plusieurs responsables du Congrès, rapporte le "New York Times".

Le rapport s'appuyait en effet sur la base du témoignage d'un "haut officier des services de renseignements russes, toujours actif au sein du Kremlin". S'agissait-il d'Oleg Erovinkin, retrouvé mort en décembre ?

Plusieurs éléments de son décès sont en tout cas troublants. L’agence d’Etat russe RIA Novosti affirme qu’une "enquête à grande échelle a été ouverte dans la zone" où le général a été retrouvé mort. Il a illico été transporté à la morgue du FSB, ajoute le quotidien "The Telegraph". 

Cité par "The Telegraph", Christo Grozev, un expert du think tank bulgare Risk Management Lab, explique sur son blog que le général Erovinkin était un très proche collaborateur de l’ancien vice-premier ministre russe Igor Setchine, lui-même très proche... de Vladimir Poutine.

L'ex-espion auteur du rapport accablant sur Trump a disparu des écrans radar

De son côté, le Britannique Christopher Steele, auteur présumé du rapport, demeure introuvable. Cet ancien agent du MI6 a notamment été stationné à Moscou pendant plusieurs années.

siege FSB ex KGB

Siège du FSB (Ex KGB)

Posté par jourstranquilles à 01:39 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]

samedi 14 janvier 2017

POUTINE, LE NOUVEL EMPIRE

Posté par jourstranquilles à 07:30 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 13 janvier 2017

Donald Trump

Posté par jourstranquilles à 18:01 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 12 janvier 2017

Donald Trump

Pour sa première conférence de presse, Donald Trump attaque pour mieux se défendre

Par Gilles Paris, Washington, correspondan

Après la révélation d’un rapport non vérifié sur ses liens avec la Russie, le président élu a finalement reconnu le rôle de Moscou dans les piratages, seule concession d’un exercice où il est resté fidèle à lui-même.

La première conférence de presse du futur président des Etats-Unis, mercredi 11 janvier, a été à l’image de son discours de candidature, en juin 2015, et similaire à la campagne qui lui a permis de l’emporter le 8 novembre. Frontale et transgressive. Après l’avoir évité pendant près de six mois, M. Trump s’était résigné à renouer avec cet exercice pour initialement éclaircir les questions des conflits d’intérêts entre son empire et ses fonctions de président. La maîtrise de cet agenda lui a échappé lorsqu’a enflé la controverse sur une éventuelle interférence des autorités russes dans le processus électoral américain.

Mais la publication mardi, par le site BuzzFeed, sans les vérifications d’usage et au nom de la « transparence », d’un document selon lequel ces mêmes autorités détiendraient des éléments compromettant pour lui, a cependant permis à ce dernier d’engager une contre-attaque sans nuances. Le document, que la majorité de la presse américaine a refusé d’évoquer, faute de pouvoir vérifier le contenu de ses allégations, a permis au magnat de l’immobilier de stigmatiser deux institutions qu’il n’a cessé de prendre comme cibles depuis des mois : la communauté du renseignement et la presse généraliste.

M. Trump avait donné un aperçu de son état d’esprit, quelques heures avant le début de sa conférence de presse, en publiant sur son compte Twitter une batterie de messages courroucés allant crescendo. « C’est le dernier coup contre moi. Vivons-nous dans l’Allemagne nazie ? », s’était-il finalement indigné après avoir estimé que les agences de renseignement étaient « peut-être » à l’origine de la « fuite » du document publié sans précaution par BuzzFeed, ce qui constituerait selon lui « une tache indélébile à leur réputation ».

« Je crois que c’était la Russie »

Ce dérapage sans précédent vis-à-vis des responsables censés conseiller le président sur les sujets les plus sensibles pour la sécurité nationale a valu une critique inhabituelle de la Maison Blanche. Son porte-parole, Josh Earnest, a jugé l’accusation « peu indiquée » lors de son point de presse quotidien, non sans rappeler les états de service des responsables mis en cause, dont une bonne partie quittera ses fonctions à l’arrivée de la nouvelle administration. Les premiers mots du futur président, dans l’atrium de la Trump Tower, à New York, ont néanmoins visé ces mêmes agences.

Ces dernières avaient, selon la presse américaine, ajouté un mémorandum de deux pages résumant le contenu du document à charge lors de la remise d’un rapport, le 6 janvier, demandé par le président sortant Barack Obama. Un compte rendu classifié partagé avec les commissions concernées du Congrès relatif à la première affaire, celle de piratages informatiques imputés à aux autorités russes constatés au cours de la campagne. M. Trump estime, peut-être à juste raison, que cet ajout est à l’origine de sa divulgation, même s’il ne permet pas de trancher sur une volonté de nuire du renseignement américain.

L’attaque a masqué en tout cas une conversion tardive. Après avoir longtemps douté de l’origine de ces piratages, en se retranchant même maladroitement derrière les dénégations russes, M. Trump a pour la première fois admis la thèse présentée par la Direction nationale du renseignement d’une responsabilité de Moscou. « Je crois que c’était la Russie », a-t-il déclaré, contrairement à la teneur du communiqué encore suspicieux qu’il avait publié après sa rencontre du 6 janvier. Mais M. Trump a ensuite immédiatement pivoté vers d’autres piratages, imputés notamment à la Chine, qui ont concerné des millions de données personnelles d’Américains.

« Great », « incredible », « fantastic »

Plus tard au cours de la conférence de presse, M. Trump a également repris à son compte l’autre thèse du renseignement selon laquelle le président Vladimir Poutine a été l’architecte de ces piratages. Après avoir défendu une tentative de rapprochement avec ce dernier au nom des intérêts américains, le magnat de l’immobilier a estimé que le président russe « ne devrait pas faire cela », et qu’« il ne le refera pas ». « Il n’aurait pas dû le faire et je ne crois pas qu’il recommencera à présent », a-t-il insisté, estimant que la Russie « respectera plus les Etats-Unis quand j’en aurai pris la direction ».

Ce changement de pied de M. Trump a été l’un des rares identifiés mercredi. Le milliardaire a renoué avec le style décousu ponctué de satisfecit éprouvé lors de la campagne. « Je crois que je vais devenir le plus grand producteur d’emplois jamais créé par Dieu », a-t-il assuré ironiquement, avant d’insister sur « le bon état d’esprit », une sorte d’état de grâce, entretenu par l’intérêt que lui ont porté des financiers tels que le fondateur d’Alibaba « Jack Ma, ou M. [Bernard] Arnault ». « Beaucoup de gens me disent qu’ils n’ont jamais ressenti cet état d’esprit par le passé », a-t-il insisté, conformément à un code rhétorique dont il est familier. Il a utilisé à 37 reprises le terme de « great », 7 fois « fantastic », 4 fois « incredible » et « incredibly », et 3 fois « brilliant », notamment pour qualifier les membres de sa future administration.

M. Trump n’a pas manqué non plus de rappeler les engagements pris par l’industrie automobile internationale d’investir aux Etats-Unis. Il a ainsi fait mine de se prévaloir d’un investissement de Fiat-Chrysler, dont la compagnie a pourtant précisé qu’il remontait en fait à une décision bien antérieure à la campagne.

« Le 20 janvier sera un jour très élégant »

Lors de l’évocation du piratage russe, M. Trump avait déjà assuré qu’une meilleure protection informatique avait empêché une intrusion dans les données du Parti républicain. La partie rendue publique du rapport des agences précise pourtant que des intrusions ont été signalées mais qu’elles n’ont pas été suivies, comme pour le Parti démocrate, de la divulgation de données internes.

La plupart des points soulevés mercredi avaient déjà été soulignés sur le canal préféré de M. Trump, son compte Twitter, qui a gagné plus de six millions de « suiveurs » depuis l’élection du 8 novembre. M. Trump ne s’est pas montré plus précis sur deux sujets sur lesquels il a été interrogé. Il s’est montré toujours aussi critique à propos de l’extension de la protection sociale léguée par le président Obama. En dépit de l’extrême complexité de l’opération qui vise à la démanteler sans mettre en danger des millions d’assurés appartenant aux classes sociales les plus modestes, le magnat de l’immobilier a assuré qu’elle serait « supprimée et remplacée presque simultanément », même si aucun dispositif alternatif n’a été définitivement arrêté.

« LE MEXIQUE REMBOURSERA, D’UNE MANIÈRE OU D’UNE AUTRE, PAR UNE TAXE OU UN VERSEMENT. IL NOUS REMBOURSERA LE COÛT DU MUR »

DONALD TRUMP

M. Trump a également réitéré sa promesse initiale de faire endosser par le Mexique les frais de construction du « mur » qu’il souhaite ériger sur la frontière sud des Etats-Unis pour lutter contre l’immigration illégale. La seule nouveauté a été la prise en compte du fait que cet investissement sous contrainte consistera en « un remboursement » des frais engagés par la future administration américaine. M. Trump a estimé qu’il lui aurait fallu attendre « un an et demi » pour voir aboutir des négociations avec Mexico. Le Mexique « remboursera, d’une manière ou d’une autre, par une taxe ou un versement. Il nous remboursera le coût du mur », a-t-il à nouveau promis, s’attirant une nouvelle dénégation du président Enrique Pena Nieto.

Au cours de la conférence de presse, M. Trump a témoigné à sa manière de son impatience d’arriver enfin au jour de sa prestation de serment. « Ce sera un jour très, très élégant, a-t-il dit. Le 20 [janvier] sera très, très spécial. Et très beau. Et je pense que nous allons avoir des foules massives parce que nous avons suscité un mouvement. Un mouvement comme le monde n’en a jamais vu auparavant. »

Posté par jourstranquilles à 07:48 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 11 janvier 2017

Départ d'Obama, arrivée de Trump...

Posté par jourstranquilles à 21:59 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]

Pour ses adieux, Barack Obama invite les Américains à s’engager

Par Gilles Paris, Washington, correspondant

Plutôt que de défendre son bilan, le président sortant a évoqué l’état de la démocratie américaine, mardi, à Chicago. Et dressé le portrait d’un pays profondément divisé.

Pour la dernière fois sans doute en tant que président des Etats-Unis, Barack Obama a serré des mains, embrassé et même pris un nourrisson dans ses bras, avec le degré d’intimité et de chaleur permis par le Secret Service. Pour la dernière fois, ses supporteurs avaient réclamé pour la forme auparavant « quatre années de plus » à la Maison Blanche, interdites par la Constitution, puis rugi aux formules les plus fortes quelques minutes plus tôt, avant de longtemps l’applaudir. M. Obama avait écorné la tradition en s’échappant de Washington pour prononcer mardi 10 janvier son dernier discours de président à Chicago, là où tout avait commencé pour lui.

Il fut l’occasion pour lui d’évoquer l’état de l’Union, même si son auditoire n’était pas le Congrès. La défaite de son camp lors des élections pour la présidence et les deux chambres, le 8 novembre, en a évidemment compliqué l’exercice. Souvent critiqué ces dernières semaines pour un sens de l’autosatisfaction en décalage avec le ressentiment des électeurs exprimé dans les urnes, M. Obama ne s’est pas longuement étendu sur un bilan qu’il juge certainement globalement positif, sur l’emploi, la protection sociale et même en politique étrangère avec l’accord avec l’Iran et la normalisation avec Cuba. « L’Amérique est meilleure et plus forte » qu’au début de ses deux mandats, a néanmoins assuré un président qui sait par ailleurs qu’une bonne part de son legs risque d’être remis en cause par la prochaine administration.

Une fois ce satisfecit énoncé, le président mais aussi l’ancien professeur de droit et celui qui fut également travailleur social ont alors abordé l’état de la démocratie américaine. Pour déclarer leur foi en sa solidité tout en rappelant ce qui peut la corroder, mais aussi ce qui peut au contraire la conforter, dans un balancement permanent entre une inquiétude présentée en effort de lucidité et l’espoir qu’il avait incarné et insufflé huit années plus tôt. A l’image de ce qui était tout de même un adieu, la note la plus sombre l’a emporté sur la plus lumineuse.

« Traitement équitable promis par les Pères fondateurs »

Car M. Obama, en invitant son auditoire à dépasser l’idée reçue selon laquelle les problèmes de l’économie peuvent se résumer à la lutte entre « une classe moyenne blanche laborieuse » et « des minorités indignes » n’a pu que dresser le tableau d’un pays profondément divisé. Entre classes sociales tout d’abord, du fait d’inégalités qu’il considère comme la première menace contre la démocratie. Entre les communautés ensuite, malgré les progrès qu’il ne cesse de rappeler survenus au cours des dernières décennies.

Il a rappelé que lorsque les minorités ethniques manifestent, dans une allusion voilée au mouvement Black Lives Matter, c’est moins selon lui « pour demander un traitement spécial que le traitement équitable promis par les Pères fondateurs ». Il a demandé aux uns de songer que « l’homme blanc d’âge mûr qui, de l’extérieur, peut sembler jouir de tous les avantages, a vu son monde bouleversé par le changement économique, culturel et technologique », et aux autres que la ségrégation « n’a pas disparu soudain dans les années 1960 » avec les droits civiques.

Le président a également mis en garde contre les « bulles » dans lesquelles trop d’Américains s’isolent à son gré pour fuir l’altérité ou le contradictoire, que cela soit « sur les campus universitaires ou dans le flux des réseaux sociaux », stigmatisant la capacité à n’accepter que « l’information, qu’elle soit vraie ou fausse, qui conforte notre opinion ». Il avait rappelé auparavant que les stéréotypes pour stigmatiser les immigrants étaient les mêmes utilisés par le passé à l’égard « des Irlandais, des Italiens et les Polonais ».

M. Obama a vu dans cet enfermement une hypothèque aussi sérieuse que les deux précédentes sur la démocratie. Parce qu’il produit un affrontement politique ne pouvant plus désormais reposer sur aucun constat de départ partagé par les deux camps. Faute de confiance dans « l’information », « la science »et « la raison », les discussions ne peuvent être que « des dialogues de sourds », a-t-il estimé, pointant l’enjeu du réchauffement climatique.

« Mettez vos chaussures et mobilisez-vous ! »

Sans nier par ailleurs les menaces venant de l’extérieur, et notamment celle représentée par le terrorisme perpétré « au nom de l’islam », le président démocrate qui a maintes fois évoqué la fondation du pays a clairement montré qu’il considère que les États-Unis sont principalement menacés par le renoncement par les Américains aux principes sur lesquels leur nation a été fondée. « Notre démocratie est menacée à chaque fois que nous la considérons comme acquise », a-t-il averti.

La présence de la foule face à lui a alors donné plus de force à ce que M. Obama a mis en avant pour empêcher un délitement. « Si vous êtes fatigué de discuter avec des inconnus sur Internet, essayez de parler avec quelqu’un dans la vie réelle. Si vous pensez que quelque chose ne va pas, mettez vos chaussures et mobilisez-vous. Si vous êtes déçus par vos élus, prenez un bloc-notes, collectez des signatures, et présentez-vous. » Au tout début de son discours, M. Obama avait confié que « c’est [à Chicago] que j’ai appris que le changement ne se produit que si des gens ordinaires s’impliquent, s’engagent et se rassemblent pour le demander. Après huit ans de présidence, j’y crois toujours ! »

Nul doute qu’à cet instant, M. Obama s’est exprimé plus particulièrement à l’intention de son camp, qui a souvent essuyé les défaites au cours des huits dernières années, en contrepoint de ses deux succès personnels de 2008 et de 2012. Un parti démocrate frappé par le revers de novembre et qui hésite sur la stratégie à suivre, comme l’illustre l’analyse du professeur de Columbia Mark Lilla déplorant le coûteux abandon des anciens cols-bleus blancs au profit de minorités restées marginales du point de vue électoral.

M. Obama a donc pris congé en invitant les siens à se mobiliser et à trouver par eux-mêmes des réponses. Il s’était montré très ému lors de l’hommage rendu à son principal mentor politique, sa femme Michelle. Son public devait l’être tout autant lorsqu’il a pris conscience qu’il venait de perdre le sien.

Posté par jourstranquilles à 07:42 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]