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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

vendredi 26 mai 2017

Détenu en Turquie, le photographe français Mathias Depardon en grève de la faim

Par Marie Jégo, Istanbul, correspondante

Arrêté le 8 mai, le journaliste proteste contre sa détention. Reporters sans frontières et d’autres organismes de défense de la liberté de la presse demandent sa libération.

Détenu depuis plus de deux semaines à Gaziantep, dans le sud de la Turquie, le photographe français Mathias Depardon est entré dans son quatrième jour de grève de la faim, mercredi 24 mai. Il proteste contre sa arrestation arbitraire et ses conditions exécrables de détention dans un centre de rétention de migrants clandestins, non loin de la frontière syrienne.

Longtemps confiné dans une cellule d’isolement, le journaliste n’a pas pu entrer en contact direct avec les autorités françaises. Lorsqu’il a demandé de quoi écrire, il a reçu une feuille, mais pas de stylo.

Son seul contact avec le monde extérieur passe par son avocate, Emine Seker. Selon une source diplomatique française, « Mathias n’est plus à l’isolement, mais sa situation n’est pas bonne ». Son cas devrait être rapidement évoqué par le ministre français de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors d’une conversation par téléphone avec son homologue turc, Mevlüt Çavusoglu.

Région sous tension

Installé en Turquie depuis cinq ans, Mathias Depardon effectuait un reportage sur l’eau à Hasankeyf, dans la région de Batman, dans le sud-est de la Turquie, pour le compte de la revue National Geographic lorsqu’il a été interpellé le 8 mai.

Auparavant, pendant quelques jours, il s’était déplacé librement le long du Tigre et de l’Euphrate, photographiant sans histoires après avoir franchi les nombreux barrages policiers. La région, sous tension, est à nouveau le théâtre d’affrontements entre les rebelles kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et les forces turques.

Mais, au soir du 8 mai, il a été arrêté à un poste de contrôle. Ses appareils et ses cartes mémoire ont été saisis. Et selon un rituel désormais éprouvé, les policiers ont immédiatement exigé les codes d’accès de ses comptes sur les réseaux sociaux (Instagram, Facebook, Twitter).

A force de fouiller ses comptes, ils ont trouvé sur Instagram un cliché de recrues féminines kurdes en tenue de combat avec la légende « femmes du PKK ». Le PKK est classé comme terroriste par les autorités turques. Prise dans le cadre d’un reportage effectué dans le nord de l’Irak en 2014, la photo est devenue la pièce à conviction d’une enquête ouverte contre le photographe pour « propagande du terrorisme ». L’enquête n’a pas abouti pour l’instant à une décision judiciaire à son encontre, mais elle suit son cours.

Lettre ouverte

Pour l’heure, les autorités turques reprochent à Mathias Depardon d’avoir travaillé sans carte de presse, sa demande de renouvellement pour 2017 n’ayant pas abouti. Une décision d’expulsion a bien été émise le 11 mai, mais elle n’a pas été suivie d’effet.

L’organisation non gouvernementale Reporters sans frontières (RSF), d’autres organismes de défense de la liberté de la presse, ainsi que dix-neuf rédactions ont adressé, vendredi 19 mai, une lettre ouverte au ministre turc de l’intérieur, Süleyman Soylu, appelant à la libération de M. Depardon : « Le journaliste est laissé sans explications quant aux raisons du prolongement de sa détention. Cette absence d’informations nous inquiète de plus en plus et nous vous demandons respectueusement d’autoriser les diplomates français à venir lui rendre visite. »

Pour l’instant, les autorités turques sont restées sourdes aux demandes répétées des Français. Aucun contact n’a été autorisé avec Mathias Depardon, contrairement aux règles de la protection consulaire admises entre les Etats. L’état d’urgence déclaré au lendemain du putsch raté du 15 juillet 2016 permet aux autorités turques de faire fi des usages diplomatiques.

Climat de paranoïa et de peur

Dans ce contexte, l’exercice du métier de journaliste est devenu beaucoup plus difficile. Le climat de paranoïa et de peur qui s’est installé dans le pays au lendemain de la tentative de putsch fait de toute voix dissidente ou trop curieuse un potentiel « agent du PKK » ou du « FETÖ », l’acronyme officiel désignant la communauté religieuse de l’imam Fethullah Gülen, à l’origine du putsch selon Ankara. Les réseaux sociaux sont passés au crible.

Au moindre manquement administratif, c’est l’arrestation. Olivier Bertrand, journaliste français du site d’information Les Jours, travaillait en novembre 2016 sans carte de presse ni autorisation dans la région de Gaziantep, décrétée « zone d’exception militaire » depuis l’intervention turque dans le nord de la Syrie. Il a été expulsé après trois jours passés en détention.

En décembre 2016, Dion Nissenbaum, le correspondant à Istanbul du Wall Street Journal, a été détenu à l’isolement pendant plus de deux jours avant d’être expulsé vers les Etats-Unis. Il avait publié des images d’une vidéo de l’organisation Etat islamique (EI) sur son compte Twitter, malgré l’interdiction formulée par les autorités turques sur la diffusion de cette vidéo.

Depuis le début de l’année, le temps passé en détention s’est rallongé. En avril, le journaliste italien Gabriele Del Grande a été détenu deux semaines pour avoir travaillé sans carte de presse dans la région du Hatay, frontalière de la Syrie. Il a été expulsé vers l’Italie après avoir entamé une grève de la faim.

« Soutien au terrorisme »

Le sort des journalistes turcs est incomparablement plus terrible. Selon le site internet P24, 165 d’entre eux sont actuellement emprisonnés, la plupart sous l’accusation de « soutien au terrorisme ». Arrêté le 12 mai, Oguz Güven, le rédacteur en chef du site Internet du quotidien Cumhuriyet encourt sept ans et demi de prison pour un tweet erroné publié l’espace de 55 secondes sur le compte du journal. Il est le douzième employé de Cumhuriyet, le plus vieux quotidien de Turquie, à être emprisonné.

Vendredi 19 mai, le couperet est tombé sur le journal d’opposition Sözcü. Des mandats d’arrêt ont été émis par le parquet d’Istanbul contre son propriétaire, Burak Akbay, et plusieurs autres responsables. Tous sont accusés d’avoir « commis des crimes au nom d’une organisation terroriste armée ».

Utilisée à l’envi, l’accusation de « soutien au terrorisme » n’a pas épargné deux enseignants en grève de la faim à Ankara pour protester contre leur limogeage dans le cadre des vastes purges (150 000 employés du secteur public) entreprises après la tentative de coup d’Etat de juillet 2016. Après 76 jours de grève de la faim, Nuriye Gülmen, universitaire, et Semih Özakça, instituteur, ont été arrêtés chez eux dimanche 21 mai.

« La police a cassé la porte », a eu le temps de prévenir Nuriye dans un message. Mardi, les deux jeunes enseignants ont été inculpés. Le même jour, une manifestation de soutien organisée au centre d’Ankara a été violemment dispersée par la police.

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Mise à jour  http://www.huffingtonpost.fr/2017/05/25/erdogan-promet-dagir-pour-le-journaliste-francais-mathias-depardon_a_22109099/

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mardi 18 avril 2017

Turquie. Cinq conséquences possibles du référendum

Une courte majorité de Turcs a approuvé, dimanche, le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan au cours d'un référendum. Un vote qui pourrait être déterminant pour l'avenir du pays. Quelles en seraient les conséquences ?

1. Plus ou moins démocratique ? Avec cette victoire, Erdogan détiendra un pouvoir considérablement renforcé et pourra, en théorie, le détenir jusqu'en 2029. Ses partisans soutiennent qu'une telle mesure est nécessaire pour stabiliser l'exécutif et établir des barrières claires avec le judiciaire et le législatif. Mais ses opposants affirment qu'il n'existerait plus de contre-pouvoir, ouvrant la voie à un régime autocratique.

2. Quel avenir avec l'Europe ? Les relations entre la Turquie et l'Union européenne se sont fortement dégradées. Erdogan a évoqué, dimanche, un possible référendum sur le rétablissement de la peine capitale, une ligne rouge pour Bruxelles. Dès dimanche, l'UE avait appelé le gouvernement turc à rechercher le « consensus national le plus large possible ». Hier, le président turc, tançant les observateurs étrangers qui ont mis en doute l'équité de la consultation, a évoqué l'organisation d'un référendum pour décider, ou non, de poursuivre les négociations d'adhésion à l'Union européenne.

3. Guerre ou paix avec les Kurdes ? Depuis la rupture de la trêve historique avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), à l'été 2015, le sud-est de la Turquie est plongé dans une spirale d'affrontements meurtriers entre les forces de sécurité turques et les séparatistes kurdes. Avec la courte victoire du oui, Erdogan pourrait être contraint d'adopter une approche plus « conciliante » sur la question kurde, estime Asli Aydintasbas, experte au Conseil européen des relations internationales.

4. Réconciliation ou polarisation ? Erdogan « remporte (le référendum) mais, au final, une moitié du pays l'aime, et l'autre le déteste. C'est cela, l'origine de la crise de la Turquie moderne », explique Soner Cagaptay, analyste au Washington Institute. Certains observateurs s'attendent à ce qu'il adopte désormais un discours plus apaisant.

5. Reprise économique ou affaissement ? Les marchés ont misé prudemment sur une victoire du oui, espérant un retour à la stabilité. Mais à moyen terme, l'incertitude domine. L'affaiblissement de la confiance des investisseurs dans les institutions et le retard des réformes structurelles pourraient affecter la croissance.

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lundi 17 avril 2017

Turquie : la réforme constitutionnelle

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Ce photographe en pleurs après l'attaque en Syrie bouleverse la toile

PHOTOGRAPHIE Un photographe présent lors de l’attentat suicide en Syrie qui a tué 126 personnes, dont 68 enfants, a été photographié au sol, effondré, après avoir tenté de sauver des enfants…

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Le photographe Abd Alkader Habak après l'attentat suicide en Syrie le 15 avril 2017 — Capture Twitter

Face à l’horreur, le photographe syrien a craqué. Samedi 15 avril, au moins 126 personnes, dont 68 enfants, ont péri dans un attentat suicide mené contre des bus transportant des personnes évacuées de localités loyalistes du nord de la Syrie. Abd Alkader Habak, un photographe syrien, était sur place lors de l’attaque.

Après avoir aidé à évacuer des enfants des lieux de l’incident, l’homme s’est effondré. Un de ses collègues a immortalisé ce moment : Abd Alkader Habak, genoux au sol, en pleurs. Dans le fond, des flammes s’échappent encore des voitures, et à côté de lui sur l’herbe, un enfant gît, inanimé et probablement décédé. L’image lourde de sens a beaucoup ému les internautes.

https://twitter.com/PrimoAhmad/status/853336319929573376

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L’évacuation de civils syriens tourne au carnage

Par Laure Stephan, Beyrouth, correspondance - Le Monde

Un accord visait à instaurer une trêve autour de quatre localités. Mais l’attentat qui a fait 126 victimes samedi risque d’exacerber les tensions confessionnelles.

Dans la très sale guerre syrienne, l’attentat de Rachidine est un nouveau sommet d’horreur. Cent vingt-six personnes, dont 68 enfants, ont été tuées – selon un bilan encore provisoire – lorsqu’un kamikaze s’est fait exploser, samedi 15 avril, sur un terrain en plein air transformé en parking, dans cette banlieue d’Alep contrôlée par la rébellion. Des centaines de familles venues de villages pro-régime attendaient près des bus, sous la surveillance de combattants anti-Assad, d’être évacuées en zone loyaliste, dans le cadre d’un accord complexe.

Les images filmées sur place, tandis que les véhicules stationnés étaient en feu, sont insoutenables : des bouts de corps partout au sol, des enfants au visage couvert de sang ou des adultes terrifiés tentant de s’éloigner du lieu de l’explosion. Et puis, plus tard, cette photographie : des dizaines de corps enveloppés dans des sacs noirs. Selon plusieurs médias pro-gouvernementaux, le kamikaze, arrivé sur place à bord d’une camionnette, s’est fait exploser après que des enfants s’étaient regroupés pour obtenir nourriture et eau.

La plupart des victimes sont originaires de Foua et Kefraya, deux villages loyalistes chiites enclavés dans la province d’Idlib (nord-ouest). Ils sont assiégés depuis près de deux ans par les groupes radicaux de l’opposition qui dominent cette région. L’attentat a aussi fait des victimes parmi les secouristes et les rebelles déployés à Rachidine.

L’explosion n’a pas été revendiquée. Elle risque d’exacerber davantage les tensions confessionnelles. L’attaque s’est produite alors que les opérations pour l’évacuation de civils et de combattants venus de localités favorables au régime ou à l’opposition étaient bloquées, samedi. Cette mise en application de l’accord dit des « quatre villes », qui comprennent Foua et Kefraya, est complexe, car les opérations doivent être simultanées, et peuvent être interrompues par des exigences de dernière minute.

Tristesse et colère

Le pouvoir syrien accuse des « groupes terroristes » – l’appellation qu’il réserve à l’ensemble des combattants anti-Assad – d’avoir commis l’attentat, sans nommer de factions. Le groupe salafiste Ahrar Al-Cham, qui est partie de l’accord et dont plusieurs hommes ont été tués dans l’attaque, a rejeté toute responsabilité. Dans un communiqué, il affirme que l’attaque bénéficie au régime, et appelle à une enquête internationale. Les djihadistes de l’ex Front Al-Nosra – branche syrienne d’Al-Qaïda – ou de l’organisation Etat islamique ont revendiqué plusieurs offensives contre des civils en zone loyaliste au cours des mois passés.

L’attentat n’a pas donné lieu à des représailles, comme le redoutaient les habitants évacués de Madaya, commune également concernée par l’accord. Cette petite localité pro-opposition proche de Damas est soumise au siège hermétique de l’armée syrienne et du Hezbollah depuis l’été 2015, qui veulent obtenir la reddition de cette poche rebelle. Lors de l’explosion, les déplacés de Madaya étaient parqués tout près de Rachidine, dans une autre banlieue d’Alep, cette fois tenue par les combattants pro-Assad.

A la nuit tombée, samedi, l’évacuation s’est finalement conclue : les quelque 5 000 habitants venus de Foua et Kefraya, civils pour la plupart mais aussi combattants, se sont dirigés vers la ville d’Alep, tenue par les forces pro-régime. Et plus de 2000 personnes de Madaya, insurgés, activistes ou familles, ont été transférés vers la province rebelle d’Idlib, toute proche.

Ces opérations sont le fruit d’un accord qui n’est pas local, mais régional : il a été parrainé par le Qatar, qui soutient plusieurs factions radicales de la région d’Idlib, et par l’Iran, pilier militaire et économique du régime. Les déplacés ont été contraints de quitter leurs maisons. Leur situation y était intenable : peur des bombardements et épuisement face aux privations du siège. D’autres sont partis par volonté de rester aux côtés d’un parent combattant ou, dans le cas des activistes anti-Assad de Madaya, par crainte de représailles du régime. Parmi ces militants, à la tristesse du départ s’ajoute le sentiment de colère d’avoir fait les frais d’un accord régional, soutenu par Ahrar Al-Sham et l’ex-Front Al-Nosra.

« Beaucoup de remous »

L’accord des « quatre villes », sous sa forme initiale, négociée en 2015 par Ankara et Téhéran, visait à instaurer une trêve autour des localités (Foua et Kefraya, chiites ; Madaya et sa voisine, Zabadani, à majorité sunnite). Mais c’est désormais la création de zones militaires homogènes – sous contrôle total du régime ou de l’opposition, même si des civils sont encore sur place – qui semble à l’œuvre. « Ces évacuations créent beaucoup de remous parmi les Syriens, elles soulignent que ce sont des pays étrangers qui contrôlent le jeu », affirme Bassam Al-Ahmad, activiste de l’opposition basé à Istanbul et consultant pour la Fédération internationale des droits de l’homme, qui dénonce des « déplacements forcés ». Des rumeurs autour de l’accord, dont le texte détaillé n’est pas connu, font état d’autres évacuations à venir dans les banlieues de Damas.

Dimanche soir, les nouveaux départs qui devaient avoir lieu depuis Zabadani, Foua ou Kefraya, ont été suspendus. Des évacués des villages chiites rescapés de l’attentat restaient sans nouvelles de leurs proches : selon des sources pro-régime, une partie des blessés auraient été conduits en zone rebelle.

Le pape François et la France condamnent l’attentat En appelant à la paix en Syrie lors de sa traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi du jour de Pâques, le pape François a condamné, dimanche 16 avril, l’« ignoble attaque » survenue la veille, qui a coûté la vie à 126 personnes, selon un bilan encore provisoire, dans la banlieue d’Alep. La France a « fermement » condamné cet attentat commis par un kamikaze qui a fait exploser sa camionnette piégée près d’habitants évacués de Foua et Kefraya. « Les personnes responsables de cette attaque devront être traduites devant la justice », a pour sa part affirmé Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général des Nations unies. Dimanche soir, la Coalition syrienne, l’une des principales plate-formes de l’opposition, n’avait pas publié de communiqué officiel pour condamner l’attentat.

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dimanche 16 avril 2017

Référendum en Turquie : le camp Erdogan revendique la victoire, l'opposition dénonce des manipulations.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, est en passe de gagner son pari. Le camp du "oui" au renforcement de ses pouvoirs dimanche 16 avril, est en tête, à l'issue d'un référendum historique, selon l'agence de presse pro-gouvernementale Anadolu. Mais l'opposition dénonce des manipulations et va contester les résultats.

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Turquie: vote crucial sur le renforcement des pouvoirs d'Erdogan

Turquie: référendum crucial sur le renforcement des pouvoirs du président Erdogan dont l'issue pourrait remodeler le système politique du pays

La Turquie a commencé à voter dimanche pour ou contre le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, lors d'un référendum crucial dont l'issue pourrait remodeler le système politique du pays et redéfinir ses relations avec l'Occident.

Quelque 55,3 millions de Turcs sont appelés à se rendre aux urnes pour dire oui ou non à une révision

constitutionnelle qui prévoit notamment la suppression du poste de Premier ministre au profit d'un hyperprésident qui concentrerait entre ses mains de vastes prérogatives.

S'il l'emporte, M. Erdogan, qui a échappé à une tentative de putsch il y a neuf mois, disposerait d'un pouvoir considérablement renforcé et pourrait en théorie rester président jusqu'en 2029.

"La Turquie prendra (dimanche) l'une des décisions les plus importantes de son histoire", a déclaré samedi M. Erdogan, au cours du dernier d'une très longue série de meetings de campagne pour le référendum dont le résultat s'annonce serré.

Le gouvernement présente cette réforme comme indispensable pour assurer la stabilité du pays et lui permettre d'affronter les défis sécuritaires et économiques. Mais l'opposition dénonce la dérive autoritaire d'un homme qu'elle accuse de chercher à museler toute voix critique, surtout depuis le putsch manqué.

Les bureaux de vote ont ouvert à 04h00 GMT à Diyarbakir et dans d'autres villes de l'est de la Turquie, a constaté un correspondant de l'AFP. Le scrutin débutera à 05h00 GMT dans l'ouest du pays, notamment à Istanbul et Ankara.

"Les résultats s'annoncent bons", a assuré samedi M. Erdogan. "Mais cela ne doit pas nous rendre léthargiques. Un oui fort sera une leçon donnée à l'Occident", a-t-il ajouté, après s'en être régulièrement pris à l'Union européenne pendant la campagne.

- Etat d'urgence -

M. Erdogan a notamment indiqué que la candidature de la Turquie à l'UE, au point mort depuis des années, serait mise "sur la table" après ce référendum. Il a aussi relancé le débat sur le rétablissement de la peine capitale, une ligne rouge pour Bruxelles.

Si le texte est approuvé, "il enclencherait la restructuration la plus drastique des 94 ans d'histoire de la politique turque et de son système de gouvernance", selon un rapport signé par Sinan Ekim et Kemal Kirisci, du think-tank Brookings Institution.

Pour Kemal Kiliçdaroglu, chef du CHP, le principal parti d'opposition, la Turquie a le choix : "Voulons-nous poursuivre avec une démocratie parlementaire ou un système de gouvernement par un seul homme ?", a-t-il déclaré samedi au cours d'un meeting près de la capitale, comparant le système présidentiel voulu par le gouvernement à "un bus sans freins dont on ne connaît pas la destination".

L'opposition et les ONG ont déploré ces dernières semaines une campagne inéquitable, avec une nette prédominance du oui dans les rues et les médias.

La Turquie est par ailleurs sous état d'urgence depuis le putsch manqué. Quelque 47.000 personnes ont été arrêtées et plus de 100.000 limogées ou suspendues.

Le parti prokurde HDP a ainsi dû faire campagne avec ses deux coprésidents et nombre de ses élus en prison, accusés de liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), classé "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

- Menace 'terroriste' -

Les principales incertitudes pour M. Erdogan résident dans le vote des Kurdes, un cinquième de la population, et celui du camp de la droite nationaliste, dont le chef, Devlet Bahçeli, soutient la révision constitutionnelle, mais dont la base est divisée.

La sécurité occupe également une grande place dans l'organisation du scrutin, la Turquie ayant été frappée ces derniers mois par une vague sans précédent d'attaques meurtrières liées au groupe Etat islamique (EI) et à la rébellion kurde. Selon l'agence Dogan samedi, 49 membres présumés de l'EI ont été arrêtés à Istanbul cette semaine. L'EI avait appelé dans le dernier numéro de son hebdomadaire Al-Naba à des attaques contre les bureaux de vote dimanche.

Quelque 33.600 policiers seront déployés à Istanbul pour assurer le bon déroulement du scrutin, selon l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

Âgé de, 63 ans, M. Erdogan a occupé le poste de Premier ministre entre 2003 et 2014 avant d'être élu président. Source AFP

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Donald Trump découvre la menace nord-coréenne et la géopolitique en Asie

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Par Harold Thibault

Alors qu’une nouvelle démonstration de force de Pyongyang est imminente, le président américain admet que la situation est plus compliquée que ce qu’il imaginait.

La République populaire démocratique de Corée du Nord (RPDC) pourrait être sur le point de réaliser son sixième essai nucléaire, faisant à nouveau la démonstration de ses progrès techniques, malgré le régime de sanctions qui lui est imposé.

Cette image satellite, publiée et annotée par Airbus Defence & Space et 38 North, le 12 avril, montre le site de test nucléaire de Punggye-ri, en Corée du Nord. | AP

Le site spécialisé 38 North de l’université américaine Johns-Hopkins (Maryland), relève, à partir de photographies satellite, une hausse de l’activité ces dernières semaines autour du site d’expérimentation de Punggye-ri, dans le nord-est de la péninsule coréenne. En particulier autour de son tunnel nord, duquel ont été déclenchées les dernières détonations nucléaires.

Le calendrier laisse penser qu’une démonstration de force nord-coréenne – à défaut d’un essai nucléaire, il pourrait s’agir d’un tir de missile – est imminente.

Répétitions pour le défilé de la fête nationale dans le centre de Pyongyang, le 12 avril. | DAMIR SAGOLJ / REUTERS

La fête nationale Jour du soleil, le 15 avril, marque la naissance du fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-sung. A cette date sont généralement organisées une parade militaire et des danses de masse. Ce même jour, en 2016, Pyongyang avait procédé à un tir de missile balistique de moyenne portée qui avait échoué. Dix jours plus tard, le 25 avril, c’est l’anniversaire de la création de l’Armée populaire de Corée.

« La plus grande menace » pour Donald Trump

Le nouveau président des Etats-Unis s’initie au problème nord-coréen. Donald Trump a de nouveau prévenu, jeudi 13 avril, que les Etats-Unis allaient s’occuper du « problème » nord-coréen, après qu’une activité sur le site de test nucléaire nord-coréen a été rapportée. Le républicain a répété à de nombreuses reprises qu’il utiliserait toutes les options pour empêcher Pyongyang de se doter de missiles nucléaires lui permettant d’atteindre les Etats-Unis, au risque d’une escalade militaire.

Et alors qu’il avait attaqué la Chine sur de nombreux sujets durant la campagne présidentielle puis pendant la période de transition, M. Trump a, depuis, fait volte-face. En retour, il demande la coopération de Pékin pour convaincre la RPDC de renoncer à la voie nucléaire. Il s’est rangé en février à la politique tenue par tous ses prédécesseurs depuis 1972 sur la question de Taïwan et l’existence d’une « Chine unique ».

Après avoir promis, en 2015, qu’« au premier jour d’une administration Trump », la Chine serait placée sur la liste des Etats manipulant le cours de leur monnaie, le milliardaire a également changé d’avis sur ce dossier. Dans un entretien au Wall Street Journal publié mercredi 12 avril, il a expliqué que, à ses yeux, la Chine avait cessé de tricher sur le cours du yuan.

S’il plie sur tous ces dossiers, au risque de décevoir ses électeurs et de passer auprès de la Chine pour un « tigre de papier », c’est qu’il espère en retour la coopération de Pékin sur la Corée du Nord. Il juge désormais que ce pays est « la plus grande menace » : « Vous voulez faire un “great deal” ? Résolvez le problème en Corée du Nord », lance-t-il à destination de la Chine.

« Non, ce n’est pas si facile »

Au grand quotidien économique américain, M. Trump a rapporté son échange avec le président chinois, Xi Jinping, qu’il a reçu en Floride les 6 et 7 avril. Il aurait dit à M. Xi que la Chine pourrait aisément régler le problème nord-coréen, avant de comprendre que la situation était plus complexe qu’il l’imaginait. Le chef d’Etat chinois lui a expliqué l’histoire de la Chine et de la péninsule coréenne. « On parle de milliers d’années… et de nombreuses guerres, a relaté le magnat de l’immobilier. Et après avoir écouté pendant dix minutes, j’ai réalisé que non, ce n’est pas si facile. »

Au même moment, l’armée américaine montre ses muscles. Depuis le début de mars se tiennent des exercices organisés chaque année avec les forces sud-coréennes. Pyongyang les voit comme une menace directe à sa sécurité. Un porte-avions états-unien, le Carl-Vinson, qui était déjà dans la région en mars mais faisait depuis route pour l’Australie, a rebroussé chemin le 8 avril pour retourner à proximité de la péninsule coréenne.

Ce déploiement ajoute aux tensions, le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, ne pouvant se permettre de paraître faible auprès de sa population. « Nous tiendrons les Etats-Unis pleinement responsables des conséquences catastrophiques entraînées par leur action outrageuse », lançait la Corée du Nord, le 10 avril.

Arrivé au pouvoir en 2011 après la mort de son père, Kim Jong-un a adopté deux ans plus tard une politique qualifiée de « ligne Byungjin » : le « développement parallèle » d’une capacité de dissuasion nucléaire et de l’économie du pays ; deux objectifs a priori irréconciliables. Le pays se voit imposer de nouvelles sanctions après chaque essai nucléaire. Elles pèsent sur son économie, mais celle-ci tient jusqu’à présent grâce, d’une part, aux échanges avec la Chine et, d’autre part, à la place croissante que le Parti des travailleurs laisse au privé.

L’arme nucléaire, une question de survie

Après avoir observé le sort réservé à Saddam Hussein en Irak et Mouammar Kadhafi en Libye, pays qui n’étaient pas dotés de l’arme nucléaire, le régime nord-coréen considère que disposer de cette arme est la clé de sa survie.

De son côté, la Chine juge qu’il en va de son intérêt stratégique de maintenir en vie cet Etat tampon. Environ 28 500 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud et il n’est pas question pour l’empire du Milieu qu’une réunification sur le modèle du Sud – comme elle s’est faite sur le modèle de l’Ouest en Allemagne – permette de placer ces troupes américaines à sa propre frontière.

Le nouveau secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, a déclaré en mars que la politique dite de « patience stratégique » menée par l’administration Obama n’avait plus cours. « Vous ne pouvez pas permettre à un pays comme ça d’avoir la puissance nucléaire, des armes nucléaires », conclut dans le journal conservateur M. Trump.

malin


La Corée du Nord a tenté d'effectuer un nouveau... par euronews-fr

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Can Dündar : « France, pourquoi n’entendons-nous pas ta voix ? »

Par Can Dündar, journaliste, ancien rédacteur en chef du quotidien turc Cumhuriyet (La République)

Dans une tribune au « Monde », l’ancien éditorialiste du quotidien turc « Cumhuriyet » appelle la France à sortir de son silence contre l’autoritarisme du président Erdogan.

Il y a peu, un collègue journaliste français m’a appelé pour me faire une des propositions les plus intéressantes de ces dernières années : « Continuons à enquêter ensemble sur l’information que vous avez publiée et qui vous a valu la prison. » J’ai été ému et je me suis senti fébrile au téléphone car, à cause de l’information que j’avais publiée il y a deux ans, tous les ennuis du monde s’étaient abattus sur moi.

Le jour même de sa publication, notre site Internet a été censuré. Tout de suite après, Erdogan a publiquement déclaré « je le lui ferai payer lourdement », et aussitôt une instruction judiciaire fut engagée contre moi. J’étais accusé d’être « un agent », d’aider une organisation terroriste, de trahir un secret d’Etat et même d’avoir tenté de renverser le gouvernement.

Une peine de perpétuité redoublée était requise contre moi. J’ai été emprisonné trois mois, et lors de l’audience de jugement du tribunal, j’ai échappé de justesse aux balles d’un agresseur avant d’être finalement obligé de vivre en exil.

La résistance solidaire

L’information si lourdement payée révélait un délit international commis par le gouvernement turc. Elle concernait la livraison par le service de renseignement turc d’armes aux groupes d’islamistes radicaux en Syrie par les voies illégales. Nous avions publié les images de cette livraison. Le gouvernement n’avait pas pu démentir cette information, et avait déclaré qu’elle aurait dû rester secrète. Au lieu de sanctionner les véritables coupables, c’est nous qui avons été inculpés.

Le coup de téléphone venu de Paris montrait la solidarité professionnelle qu’il nous était possible d’établir à l’échelle mondiale. Avec un groupe de journalistes français, nous allions ensemble continuer à enquêter sur les implications de cette information et dévoiler l’origine et la destination de ces armes. Nous allions partager les résultats de cette investigation avec les plus importants organes de presse du monde.

Nous allions également élargir cette collaboration à d’autres informations, elles aussi censurées. Ainsi les journalistes emprisonnés allaient réaliser qu’ils n’étaient pas seuls en même temps que les régimes qui les emprisonnaient allaient se rendre compte que pour un journaliste jeté en prison, partout des centaines d’autres se dressaient pour défendre le droit à l’information, que toute tentative d’étouffer l’information entraînait, au contraire, sa plus large diffusion dans le monde entier.

Contre la coopération des pouvoirs oppressifs, la solidarité internationale des victimes de l’oppression… La résistance solidaire comme remède aux tornades populistes qui balayent notre monde…

Silence des gouvernements occidentaux

Pourtant, ces dernières années, nous avons dû nous résoudre à constater le silence des gouvernements occidentaux et surtout celui de la France, et à en tirer les leçons, tandis que le gouvernement Erdogan piétinait la démocratie, la liberté de la presse, l’Etat de droit, la laïcité, l’égalité des femmes et des hommes. Comme si la peur des réfugiés rendait muette l’Europe…

ALLONS-NOUS ASSISTER EN SPECTATEURS À LA TRANSFORMATION DÉFINITIVE EN DICTATURE RELIGIEUSE DU SEUL EXEMPLE DE LAÏCITÉ ET DE DÉMOCRATIE DANS LE MONDE MUSULMAN OU BIEN ALLONS-NOUS SOUTENIR TOUS CEUX QUI LUTTENT POUR LA LIBERTÉ EN TURQUIE ?

L’Occident, au nom de calculs à court terme, refusait de voir le piétinement de ses propres valeurs, opéré dans ses territoires les plus à l’Est et préférait ne pas entendre la lutte de ceux qui défendaient ces valeurs communes. Erdogan s’est, en partie, trouvé renforcé par ce consentement voilé de l’Europe pour, finalement, porter la Turquie au point de rupture totale de tous les liens qui la rattachent à l’Europe.

Désormais, pour nous tous, l’heure est à la nécessité de prendre une décision claire. Allons-nous assister en spectateurs à la transformation définitive en dictature religieuse du seul exemple de laïcité et de démocratie dans le monde musulman ou bien allons-nous soutenir tous ceux qui luttent pour la liberté en Turquie ?

Il y a des centaines de réponses à la question « que peut-on faire ? ». L’exemple que j’ai mentionné plus haut nous montre ce qu’ensemble, les journalistes pourraient faire.

Et les universitaires ? Erdogan a profité de la tentative de coup d’Etat de juillet 2016 et pris pour frapper l’université, qu’il considère comme le foyer d’idées oppositionnelles, en révoquant plus de mille universitaires. Pourquoi les universités françaises ne leur ouvriraient-elles pas leurs portes ?

Envoyer une délégation

Les deux coprésidents du troisième plus important parti et dix de ses députés sont en prison. Pourquoi le Parlement français ne pourrait-il pas envoyer une délégation leur rendre visite en prison ? Pourquoi cette délégation ne pourrait-elle pas rencontrer leurs familles pour leur transmettre un message de solidarité ? Pourquoi les villes dont les députés sont les élus, ne pourraient-elles pas être jumelées avec des villes françaises pour tisser ainsi un lien de solidarité entre les peuples ?

Les artistes et créateurs de Turquie sont soumis à une lourde oppression. Leurs statues sont détruites, leurs théâtres agressés, leurs films censurés, n’y a-t-il rien que les artistes et créateurs français ne puissent faire pour leur manifester un soutien solidaire ?

Les avocats, les juges, les procureurs sont en prison… Leurs collègues de France ne peuvent-ils venir suivre leurs procès et ainsi se solidariser avec eux ?

EN TURQUIE, LA DÉMOCRATIE LAÏQUE S’OPPOSE À L’ISLAM POLITIQUE ET LE PEUPLE ÉPRIS DE LIBERTÉ RÉSISTE AU DESPOTISME

Les journalistes qui se dressent contre le cercueil en béton dans lequel Istanbul risque d’être enfermée, les organisations féministes qui luttent contre l’exclusion des femmes de la vie publique et sociale, les étudiants qui luttent contre l’exclusion des professeurs de leurs universités, les syndicalistes qui s’obstinent à manifester malgré toutes les interdictions, tous, ils ont besoin de soutien.

Le monde occidental, au lieu de croire que la Turquie se résume à Erdogan, devrait exprimer toute sa solidarité avec l’opposition sociale qui, chaque jour, résiste courageusement. L’exemple de la Syrie nous le rappelle : dans ce monde globalisé, quand le feu prend quelque part, il peut rapidement se transformer en incendie généralisé. En Turquie, la démocratie laïque s’oppose à l’islam politique et le peuple épris de liberté résiste au despotisme. Il est temps pour les peuples d’Europe de se réapproprier les valeurs qu’ils ont oubliées et de soutenir tous ceux qui se battent pour ces mêmes valeurs. La victoire sera notre victoire à tous et la défaite notre commune défaite…

Traduit du turc par Faruk Günaltay

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jeudi 13 avril 2017

Assad nie toute implication dans l'attaque chimique

Le président Bachar al-Assad a affirmé que l’attaque chimique présumée sur une ville rebelle de Syrie était totalement fabriquée et avait servi de "prétexte" pour justifier les frappes américaines contre son armée, dans un entretien exclusif accordé mercredi 12 avril 2017 à l'AFP à Damas. 

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