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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mercredi 23 mai 2018

Donald Trump n’écarte pas un report du sommet avec Kim Jong-un

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Par Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde

Evoquant les « conditions » exigées par Washington, le président américain a soufflé le chaud et le froid, mardi, à propos de la rencontre historique prévue le 12 juin à Singapour.

Donald Trump s’est-il montré trop optimiste à propos de la Corée du Nord ? Pour la première fois, mardi 22 mai, le président des Etats-Unis n’a pas écarté l’idée d’un report du sommet prévu dans trois semaines, à Singapour, avec le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un. M. Trump s’est longuement exprimé sur le sujet aux côtés de son homologue sud-coréen, Moon Jae-in, venu à la Maison Blanche pour préparer cette rencontre historique, soufflant alternativement le chaud et le froid.

Tout en répétant sa conviction que Kim Jong-un est selon lui « sérieux » à propos d’une éventuelle dénucléarisation de la péninsule, objectif affiché de la diplomatie américaine, le président des Etats-Unis a estimé qu’« il est possible que ça ne marche pas pour le 12 juin », la date qu’il avait tenu à annoncer lui-même sur son compte Twitter le 10 mai.

« Il y a certaines conditions que nous voulons, et je pense que nous les aurons. Et si nous ne les avons pas, il n’y aura pas de réunion », a-t-il dit sans préciser les points requis par la partie américaine. « Franchement, il a une chance pour que cette réunion soit une grande, une grande réunion pour la Corée du Nord et une grande réunion pour le monde. Si cela n’arrive pas, peut-être que cela arrivera plus tard. Peut-être que cela arrivera à un moment différent. Mais nous verrons », a-t-il ajouté évasivement.

Improvisation

Donald Trump paie peut-être son empressement du 8 mars. Ce jour-là, apprenant que le conseiller sud-coréen à la sécurité nationale, Chung Eui-yong, se trouvait à Washington au lendemain d’une visite à Pyongyang, le président avait exigé de le rencontrer sur le champ. Il s’était ensuite rendu pour la première fois dans la salle de presse de la Maison Blanche, au beau milieu de l’après-midi, pour informer les journalistes présents de l’imminence d’une déclaration importante de son visiteur.

Ce dernier s’était exécuté quelques instants plus tard, pour faire part de l’invitation lancée à Donald Trump par Kim Jong-un et de la réponse positive du président des Etats-Unis. Ce dernier avait manifestement pris de court ses propres conseillers, placés devant le fait accompli. Cette improvisation peut expliquer le raidissement de la Corée du Nord après les déclarations du conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, défendant une ligne dure face à Pyongyang. Ce dernier avait présenté comme un « modèle » le renoncement unilatéral à un projet nucléaire par la Libye en 2003.

Ecartant toute approche graduelle, Washington exige en effet comme préalable à la moindre levée des sanctions internationales qui pèsent sur Pyongyang une dénucléarisation « complète, vérifiable et irréversible ». Pour les dirigeants nord-coréens, cette dénucléarisation a toujours également concerné la Corée du Sud au travers du bouclier américain.

Kim Jong-un a récemment donné des gages à Washington en stoppant les essais nucléaires et balistiques conduits à marches forcées depuis son arrivée au pouvoir, en libérant trois ressortissants américains détenus dans son pays, puis en annonçant la fermeture du site d’essais de Punggye-ri, qui sera effective à la fin de la semaine.

Un avenir radieux

Le dirigeant nord-coréen n’a jamais commenté publiquement les exigences américaines mais son vice-ministre des affaires étrangères, Kim Kye-gwan, avait jeté un froid, le 14 mai, en les dénonçant fermement.

« Si les Etats-Unis nous mettent au pied du mur et exigent unilatéralement que nous renoncions à l’arme nucléaire, nous n’aurons plus d’intérêt pour des discussions et nous ne pourrons que reconsidérer le sommet à venir », avait-il assuré dans un communiqué qui dénonçait en outre la tentation « extrêmement sinistre visant à imposer » à son pays « le destin de la Libye ou de l’Irak », deux pays plongés dans le chaos après des interventions américaines.

Mardi, Donald Trump, qui avait tenté de rassurer les Nord-Coréens en refusant de reprendre à son compte la formule de son conseiller, a trouvé un autre coupable pour expliquer le revirement de Pyongyang. Il a jugé que ce changement de ton était survenu après une entrevue entre Kim Jong-un et son homologue chinois, Xi Jinping, la seconde depuis le début de l’année. « Les choses ont changé après cette rencontre, et je ne peux pas dire que cela m’a rendu très heureux », a-t-il dit. Lundi, il avait déjà déploré sur Twitter que la frontière entre la Chine et la Corée du Nord soit devenue « bien plus poreuse récemment », relativisant selon lui l’effet des sanctions internationales.

Aux côtés d’un Moon Jae-in peu avare en flatteries, le président américain a un instant ouvert les vannes des promesses, offrant un avenir radieux au dirigeant nord-coréen. Si ce dernier satisfait aux exigences de Washington, « il sera en sécurité. Il sera heureux. Son pays sera riche », a-t-il assuré.

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dimanche 20 mai 2018

Le mariage de Meghan Markle et du prince Harry entre gospel et protocole royal

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Par Philippe Bernard, Londres, correspondant - Le Monde

La cérémonie, qui s’est déroulée samedi dans la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, a été marquée par le sermon enflammé du révérend américain Michael Curry.

Marier la tradition à l’audace, les pompes patriotiques à l’ouverture aux autres cultures : ce talent typiquement britannique s’est déployé en grand, samedi 19 mai pendant l’office religieux au cours duquel le prince Harry et l’actrice américaine Meghan Markle se sont juré d’être mari et femme « pour le meilleur et pour le pire jusqu’à ce que la mort [les] sépare ». Rompant avec la coutume royale, la mariée n’a pas promis « obéissance » à son époux et celui-ci, peut-être en signe d’égalité, a choisi de porter une alliance comme elle.

Depuis leur mariage, scellé à la mi-journée au milieu de 600 invités dans la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, le couple est officiellement désigné par le très aristocratique titre de « duc et duchesse de Sussex ». Pendant l’office religieux, Meghan Markle portait un diadème offert en 1893 par la reine Victoria à la reine Mary et prêté par l’actuelle souveraine. Et son voile diaphane, long de cinq mètres, était parsemé de 53 fleurs symbolisant chacun des pays du Commonwealth, dont la plupart sont des anciennes possessions de l’Empire britannique.

Sermon enflammé du révérend Michael Curry

La cérémonie, conçue pour symboliser la modernisation de la monarchie britannique, a atteint son but. Entre gospel et Schubert, entre prêche enflammé à l’américaine et rite anglican rigoureux, le mariage royal millésime 2018 a clairement signifié aux Britanniques, voire au monde, la volonté de la vénérable institution de vivre dans son siècle. Certes, en l’absence de son père, la mariée a été officiellement accueillie chez les Windsor au bras du prince Charles, le prochain roi. Mais le sermon enflammé sur « le pouvoir de l’amour » prononcé par le révérend Michael Curry, prédicateur afro-américain, a transformé la chapelle médiévale en cathédrale d’Harlem.

Devant un auditoire huppé hésitant entre sidération, adhésion et amusement, le président de l’Eglise épiscopale des Etats-Unis a commencé en citant le leader américain de la lutte pour les droits civiques Martin Luther King : « Le Dr King avait raison, nous devons découvrir l’amour, le pouvoir rédempteur de l’amour. De cette façon, nous pourrons faire du vieux monde un monde nouveau. L’amour est le seul moyen, a-t-il lancé en agitant les bras devant une reine Elizabeth II visiblement interloquée. Deux jeunes gens sont tombés amoureux et nous voici rassemblés ici. »

Même sous le joug, les esclaves noirs américains ont continué de croire dans le pouvoir de l’amour, a poursuivi le révérend en présence de Doria Ragland, mère de la mariée et descendante d’esclaves des plantations de Géorgie, assise au premier rang. Des chanteurs de gospel ont entonné plus tard This Little Light of Mine, un chant d’inspiration biblique utilisé pendant la lutte américaine pour les droits civiques.

Entrée de la diversité chez les Windsor

Bien sûr, il y a eu du Fauré et du Schubert interprété au violoncelle par le Britannique Sheku Kanneh-Mason et des musiciens de trois orchestres nationaux, et une lecture biblique par la sœur de la princesse Diana, dont l’esprit flottait dans l’air. Mais le message était clair : on célébrait un mariage d’un type nouveau, officialisant l’entrée de la diversité chez les Windsor.

Pourtant, Meghan Markle n’est pas seulement une Américaine née d’un couple mixte. La comédienne de la série Suits s’est montrée telle qu’en elle-même : à l’aise dans son nouveau rôle de duchesse, rayonnante, parfois à la limite du rire, tandis que son nouvel époux oscillait à la frontière des larmes de bonheur. Devant un parterre d’invités transatlantiques prestigieux – le musicien Elton John, les acteurs Idris Elba et George Clooney, l’ex-footballeur David Beckham, la joueuse de tennis Serena Williams et la star de la télévision américaine Oprah Winfrey –, la nouvelle ambassadrice de l’élégance britannique a assuré la promotion de la French touch, en l’occurrence les maisons françaises Givenchy – et sa directrice artistique britannique Clare Waight Keller –, qui a créé sa robe blanche immaculée, et Cartier, qui lui a fourni ses boucles d’oreille et son bracelet. Après l’office religieux, quelque 100 000 personnes ont suivi le tour de calèche des nouveaux époux dans les rues de Windsor.

Dans sa vie d’avant, Meghan Markle a déclaré qu’elle n’a jamais voulu « être une femme qui déjeune, mais une femme qui travaille ». Samedi, à Windsor, elle a débuté brillamment sa nouvelle carrière dans une famille dont elle est censée desserrer le protocole millénaire étouffant. Mais déjà, le chroniqueur royal de la BBC interroge : « Qui changera en premier, Meghan ou la famille royale ? »

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mercredi 16 mai 2018

La Corée du Nord menace d'annuler le sommet avec Trump

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DIPLOMATIE - Pyongyang proteste contre des manœuvres militaires au Sud..

La Corée du Nord souffle le chaud et le froid. Après la détente spectaculaire, Pyongyang a menacé mercredi d’annuler le sommet prévu le 12 juin à Singapour entre son dirigeant Kim Jong-un et le président américain Donald Trump en raison de manœuvres militaires au Sud, a rapporté l’agence sud-coréenne Yonhap.

Pyongyang a également annulé une rencontre de haut niveau avec la Corée du Sud prévue mercredi pour protester contre l’exercice militaire annuel Max Thunder, auquel prennent part les armées sud-coréenne et américaine, a affirmé Yonhap, citant l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Les Etats-Unis devront « mûrement réfléchir sur le sort de ce sommet Corée du Nord-USA, à la lumière de vacarme militaire », a indiqué Yonhap, reprenant l’agence officielle nord-coréenne.

Les exercices entre les forces aériennes des deux alliés constituaient un entraînement pour une invasion et une provocation, alors que la période était au réchauffement des relations inter-coréennes, a ajouté Yonhap, citant toujours KCNA.

Washington continue de préparer le sommet

Pour sa part, Washington a affirmé continuer à préparer le sommet. « Nous allons continuer à aller de l’avant » concernant les préparatifs, « nous n’avons pas été notifiés » d’un changement, a déclaré la porte-parole du Département d’Etat, Heather Nauert.

Le langage utilisé par la Corée du Nord est un retour soudain à l’ancienne rhétorique de Pyongyang, qui a longtemps estimé qu’elle avait besoin de l’arme nucléaire pour se défendre contre les Etats-Unis.

Les hostilités entre Corée du Nord et Corée du Sud (1950-1953) se sont arrêtées après un cessez-le-feu, laissant le territoire divisé en deux pays, délimitées par une zone démilitarisée. Les deux camps sont toutefois techniquement toujours en guerre. Lors d’un sommet rarissime le mois dernier dans la zone démilitarisée, Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in ont réaffirmé leur engagement derrière un « objectif commun », la « dénucléarisation totale » de la péninsule.

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mardi 15 mai 2018

Inauguration et bain de sang....

A mass attempt by Palestinians to cross the border fence between Israel and Gaza quickly turned violent today. Israeli soldiers used tear gas and gunfire to keep Palestinian protesters from crossing the border fence with #Gaza, killing at least 52, according to Palestinian officials. At least 2,400 demonstrators were wounded. It was the bloodiest day since the campaign of demonstrations began 7 weeks ago to protest Israel's economic blockade of Gaza. 40 miles away, officials celebrated the U.S. Embassy's relocation to Jerusalem from Tel Aviv, on the 70th anniversary of the formation of Israel. The formality and celebration created an almost surreal contrast to the violence. The photographer @hosalem took this photo while on #nytassignment. Visit the link in our profile for live updates on this story.



12k Likes, 368 Comments - The New York Times (@nytimes) on Instagram: "A mass attempt by Palestinians to cross the border fence between Israel and Gaza quickly turned..."



libération

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jeudi 10 mai 2018

En Turquie, 1,5 million d’internautes disent au président Erdogan « ça suffit ! »

Par Marie Jégo, Istanbul, correspondante - Le Monde

Au pouvoir depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan jouera son va-tout aux élections du 24 juin, qui verront le pays basculer vers un « sultanat ».

« Tamam ! » Ça suffit ! C’est ce que plus d’un million d’internautes turcs ont lancé à leur président, Recep Tayyip Erdogan, en campagne pour les élections présidentielle et législatives anticipées du 24 juin, et pour un nouveau mandat, après quinze années d’un règne exclusif à la tête du pays.

Mercredi 9 mai, l’expression était l’une des plus appréciées du réseau social Twitter, avec 1,5 million de partages. Le mot, qui signifie en turc « d’accord » ou « c’est assez », est devenu viral après avoir été employé par le président turc lui-même dans un discours prononcé mardi à Ankara devant les députés de sa formation, le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur).

Double scrutin

Dans un rare élan d’humilité, le reis (« chef ») déclarait alors : « C’est ma nation qui m’a porté à la tête de la mairie d’Istanbul, de l’AKP, du gouvernement et de la présidence. Si un jour ma nation me dit  “ça suffit” [tamam], alors je me retirerai. »

Que n’avait-il pas dit ! Des chansons « tamam », des rassemblements de rue sur le thème « tamam » ont alors été rapportés sur Twitter et sur Facebook, tandis que les ténors de l’opposition qui affronteront M. Erdogan à la présidentielle du 24 juin s’emparaient de l’expression. « C’est l’heure » (vakit tamam), écrivait ainsi sur son compte Twitter Muharrem Ince, le candidat du principal mouvement d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP). « Ça suffit, si Dieu le veut », a renchéri l’islamiste Temel Karamollaoglu. « Ça suffit », a tweeté Meral Aksener, la chef de file des nationalistes.

Le double scrutin du 24 juin (législatives et présidentielle le même jour) marquera un tournant, car c’est après sa tenue que le renforcement des pouvoirs du chef de l’Etat, approuvé de justesse par le référendum d’avril 2017, entrera en vigueur.

Verrouillage total des médias

Dans un contexte de verrouillage total des médias – télévisuels, surtout –, les réseaux sociaux restent le seul espace d’expression à peu près libre pour les Turcs qui ne partagent pas les vues de l’AKP et de son dirigeant. Tous les discours du président sont retransmis en intégralité et en direct sur les principales chaînes de télévision, alors que ceux de ses opposants ne sont pas diffusés du tout.

A l’heure où M. Erdogan occupe les écrans, au rythme d’un meeting et de plusieurs discours diffusés chaque jour, les rassemblements des opposants Muharrem Ince et Meral Aksener, comme ceux du parti prokurde HDP, ne sont jamais couverts par les chaînes progouvernementales.

Le procédé n’est pas nouveau. A la veille du référendum d’avril 2017 sur l’élargissement des pouvoirs du président, une étude, menée en mars pendant vingt jours sur dix-sept chaînes nationales de télévision par l’ONG Union pour la démocratie, avait montré que l’AKP avait bénéficié de cinquante-trois heures de couverture, le CHP n’ayant droit qu’à dix-sept heures, et le HDP à trente-trois minutes.

Culte de la personnalité

L’AKP a livré son analyse de l’emballement numérique autour du « ça suffit ». « La plupart de ces partages sont postés dans des pays où la FETO [« l’organisation terroriste de Fethullah Gülen », acronyme donné par le gouvernement à l’organisation du prédicateur rendu responsable de la tentative de soulèvement du 15 juillet 2016] et le PKK [les autonomistes kurdes du Parti des travailleurs du Kurdistan] sont actifs », a déclaré Mahir Ünal, le porte-parole du parti au pouvoir.

En guise de riposte, les adeptes du « grand homme », l’un des surnoms de M. Erdogan, ont tenté de fédérer l’adhésion avec le mot-clé « devam » (« On continue »), qui n’a recueilli que trois cent mille partages.

A l’évidence, le charisme du numéro un ne fait plus recette malgré les assertions des éditorialistes de la presse pro-AKP, aveuglée par le culte de la personnalité. « Le président a prononcé un discours vigoureux, comme au tout début de sa carrière politique », s’est réjoui le journaliste Yasar Bas, du quotidien Yeni Akit, en commentant l’allocution de M. Erdogan à Atasehir dimanche, lors d’un meeting censé présenter son programme électoral.

Le président joue son va-tout

L’assistance était molle ce jour-là, d’où le constat du reis. Déplorant que ses slogans n’aient pas été repris en chœur comme c’est l’usage, M. Erdogan a lâché à la fin de la rencontre : « Ce ton-là ne suffira pas pour les élections du 24 juin. »

En guise de programme électoral, le président a promis « la démocratie complète » ainsi que « la justice sociale », cela au moment où des procès arbitraires pleuvent sur les opposants, les magistrats, les journalistes, tandis que soixante mille personnes sont en prison et que plus de cent cinquante mille fonctionnaires ont été mis à pied. « Le concept de justice était le plus important de son discours », a toutefois écrit Yasar Bas dans son éditorial.

Au pouvoir depuis 2003, Recep Tayyip Erdogan joue son va-tout aux élections du 24 juin, qui verront la Turquie basculer vers un « sultanat », la prise de décision se retrouvant entre les mains d’un seul homme, ce qui est déjà le cas dans les faits.

Avis de tempête sur l’économie nationale

Après avoir tout verrouillé – société civile, médias, justice, prolongation de l’état d’urgence pour la septième fois depuis 2016 –, le président turc se trouve finalement confronté à une rivale inattendue : l’économie.

Un avis de tempête pèse sur l’économie nationale, fragilisée par la baisse constante de la livre turque, par l’inflation à deux chiffres (+ 10,8 % en avril), par le déficit croissant des comptes courants (+ 5,5 % en 2017) et par l’endettement en devises des entreprises.

L’agence de notation Standard & Poor’s, qui a récemment abaissé la note de la dette turque, prévoit « un atterrissage difficile ». Un argument balayé d’un revers de la main par M. Erdogan, qui y voit « une magouille ». Mais après une nouvelle chute de la livre turque par rapport au dollar et face à l’euro, mercredi, les principaux responsables économiques ont été convoqués d’urgence au palais présidentiel.

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En Iran, la décision de Trump sur l’accord nucléaire provoque le désarroi

Par Louis Imbert - Le Monde

La République islamique d’Iran manque d’options face au retrait américain, et n’a pas d’illusion sur la capacité des Européens à sauver l’accord. Et les difficultés économiques pourraient s’aggraver.

L’Europe, étroite planche de salut. Les élites iraniennes qui défendent jusqu’ici l’accord sur le nucléaire et une forme d’apaisement avec l’Occident ont mal masqué, mardi 8 mai, leur désarroi après l’annonce par le président américain, Donald Trump, du retrait des Etats-Unis.

Le coup est dur, injuste, répète-t-on à Téhéran, puisque le pays respecte ses obligations, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Mais l’Iran, englué dans la crise économique et dans des luttes politiques toxiques, manque cruellement d’options pour réagir, sauf à violer à son tour l’accord, ce qui n’est pas encore à l’ordre du jour. Reste donc à compter sur les autres signataires : la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Russie et la Chine, sans grande illusion.

Dans un discours retransmis en direct à la télévision d’Etat – contrairement à celui de M. Trump –, le président Hassan Rohani est apparu déjà démonétisé, vide, aux côtés des principaux membres de son gouvernement qui se balançaient sur leurs pieds en rang, gênés.

M. Rohani a annoncé que le pays ne relancerait pas immédiatement l’enrichissement de l’uranium et mènerait des consultations durant « une courte période de quelques semaines » avec les autres signataires. « Et si l’accord n’est finalement qu’une feuille de papier, alors notre prochain mouvement sera clair », a-t-il dit. La parenthèse d’ouverture prendrait fin. M. Rohani a joué sur elle sa vie politique face à ses rivaux conservateurs, qui se nourrissent de l’opposition à l’ennemi américain.

Le risque d’une escalade militaire

Des figures d’ordinaire critiques de l’accord se sont alignées sur cette voie médiane : la République islamique serre les rangs face au danger. Cependant, l’appareil iranien se fait de longue date peu d’illusions sur la capacité de l’Europe à résister aux pressions américaines sur ses banques et ses entreprises, si celles-ci s’exercent avec suffisamment de force.

« Ceux qui militent pour continuer à appliquer l’accord et à séparer les Etats-Unis de l’Europe se réduisent à un cercle de plus en plus étroit autour du président Rohani », constate Ali Vaez, de l’ONG International Crisis Group, dans un récent rapport.

Quel intérêt l’Iran a-t-il à maintenir sa position de hauteur morale, quand les bénéfices qu’il en tire ne cessent de se réduire, et au risque de projeter une dangereuse image de faiblesse ? L’intérêt de l’accord n’est pourtant pas qu’économique, « c’est une garantie de sécurité pour la région », rappelle l’analyste conservateur Foad Izadi. Sans lui, le risque d’une escalade militaire avec Israël en Syrie, ou d’une confrontation avec le grand rival régional saoudien s’accroît dangereusement.

Mais la perspective d’amélioration de la situation économique désastreuse de l’Iran que l’accord devait garantir est également un gage de sécurité intérieure, pour l’Etat dans son ensemble – et non pour le seul Hassan Rohani, que des internautes vilipendent en « traître » sur Twitter, tandis qu’une manifestation largement relayée sur les réseaux sociaux appelait à « brûler » symboliquement l’accord, mardi soir à Machhad, grande ville conservatrice située dans le nord-est du pays.

Système bancaire au bord de l’implosion

Des syndicalistes sont emprisonnés, intimidés en nombre et pourtant les grèves perdurent aux quatre coins du pays. Le système bancaire est au bord de l’implosion, le pays fait face à une importante fuite de capitaux, les prix grimpent en ville.

La sécheresse dévaste le centre et le sud du pays depuis cinq ans et des manifestations disparates ont toujours lieu dans les petites villes depuis la vague de protestation du tournant de l’année, dont la répression a fait plus de vingt-cinq morts.

La majorité de l’appareil politico-sécuritaire parait aujourd’hui estimer qu’en cas d’échec des consultations, l’Iran devrait répliquer en violant à son tour l’accord. Il pourrait remettre sur pied son programme de recherche et de développement, relancer l’enrichissement de l’uranium à 20 % sur le site militaire souterrain de Fordow ou cesser de collaborer avec l’AIEA. Téhéran peut également orchestrer des attaques de ses alliés miliciens en Syrie et en Irak contre les forces américaines, au risque d’une riposte.

Enfin, une minorité milite pour une sortie du traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP), auquel l’Iran a adhéré en 1970. Le souriant ministre des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a lui-même brandi cette menace ces derniers mois.

Bruits de bottes

Elle pourrait ouvrir la voie à la recherche d’une bombe atomique. Des militaires estiment qu’à l’image de la Corée du Nord, le seul moyen d’engager un dialogue avec les Etats-Unis, direct et en position de force, serait d’avoir la bombe.

Ces bruits de bottes, la rue iranienne les percevait déjà nettement, mardi soir, dans l’annonce de M. Trump. A Téhéran, Nassim, photographe de 34 ans, avait peine à se souvenir de cette nuit du 14 juillet 2015, où elle était descendue sur une avenue de la capitale pour célébrer, dans un concert de klaxons et de sifflets, la signature de l’accord avec la communauté internationale.

« Nous pensions que la vie serait meilleure, résume-t-elle. Tout ça, c’est du passé. Je pense de nouveau qu’une guerre peut nous tomber dessus. Je regrette de n’avoir pas écouté ma sœur, à Londres, qui m’incitait à émigrer et à vivre avec elle. Si je l’avais écoutée, j’aurais déjà construit une vie là-bas. Mais ces jours-ci, je ne fais plus que m’accrocher aux informations. »

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mercredi 9 mai 2018

Donald Trump se retire de l’accord iranien et s’isole encore un peu plus de ses alliés

Par Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde

Le président américain a annoncé sa décision mardi et promis le « plus haut niveau de sanctions économiques » contre Téhéran. Le choix diplomatique le plus conséquent depuis le début de son mandat.

Donald Trump a spectaculairement renoncé à un accord forgé par son propre pays, mardi 8 mai, en retirant les Etats-Unis de l’accord nucléaire iranien conclu en 2015.

Le président américain n’a pris personne par surprise. Contempteur infatigable du « pire » accord selon lui jamais conclu par Washington, il n’avait cessé d’agiter la menace d’un départ. Faute d’obtenir une improbable réécriture en profondeur du texte exclue par les autres signataires, l’Allemagne, la Chine, la France, la Russie et le Royaume-Uni, comme par l’Iran, Donald Trump n’avait d’autre choix que le retrait, conforme à l’une de ses promesses électorales. « La décision d’aujourd’hui envoie un message crucial. Les Etats-Unis ne font plus de menaces vides de sens. Quand je fais des promesses, je les tiens », a assuré le président.

Parce qu’elle concerne une région déjà couturée de crises et de guerres, cette décision unilatérale est la plus conséquente prise jusqu’à présent par le président des Etats-Unis, même si elle se situe dans la droite ligne du retrait du projet de libre-échange avec des pays riverains du Pacifique, le 23 janvier 2017, ou de celui de l’accord de Paris, le 1er juin de la même année.

Comme les précédentes, elle place en porte-à-faux les Etats-Unis avec leurs principaux alliés à l’exception des ennemis régionaux de Téhéran, Israël et l’Arabie saoudite. Elle constitue pour la relation transatlantique une nouvelle épreuve, sur fond de tensions pour l’instant sans réponses sur le commerce.

« Un accord horrible »

Comme il en a l’habitude, Donald Trump a mis mardi en cause la compétence des négociateurs américains d’alors, incapables selon lui de tirer profit du rapport de forces favorable créé à l’époque par l’imposition d’un régime de sanctions particulièrement dures pour l’économie iranienne. « Un accord constructif aurait facilement pu être conclu à ce moment-là, mais cela n’a pas été le cas », a-t-il déploré, balayant d’un revers de mains deux ans de négociations ardues.

En octobre 2017 et encore en janvier, lors de ses premières prises de distance vis-à-vis de l’accord obtenu par son prédécesseur démocrate, Barack Obama, que le retrait de mardi parachève, M. Trump avait déjà multiplié les attaques frontales.

Il a récidivé en dénonçant « un accord horrible » qui « n’a pas apporté le calme », ni « la paix » et qui « ne le fera jamais ». Il a dressé un état des lieux accablant mais partial, lorsqu’il a par exemple dénoncé la poursuite de l’enrichissement de l’uranium, sans préciser qu’il s’agit d’un taux incompatible avec un projet militaire, ou critiqué les failles supposées du régime de contrôle le plus sévère de l’histoire de la lutte contre la prolifération. Les services de renseignement américain considèrent d’ailleurs que l’accord est respecté.

De même, le président des Etats-Unis a repris sans la moindre nuance la théorie d’un mensonge d’Etat iranien exposé une semaine auparavant par le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, un adversaire déterminé de l’accord, à l’occasion de la présentation d’un programme militaire secret cependant antérieur à l’accord de 2015.

« Régime meurtrier »

Donald Trump a également mis en cause l’accord pour des questions auxquelles il n’était pas censé répondre comme les activités balistiques de l’Iran ou son influence régionale. « Il est clair pour moi que nous ne pouvons pas empêcher une bombe nucléaire iranienne en restant dans la structure délabrée et pourrie de l’accord actuel. [Il] est fondamentalement défectueux. Si nous ne faisons rien, nous savons exactement ce qui va se passer. Dans un court laps de temps, le principal soutien de la terreur dans le monde sera sur le point d’acquérir les armes les plus dangereuses », a-t-il assuré avant d’opposer un « régime meurtrier » à la « fière nation » iranienne que ce dernier prend en « otage » selon lui.

Pour éviter l’Iran nucléaire qu’il redoute, Donald Trump veut désormais négocier « en position de force » selon la formule de son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, un « faucon » présent aux côtés du président depuis un mois et qui avait rédigé pour le New York Times, en mars 2015, une tribune intitulée « Pour stopper la bombe iranienne, bombardons l’Iran ». Le président des Etats-Unis escompte obtenir cet avantage en rétablissant les sanctions suspendues depuis 2015.

Il n’est pas question d’un simple retour en arrière. « Nous allons imposer le plus haut niveau de sanctions économiques », a assuré M. Trump qui s’est montré également menaçant en assurant que « toute nation qui aide l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires pourrait également être durement sanctionnée par les Etats-Unis ».

Pour le locataire de la Maison Blanche, qui y a fait explicitement référence, l’heure est venue des « pressions maximales » qui ont contraint le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, selon Washington, à se tourner vers la négociation.

« Mettre autant de pression que possible sur l’Iran »

« Alors que nous sortons de l’accord, nous allons travailler avec nos alliés pour trouver une solution réelle, globale et durable à la menace nucléaire iranienne. Cela inclura des efforts pour éliminer la menace du programme de missiles balistiques [de Téhéran], pour arrêter ses activités terroristes dans le monde entier et pour bloquer son activité menaçante à travers le Moyen-Orient », a assuré Donald Trump.

Cet optimisme s’est immédiatement heurté à la réaction unanime des autres signataires de l’accord qui ont tous déploré la décision unilatérale américaine, à commencer par ceux qui en sont historiquement à l’origine : l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

Tous ont indiqué qu’ils entendaient continuer à respecter l’accord, au risque de s’exposer à des sanctions américaines presque aussitôt agitées par le nouvel ambassadeur des Etats-Unis à Berlin, Richard Grenell. « Les entreprises allemandes faisant des affaires en Iran devraient cesser leurs opérations immédiatement », a-t-il assuré sur son compte Twitter.

Le sujet est d’autant plus critique que le tour de vis américain a précisément pour but de priver de ressources le régime iranien comme l’a revendiqué John Bolton au cours d’un briefing tenu juste après la déclaration de Donald Trump. « C’est quelque chose que nous devrions poursuivre vigoureusement, parce que nous voulons mettre autant de pression économique sur l’Iran que possible », a-t-il dit, sans préciser à quelle échéance les entreprises présentes sur le marché iranien seront susceptibles d’être pénalisées.

Obama déplore « une grave erreur »

La décision de Donald Trump n’a pas véritablement soulevé l’enthousiasme de son propre parti. De nombreux élus républicains qui s’étaient pourtant opposés à l’accord lorsqu’il avait été conclu, en 2015, avaient exprimé leurs plus grandes réserves à la veille de cette annonce, redoutant à la fois un saut dans l’inconnu et le coût à payer pour la crédibilité des Etats-Unis.

Le président iranien, Hassan Rohani a d’ailleurs réagi mardi en estimant qu’elle montre que « les Etats-Unis ne respectent jamais leurs engagements ». « Si (…) nous arrivons à la conclusion qu’avec la coopération de ces cinq pays [restants], les intérêts du peuple iranien sont assurés (…) l’accord nucléaire restera en vigueur », a-t-il indiqué. Il n’a pas exclu cependant une reprise des activités d’enrichissement d’uranium « sans limite », synonyme de fin de l’accord, si ce dernier s’avère « un papier sans garanties ».

L’artisan américain du compromis, Barack Obama, est sorti de la réserve à laquelle il s’astreint généralement depuis son départ de la Maison Blanche pour déplorer « une grave erreur ». « Les Etats-Unis pourraient se retrouver avec un choix perdant perdant, entre un Iran doté de l’arme nucléaire ou une autre guerre au Moyen-Orient », a estimé, pessimiste, l’ancien président.

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mardi 8 mai 2018

En Russie, le duo Poutine-Medvedev est reconduit

Par Isabelle Mandraud, Moscou, correspondante - Le Monde

Investi officiellement pour un quatrième mandat à la présidence russe, Vladimir Poutine a aussitôt renommé son fidèle second au poste de premier ministre, malgré son impopularité.

Il travaille dur. C’est donc avec l’image d’un Vladimir Poutine en bras de chemise, se levant dans son bureau du Kremlin pour enfiler une veste, que la cérémonie de l’investiture du chef de l’Etat russe, en route pour un quatrième mandat, après dix-huit ans passés au pouvoir, a débuté, lundi 7 mai.

Suivi par les caméras, M. Poutine a ensuite longé d’interminables couloirs, puis il a parcouru quelques mètres à bord de sa nouvelle limousine « Sénat » de fabrication russe, étrennée pour la première fois à la place des Mercedes étrangères, suscitant des « oooh » et des « aaah » parmi l’assistance qui suivait sur écran son arrivée dans la grande salle d’apparat Andreïevski.

La mise en scène fut soignée pour une prestation devenue familière depuis la première élection de M. Poutine, en 2000. Main droite posée sur la Constitution, le chef du Kremlin a employé cinq fois le mot « percée » en promettant une vie meilleure à ses compatriotes « dans tous les domaines de la vie ».

Des invités choyés

« La Russie est un acteur fort et influent sur la scène internationale (…), mais maintenant, nous devons utiliser toutes les occasions qui s’offrent à nous pour résoudre, en premier lieu, les tâches les plus urgentes de développement intérieur », a-t-il déclaré, ajoutant sur un ton solennel : « Les objectifs auxquels nous sommes confrontés et la décision que nous serons appelés à prendre sont, sans exagération, historiques. Ils détermineront l’avenir de notre patrie pour les décennies à venir. »

Curieusement, debout au premier rang des quelque six mille personnalités invitées figurait l’ex-chancelier allemand Gerhard Schröder, dont la nomination en septembre 2017 à la présidence du conseil d’administration du géant pétrolier russe Rosneft avait été critiquée par Angela Merkel. C’est à peine s’il ne devançait pas le premier ministre, Dmitri Medvedev… A deux pas, devant le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, se tenait également le Français Jean-Claude Killy, ancien champion de ski très impliqué dans les Jeux olympiques de Sotchi, et décoré à ce titre par M. Poutine. Un peu plus loin encore, l’acteur Américain Steven Seagal dominait la foule de sa haute stature. Des invités choyés, s’il en est.

La cérémonie achevée, M. Poutine a aussitôt reconduit dans ses fonctions son premier ministre, Dmitri Medvedev. Dix ans après avoir troqué leurs postes – en 2008, M. Medvedev avait pris la place de M. Poutine à la présidence afin de lui permettre de surmonter l’obstacle de deux mandats présidentiels consécutifs fixés par la Constitution – le duo au pouvoir est ainsi maintenu. La loyauté sans faille dont a fait preuve le premier ministre, issu du cercle de Saint-Pétersbourg, la ville natale de M. Poutine, a primé sur tout le reste.

Objectifs très ambitieux

Marginalisé dans un second rôle sans véritable marge de manœuvre, M. Medvedev, 52 ans, a pourtant vu sa cote de popularité chuter sérieusement, lestée par une petite phrase : « Pas d’argent, tenez bon », prononcée en mai 2016 devant une retraitée en Crimée et restée depuis lors dans les mémoires. La diffusion, l’année suivante, d’une vidéo réalisée par l’opposant Alexeï Navalny sur son train de vie, visionnée sur YouTube 27 millions de fois, a entaché un peu plus son crédit.

Rien d’insurmontable aux yeux de M. Poutine, qui peut se prévaloir d’avoir été réélu, à la fin du mois de mars avec son meilleur score, 76,7 % des voix, depuis son arrivée au pouvoir. Dans une série d’oukases rendus publics lundi après-midi, il a cependant fixé des objectifs très ambitieux au gouvernement : hisser la Russie « dans les cinq premières économies mondiales » d’ici à la fin de son nouveau mandat, en 2024 ; diviser par deux le niveau de pauvreté ou bien encore relever le niveau des revenus réels des Russes, qui n’a cessé de dégringoler lors de son dernier mandat (de 11 % en cumulé, depuis 2014).

M. Medvedev doit désormais composer son gouvernement, qui ne devrait pas lui-même beaucoup changer non plus s’agissant des postes-clés, après la validation, mardi, de sa nomination par la Douma, la chambre basse du Parlement russe. Une simple formalité. Le chef du Kremlin a donné le cap : la continuité.

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jeudi 3 mai 2018

Macron est en "Pépé le Putois" sur cette Une australienne et ce n'est pas vraiment un compliment

pépéle putois

Ce cartoon des Looney Tunes n'a pas été choisi au hasard.

Par Jade Toussay

POLITIQUE - Emmanuel Macron, séducteur invétéré? Pour la version australienne de The Daily Telegraph, la réponse est "oui". Et comme une image vaut mieux que mille mots, le quotidien a choisi dans son édition du 3 mai de représenter le président de la République par Pépé, un personnage de cartoons au fort accent français, connu pour sa drague désespérée et sa mauvaise odeur.

A lui seul, Pépé le Putois (ou la Moufette Rayée) réunit tous les clichés sur les Français: anglophone médiocre incapable de se débarrasser de son accent, dragueur infatigable qui n'hésite pas à poursuivre la gente féminine et auréolé d'une odeur détestable. De quoi dresser un portrait peu flatteur du président de la République, dont la visite en Australie s'achève ce mercredi.

Pour justifier sa comparaison, le Daily Tegraph dépeint le président français comme un homme qui "murmurait aux oreilles des premières dames du monde entier", "flirte avec Gladys Berejiklian" (une femme politique australienne, ndlr) et "éblouit de son sourire quiconque croise son chemin". Le quotidien s'appuie également sur la déclaration d'Emmanuel Macron qui a qualifié ce mercredi 2 mai Lucy Turnbull, épouse du premier ministre de "délicieuse".

"Avec ses mots, l'offensive de charme du président Emmanuel Macron a fait un fiasco en Australie, où la description par le jeune et charmant président de la femme de Malcolm Turnbull tenait plus de Pépé le Putois que des déclarations enjôleuses d'un chef d'état", tacle le quotidien.

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dimanche 29 avril 2018

Corée du Nord : Kim Jong-un promet de dénucléariser en mai

kim99

Le dirigeant nord-coréen a promis la fermeture des sites d’essais nucléaires de son pays en mai, en invitant des experts sud-coréens et américains à y assister.

Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a déclaré lors du sommet avec le président sud-coréen Moon Jae-in, vendredi, que Pyongyang allait procéder au mois de mai à la fermeture de son site nucléaire sous les yeux du monde extérieur, a annoncé dimanche 29 avril la présidence sud-coréenne.

En amont du premier sommet intercoréen depuis plus de dix ans, la Corée du Nord avait annoncé la suspension de ses essais nucléaires et de missiles balistiques, ainsi que le démantèlement d’un site à partir duquel étaient effectués les tests d’armes atomiques.

M. Kim et M. Moon se sont engagés vendredi sur la voie de la réconciliation, promettant la « dénucléarisation complète » de la péninsule coréenne et l’établissement d’une paix « permanente » et « solide » entre leurs pays, toujours techniquement en guerre depuis 65 ans.

Le régime de Pyongyang invitera des experts et des journalistes américains et sud-coréens à assister au démantèlement de ses installations afin d’en assurer la « transparence », a ajouté la Maison Bleue (la présidence) à Séoul.

Un sommet dans quelques semaines

Donald Trump s’est entretenu samedi soir avec Moon Jae-in et a « dit que c’était une bonne nouvelle non seulement pour les deux Corées, mais aussi pour le monde entier, que les deux dirigeants aient réaffirmé leur engagement pour une dénucléarisation complète de la péninsule », a indiqué dimanche la Maison Bleue.

M. Trump et M. Moon ont convenu qu’il était nécessaire que le sommet entre les Etats-Unis et la Corée du Nord soit organisé rapidement. Ils ont aussi échangé leurs points de vue sur deux ou trois lieux possibles, a rapporté la présidence sud-coréenne. C’était une « longue et très bonne discussion », a dit Donald Trump sur Twitter à propos de son entretien de 75 minutes avec Moon Jae-in.

Le président américain a aussi déclaré, lors d’un déplacement dans l’Etat du Michigan, que le sommet avec le dirigeant nord-coréen aurait lieu dans les trois ou quatre prochaines semaines. « Cela va être un rendez-vous très important, la dénucléarisation de la péninsule coréenne », a-t-il dit. Le président américain est « impatient » de s’entretenir avec Kim Jong-un et « il y aura un très bon résultat », a ajouté la Maison Bleue.

Durant leur entretien téléphonique, Donald Trump et Moon Jae-in ont « souligné qu’un avenir pacifique et prospère de la Corée du Nord était conditionné à une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible », a déclaré la Maison Blanche.

Singapour est considéré comme l’un des hôtes possibles du sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un, a indiqué un haut responsable de l’administration américaine.

kim

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