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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

samedi 28 avril 2018

Nucléaire iranien : en visite à Washington, Merkel affirme que l’accord actuel « n’est pas suffisant »

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Au cours d’une conférence de presse à la Maison Blanche la chancelière allemande est revenue sur l’accord nucléaire iranien, signé en 2015, très critiqué Donald Trump.

Quelques jours après la visite d’Etat d’Emmanuel Macron, c’est au tour de la chancelière allemande Angela Merkel d’être reçue à Washington, vendredi 27 avril, par Donald Trump.

Au cours d’une conférence de presse à la Maison Blanche la dirigeante est notamment revenue sur l’accord nucléaire iranien (JCPOA), signé en 2015 et très critiqué par le président américain Donald Trump.

« Nous sommes d’avis que le JCPOA est une première étape qui a contribué à ralentir leurs activités sur cet aspect en particulier (…), mais nous pensons aussi, d’un point de vue allemand, que cela n’est pas suffisant pour s’assurer que les ambitions de l’Iran soient maîtrisées et contenues. »

« L’Europe et les Etats-Unis devraient être en harmonie sur ce sujet », a ajouté la chancelière lors d’une conférence de presse aux côtés de Donald Trump. De son côté, le président américain a fustigé vendredi les autorités iraniennes, qualifiant le régime à Téhéran de « meurtrier ».

« Peu importe où vous allez au Moyen-Orient, là où il y a un problème, l’Iran est là. »

Décision de Trump le 12 mai

Au cours de son discours devant le Congrès des Etats-Unis mercredi, M. Macron avait également affirmé qu’il était nécessaire de parvenir à « un accord plus large et structurant qui permette de prendre en compte l’ensemble des craintes par rapport à l’Iran afin d’agir de façon efficace, quelle que soit la décision finale du président américain » sur le texte.

M. Trump doit en effet annoncer, le 12 mai, s’il se retire ou non de l’accord et s’il rétablit des sanctions contre l’Iran.

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vendredi 27 avril 2018

Et le leader nord-coréen Kim Jong-un passa au Sud…

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Par Philippe Mesmer, Séoul, envoyé spécial - Le Monde

Les discussions engagées vendredi entre les dirigeants des deux Corées, dans la zone démilitarisée qui sépare leurs pays, pourraient déboucher sur une déclaration de paix.

C’est sous un soleil printanier qu’a commencé, vendredi 27 avril, le troisième sommet intercoréen de l’histoire. Réunis à la « Maison de la paix » du village de la trêve de Panmunjom dans la zone démilitarisée (DMZ), seul point de contact entre le Nord et le Sud depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), le président sud-coréen Moon Jae-in et le dirigeant du Nord Kim Jong-un ont entamé des discussions en vue d’une éventuelle déclaration pour la paix dans la péninsule.

L’objectif de la rencontre est également de clarifier les engagements formulés par Pyongyang sur sa dénucléarisation, le tout dans la perspective du sommet envisagé début juin entre M. Kim et Donald Trump. Jeudi 26 avril, le président américain a émis l’espoir que la rencontre intercoréenne « permette des progrès vers un avenir de paix ».

« Je vais avoir de bons échanges avec le président Moon, en toute franchise, sincérité et honnêteté, pour un résultat satisfaisant », a déclaré M. Kim au début des entretiens. Il a souhaité un résultat différent de ceux des rencontres passées – une référence semble-t-il aux sommets intercoréens de 2000 et 2007 – « qui n’ont pas pu être appliqués ». Il espère par ailleurs que la rencontre permettra de renforcer les échanges bilatéraux et il a exprimé son espoir de voir la péninsule réunifiée.

Une volonté de paix exprimée

Auparavant, l’agence officielle nord-coréenne KCNA avait rapporté que Kim Jong-un « discuterait à cœur ouvert avec Moon Jae-in de toutes les questions importantes pour améliorer les relations intercoréennes et parvenir à la paix, la prospérité et à la réunification de la péninsule coréenne ».

M. Moon a de son côté plaidé pour un accord comme un « grand cadeau pour nos peuples et tous ceux qui, dans le monde, aspirent à la paix ». Il souhaite aussi de nouvelles rencontres avec M. Kim à l’avenir et aspire à se rendre au mont Paekdu, montagne sacrée pour les Coréens, située au Nord.

Tout a été fait pour manifester la volonté de paix au cours de ce sommet, car la rencontre marque une étape importante dans le processus de baisse des tensions dans la péninsule, après une année 2017 marquée par les essais de missiles et le sixième test nucléaire de la Corée du Nord, par le durcissement des sanctions contre elle et par les vifs échanges sur Twitter entre Kim Jong-un et le président américain Donald Trump.

Le revirement spectaculaire amorcé début 2018 par M. Kim, qui s’est dit ouvert au dialogue, habilement exploité par Moon Jae-in – ce dernier a toujours prôné le rapprochement avec Pyongyang –, a permis l’organisation du sommet. L’atmosphère qui prévaut désormais dans la péninsule s’est même traduite par la suspension, le jour de la rencontre, des exercices militaires américano-sud-coréens commencé le 1er avril. Ces manœuvres ont toujours mécontenté la Corée du Nord, qui y voit une menace directe contre elle.

Panmunjom, « devenu un symbole de paix »

Dès les premiers échanges dans la matinée du 27, les deux dirigeants ont affiché leur volonté de détente. Arrivé vers 9 heures à Panmunjom en provenance de Séoul, où il avait été salué par des gens qui brandissaient des panneaux reprenant le slogan du sommet « La paix, un nouveau départ », M. Moon s’est rendu sur la Ligne de démarcation militaire (MDL) qui sépare le Nord du Sud, à Panmunjom.

Kim Jong-un l’y a rejoint et l’a franchie à 9 h 30, devenant le premier dirigeant nord-coréen à passer au Sud depuis la guerre de Corée. Les deux se sont alors joués de la MDL, repassant au Nord avant de revenir au Sud, à l’invitation surprise de M. Kim. « Au moment où le président Kim a franchi la Ligne de démarcation militaire, Panmunjom est devenu un symbole de paix et non plus un symbole de division », a par la suite déclaré M. Moon.

Puis les deux dirigeants se sont avancés sur un tapis rouge où les attendait une garde d’honneur en costume traditionnel, qui les a conduits à la « Maison de la paix », spécialement aménagée pour ce sommet. Ils ont alors tenu leur premier entretien autour d’une table ovale, dont la largeur maximale a été symboliquement fixée à 2018 millimètres.

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jeudi 26 avril 2018

La diplomatie par attouchements

Le festival de papouilles qui a marqué la visite d’Emmanuel Macron, qui a parfois confiné au harcèlement sexuel de la part de Donald Trump, ne doit pas masquer une grande réussite de communication. Sur la scène internationale, le président français a pris des allures de rock-star. Sa jeunesse, sa maîtrise de l’anglais, son parler-franc peu diplomatique, son goût de la castagne verbale, l’aura acquise lors d’une élection aux rebondissements dignes d’une série américaine, entre The West Wing et House of Cards, tout cela en fait l’invité idéal des talk-shows de fin de soirée, comme l’orateur prisé des cérémonies plus solennelles. Quoi qu’en disent les grincheux pavloviens, c’est un atout de pouvoir se faire entendre à l’étranger. On aurait tort de s’en plaindre, même si les calculs de politique intérieure ne sont pas absents de cette tactique médiatique.

Reste le fond, qui obéit à une loi d’airain : l’audace est un atout, la présomption un handicap. La frontière entre les deux est floue par nature. La position affichée sur l’accord sur le nucléaire iranien en est l’exemple le plus net. Macron défend à juste raison le compromis obtenu en 2015 par cinq des grandes puissances du Conseil de sécurité de l’ONU avec le régime iranien. Trump ne cesse de le dénigrer en termes brutaux et risque fort de refuser de le reconduire le 12 mai. Pour surmonter le hiatus, Macron et Trump s’accordent pour proposer son dépassement, avec toute l’ambiguïté propre à ce genre de motion : le président français veut bâtir une maison neuve sur les fondations actuelles ; son homologue américain veut les raser pour bâtir sans contrainte. Synthèse oxymorique…

Du coup l’affaire devient très risquée. Pour renégocier, il ne suffit pas de s’asseoir à la table. Il faut que les autres y viennent. Or ni la Russie, ni la Chine, ni l’Union européenne ne le souhaitent. Quant aux Iraniens, ils opposent un niet à toute remise en cause de l’accord et se plaignent de son application trop lente. Situation dangereuse : ce sont les dirigeants les moins radicaux qui ont soutenu le processus, en espérant y gagner une relance économique favorisée par la levée des sanctions occidentales. Les plus durs tiennent la position symétrique de celle de Trump : non à un compromis trop conforme aux demandes des puissances signataires. Miner les bases de l’accord, c’est apporter de l’eau à leur moulin hostile. Si ces radicaux l’emportent, le risque d’embrasement supplémentaire dans la région s’accroît. Autrement dit, l’idylle Macron-Trump est une arme à double tranchant. Elle peut déboucher sur une modération de la p osition américaine. Mais elle peut aussi servir de caution aux éructations irresponsables du papouilleur en chef de la Maison Blanche.

LAURENT JOFFRIN

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Devant le Congrès des Etats-Unis, Emmanuel Macron plaide pour l’environnement et la diplomatie

Par Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde

Le président de la République a mis en garde, mercredi 25 avril, contre les périls qui menacent, selon lui, les fondements démocratiques sur lesquels les deux pays ont été bâtis.

La célébration de l’amitié franco-américaine par un président français devant les deux Chambres du Congrès des Etats-Unis réunies en joint session peut vite tourner au ressassement de valeurs communes et d’une histoire séculaire.

Mercredi 25 avril, les évocations obligées de Gilbert du Motier de La Fayette et de George Washington, des dettes de sang contractées pendant la Révolution américaine puis lors des deux conflits mondiaux, ont rapidement laissé la place, dans le discours d’Emmanuel Macron, à des mises en garde contre les périls qui menacent, selon lui, les fondements démocratiques sur lesquels les deux pays ont été bâtis.

Ces mises en garde ont souvent sonné comme des critiques à peine voilées de certains thèmes défendus avec insistance par son hôte, Donald Trump.

Comme devant les Nations unies (ONU), en septembre 2017, le président de la République française a ainsi plaidé pour un « multilatéralisme fort » qui « ne fera pas planer une ombre sur nos identités et nos cultures » : « un multilatéralisme fort permettra à nos cultures d’être protégées, de prospérer librement ensemble », a assuré M. Macron, rappelant qu’il appartenait aux Etats-Unis, parce qu’ils en avaient été les principaux artisans à la fin de la seconde guerre mondiale, d’être à nouveau les acteurs de sa réinvention. « Nous ne laisserons pas le nationalisme nous priver d’une plus grande prospérité », a-t-il ajouté, critiquant frontalement les « guerres commerciales », dont Donald Trump a évoqué l’hypothèse.

« Make our Planet Great Again »

Aux menaces représentées par les régimes « illibéraux » et « autoritaires », le président a opposé une série de convictions liées entre elles par une anaphore (« je crois à »), opposant ainsi à « l’ignorance » « l’éducation », à « l’inégalité » « le développement », et au « fanatisme » « la culture ».

Le président français a également quitté les rives paisibles du passé pour aborder les sujets de contentieux entre la France et les Etats-Unis. Tout d’abord avec le climat, et en répétant sa formule « Make our Planet Great Again » assenée après la décision de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris, le 1er juin 2017, dans une allusion directe au slogan de campagne du président des Etats-Unis – « Make America Great Again ».

Salué avec fougue par les élus démocrates, alors que les républicains se montraient beaucoup plus réservés, le président a répété qu’il n’y avait pas de « planète B » qui dispenserait les Etats de s’attaquer aux périls liés à l’environnement. Il a assuré entendre ceux qui privilégient l’emploi et l’économie à la lutte contre le réchauffement climatique, avant de plaider ensuite pour une transition énergétique.

M. Macron s’est également attardé longuement sur le dossier iranien, suspendu désormais à une décision que son hôte doit rendre d’ici le 12 mai, à propos d’un accord conclu en 2015 par son prédécesseur, Barack Obama, avec l’Iran, l’Allemagne, la Chine, la France, le Royaume-Uni et la Russie. Tout en répétant avec force un « objectif » commun « clair » : « L’Iran n’aura jamais d’armes nucléaires. Ni maintenant, ni dans cinq ans, ni dans dix ans, jamais », réaffirmant l’attachement de la France au compromis en vigueur, régulièrement stigmatisé par Donald Trump.

L’expiration de l’accord en 2025

« Il y a un cadre existant, le JCPOA [Joint Comprehensive Plan of Action], qui contrôle et encadre les activités nucléaires de l’Iran. Nous l’avons signé, les Etats-Unis et la France. C’est pourquoi nous ne pouvons nous en débarrasser comme cela. Mais il est vrai de dire que cet accord ne couvre pas toutes les inquiétudes, toutes les questions. Y compris certaines cruciales. Mais nous ne devons pas l’abandonner avant d’avoir quelque chose d’autre qui traite le fond du sujet. C’est pourquoi la France ne se retirera pas », a-t-il assuré.

« Je crois que nous pouvons travailler ensemble pour faire émerger cet accord plus général, plus complet pour la région, nos pays et nos concitoyens », a affirmé le président de la République en référence à ce qui se passera après l’expiration de l’accord, en 2025, et aux dossiers du balistique iranien et de l’influence régionale du régime de Téhéran au Moyen-Orient. L’Iran, comme la Russie, a déjà réagi négativement à cette perspective d’accord plus large évoquée pour la première fois la veille par le président français à la Maison Blanche.

Comme sur l’environnement, Emmanuel Macron a reçu sur ce point des applaudissements plus nourris sur les bancs démocrates qu’auprès des républicains. Premier président français à s’exprimer en anglais depuis Valéry Giscard d’Estaing, en 1976, il a parfois donné l’impression de s’abstraire de ses notes pour tenter de se montrer plus convaincant. Les dix-neuf standing ovations récoltées mercredi, pas seulement lors des passages obligés de l’exaltation de l’amitié franco-américaine, ont attesté qu’il avait été entendu.

Macron n’envisage pas de rencontre avec le dalaï-lama Une rencontre avec le dalaï-lama sans concertation avec la Chine serait contre-productive, a estimé, mercredi 25 avril, Emmanuel Macron. « C’est un leader extraordinaire, je le respecte beaucoup », a dit le président français lors d’un échange en anglais avec des étudiants, à l’université George Washington, au troisième jour de sa visite d’Etat aux Etats-Unis. « Mais maintenant je suis président de la République française ; si je le rencontre, ça déclenchera une crise avec la Chine », a-t-il ajouté. « Si je n’en ai pas parlé avec [Pékin] avant (…), ça ne sert à rien », a-t-il souligné. « Est-ce que c’est bon pour mon peuple si la Chine prend des mesures en représailles ? Non. » « Si la France pouvait être utile dans le règlement de la situation entre le dalaï-lama et la Chine, je ferais de mon mieux (…). Mais là, si c’est juste pour envoyer un message, c’est contre-productif », a conclu M. Macron. Prix Nobel de la paix en 1989 et considéré comme un « dangereux séparatiste » par Pékin, le dalaï-lama vit en exil en Inde depuis 1959. Lors d’une rencontre avec le chef spirituel tibétain, en septembre 2016, M. Macron avait publié une photographie sur Twitter avec pour légende : « j’ai vu le visage de la bienveillance ».

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mercredi 25 avril 2018

Macron et Trump évoquent « un nouvel accord avec l’Iran »

Par Gilles Paris, Washington, correspondant, Marc Semo, Washington, envoyé spécial - Le Monde

Les divergences sur ce sujet entre les deux chefs d’Etat ont été manifestes dès les premiers échanges, mardi, dans le bureau Ovale de la Maison Blanche.

L’évolution n’est-elle que sémantique ? « Nous souhaitons pouvoir désormais travailler sur un nouvel accord avec l’Iran », a lancé le président de la République Emmanuel Macron lors de la conférence de presse qui a suivi ses entretiens avec son homologue Donald Trump, mardi 24 avril, au deuxième jour de sa visite à Washington.

Après avoir fait le constat de leur désaccord sur l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) conclu en juillet 2015 par les cinq membres permanents du Conseil sécurité des Nations unies (ONU), l’Allemagne et l’Iran, ils ont tous les deux évoqué leur volonté d’aboutir à un nouveau texte. Ils sont néanmoins restés évasifs sur les contours et la portée des nouvelles négociations qu’ils appellent de leurs vœux pour y parvenir, mais qui devraient se heurter à la vive opposition de Téhéran.

« On ne déchire pas un accord pour aller vers nulle part, on construit un nouvel accord plus large », a précisé le président français soulignant sa volonté d’aborder « tous les sujets de la région », dont la stabilisation de la Syrie et les activités balistiques de l’Iran.

Les autorités françaises partagent pour l’essentiel les préoccupations de Washington ; la différence est avant tout tactique : elle porte sur les moyens d’y répondre. Une équipe animée par Brian Hook, le directeur de la planification politique au département d’Etat, discute depuis des mois avec les Français, les Britanniques et les Allemands – les autres européens signataires de l’accord – pour trouver un moyen de le compléter.

Intégrer la question syrienne

Le président français a répété les quatre points défendus par Paris : maintenir l’accord de 2015 qui gèle le programme iranien pour dix ans, mais lui ajouter d’autres mesures pour le prolonger au-delà de cette date, parvenir à un nouvel accord à propos du programme balistique lancé par Téhéran, et surtout établir les conditions d’une stabilité régionale en contenant l’influence de la République islamique.

D’où l’idée d’intégrer la question syrienne dans un éventuel nouvel accord au risque de le rendre encore plus problématique. Emmanuel Macron défend depuis le début de son mandat sa volonté de créer les conditions d’une solution politique inclusive en Syrie, en y associant aussi la Turquie et la Russie. C’est aussi une réponse directe à Donald Trump qui dénonce la main de Téhéran derrière toutes les crises du Moyen-Orient et veut rompre l’accord s’il n’est pas durci.

Sans rejeter l’offre de son homologue français, le président américain est resté évasif quant à sa décision de maintenir ou non la levée provisoire des sanctions contre Téhéran, scellant le sort de l’accord. « Personne ne sait ce que je vais faire le 12 mai », a-t-il déclaré. « Je pense que nous aurons une super-occasion de faire un bien plus gros accord, peut-être. »

Emmanuel Macron se veut néanmoins optimiste. « Si l’heure ou un peu plus que nous avons passée ensemble avait eu pour conclusion de dire : les Etats-Unis sortiront du JCPOA et la France veut le défendre, alors à ce moment-là notre amitié ne servirait à rien », a-t-il précisé.

Souci d’apparaître constructif

Les divergences sur l’Iran entre les deux chefs d’Etat ont été manifestes dès les premiers échanges, mardi. Dans le bureau Ovale de la Maison Blanche, assis côte à côte, les deux présidents – tout en prenant la pose devant les photographes avec une longue poignée de main – ont répondu à quelques questions.

Et aussitôt Donald Trump s’est enflammé, pourfendant l’accord de juillet 2015. « Un désastre », a-t-il martelé. Interrogé sur les menaces formulées par les Iraniens de relancer leur programme si les Etats-Unis sortaient de l’accord, il s’est montré menaçant à son tour, affirmant que « si l’Iran recommence son programme, le pays aura des problèmes comme jamais il n’en a eu ». Emmanuel Macron n’a guère apprécié cet échange qui a énervé Donald Trump avant même que ne commence leur entretien. « Il faut intégrer le problème de l’Iran dans l’ensemble des défis régionaux, dont notamment la Syrie ; il faut éviter une escalade et la prolifération nucléaire ; toute la question est de trouver le meilleur chemin pour y arriver », a nuancé le président français.

Plus tard, au cours de la conférence de presse, M. Macron a évoqué, avec le même souci d’apparaître constructif, les autres contentieux qui opposent la France aux Etats-Unis – celui sur le climat, après le départ de Washington de l’accord de Paris, il y aura bientôt un an, et celui qui porte sur le commerce international.

Donald Trump, pour sa part, n’a pas répondu à une question portant sur les taxes visant des importations d’acier et d’aluminium sur le territoire américain dont l’Union européenne (UE) est provisoirement exemptée. Dans le bureau Ovale, il avait critiqué « les barrières commerciales inacceptables » de l’UE, ajoutant qu’il préférerait négocier directement avec la France alors que ce dossier est de la compétence de la Commission européenne.

Contexte international tendu

Comme lors de leurs précédentes rencontres, les deux hommes ont tenu à mettre en scène de manière insistante leur relation particulière, quitte à la surjouer lorsque le président des Etats-Unis a épousseté l’épaule de son visiteur pour en retirer selon lui des traces de pellicules. Après s’être dit admiratif de son homologue français pour sa détermination en matière de politique migratoire, un sujet qui lui tient à cœur, M. Trump a assuré que son invité s’avérerait « un président exceptionnel ».

Plus tôt dans la matinée, la cérémonie d’accueil avait célébré l’amitié franco-américaine avec force drapeaux américains et français, fanfares et piquet d’honneur militaire sur la grande pelouse de la Maison Blanche. Un hommage à « la fière nation française, le plus ancien allié des Etats-Unis », a insisté Donald Trump. Un exercice très encadré, similaire aux visites d’Etat précédentes de présidents français.

Mais cette fois, en raison du lien personnel entre les deux hommes et du fait d’un contexte international tendu, les discours ont fait sens. A propos des défis communs posés aux deux pays, notamment le terrorisme, Donald Trump a longuement salué la figure du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, le gendarme tué le 24 mars par un djihadiste près de Carcassonne après avoir pris la place d’un otage dans un supermarché. « Il a regardé le mal dans les yeux et il n’a pas vacillé : ce fils de la France a rappelé au monde la véritable dimension de notre force », a assuré le président américain.

Son homologue a insisté sur ces mêmes thèmes et sur le rendez-vous avec l’Histoire. « Nous sommes porteurs d’un multilatéralisme fondé sur la défense d’un pluralisme fort et de la démocratie alors que des vents mauvais se lèvent », a lancé M. Macron, évoquant notamment la montée des « nationalismes agressifs ». Et de clamer : « L’Histoire nous appelle et impose à nos peuples de retrouver la force d’âme qui nous a inspirés dans les moments les plus durs. »

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mardi 24 avril 2018

Visite d'Etat d'Emmanuel Macron aux Etats Unis

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Melania Trump

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La presse américaine décrypte le pari de Macron sur Trump

Par Stéphanie Le Bars, Washington, correspondance - Le Monde

Le président français a entamé lundi une visite de trois jours outre-Atlantique. Un déplacement que les médias scrutent avec attention.

Emmanuel Macron, le « Obama français » est arrivé lundi 23 avril après-midi à Washington pour la première visite d’Etat organisée par le président des Etats-Unis, Donald Trump, depuis son accession à la Maison Blanche. La presse américaine scrute avec intérêt la « relation particulière » qui unirait les deux hommes aux profils si différents. Elle s’interroge surtout sur les bénéfices, pour le président français, d’afficher sa proximité avec M. Trump.

Ainsi la radio publique NPR estime que l’enjeu de cette visite « pourrait être plus grand pour M. Macron que pour le président américain », car « le dirigeant français devra montrer que sa relation avec Trump produit des résultats », notamment sur l’accord nucléaire iranien, le climat ou la guerre commerciale. Or pour l’heure, comme l’affirme le New York Times, le locataire de l’Elysée « prend le risque de courtiser Trump mais il n’a rien obtenu », si ce n’est « le voyage à Washington ».

Il fait le pari, « malgré l’impopularité » du républicain, que son image n’en pâtira pas et espère même apparaître comme un leader « si fin psychologiquement qu’il parviendra à avoir l’oreille de Trump ». Et qu’au final, cette stratégie permettra à la France d’occuper une position d’influence auprès des Etats-Unis. Avoir choisi de s’exprimer dimanche sur Fox News, la chaîne favorite du président américain, démontrerait même que le dirigeant français a compris quel était « le meilleur moyen de s’adresser à Trump », souligne encore le quotidien.

Des visions antagonistes

Des craquements sont pourtant déjà apparus dans la relation entre les deux hommes, notamment sur les suites à donner aux frappes américaines, françaises et britanniques en Syrie, rappelle NPR. De même, rien n’indique que M. Macron sera en mesure de faire changer d’avis M. Trump sur l’intérêt de conserver l’accord sur le nucléaire iranien, que le président américain doit prolonger ou dénoncer le 12 mai. « Il n’y a pas de plan B », a prévenu le chef de l’Etat français sur Fox News. Mais l’Iran n’est pas le seul sujet de possible discorde entre le Français et l’Américain. Le Washington Post a établi la liste des dossiers (commerce, climat, multilatéralisme…) sur lesquels les visions sont très différentes pour ne pas dire antagonistes.

Tout en reconnaissant la place particulière qu’occupe pour l’heure le Français dans l’estime de Trump – « il ne l’a jamais publiquement critiqué » –, Vox dresse la liste des autres « amis » du président américain. Le magazine décrit certes M. Macron comme « celui qui murmure » à l’oreille du locataire de la Maison Blanche, mais il présente aussi le premier ministre japonais Shinzo Abe ou le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, comme les autres prétendants au titre de « meilleur ami ».

Le faste et l’attention portés à la visite de M. Macron à Washington contrastent en tout cas avec la discrétion autour de l’arrivée de la chancelière allemande, Angela Merkel, prévue vendredi, quelques heures après le départ du président français. Une différence de traitement que la Süddeutsche Zeitung explique par l’absence d’alchimie personnelle entre M. Trump et Mme Merkel et par les relations commerciales entre les Etats-Unis et l’Allemagne, que le président américain juge à son désavantage.

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lundi 23 avril 2018

Mount Vernon, clin d’œil à l’histoire franco-américaine

Par Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde

Donald Trump a choisi la demeure de George Washington, pour un dîner privé, au premier jour de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis.

Une visite d’Etat à Washington d’un président français peut difficilement faire l’économie d’un hommage à l’Histoire. En 2014, reçu par Barack Obama, François Hollande avait eu les honneurs de Monticello, la demeure de Virginie de l’un des plus francophiles Pères fondateurs américains, Thomas Jefferson, ambassadeur à Paris de 1785 à 1789. Lundi 23 avril, leurs successeurs se recueilleront devant la tombe de George Washington, dans sa plantation de Mount Vernon, au sud de Washington.

Les deux couples présidentiels auront partagé auparavant une visite des lieux suivie d’un dîner intime à l’heure américaine depuis la terrasse de la maison du premier président des Etats-Unis (1789-1797) qui domine majestueusement un large méandre du Potomac. Un rappel du repas qui les avait rassemblés au sommet de la Tour Eiffel à la veille du 14-Juillet, à l’occasion de l’invitation de Donald Trump à Paris pour le centenaire de l’entrée en guerre des Etats-Unis aux côtés de la France, en 1917.

Clef historique

La propriété de Mount Vernon où George Washington passa une bonne partie de ses deux mandats (les institutions de la jeune république étant alors installées à Philadelphie) avait reçu en 2007 une autre paire de présidents, George W. Bush et Nicolas Sarkozy. Ils y avaient tenu une réunion de travail.

Les deux hommes s’étaient évidemment attardés devant la pièce la plus évocatrice de la France que recèle la demeure : la clef d’une des principales portes « de la forteresse du despotisme », la Bastille, expédiée par le marquis de Lafayette après le début d’une révolution qu’il considérait comme la continuité de son aventure américaine. Il s’agissait de « l’hommage d’un missionnaire de la liberté à son patriarche », précisait le Français dans sa missive, reçue en août 1790 par le président américain dont il se disait le « fils adoptif ».

Cette clef historique n’est pas la seule à évoquer les liens qui unissent les Etats-Unis à la France dans la plantation, comme le rappelle Melissa Wood, la directrice de communication de l’association des Dames du Mount Vernon qui gère le domaine depuis 1860. Il abrite également des bustes de Jean-Antoine Houdon et des peintures de Claude Lorrain ainsi que des pièces de mobilier et de vaisselle achetées en 1790 à un ambassadeur de France, le marquis Eléonor François Elie de Moustier, rappelé brutalement à Paris après le début de la révolution française.

Le président de la République française aurait pu également profiter de son voyage aux Etats-Unis pour célébrer le tricentenaire de la fondation de la Nouvelle-Orléans par le gouverneur de Louisiane, Jean-Baptiste Le Moyne de Bienville, en 1718. L’agenda contraint de la visite d’Etat, mardi, et l’invitation à s’exprimer devant le Congrès, le lendemain, ne l’ont pas permis.

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Les enjeux de la visite d’Emmanuel Macron à Washington

Par Marc Semo - Le Monde

Le président français, qui se rend aux Etats-Unis lundi évoquera le terrorisme, l’Iran et le commerce international avec son homologue Donald Trump.

La visite d’Etat d’Emmanuel Macron, lundi 23 avril à Washington, est la première d’un dirigeant étranger depuis l’installation de Donald Trump à la Maison Blanche. Le président américain a ainsi voulu souligner l’importance qu’il accorde à sa relation avec son « ami » Emmanuel Macron. Ce dernier l’avait reçu avec faste pour le défilé du 14-Juillet et il ne veut pas être en reste.

Les trois jours de la visite d’Emmanuel Macron et de sa femme se dérouleront en grande pompe. Entretien dans le bureau Ovale à la Maison Blanche, dîner à Mount Vernon, la maison de George Washington, adresse au Congrès comme pour tous ses prédécesseurs de la Ve République, à l’exception de François Hollande. Comme Valéry Giscard d’Estaing en 1976, il s’exprimera en anglais pendant une trentaine de minutes. Un discours pour « rappeler les valeurs communes et la volonté de continuer à écrire l’histoire ensemble », souligne l’Elysée. Il a accordé également un grand entretien, diffusé dimanche, à Fox News, la chaîne réactionnaire qu’affectionne Donald Trump. Le président français, accompagné lors de cette visite par Jean-Yves Le Drian (affaires étrangères), Florence Parly (armées) et Bruno Le Maire (économie) abordera dans ses entretiens avec son homologue tous les grands sujets internationaux.

Terrorisme

Il y a une évidente convergence dans le caractère prioritaire de la lutte contre le terrorisme, y compris contre ses financements, alors que se tiendra à Paris une conférence internationale sur le sujet les 25 et 26 avril. La France comme les Etats-Unis veulent finir d’éradiquer l’organisation Etat islamique (EI) de son ancrage territorial syro-irakien, mais Emmanuel Macron espère aussi convaincre son interlocuteur de maintenir les quelque 2 000 hommes, notamment des forces spéciales, déployés au nord-est de la Syrie dans le territoire contrôlé par les FDS (Forces démocratiques syriennes) à dominante kurde. Soumis à la pression de son électorat et fidèle à ses promesses de campagne, Donald Trump voudrait au contraire pouvoir rapatrier les « boys » dès que possible.

Ils parleront aussi du Sahel. L’intervention au Mali, en 2013, a convaincu le Pentagone de la détermination française, et la présence, aux côtés d’Emmanuel Macron, de Jean-Yves Le Drian, passé de la défense aux affaires étrangères, est un atout. D’où le soutien américain, désormais affirmé, à la force militaire du G5 Sahel, initiée par la France et réunissant le Tchad, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et la Mauritanie.

L’Iran

La lutte contre la prolifération nucléaire et chimique sera aussi au cœur des discussions et notamment le dossier du nucléaire iranien sur lequel Paris et Washington ont de sérieuses divergences d’approche, malgré des préoccupations communes, notamment sur le programme balistique développé par Téhéran. Donald Trump n’a jamais caché son hostilité « à l’horrible accord » de juillet 2015 entre les « 5 + 1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, plus l’Allemagne, et Téhéran), gelant pour dix ans le programme nucléaire iranien.

Le 13 octobre, le président américain avait refusé de certifier, comme la loi américaine le lui demande, que l’accord avec l’Iran est conforme aux intérêts américains, et de proroger la levée des sanctions contre Téhéran. Donald Trump a posé la date du 12 mai comme ultimatum à ses alliés européens pour qu’ils s’entendent avec l’Iran, afin de « remédier aux terribles lacunes » du texte. Il réclame davantage d’inspections et, surtout, des gages pour l’après alors que l’accord limitant l’activité nucléaire de Téhéran est censé expirer entre 2025 et 2030.

La France s’emploie, avec les autres signataires européens, l’Allemagne et le Royaume-Uni, à le compléter avec des « recommandations fortes », y compris la menace de nouvelles sanctions à propos des missiles balistiques, afin d’augmenter la pression sur Téhéran et de donner des gages au président américain. Le retrait des Etats-Unis donnerait en effet le coup de grâce à l’accord de 2015, même si les autres signataires, à commencer par les Européens, continueraient à en respecter les termes.

Le limogeage du secrétaire d’Etat Rex Tillerson et son remplacement par « le faucon » Mike Pompeo, combinés à la nomination de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale, sont perçus comme un durcissement de la politique américaine de mauvais augure pour l’accord iranien. « Même si le président américain n’a pas encore arrêté sa décision, les signaux reçus ne sont guère encourageants », reconnaît l’Elysée.

Les négociations commerciales

C’est, avec le climat, l’autre grande pomme de discorde, depuis que, le 8 mars, l’administration Trump a relevé de 25 % les taxes douanières sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium, tout en épargnant – seulement provisoirement – les intérêts des Européens. Ceux-ci ont jusqu’au 1er mai pour négocier des exemptions permanentes. « On espère que cette visite va être utile pour mieux expliquer nos positions, mais on n’espère pas de “deal”, on ne prévoit pas d’engranger d’accord lors de ces trois jours », explique l’Elysée, soulignant que « ce n’est pas vraiment l’objet de cette visite, c’est une visite très politique ».

Ces sujets seront aussi abordés deux jours plus tard par la chancelière allemande qui arrive à Washington le 27 avril. Mais ses relations avec Donald Trump sont très mauvaises depuis le début. Le président américain s’en est pris, avant et après son élection, à l’Allemagne en général et à la chancelière en particulier pour dénoncer les excédents commerciaux du pays, menacer le secteur de l’automobile de droits de douanes accrus et critiquer l’accueil des réfugiés depuis 2015.

« Pour les Etats-Unis, le numéro de téléphone de l’Europe, sa figure de référence, était Angela Merkel. Désormais, c’est Emmanuel Macron », relève Yves Bertoncini, de l’institut Jacques Delors. Un constat partagé par Célia Belin, chercheuse à la Brookings Institution qui, dans Foreign Affairs, relève que « la France, désormais, est le meilleur interprète des intérêts européens aux Etats-Unis ».

Posté par jourstranquilles à 07:13 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]