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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mercredi 7 juin 2017

Le point sur la situation au Qatar - Quotidien du 07 juin 2017

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samedi 3 juin 2017

« L’accord de Paris vivra » Anne Hidalgo

Par  Julien Duffé

Après l’image symbolique de l’Hôtel de Ville éclairé en vert jeudi soir en signe de « désapprobation », les paroles. Hier matin, la maire (PS) de la capitale Anne Hidalgo a tenu une conférence de presse pour dire tout le mal qu’elle pensait de la décision du président des Etats-Unis Donald Trump de retirer son pays de l’accord de Paris sur le climat. « Une décision grave, lourde, qui méconnaît la réalité attestée par les scientifiques des dégâts que provoque le changement climatique sur la planète », a dénoncé Anne Hidalgo.

un appel aux fondations et aux investisseurs privés

« L’annonce de Donald Trump est forcément une mauvaise nouvelle mais l’accord de Paris vivra » a pourtant assuré celle qui est aussi depuis décembre 2016 présidente du C40, réseau de 91 grandes villes du monde mobilisées pour le climat (dont 12 villes américaines) représentant 650 millions d’habitants et 25 % du PIB de la planète. Fervente partisane d’une diplomatie des villes, Anne Hidalgo a insisté sur le rôle de ces métropoles, « les territoires démocratiques où se prennent les décisions », dont « les actions concrètes et collectives » sont « essentielles pour réussir l’accord de Paris ».

Dans le sillage du président Emmanuel Macron, la maire de Paris a lancé « un appel aux fondations, aux investisseurs, à tous les acteurs privés pour qu’ils se mobilisent aux côtés des villes et des métropoles en faveur de la transition énergétique ». Dans cette optique, et comme l’y autorise la loi, la mairie a d’ailleurs créé « un fonds permettant de mobiliser ces investissements privés » dans les domaines des mobilités, du bâtiment, des énergies, a rappelé l’élue. Selon un rapport, afin de parvenir à limiter l’élévation de la température globale à 1,5 °C, les villes du C40 devront investir 1 000 Mds$ d’ici à 2050 et 375 milliards dans les quatre prochaines années.

Pour Anne Hidalgo, « contrairement à ce que dit Donald Trump, la transition énergétique est une formidable opportunité économique et Paris assurera pleinement son leadership », affirmant que, « depuis l’Europe », elle comptait aider les villes américaines.

Décidément très remontée contre le président américain, la maire de Paris n’a visiblement pas goûté sa formule où il dit vouloir « représenter les habitants de Pittsburgh et pas Paris ». « Il n’aime pas Paris, ce doit être la seule personne sur la planète qui n’aime pas Paris, a ironisé Anne Hidalgo. Ce sont des déclarations provocantes qui ne sont pas à la hauteur d’un président d’une grande nation amie de la France. »

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Les bobards de Trump sur le climat

Par SERVICE DESINTOX — Libération

Pour justifier la sortie de l'accord de Paris, le président américain a dit beaucoup de bêtises.

Les bobards de Trump sur le climat

Trump a fait du Trump. En annonçant, à la consternation générale, le retrait des accords de Paris, le président des Etats-unis a truffé son allocution de contre-vérités.

Trump affirme à tort que la Chine et l'Inde sont les plus gros pollueurs

Affirmant que l'accord lèserait les Etats-Unis, Donald Trump a qualifié la Chine et l'Inde de plus gros pollueurs mondiaux, faisant a contrario des Etats-Unis le «leader mondial de la lutte pour l'environnement». En valeur absolue, selon les chiffres de la commission européenne (Emission Datable for Global Atmosphéric Research), la Chine est bien leader mondial, avec 10,64 milliards de tonnes par an, devant les Etats Unis (5,17) et l'Inde (2,45).

Mais ce classement n'a de sens que si on le pondère par rapport à la population. Alors, les Etats Unis prennent largement la tête face aux deux autres pays : avec 16,07 tonnes annuelles par habitant, les Etats-Unis sont loin devant la Chine (7,73), l'Union européenne (6,87) et l'Inde (1,87).

En fait, sur la totalité du globe, seule une poignée de pays font pire que les Etats-Unis si on rapporte le niveau d'émissions au nombre d'habitants : les Emirats arabes unis, Oman, le Qatar, le Koweit, l'Estonie… Pas terrible pour un «leader mondial de la lutte pour l'environnement»

Trump dénonce à tort un accord qui n'interdirait le charbon qu'aux Etats-Unis.

Pour justifier la nécessité de «renégocier» l’accord du point de vue des Etats-Unis, Trump a aussi longuement développé un argument, concernant le charbon. Selon lui, l’accord de Paris forcerait les Etats-Unis à se détourner de cette énergie fossile, alors que les autres pays pourraient s’en donner à cœur joie.

«La Chine a le droit de construire des centaines de centrales à charbon supplémentaires. Donc on ne peut pas construire de centrales, mais eux peuvent, d’après cet accord. L’Inde peut doubler sa production de charbon d’ici 2020. Pensez-y : l’Inde peut doubler sa production de charbon. Nous on doit juste se débarrasser du nôtre. Même l’Europe a le droit de continuer la construction de centrales à charbon. En bref, l’accord ne supprime pas d’emplois dans le charbon, il transfère juste ces emplois hors d’Amérique et des Etats-Unis, et il les envoie dans des pays étrangers», estime le président américain.

Mais Trump fait dire à l’accord de Paris des choses qu’il ne mentionne absolument pas. En effet, comme Libération le rappelait, le texte issu de la COP21 ne contient aucun des mots «énergies fossiles», «pétrole» ou, en l’occurence, «charbon». Surtout, il «n’autorise» ou «n’interdit» rien, et surtout pas la construction ou la fermeture de centrales.

L’accord stipule la volonté commune des signataires de contenir «l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels». Il se base pour cela sur des contributions décidées à l’échelle de chaque pays, et n’interdit donc pas à tel ou tel pays de construire ou fermer des centrales (même si chaque contribution est examinée «en tenant compte des circonstances nationales» et qu’on demande ainsi moins aux pays les moins avancés). Les propositions adoptées lors de la COP21 orientent pour le moment plutôt la planète vers une augmentation de 3°C des températures globales par rapport à l’ère préindustrielle. L’accord prévoit donc que les pays se réunissent à nouveau tous les cinq ans pour adopter des mesures plus ambitieuses. Enfin, au grand dam de certains pays (dont le Nicaragua qui ne l’a pas signé) l’accord n’est de toute façon pas contraignant, contrairement à ce que semble indiquer Donald Trump.

Par ailleurs, si l’Inde a bien prévu de continuer à développer et (quasiment) doubler sa production de charbon, ce n’est pas le cas de la Chine, comme l’a souligné Politifact. Le pays a ainsi annoncé début 2017 qu’il renonçait a construire plus de 100 centrales à charbon, et l’utilisation de cette énergie fossile particulièrement génératrice de gaz à effet de serre est en déclin dans le pays depuis 2013.

Trump minimise la portée de l'accord de Paris

Donald Trump a également justifié le retrait de l'accord en affirmant que ses effets étaient trop faibles : «Même si l’Accord de Paris était pleinement mis en œuvre, avec une conformité totale de toutes les nations, on estime que cela ne produirait que deux dixièmes d’un degré Celsius de réduction de la température mondiale d’ici 2100. Une petite, petite baisse», a déclaré Donald Trump pour justifier sa décision de sortir les Etats-Unis de l’accord.» Sauf que Trump a visiblement compris de travers ses fiches. Comme le montrent les travaux du Massachusetts Institute of Technology.

Le célèbre institut basé à Boston a consacré en avril 2016 une étude intitulée «Quelle différence fera l’accord de Paris ?». Ils y soulignent que «les projections de l’impact climatique à long terme de l’accord de Paris varient considérablement», et envisagent plusieurs scénarios pour l’après 2030, dernière date pour laquelle les objectifs chiffrés sont fixés. Ils considèrent que l’accord de Paris, selon l'intensité des politiques mises en œuvre après 2030, pourrait réduire la hausse de la température moyenne globale en 2100 entre 0,63 et 1,07°C. Soit un impact supérieur au 0,2 degré mentionné par Trump. Même si selon le MIT, la hausse globale serait comprise entre 3 et 3,5 degrés à l'horizon 2100, bien supérieure donc à l'objectif d'une hausse limitée au maximum à 2 degrés.

Pour autant, Trump n'a pas inventé son chiffre. Il l'a seulement mal compris. En 2015, John Reilly, co-directeur du programme du MIT, estimait que les promesses réalisées à l’occasion des Accords de Paris «réduisaient de 0,2°C le réchauffement si elles sont maintenues jusqu’en 2100, par rapport à ce qui, selon nous, aurait  été le cas en étendant les mesures existantes [expirant en 2020] sur la base d’accords internationaux antérieurs de Copenhague et Cancun», en 2009 et 2010. L'impact de 0,2 degré correspond donc à la différence entre l'accord de Paris… et un scénario fictif où les accords antérieurs seraient prolongés (alors qu'ils expirent en 2020).

Trump attaque violemment et avec mauvaise foi le Fonds vert pour le climat

«En plus des restrictions énergétiques sévères infligées par l’Accord de Paris, il inclut un autre stratégème pour redistribuer des richesses en dehors des Etats-Unis à travers le soi-disant "Fonds vert pour le climat" (joli nom !), qui demande aux pays développés de dépenser 100 milliards de dollars pour les pays en développement, en plus de l’aide étrangère massive déjà existante», a dénoncé le président américain. Selon lui, ce «stratagème» a déjà coûté 1 milliard à son pays et va lui couter des «milliards et des milliards» alors que «beaucoup d’autres pays ne vont pas donner un centime». Les affirmations de Trump sont globalement exactes : les USA ont bien d’ores et déjà versé 1 milliard de dollars au fonds en question, ce qui en fait le principal contributeur en valeur absolue à ce jour. Mais il oublie de préciser que le fonds, créé en 2011 et rattaché à l’Onu, existait bien avant l’accord de Paris (qui n’a fait qu’intensifier l’effort financier des pays participants). Surtout, il laisse penser que les Etats-Unis contribuent de façon très voire trop importante à ce fonds, alors que si l’on rapporte les sommes à la population respective des pays, ils font plutôt partie des grands pays développés qui donnent le moins au Fonds, bien derrière le Japon, l’Allemagne ou la France par exemple.

Dernier argument massue de Trump contre le Fonds : «Personne ne sait où va l’argent ! Personne n’a été capable de dire "Où est-ce que ça va ?"» Sur ce point, le président américain est particulièrement mal renseigné (ou de mauvaise foi) : le site du programme de l’Onu précise avec force détails l’ensemble des projets déjà financés, qui visent tous à limiter le réchauffement climatique ou à lutter contre ses effets. Par exemple ? 60 millions d’euros ont été prêtés à des entreprises de Mongolie pour limiter les émissions de GES et 26,6 millions de dollars ont été dépensés pour permettre l’accès à des services d’information climatique à quelques 260 700 personnes au Vanuatu.

SERVICE DESINTOX

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La Russie n’appliquera pas l’accord sur le climat avant 2020

Par Isabelle Mandraud, Moscou, correspondante

Le président Vladimir Poutine, qui refuse de « juger » son homologue Donald Trump, salue le texte né de la COP21 mais attend des précisions « techniques ».

Au lendemain de l’annonce par Donald Trump du retrait américain de l’accord de Paris sur le climat, et tandis que les réactions indignées dans le monde entier continuaient à pleuvoir, Vladimir Poutine s’est plu à jouer le rôle de modérateur.

« Cet accord, a déclaré le président russe, ne doit entrer en vigueur qu’à partir de 2021, nous avons encore le temps… » Et de fredonner Don’t Worry, Be Happy de Bobby McFerrin, comme si de rien n’était, après qu’à ses côtés, le premier ministre indien, Narendra Modi, eut rappelé l’engagement de l’Inde au « nom des générations futures ».

C’est un Vladimir Poutine sûr de lui qui est apparu, vendredi 2 juin, au Forum économique de Saint-Pétersbourg, le Davos russe. « Repos ! », s’est même permis le chef du Kremlin alors que la salle bondée, composée de chefs d’entreprise et de diplomates s’était levée à son arrivée. « Welcome » ont traduit les interprètes.

La salve de critiques internationales qui s’est abattue sur Washington n’est pas pour déplaire au chef du Kremlin. « L’accord de Paris est un bon document qui a pour but de résoudre un des problèmes majeurs de notre époque », a-t-il souligné. Mais sur le fond, la Russie qui reste l’un des derniers grands pays à ne pas avoir ratifié le texte qu’elle avait approuvé en décembre 2015, s’interroge.

Ne pas se précipiter

« Il est clair que sans la participation des Etats-Unis, l’accord de Paris ne sera pas opérationnel, parce que c’est l’un des pays les plus grands émetteurs [de gaz à effet de serre] », confiait dans les couloirs Sergueï Beloussov, conseiller économique du président, cité par l’agence Tass.

« La Russie prévoit de ratifier [cet] accord, même si la décision finale de le ratifier ou non, sera prise au plus tôt en janvier 2019 », a fait valoir, de son côté le ministre des ressources naturelles et de l’écologie, Sergueï Donskoï.

« Nous devons, a poursuivi ce dernier, d’abord prendre en compte les stratégies climatiques des pays des BRICS [organisation qui regroupe, outre la Russie, l’Afrique du Sud, le Brésil et l’Indeet la Chine], de l’Union européenne, de la Norvège, du Japon, de la République de Corée et d’autres dans le domaine du développement à faible teneur en carbone. Leur mise en œuvre, dans ces pays, peut amener à des restrictions d’importations de certaines productions en raison de leur niveau élevé d’émission de gaz à effet de serre, ce qui établirait de fait un “protectionnisme carbone” ».

Entre la détermination des uns et le « niet » américain, Moscou, qui s’est engagé à réduire de 70 % ses émissions d’ici à 2030 par rapport à 1990, juge prudent de ne pas se précipiter. « Nous voulons attendre que les règles de distribution des ressources et autres points techniques très importants soient définis », a indiqué M. Poutine, en soulevant l’obstacle financier de sa mise en œuvre. « Les Etats-Unis, a-t-il souligné, se sont engagés à investir 100 milliards de dollars pour venir en aide aux pays en voie de développement. »

Marges de manoeuvre

Ces arguments en main, M. Poutine s’est refusé à « juger le président Obama, pardon, le président Trump parce que le président Obama a pris cette décision et que le président actuel pense qu’elle n’a pas été assez réfléchie ».

A l’opposé des Européens qui refusent de renégocier quoi que ce soit, le chef du Kremlin estime qu’il existe des marges de manœuvre, « même si on ne peut pas faire machine arrière ». « Il faut créer les conditions d’un travail en commun constructif », a-t-il insisté, car si un pays comme les Etats-Unis, parmi les plus grands émetteurs de la planète, n’en sont pas, « on ne pourra pas, dans ce cas-là, conclure ni signer aucun accord ».

Interrogé par la journaliste américaine de NBC, Megyn Kelly, bête noire de Donald Trump, M. Poutine n’a pas boudé son plaisir non plus lorsqu’il s’est agi de réfuter les accusations d’ingérence russe aux Etats-Unis, ou de dénoncer les sanctions s’autorisant, ici aussi, une référence d’Outre-Atlantique. « Les rumeurs sur ma mort ont été très exagérées », a-t-il ironisé en citant l’écrivain et essayiste Marc Twain.

Isabelle Mandraud, Moscou, correspondant

UE-Chine : l’unanimité sur le climat minée par les questions commerciales Ils veulent sauver les accords de Paris sur le climat, sont au diapason dans leur critique de la décision de Donald Trump mais… pour la deuxième année consécutive, l’Union européenne (UE) et la Chine se sont quittés sans accord écrit. Ils se sont longuement empoignés, vendredi 3 juin, sur des questions commerciales, ce qui a empêché la signature d’un texte par les deux parties. La question du statut d’économie de marché de la Chine a été le principal point d’achoppement. Bruxelles refuse d’accorder ce statut à Pékin en raison du dumping auquel se livre la Chine dans divers domaines, dont l’acier, où elle alimente d’importantes surcapacités. Acquérir le statut d’économie de marché permettrait à la Chine d’échapper aux droits antidumping qui peuvent actuellement lui être imposés. Des discussions se poursuivent au sein de l’Organisation mondiale du commerce, saisie par Pékin.

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Etats Unis : La sortie de l’accord de Paris signe la victoire d’une minorité très idéologique

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Par Gilles Paris, Washington, correspondant

La décision de Donald Trump conforte sa base électorale, conservateurs, libertariens, évangéliques, complotistes et climatosceptiques en tous genres.

Quelques jours avant l’annonce par Donald Trump du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris, jeudi 1er juin, le détail d’un sondage de la chaîne conservatrice Fox News a tracé, le 25 mai, une ligne de fracture qui permettait d’anticiper sa décision.

Recroquevillé jusqu’à présent sur sa base électorale face aux turbulences qui ne cessent de secouer le début de son mandat, M. Trump savait qu’elle ferait bon accueil à cette rupture, pourtant refusée par une majorité d’Américains, selon des études convergentes.

Alors que 60 % de personnes interrogées par Fox News s’avouaient « inquiètes » face au changement climatique (contre 40 % d’avis opposés), ses électeurs du 8 novembre 2016 campaient sur une position inverse. En effet, 75 % d’entre eux assuraient n’éprouver aucune inquiétude à ce propos (contre seulement 12 % des électeurs de la démocrate Hillary Clinton), tout comme une large majorité d’électeurs protestants évangéliques blancs (60 %) et conservateurs (69 %).

« Je prie Jésus, mais pas la Mère nature »

Le polémiste conservateur Erick Erickson avait résumé le sentiment d’une partie de cette coalition hostile à l’accord de Paris en publiant le message suivant sur son compte Twitter, le 31 mai : « Je prie Jésus, mais pas la Mère nature. Il nous a dit d’en prendre soin, mais ça ne veut pas dire que je me soucie du réchauffement climatique. »

Le 28 mai, au cours d’une rencontre avec ses administrés, un représentant républicain du Michigan, Tim Walberg, ancien pasteur, n’avait pas dit autre chose après avoir reconnu la réalité du changement climatique. « En tant que chrétien, je crois qu’il y a un créateur, Dieu, qui est beaucoup plus grand que nous. Et je suis convaincu que, s’il y a un véritable problème, il peut en prendre soin », avait-il assuré.

Erick Erickson, moquant « l’hystérie » qui a accompagné selon lui l’annonce de M. Trump, a fait mine de s’étonner sur Twitter vendredi matin : « Attendez ! Quoi ? La planète est toujours là ? Il y a toujours de l’oxygène ? Fascinant. »

Saluant un discours « magnifique » du président des Etats-Unis, Mark Levin, une autre figure ultra conservatrice, a dénoncé lui aussi, jeudi, l’influence d’une « gauche socialiste » jugée « non autochtone » (non américaine) car venue d’Europe, sur son podcast The Mark Levin Show.

Une dénonciation quasi complotiste

« Le véritable objectif de ceux qui se présentent comme des progressistes mais qui sont des régressistes n’était pas d’inverser le changement climatique », a-t-il assuré, « il s’agissait d’utiliser le pouvoir du gouvernement pour redistribuer la richesse » des Etats-Unis à des pays étrangers. « Le mouvement environnemental fait partie d’un mouvement idéologique », a-t-il encore affirmé.

Car la dénonciation quasi complotiste des projets de « la gauche » recoupe les préoccupations d’une autre grande famille conservatrice : celle qui dénonce les abus d’un Etat fédéral jugé tentaculaire – une controverse qui trouve ses racines à la création des Etats-Unis –, alors que les grandes avancées sur l’environnement ont souvent coïncidé avec des présidences républicaines, comme l’adoption de la pierre angulaire de l’action environnementale américaine : le Clean Air Act, ratifié par Richard Nixon en 1970, et étendu, en 2005, par George W. Bush.

Autre paradoxe, la lutte contre le réchauffement climatique est reprise à leur compte depuis jeudi par des Etats, qu’ils soient démocrates (Californie, Etat de New York, Etat de Washington), mais aussi républicain (Massachusetts).

Dans sa défense des intérêts américains, Donald Trump n’a mentionné que des villes de la « Rust Belt », pas celles qui font déjà face à la montée des eaux comme la Nouvelle Orléans (Louisiane), ou Miami (Floride). Des élus républicains de Floride, Vern Buchanan et Carlos Curbelo, ont d’ailleurs condamné sa décision.

Un enjeu idéologique

A l’opposé, une myriade de groupes de pression d’inspiration libertarienne et conservatrice, The Competitive Enterprise Institute, The Heartland Institute, The Heritage Foundation et le CATO Institute, se sont mobilisés inlassablement contre l’accord de Paris.

Les deux derniers ont fourni l’essentiel de l’argumentaire utilisé par Donald Trump jeudi, avec les rapports tout aussi alarmistes produits par le courant pro business conservateur représenté par The US Chamber of Commerce et l’American Council for Capital Formation.

Ils étaient motivés à la fois par des convictions climatosceptiques et la hantise des réglementations, incarnées par le directeur de l’agence de protection de l’environnement, Scott Pruitt.

Ces groupes sont soutenus par des milliardaires très impliqués dans le débat politique, comme les frères Charles et David Koch, ainsi que par Robert Mercer et sa fille Rebekah, dont est proche le conseiller stratégique du président, Stephen Bannon. Pour ce dernier, la « bataille de Paris » recoupait enfin un dernier enjeu idéologique d’essence nationaliste : la reconquête d’une souveraineté américaine jugée menacée par le multilatéralisme.

Pendant la semaine qui s’est écoulée, le porte-parole de la Maison Blanche, Sean Spicer, et Scott Pruitt, déterminant dans la bataille contre l’accord de Paris, n’ont cessé d’être interrogé sur les convictions du président américain, qui n’a pas cité une seule fois l’expression « réchauffement climatique » dans son discours de jeudi. M. Trump croit-il à sa réalité ? Aucun des deux n’a jamais répondu.

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vendredi 2 juin 2017

Macron fait mouche en détournant le slogan de Trump

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Le poids de la com’, le choc des formules

L’Edito de Didier Micoine – le Parisien

La France vient d’essuyer un revers avec la décision de Donald Trump de se retirer de l’accord de Paris sur le climat. Mais Emmanuel Macron a marqué des points, y compris aux Etats Unis où les Français n’ont pourtant pas l’habitude d’avoir la cote. Jeudi soir, le nouveau président a été le premier à réagir depuis l’Elysée. Il l’a fait aussi en anglais, s’adressant ainsi directement aux Américains (qui dans leur majorité sont favorables à l’accord de Paris) et affichant clairement sa volonté d’être aux avant-postes de la lutte contre le réchauffement climatique. Ses formules chocs, notamment son déjà fameux «Make our planet great again» (rendez sa grandeur à notre planète) qui détourne le slogan de campagne de Trump, ont fait mouche. Elles ont été reprises en boucle sur les réseaux sociaux et dans les medias, y compris américains. Alors bien sûr, c’est de la communication, mais la com’ n’est pas forcément négative si elle est bien utilisée. Les belles formules de Macron ne permettront pas de faire oublier la polémique autour de l’affaire Ferrand, mais pour le président et son nouveau gouvernement, ce « buzz » est quand même bon à prendre.

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La folle décision des Etats Unis

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jeudi 1 juin 2017

Accord de Paris - Message du Président de la République

Une publication partagée par TIME (@time) le 1 Juin 2017 à 15h48 PDT

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Climat : Donald Trump annonce que les Etats-Unis se retirent de l'accord de Paris.

Après des semaines d'atermoiements, le président américain a finalement tranché. Donald Trump, qui se trouve à la tête du deuxième pays le plus pollueur du monde, a annoncé jeudi 1er juin la sortie des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat. Ce texte historique, signé par 194 autres pays en décembre 2015, vise à contenir la hausse de la température moyenne mondiale "bien en deçà" de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

Une publication partagée par TIME (@time) le 1 Juin 2017 à 12h57 PDT

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mardi 30 mai 2017

Macron-Poutine. Échanges musclés

Ils ont tenu leur conférence de presse dans la Galerie des Batailles du Château de Versailles, et le lieu a tenu toutes ses promesses : le président français, Emmanuel Macron et son homologue russe, Vladimir Poutine, ne se sont pas fait de cadeau lors de leur première rencontre, hier, qu'il s'agisse du conflit syrien, des droits de l'Homme ou des médias russes. Toutefois, les deux dirigeants ont annoncé une plus grande coopération entre leurs deux pays dans de nombreux domaines.

Un cadre somptueux pour aborder des sujets brûlants. Emmanuel Macron a accueilli, hier, Vladimir Poutine au Château de Versailles, pour l'inauguration de l'exposition « Pierre le Grand, un tsar en France », qui ressuscite la mémoire de la visite à Versailles de Pierre Ier, en mai et juin 1717, marquée par l'établissement des relations diplomatiques entre la France et la Russie. Mais cette visite était surtout un prétexte pour aborder des questions éminemment plus cruciales, développées par les deux dirigeants lors d'une conférence de presse commune.

1. La question syrienne et la lutte contre le terrorisme. Le président français a averti son homologue russe qu'il y avait « une ligne rouge » à ne pas franchir dans le conflit syrien : « Toute utilisation d'armes chimiques fera l'objet de représailles et d'une riposte immédiate, en tout cas de la part des Français », a-t-il assuré, alors que Moscou soutient ouvertement le régime de Bachar al-Assad, accusé d'avoir plusieurs fois utilisé des armes chimiques dans le conflit.

Emmanuel Macron a toutefois souhaité un « partenariat » renforcé avec Moscou pour lutter contre le terrorisme dans ce pays. Même son de cloche du côté russe : « Le plus important, c'est la lutte contre le terrorisme », a déclaré Vladimir Poutine.

Alors que le président russe explique ne pas pouvoir « lutter contre la menace terroriste tout en détruisant l'État syrien », son homologue français s'est prononcé en faveur d'« une transition démocratique » dans ce pays, en englobant « l'ensemble des parties prenantes du conflit syrien, y compris les représentants de Bachar al-Assad. Dans la région, les États faillis (NDLR : en déliquescence) sont une menace pour nos démocraties et on l'a vu, à chaque fois, ils ont conduit à faire progresser les groupements terroristes », a-t-il souligné, en référence notamment à la Libye.

2. Une discussion à venir sur l'Ukraine. Concernant l'Ukraine, le dialogue a été plus ouvert entre les deux dirigeants. À la fermeté de Vladimir Poutine, pour qui « les sanctions » contre la Russie ne contribuent « aucunement » à régler la crise ukrainienne, le président français a répondu en rappelant qu'il y aurait « une discussion » au format Normandie, réunissant Russie, Ukraine, France et Allemagne, dans les « prochains jours ou semaines », pour éviter « une escalade » des tensions dans ce pays.

3. La répression des homosexuels en Tchétchénie. Sur la question épineuse des droits de l'Homme, le président français s'est montré très ferme, indiquant qu'il serait « constamment vigilant » sur leur respect en Russie et en Tchétchénie. Selon lui, Vladimir Poutine a promis la « vérité complète » sur la répression des homosexuels en Tchétchénie et indiqué « avoir pris plusieurs initiatives sur le sujet des personnes LGBT (NDLR : lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres)» pour « régler les sujets les plus sensibles ».

4. Développer les relations bilatérales. La France et la Russie entendent aussi développer leur coopération, autant à travers les échanges économiques que sur le plan culturel et sociétal. Les deux présidents ont notamment promis d'intensifier les échanges entre étudiants des deux pays et de mettre en place un forum franco-russe des sociétés civiles, « le dialogue du Trianon », comme l'a indiqué Emmanuel Macron. Les ministres de la Culture russe et français travailleront également aux échanges bilatéraux.

https://www.pscp.tv/w/1jMJgoYnmQwJL

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