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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mardi 25 juillet 2017

Emigrants

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African migrants try to reach a rescue boat from the Spanish NGO Proactiva Open Arms after falling from a punctured rubber boat in the Mediterranean Sea, about 12 miles north of Sabratha, Libya, on July 23, 2017. Nearly 111,000 sea arrivals to Europe have been recorded by the U.N. so far this year; another 2,365 are dead or missing. Photograph by Santi Palacios (@santipalacios)—@ap.images

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BD. Mézières confie son Valérian à Luc Besson

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Jean-Claude Mézières dans son atelier parisien, situé près des Gobelins.

Article de Marcel Quiviger

Mercredi, la nouvelle super production de Luc Besson, le film à plus gros budget de l'histoire du cinéma français « Valérian et la cité des mille planètes » sera sur tous les écrans de cinéma. Un grand moment d'émotion pour les pères de Valérian : le dessinateur Jean-Claude Mézières et son compère le scénariste Pierre Christin, qui fêtent de la plus belle des manières le 50e anniversaire de cette série mythique de la revue Pilote.

En 1967, Jean-Claude Mezières et Pierre Christin, deux amis d'enfance, passionnés de bandes dessinées, qui s'étaient connus dans un abri lors des bombardements de Paris, durant la Seconde Guerre mondiale, se trouvent engagés dans l'aventure de la naissance du magazine Pilote. Son rédacteur en chef, René Goscinny, toujours à la recherche de nouvelles histoires, de nouveaux héros, leur propose une expérience d'une trentaine de pages, un galop d'essai. Mézières et Christin lui soumettent une histoire de science-fiction, d'agents spatio-temporels, un genre peu usité à l'époque par la BD. Personne ne pouvait imaginer alors que les deux personnages ainsi créés, Valérian et Laureline, allaient connaître un tel succès et une telle longévité : 23 albums et plus de 2,5  millions d'exemplaires vendus en 50 ans !

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Cette série, humaniste et très subtile, est née dans le bouillonnement intellectuel de la revue Pilote qui a vu évoluer, dans les années  60, des personnages comme : Astérix, Blueberry, Lucky Luke, Achille Talon... et où se croisaient, aux conférences de rédaction du lundi, des auteurs comme Gotlib, Druillet, Giraud, Bretecher, Fred, Mandryka... Excusez du peu ! C'est le second âge d'or de la BD franco-belge après celui des Hergé et Franquin. « Goscinny, c'était un vrai patron de presse », affirme, aujourd'hui, Jean-Claude Mézières, qui avoue également sa fascination pour « le talent terrifiant de Jean Giraud », alias Gir et Moebius.

« Plus question de nouvel album »

Le tandem d'amis Mézières-Christin (par ailleurs fondateur et enseignant à l'école de journalisme de Bordeaux) ne s'est jamais ennuyé avec Valérian. Dans le calme de son atelier parisien, près des Gobelins, Jean-Claude Mézières savoure les bienfaits de l'espace-temps : « Chaque album explore une planète, une période, des créatures différentes. À chaque fois, c'est un nouvel univers, un nouveau monde, je ne pouvais pas m'ennuyer. Du coup, Valérian suffisait à mon bonheur. Je n'avais pas besoin d'autres séries, d'autres personnages. Et ce que j'aime surtout, c'est raconter des histoires, mettre le dessin au service du récit. La BD est un art de la narration graphique plus qu'un simple travail de dessinateur ou d'illustrateur. Aujourd'hui, la boucle est bouclée avec Valérian. Plus question de nouvel album, de nouvelle histoire. Deux, trois années de travail par album, ce n'est plus de mon âge ! Pas question non plus de poursuite à l'identique avec de nouveaux auteurs, sauf si l'on m'arrache un accord contre mon gré, sur mon lit de mort ! Mais, en revanche, des " Valérian vu par " - comme celui de Larcenet et à la rentrée prochaine, avec Lupano et Lauffrey - sont les bienvenus. Celui de Larcenet m'a fait hurler de rire ».

La rencontre avec Luc Besson

« La relation avec Luc Besson a débuté en 1991 quand il m'a demandé de travailler pour les décors du film " Le Cinquième élément ". C'est moi qui, par exemple, lui ai donné l'idée des taxis volants issus de l'album " Les cercles du pouvoir ". C'est lors de ce travail qu'est née l'idée d'adapter un jour Valérian sur grand écran. Mais c'était trop tôt à cette époque, la technique des effets spéciaux n'était pas assez maîtrisée. C'est en 2014 que le projet s'est concrétisé. Il nous a soumis le script du film et cela nous a paru totalement cohérent avec la série. Je m'y retrouve très bien et les personnages sont bien dans l'esprit de ce qu'on a essayé de faire avec ce petit couple finalement assez moderne transposé au 28e siècle ».

Ce film a aussi un petit côté revanche pour les deux créateurs de Valérian, bien qu'ils prennent garde, par élégance, à ne pas d'utiliser ce mot. Quand George Lucas a lancé Star Wars à la fin des années 1970, il y avait de grands airs de ressemblance avec Valérian, à tel point que Mézières lui écrivit, sans jamais recevoir de réponse.

Mais peu importe aujourd'hui, puisque le Star Wars à la française sort cette semaine sur les écrans, inspiré de l'album « L'ambassadeur des ombres ». Et si le succès mondial est au rendez-vous, comme c'est souvent le cas avec Luc Besson, de nouveaux épisodes sont déjà dans les cartons, un peu à l'image de Star Wars...

Jamais à la mode mais jamais démodé

Pour Jean-Claude Mézières et Pierre Christin, cette transformation cinématographique de leurs personnages créés il y a 50 ans, est accompagnée d'une intense exposition médiatique. Les deux compères enchaînent les interviews et jamais, sans doute, leurs deux personnages n'auront autant été sur le devant de la scène. De nouvelles traductions dans de multiples langues confidentielles sont au programme (comme l'islandais !). « La chance de Valérian, c'est de n'avoir jamais vraiment été à la mode. Et donc, de ne pas être démodé », affirme Pierre Christin.

Mais aujourd'hui, il va leur falloir affronter un tsunami de communication et d'expositions en tous genres. Ce qui fait sourire Jean-Claude Mézières, déjà habitué à rencontrer, dans des séances de dédicaces, ses lecteurs assidus et, au hasard des rencontres, quelques jeunes femmes dénommées Laureline en référence à son héroïne. Fait encore plus invraisemblable : une Laureline s'est un jour présentée à lui accompagnée de son conjoint Valérian. Encore un coup de l'espace-temps !

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Première du film Valerian - Rihanna et Cara Delevingne

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Un millier de manifestants à Moscou contre les restrictions sur Internet

Le Net russe, très utilisé par l’opposition, connaît ces dernières années un tour de vis des autorités et la tendance se renforce actuellement, sur fond de lutte antiterroriste.

Environ un millier de Russes ont défilé, dimanche 23 juillet, dans les rues de Moscou lors d’un rassemblement, autorisé par les autorités, contre le renforcement de la surveillance et des restrictions sur Internet. Aux cris de « Non à la censure, non à la dictature », ou encore « A bas l’Etat policier », les manifestants ont marqué leur opposition aux dernières mesures législatives prises par les autorités.

Certains ont détourné un slogan de l’opposition, « La Russie sans Poutine », ajoutant « et sans censure » à ce mot d’ordre très populaire lors des mobilisations contre le Kremlin. La police a estimé le nombre des manifestants à 800. Selon un journaliste de l’Agence France-Presse présent sur place, ils étaient entre 1 000 et 1 500 à avoir répondu à l’appel du parti Parnas, dirigé par l’ancien premier ministre Mikhaïl Kassianov.

Trois participants au défilé ont été interpellés, dont un pour avoir tendu des tracts en faveur de l’opposant Alexeï Navalny, a indiqué l’ONG russe OVD-Info spécialisée dans le suivi des arrestations.

Tour de vis

Pour Pavel Rassoudov, ancien dirigeant du groupe Parti pirate, les autorités cherchent à contrôler et surveiller Internet depuis 2011, lorsque la campagne présidentielle de Vladimir Poutine a été émaillée de manifestations de grande ampleur. « Les autorités ont alors compris qu’Internet était un outil de mobilisation, que cela amenait les gens à sortir dans les rues », a-t-il expliqué.

Le Net russe, très utilisé par l’opposition, subit ces dernières années un tour de vis des autorités et la tendance se renforce actuellement, sur fond de lutte antiterroriste. Vendredi, le Parlement a ainsi approuvé une loi interdisant l’utilisation dans le pays des « anonymizers », services Web qui permettent d’accéder de manière anonyme à des sites bloqués sur le territoire.

Il a également voté une loi obligeant les utilisateurs à s’identifier par un numéro de téléphone pour utiliser les messageries sur Internet. Fin juin, Roskomnadzor, l’autorité de surveillance des médias, avait aussi menacé de bloquer Telegram, une messagerie très populaire en Russie pour son niveau élevé de cryptage. Et depuis le 1er janvier, les entreprises Web russes et étrangères sont forcées de stocker les données de leurs utilisateurs en Russie et de les transmettre aux autorités si elles en font la demande.

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Laetitia Casta

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Mario Testino

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lundi 24 juillet 2017

Libération

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MIDDLE OF NOWHERE

MIDDLE OF NOWHERE – LISA AVSIYAN {EXCLUSIVE EDITORIAL/NSFW}

by chariskm

Lisa Avsiyan ,is a photographer based in Tel Aviv. This story she submitted to us was planned to be a part of a series for a solo exhibition in Tel Aviv, however after a 5 mins shooting the battery unexpectedly died and they found themselves  in the middle of nowhere in the sands of Israel desert. […]

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La joie de la pêche au canular gros comme une baleine...

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Par Laurent Carpentier - Le Monde

Le festival Paris l’été a fait appel à un groupe d’activistes surréalistes flamands pour déposer une vraie-fausse baleine sur les quais de la Seine. Du théâtre à ciel ouvert

Nuit sans lune. De celles propres aux cauchemars. En face, il y a Notre-Dame ; à ses pieds, les eaux noires de la Seine… le jeune homme écoute en boucle le rap de Niro sur son smartphone : « La pétasse reviendra quand ce sera la crise. » Mais c’est une baleine qui débarque. Et elle est immense, un peu plus de quinze mètres, posée sur un semi-remorque.

« Pfff… C’est dangereux de conduire avec ça à l’arrière, soupire Koen, le chauffeur, en descendant de sa cabine. Les gens vous doublent, ils ralentissent pour faire une photo et manquent vous rentrer dedans. » Koen et sa drôle de cargaison ont passé la nuit sur un parking à Valenciennes. À présent, une demi-douzaine d’ombres déposent le corps sans vie de l’animal au pied du Pont de la Tournelle à Paris.

Vendredi 21 juillet. 4 heures du matin. Bart, qui arbore un T-shirt NSWA (North Sea Whales Association), explique aux fêtards retardataires qui traînent sur les quais dans les brumes de l’alcool, que l’animal vient d’être repêché dans le fleuve. Une troupe de cachalots qui descendaient du pôle vers les tropiques – des mâles, parce que seuls ceux-ci s’aventurent dans les eaux arctiques –, s’est trompée de route, contournant l’Angleterre par l’Est. Dans la Manche, peu profonde, ces cétacés, qui vont chercher habituellement leur nourriture par 2 000 mètres de fond, étaient affamés.

C’est alors qu’un exercice militaire leur a fait peur. Trois d’entre eux se sont réfugiés dans l’estuaire de la Seine et, profitant du passage des bateaux pour franchir les écluses, sont remontés jusqu’ici. L’équipe du NSWA cherche les deux autres pour les ramener à la mer, mais on pense que celle-ci est morte, dit-il en montrant l’animal…

« VOUS SAVEZ, CETTE BALEINE, CE N’EST PAS LA PREMIÈRE FOIS QUE CELA ARRIVE À PARIS »

« Je suis triste parce qu’elle a l’air jeune quand même », soupire Malika. « Vous allez en faire quoi, des steaks ? Quand je pense à tous les rats qu’elle a dû avaler… » bafouille Damien en se tenant le ventre de rire. Face à lui, les hommes en combinaisons blanches gardent un sérieux de ministre : « Le cachalot doit avoir un peu plus de quinze ans… »

Il est cinq heures. Paris s’éveille et va défiler ainsi pendant trois jours devant l’animal, tour à tour triste ou amusé, en colère devant l’incurie des hommes face à la nature, ou dubitatif devant le goût – trop bon pour être honnête – de cette baleine venue pourrir sur le lieu le plus photographié de Paris.

À chaque heure, sa vague de population. Après les fêtards du petit matin, voici les joggeurs. Il est 6 h 30. Petite foulée soufflante, l’œil sur le cardio. Quand ils réalisent, ils font demi-tour et bousillent leur performance. 7 h 30, ce sont les mamies à chiens : « C’est l’homme qui l’a tué ! C’est l’homme ! » Puis c’est le tour des bobos rejoignant le boulot à Vélib’. Plus circonspects.

« Je prends une photo, ce n’est pas tous les jours qu’on voit une baleine… Mais voyons, tu vois bien que c’est une fausse… OK, je prends une photo, ce n’est pas tous les jours qu’on voit une fausse baleine. »

Un oxymore échoué sur les berges de la Seine

C’est l’exposition que vous n’aviez pas prévue, la pièce de théâtre dont vous êtes le héros. L’animal est en polystyrène recouvert de résine polyester sur une armature en bois, et la North Sea Whales Association, tout comme l’histoire de ces trois cachalots perdus, n’existe que dans les rêves de Bart Van Peel, le directeur artistique de Captain Boomer, un collectif d’Anvers, qui s’est fait spécialité des mises en scène surréalistes : échouage de baleines, descente au centre de la Terre…

Quand Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel, les patrons du Monfort Théâtre, ont reçu pour mission de reprendre le Festival Quartier d’été, ils ont d’abord enlevé le mot « quartier » de son intitulé : marre de réduire la culture à de l’action sociale. Ils ont ensuite cherché un cœur à ce festival éclaté en différents lieux de la capitale et jeté leur dévolu sur le lycée Jacques-Decour, en bas de Montmartre, où ils ont aménagé plusieurs scènes. Enfin, ils ont décidé qu’il ne s’agissait pas uniquement de proposer des spectacles mais de distribuer de l’émotion aussi à ceux qui ne sortent pas le soir. C’est là qu’ils ont pensé à Captain Boomer.

Le groupe est né officiellement en 2008 avec le premier échouage de leur cachalot sur une plage de Hollande, à Scheveningen, puis à Anvers et Ostende, avant d’être découpée en 2011, par son créateur, Dirk Claessens, pour créer Geppetto, une installation conçue par l’artiste français Loris Gréaud pour la Biennale de Venise. L’atelier de création Zéphyr, dirigé depuis la mort de Dirk Claessens par sa veuve Hedwig Snoeckx, réalisera un nouveau cachalot qui viendra s’échouer en 2013 à Londres et Valence, et enfin en 2016, à Duisburg, en Allemagne, et à Rennes…

C’est naturellement dans Moby Dick que le belge Bart Van Peel, qui, à côté de ces installations, écrit des scénarios pour des séries télé, a été pêcher le nom du collectif : « Captain Boomer y est le patron du Samuel-Enderby, le pendant raisonnable du capitaine Achab », dit-il tout sourire en insistant sur le mot « raisonnable ». Mais, c’est à la nouvelle de John Cheever, The Swimmer, qu’il a emprunté sa définition : « Ce n’est ni un farceur, ni un fou, mais il est déterminé à être différent et se voit modestement comme un personnage légendaire. » Tout est là : cette baleine est un oxymore échoué sur les berges de la Seine. Faussement vraie. Ou faussement fausse.

Tout autour du périmètre de sécurité installé par les pseudo-scientifiques, les gens cherchent à se convaincre. « Regardez sur Internet, ils ont déjà fait le coup l’an passé ! », s’emporte l’un. « Le drame, c’est que les gens comme vous ne veulent plus croire en rien ! C’est grave cette baleine échouée. Quel monde ! », s’exaspère l’autre. « Je suis Breton, j’ai déjà vu la même à Lorient », affirme Eric avec enthousiasme.

L’absurde est une arme

La presse, elle, a levé fièrement le lièvre. Une armée de « fact checkers » a appelé la mairie de Paris, la brigade fluviale, les pompiers qui débarquent sirène hurlante… On a même traqué le journaliste du Parisien complice qui a écrit sciemment en amont un article trompeur, ces fake news devenues tartes à la crème (le ressort de base de toute comédie).

Selon les articles, la taille de l’animal varie de 15 à 20 mètres et on peut vous l’affirmer : « Tout cela est faux, c’est une œuvre de sensibilisation écologiste… » Sauf que le militantisme lui-même n’est qu’un leurre, une strate de plus dans le mille-feuille… Mais qu’écrire sinon ce qu’on vous donne comme information ? Et l’information, c’est le cadet des soucis de la bande à Bart, qui sait mieux que quiconque vous laisser conclure ce que bon vous semble.

Un acte militant ? C’est aussi la grande inquiétude de la police, dont trois patrouilles sont envoyées l’une après l’autre pour voir de quoi il retourne : « C’est le branle-bas de combat à l’état-major, personne n’est au courant… », explique le policier, qui ne peut s’empêcher de sourire devant l’animal. Pourtant toutes les autorisations sont là, accordées en Haut-Lieu. Simplement on y a écrit : « une sculpture », pas « une baleine ». L’approximation est ici la règle de l’art. « Mais c’est quoi le but au juste ? Vous n’êtes pas Greenpeace ou un truc comme ça ? Ce n’est pas revendicatif ? Ah, juste culturel ? » Les voilà rassurés. « Le canular est le plus grand cauchemar des gens qui détiennent l’autorité, explique Bart. J’adorerais faire ça en Chine ou en Egypte… » Ubu pas mort. L’absurde est une arme.

LES ACTEURS NE RÉPONDENT JAMAIS OUI À L’ÉTERNELLE QUESTION : « ELLE EST VRAIE ? », MAIS REBONDISSENT À CÔTÉ

Bien que les médias aient vendu la mèche, le lendemain, la magie opère toujours. Méticuleusement, un membre de l’équipe incise la bête à coups de scalpel et de faux sang : « Pour faire sortir les gaz, sinon elle peut exploser, explique-t-il à une audience médusée. On lui a fait une endoscopie, elle a l’estomac plein de produits toxiques à l’intérieur, des sacs plastique, des canettes de bière… » Les acteurs ne répondent jamais oui à l’éternelle question : « Elle est vraie ? » mais rebondissent à côté. Comme les hommes politiques et les maris volages, ce sont des conteurs. N’avoue jamais, même face à l’évidence.

« Dans l’arène théâtrale, explique Bart, tu ne quittes pas ton rôle. Après, parfois, quand on voit que cela ne va pas, on prend la personne à part… » C’est le cas de Lola, 21 ans, vegan, militante de la cause animale. Elle est venue dès les toutes premières heures, après avoir reçu un message sur Instagram. Le sable, les baquets qui répandent l’odeur de poisson… Elle flaire la supercherie. Le sait. Mais face à la posture de Tim et de Klaus, elle se met à douter : « Dites-moi que c’est faux, sinon c’est trop horrible… », supplie-t-elle, n’arrivant plus à partir, se décomposant : « Vous savez qu’en 2046, il n’y aura plus de poisson dans les mers ? » Bart finira par la tranquilliser.

On croit parce qu’on veut croire. Charles, la soixantaine triomphante, est venu des Gobelins quand il a su. Et il n’en démord pas : « Vous savez, cette baleine, ce n’est pas la première fois que cela arrive à Paris. »

Festival Paris l’été, du 17 juillet au 5 août.

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