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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

vendredi 12 octobre 2018

Bella Hadid

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mert atalas

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Le temps, c'est de l'argent | ARTE

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Vu sur internet

Le photographe  Joaquin Burgueño a  soumis cet éditorial qu'il a réalisé avec son équipe autour du concept de nudité, de sa nature et de la controverse de le montrer. Pour créer cela, Carlota (directeur de la création et également l'un des modèles) et Joaquin se sont inspirés de sculptures gréco-romaines qui utilisent constamment la nudité comme signe de beauté, renforçant le corps et son anatomie.

Voir plus de travail de Joaquin ici:  INSTAGRAM

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Retraites : une réforme explosive aux multiples inconnues

Par Raphaëlle Besse Desmoulières, Bertrand Bissuel

Le gouvernement va-t-il préciser ses intentions sur la réforme des retraites ? L’occasion lui en est, en tout cas, offerte avec la reprise des concertations sur ce chantier parmi les plus sensibles du quinquennat.

Mercredi 10 octobre, le haut-commissaire chargé du dossier, Jean-Paul Delevoye, a reçu, pour la première fois depuis sa prise de fonctions, à l’automne 2017, l’ensemble des partenaires sociaux, alors qu’il les avait rencontrés séparément jusqu’à présent.

La ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, qui défendra le projet de loi lorsqu’il sera examiné au Parlement – en 2019, en principe –, ne sera finalement présente qu’à l’ouverture de la rencontre alors qu’elle devait, là aussi une première, être autour de la table. Mais son cabinet a précisé, mardi, qu’elle devait filer en conseil des ministres, décalé pour cause de remaniement.

Lundi soir, la réunion a même été reportée avant d’être maintenue. Selon M. Delevoye, elle a pour objectif de tirer « le bilan » des discussions conduites au premier semestre et de faire « une proposition de calendrier pour les six prochains mois ».

Un véritable big bang

Contrairement à la transformation du système ferroviaire, adoptée à la fin du printemps, ou à la réécriture du code du travail, en 2017, la réforme des retraites concerne tous les actifs : fonctionnaires, salariés du privé, professions libérales ou agriculteurs. Un véritable big bang qui ambitionne de rendre plus équitable et plus lisible un système devenu indéchiffrable, avec sa quarantaine de régimes soumis à des règles différentes. De ce projet, peu de choses sont connues, à ce stade, mise à part une profession de foi très générale : il s’agit de bâtir un dispositif universel où chaque euro cotisé apportera les mêmes droits à tous.

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de ne toucher ni à l’âge légal de départ à la retraite ni à la durée de cotisation. Lors de son discours devant le Congrès, le 10 juillet à Versailles, le chef de l’Etat a, de nouveau, exprimé sa volonté d’instaurer « un système (…) juste, unique, transparent ». Il a aussi redit son attachement à un « régime par redistribution », « reposant sur la solidarité entre les générations », où les cotisations de ceux qui travaillent financent les pensions des personnes à la retraite.

De son côté, le premier ministre, Edouard Philippe, a confirmé, le 27 septembre, que la réforme n’aura aucun « impact sur les personnes qui sont à la retraite et sur les personnes qui vont prendre leur retraite » dans les prochaines années.

Terrain miné

En dehors de ces quelques grands principes, l’exécutif s’est peu avancé. Quant à M. Delevoye, « il a noté ce que nous voulons », comme le résume Pascale Coton, vice-présidente de la CFTC.

Mais, de ces multiples face-à-face entre le haut-commissaire et les partenaires sociaux, il n’en est ressorti aucun arbitrage. De ce fait, l’impatience commence à poindre chez plusieurs protagonistes. « On n’en sait pas plus qu’il y a un an », soupire un haut gradé du Medef. « Ça fait six mois qu’on tourne en rond, renchérit un syndicaliste. Il serait bienvenu qu’ils nous exposent leurs orientations, au moins sur les thèmes abordés durant la concertation. »

« J’ai dit à Jean-Paul Delevoye que si on n’avait pas d’éléments concrets [mercredi], on ne viendrait plus », met en garde Pascal Pavageau, secrétaire général de FO. « Il faut qu’ils fassent état de choix tangibles, pour que leur parole puisse susciter la nôtre », affirme également Frédéric Sève (CFDT).

L’exécutif se montre prudent car il sait que le terrain est miné. Impossible, en effet, d’oublier la polémique qui a éclaté, au printemps, sur les pensions de réversion : il a suffi d’une phrase, dans un document officiel, pouvant laisser penser que celles-ci seraient sur la sellette pour que les esprits s’enflamment.

Des centaines de milliers de personnes ont cru qu’elles risquaient de perdre une partie de leurs revenus. Une crainte attisée par une communication approximative : à l’époque, Agnès Buzyn avait tenu des propos imprécis qui pouvaient être interprétés comme une remise en cause de la réversion au détriment des personnes n’ayant pas travaillé ; elle a ensuite très vite corrigé le tir mais l’épisode a contribué à entretenir le trouble.

Ne pas « cogner » avec des échéances politiques

« Ce débat s’est révélé emmerdant car ils ne se sont pas investis dedans, c’est très révélateur d’un dossier mal porté, mal préparé, déplore un dirigeant syndical. Les retraites, ce n’est pas son truc, à Buzyn. Il y a une carence de portage politique. »

Un avis très tranché qui ne reflète pas celui de toutes les organisations syndicales et patronales. Le fait que le dossier soit piloté par une personnalité extérieure à l’organigramme gouvernemental – M. Delevoye en l’occurrence – ne pose « pas de difficulté », aux yeux d’Alain Griset, le numéro un de l’Union des entreprises de proximité (artisans, commerces, professions libérales). « Jean-Paul Delevoye a le poids politique nécessaire et la confiance du président de la République », juge-t-il. « On a vraiment l’impression que c’est un ministre bis », complète Michel Chassang, patron de l’Union nationale des professions libérales (UNAPL). Qui plus est, le haut-commissaire est entouré d’une dizaine d’experts « qui connaissent parfaitement la question », souligne Serge Lavagna (CFE-CGC) : « On parle du fond des sujets. »

L’une des inconnues, maintenant, se situe dans la date à laquelle le gouvernement abattra ses cartes. Dans son discours devant le congrès de la Mutualité, le 13 juin, M. Macron avait fait part de sa volonté de voir « une loi (…) présentée au début de l’année 2019 et [qui] sera votée dans le premier semestre » de la même année. Mais cette fenêtre de tir pourrait être repoussée, pour ne pas « cogner » avec des échéances politiques.

« La mère de toutes les batailles »

Alors que les élections européennes auront lieu en mai 2019, le gouvernement n’a pas forcément envie de présenter, en amont du scrutin, un texte susceptible d’agréger les mécontentements. La CGT et FO ne demandent qu’à en découdre. Idem pour une partie de l’opposition de gauche. Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a d’ailleurs promis d’en faire « la mère de toutes les batailles ».

A un moment donné, l’exécutif devra trancher et sortir du flou. Cette étape sera délicate car, comme l’a lui-même reconnu M. Macron, on verra qui seront les gagnants et les perdants.

Interpellé lors de sa visite à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne), le 4 octobre, le chef de l’Etat a, de nouveau, martelé que le système actuel « n’est pas juste ». « C’est pour ça que je veux en faire un nouveau. Il y en a qui vont râler, car ils touchent plus avec le système actuel », a-t-il lancé. Une manière de montrer qu’il s’attend, lui aussi, à livrer bataille.

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Luba Shumeyko

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jeudi 11 octobre 2018

Vu en vitrine - Galerie d'Art rue de Rivoli

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Immigration en Europe - Laurent Gaudé : « L’“Aquarius” est notre Antigone »

Par Laurent Gaudé, écrivain

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain estime que le navire humanitaire nous rappelle qu’il existe des lois non écrites qu’on ne peut oublier sans se perdre soi-même.

Il en est malheureusement souvent ainsi : à défaut de trouver une solution à un problème complexe, on cherche à le rendre invisible. Mais faire disparaître n’est pas résoudre. Le phénomène migratoire de ces dernières années a ouvert une crise profonde en Europe, à ce jour irrésolue. Une fracture se dessine entre les pays favorables à une politique résolument intransigeante et des gouvernements plus ouverts mais terrifiés par l’impact que pourrait avoir un discours conciliant sur leurs électeurs.

D’un côté, la haine, de l’autre, la prudence. Dans ce contexte de confusion politique, une initiative civile est venue apporter une réponse à la crise humanitaire qui se joue en Méditerranée. Elle est modeste. Elle est fragile. Elle fait ce qu’elle peut. Mais elle a du sens et, surtout, elle sauve des vies. L’Aquarius est notre Antigone. Le bateau humanitaire nous rappelle qu’il existe des lois non écrites, vieilles comme l’humanité, qu’on ne peut oublier sans se perdre soi-même. Ne pas laisser mourir quelqu’un en mer est l’une de ces lois.

Errance humanitaire

Au début de son action, l’Aquarius a été loué. Puis, au fur et à mesure que passaient les mois, de plus en plus critiqué. Le bras de fer s’est durci avec l’arrivée du chef de file de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini au gouvernement de l’Italie. Le ministre de l’intérieur transalpin a commencé par lui refuser l’accès aux ports du pays, créant ainsi les conditions scandaleuses d’une errance humanitaire.

Depuis cet été, une nouvelle stratégie est apparue. En août, l’Aquarius a perdu le pavillon de Gibraltar. Il a dû trouver une solution pour pouvoir continuer sa mission : le pavillon panaméen. Mais, rebondissement, en septembre, le Panama, à son tour, déclare qu’il a l’intention de retirer au navire son pavillon.

Pourquoi donc ? Qu’est-ce qui a provoqué ce revirement ? 23 % de la flotte de la marine marchande mondiale bat pavillon panaméen. Qu’est-ce qui fait que, aujourd’hui, l’Aquarius en devient indigne ? Rien, si ce n’est la politique. La stratégie est simple : on cherche à couler l’Aquarius en l’immobilisant.

Aucun soutien politique

Que le bateau humanitaire soit devenu un enjeu politique n’est guère surprenant. Il incarne aujourd’hui – à son corps défendant – la paralysie européenne face au phénomène migratoire et est devenu, au fil des ans, la mouche du coche.

Régulièrement, après avoir sauvé des vies, il revient vers les côtes européennes avec toujours la même question : où accoster ? Et qui pour accueillir les migrants ? Plus le temps passe, plus la question énerve. On comprend bien pourquoi l’Europe du premier ministre hongrois Viktor Orban et de Matteo Salvini est résolument contre l’action du bateau.

Mais ce qui est plus surprenant, c’est le silence un peu gêné des autres pays européens. Qui a offert de venir en aide à l’Aquarius ? Personne. Aucun soutien politique clair de la part d’un gouvernement. A tel point que l’on peut se demander si l’Europe n’est pas secrètement soulagée de voir Matteo Salvini venir à bout du navire. Sauf qu’en politique les silences coupables ont des conséquences.

Si demain l’Aquarius ne retrouve pas de pavillon, le silence tombera sur la Méditerranée. Est-ce que les migrants cesseront pour autant de tenter la traversée ? Non. Mais il n’y aura plus d’yeux pour les voir. Leur destin sera libyen. Car c’est bien les gardes-côtes libyens qui s’occuperont des secours. Et tout deviendra plus opaque, pour ainsi dire, invisible.

Une cécité confortable

Voulons-nous d’une Europe dont la seule ambition est de construire les conditions d’une cécité confortable ? D’une Europe qui, lorsqu’elle ne parvient pas à prendre à bras-le-corps un problème, organise les moyens de l’éloigner en le sous-traitant ?

A la veille des élections européennes, ce qui aurait du sens pour redonner un peu de contenu au projet européen, c’est qu’un des pays de l’Union européenne (UE) donne son pavillon à l’Aquarius. Ou mieux que l’Europe, en tant qu’institution, le fasse ! Elle dirait alors clairement que, même si elle n’a pas encore trouvé les moyens politiques de faire face à ce phénomène, même si elle connaît des tensions intérieures violentes, elle ne peut envisager de renoncer à son humanisme.

Si rien n’est fait, l’Aquarius sera contraint de rester à quai, dans le port de Marseille, et ce sera un camouflet scandaleux pour l’Europe que nous aimons, une défaite profonde face aux populismes qui bombent le torse.

Il n’y a pas de raison de taire notre colère face à la politique de MM. Salvini et Orban parce que les décisions qu’ils prennent influent sur notre Europe. Il n’y a pas de raison de ne pas rappeler à nos hommes politiques que l’opposition face à cette droite populiste passe aussi par l’Aquarius. Ne laissons pas le pavillon de l’indifférence flotter en Méditerranée. Ne laissons pas s’installer en nous la défaite de l’esprit.

Laurent Gaudé est lauréat du prix Goncourt 2004 pour son roman « Le Soleil des Scorta » (Actes Sud). Il vient de faire paraître « Salina, les trois exils » (Actes Sud, 160 pages, 16,80 €)

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Extrait d'un shooting - portrait

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Remaniement

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La destruction, une « passion créatrice » chez Banksy

Par Emmanuelle Jardonnet - Le Monde

Sabotée lors de sa vente chez Sotheby’s, vendredi 5 octobre, une œuvre du street-artiste britannique est aussitôt devenue iconique.

Cela fait une petite quinzaine d’années que Banksy repousse les frontières d’une discipline, le street art, dont il est la figure tutélaire, tout en réussissant à maintenir le mystère sur son identité. Le natif de Bristol (Royaume-Uni) – c’est l’une des seules certitudes sur ses origines – a une fois de plus réussi à prendre tout le monde de court, vendredi 5 octobre, avec une scène surréaliste.

En pleine semaine de Frieze, la foire d’art contemporain londonienne, Sotheby’s Londres organisait dans la soirée une vente, dont l’ultime lot était un Banksy : une version originale de son iconique Girl with Balloon estimée entre 230 000 et 340 000 euros. Elle est venue confirmer la bonne santé de la cote de l’artiste, puisqu’elle s’est envolée, à l’image du ballon rouge en forme de cœur qui s’échappe des mains de la fillette, à plus de 1,04 million de livres (près de 1,2 million d’euros).

Mais, le dernier coup de marteau frappé, l’affaire a pris un tour inattendu : une alarme s’est déclenchée et l’œuvre est sortie de son cadre par le bas à travers une broyeuse à papier, se découpant pour moitié en lamelles.

« Going, Going, Gone »

La stupeur dans la salle a immédiatement été relayée sur les réseaux sociaux, où photos et vidéos sont devenues virales. Quelques heures plus tard, Banksy lui-même revendiquait le sabotage avec un cliché accompagné d’un commentaire ironique : « Going, Going, Gone », l’équivalent anglais d’« adjugé, vendu ».

Mieux, dès le lendemain, l’artiste postait sur son site une petite vidéo d’explication (qui affiche près de 10 millions de vues sur Instagram), où il affirme qu’il y a « quelques années », il a « construit une broyeuse en secret » dans le cadre de cette œuvre, « au cas où elle serait vendue aux enchères ». Le texte se superpose aux images d’un homme insérant l’appareil sur mesure derrière les dorures. Sur son compte Instagram, il cite Picasso au passage, en légende : « La passion de la destruction est en même temps une passion créatrice. » Une formulation qu’il a ironiquement appliquée à la lettre.

Dans la foulée de l’incident, une journaliste de The Art Newspaper a pu recueillir la réaction à chaud d’Alex Branczik, le directeur européen de Sotheby’s pour l’art contemporain, qui a assuré n’avoir pas été averti du canular. « Nous venons de nous faire “bankser” », a-t-il déclaré, ajoutant : « Ce soir, nous avons eu un aperçu du génie de Banksy. » Selon lui, l’œuvre cisaillée pouvait avoir pris « plus de valeur » après cet épisode inédit.

Toujours cité par The Art Newspaper, Sotheby’s a déclaré : « Nous avons parlé à l’acquéreur, qui a été surpris par l’histoire. Nous sommes en discussion pour la suite. » La maison de ventes évoque le changement de statut de l’œuvre, qui n’est plus une peinture, mais la trace d’un sabotage du marché de l’art.

« Positionnement anti-système »

Sur la vidéo diffusée par Banksy, on voit les réactions estomaquées de l’équipe de Sotheby’s comme celles du public. On y aperçoit notamment le commissaire-priseur, Olivier Fau, de Sotheby’s Paris, au téléphone avec l’acquéreur, qui se retourne et sursaute, bouche bée. La maison de ventes a décliné la demande du Monde de revenir avec lui sur l’événement.

Arnaud Oliveux, commissaire-priseur chez Artcurial et spécialiste d’art urbain, est lui aussi régulièrement amené à vendre des œuvres de Banksy – ce sera d’ailleurs le cas lors de la vente d’Artcurial du 24 octobre, avec trois sérigraphies. Il a suivi avec beaucoup d’intérêt la vente comme le happening. « Je venais de poster le résultat de cette vente quand j’ai vu passer les premières vidéos sur les réseaux sociaux », raconte le professionnel, qui estime que « l’information s’est diffusée d’une façon exceptionnellement puissante ».

Malgré toute la théâtralité de la scène, qui semble réglée comme du papier à musique, il considère que ses confrères de Sotheby’s ne devaient effectivement pas être au courant : « S’ils l’étaient, la démarche de l’artiste serait moins forte, et vu son positionnement anti-système, je ne le vois pas entrer dans une collaboration avec une maison de ventes, lui qui a toujours fait des pieds de nez à l’institution en général, et au marché en particulier. Par ailleurs, quand on voit la surprise sur les visages des équipes de Sotheby’s, on n’imagine pas qu’ils puissent faire semblant. »

Il souligne au passage l’une des ambiguïtés de ce « coup d’éclat » : « Banksy critique la spéculation du marché, et en même temps, cette œuvre à moitié détruite devient iconique. Et, même s’il ne touche rien sur cette vente, il participe finalement à la spéculation en gagnant en notoriété. D’ailleurs, l’œuvre n’est pas broyée, elle reste très lisible, elle est simplement transformée en une nouvelle œuvre, presque une sculpture. Mais si le prix s’envole par la suite, il pourra dire : vous voyez, les spéculateurs n’ont pas de limites, ils enchérissent sur une œuvre détruite. Quoi qu’il en soit, cette pièce, qui cumule deux interventions de l’artiste, est entrée dans l’histoire de l’art : tout le monde l’a vue, et on en parlera longtemps. Je suppose qu’elle sera empruntée pour des expositions. »

Le mystère reste entier

Selon le commissaire-priseur, certaines zones d’ombre demeurent sur les conditions de ce coup de maître. Parmi lesquelles la question de la non-détection par la maison de vente du système de broyeuse inséré : « Le cadre fait partie intégrante de l’œuvre de Banksy. Ce sont souvent, comme c’est ici le cas, de gros cadres dorés rococo qui évoquent des tableaux anciens, et jouent sur le décalage avec les pochoirs. Lors du rapport de condition des œuvres, avant une vente, celles-ci sont auscultées. Quand une œuvre est encadrée, il arrive qu’on la décadre. Il faudrait voir le dos du tableau : s’il est scellé, cela expliquerait qu’il n’ait pas été ouvert. » Mais le plus étonnant, selon lui, est la présence de la fente par laquelle le papier est sorti : « Elle aurait pu être repérée. Y avait-il un clapet fermé qui s’est ouvert ? »

On peut également se demander depuis quand le cadre a été piégé. Selon le catalogue, l’œuvre, qui reprend un graffiti peint dans les rues de Londres en 2002, avait été offerte par l’artiste en 2006. « Difficile d’imaginer que ce système artisanal installé dans le cadre ait pu fonctionner et être déclenché à distance douze ans après avoir été installé. Il y a plus de chances que le vendeur anonyme soit dans le coup que Sotheby’s », estime Arnaud Oliveux.

Autre interrogation : comment l’artiste pouvait-il être sûr que l’œuvre serait exposée dans la salle des ventes le jour J ? « C’est vrai qu’il y a absolument tous les atouts pour une visibilité maximale. On aurait voulu le mettre en scène, on n’aurait fait mieux ! », résume le professionnel.

Si on ne sait pas qui a déclenché le mécanisme, Banksy pourrait en tout cas avoir eu plusieurs complices dans la salle, car son petit film est un montage de plusieurs points de vue. Alors que le mystère reste entier, le dispositif inspire déjà de nombreux détournements en ligne : avec des œuvres emblématiques comme le Salvator Mundi ou La Joconde, ou, de façon plus politique, avec notamment Brett Kavanaugh, le juge républicain nommé par le président américain Donald Trump à la Cour suprême des Etats-Unis et accusé de viol.

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