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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

lundi 27 août 2018

Mylène Farmer

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Charlie Hebdo

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Collection Pinault - exposition à Rennes

Seconde Guerre Mondiale from Jacques Snap on Vimeo.

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Libération

lib55

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Vu sur internet

ballons

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L’heure de la transformation a sonné pour France Télévisions

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Par François Bougon

L’entreprise publique s’engage dans une refonte complète de son organisation, pour favoriser la production de programmes.

Un si grand soleil. C’est le titre du feuilleton de la rentrée sur France 2. L’entreprise publique n’a pas lésiné sur l’investissement, avec un budget global d’une trentaine de millions d’euros. Signe qu’elle y place beaucoup d’espoir, il est diffusé à 20 h 40, dès lundi 27 août, un créneau idéal pour dynamiser ses soirées.

« Nous ferons briller ce grand soleil toute l’année », s’est enthousiasmée Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, jeudi 23 août, lors de la conférence de rentrée. « Une rentrée que nous voulons optimiste, tournée vers l’avenir », a-t-elle ajouté. Il faut dire que la saison précédente n’a pas été de tout repos.

A l’automne dernier, l’Elysée n’avait pas apprécié que France Télévisions tente de revenir sur des réductions budgétaires de 50 millions d’euros en faisant du lobbying auprès des députés. En décembre 2017, les journalistes de France Télévisions avaient voté une motion de défiance… Pour couronner le tout, Emmanuel Macron avait lancé une charge violente contre l’audiovisuel public, accusé en particulier de ne pas avoir réussi à s’adapter. Les regards s’étaient largement tournés vers France Télévisions.

Au milieu de cette tourmente, c’est Mathieu Gallet, président de Radio France, qui apparaissait comme l’homme en vue. A tel point que certains le voyaient déjà comme le futur super-PDG de l’audiovisuel public. Pas vraiment un grand soleil pour Delphine Ernotte.

190 millions d’euros d’économie d’ici 2020

Depuis, la situation a considérablement évolué. M. Gallet a été révoqué après une condamnation pour favoritisme. Dans le processus lancé par le ministère de la culture pour définir les priorités de l’audiovisuel public et mettre en œuvre les synergies entre les différentes entités, Mme Ernotte, dont le mandat s’achève en 2020, a joué un rôle de premier plan. « Elle est proactive », commente-t-on au ministère.

Mais, même si le ciel s’est en partie dégagé, il est encore chargé de quelques nuages bien menaçants. L’entreprise publique va devoir assumer la plus grande partie des efforts budgétaires réclamés par le gouvernement dans le cadre de la grande réforme de l’audiovisuel public.

En juin, les grandes priorités de cette transformation ont été définies : proximité, jeunesse, éducation, numérique. Un mois plus tard, le transfert d’ici 2020 sur le numérique de deux chaînes, France 4, celle de la jeunesse, et France Ô, celle de l’outre-mer, a été acté et les chiffres des économies escomptées ont été donnés : 190 millions d’euros d’ici à 2022, dont 160 pour la seule France Télévisions. « Ce sont des chiffres exigeants (…) Ce n’est pas facile, mais ça reste faisable », a souligné Mme Ernotte. En juillet, dans un communiqué, la CGT s’est inquiétée d’un « gigantesque plan d’austérité ». « Si les 160 millions d’euros d’économies devaient porter sur l’emploi, ce sont plus de 1 900 emplois qui seraient menacés », affirmait le syndicat. Mme Ernotte reste prudente et exclut tout « plan contraint ».

Le « big bang » de la disparition des patrons de chaînes

L’équation est d’autant plus complexe que la tutelle a exigé que les obligations en matière de production, dans les fictions, les documentaires, l’animation… – quelque 420 millions d’euros pour France Télévisions, sans compter les 60 millions pour le cinéma –, soient sanctuarisées et que l’audiovisuel public investisse dans le numérique 150 millions d’euros de plus par an, à l’horizon 2022.

Pour parvenir à ses fins, France Télévisions mise sur une refonte complète de son organisation d’ici la fin de l’année. Fini les baronnies des chaînes, place à une organisation destinée à favoriser les programmes avec, hors information, une direction des antennes qui s’occupera d’abord des programmes avant de penser aux tuyaux où ils seront diffusés, qu’ils soient linéaires ou numériques. « Parler seulement en termes de canaux linéaires ne veut plus rien dire », a souligné jeudi Takis Candilis, directeur délégué à l’antenne et aux programmes.

Une nouvelle organisation qui verra la mise en place d’unités de programmes centralisées par genres, permettant « beaucoup plus d’harmonie et de complémentarité entre toutes les chaînes », explique-t-il. Bref, l’assurance de moins de doublons – pas moins de cinq documentaires sur Mai 68 ont été produits cette année par les différentes chaînes de France Télévisions –, et « un big bang » avec la disparition des patrons de chaînes.

Un autre gros chantier sera le rapprochement de France 3 et de France Bleu. Des expérimentations sont lancées tous azimuts en cette rentrée, à la fois sur des matinales et sur le numérique, pour faire émerger à terme des « médias globaux de proximité ». Enfin, à partir de lundi, avant le journal, les téléspectateurs découvriront de nouvelles cartes météo : grande innovation, les nuages seront moins gris et plus sympathiques. On l’espère.

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Musée des Beaux Arts de Rennes

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Karl Lagerfeld, le dernier empereur

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Par Raphaëlle Bacqué

Les visages de Karl Lagerfeld (6/6). Le changement de siècle ne lui aura pas été fatal. Toujours aux avant-postes de la modernité, le couturier joue de son look incomparable, qui se prête si bien à la caricature, mais aussi au marketing et aux réseaux sociaux. A 85 ans, le « Kaiser » semble plus puissant que jamais.

Le voici donc enfin, cet homme dont l’image semble appartenir à tous. Le voici, fine silhouette vêtue de noir, avec son catogan d’empereur new age. Le soir de notre rencontre, pourtant, Karl Lagerfeld a échangé ses lunettes sombres pour des verres transparents qui laissent voir un regard brun sarcastique, traversé de fugitifs éclats de bonté. Il est moins impressionnant. C’est ce qu’il n’aime pas. « Les myopes ont toujours un regard de bon chien, et je ne veux pas exposer le mien à la populace », dit-il avec cet accent d’aristo allemand si particulier, que tous ceux que nous avons rencontrés pour cette série d’articles, immanquablement, se sont mis à imiter.

Ses mains sont couvertes de bagues. Deux ou trois à chaque doigt. En janvier dernier, lorsqu’il est apparu le visage caché par une barbe blanche bien taillée, masquant à peine ses lèvres pâles, le changement a été si saisissant qu’il a dû venir à la télévision pour certifier qu’à 85 ans, il va bien. C’est le piège, lorsque l’on s’est dessiné un masque qui vous identifie dans tous les pays du monde. « Un jour, je suis sorti dans la rue, coiffé seulement d’un bonnet pour ne pas être reconnu, s’amuse-t-il. Au bout de quelques minutes, un type m’a arrêté : “Alors, Karl, tu te déguises ?” » Ainsi donc, ces lunettes noires, ce catogan, ce costume sombre et ce haut col blanc, toute cette « panoplie », comme il dit, sont devenus son naturel, et le naturel passe pour un artifice…

Karl Lagerfeld est arrivé avec une heure et demie de retard. Ce n’est presque rien comparé à ses habitudes. « Prenez un bon livre », avaient conseillé ses proches. Il a suffi de piocher dans l’immense bibliothèque qui grimpe jusqu’au plafond et sert de décor à son studio de photo, à Paris. Poésie, livres d’art, dictionnaires de grec ou d’italien, histoire de France, littérature allemande. On trouve aussi plusieurs versions de Faust, cet homme qui vendit son âme au diable pour acquérir la connaissance universelle et qui lui a inspiré un livre de photos. Maintenant qu’il est là, il a tout son temps. « Je ne dis pas tout, mais je réponds aux questions. » Ce n’est pas vrai, bien sûr. Lorsqu’une interrogation le gêne ou l’ennuie, il vous pose une colle en retour et lève les yeux au ciel si vous séchez.

« Je dîne tous les soirs avec lui. C’est assez monacal, vous savez, il ne fait que travailler »

Sébastien Jondeau, son garde du corps

Dehors, devant sa limousine garée sur le bord du trottoir, son chauffeur et son garde du corps l’attendent patiemment. Tout à l’heure, ils l’emmèneront jusqu’à son appartement du quai Voltaire, d’où il voit la Seine et le Louvre. C’est là qu’il a emménagé, il y a onze ans, délaissant son hôtel particulier de la rue de l’Université, si somptueux que les visiteurs se croyaient à Versailles. Des parois de verre bleuté qui s’ouvrent sur une bibliothèque, des écrans dernier cri, un univers ultra-connecté. « Rien d’antérieur à l’an 2000 », a-t-il précisé à son décorateur. La nuit, quand on passe sur les quais, les lumières sont toujours allumées. Peut-être s’y dépouille-t-il enfin de son personnage, comme on relâcherait les fils d’une marionnette. « Il n’a pas de vie secrète, a précisé Sébastien Jondeau, son bodyguard depuis vingt ans. Je dîne tous les soirs avec lui. C’est assez monacal, vous savez, il ne fait que travailler… »

Nouveau régime

C’est peut-être là le premier secret de son exceptionnelle longévité. Le dernier empereur de la mode a résisté, par son extraordinaire discipline, aux excès, aux mutations économiques et aux nouvelles générations, à tout ce qui, irrémédiablement, vous pousse vers la sortie.

On aurait dû prêter une autre attention à ce régime, entrepris à la fin de l’an 2000, dont il a fait depuis un livre à succès. Dix kilos perdus, puis vingt, puis trente. Le 28 janvier 2001, jour du premier défilé d’Hedi Slimane pour Dior Hommes, Yves Saint Laurent et Pierre Bergé sont là, assis en front row, ce premier rang réservé aux stars. Karl Lagerfeld, en coulisses, photographie le nouveau génie de la mode, adoubé par ce tandem désormais ennemi. « Encore dix kilos à perdre. Peut-être plus… Je veux être le premier à porter cette collection », s’est juré Lagerfeld. Six mois plus tard, il rentre dans les costumes étroits de Slimane.

Plus mince, affûté, il a aussi fini par digérer Saint Laurent. Non pas qu’il l’ait doublé au panthéon des couturiers, où « YSL » reste inatteignable. Mais il lui a survécu. « Mozart et Salieri », c’est ainsi que Suzy Menkes, la chroniqueuse mode de l’International Herald Tribune, avait qualifié, en 1988, la rivalité légendaire entre les deux couturiers. « Salieri a eu une plus belle vie », rétorque Lagerfeld. En 2002, Yves Saint Laurent annonce lui-même la fin de sa carrière. Il est malade, usé par les drogues et la dépression, cette « faute de goût » aux yeux de Lagerfeld. Plusieurs fois par semaine, Yves se rend chez son psychanalyste, quand Karl soutient que « cela tue la créativité. Si on est honnête avec soi-même, on connaît les questions et les réponses. Je n’ai pas besoin de psychanalyste parce que je connais les réponses ».

Les coudées franches

C’est la première étape de sa transformation du XXIe siècle. « Sans Saint Laurent, Karl n’a plus été sur le pied de guerre, souligne Ralph Toledano, le président de la Fédération française de la couture et du prêt-à-porter, qui a dirigé pendant dix ans, avec succès, la maison Karl Lagerfeld. L’un s’est dégradé et l’autre fortifié. Yves était le roi, Karl est devenu le Kaiser. » C’est à ce moment-là qu’il s’est dessiné ces chemises blanches à col montant rigide qui masquent les méfaits du temps sur son cou. En 2003, après l’effacement de Saint Laurent, affirme encore Suzy Menkes, « Lagerfeld a signé ses plus belles collections pour Chanel ». Puis il a entrepris de devenir une icône planétaire.

S’il faut chercher l’instant précis où « Kaiser Karl » s’est transformé en ce personnage que, de New York à Pékin, tout le monde reconnaît, il faut sans doute s’arrêter au printemps 2004. C’est la seconde étape. Ce jour-là, il a fait préparer, dans le vaste salon blanc au premier étage de son hôtel particulier, un déjeuner somptueux. Du caviar d’Iran dans de grands saladiers noirs, des vins fins, de la vaisselle en porcelaine et des verres de cristal, des fleurs partout… Lui-même ne touche presque à rien, mais le couturier veut impressionner ses hôtes suédois. Margareta Van den Bosch, la directrice artistique de H&M, est venue de Stockholm, flanquée de son PDG et de son directeur marketing, et c’est assez audacieux d’offrir ce décor digne d’une cour d’ancien régime aux rois de la mode bon marché.

Imposante, toujours habillée de noir, la patronne du style chic and cheap (« chic et pas cher ») est rarement intimidée. Habituellement, elle règne d’une main de fer sur la centaine de designers chargés de renouveler chaque saison les collections des 1 700 boutiques de l’enseigne suédoise. Mais c’est elle qui a eu l’idée de faire appel au couturier pour surprendre la clientèle et faire grimper les ventes. Elle tient à le séduire. Six mois auparavant, derrière ses lunettes cerclées de noir, Margareta Van den Bosch a lu les résultats du sondage international qu’elle avait commandé. « Karl Lagerfeld est le plus connu dans le monde. Les autres sont trop vieux ou alors ils sont morts », a-t-elle asséné à ses équipes. Maintenant qu’elle a convaincu le père et le fils Persson, les propriétaires et patrons de la marque, elle veut être certaine que le partenariat va fonctionner.

« Karl, est-ce vrai ? »

La Suédoise Margereta connaît les hommes bien au-delà des études marketing. Karl Lagerfeld a 71 ans, des honneurs et de l’argent. Comme toujours, il a été éblouissant, avec son humour et sa fine connaissance de la littérature scandinave. Mais sa minceur de jeune homme, ces mitaines en cuir et ce col blanc qui cachent ses mains et son cou, laissent d’emblée comprendre qu’il mène contre le temps une course dont on ne sort jamais vainqueur. « Tout le monde vient dans nos boutiques, et des jeunes, beaucoup de jeunes », a-t-elle habilement glissé.

Le 12 novembre 2004, alors que les boutiques H&M ouvrent leurs portes, une longue file attend sur le trottoir. A Paris, rue de Rivoli, les vêtements Lagerfeld sont présentés au sous-sol, et l’on manque de s’étouffer, tant la foule est excitée. Partout ailleurs, on constate la même hystérie, filmée par les journaux télévisés.

Pour annoncer dans le monde entier cette collection conçue pour la première fois par un grand nom de la couture, la firme suédoise a imaginé une publicité drôle et provocante, en anglais. Dans un décor de lustres et de lambris – est-ce un souvenir du déjeuner dans le salon blanc ? –, deux snobs vieillissants et ridicules manquent de s’étouffer devant leur œuf coque au caviar : « But it is impossible ! Karl, is it true ? » (« mais c’est impossible ! Karl, est-ce vrai ? ») « Of course it’s true » (« bien sûr, c’est vrai ») répond un Lagerfeld imperturbable, qui a tenu à jouer son propre rôle. Face aux élites sclérosées, il affirme son entrée dans une nouvelle ère : la consommation de masse, rapide et éphémère. La marque, elle, annonce une augmentation des ventes de 24 % pour le seul mois de novembre 2004. La rue porte ses tops pailletés et ses petites robes noires à moins de 60 euros.

Des pin’s à son effigie

Karl Lagerfeld n’est plus seulement un couturier de luxe. Il est devenu populaire. « Il ferait mieux de s’occuper de son jardin », persiflaient les deux snobs de la pub H&M. « Pourquoi s’occuper de son jardin, lorsqu’on peut avoir une forêt ? », répond-il. On ne saurait mieux dire sa volonté de voir plus grand. Coca-Cola, Volkswagen, Hogan, Trois Suisses, Sephora, Canderel, on ne compte plus ses collaborations avec des marques grand public. Jusqu’à cette campagne de prévention de la sécurité routière, en 2008, où il arborait un gilet fluorescent – « C’est jaune, c’est moche, ça ne va avec rien, mais ça peut vous sauver la vie » –, qui l’a placé dans le camp de ceux qui se soucient du bien public.

Cela ne l’a pas empêché de lancer ses défilés les plus spectaculaires. Sur la muraille de Chine, pour Fendi, en 2007. Dans des décors grandioses pour Chanel au Grand Palais, un paquebot de croisière reconstitué, des jardins à la française, les quais de la Seine. Dans des contextes improbables, comme ce jour de 2016, au cœur de la Havane communiste, où le Paseo del Prado fut bouclé pour 400 VIP, des milliers de Cubains se pressant aux balcons pour apercevoir l’Occident capitaliste et les mannequins Chanel défiler. Chaque fois qu’une voix s’inquiète « Mais cela va coûter très cher… Mais cela va choquer », il balaie les peurs d’un « Oui, mais c’est ça qui est rigolo… »

Le luxe et le bon marché, la beauté et le kitsch, Karl Lagerfeld n’a jamais eu peur de les manier tour à tour. Y a-t-il un autre exemple de couturier capable du plus grand raffinement dans la haute couture et de cette autocélébration permanente à travers des colifichets ? A Pékin et à Moscou, on peut trouver au marché des pin’s à l’effigie de Karl Lagerfeld. Partout dans le monde, il existe des bonnets, des tee-shirts, des tasses, des stylos griffés de son célèbre profil. La silhouette du couturier se décline aussi en ours en peluche et en poupée Barbie. Même Fendi a créé une gamme « Karlito », avec un sac et un porte-clés.

L’idole des jeunes

C’est donc cette gloire planétaire qu’il recherchait ? Cette représentation du moi, parfaitement stylisée – lunettes noires et queue-de-cheval –, qui lui a offert une célébrité de rock star et transcende les classes et les générations ? « Un jour, trois jeunes de banlieue nous ont arrêtés rue de Rivoli : “Ah, Karl, on t’aime !” », raconte Jean-Jacques Picart, célèbre attaché de presse de la mode. Ils ne savaient probablement pas qu’il était un créateur de mode. Mais Lagerfeld était enchanté. “C’est ce que j’aime, disait-il, plaire aux jeunes de tous les milieux”. »

La jeunesse est une obsession, dans ce monde où, avant même d’atteindre 30 ans, un mannequin est jugé fané. Pour Karl Lagerfeld, c’est un défi. Un effort constant pour se tenir aux avant-postes de la modernité. Chaque mois, il achète le smartphone dernier cri en plusieurs exemplaires, qu’il distribue ensuite à son entourage. « Je me régénère », dit-il. Ce look qu’il s’est inventé se prête magnifiquement aux caricatures, mais aussi au marketing, à cette nouvelle ère de l’Internet et de l’image numérique qui a enterré l’univers de ses débuts. En juillet 2013, il avait présenté son défilé Chanel dans le décor d’un théâtre en ruines à l’horizon duquel se dressait une ville de science-fiction : comment mieux dire qu’il veut encore s’adapter ?

Un tel parcours ne se mène pas sans laisser dans son sillage un certain nombre de blessés. On les a souvent croisés, inquiets qu’il puisse encore leur nuire, lui qui a inscrit dans les premières pages de son recueil d’aphorismes (Le Monde selon Karl, Flammarion, 2013), sa définition de la vengeance : « Je sais que c’est une chose méprisable et horrible, mais je ne vois pas pourquoi je ne devrais pas rendre aux gens la monnaie de leur pièce, s’ils m’ont fait quelque chose. » Puis, en gras, en lettres plus larges : « C’est quand ils ont tout oublié que je retire la chaise, parfois dix ans après. »

Coupeur de têtes

C’est ainsi : le « Kaiser » entretient autour de lui une cour de fidèles et, à quelques mètres, une file de bannis. Inès de la Fressange a mis dix ans à renouer avec lui. Mannequin vedette chez Chanel, elle s’était vue signifier son renvoi, en juillet 1989. Elle allait se marier, se montrait moins disponible et, surtout, elle avait accepté de prêter son visage au nouveau buste de Marianne. « Si elle veut figurer au Musée Grévin, elle ne défilera pas. Je n’habille pas les monuments classés », avait cinglé Lagerfeld. A l’époque, personne chez Chanel n’avait protesté. Anna Piaggi, cette Italienne excentrique qui l’inspirait ? Ecartée au bout de quelques années. Un jour, c’est par un dessin qu’il a signifié à une collaboratrice la fin de son contrat. Il avait croqué chaque membre de son équipe en personnages d’Ancien Régime. Lorsqu’il arriva à elle, il traça une main tenant la tête tranchée de la condamnée, avec cette dédicace : « En souvenir de cette collection. »

« Sa succession, je ne veux pas l’envisager. D’ailleurs, nous n’en parlons jamais. Le seul cas semblable à celui de Karl, c’est le pape, vous savez »

Bernard Arnault, PDG de LVMH

Karl Lagerfeld est un homme de pouvoir qui ne dédaigne pas la politique. Le soir du second tour de l’élection présidentielle de 2002, c’est chez lui que Bernadette Chirac vînt fêter la victoire de son mari face à Jean-Marie Le Pen. Le couturier avait dressé un grand buffet. L’épouse du chef de l’Etat avait mené toute la campagne habillée en Chanel, promenant ses bottes siglées sur les chemins boueux de Corrèze. Elle était encore là lorsque Nicolas Sarkozy, dont l’épouse, Carla Bruni, avait défilé pour lui, a remis à Lagerfeld sa cravate de commandeur de la Légion d’honneur, en 2010, à l’Elysée. Et c’est lors d’un dîner chez le patron de LVMH, Bernard Arnault, qu’Emmanuel Macron, alors jeune ministre de l’économie, lui a été présenté. Karl Lagerfeld ne vote pas en France, cependant. « Je n’ai pas la nationalité », rappelle-t-il.

C’est à son pays natal, l’Allemagne, qu’il réserve ses critiques les plus féroces. Angela Merkel en sait quelque chose qui trouve presque chaque mois sa caricature, signée Karl Lagerfeld, dans le supplément du quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. La décision de la chancelière d’accueillir un million de migrants, en 2015, l’a exaspéré. « On ne peut pas, même s’il s’est écoulé des décennies, tuer des millions de juifs pour faire venir des millions de leurs pires ennemis, après », a-t-il lancé, l’hiver dernier, la rendant responsable de l’entrée au parlement national du parti d’extrême droite AfD. Moyennant quoi, lors de son défilé à Hambourg, en décembre, le maire social-démocrate ne s’est pas montré à ses côtés. Il s’en moque, lui qui est l’un des Allemands les plus célèbres dans le monde.

« Je n’ai que des contrats à vie »

Et maintenant ? Karl Lagerfeld n’a ni enfant ni compagnon. Seulement une jolie chatte, un birman aux yeux céladon, qu’il emmène avec lui à chaque voyage dans un sac Vuitton. Sur son téléphone parviennent à intervalles réguliers des photos de Choupette, envoyées par la nurse de l’animal. Choupette trônant sur les dessins de sa prochaine collection. Choupette dormant avec sa poupée Karl, comme un amour envahissant et fidèle. C’est lui qui a pris cette photo qui le montre en jouet entre les pattes de ce félin miniature, comme un trait d’ironie sur lui-même.

Sa marque Karl Lagerfeld a pris un nouveau départ et ouvert une centième boutique dans le monde. Avec son aide, Sébastien Jondeau vient de lancer sa propre ligne sportswear. Il faudrait un nouveau défi au couturier.

Ce sont les cruautés de l’âge : plus il vieillit, plus il lit dans la presse les supputations sur son éventuelle retraite, après cinquante-quatre années de carrière. Or il n’a pas l’intention de s’arrêter. « Je n’ai que des contrats à vie », jure-t-il. Lorsqu’on a posé la question à Bernard Arnault, propriétaire de Fendi à travers LVMH, celui-ci s’est récrié : « Sa succession, je ne veux pas l’envisager. D’ailleurs, nous n’en parlons jamais. Le seul cas semblable à celui de Karl, c’est le pape, vous savez. » Pour Chanel, c’est Lagerfeld qui en parle lui-même. « Entre les Wertheimer et moi, c’est comme entre Faust et le diable. » Le pacte vaut jusqu’à la mort.

Il y a quelques mois, Delphine Arnault présentait le prix LVMH, qui récompense chaque année de jeunes créateurs. « Nous devons choisir ceux qui, dans dix ans, compteront parmi les meilleurs de la mode », a-t-elle dit en ouvrant la délibération du jury, dont Karl Lagerfeld fait partie. Alors l’assemblée a entendu sa voix et son fameux accent s’écrier : « Dans dix ans ? Mais nous serons toujours là ! »

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Festival du Cinéma Américain de Deauville

Le Festival du Cinéma Américain de Deauville a toujours voulu, par le choix de ses Jurés, affirmer crédibilité, légitimité, générosité et amour du cinéma. Aussi cette édition ne dérogera pas à la règle, en se réjouissant de la qualité des personnalités qui forment ce Jury, pour qui l’art témoigne dans la création d’une puissance de vie inégalée.

Bruno BARDE - Directeur du Festival

Découvrez les membres du Jury :

Sandrine KIBERLAIN (Comédienne & réalisatrice)

Sabine AZÉMA (Comédienne)

Alex BEAUPAIN (Auteur-compositeur-interprète)

Leïla BEKHTI (Comédienne)

Stéphane BRIZÉ (Réalisateur & scénariste)

Sara GIRAUDEAU (Comédienne & réalisatrice)

Xavier LEGRAND (Réalisateur, scénariste & comédien)

Pierre SALVADORI (Réalisateur, scénariste & comédien)

Leïla SLIMANI (Romancière)

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Extrait d'un shooting - "J'peux pas, j'ai shooting"

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