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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

lundi 24 avril 2017

Sensuelle et sans suite

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Photomontage - moi aussi j'ai des fans !

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Fillon, une défaite historique

Pour la 1re fois sous la Ve République, la droite ne sera pas au second tour, ce qui va ouvrir une période de règlements de comptes et bouleverser le parti.

Par  Olivier Beaumont

Jean-édouard arrête de croquer sa tartine de rillettes quand le résultat du premier tour tombe sur la grande télévision installée à côté du buffet. « Bah, je vais la reposer. J’ai plus faim du tout là… », lâche dépité le jeune militant, dans un silence de mort. Au deuxième étage du QG de campagne de François Fillon, rue Firmin-Gillot, dans le XV e arrondissement de Paris, la claque est monumentale.

Arrivé troisième de ce scrutin, l’ancien Premier ministre n’est donc pas parvenu à déjouer les sondages. Et il en endosse l’entière responsabilité : « Cette défaite est ma défaite. C’est à moi et à moi seul qu’il revient de la porter », a-t-il lâché peu après 20 h 30, dans une courte allocution devant les journalistes, ses supporteurs et son épouse Penelope, discrètement installée au fond de la salle. « Malgré tous mes efforts et ma détermination, je n’ai pas réussi à vous convaincre », enchaîne-t-il, digne et sobre dans la défaite.

Mais amer quand même, surtout après cette campagne parasitée par le climat des affaires. « Les obstacles mis sur ma route étaient trop nombreux, trop cruels… Le moment venu, la vérité de cette élection sera écrite », jure-t-il, toujours persuadé qu’on a cherché à l’abattre. « On a fait une campagne avec un paquet d’eau salée tous les matins. Comment pouvait-il gagner ? » s’interroge sa communicante, Anne Méaux.

Depuis hier soir, François Fillon est désormais un homme plus que jamais seul. « Les électeurs ne vont pas tourner la page Fillon, ils vont la déchirer », glisse, très en colère, un ancien ministre de Nicolas Sarkozy. « Il ne s’est pas retiré alors qu’à un moment on avait un autre candidat capable de reprendre la campagne, Alain Juppé », a taclé de son côté Jean-François Copé sur le plateau de France 2, pendant que Rachida Dati évoquait une « défaite historique et morale ».

Baroin rêve déjà de matignon

Reste une droite désormais sans leadeur, plus que jamais fragilisée et sous le risque de l’implosion. Dès hier soir, la grande majorité des ténors a appelé à faire barrage au Front national, en appelant sans états d’âme à voter pour Emmanuel Macron. C’est notamment le cas d’Alain Juppé, François Baroin, Xavier Bertrand, Jean-Pierre Raffarin et bien sûr François Fillon lui-même. Cet après-midi, à 17 heures, au siège des Républicains, un bureau politique extraordinaire devrait acter solennellement cette position. Avec les yeux déjà tournés vers les élections législatives. Objectif : tenter de décrocher malgré tout une très hypothétique victoire en juin prochain. Baroin, qui rêve encore de Matignon, pourrait porter ce combat, en s’imaginant Premier ministre d’un gouvernement de cohabitation.

Encore faut-il que les candidats LR investis ne prennent pas la poudre d’escampette chez Macron. « S’il y en a qui partent, les mesures de rétorsion seront très fortes, avec d’autres candidats LR investis contre eux », prévient déjà un ténor du parti. « C’est n’importe quoi. Au nom de quoi les Républicains parviendraient à être majoritaires après une défaite présidentielle ? C’est une idée folle », s’étouffe le juppéiste Benoist Apparu.

Quant à la question de la direction du parti, elle va très vite se poser aussi. « L’assaut du fort a déjà commencé ! », reconnaissait hier soir un élu sarkozyste. Avec un homme plus que jamais à l’avant-poste des assaillants : Laurent Wauquiez. L’ambitieux quadra, qui a les faveurs de l’ancien président de la République, lorgne la direction des Républicains depuis des semaines, malgré de nombreuses réticences internes. Laissant entrevoir une nouvelle page de la guerre des chefs à droite.

@olivierbeaumont

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Pour le second tour...

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Premier tour de l'Election Présidentielle : MORBIHAN

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Presse

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Une fusée nommée Macron

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De secrétaire général adjoint à l’Elysée à candidat à la présidence, le novice en politique est passé de l’ombre à la lumière en un temps record.

Le bal du débutant

Le jardin d’hiver grouille d’invités prestigieux. En ce mois de juillet 2014, au palais de l’Elysée, un pot est organisé pour le départ d’Emmanuel Macron. Le secrétaire général adjoint a décidé de reprendre sa liberté pour enseigner et se mettre à son compte. Le président François Hollande plaisante : « Je me suis souvent présenté à l’étranger comme l’homme qui travaille avec Emmanuel Macron. » Un trait d’humour qui en dit long. Au cours de ces deux années, le conseiller a pris la lumière. Il attire autant qu’il intrigue.

Son destin a basculé en 2008, lors de sa rencontre avec Jacques Attali, dans le cadre d’une Commission pour relancer la croissance économique, dont le jeune Macron est le rapporteur. Le conseiller d’Etat le présente à François Hollande, en 2010. Le député de la Corrèze est conquis.

Deux ans plus tard, les vieux camarades de route du président voient débarquer le novice dans la campagne avec une pointe d’inquiétude. Il n’est pas du sérail, n’a jamais été élu. Pis, il est banquier d’affaires ! « Ce mec vient de nulle part », s’étrangle encore un hollandais canal historique. « Leur » François s’est entiché de lui… Et lui confie, sitôt élu, un poste prestigieux : secrétaire général adjoint de l’Elysée.

Macron n’a pourtant d’autre expérience politique que celle d’avoir travaillé sur le programme économique du futur président… Son passage à l’Elysée vaut formation accélérée. Depuis son petit bureau du Château, le jeune conseiller étend son réseau. Chargé des questions macroéconomiques et de la zone euro, il est le sherpa du président pour les rencontres internationales. Il y noue des contacts précieux.

L’accès à la notoriété

L’histoire sait se montrer ironique. Devenu Premier ministre, en mars 2014, Manuel Valls plaide pour l’entrée de Macron dans son gouvernement, au Budget. Nommer un ancien collaborateur de l’Elysée qui n’a jamais reçu l’onction du suffrage universel ? Le président s’y refuse. Il cède pourtant, au mois d’août suivant : Macron est propulsé à Bercy. Dans le costume de ministre de l’Economie, il aimante micros et caméras. Son sourire s’étale à la une des magazines, dans les couloirs du ministère. « Hors caméras, on a vu quelqu’un qui était à l’aise avec tout le monde. Il a laissé un souvenir ébloui. Les huissiers, le personnel, ils n’avaient jamais vu ça », confie un permanent de Bercy.

Son succès médiatique, son aura agacent. La collaboratrice d’un ministre en a gardé un souvenir épouvantable. « Macron ? Insupportable ! Il se greffait à nos déplacements pour rencontrer des élus. Il nous piquait les journalistes. Il a bouffé sur tous les territoires. On s’en souviendra ! » Le pétulant ministre continue de tisser sa toile, avec les parlementaires cette fois. Lorsqu’il porte sa loi à l’Assemblée, il fait la connaissance du noyau dur de socialistes qui l’entoure aujourd’hui. Tous conservent un souvenir cuisant des « blocages politiciens » qui conduiront Manuel Valls à dégainer le 49.3 pour faire passer le texte. L’enterrement de son projet de loi Noé sur les nouvelles opportunités économiques achève de convaincre Macron de larguer les amarres.

Le pari fou d’en Marche !

Emmanuel Macron a préparé son coup dans le plus grand secret. « Dans le dernier semestre de 2015, on s’est dit qu’on voulait lancer quelque chose. Cela débouche au printemps, confie un député. Je ne voyais pas comment ça ne pouvait pas atterrir sur une candidature. » Le 6 avril 2016, à Amiens, sa ville natale, le ministre de l’Economie lance son mouvement, En Marche ! (voir page 5). Une petite boutique pour filer tout droit vers l’Elysée ou se mettre au service de la réélection de François Hollande ? Le doute ne planera pas très longtemps…

A deux jours du 14 juillet 2016, il tient meeting à la Mutualité. « C’est n’importe quoi ! » s’étrangle un ministre. « Il est temps que tout cela s’arrête », tonne Valls. Le ministre de l’Economie a l’outrecuidance de couper l’herbe sous le pied du président. Sur scène, il promet de porter son mouvement « jusqu’en 2017, jusqu’à la victoire » ! Le principe de sa démission du gouvernement est acté le lendemain, en tout petit comité. Au gouvernement, on n’en sait rien. Beaucoup sont sciés. Tant par l’insolence de leur collègue que par la faiblesse de la réaction du président. Un poids lourd du gouvernement ne s’en est toujours pas remis. « Hollande aurait dû le virer à ce moment-là. Macron aurait été terrassé. »

A Matignon, l’orage gronde. La situation est intenable. Hollande décide d’y mettre un terme. A la fin de l’été, Macron et lui se retrouvent en tête-à-tête. « Il faut que tu choisisses », intime le président. Coup de fil le lendemain : « Ma décision est prise, je quitte le gouvernement. » Le premier jour du reste de son aventure électorale.

La campagne en couple

Macron se met à sillonner le pays. De plus en plus candidat… « Quand je suis là, ça fait people », plaisante Brigitte Macron. Nous sommes mi-octobre, au Mans (Sarthe). Son époux ne s’est pas encore déclaré. Mais il est clair que c’est en couple qu’ils marchent vers l’Elysée. Brigitte Macron observe, écoute, veille, conseille, critique. Son omniprésence fait parfois grincer des dents. « J’accompagne », réplique l’intéressée.

Le 16 novembre, Macron met fin au faux suspense. Débute alors une campagne tambour battant. Comme s’il s’agissait de rattraper son retard, il multiplie les déplacements en France, mais aussi à l’étranger, pour se forger une stature. Autant d’occasions d’égrener (et de tester) ses propositions. Façon balai essuie-glace, elles penchent à gauche, à droite. Attrape-tout ? Le candidat s’en défend, revendiquant son équilibre « ni droite ni gauche ». Au fil des semaines, il assoit sa position de favori. Et engrange les ralliements. Le feuilleton donne à son mouvement une image d’auberge espagnole. Voire « d’orphelinat » pour socialistes. Alors, pour certains, la porte reste close.

Dans les dernières semaines, le doute pointe. La dynamique du chouchou des sondages se tasse. Emmanuel Macron sait qu’il n’a pas droit à l’erreur, s’il veut faire mentir ceux qui lui prédisaient ce destin : « Une bulle, ça gonfle, ça gonfle. Et puis ça pète. » Ava Djamshidi et Pauline Théveniaud

@avadjamshidi @pauline_th

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Extrait d'un shooting - gif animé

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La Marseillaise

Le 24 avril 1792, Claude Joseph Rouget de Lisle compose "La Marseille". Ce chant révolutionnaire, initialement baptisé "Chant de guerre pour l'armée du Rhin", est entonné par les troupes marseillaises lors de leur entrée à Paris le 30 juillet 1792. Les parisiens le baptisent alors "La Marseillaise", qui devient officiellement "chant national" de la Première République le 14 juillet 1795. Aujourd’hui, l’article 2 de la constitution française détermine que l’hymne national est "La Marseillaise".

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Coco de mer

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