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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

vendredi 15 septembre 2017

Actuellement à la Concorde Art Gallery

Michèle Narce - Peintre

Michèle Narce est née en 1972, à St Etienne, où elle a obtenu une maitrise en sciences de l’art en 1994. Mettant alors entre parenthèse ses projets artistiques pour se consacrer à sa vie familiale, elle ne renouera avec la peinture qu’en 2012 et présentera, un an plus tard, ses premières expositions. Dans les toiles qu’elle réalise à l’huile par superpositions de glacis, la représentation réaliste de ses modèles, nous révèle que c’est l’humain, corps et âme, qui est au cœur de sa démarche. Elle évolue dans sa peinture, comme dans la vie, par étapes successives. Son travail en séries distinctes, en est le reflet. Elle avance de concert avec ceux qui posent pour elle, dépassant à chaque fois une nouvelle nécessité plastique, mais surtout émotionnelle. Après la série «  De Corpore », sur le thème de la contrainte corporelle et psychique, la série « Anamnèse » se proposait de « Révéler ce qui est de l’ordre du subtil et de l’indicible. Tenter d’introduire le récit de nos anamnèses exprimées par le corps ». Aujourd’hui, avec la série « Parallaxe », elle s’adresse encore une fois à ses modèles « Au-delà de la peur, au-delà du cri, au-delà de la révolte, qu’est-ce qui vous porte et vous embellit ? Et si vous appreniez à être doux avec vous-mêmes. ».

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Liu Bolin - Galerie Paris Beijing

GALERIE PARIS-BEIJING

LIU BOLIN

REVEALING DISAPPEARANCE

Opening on Thursday, September 7th / 6pm to 9 pm

Exhibition from September 7th to October 28th 2017

GALERIE PARIS-BEIJING

62, rue de Turbigo

75003 Paris, France

Revealing Disappearance witnesses the artist’s engagement on environmental issues. Since the beginning of his career, ecology has been a central topic of Liu Bolin’s artistic production. In 2011 he braved the polluted waters of the Yellow River in one of the most industrialised regions of his country, two years ago he organised a collective performance at the edge of a large artificial forest aimed to stop the spreading of the Gobi desert in the Northern territories of China.

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Raymond Depardon: "Le voyage m'a sauvé la vie"

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La Fondation Henri Cartier-Bresson propose une rétrospective intime de cette légende vivante de la photographie. Rencontre avec Raymond Depardon, un homme animé par la curiosité.

La Fondation Henri Cartier-Bresson, à Paris, invite le visiteur à "traverser" l'oeuvre de Raymond Depardon. Comment parcourir l'immense territoire exploré par le photographe français, de ses premiers tirages à la ferme familiale du Garet dans les années 1950, à ses escapades sur les hauts plateaux boliviens, en passant par ses reportages pour les agences et la presse ? Agnès Sire, la directrice des lieux et commissaire de l'exposition Traverser, a dégagé quatre pistes : "La terre natale", "les voyages", "la douleur" et "l'enfermement". Des thèmes qui se répondent, se croisent, se superposent. Difficile en effet de réduire une photo de Raymond Depardon à un seul de ces champs. Mais il faut bien tirer un fil pour dérouler la pelote d'images en noir et blanc et en couleurs que cet homme libre a constitué au fil des années, auscultant les marges du monde.

Au premier étage de la Fondation, on découvre sa "terre natale" : les paysans des campagnes françaises, ses parents, l'intimité de l'exploitation familiale qu'il saisit avec pudeur et discrétion. On arpente aussi le bitume parisien. "Paris, c'est un lieu où j'habite, une famille, une base arrière, une retraite pour réfléchir et fini les travaux en cours", peut-on lire à côté des clichés. Cette base, il l'a bien souvent quittée. "Les voyages" dévoilent le nomadisme de Depardon : New York, le Vietnam, la Mauritanie, l'Egypte, la Bolivie, Glasgow, l'ex-RDA... Une vie sur la route pour celui qui se revendique pourtant "casanier".

Le niveau suivant dévoile à quel point la photographie est avant tout une question de distance. Jusqu'où faut-il s'approcher pour témoigner de la "douleur" des peuples ? Lors de ses expéditions sur les théâtres de guerre, que ce soit au Liban, ou en Afghanistan, Depardon a su trouver la bonne distance pour capter la souffrance humaine. Un autre aspect de son travail est son attirance pour "l'enfermement". Avec son objectif, il s'est aventuré à l'intérieur d'un Hôpital psychiatrique à Turin, dans la prison de Clairvaux, au coeur du Tribunal de grande instance de Bobigny, au plus profond des âmes.

La photographie est une question d'ouverture, de lumière et de cadre. La pratiquer entre quatre murs, tient à la fois du paradoxe et de la logique. Un laboratoire de développement n'est-il pas une forme de cellule dans laquelle le photographe décide de s'enfermer volontairement ? Au milieu de la salle du deuxième étage, dans une vitrine, on découvre des documents personnels de Raymond Depardon, dont ses premiers tirages. Une image retient l'attention. Elle montre l'entrée des "Studios et Laboratoires ATOM - Tous genres de photographies". Sur la pancarte, punaisée à une porte et réalisée à la main, ont été collées presque avec naïveté des figures détourées au ciseau : une bouteille de vin, deux chats, un gardien de but en plein arrêt, une clocher d'église. On reconnaît le visage du jeune Raymond Depardon, celui de Brigitte Bardot. Pour L'Express, le photographe raconte les débuts de sa passion.

Que sont les Studios Atom?

Après mon certificat d'études, mon papa m'a trouvé un travail d'apprenti chez un photographe de Villefranche-sur-Saône. C'est comme ça que j'ai été initié au travail de laboratoire. J'ai créé le mien par la suite dans une pièce de la ferme. J'avais acheté un agrandisseur et je suivais des cours par correspondance. Pourquoi l'ai-je baptisé "Studios Atom" ? Je ne sais plus. C'était un nom court. Vers 1956, dix ans après Hiroshima, c'était un mot dans l'air du temps. J'avais découpé le visage de Brigitte Bardot dans une carte postale reproduisant une photo de Sam Levin. Et Dieu créa la femme, venait de sortir au cinéma. Le film avait déchaîné les passions. Tout tournait autour de Brigitte Bardot à l'époque. Les voisins m'avaient commandé des photos de leur famille nombreuse. Je développais mal, l'eau était très calcaire. J'apprenais. Mes parents ont deviné bien avant moi que je ne reprendrai pas l'exploitation familiale, que je ne serai pas agriculteur. Mais ils se demandaient bien d'où pouvait venir cette passion pour la photo.

Et vous, le savez-vous ? 

Je ne sais pas. Mes parents n'ont jamais pris de photos. Je n'avais même pas d'appareil. J'empruntais celui que mon frère avait eu pour son anniversaire. On l'aperçoit ici [Il montre une "carte chasseurs d'images deux toiles" sur laquelle on voit son visage, l'oeil rivé à un appareil]. Pour mes parents, cette passion devait venir de mon grand-père, Marius Depardon, que je n'ai pas connu. En 1900, il avait pris le PLM [l'ancienne ligne Paris-Lyon-Marseille] pour visiter à Paris l'Exposition Universelle au Grand Palais. Il était abonné à des revues comme Le Miroir 1914-1918 [NDLR: une revue photographique hebdomadaire]. Il était ouvert sur le monde moderne. Un jour, je suis allé à la Poste de Villefranche-sur-Saône, j'ai pris le bottin, j'ai consulté la rubrique "reporter photographe " et j'ai écrit à une dizaine d'entre eux. Et il y en a un, Louis Foucherand, qui m'a pris comme apprenti. J'avais un petit salaire, j'habitais dans le laboratoire. Voilà, comment à 16 ans, je suis monté à Paris.

Dans cette vitrine, nous découvrons quelques-unes de vos premières photos.

Comme beaucoup de photographes amateurs, j'utilisais un filtre rouge, ce qui donne des ciels très relevés. Je faisais moi-même les tirages. Sur ces images, qui montrent des ouvriers agricoles, j'ai écrit à la main "Le possédé", "le retardataire". "Le retardataire", c'était Sylvestre un ouvrier polonais qui travaillait à la ferme. Il m'appelait toujours "Champion". Je ne sais pas pourquoi. C'était un type formidable. 

Quelle est le dernier cliché que vous avez pris?

Il y a trois jours, une photo en couleurs d'une rue de Tokyo. Tokyo c'est forcément en couleurs. J'y ai actuellement une exposition sur les Jeux Olympiques de 1964 [NDRL : Depardon/Tokyo, 1964-2016, au Chanel Nexus Hall, jusqu'au 1er octobre]. On m'avait envoyé là-bas à l'âge de 22 ans. C'était une époque formidable pour le Japon.

Quel est votre prochain voyage?

Le Brésil. A nouveau pour une exposition. Je poursuivrai sans doute mon voyage en Amérique du Sud, probablement en Argentine ou en Bolivie. J'aime beaucoup les hauts plateaux: la Bolivie, l'Ethiopie, le Tibesti [NDLR: un massif montagneux au nord du Tchad]... Les populations y sont très attachantes. Ce sont des paysans, comme mes parents. Il paraît que c'est normal que je cherche toujours à faire des photos de paysans. Je me sens bien avec eux. Je suis timide et un peu introverti, mais dès qu'il y a un mec avec une charrue je m'approche de lui. Je n'ai pas peur. 

D'où vient l'envie de photographier tous ces gens?

Cela permet de relativiser ses propres problèmes. Le voyage m'a sauvé la vie. Les chagrins d'amours, nos difficultés de petit européen, finalement ce n'est pas très grave. C'est bon de le rappeler. J'ai beaucoup parcouru l'Afrique et l'Amérique du Sud. J'ai encore du plaisir à faire des photos, à découvrir le monde. Je repense à ce grand-père parti à Paris. Ce qui l'a poussé c'est la curiosité. Au XIXe siècle, les hommes étaient de grands curieux. On le voit très bien dans les films des Frères Lumière qui viennent d'être restaurés. Si vous enlevez les moustaches et les sabots, tout est super moderne. Les cameramen réalisent des travellings dans des bus, des bateaux. La curiosité c'est le plus important. Vous savez, je ne connais pas de photographes qui sont très à l'aise dans la vie avec les gens. Ou alors, il y a le contraire, les fanfarons. J'ai connu ça un peu à Paris-Match. C'est une autre technique quand on n'est pas trop sûr de soi. Mais qu'est-ce qui pousse quelqu'un à faire des photos, à se rendre sur un marché à photographier les gens ? Henri Cartier-Bresson disait qu'il fallait faire comme l'artillerie, tirer, puis dégager. L'important, c'est de ne pas insister. 

Pourquoi ce titre, Traverser ?

Agnès Sire à la fin de son travail de sélection m'a dit : "Je ne vois d'autres mots que Traversée". J'ai dit "oui, mais alors à l'infinitif", pour montrer qu'il faut être actif, bouger, avancer. Reculer, même à la rigueur. Je suis plutôt casanier, être photographe de presse m'a forcé à voyager. Aujourd'hui, je n'ai plus de tensions quand je prends un avion. Je suis très calme. C'est grâce au photojournalisme. Même dans une grande ville étrangère, je me débrouille. Avec la presse, on passe d'une princesse à un fait divers. J'étais très timide, replié sur moi-même. La photo m'a beaucoup servi personnellement.

Traverser. Fondation Henri Cartier-Bresson, Paris (XIVe). Jusqu'au 17 décembre.

Catalogue aux Editions Xavier Barral, 260 p., 39 €.

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jeudi 14 septembre 2017

Bella Hadid

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Minorité rohingya

birmanie

Reportage

« Il n’y a plus rien là-bas » : sur les routes de la déportation des Rohingya birmans

Par Rémy Ourdan, de Gundum à Teknaf (frontière banglado-birmane), envoyé spécial - Le Monde

370 000 réfugiés sont arrivés au Bangladesh, fuyant tueries, persécutions et destructions. L’ONU dénonce un « nettoyage ethnique ».

Ils ont couru, marché, trébuché, puis couru encore ; ils sont exténués, affamés, certains sont blessés ; ils ont fui la mort aux trousses et la peur au ventre. Ils traînent avec eux le souvenir de leurs morts et la liste sans fin de leurs disparus. Il y a dans l’exode forcé des Rohingya de Birmanie, dans les scènes dantesques de la fuite de ces maudits, un air de fin du monde.

Deux semaines après les premières arrivées de Rohingya dans le sud du Bangladesh, sur l’autre rive de la rivière Naf, le doute n’est guère permis : les Rohingya n’affrontent pas une persécution supplémentaire, un énième épisode dans la longue série de cataclysmes meurtriers ayant marqué l’histoire tragique de cette communauté musulmane de l’Arakan. Cette fois, les Rohingya birmans sont la cible d’une campagne de déportation systématique, et dont l’objectif semble être qu’elle soit totale et définitive. Une fin de leur monde.

Parcourir la Route n° 1 qui relie Cox’s Bazar à Teknaf chaque jour à l’aube, s’aventurer dans les sentiers à l’est de la route, marcher dans les collines autour de Gundum puis dans les rizières en allant vers le sud, longer les berges de la Naf jusqu’à ce qu’elle se jette dans le golfe du Bengale, offre une idée de ce qui est à l’œuvre à la frontière banglado-birmane. Tous les témoignages concordent : seuls les morts, les blessés agonisants, les disparus – hommes cachés dans la jungle ou enfants perdus en chemin – et quelques vieillards trop au crépuscule de leur vie pour entreprendre ce voyage, ne fuient pas la Birmanie.

« Partez ou vous allez tous mourir ! »

« Partez ! » « Vous avez une minute pour quitter le village ! » « Vous devez tous partir ! » « Partez ou vous allez tous mourir ! » Ce sont les ordres donnés par l’armée birmane aux plus chanceux des Rohingya, ceux qui ont eu droit à des paroles avant des tirs, et qui ne laissent aucun doute sur l’intention de ce que l’ONU vient de qualifier d’« exemple classique de nettoyage ethnique ». L’expulsion des Rohingya n’est pas nouvelle : avec des pics de violences allant en s’intensifiant depuis vingt-cinq ans, les damnés de Birmanie, dont Rangoun n’a jamais reconnu la citoyenneté, étaient déjà, avant cette crise, la plus grande communauté apatride du monde.

« Partez ou vous allez tous mourir ! » Ce qui semble nouveau cette fois-ci, c’est l’ambition birmane d’en finir avec la question rohingya. Les témoignages d’hommes s’étant cachés dans la jungle, à l’orée des villages, confirment cet aspect définitif : ceux qui restent derrière les fuyards sont exécutés, et les villages sont systématiquement brûlés.

Les premiers jours, lorsque certains, tapis dans la jungle, hésitaient encore entre prendre la route du Bangladesh et attendre d’éventuellement rentrer chez eux, ils étaient traqués soit par les soldats birmans, soit par leurs supplétifs des milices bouddhistes. Une politique de terreur se déploya dans les collines, les forêts et les rizières.

Le plus souvent, les Rohingya n’ont pas eu le droit à ces paroles. Les unités arrivant dans les villages ont immédiatement ouvert le feu sur les maisons, pendant que les miliciens, armés de mâchettes et de couteaux, pourchassaient les fuyards. Il n’y eut nul besoin d’ordre ni d’explication pour faire comprendre aux communautés qu’elles devaient fuir sans se retourner.

« Ils ont tout incendié derrière nous »

Un matin à l’aube, ce sont Shilkhali et les villages alentour qui sont incendiés. Les colonnes de fumée sont parfaitement visibles depuis la rive bangladaise de la Naf. Trois heures plus tard, Sayedul Amin et Mohammed Tayeb sont les premiers à arriver à Kancharpara.

« Les soldats sont arrivés il y a quatre jours et, depuis la nuit dernière, ils brûlent des maisons à intervalles réguliers, raconte Sayedul Amin. Nous étions réfugiés sur la berge de la rivière. Nous avons abandonné à Shilkhali quelques vieillards, qui doivent avoir été tués. Ce matin ils ont tout incendié derrière nous, et nous avons enfin pu trouver un bateau de pêcheurs pour nous faire traverser la rivière. »

Ensuite il faut marcher avec de la boue jusqu’au torse, puis longer les rizières pendant cinq kilomètres. Les deux hommes sont exténués. A Kancharpara, ils vont attendre les autres. « Seuls deux bateaux ont traversé car ensuite il y a eu une patrouille navale. Les pêcheurs ont peur. Parfois l’armée confisque un bateau, ou le heurte pour le couler. Alors les autres attendent sur la berge que la patrouille soit partie. »

Beaucoup sont morts noyés en traversant la Naf à la nage ou en voyant leur embarcation sombrer. Une nouvelle colonne de fumée, puis une deuxième, puis une troisième s’élèvent à l’horizon. Les villages brûlent les uns après les autres, méthodiquement.

Terreur et bains de sang

Vu le flot ininterrompu de réfugiés arrivant au Bangladesh, le nettoyage ethnique semble inexorable. La tâche principale des unités militaires déployées dans l’Arakan, renforcées par les 33e et 99e bataillons d’infanterie légère de l’armée birmane, réputés pour leur brutalité (et dont la présence est confirmée par des réfugiés identifiant les insignes de leurs uniformes, selon un enquêteur international), est une politique de terreur et de terre brûlée.

Les militaires ne poursuivent par exemple pas systématiquement les fuyards sur les berges de la Naf. Soit ils ne sont pas assez nombreux, soit ils n’en ont pas reçu l’ordre. Leur priorité semble surtout être de brûler les villages, de briser tout espoir de retour.

Les tueries et exécutions furent légion les premiers jours. Après l’attaque d’une vingtaine de postes-frontières le 25 août par des rebelles de l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA) – combats qui aurait fait selon Rangoun une centaine de morts dont une dizaine de policiers –, l’Etat Rakhine (le nom officiel birman de la province d’Arakan) s’est embrasé.

Le 26 août fut un bain de sang. Les jours qui suivirent aussi. Les unités de combat étaient souvent devancées d’une minute par les soldats des postes voisins des villages, que les Rohingya connaissaient et dont ils ne s’attendaient pas à ce qu’ils ouvrent le feu sans sommation. D’où l’effet de surprise.

Exode et camps de fortune au Bangladesh

« A Soapran, les soldats sont arrivés le matin du 26 août avec des bouddhistes armés, raconte Mohammed Siddiqui. Ils ont tiré sur les maisons puis sur les habitants qui s’enfuyaient. J’étais dehors et j’ai couru directement dans la jungle. Mon fils de 15 ans, une belle-fille de 21 ans et sa fille âgée de deux mois ont été tués. »

Une fois dans les collines, les villageois se sont regroupés et ont entamé un éprouvant voyage de sept jours. « Pour le moment nous avons 284 disparus. Certains sont peut-être encore en chemin, mais je pense que la plupart ont été tués. » Mohammed Siddiqui attend, dans le camp de réfugiés de fortune d’Unchiparang, le retour de l’hôpital d’un autre fils, un enfant de 9 ans, blessé d’une balle dans la cuisse.

C’est son fils aîné, Mohammed Jobair, qui a perdu femme et enfant. « Sans prévenir, sans rien dire, les soldats ont rafalé les maisons. Ma femme, qui tenait notre fille contre elle, a reçu une balle qui lui a traversé l’épaule et les a tuées toutes les deux. J’ai couru vers la rizière. Les soldats nous ont poursuivis. J’ai fait le mort dans la boue. Un soldat m’a frappé le corps, puis il est parti. Deux heures plus tard, j’ai vu que le village brûlait. »

Assise de l’autre côté de la route, parce qu’il n’y a plus de place dans le camp de réfugiés improvisé, Sanjida caresse la tête de Salman, âge de 9 mois, dont le pied droit est brûlé. « A Merullah, ils ont mis le feu aux maisons directement. Le temps de récupérer mon enfant sur sa couche, son pied avait brûlé. » Depuis leur arrivée au Bangladesh, Salman n’a reçu aucun soin. Aucune organisation humanitaire n’est présente le long de la route de Teknaf. Sanjida apprend que des soins peuvent être délivrés dans les dispensaires des camps de réfugiés « officiels », créés après les exodes des années 1990, de Kutupalong et Noyapara. Personne ne le lui a dit.

« Hors de question de rentrer un jour »

Hasina Begum, elle aussi de Merullah, a eu de la chance. Elle a perdu ses deux parents mais, enceinte de huit mois ce 26 août, elle est parvenue à la fois à fuir et à accoucher. Après la panique et la course éperdue vers la forêt, elle a senti les contractions. « J’ai accouché dans une cabane près de la rivière. » Avec son mari Abdul Hamid et leurs désormais trois enfants, ils ont mis deux semaines à rejoindre le Bangladesh. Allongés dans l’herbe au bord d’une rizière, au nord d’Unchiparang, ils sont épuisés et affamés. Hasina a le regard grave et fiévreux. Abdul, lui, sourit d’avoir sauvé les gamins. Le dernier né, l’enfant du 26 août, n’a pas encore de prénom.

« Il est hors de question de rentrer un jour chez nous. Il n’y a plus rien là-bas. Rien, explique calmement Abdul Kashim, de Hassorata, qui est arrivé à Teknaf dans la nuit. Mon fils Ibrahim a été touché par une balle pendant que l’on courait, et nous ne l’avons plus revu. Les soldats achèvent les blessés et on ignore où ils les enterrent, puis ils brûlent les maisons. Il n’y a plus rien… »

370 000 Rohingya ont quitté la Birmanie en deux semaines, selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU. Dans le monde humanitaire à Cox’s Bazar, l’idée commence à être admise que le million de Rohingya birmans vont arriver au Bangladesh.

La terreur par les exécutions, les viols et les violences, l’étendue géographique des opérations militaires, la destruction systématique des maisons, l’ordre de « partir ou mourir » : le nettoyage ethnique est d’une ampleur encore pire que dans le passé. Et rien n’indique que Rangoun n’ait pas l’intention d’appliquer cette politique jusqu’à la déportation du dernier Rohingya.

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Nipple Magazine

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Les 500 ans du Havre

LE VOLCAN du Havre.

LIEU PATRIMONIAL

Le site du Volcan, confié au célèbre architecte brésilien Oscar Niemeyer, est le résultat d'un chantier de quatre ans (1978-1982). Son gabarit (11 000 m2) et son emplacement font de cet ensemble un lieu emblématique et l’une des perspectives majeures de la ville du Havre.

En 2010, la Ville du Havre a décidé de redynamiser cet espace urbain central et de valoriser ce patrimoine exceptionnel. L'objectif principal du projet de restructuration de l'Espace Niemeyer était de renforcer le statut d'équipement culturel qu'il constitue, et d'y créer une nouvelle bibliothèque (novembre 2015). Les extérieurs ont été réaménagés pour faciliter t'accès aux équipements, dont les entrées se situent en contrebas par rapport au plan urbain. -Tous ces aménagements ont été traités de manière à respecter le motif de colombe, cher à Oscar Niemeyer, créé par les garde-corps de béton qui tracent les contours de cet oiseau symbole de paix inscrit dans un carré de cent mètres de côté. Le Volcan, scène nationale, fut rénové et a ouvert à nouveau ses portes au public en janvier 2015.

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Le Havre (107)Photos : Jacques Snap

 

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Milo Moiré

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mercredi 13 septembre 2017

C'est officiel, Paris accueillera les Jeux olympiques en 2024.

Après un siècle d'attente et de cuisants échecs, Paris a été officiellement désignée ville hôte des Jeux olympiques 2024, mercredi 13 septembre lors de la 131e session du CIO à Lima, au Pérou. Parallèlement, au terme du même processus de vote, Los Angeles s'est vue confier les JO d'été 2028. Qualifiée "d'historique" par le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, cette session l'est à plus d'un titre.

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