Partager sur Face Book

Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

lundi 8 octobre 2018

Macron face à l’équation compliquée du remaniement post-Collomb

depart

remaniement

Par Cédric Pietralunga - Le Monde

Les échanges ont été intenses ce week-end. Le président serait décidé à se séparer de ministres et la reconfiguration du gouvernement pourrait être d’ampleur.

Le remplacement de Nicolas Hulot au ministère de la transition écologique et solidaire avait pris une semaine. Celui de Gérard Collomb, Place Beauvau, ne devrait pas être plus rapide.

Tout au long du week-end, les échanges ont été intenses entre l’Elysée et Matignon, afin de trouver une issue politique à la démission du ministre de l’intérieur, intervenue mardi 2 octobre après plusieurs semaines de tensions avec le chef de l’Etat. Mais le dénouement pourrait encore se faire attendre un peu, tant l’exercice ressemble à un casse-tête pour l’exécutif.

Si le départ de l’ancien animateur d’« Ushuaia » n’avait donné lieu qu’à un toilettage du gouvernement, avec son remplacement par François de Rugy et l’arrivée de Roxana Maracineanu à la place de Laura Flessel au ministère des sports, celui de l’ex-maire de Lyon devrait entraîner des mouvements de plus grande ampleur.

En chute libre dans les sondages, Emmanuel Macron ne peut plus se contenter d’un remaniement technique. « Il faut donner un sens politique à la séquence si l’on veut espérer en sortir par le haut », reconnaît un parlementaire de la majorité.

Macron voudrait se séparer de plusieurs ministres

Résultat : la reconfiguration de l’équipe gouvernementale devrait être « d’ampleur », reconnaît-on à l’Elysée. Alors qu’Emmanuel Macron avait jusqu’ici toujours refusé de parler de « maillons faibles » au sein de son gouvernement, il serait cette fois décidé à se séparer de plusieurs d’entre eux, conscient que son casting initial n’avait pas donné entière satisfaction.

Les noms de Françoise Nyssen (culture), de Jacques Mézard (cohésion des territoires), de Nicole Belloubet (justice) ou de Stéphane Travert (agriculture et alimentation) sont régulièrement cités. Mais s’ils semblent affaiblis, leur sort n’a pas encore été officiellement tranché. « Il y a aujourd’hui une équipe de ministres qui sont au travail et qui n’ont pas démérité », a plaidé François de Rugy, dimanche 7 octobre sur RTL.

D’autres ministres pourraient au contraire changer de portefeuille ou voir leur périmètre élargi. Les noms les plus évoqués dans cette catégorie sont ceux des poids lourds du gouvernement, comme Jean-Yves Le Drian (affaires étrangères), Bruno Le Maire (économie et finances), Christophe Castaner (relations avec le Parlement) ou Florence Parly (défense).

Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès de Jacques Mézard, l’un des chouchous du président, pourrait également prendre du galon. Mais l’exécutif doit aussi prendre garde, en pleine discussion budgétaire, à ne pas trop bouleverser les affectations. « Nous avons besoin au banc de ministres qui connaissent les sujets », met en garde Amélie de Montchalin, députée (La République en marche, LRM) de l’Essonne.

La saison 2 de la société civile

Parmi les nouveaux entrants, plusieurs noms sont cités mais rien ne semble encore acté. « Tout ce que vous entendez relève de la rumeur, rien n’est stabilisé à ce stade », confiait l’entourage d’Emmanuel Macron dimanche. De fait, seuls quatre hommes sont dans le secret des discussions : le chef de l’Etat, son premier ministre Edouard Philippe, le secrétaire général de la présidence de la République, Alexis Kohler, et le directeur de cabinet du premier ministre, Benoît Ribadeau-Dumas. Les « boucles » de la messagerie cryptée Telegram de la Macronie ont beau chauffer jour et nuit, les autres doivent souvent se contenter de bribes. « Je n’ai aucune info, c’est vrai ! », se désolait, dimanche, un ministre pourtant bien en cour.

Seule certitude, Emmanuel Macron devrait à nouveau puiser dans la société civile pour constituer son nouvel exécutif. Selon Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, c’est même la raison pour laquelle l’opération s’étire en longueur.

« On prend des gens compétents et donc on prend aussi des gens qui sont issus de la société civile. Cela nécessite un examen de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique », a-t-il déclaré sur France Inter dimanche, avant d’ajouter : « Quand je regarde l’état dans lequel on a récupéré le pays avec des professionnels de la politique qui l’ont dirigé depuis trente ans, je préfère qu’on ait parfois des experts et qu’on prenne le temps. On assume ! »

Prendre garde aux équilibres politiques

Emmanuel Macron n’a pas vraiment le choix non plus. Malgré sa victoire en 2017, le chef de l’Etat n’a pas réussi à rallier à lui de grandes figures de la politique. Le président du MoDem François Bayrou est hors-jeu pour cause de démêlés judiciaires, l’ancien premier ministre Manuel Valls vient de partir pour Barcelone, l’ex-maire de Paris Bertrand Delanoë répète qu’il a passé l’âge, l’ancien chef du gouvernement Jean-Pierre Raffarin garde de la distance…

« On manque de profondeur sur le banc de touche », reconnaît un parlementaire de la majorité, qui s’inquiète du peu de poids politique des éventuels arrivants alors que c’est l’un des principaux travers du gouvernement actuel.

Pour composer son nouveau gouvernement, Emmanuel Macron doit également prendre garde aux équilibres politiques, même si l’expression est bannie en Macronie.

Après les critiques exprimées par François Bayrou cet été, une place plus grande devrait notamment être faite au Modem, le parti allié de LRM. Le score obtenu par Marc Fesneau, le député centriste de Loir-et-Cher, lors de l’élection du nouveau président de l’Assemblée nationale le 12 septembre – il avait obtenu 86 voix alors que le Modem ne dispose que de 46 élus –, avait sonné comme un coup de semonce pour l’exécutif.

Incarner la politique sociale

Le président de la République doit également ménager les radicaux de gauche, qui conservent de l’influence, notamment au Sénat. La réforme des institutions s’annonce difficile et leurs voix pourraient compter en cas d’opposition frontale du parti Les Républicains et notamment de Gérard Larcher, le président du Sénat. Selon différentes sources, c’est l’une des raisons pour lesquelles le sort réservé à Jacques Mézard, qui fut président du groupe RDSE au Sénat, ne serait pas tranché.

De la même façon, M. Macron pourrait être tenté de rallier à lui de nouveaux socialistes, pour incarner la politique sociale qu’il veut mettre en avant lors de la deuxième partie de son mandat. « Je ne l’avais pas vue avec cette acuité-là au moment où j’ai été élu, mais la lutte contre la pauvreté est au cœur de la transformation économique et sociale que je suis en train de conduire », a confié au Monde le chef de l’Etat à son retour des Antilles, le 30 septembre. Difficile, avec une telle ambition, de ne promouvoir que des figures venues de la droite ou qui ne seraient pas identifiées comme progressistes par l’opinion publique.

Enfin, dernier casse-tête, le président de la République doit faire attention à ne pas affaiblir son mouvement LRM en cas de promotion de Christophe Castaner, l’actuel délégué général du parti présidentiel. Déjà, le simple fait que le nom de l’ancien socialiste circule fait grincer des dents parmi les marcheurs.

« Le mouvement est à l’arrêt, tout a été décalé », s’exaspère un cadre de LRM. Mais il ne devrait pas y avoir de vacance du pouvoir en cas de départ. Un conseil national du mouvement a été convoqué pour le 21 octobre et son ordre du jour pourrait être modifié si besoin, afin de permettre l’élection d’un nouveau patron du parti.

Posté par jourstranquilles à 07:35 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

Gérard Collomb

collomb

Posté par jourstranquilles à 07:25 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

Automne

automne

Posté par jourstranquilles à 07:20 - Divers - Commentaires [0] - Permalien [#]

Interpol a reçu la démission de son président chinois, porté disparu depuis dix jours

Par Harold Thibault - Le Monde

Plus tôt dans la journée, Pékin a annoncé soupçonner M. Meng d’avoir « violé la loi », tandis que sa femme assure qu’il est « en danger » dans son pays.

L’organisation internationale de police Interpol, dont le siège est à Lyon, a annoncé, dimanche 7 octobre, la démission « avec effet immédiat » de son président chinois Meng Hongwei, porté disparu depuis plus de dix jours.

Le 25 septembre à 12 h 26, Meng Hongwei, qui venait d’arriver sur le sol chinois, avait envoyé un message de trois caractères sur WhatsApp à son épouse restée dans la capitale des Gaules : « Attends mon appel. » Puis quatre minutes plus tard, il envoyait un couteau en émoticone. C’est le dernier signe que Grace Meng a reçu de son mari. Sept minutes plus tard, il ne répondait pas à son appel. Des signes évidents qu’il se considérait « en danger », a précisé Mme Meng, dos aux caméras, dimanche, dans un hôtel lyonnais. Elle s’exprimait pour la première fois depuis qu’elle a fait part, jeudi, aux autorités françaises de ses inquiétudes. Elle a été placée depuis sous protection policière.

Moins d’une heure après cette conférence de presse, le Parti communiste chinois (PCC) a confirmé que Meng Hongwei, qui est également vice-ministre chinois de la sécurité publique, est « suspecté d’avoir enfreint la loi et est actuellement sous supervision et enquête » de l’organe disciplinaire ayant autorité sur toute la fonction publique du pays. Sans aucune précision quant aux faits qui lui sont reprochés.

« Clarifications »

Samedi, le secrétaire général d’Interpol, l’Allemand Jürgen Stock, qui conduit les opérations de l’organisation au quotidien, avait demandé à Pékin d’apporter des « clarifications » sur le sort de M. Meng, 64 ans.

Dimanche soir, Interpol a précisé que son successeur serait désigné lors de sa prochaine assemblée générale, en novembre à Dubaï. Elle n’a pas détaillé comment elle avait vérifié l’authenticité de cette démission, alors qu’elle a perdu contact avec M. Meng. Elle ne s’est pas non plus interrogée sur la recevabilité d’un tel renoncement de la part d’une personne détenue au secret par un régime autoritaire.

chinois

Moins de deux ans plus tôt, en novembre 2016, l’élection d’un officiel chinois à la tête de l’organisation chargée de la coopération des polices de 192 Etats avait été accueillie avec le plus grand scepticisme par les organisations de défense des droits fondamentaux, telles qu’Amnesty International.

Les Etats membres étaient restés largement silencieux et ils avaient élu à une très grande majorité M. Meng, équivalent d’un vice-ministre de l’intérieur d’un pays connu pour l’emprisonnement sans procès équitable de ses dissidents et des memebres de minorités jugées « problématiques », ou de ses officiels corrompus ou victimes des luttes de factions.

Meng Hongwei était le premier Chinois à prendre la tête d’une grande organisation internationale. « Je ne suis pas sûre de ce qui lui est arrivé », a ajouté son épouse dimanche. « Tant que je ne le vois pas en face de moi, en train de me parler, je ne peux pas avoir confiance », a confié Grace Meng, qualifiant ces événements se déroulant sous le regard de l’opinion mondiale de « ruine politique ». « Cette affaire relève de la justice. Elle concerne la communauté internationale. Elle concerne le peuple de mon pays », a-t-elle encore déclaré.

Purge

Une enquête pour disparition a été ouverte vendredi en France et le ministère de l’intérieur a dit son « interrogation » sur le sort de Meng Hongwei et sa « préoccupation » du fait de menaces qu’a reçues son épouse.

Les disparitions de personnalités chinoises se sont multipliées depuis l’arrivée au pouvoir, en 2012, de Xi Jinping, qui a mené une campagne de lutte contre la corruption également perçue comme une purge de factions concurrentes.

Meng Hongwei a fait son ascension politique dans le sillon de Zhou Yongkang, « tsar » de l’appareil sécuritaire sous le précédent président chinois, et dont le réseau a été l’une des principales cibles de la campagne menée par Xi Jinping.

M. Zhou avait été condamné en 2015 à la prison à perpétuité pour corruption, abus de pouvoir et divulgation de secrets d’Etat. Mais Meng Hongwei avait néanmoins été appuyé par la Chine de Xi Jinping pour prendre la tête d’Interpol en 2016.

Toutefois, un signe avant coureur de ses difficultés était apparu dès le mois d’avril : Meng Hongwei avait été démis de ses fonctions au sein du comité du parti chargé de superviser le ministère de la sécurité publique, après la nomination, à l’automne 2017, d’un nouveau ministre, ultra-loyal à M. Xi.

Posté par jourstranquilles à 07:08 - Monde - Commentaires [0] - Permalien [#]

David Hockney

hocney

Posté par jourstranquilles à 07:06 - Divers - Commentaires [0] - Permalien [#]

Et si la Joconde...

et si

Posté par jourstranquilles à 07:03 - Divers - Commentaires [0] - Permalien [#]

La 2CV a 70 ans

Posté par jourstranquilles à 07:00 - In memorem - Commentaires [0] - Permalien [#]

Jean Michel Basquiat

A la Fondation Louis Vuitton, 120 chefs d'oeuvres font le tour d'une carrière aussi brève que fulgurante : celle de Jean-Michel Basquiat. En huit ans seulement, de 1980 à 1988, il marquera au fer rouge l'histoire de l'art et de la culture visuelle d'une oeuvre incandescente.

Précoce et sauvage. Les débuts de Basquiat répondent en tous points à la mythologie de l’artiste romantique. Né en 1960 à Brooklyn, il grandit aux côtés de deux sœurs dans une famille aimante qui l’emmène au musée et lui offre des livres d’art pour nourrir la passion pour l’art qui le consume déjà. A quatre ans, il sait lire et écrire ; à huit, il parle couramment trois langues. Puis le cocon se déchire : avec le divorce des parents viendront les changements d’école et les déménagements incessants. En 1976 à 16 ans, il plaque tout, l’école privée huppée et la maison paternelle. Désormais, son éducation et sa famille, ça sera la rue, la même qui fera éclore l’artiste qui sommeille encore en lui.

basq1

Avec sa bande, AL Diaz et Shannon Dawson, ils commence à graffer dans leur quartier, un Manhattan encore brut et plein de possibles que commencent tout juste à investir les galeries d’art. La rue, Keith Haring la tient déjà, qu’il recouvre de son alias « Radiant Babies ». Mais voilà que commence à s’imposer un nouveau venu, SAMO pour "Same Old Shit" : Basquiat et Al Diaz. SAMO, on le répète souvent, c’est l’invention du graffiti intello, accompagnant systématiquement la signature–logo de messages lapidaires, véritables manifestes où se met déjà en place sa pratique picturale à venir : "SAMO© comme une forme de néo-art", "SAMO© comme clause échappatoire", "SAMO© comme une fin au faux pseudo-intellectuel".

"Ceci n’est pas un graffiti, ceci n’est pas un train, ceci est un Jean-Michel Basquiat", écrira en 1981 le critique René Ricard entre les pages dArtforum, soit la plus prestigieuses des revues d’art. Avant même d’avoir vu les toiles, le critique reconnaît dans les tags une singularité rayonnante. D’où ce titre pour celui qui accompagnait toujours le nom de SAMO d’un sigle copyright mais aussi d’une couronne : "The Radiant Child", l’enfant radieux. La même année, Basquiat s’offre sa première exposition solo. Alors que SAMO taggait l’extérieur des galeries downtown, Basquiat y pénètre enfin. 1981 n’est pas qu’une évolution, pas uniquement la première étape mais marque une rupture nette. Pour que Jean-Michel Basquiat devienne vraiment Basquiat, SAMO doit mourir.

basq2

Il entame alors une série de "Têtes" et d’autoportraits en dessin et en peinture, d’abord sur des matériaux de rebut puis sur toile. S’y retrouvent son amour pour les mots et la musique, son énergie fluide et solaire, sa rage de vivre et surtout de vaincre. L’exposition rétrospective que lui consacre actuellement la Fondation Lois Vuitton s’ouvre ainsi sur un ensemble exceptionnellement réuni de trois grandes "Têtes" (Heads). Dans le style néo-expressionniste qui déferle alors sur la scène US, mâtiné de l’énergie de la rue et des pulsations frénétiques du jazz qu’il écoute en travaillant à même le sol, éclate déjà l’aura du demi-dieu que deviendra celui qui n’a pourtant encore peint moins de toiles qu’il n’a sur la tête de dreads.

L’art du sampling

En 1982, il a 22 ans. A l’âge où d’autres rentrent à peine aux Beaux-Arts, celui qui a grillé toutes les étapes s’offre une exposition chez Larry Gagosian, soit le galeriste le plus puissant de l’époque – c’est toujours le cas. Il enchaîne également les expositions institutionnelles, aux Etats-Unis et en Europe. Il participe à la Documenta 7 de Kassel en Allemagne organisée tous les cinq ans, et devient le premier artiste afro-américain à exposer au Whitney Museum de New York. Dès le début, il est à la fois reconnu, révéré même, par les institutions, la critique et le marché. C’est-à-dire aux antipodes de l’artiste maudit que les films et biographies s’attachent désormais à donner de lui. Certes, avec Keith Haring, il fait partie des premiers artistes à passer de la rue au musée. Mais surtout, Basquiat connaît l’histoire de l’art sur le bout des doigts.

basq3

Tout autant que le sacré, biblique ou vaudou, et que la culture populaire, le jazz ou la BD, il se nourrit de la tradition européenne d’après-guerre (CoBrA, Jean Dubuffet) mais aussi des grands peintres américains de la génération précédente (Robert Rauschenberg ou Cy Twombly). Surtout, il participe, conscient à la fois de sa singularité et de ses racines, au mouvement néo-expressionniste qui émerge alors au début des années 1980 à New York, aux côtés notamment de Julian Schnabel et David Salle. L’un des buts de l’exposition à la Fondation Vuitton, loin d’être la première rétrospective, est d’ailleurs selon sa directrice Suzanne Pagé de "mettre fin à la fable du supposé autodidacte sauvage". Comment ? En alignant une série de 120 chefs d’œuvres.

Warhol et Basquiat, frères solitaires

Résumons. A 22 ans, Basquiat a le monde a ses pieds. Que faire ensuite, lorsqu’on est animé d’une inextingible énergie de créer ? Tout en continuant à peindre avec la fougue qu’on lui connaît, la vie lui paraît trop simple. Comme le relate le film que lui consacrera en 1996 le peintre Julian Schnabel, son ami et rival, Basquiat s’ennuie. Il se met à trahir ses proches, lâche ses galeristes et grille ses soutiens, préfère la compagnie des groupies à celle de sa copine. Quelque chose manque, quelque chose comme une amitié désintéressée, une émulation aussi brutale et sincère que les valeurs du sport qu’il adule : la boxe.

basquiat15

Le salut ne viendra pas du sport mais de la nuit. La nuit glacée tapissée de feuilles argent, la nuit éternelle des lunettes noires portées H24. D’un autre pape donc, d’une autre figure aussi stellaire et solitaire que lui : Andy Warhol. Très tôt, Warhol a du flair. Il lui achète plusieurs croquis, l’encourage et le soutient financièrement. Peu à peu, une véritable amitié naît. Et surtout des œuvres. Entre 1983 et 1987, ils co-produiront une soixantaine de toiles. A la Fondation Vuitton, la toile Dos Cabezas (1982), signée de la seule main de Basquiat, les montre côte à côte, frères solitaires que tout oppose, l’un sinistre, l’autre éructant ; l’un dandy retiré dans sa Factory aseptisée, l’autre enfant de la rue, du bruit et de la fureur.

Représenter l’identité afro-américaine

En 1988 à 27 ans, Basquiat meurt d’une overdose. Il est difficile de découper une œuvre resserrée en une poignée d’année en périodes distinctes comme on le fait pour tant d’autres artistes. Cependant, l’une des évolutions majeures reste l’affirmation à la fin de sa vie d’une tonalité militante. Après les « Têtes » de la jeunesse, puis les peintures intermédiaires sur panneau laissant la part belle au grand remix des sources et références, s’y prononce de plus en plus une dimension toujours contenue en germe : la représentation, de plus en plus militante, d’une identité afro-américaine.

basquiat16

Tout en ayant toujours clamé sa volonté d’être reconnu comme un artiste, le plus grand, et non un artiste afro-américain, il peint des personnages noirs historiques ou contemporains et les événements qui leurs sont liés. Au point d’entamer, à la toute fin de sa vie vers 1986, une période plus figurative, plus directe. A la Fondation Louis Vuitton, on assiste à l’apparition de cette veine à travers la figure du "negro policeman", le policier noir, qu’il considère comme profondément ambiguë voire ironique. Un traite à sa propre classe, illustrant l’absurdité de faire volontairement appliquer des lois iniques écrite par la classe dominante blanche. D’où ce portrait traité d’un bloc, au rictus grimaçant et aux yeux vides, n’ayant en guise de visage qu’un masque surmonté d’un chapeau surmonté de grilles rigides comme l’est le totalitarisme.

• Jean-Michel Basquiat, du 3 octobre au 14 janvier à la Fondation Vuitton à Paris

Posté par jourstranquilles à 06:57 - Expositions - Commentaires [0] - Permalien [#]

Carburants - changement de signalétique

IMG_1321

Posté par jourstranquilles à 06:28 - Divers - Commentaires [0] - Permalien [#]

Derniers jours - Aux yeux des femmes, 6 femmes photographes pour Marie Claire

Partez à la découverte de soixante ans d’images de mode sous l’œil de six grandes photographes, jusqu'au 9 octobre dans le Salon des Tapisseries de l'Hôtel de Ville !

IMG_1272

IMG_1273

IMG_1274

La scénographie à la fois inspirante et étonnante a été orchestrée par Olivier Gabet, directeur du Musée des Arts Décoratifs et commissaire de l’exposition, avec l’appui de Constance Guisset, designer française. Les photographies présentées saisissent autant des portraits de femmes que des moments de mode. L’exposition revient sur les instants symboliques qu’elles ont vécus avec Marie Claire et qui les ont marquées. Toutes différentes, mais toutes animées par le même désir de poser leur regard sur cette interprétation particulière de la femme et de la mode.

Posté par jourstranquilles à 04:04 - Expositions - Commentaires [0] - Permalien [#]