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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

dimanche 16 décembre 2018

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mercredi 12 décembre 2018

Lycéens et étudiants rejoignent les gilets jaunes dans le rejet de la macronie

Par Violaine Morin - Le Monde

2 600 élèves et enseignants étaient rassemblés, mardi, contre les réformes du bac et de l’accès à l’université. Si les mots d’ordre divergeaient, l’hostilité envers Emmanuel Macron a fédéré toutes les passions.

« Qui ne saute pas est macroniste ! » Sur le quai de la ligne 4, à la station Châtelet à Paris, un groupe de lycéens survoltés bondit comme un seul homme en attendant le métro. On reconnaît de loin quelques élèves de Charlemagne, un établissement du très chic 4e arrondissement, souvent « en pointe » dans les contestations lycéennes.

Direction la place Saint-Michel, où quelques groupes peignent des banderoles étalées sur le sol en attendant midi, l’heure du rassemblement à l’appel de trois syndicats, l’Union nationale lycéenne (UNL), la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) et le Syndicat général des lycéens (SGL).

La bouche de métro déverse, à intervalles réguliers, des grappes de jeunes gens qui viennent grossir les rangs. Dix jours après le début de la contestation, les lycéens seront 2 600 selon la police à manifester, mardi 11 décembre, pour 170 lycées perturbés dans toute la France – et 400 selon les syndicats lycéens.

Dans une ambiance festive, les manifestants entonnent les slogans de toujours. Pour rappeler des souvenirs aux lycéens de n’importe quelle génération, il suffit d’insérer le nom du ministre de leur jeunesse – François Fillon, Claude Allègre – devant les mots « si tu savais, ta réforme, ta réforme… ».

Les préoccupations varient

Mais ici, le ministre a cédé la place à Emmanuel Macron, comme si la personne du président de la République cristallisait toutes les passions de ce mouvement qui tente de profiter de l’élan des « gilets jaunes ». « Ni les professeurs, ni les étrangers, c’est Macron qu’il faut virer », scandent les jeunes, en alternant avec « Macron, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue ».

Le nom du ministre, Jean-Michel Blanquer, pourtant à la manœuvre de trois chantiers parmi ceux qui forment les points de crispation – la réforme du baccalauréat, Parcoursup et les suppressions de postes dans le second degré – est le grand « absent » de la manifestation qui doit cheminer jusque sous ses fenêtres.

Au-delà de ce rejet collectif, les lycéens tombent difficilement d’accord sur les mots d’ordre. « Les mouvements de jeunesse souffrent souvent de n’être pas assez clairs et pas assez unis », concède Tito, en première au lycée Fénelon. Pour pallier ce problème, « deux AG » ont été organisées dans son établissement pour définir « pourquoi on manifeste ». L’ensemble des revendications tient donc en un slogan, répété tout l’après-midi : « Contre Parcoursup, allez allez, contre le nouveau bac, allez allez, contre le SNU [service national universel], allez allez. » Mais dans le détail, les préoccupations varient selon les profils et les âges.

Les élèves de banlieue, venus souvent avec leurs enseignants, s’inquiètent d’un baccalauréat « dévalué » par rapport à celui des lycées de centre-ville. Younes, en première au lycée Angela Davis de La Plaine Saint-Denis, craint que ses amis de seconde, qui seront les premiers à passer le nouveau bac – composé d’un contrôle continu et de quatre épreuves terminales –, n’obtiennent un diplôme au rabais.

Convergence des luttes

« Je viens d’un quartier défavorisé, on a la réputation de vouloir tout brûler, plaide-t-il. Notre bac ne vaudra pas la même chose que celui des beaux quartiers. » Chenoa, élève de seconde à Noisy-le-Grand, se sent un peu à l’abri de cette « dévaluation » dans son lycée international sélectif. Elle est en seconde et fera partie de la première génération de bacheliers nouvelle formule. Pour elle, cette réforme est « bâclée ». La jeune fille ne « comprend même pas » comment devront s’organiser ses choix pour l’année prochaine, alors que la carte des spécialités disponibles dans chaque lycée doit être annoncée fin décembre – un calendrier accéléré, semble-t-il, pour apaiser les inquiétudes des lycéens.

Les étudiants, eux, sont venus en nombre après une « AG » tenue dans la matinée sur la place de la Sorbonne. Salomé et ses camarades, inscrites en licence d’espagnol à Paris-IV, veulent « prêter main-forte » aux lycéens. Mais les étudiants tentent de mobiliser sur leurs propres dossiers, par exemple sur la hausse des frais de scolarité pour les étrangers. « On est contents que les lycéens se soient mobilisés, tempère Salomé, et on ne veut pas faire passer nos revendications avant les leurs. Aujourd’hui, on est là pour eux. »

Une chose cependant interroge : pourquoi ne pas avoir manifesté avant ? Parcoursup a connu sa première saison cet été, la réforme du bac est sur les rails depuis le printemps… De toute évidence, l’occasion offerte par la contestation des « gilets jaunes » était trop belle pour ne pas tenter de s’en saisir, même si les manifestants se défendent de tout opportunisme. « Ils ont réussi à mobiliser et cela a créé de l’espoir », analyse Tito, le lycéen de Fénelon. Les plus militants s’en remettent aux précédents historiques de la convergence des luttes entre étudiants et travailleurs. « La force sociale des “gilets jaunes” est incontestable, il faut en profiter », juge Léo, étudiant en philosophie à Paris I.

Manifestants brimés

Partout dans le cortège, on entend des accents communs avec les revendications des « gilets jaunes », sur ce gouvernement qui ne prête qu’aux riches, ce service public qui souffre, ces manifestants brimés.

Les lycéens de Mantes-la-Jolie (Yvelines) sont sur toutes les bouches. La vidéo de leur interpellation musclée, tous alignés à genoux sur le sol, a fait le tour des réseaux sociaux jeudi 6 décembre et a choqué la communauté éducative. « On ne peut pas laisser faire ça », enrage un enseignant d’Aubervilliers.

A plusieurs reprises les manifestants se mettront à genoux sur la chaussée, mains sur la tête, imitant la posture dans laquelle les interpellés de Mantes ont été filmés. Julien, un élève de première ES de la Plaine Saint-Denis à qui l’on demande s’il n’a pas peur devant de telles images, répond que lui et ses camarades s’efforcent de maintenir un blocus pacifique. « Bien sûr que j’ai peur que ça devienne violent, ajoute-t-il après un temps de réflexion. Et en même temps, si je ne fais rien, qui va le faire pour moi ? »

Violences policières : vingt-deux enquêtes ouvertes par l’IGPN après les dernières manifestations. Vingt-deux enquêtes ont été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) à la suite de plaintes de « gilets jaunes » et de lycéens, mobilisés depuis la mi-novembre contre la politique du gouvernement, selon une information de BFM TV confirmée par Le Monde. Elles visent à déterminer si des forces de l’ordre ont commis des violences illégitimes à l’égard de manifestants. Parmi les vingt-deux procédures ouvertes, quinze l’ont été à la suite de plaintes déposées par des « gilets jaunes », six par des lycéens et une par une journaliste, affirme une source proche du dossier.

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mardi 11 décembre 2018

La lettre politique de Laurent Joffrin - On n'est pas sorti de l'auberge

Dilemme traditionnel pour tout mouvement social. Version 1 : nous avons obtenu une partie de ce que nous voulions, la lutte a payé, on arrête. Version 2 : nous avons obtenu une partie de ce nous voulions, la lutte a payé, on continue. Ainsi, le même syllogisme aboutit à deux conclusions opposées. Pour une raison simple : ce n’est pas la logique qui permet de trancher. C’est le rapport de force.

A-t-il évolué ? Un peu. La droite classique, celle des partis, mais aussi une partie de celle qui a manifesté, fait défection. Eric Woerth : «On lève le camp.» Le Figaro : il faut «souhaiter» la fin du mouvement «la raison l’impose, l’intérêt national l’exige». Juppé : il faut saisir «la main tendue», etc. Ce à quoi fait écho la position de certains gilets jaunes «libres», plutôt orientés à droite, qui appellent à plier les gaules. Il faut rappeler que le mouvement comprend un certain nombre de commerçants et de petits entrepreneurs, guère pressés de voir le salaire de leurs employés faire soudain un bond en avant. Et que l’addition (une dizaine de milliards) sera payée par les contribuables ou bien financée par emprunt, ce qui déplaît dans les deux cas à la droite profonde.

Les autres protestataires remarqueront que la hausse de la prime d’activité est seulement avancée (elle était prévue sur cinq ans), que les retraités n’ont pas obtenu la réindexation de leurs pensions, que la diminution de la taxe d’habitation reste programmée aux mêmes dates, etc. Ils peuvent juger qu’une poursuite du mouvement permettra de cocher d’autres cases (mais aussi que de nouvelles violences risquent de retourner l’opinion contre eux). Ils notent surtout qu’en dehors d’annonces générales et plus ou moins lointaines et d’une prime de fin d’année laissée à la discrétion des entreprises, les plus aisés échappent à toute contribution supplémentaire.

Une nouvelle fois, la fiction d’un dépassement du clivage droite-gauche se dissipe. En épargnant les plus hauts revenus et en protégeant le patronat, le Président s’est adressé, pour faire court, à la droite du mouvement et aux conservateurs du pays. Emmanuel Macron leur a même fait un clin d’œil supplémentaire en évoquant la lutte contre le communautarisme et l’immigration (ce que le mouvement ne demandait pas).

Les socialistes, Hamon, Jadot, La France insoumise, continuent de pilonner le gouvernement sur le thème de la justice fiscale et sociale. La majorité elle-même, au cours d’une réunion qualifiée de «houleuse», s’est divisée selon la même ligne de démarcation. Quant à Marine Le Pen, très critique, elle appelle à de nouvelles baisses de taxes, à une nouvelle politique – la sienne – antimondialiste et anti-immigration, mais se garde de parler de hausses de salaires (la revalorisation du smic, d’ailleurs, n’est pas dans son programme). L’extrême droite reste à droite.

Résultante ? Le mouvement continue, de toute évidence. Plusieurs appels à un «acte V» ont été lancés. La frange la plus dure, encouragée par les deux extrêmes du spectre politique, continue de rêver d’une démission du Président ou, à tout le moins, d’une dissolution de l’Assemblée nationale. Appuyé sur la droite de l’opinion, le gouvernement résistera de toutes ses forces. Sa position s’est améliorée. Il n’est pas tiré d’affaire.

LAURENT JOFFRIN

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Macron : un discours en trompe-l'oeil

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Smic : mais d'où sortent ces «100 euros» ?

Dans son allocution présidentielle, Emmanuel Macron a annoncé lundi soir que «le salaire d’un travailleur au smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019». Une hausse qui ne serait que l’«accélération» d’une promesse de campagne.

Smic : mais d'où sortent ces «100 euros» ?

Les bandeaux des chaînes d’information en continu ont tout de suite titré: «Hausse du Smic de 100 euros». Il faut dire que la phrase d’Emmanuel Macron était alléchante : «Le salaire d’un travailleur au smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur», a déclaré le président de la République, lundi soir, lors de son allocution aux Français pour tenter de calmer la colère exprimée par les gilets jaunes.

Mais comme souvent depuis le début du quinquennat avec ce gouvernement, quand il en va des gestes en faveur des plus modestes, il faut regarder ce que cachent les chiffres… Qu’y a-t-il donc derrière ces «100 euros dès 2019» pour une personne au Smic ? Déjà, il ne s’agit pas d’une revalorisation exceptionnelle du salaire minimum comme le réclamaient certains partis de gauche et des syndicats comme FO ou la CGT. Si le chef de l’État a tenu à préciser «sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur», c’est qu’il compte procéder autrement, via une hausse de la prime d’activité.

«13e mois» promis

L’exécutif a d’ailleurs commencé à emprunter ce sentier ouvert en 2016 par François Hollande et le gouvernement de Manuel Valls. Pour arriver à sa promesse présidentielle «d’un 13e mois de salaire, soit 100 euros nets de plus chaque mois» pour «tous les smicards», le chef de l’État avait prévu de «revaloriser» cette aide issue de la fusion de la prime pour l’emploi et du RSA activité : 20 euros de plus chaque année de 2018 à 2021, soit 80 euros d’ici la fin du quinquennat, auxquels s’ajoutent 20 euros issus de la suppression des cotisations salariales (chômage et maladie) dont ont bénéficié tous les salariés du privé.

En 2018, pour des raisons budgétaires, le gouvernement a déjà dû en rabattre sur ses ambitions. S’il a maintenu la revalorisation traditionnelle du mois d’avril, indexée sur l’inflation, il a modifié à l’automne le mode de calcul de la prime pour réaliser des économies. Résultat la «revalorisation exceptionnelle» de 20 euros attendue en octobre s’est transformée, pour une personne au smic, en une augmentation de… 8 euros. Sur l’ensemble de l’année 2018, pour ce même salarié, la hausse de la prime d’activité a été d’environ 13 euros.

30 euros déjà votés pour 2019

Pour 2019, l’exécutif a d’abord tenté de faire des économies sur une prestation en constante augmentation (6 milliards d’euros budgétés pour l’an prochain après 5,6 milliards de dépenses estimées pour 2018 par la Caisse nationale des allocations familiales). Ainsi, le Parlement a voté la suspension pour deux ans de la traditionnelle revalorisation du printemps, celle liée à l’évolution des prix. Et s’il a maintenu sa promesse d’une «nouvelle bonification» de 20 euros pour les personnes au salaire minimum, elle n’aurait, au départ, pas été versée avant octobre. Finalement via un amendement déposé discrètement en première lecture du projet de loi de finances à l’Assemblée, le gouvernement a, d’une part, augmenté le montant de cette revalorisation exceptionnelle (30 euros), et, d’autre part, avancé son versement au printemps.

Avant même l’annonce de Macron lundi soir, l’exécutif avait donc déjà prévu d’atteindre l’an prochain plus des deux tiers du chemin de la promesse de campagne. Il ne restait plus qu’à «revaloriser» cette prime d’activité de 20 euros en 2020 et de la même somme en 2021. Selon plusieurs sources ministérielles, l’annonce du chef de l’État ce lundi soir correspond à une «accélération» de cette promesse présidentielle. Cela ne signifie donc pas «100 euros» de plus en 2019 mais seulement 70 euros dont 30 euros déjà votés : donc un effort de 40 euros supplémentaires, dès 2019, par salarié au smic. Et encore, si ces «100 euros» dont a parlé Emmanuel Macron lundi soir tiennent compte de l’augmentation légale du salaire minimum au 1er janvier – que le Premier ministre mercredi dernier à l’Assemblée a chiffré à «+ 1,8 %» – la dépense supplémentaire ne serait pas au niveau ronflant qu’a voulu faire croire le chef de l’État. Lequel ne ferait finalement pas «plus» mais «plus tôt».

A Edouard Philippe et ses ministres Agnès Buzyn (Solidarités) et Gérald Darmanin (Action et Comptes publics) de préciser désormais les contours de ces «100 euros». Le chef du gouvernement en aura l’occasion ce mardi devant les députés. Puis aux services de l’exécutif de traduire cela très vite : pour que les mesures entrent en vigueur au 1er janvier, il faut que tout soit bouclé avant le vote définitif du budget à l’Assemblée nationale. C’est-à-dire, en fin de semaine prochaine.

Lilian Alemagna - Libération

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Analyse : Emmanuel Macron concède aux « gilets jaunes » sans rien céder

Par Françoise Fressoz

Le président de la République a annoncé plusieurs mesures immédiates sur le pouvoir d’achat mais ne renonce pas à la politique qu’il a mise en œuvre depuis son arrivée à l’Elysée.

Il fallait un symbole : les travailleurs au smic verront leur revenu augmenter de 100 euros par mois dès 2019, a annoncé Emmanuel Macron, lundi 10 décembre, dans son allocution télévisée aux Français. Cent euros de plus pour tenter de répondre au mouvement des « gilets jaunes « qui, a reconnu le chef de l’Etat, appelle « l’état d’urgence économique et sociale ». La mesure était faite pour surprendre car, quelques heures plus tôt, les membres de son gouvernement assuraient qu’il n’était pas question de toucher au salaire minimum. En réalité, tout le monde a un peu raison : c’est en réalité la prime d’activité qui augmentera afin que l’Etat prenne en charge l’intégralité du surcoût et que cela ne coûte rien aux entreprises.

LE CHEF DE L’ETAT VEUT BIEN LÂCHER DU LEST MAIS IL N’EST PAS PRÊT POUR AUTANT À RENONCER À LA POLITIQUE À LAQUELLE IL CROIT

Ce tour de passe-passe expliqué quelques minutes plus tard par Muriel Pénicaud, la ministre du travail, sur le plateau de France 2, dit tout de l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron : pour « répondre à la détresse » de ceux qui ont des difficultés à boucler les fins de mois, le chef de l’Etat veut bien lâcher du lest mais il n’est pas prêt pour autant à renoncer à la politique à laquelle il croit et qu’il a mis en œuvre à son arrivée à l’Elysée. C’est si vrai que l’impôt sur la fortune (ISF), autre symbole fort, qu’il a supprimé au début de son mandat, ne sera pas rétabli. Il l’a dit et redit ces derniers jours. Et si, face à la nouvelle donne sociale, il est désormais question de faire payer les grandes entreprises et les plus gros contribuables, Emmanuel Macron s’est bien gardé d’annoncer le détail de la facture. Hors de question de concéder une quelconque victoire idéologique à ses opposants politiques.

Plutôt que de manger son chapeau, Macron concède

Au lendemain du quatrième samedi de mobilisation des « gilets jaunes », le président de la République continue d’évoluer sur une ligne de crête. Il lâche quatre mesures immédiates sur le pouvoir d’achat :

la hausse du revenu des travailleurs au smic ;

la défiscalisation des heures supplémentaires qui ne seront l’an prochain ni imposées ni soumises aux prélèvements sociaux ;

la prime de fin d’année que les entreprises pourront verser mais à la seule condition qu’elles le souhaitent ;

ou encore l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraités touchant moins de 2 000 euros par mois.

Mais à aucun moment il ne parle de « tournant » ni ne remet fondamentalement en cause la philosophie de sa politique, insistant au contraire sur la nécessité de poursuivre la transformation du pays à travers la réforme de l’Etat, celle de l’assurance-chômage ou celle des retraites. Même la limitation de vitesse à 80 km/h est maintenue, comme un signal d’appui à son premier ministre.

Plutôt que de manger son chapeau, le président de la République concède. Ce faisant, il prend le risque de voir le conflit perdurer, en tablant sur le pourrissement et la radicalisation du mouvement, alors que le soutien de l’opinion publique tend à fléchir. Son pari consiste à dissocier ceux qui sont animés par « la juste colère » des meneurs politiques qui veulent le destituer. Mais pour réussir encore faut-il que son mea culpa personnel paraisse sincère. Costume noir, ton grave, le président de la République n’a pas lésiné sur le repentir : « Je prends ma part, j’ai pu en blesser certains. » Sans garantie de succès car cela fait plusieurs semaines déjà qu’il tente en vain ce genre de correction.

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L'intervention télévisée d'Emmanuel Macron....

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Synthèse

Les annonces de Macron : smic, prime de fin d’année, heures supplémentaires défiscalisées…

Lors d’une allocution télévisée après plusieurs semaines de crise des « gilets jaunes », le président de la République a dit vouloir décréter « l’état d’urgence économique et sociale ».

Sa parole était très attendue après un nouveau week-end de mobilisation des « gilets jaunes ». Emmanuel Macron a annoncé plusieurs mesures fortes, lundi 10 décembre, lors d’une allocution télévisée enregistrée au palais de l’Elysée. « Nous voulons une France où on peut vivre dignement de son travail, sur ce point nous sommes allés trop lentement, a estimé le chef de l’Etat dans une allocution de treize minutes. Je demande au gouvernement et au parlement de faire le nécessaire afin qu’on puisse vivre mieux de son travail dès le début de l’année prochaine. »

Le revenu d’un travailleur au smic augmenté de 100 euros par mois

Disant constater « un état d’urgence économique et social » dans le pays, le chef de l’Etat a demandé au gouvernement de « faire le nécessaire afin qu’on puisse vivre mieux de son travail dès le début d’année prochaine ». « Le salaire d’un travailleur au smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur », a-t-il affirmé.

Emmanuel Macron n’a pas apporté de précision sur cette hausse, qui s’ajoute à l’augmentation de 1,8 % prévue en janvier. Plusieurs sources contactées par Le Monde estiment que seule une hausse via la prime d’activité aurait un coût nul pour les entreprises.

Le président s’était déjà engagé à ce que cette prime d’activité, dont bénéficient quelque 2,6 millions de personnes, augmente de 30 euros en avril 2019 et de 20 euros en 2020. Ce « coup de pouce » serait donc une accélération et une amplification de sa politique. Il correspond à un complément de salaire pour ceux qui sont rémunérés entre 0,5 et 1,2 smic.

Le smic mensuel brut est de 1 498,47 euros, soit 1 184,93 euros net. Avec la revalorisation automatique, il devait passer à 1 210 euros net en janvier, avait indiqué récemment Mme Pénicaud.

La hausse de la CSG annulée pour les retraités touchant moins de 2 000 euros par mois

L’augmentation de la contribution sociale généralisée (cotisation sur tous les revenus finançant la Sécurité sociale), « subie cette année » (en 2018), va être annulée pour les retraités touchant moins de 2 000 euros par mois. Jusqu’ici, le seuil de hausse de CSG pour les retraités était de 1 280 euros (ou 1 394 euros pour les moins de 65 ans).

Depuis le 1er janvier, cette population a vu sa CSG passer (sauf taux réduit) de 6,6 % à 8,3 % des pensions. Contrairement aux actifs et aux fonctionnaires, les seniors n’ont pas reçu de compensation pour cette mesure, censée rapporter en net 4,5 milliards d’euros à l’Etat cette année.

Une prime de fin d’année demandée aux employeurs « qui le peuvent »

Le gouvernement va également « demander à tous les employeurs qui le peuvent de verser une prime de fin d’année à leurs employés », qui sera défiscalisée. Le premier ministre, Edouard Philippe, puis son ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, et son homologue des comptes publics, Gérald Darmanin, s’étaient déjà prononcés, jeudi 6 décembre, en faveur d’une prime exceptionnelle versée par les entreprises à leurs salariés.

Les heures supplémentaires défiscalisées

Les heures supplémentaires seront « versées sans impôts ni charges dès 2019 » alors qu’elles devaient initialement être « désocialisées » (pas de cotisations) en septembre 2019. Cette mesure avait déjà été mise en place sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, avant d’être abrogée par François Hollande.

Les heures supplémentaires correspondent au temps travaillé au-delà de la durée légale des 35 heures, et sont rémunérées davantage. Cette majoration de salaire est généralement de 25 %, mais peut être réduite à 10 % par un accord d’entreprise.

Pas de retour sur la suppression de l’ISF

Le chef de l’Etat a écarté tout retour de l’impôt sur la fortune (ISF), supprimé au début du quinquennat au profit de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI).

Lutte contre l’évasion fiscale

Les dirigeants des grandes entreprises françaises devront verser « leurs impôts en France ». Le président fait allusion à la mise en place d’une taxe GAFA, visant les géants du Web comme Facebook et Google, qui réalisent des bénéfices en France.

Ces mesures seront présentées mercredi à l’Assemblée par le premier ministre Edouard Philippe. Celles-ci représentent un coût de 8 à 10 milliards d’euros pour les finances publiques, a annoncé sur BFMTV Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics.

L’Elysée avait auparavant souligné que la France ne remettait pas en cause son objectif de maîtrise de la dépense publique et que l’objectif initial de déficit public pour 2019 hors CICE laissait « un peu de marge » pour la construction du budget.

Des mesures jugées insuffisantes, à droite comme à gauche. Marine Le Pen , présidente du Rassemblement national, a estimé sur Twitter que « Macron recule pour mieux sauter ! ». Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, a reconnu que le président avait fait des « constats justes » mais déploré qu’il ne s’attaque pas à la baisse de la dépense publique. A gauche, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI), a affirmé que « toutes les mesures qu’il a annoncées seront payées par les contribuables et les assurés sociaux, aucune par les grandes fortunes et les profits ». « On attend une vraie redistribution des richesses », a abondé sur BFM-TV le fondateur du mouvement Génération.s, Benoît Hamon. En revanche, de nombreux députés La République en marche (LRM) se disaient rassurés par l’ampleur des mesures présentées. « Ce ne sont pas des mesurettes mais des mesures significatives qui vont clairement changer la vie des gens », affirme ainsi la député LRM de Paris, Laetitia Avia.

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samedi 8 décembre 2018

Les « gilets jaunes » ternissent l’image de Macron sur la scène internationale

Par Jean-Baptiste Chastand, Jérôme Gautheret, Rome, correspondant, Marie Jégo, Istanbul, correspondante, Isabelle Mandraud, Moscou, correspondante, Anne-Françoise Hivert, Malmö (Suède), correspondante régionale, Thomas Wieder, Berlin, correspondant, Cécile Ducourtieux, Bruxelles, bureau européen, Jean-Pierre Stroobants, Bruxelles, bureau européen, Gilles Paris, Washington, correspondant - Le Monde

Le mouvement de contestation en France fait réagir les dirigeants du monde entier, de Washington à Rome en passant par Moscou, Berlin ou Ankara.

Il ne pouvait que se réjouir de voir son ennemi déclaré en difficulté. Depuis l’Italie, Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur d’extrême droite en guerre ouverte contre Emmanuel Macron, n’a rien manqué du mouvement des « gilets jaunes » et de la contestation inédite qu’il exprime. « Macron n’est plus mon adversaire. Il n’est plus un problème pour moi. Il est un problème pour les Français », a tranché, mercredi 5 décembre, le Lombard. Comme si son rival avait déjà abandonné la partie dans le conflit entre « nationalistes » et « progressistes » alimenté par les deux leaders depuis cet été. Face à un chef de la Ligue à l’insolente popularité, Emmanuel Macron semble désormais bien fragile.

Jusqu’ici, le président français pouvait jouer sur son image de leader jeune, convaincu, dynamique, qui lui assurait une popularité réelle sur la scène internationale. En témoignent les bains de foule réguliers lors de ses déplacements variés en Europe. Pour ses adversaires, la contestation des « gilets jaunes » marque la fin de cet état de grâce international.

Donald Trump n’a ainsi pas laissé passer l’occasion de régler ses comptes, alors que de nombreux dossiers, à commencer par l’environnement, opposent désormais les deux hommes. Le président des Etats-Unis a posté un message sur Twitter, mardi, après l’annonce d’un moratoire sur les taxes relatives aux carburants : « Je suis content de voir que mon ami @EmmanuelMacron et ceux qui protestent acceptent la conclusion à laquelle je suis parvenu depuis deux ans : l’accord de Paris est fondamentalement mauvais, car il provoque une hausse des prix de l’énergie pour les pays sérieux, tout en donnant un blanc-seing à certains des pires pollueurs. »

Il a ajouté que « les contribuables américains n’ont pas à payer pour nettoyer la pollution d’autres pays », alors que le sien est de loin le plus grand émetteur de gaz à effet de serre par habitant du monde, selon le rapport du Global Carbon Project publié mercredi.

Message mensonger

Incarné par une France périphérique, plutôt blanche, souvent victime de la mondialisation et qui n’hésite pas à s’en prendre à l’immigration, le mouvement des « gilets jaunes » correspond en de nombreux points à l’électorat de M. Trump, et plus largement à la vague populiste qui connaît actuellement une nouvelle vigueur un peu partout sur la planète.

Lou Dobbs, commentateur de la chaîne conservatrice Fox Business et proche du président des Etats-Unis, a estimé sur son compte Twitter que « le peuple français abhorre la politique mondialiste anti-Trump de Macron ». Le locataire de la MIaison Blanche a lui-même partagé le message mensonger d’un autre conservateur, lundi, qui assurait que les rues de Paris retentissaient du slogan « Nous voulons Trump ! »

De ce côté-ci de l’Atlantique, le chancelier conservateur autrichien, Sebastian Kurz, allié à l’extrême droite, a érigé la France en contre-exemple. « On peut dire que l’Autriche est une île de bienheureux », s’est-il exclamé pour vanter le calme et la stabilité régnant dans son pays. De fait, le calme règne en Italie ou en Hongrie, où les dirigeants de droite radicale que M. Macron prend régulièrement pour cible gouvernent, eux, avec des sondages nettement plus favorables…

« NOUS APPELONS LES AUTORITÉS PARISIENNES À S’ABSTENIR DE TOUT RECOURS EXCESSIF À LA FORCE, CONFORMÉMENT AUX PRINCIPES GÉNÉRALEMENT ADMIS DE L’HUMANISME », A DÉCLARÉ MARIA ZAKHAROVA, PORTE-PAROLE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES RUSSE

Dans les pays plus autoritaires, l’agitation française est utilisée sans vergogne pour justifier leur propre pratique. Le ministère turc des affaires étrangères a appelé la France à la « retenue », dénonçant « l’usage disproportionné de la force » contre les manifestants. Même tonalité à Moscou, où ce n’est pas sans une certaine jubilation que Maria Zakharova, porte-parole du ministère des affaires étrangères, a déclaré, jeudi : « Nous appelons les autorités parisiennes à s’abstenir de tout recours excessif à la force, conformément aux principes généralement admis de l’humanisme. »

A Moscou, les médias proches du pouvoir avaient, dès dimanche, repris les mêmes éléments de langage : les « gilets jaunes » sont « une révolution de couleur » fomentée par les Etats-Unis, parce que M. Macron a plaidé pour la création d’une armée européenne. Pour le journal pro-gouvernemental Rossiskaïa Gazeta, pas de doute, « l’affaiblissement de Macron, et avec un peu de chance, sa démission, est dans l’intérêt de Trump ».

Face à ces cris de joie, les dirigeants plus proches d’Emmanuel Macron se font discrets. Surtout ceux qui, en Europe, avaient célébré l’élection d’un dirigeant français réformiste. En Allemagne, le mouvement des « gilets jaunes », s’il est salué par l’extrême droite, trouble les responsables politiques de gauche, de droite ou les écologistes, qui aimaient Macron l’Européen, mais découvrent un autre Macron, plus autoritaire et pas assez attentif à la justice sociale.

« Ce mouvement met en lumière la faiblesse de départ du macronisme, qui n’a sans doute pas assez accordé d’importance à la justice sociale », estime la députée verte Franziska Brantner, ancienne vice-présidente du groupe d’amitié Allemagne-France au Bundestag. Comme d’autres élus, elle s’inquiète des conséquences qu’aura le mouvement sur le quinquennat de M. Macron, qui a nourri de vifs espoirs outre-Rhin. Le président français y avait été accueilli, en 2017, comme un « enfant prodige » de la politique, celui qui avait sauvé son pays du populisme et qui allait enfin engager les réformes différées par ses prédécesseurs.

« Le Parlement de la rue »

« La Grande-Bretagne va quitter l’Union européenne [UE], l’Italie est dirigée par les populistes, Merkel est chaque jour plus affaiblie… Macron était jusque-là le seul leader vraiment pro-européen. Son affaiblissement, s’il est durable, serait terrible pour l’Europe », redoute encore Mme Brantner. En Allemagne, beaucoup craignent aussi les conséquences de la crise actuelle sur la démocratie en France : « Quelle peut être l’alternative dans un pays où les partis de gouvernement n’existent quasiment plus et où l’opposition n’est plus incarnée que par les extrêmes ? », s’inquiète ainsi le démocrate-chrétien (CDU) Norbert Röttgen, président de la commission des affaires étrangères du Bundestag.

En Scandinavie aussi, l’élection d’Emmanuel Macron avait suscité un élan d’espoir : ce dernier citait souvent le modèle nordique en exemple ! Aujourd’hui, la presse scandinave estime que, décidément, « le Parlement de la rue » finit toujours par l’emporter en France. Et si les dirigeants de ces pays se gardent de commenter le mouvement des « gilets jaunes », les médias y fustigent l’« arrogance » de M. Macron et sa gouvernance jupitérienne.

A Bruxelles, la perte de crédit du président français inquiète. Certes, le volontarisme macronien s’était déjà heurté à la complexe machine européenne et aux réticences allemandes notamment. Mais, alors que pointe le risque de nouveaux dérapages budgétaires français, le message de l’Elysée risque de passer encore moins bien. Pourquoi avancer dans la réflexion vers une eurozone plus intégrée, plus solidaire, si la deuxième économie de l’union monétaire menace à nouveau de s’affranchir des règles du pacte de stabilité et de croissance ? Alors que, déjà, l’Italie fait des siennes ?

A Bruxelles, la capacité d’influence d’un dirigeant est toujours liée à sa légitimité au niveau national et au nombre d’eurodéputés que son parti peut envoyer au Parlement de Strasbourg. Or les sondages sont de plus en plus mauvais pour le scrutin de mai 2019. Le groupe des libéraux et démocrates (ALDE), qui espérait bousculer les équilibres grâce à l’arrivée d’un grand nombre d’eurodéputés La République en marche, voit ainsi la concrétisation de cet objectif s’éloigner.

Ambitions de plus en plus irréalistes

« Si les “gilets jaunes” s’organisaient politiquement, c’est sans doute les extrêmes qui seraient affaiblis, pas les partis constitués plus modérés », veut toutefois croire l’eurodéputé français ALDE, Dominique Riquet. L’absence d’alternative politique pourrait même entraîner, estime-t-il, un ralliement de l’opinion à un vote « institutionnel », en faveur de ceux qui dirigent et peuvent ramener le calme.

Mais les ambitions de M. Macron, qui rêvait de dynamiter le Parti populaire européen (PPE), la grande famille des droites européennes, et espérait avoir un poids décisif dans le choix du/de la futur(e) président(e) de la Commission, paraissent de plus en plus irréalistes. Ses alliés principaux, les premiers ministres libéraux du Benelux, Charles Michel en Belgique, Mark Rutte aux Pays-Bas et Xavier Bettel au Luxembourg, sont inquiets.

Le chef du gouvernement belge est même confronté à une mobilisation locale de « gilets jaunes », qui n’a pas l’ampleur de celle qui agite l’Hexagone mais qui s’en inspire directement.

Il est, par ailleurs, empêtré dans une querelle avec les nationalistes flamands de la NVA, son partenaire de coalition, sur le pacte migratoire de l’ONU, également dénoncé par plusieurs « gilets jaunes ». Or les encouragements de M. Macron, qui se réjouissait du ralliement belge à ce texte lors de sa visite officielle, fin novembre, à Bruxelles, ont eu le don d’énerver le parti néerlandophone, résolument hostile au texte onusien, à tel point que la coalition gouvernementale tangue sérieusement. Comme si l’enfant prodige français, auprès de qui tous les leaders de la planète voulaient s’afficher, portait désormais la poisse.

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vendredi 7 décembre 2018

La cote de popularité de Macron et de Philippe en chute libre

Un sondage YouGov révèle qu'Emmanuel Macron perd 3 points et son Premier ministre, Édouard Philippe, 6 points. Ils sont à leur plus bas niveau. Source AFP

Le président et le Premier ministre sont au plus bas dans les sondages depuis leur entrée en fonction.

Emmanuel Macron et Édouard Philippe ne cessent de chuter dans les sondages. Le dernier, publié jeudi, révèle que la cote de popularité du chef de l'État baisse de 3 points pour atteindre les 18 %. Celle du Premier ministre chute de 6 points, à 21 %. Les deux courbes atteignent leur plus bas niveau depuis leur entrée en fonction, d'après le sondage YouGov*.

Le chef de l'État a cédé 7 points en deux mois dans ce baromètre et 76 % (+ 7) des Français interrogés portent désormais un jugement « défavorable » sur son action. Trois semaines après le début du mouvement des Gilets jaunes, il perd notamment 6 points auprès des sympathisants du centre et 5 chez ceux de la droite, selon cette enquête pour CNews et Le Huffpost.

Une action jugée négative

Le Premier ministre, qui avait évité jusque-là les chutes brutales, voit son image dégradée avec l'aggravation de la crise. Il perd 14 points auprès des proches de la droite et 70 % (+ 13) des personnes interrogées jugent négativement son action.

Le couple exécutif entraîne le gouvernement dans l'impopularité, avec 17 % seulement (- 3) d'avis favorables sur son action et 77 % (+ 6) d'avis contraires. L'équipe gouvernementale perd notamment 11 points chez les sympathisants de droite et en gagne, au contraire, 3 auprès de ceux de gauche. 73 % (+ 5) des Français interrogés considèrent en particulier que l'exécutif a une « mauvaise » gestion de l'économie.

*Enquête réalisée les 28 et 29 novembre auprès de 1 006 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points.

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jeudi 6 décembre 2018

La lettre politique de Laurent Joffrin : «Qu'ils viennent me chercher !» disait Macron, ils viennent

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L’angoisse est générale. La fièvre du samedi après-midi – jour de la nouvelle manifestation des gilets jaunes – s’est emparée des gouvernants, de nombre de responsables politiques ou syndicaux et d’une partie de l’opinion. Une nouvelle flambée de violences ? La menace est évidente. Une partie des protestataires ont compris que les concessions lâchées par Edouard Philippe sont le résultat direct des événements du week-end dernier. La vindicte anti-Macron faisant le reste, la tentation est forte de se lancer dans une nouvelle confrontation pour obtenir plus. A cela s’ajoutent les heurts anormalement brutaux qui opposent policiers et lycéens. Plusieurs fois soulignée dans cette lettre, la tentation insurrectionnelle est bien là. «Qu’ils viennent me chercher», avait dit Emmanuel Macron dans une envolée fier-à-bras post-affaire Benalla. Ils viennent.

La répétition des mêmes scènes d’émeute serait fatale au gouvernement Philippe. On entrerait alors dans un inconnu politique. Mais elle peut aussi inspirer aux éminences de LREM un calcul plus cynique : tabler sur des affrontements largement télévisés pour provoquer un décrochage de l’opinion et un début d’isolement des gilets jaunes. Privé du soutien massif dont il bénéficie encore aujourd’hui, le mouvement s’effilocherait sans gagner plus que l’annulation des taxes sur le carburant. Le désordre peut même susciter au sein des Français une aspiration à un pouvoir plus fort, plus autoritaire. Tel Pompidou en 1968, la macronie chercherait alors à se sauver en surfant sur la peur du vide et le désir du retour à l’ordre. A moins que d’autres forces politiques n’en profitent. Sinistre perspective.

Il existe une autre porte de sortie. Les syndicats de salariés ont fait leur jonction aujourd’hui pour chercher une réponse commune. Leurs revendications – smic, retraite, ISF – recoupent en partie celles des gilets jaunes. Ils appellent à une manifestation dans le calme, samedi à Paris, à la faveur de la «marche pour le climat» prévue de longue date, «en convergence» avec celle des gilets jaunes. Cette jonction des mouvements, ce retour dans le jeu des forces syndicales classiques, pourrait être une planche de salut pour le gouvernement. Ainsi serait remise à l’honneur la proposition initiale de Laurent Berger, un «grenelle» social et écolo, qu’Edouard Philippe avait écarté d’un revers de main et qui, sans jeu de mots, doit maintenant s’en mordre les doigts.

Cette réunion se tiendrait après que le gouvernement a annoncé à l’avance qu’il serait prêt à des concessions de pouvoir d’achat. Elle comprendrait aussi une délégation de gilets jaunes, à supposer qu’ils arrivent enfin à désigner des représentants capables de parler pour le mouvement. Tout cela coûterait de l’argent et exigerait une révision budgétaire pour 2019. Certes. Mais à court terme, on voit mal comment la protestation pourrait s’éteindre sans des avancées sonnantes et trébuchantes. L’Union européenne, par la voix de Pierre Moscovici ce jeudi matin sur France Inter, a déjà donné un blanc-seing implicite. Et pour une fois, l’effort financier irait aux classes populaires et non aux plus favorisés. Il arrive un moment où le social doit passer avant la finance. Surtout quand la maison brûle.

LAURENT JOFFRIN

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