Partager sur Face Book

Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

vendredi 17 novembre 2017

Gloups... Nicolas Hulot

Posté par jourstranquilles à 07:59 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 16 novembre 2017

Eric Lombard, un patron de gauche pour diriger la Caisse des dépôts

lombard

Par Véronique Chocron - Le Monde

L’Elysée a annoncé jeudi avoir choisi l’ancien patron de la filiale française de l’assureur Generali pour diriger la CDC.

Après plusieurs mois d’incertitude, la Caisse des dépôts (CDC) sait enfin qui présidera à sa destinée pour les cinq prochaines années. L’Elysée a proposé, jeudi 16 novembre, l’ancien patron de Generali France, Eric Lombard, au poste de directeur général de l’institution financière publique.

Ce processus de nomination a pris l’allure d’un feuilleton qui, depuis le début de l’été, a tenu en haleine le monde de la finance et de la haute fonction publique. L’établissement n’avait en effet plus de maître à bord depuis le 23 août. Depuis cette date, Pierre-René Lemas, le patron sortant qui avait atteint l’âge légal de la retraite préfectorale, assurait l’intérim en attendant que l’Elysée lui trouve un successeur.

Pendant de longues semaines, l’Elysée a cherché le bon candidat, et a eu la surprise d’essuyer plusieurs refus dans le cercle des grands commis de l’Etat. Puis, lorsque le choix d’Emmanuel Macron s’est finalement porté sur Eric Lombard, un obstacle a surgi de manière inattendue. Le député (LRM) Gilles Le Gendre, élu au cours de l’été dernier président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts, a signalé qu’il avait, dans ses précédentes fonctions, conseillé Generali France alors qu’Eric Lombard dirigeait cette maison. « Un hasard incroyable, car Gilles Le Gendre n’avait pas des milliers de clients », s’amuse un proche du député.

Il revient désormais aux commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat de valider la décision de l’Elysée, avant la nomination officielle d’Eric Lombard par décret du président de la République, pour une durée de cinq ans.

Feuille de route fixée par Emmanuel Macron

C’est l’une des particularités de cette fonction, souvent considérée comme l’une des plus prestigieuse de la République : une fois désigné, le directeur général de la Caisse bénéficie en principe durant son mandat d’une véritable indépendance. A sa prise de fonction, il doit d’ailleurs prêter serment devant la Commission de surveillance de l’institution en jurant, notamment, « de défendre l’autonomie de l’établissement ». D’où le soin mis par l’exécutif à choisir un candidat à la fois loyal et en accord sur le projet de réforme que devra conduire la Caisse.

Selon des sources concordantes, cette feuille de route fera de la lutte contre la fracture territoriale une priorité de la CDC, dans la continuité du travail engagé par Pierre-René Lemas, le patron sortant, déjà résolument tourné vers les élus locaux et les territoires.

L’institution financière publique devrait mettre l’accent sur la rénovation urbaine des villes en difficulté, en concentrant des financements plus conséquents sur ces zones prioritaires, afin notamment de participer à la revitalisation des centres-villes. La Caisse, pilier du financement du logement social, travaillera également sur l’allongement de la durée des prêts et la modification de la structure de ces crédits pour accompagner la transformation du secteur.

La Caisse fera également évoluer ses participations, mais le programme de cessions devrait s’opérer « sur la durée ». « Il n’y a pas d’urgence », souligne un proche du dossier. Un dossier brûlant, en revanche, mobilisera rapidement l’attention du nouveau directeur général de la CDC : le projet d’une prise de contrôle de CNP Assurances par le groupe La Poste. De longue date, l’opérateur postal souhaite devenir un grand bancassureur, à l’image du Crédit agricole ou du Crédit mutuel. L’objectif ? Diversifier ses activités et ses revenus alors que son métier historique, le courrier, ne cesse de décliner. La Caisse, actionnaire de La Poste (26 %) et de la CNP (41 %), s’était ces dernières années érigée contre ce rapprochement. Il en va désormais autrement et il reviendra au patron de l’institution d’étudier les différentes options sur la table.

Patron étiqueté à gauche

Pour diriger le paquebot qu’est la Caisse des dépôts, Emmanuel Macron a choisi un financier solide de 59 ans, diplômé d’HEC, qui, comme lui, a débuté sa carrière comme banquier d’affaires. D’abord responsable des fusions acquisitions « banque-assurance » chez Paribas, Eric Lombard a ensuite bifurqué vers l’assurance, en dirigeant Cardif (filiale de BNP Paribas) puis, en 2013, Generali France.

Patron étiqueté à gauche, cet ancien conseiller ministériel de Michel Sapin, entre 1991 et 1993, reste l’un des piliers des Gracques, ce think tank aux valeurs sociales libérales, dont Emmanuel Macron fut un compagnon de route.

Posté par jourstranquilles à 18:31 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 13 novembre 2017

Les louanges d’Alain Juppé pour Emmanuel Macron crispent les Républicains

rep01

 Photo : J. Snap

Depuis l’élection de M. Macron il y a six mois, « l’image de la France a changé », veut croire M. Juppé, très proche du premier ministre, Edouard Philippe.

C’est une proximité qui provoque le débat. Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a salué, vendredi 10 novembre lors d’une réunion publique, l’action du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, suggérant l’idée d’un « grand mouvement central » en vue des élections européennes de 2019.

C’est devant l’Association de la presse diplomatique française que l’ex-premier ministre a esquissé cette idée, rapportée par plusieurs médias. M. Juppé a, en particulier, adressé un satisfecit au discours sur l’Europe prononcé il y a quelques semaines à la Sorbonne par le président de la République :

« J’aurais peu de choses à y changer, (…) c’est un bon discours qui trace des perspectives claires. »

« L’image de la France a changé »

M. Juppé s’est ainsi réjoui, en se référant à l’Europe, de « la crédibilité française retrouvée et d’une capacité d’initiative de la France qui s’était érodée dans la période précédente ». Il a, en particulier, apprécié l’expression de « bien commun » utilisée par M. Macron pour parler de la construction européenne dans son discours.

Depuis l’élection de M. Macron il y a six mois, « il y a une forme de crédibilité retrouvée. L’image de la France a changé », veut croire M. Juppé, très proche du premier ministre, Edouard Philippe.

M. Juppé, ministre des affaires étrangères à deux reprises, a également décerné un bon point à M. Macron pour sa visite jeudi soir en Arabie saoudite, destinée à faire baisser la tension avec l’Iran. « Il est bon que le président mouille sa chemise pour jouer un rôle de médiateur », a-t-il dit.

Une « erreur »

Mais ce concert de louanges de la part de celui qui fut un temps pressenti comme le candidat de la droite à l’élection présidentielle n’a pas été apprécié au sein du parti les Républicains, qui doit élire dans un mois un nouveau président.

Grand favori de cette élection interne, Laurent Wauquiez a ainsi jugé sur France 3 que cette idée était une « erreur ». « Nous ne partageons pas la même vision de l’Europe qu’Emmanuel Macron », en particulier sur l’élargissement éventuel de l’Union européenne, a expliqué le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. « C’est une profonde erreur, car l’élargissement a tué l’Europe », a prévenu M. Wauquiez, ancien ministre des affaires européennes.

Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France, a, elle aussi, pris ses distances avec M. Juppé, qu’elle soutenait pourtant à la primaire de la droite en 2016. « Des pro-Européens, il y en a toujours eu à gauche et à droite. François Mitterrand était pro-Européen, je n’ai jamais voté pour une liste socialiste » aux européennes, a-t-elle souligné au « Grand Rendez-vous CNews - Europe 1 - Les Echos ».

Dimanche après-midi, M. Juppé a nettement atténué son propos en tweetant : « Liste commune avec E. Macron aux européennes ? On n’en est pas là. » « Fausse nouvelle une fois de plus ! », s’est-il emporté.

rep02

Posté par jourstranquilles à 07:26 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 12 novembre 2017

Emmanuel Macron

 

 

Posté par jourstranquilles à 08:40 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 27 octobre 2017

Du bon usage d’un langage « cash »

L'édito de Muriel Pleynet - Le Parisien

« La République ne cède pas aux gens qui sont en cagoule ! ». Si l’on a pu, parfois et à juste titre, reprocher à Emmanuel Macron des mots blessants et un langage fleuri, il faut - toutefois - reconnaître au chef de l’Etat d’avoir le courage de dire ce qu’il pense et de parler... « cash ». Car non, on ne négocie pas avec des « gens qui sont en cagoule ». Et Emmanuel Macron de préciser, ce matin lors d’une conférence de presse à Cayenne, qu’il n’était pas question de « céder à des pressions, quelles qu’elles soient, en particulier lorsqu’elles n’ont pas la légitimité démocratique ». La veille, quelques heures seulement après son arrivée en Guyane, les manifestations organisées avaient dégénéré en heurts qui ont duré plusieurs heures. Le président s’est, tout de même, employé à rassurer : « La parole de l’Etat sera tenue », assurant que les accords conclus le 21 avril, sous le quinquennat de François Hollande, pour mettre fin au vaste mouvement social du printemps seraient « appliqués ». Mais dès son arrivée, Emmanuel Macron avait donné le ton en avertissant qu’il n’était « pas le Père Noël » et que « les Guyanais » n’étaient « pas des enfants ». Du bon usage d’un langage cash.

Posté par jourstranquilles à 06:00 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 25 octobre 2017

Nouvelle tragicomédie au bureau politique des Républicains

Par Olivier Faye, Matthieu Goar - Le Monde

Le bureau politique a voté pour l’exclusion de cinq ministres et députés ralliés au chef de l’Etat. Mais faute de quorum suffisant, cette sanction n’est pas encore officielle.

Dans les comédies romantiques comme en politique, les divorces sont toujours un peu longs et douloureux. Le parti Les Républicains (LR) l’apprend chaque jour à ses dépens. Enclenchée depuis le 30 juin, la procédure d’exclusion des figures pro-Macron n’a toujours pas abouti lors du bureau politique (BP) du parti, mardi 24 octobre. Au cours de cette réunion, 37 des 47 participants se sont prononcés pour acter le départ du premier ministre Edouard Philippe et pour exclure les membres du gouvernement issus de LR, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, ainsi que les figures de proue du groupe dissident à l’Assemblée, Thierry Solère et Franck Riester.

Sauf que le quorum fixé à 63, soit la moitié des membres de cette instance, n’a pas été atteint. Pour se protéger juridiquement, le parti doit donc convoquer un nouveau bureau politique, le mardi 31 octobre cette fois, où la majorité simple sera suffisante. La comédie politico-médiatique durera donc une semaine de plus. « On a le sens de la scénarisation, on sait comment faire pour garder l’attention des journalistes », souffle mi-amusé mi-dépité un dirigeant de LR.

« Il y a beaucoup de “nobodies” »

Après les délais accordés le 11 juillet sous la pression des sénateurs, puis le 3 octobre pour laisser le temps aux Constructifs de s’expliquer, ce bureau politique était pourtant annoncé comme le point final de la tragicomédie. Pendant la réunion, chacun a joué son rôle. Christian Estrosi a défendu l’idée du rassemblement plutôt que de l’exclusion. Laurent Wauquiez a réclamé une sentence claire. « Le feuilleton a assez duré. Il faut que la droite soit de nouveau audible », a lancé le candidat à la présidence du parti.

Puis Bernard Accoyer, secrétaire général du parti, a procédé au vote avant de se résoudre à déclarer qu’un « nouveau bureau politique sera convoqué et délibérera sans condition de quorum ». Depuis vendredi, la direction de LR avait pourtant mobilisé les participants. Mardi après-midi, les mots d’excuse sont arrivés les uns après les autres. « C’est toujours la même chose, quand il y a des décisions importantes à prendre, il y a beaucoup moins de monde », peste un cadre du parti.

Adversaire résolue des Constructifs et candidate à la présidence du parti, Florence Portelli, était à une réunion publique à Strasbourg. Les sarkozystes ralliés à Laurent Wauquiez, Eric Ciotti, Guillaume Peltier et Rachida Dati, n’étaient pas non plus présents. « Formidable adaptation du “dîner de cons” ! Qui a dit que le ridicule ne tue pas ? », a pourtant tweeté la maire du VIIe arrondissement.

« Nous, nous étions plutôt mobilisés », se défend un proche de M. Wauquiez : « Mais le quorum n’est jamais atteint depuis des mois. Il y a beaucoup de “nobodies” qui ne viennent plus jamais. Après le congrès, il faudra renouveler le bureau politique. » « Cette instance a été constituée en décembre 2014. Depuis, certains ont quitté la vie politique, on a perdu 100 députés dont certains étaient membres du BP », approuve Daniel Fasquelle, autre candidat à la présidence de LR favorable à l’exclusion.

Symptomatique des tensions au sein de LR

La droite républicaine sort encore un peu plus affaiblie de cette nouvelle pantalonnade. « Ce qu’il s’est passé ce soir casse le peu d’élan que l’on avait réussi à construire après les sénatoriales », peste un membre de la direction de LR. Car si ce nouveau délai ne fait que reculer d’une semaine le sort des Constructifs, il est symptomatique des tensions au sein des Républicains.

Profondément divisés sur la façon de s’opposer au président de la République Emmanuel Macron et bousculés par la politique économique de l’exécutif, les ténors de la droite semblent déjà ne plus vivre ensemble. Les bureaux politiques sont de plus en plus désertés.

Même sur un sujet aussi important que l’exclusion du premier ministre de la France, les cadres de LR n’arrivent plus à se rassembler et à débattre. Les figures de la droite modérée comme Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou Jean-Pierre Raffarin ne viennent plus aux réunions. Comme s’ils avaient acté la prise de pouvoir de Laurent Wauquiez, chacun se recroqueville dans sa collectivité ou derrière son mouvement, à l’instar de Libres ! fondé par Mme Pécresse. Mardi soir, ils étaient encore une fois absents. Seules sept personnes ont donc voté contre l’exclusion, notamment Fabienne Keller, Claude Goasguen ou encore Nora Berra.

La droite dure aux manettes d’un parti déliquescent

Mais c’est la droite dure qui a subi le pire camouflet. Majoritaires dans les instances, ils sont pour le moment aux manettes d’un parti déliquescent toujours pas remis de ses défaites du printemps. « En 2018, les vacances de M. Macron et de sa majorité seront finies », a promis, mardi, un Brice Hortefeux impatient de la prise de pouvoir de M. Wauquiez. Le nouvel épisode de leur propre exclusion a en tout cas provoqué les réactions ironiques des pro-Macron trop heureux de démontrer que leur parti se recroqueville sur sa ligne dure.

« Ils sont infoutus de réunir une assemblée suffisante pour nous exclure et ils savent bien que beaucoup de gens ne viennent pas car ils refusent de participer à cette purge », estime Thierry Solère rejoint par le coprésident du groupe des Constructifs, Franck Riester : « Un mauvais sketch, un énième épisode d’un pitoyable feuilleton. »

Dans l’autre feuilleton, Sens commun n’a par contre pas subi les foudres de LR. Après les propos de son président Christophe Billan, certains responsables de LR, comme M. Fasquelle, avaient réclamé que l’émanation politique de la Manif pour tous soit sanctionnée. Mardi soir, la cofondatrice de ce mouvement associé à LR, Madeleine de Jessey, a répété que Sens commun n’envisageait « aucune alliance avec le FN ». M. Accoyer a promis de les recevoir pour clarifier les choses. « Fallait-il que je sois adhérent de Sens Commun pour ne pas connaître l’exclusion », a pu tweeter M. Darmanin dans la soirée.

Christophe Castaner choisi par Macron pour prendre la direction de LRM. Le porte-parole du gouvernement a été choisi par le président de la République pour prendre la tête de La République en marche, selon des informations du Monde, confirmant celles de l’Agence France-Presse et des Echos. Il a ainsi été préféré au secrétaire d’Etat à l’économie et aux finances, Benjamin Griveaux. C’est désormais au conseil national de la formation d’entériner ce choix lors de sa convention le 18 novembre à Lyon.

Posté par jourstranquilles à 00:19 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 24 octobre 2017

Les Républicains : Le calice jusqu’à la lie...

L'edito de Muriel Pleynet - Le Parisien

Il est heureux que le ridicule ne tue pas... On pensait en avoir terminé ce soir avec ce mauvais feuilleton... Après des mois de tergiversations, Les Républicains, réunis en bureau politique, s’apprêtaient - enfin - à exclure ceux des leurs : le Premier ministre, Edouard Philippe, les ministres Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu et les députés Constructifs Thierry Solère et Franck Riester, qui ont rejoint la macronie. On se demandait bien, d’ailleurs, pourquoi ils ne l’avaient pas fait plus tôt ? Ils se seraient épargnés - et au passage nous auraient épargné - des semaines d’un psychodrame savamment entretenu - non sans perfidie - par les principaux intéressés, pas forcément mécontents de se faire virer par la « bande à Wauquiez ». L’un d’eux ne nous confiait-il pas dernièrement : « Se faire exclure par ce facho, quel panard ! ». Et bien las... Le feuilleton continue. Faute de quorum, les Républicains devront se retrouver la semaine prochaine pour procéder à un vote... et boire le calice jusqu’à la lie.

lr01

lr02

lr03

lr04

lr05

Le siège LES REPUBLICAINS, ce soir. Photos : J. Snap

Posté par jourstranquilles à 21:16 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 16 octobre 2017

Emmanuel Macron

macron22

Le Parisien - Les petits travers de Jupiter - l'edito de Didier Micoine

C’est plus fort que lui. Emmanuel Macron ne peut décidément pas s’empêcher de balancer des piques à son prédécesseur à l’Elysée. Lors de son entretien sur TF1 et LCI, dimanche soir, il a d’emblée taclé François Hollande, assurant que s’il n’était pas intervenu à la télévision depuis cinq mois, c’était parce qu’il ne voulait pas d’une «présidence bavarde». Il a ensuite expliqué que la politique de Hollande vis-à-vis des riches ou pour inverser la courbe du chômage avait échoué. Bref, avant lui, rien ne marchait vraiment. Et tant pis s’il avait participé, comme secrétaire général adjoint de l’Elysée, puis comme ministre de l’Economie, aux choix de l’ancien président. Ça, c’était avant. Aujourd’hui, il n’y a que lui qui importe. Alors Macron a sûrement raison d’avoir une très haute opinion de lui-même, et comme il le répète volontiers, il est là pour «transformer en profondeur» le pays, pas pour le «gérer». Le message est clair, mais pour sa crédibilité (et sa popularité), Jupiter gagnerait sans doute à moins jouer les Narcisse.

=======================

macron decor

La lettre politique de Laurent Joffrin - La France comme entreprise

Un président manager. Au fond, c’est le portrait le plus net qui ressort de l’intervention télévisée d’Emmanuel Macron. Un manager cultivé, sensible à l’histoire, maniant une langue sûre, ce qui tranche avec le sabir entrepreneurial qui prévaut dans tant de cercles dirigeants et au sein du parti En marche. Mais un manager tout de même. C’est-à-dire quelqu’un de volontaire, de pragmatique, et même de sensible à la dimension humaine de l’entreprise, ne serait-ce que pour motiver «les équipes». Mais aussi quelqu’un qui adhère sans mélange aux valeurs – ou aux duretés – de la concurrence, de l’évaluation, de la hiérarchie (au nom de l’efficacité) et de la propriété. Impossible d’interpréter autrement l’éloge obsessionnel de la réussite individuelle qui a tissé le discours présidentiel. S pontanément, viscéralement, Emmanuel Macron est un libéral. Il croit à l’individu libre, à la compétition de tous contre tous, à la créativité intrinsèque du secteur privé, à la pataude inefficacité des structures collectives et des corps intermédiaires.

Dans cette philosophie, l’inégalité n’est pas un problème mais un atout. Elle récompense le mérite des «premiers de cordée». Elle motive les dirigeants et les investisseurs, à qui «il ne faut pas jeter des pierres», c’est-à-dire les soumettre à des impôts excessifs qui nous transporteraient à «Cuba, sans le soleil». Elle est donc le moteur du progrès. Pour autant, Macron n’est pas «ultralibéral», comme on l’entend parfois dans la gauche radicale. Il admet les correctifs destinés à humaniser le marché : Etat-providence (qu’il faut convertir à l’efficacité et aux économies), formation pour tous (qui promeut l’égalité des chances), filet de sécurité pour ceux «qui ne sont rien», les «illettrés», voire les «fainéants» et qu’on ne peut pas laisser crever. Fillon, pendant la campagne électorale, se rapprochait bien plus du modèle libéral extrême, en progra mmant réduction à la hache des dépenses publiques et abaissement de tous les impôts, c’est-à-dire recul historique du service public. En regard, Macron est un modéré.

Mais il n’a rien, en fait, d’un social-démocrate. Dans la «cordée» dont il parle, les intérêts sont confondus. Si le premier trébuche, tous tombent. Or la métaphore ne vaut pas. Les salariés sont souvent solidaires de l’entreprise quand elle va mal : ils risquent leur emploi. Mais dès qu’elle prospère, le partage du revenu oppose des intérêts contradictoires. La social-démocratie est un compromis entre parties antagoniques, non l’abolition des conflits. Aussi bien, tout social-démocrate vise à réduire les inégalités, qu’il juge injustes et excessives. Hollande, quoi qu’on dise, a œuvré dans ce but. La politique Macron ne s’en soucie pas. Ou plutôt, le président voit dans l’inégalité la condition du plein-emploi et le moyen, grâce à l’efficacité obtenue, de financer l’éducation et le filet de sécurité minimal. En leur temps, Blair, Schröder, Clinton ont joué cette carte, qui se distingue clairement du libéralisme cano nique des Bush, Cameron ou Schäuble, mais rompt avec la social-démocratie. Macron marche dans leurs pas. Il est fort possible, grâce au retour de la croissance, qu’il obtienne des résultats. Mais ils se paieront, immanquablement, d’un accroissement des inégalités. Or seuls les vrais libéraux pensent qu’elles sont justes.

Posté par jourstranquilles à 19:34 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

Quand Emmanuel Macron tente de conjurer le régicide sur TF1

Par Françoise Fressoz - Le Monde

Pour le chef de l’Etat, « la France est un pays de monarchistes régicides ». Pour calmer la grogne, dimanche soir, il a opté pour la pédagogie mais pas pour les concessions, souligne dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

Louis XVI n’est jamais loin des monarques qui nous gouvernent. « En forçant le trait, on pourrait dire que la France est un pays de monarchistes régicides, ou encore que les Français élisent un roi mais qu’ils veulent à tout moment pouvoir le renverser », a déclaré Emmanuel Macron dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel publié juste avant son intervention télévisée, dimanche soir 15 octobre sur TF1.

Ce n’est pas la première fois que le vainqueur de 2017 souligne la précarité de la fonction présidentielle, sa dangerosité même. Il l’avait déjà analysée lorsqu’il était en campagne, reprenant à son compte l’analyse de Nicolas Sarkozy qui confessait durant son quinquennat avoir la crainte que d’un coup, tout s’embrase : « La France n’est pas le pays le plus simple à gouverner du monde… Les Français ont guillotiné le roi, au nom d’une mesure symbolique, ils peuvent renverser le pays », répétait-il à ses ministres lorsqu’il voulait calmer le jeu.

« Je fais ce que j’ai dit »

Pour conjurer le régicide, Nicolas Sarkozy, l’homme de « la rupture », avait appris à composer. Il dosait les réformes, pactisait avec la CGT, s’arrêtait au point d’équilibre qu’il jugeait acceptable, ce qui avait le don d’énerver son premier ministre, François Fillon, qui aurait voulu aller beaucoup plus loin que lui sur la réforme des régimes spéciaux de retraite ou l’assouplissement des 35 heures par exemple.

Emmanuel Macron, c’est tout le contraire : « Je continuerai au même rythme avec la même détermination. C’est le mandat du peuple français », a-t-il fait valoir dimanche en se glorifiant de mettre en œuvre tout ce qu’il avait annoncé pendant la campagne : « Je fais ce que j’ai dit. »

Ses cinq premiers mois élyséens le confortent. Certes, des résistances sont apparues mais aucune ne s’est révélée suffisamment forte et construite pour l’empêcher : les syndicats sont trop divisés, Jean-Luc Mélenchon trop radical, la droite trop centrée sur sa reconstruction et le PS trop empêtré dans sa déconstruction pour espérer peser.

« Je n’ai pas cherché à humilier »

Alors le président de la République fonce avec pour seul ennemi lui-même, ses déclarations à l’emporte-pièce – « bordel », « fainéants » – qui risquent, à force de s’accumuler, de le faire passer pour un « de la haute », méprisant, coupé du peuple, dépourvu d’affect. « Je n’ai pas cherché à humilier », s’est défendu Emmanuel Macron sans vouloir cependant se dédire, revendiquant le parler cru et dénonçant « le mot sorti de son contexte ».

Pour un roi, le mea culpa est toujours difficile, si ce n’est impossible. Et pourtant, le président de la République l’a senti : il faudra bien qu’il trouve les moyens d’améliorer sa relation au peuple durant cette période délicate d’« un an et demi à deux ans » qu’il s’est donnée avant d’engranger les résultats, de voir repartir la croissance et l’emploi, de prouver que le pays est effectivement « profondément transformable », comme l’annonce le contrat de départ.

Lorsqu’il était en difficulté, Nicolas Sarkozy jouait sur l’affect, Emmanuel Macron est davantage enclin à la pédagogie, un brin technocratique. Mais les causes sont parfois difficiles à plaider, comme celle de la réforme de l’ISF qui ne saurait se résumer à un simple problème de « jalousie ». La force symbolique de cet impôt est telle qu’il faudra plus qu’une intervention télévisée pour l’abattre.

Posté par jourstranquilles à 07:46 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

Sur TF1, Emmanuel Macron joue la pédagogie et se refuse à l’autocritique

Par Bastien Bonnefous, Cédric Pietralunga - Le Monde

Lors d’une première interview télévisée sans grande annonce, dimanche soir, le chef de l’Etat a assuré qu’il allait poursuivre son action « au même rythme » et a dénoncé la « jalousie française » envers les riches.

Pour sa première explication « face aux Français », dimanche 15 octobre sur TF1, Emmanuel Macron a choisi de s’exprimer depuis le bureau d’angle de l’Elysée, qui jouxte son bureau officiel au premier étage du palais. Une pièce qui, dans l’histoire élyséenne récente, a été rebaptisée « le bureau qui rend fou », après le passage mouvementé de ses deux derniers occupants en date, les conseillers spéciaux de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, respectivement Henri Guaino et Aquilino Morelle.

Pendant plus d’une heure, entre une toile du peintre belge Pierre Alechinsky et une « Marianne » stylisée de l’artiste américain Shepard Fairey, dit Obey (qui le suit depuis son QG de campagne pendant la présidentielle), le chef de l’Etat s’est livré à un exercice classique de pédagogie de son action. « Je ne suis pas là pour gérer ou réformer, mais pour transformer en profondeur le pays », a résumé M. Macron qui, depuis son élection en mai, avait préféré les grands discours en tribunes et les entretiens avec la presse écrite aux questions-réponses avec des journalistes en direct à la télévision.

Pour le chef de l’Etat, cette figure imposée de la communication présidentielle devait remplir deux missions principales, alors que s’enclenche la deuxième étape de son action économique et sociale, avec la réforme de l’assurance-chômage après celle, par ordonnances, du code du travail. D’un côté, montrer l’étendue des changements accomplis depuis son entrée en fonction, il y a cinq mois ; de l’autre, tenter de renouer avec la notion de « bienveillance », qui avait été un de ses mantras comme candidat, mais qui semble l’avoir quitté depuis son arrivée à l’Elysée.

« Je continuerai à dire ce que je crois »

Longuement interrogé sur son style et sur ses récentes déclarations polémiques – sur les « fainéants » ou sur ceux qui « foutent le bordel » – M. Macron a refusé de faire son mea culpa et d’avouer la moindre maladresse. Au contraire, le président de la République « assume » et réfute tout mépris ou arrogance de sa part dans ces mots « sortis de leur contexte », selon lui, qui ont pu choquer une partie des Français. « Je n’ai pas insulté qui que ce soit, je considère l’ensemble de mes concitoyens », a-t-il déclaré, revendiquant un langage parfois « populaire », mais « un discours de vérité ».

Décidé à ôter au plus vite cette étiquette de « président des riches » qui commence à lui coller dangereusement à la peau, il a rappelé ses origines sociales et familiales – « je suis un enfant de la province » – et répété son « amour pour le pays ». « Je continuerai à dire ce que je crois », a-t-il affirmé, fustigeant même au passage « nos élites politiques qui se sont habituées à ne plus dire les choses ». Avec la conscience que cette franchise peut s’avérer dangereuse : « Quand on s’approche de la vérité, parfois on se brûle », a-t-il reconnu.

Au-delà de son vocabulaire, le président de la République a refusé de la même façon toute autocritique au niveau de son action politique. Dans ce domaine aussi, M. Macron continue de se dépeindre, cinq mois après sa victoire, comme l’outsider qui réussit là où tous lui prédisaient l’échec. « Je ne devais pas être élu sans parti. (…) Je ne devais pas avoir de majorité à l’Assemblée. (…) Je ne devais pas y arriver », a-t-il listé dans un rappel à ses contradicteurs, prévenant qu’il « continuerai [t] au même rythme, avec la même détermination ». « Je fais ce que je dis, ça surprend peut être, ça contrarie certains », a-t-il ajouté, comme un résumé de son message global.

Refus de lier son destin à « un seul indicateur »

Une manière pour lui de se différencier encore et toujours de François Hollande, son prédécesseur à l’Elysée, qu’il n’a jamais cité dimanche soir, mais dont il a à plusieurs reprises critiqué le bilan et la méthode. Prudent, il a refusé de lier la réussite de son quinquennat à « un seul indicateur », comme l’avait fait M. Hollande avec « l’inversion de la courbe du chômage ». « On ne juge pas la réussite d’un président à un seul indicateur, c’est l’un des désaccords avec mon prédécesseur », a expliqué M. Macron, qui a renvoyé à plus tard l’effet sur l’emploi de ses choix économiques : « La plénitude des réformes, vous les verrez dans un an et demi, deux ans », a-t-il assuré.

Mais s’il a répété ne faire que mettre en œuvre son programme, le chef de l’Etat a pour autant pris de la distance avec certains de ses engagements de campagne. Alors qu’il avait promis d’élargir sans condition le droit au chômage aux salariés qui démissionnent, il a estimé que la mesure devrait être finalement « encadrée » et que seuls ceux qui ont « un projet » pourront en bénéficier, sans donner plus de précisions. De la même façon, il a déclaré que ce droit à indemnisation serait valable « au bout de cinq ans, six ans, sept ans », alors qu’il s’était engagé sur cinq ans lors de la campagne.

Cet entretien télévisuel devait donner une coloration plus sociale à son action, mais M. Macron n’a pas présenté de mesures fortes en la matière. Certes, il a estimé que « l’entreprise ne peut pas être uniquement le lieu des actionnaires », mais la codétermination, le renforcement de la présence des salariés dans la gouvernance des entreprises défendu par la CFDT et que le candidat Macron avait un temps envisagée, reste toujours lettre morte. Le chef de l’Etat s’est simplement engagé à ouvrir « un vrai débat » en 2018 sur l’intéressement et la participation pour que « les salariés puissent avoir leur part de la réussite ».

Les « passions tristes de la France »

Mais c’est sur la réforme de l’impôt sur la fortune que le chef de l’Etat, lui-même assujetti à l’ISF, s’est montré le plus inflexible et a défendu son évolution censée « favoriser l’investissement dans l’économie » et faire revenir dans l’Hexagone « beaucoup de talents partis à l’étranger ».

Une nouvelle fois, M. Macron a dénoncé à ce sujet « les passions tristes de la France » contre les plus riches. « Je ne crois pas à la jalousie française qui consiste à dire “il y a des riches, taxons-les, nous nous porterons mieux” », a-t-il expliqué. Chargé politiquement, ce pilier fiscal du budget pour 2018 fait inévitablement pencher le balancier de l’exécutif vers la droite, loin du « couple libérer-protéger » vanté par le chef de l’Etat comme « l’esprit des réformes ».

Là aussi, M. Macron assume, faisant appel à une métaphore montagnarde pour soutenir les Français les plus aisés, comparés aux « premiers de cordée » de la société dans son ensemble. « Il ne faut pas jeter des cailloux sur les premiers de cordée, sinon c’est toute la cordée qui dégringole », a-t-il expliqué. Une image qui fait écho au roman à succès de Roger Frison-Roche, Premier de cordée, publié dans les années 1940. Un roman dans lequel un jeune alpiniste est confronté à son propre vertige, et dont la suite littéraire avait eu pour titre… La Grande Crevasse.

Posté par jourstranquilles à 06:00 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]