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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mardi 1 août 2017

TOURISME CULTUREL: FAIS TOURNER LE BADAUD !

Par Gilles Renault Envoyé spécial au Havre et à Nice - Libération

A l’instar du modèle nantais, de plus en plus de métropoles comme Le Havre, Bordeaux et Nice misent sur des saisons artistiques dopées au gigantisme pour booster l’économie. Des défis événementiels alléchants pour des résultats encore incertains.

Une douce grisaille enveloppe Le Havre, en ce jour de semaine de juillet. Et, quai de Southampton, il n’y a pas un chat devant l’œuvre monumentale de Vincent Ganivet, Catène de containers, qui fait culminer à 25 mètres de hauteur deux arches composées de trente-six conteneurs métalliques aux sept couleurs vives, tel un clin d’œil manifeste à l’activité portuaire de la ville, observable en arrière-plan. Histoire de tuer le temps, deux jeunes médiatrices proposent au visiteur esseulé de le prendre en photo devant la structure, tout en convenant du fait qu’elles ne sont pas menacées par le surmenage.

Un sentiment qui prévaut également quelques hectomètres plus loin, sur le bassin du Roy, où, «au croisement de la biologie et de l’histoire», Baptiste Debombourg a imaginé ses Jardins fantômes, un puzzle constitué de fragments d’acier rouillé, posés sur les murs du bassin. Là encore, deux filles en bleu font le poireau, proposant de décrypter l’œuvre - qui fait référence à la décoration, au château de Blois, de la chambre de François Ier - celui-là même qui décida de la création du Havre en 1517.

Vieux gréements

Un demi-millénaire plus tard, la physionomie de la ville a été d’autant plus bouleversée qu’elle a été détruite à 82 % par les bombardements alliés, début septembre 1944. Mais, justement, le prétexte commémoratif est trop beau pour tenter de gommer l’image ingrate qui lui colle au bollard, à travers «Un été au Havre» : un événement d’envergure - campagne d’affichage dans le métro parisien comprise - qui, jusqu’à début octobre, mêle installations dans l’espace public (seize, dont au moins six destinées à devenir pérennes), expositions, parades et concerts. Et illustre ce concept florissant, sans doute plus proche de la tendance que du phénomène de mode, de «tourisme culturel» tel que plusieurs grandes villes le déclinent désormais partout en France.

Lancée fin mai, l’opération normande est pile à mi-parcours et il est naturellement trop tôt pour en tirer le moindre bilan. Pour autant qu’on puisse en témoigner, le volet «Petit Poucet de l’art contemporain» (la signalétique et les plans distribués ne facilitant pas toujours le jeu de piste) ne déplace pas les foules. Mais, à l’inverse, le beau musée d’Art moderne André-Malraux (MuMa) semble se frotter les mains avec sa riche rétrospective des artistes Pierre et Gilles, inscrite dans le parcours (le second étant originaire de Sainte-Addresse, localité limitrophe), qui aurait déjà enregistré 30 000 entrées. Et, début juillet, il fallait jouer des coudes pour approcher les géants de «Franciscopolis», énième parade XXL conçue par l’illustre compagnie de théâtre de rue, Royal de Luxe, qui comble les familles.

«En 2016, Le Havre a reçu environ un million de visiteurs, pour l’essentiel liés aux croisières et aux voyages d’affaires. Si nous parvenons à doubler ce chiffre, nous nous estimerons heureux», explique Thomas Malgras, directeur du groupement d’intérêt public Le Havre 2017, créé pour l’occasion, et qui fédère les divers acteurs (ville, communauté de l’agglomération, port, chambre du commerce et de l’industrie…) impliqués dans le montage d’un événement budgété à 20 millions d’euros, dont presque cinq fournis par des partenaires privés. Au score annoncé du Royal de Luxe (600 000 badauds, à la louche) s’ajoutera notamment, fin août, celui des amateurs de vieux gréements qui, à leur tour, envahiront le fief du Premier ministre (et ex-maire) Edouard Philippe. Nul doute, de la sorte, qu’à l’heure des comptes, Le Havre fournira des chiffres ronflants, mais aussi et surtout approximatifs, sinon fantaisistes, puisque invérifiables et juste destinés à alimenter le satisfecit propagandiste.

Thomas Malgras ne nie pas cet aspect aléatoire. Cependant, il le superpose à des critères autrement argumentés : «L’objectif d’"Un été au Havre"" repose bien sur le changement durable de l’image de la ville, que l’on souhaite perçue comme attractive, créative et ouverte sur le monde, à l’inverse des clichés tristes, sales et moches qui lui restent accolés à l’extérieur, malgré notre classement par l’Unesco, en 2005, au Patrimoine mondial de l’humanité. Nous surveillerons donc les retombées indirectes et plus lointaines, liées à un éventuel impact sur l’emploi et la démographie, dans une ville qui, sauf l’an dernier, perd mille habitants par an depuis trente ans. Mais, dans un premier temps, nous analyserons les résultats constatés dans l’hôtellerie, les restaurants et les bars, puisque, d’après Jean, la réussite d’un événement comme celui-ci s’évalue à l’absence de bougonnement de la part des commerçants.»

Le Jean à qui l’on prête une parole d’évangile, c’est Jean Blaise, directeur artistique d’«Un été au Havre» - où il a commencé les repérages dès 2013 - pour qui la culture ne se conçoit qu’à la fois «exigeante et accessible», en allant à la rencontre de celles et ceux qui n’ont pas pour habitude de pousser les portes des musées ou des salles de spectacles. Lille - depuis qu’elle a été capitale européenne de la culture en 2004 - et Nantes sont les deux premières grandes agglomérations de province a avoir adopté et développé ce credo. Du reste, c’est dans la seconde que Jean Blaise a gagné ses galons : créateur des festivals les Allumées et Fin de siècle, il fait la pluie et le beau temps à Nantes où, depuis son arrivée, au début des années 80, il multiplie les initiatives novatrices avec la bénédiction du maire (PS) Jean-Marc Ayrault, allié indéfectible (y compris quand Fin de siècle se soldera par un gros trou dans les caisses) qui lui laisse les coudées franches.

Déserter la plage

En 2007, la biennale d’art contemporain Estuaire marque le début d’un vaste programme qui s’est prolongé sous la forme du Voyage à Nantes, rendez-vous annuel instauré dès 2012, consistant pour l’essentiel à disséminer des œuvres d’art contemporain dans l’espace public. Car, en Loire-Atlantique comme en Seine-Maritime, le discours ne varie pas : «Bâtir une image et une qualité de vie autour de la créativité», en imaginant des installations qui dialogueront avec la ville pour en donner une image conviviale et dynamique.

Ainsi, la notion de «tourisme culturel» consistant à draguer une clientèle prête à déserter la plage échappe-t-elle à l’oxymore pour devenir un cheval de bataille enfourché par des élus qui, comme à Nantes, ont beau jeu d’annoncer une hausse de 55 % de la fréquentation estivale depuis 2012. Dans son étude 2016, «Performances hôtelières en France», le cabinet d’audit et de conseil Deloitte détaille : «Au niveau national, Nantes est la mieux placée des grandes villes françaises en terme de progression du taux d’occupation pour les nuitées hôtelières […]. Une progression confirmée par une taxe de séjour en hausse à Nantes Métropole, pour un total de 521 489 nuitées marchandes déclarées sur le territoire pour ces deux mois d’été»… coïncidant avec le Voyage à Nantes. Bingo !

«La culture et le tourisme sont deux univers qui se sont longtemps détestés. Or, à Nantes, à partir des années 90 - et de façon méthodique depuis 2012 - nous avons mis sur pied une stratégie et une communication communes», vante Jean Blaise, qui voit «une manne dans cette économie non délocalisable, méritant d’autant plus d’être entretenue» que, par exemple, «les investissements artistiques du Voyage à Nantes, dont beaucoup ne voyaient pas l’utilité au départ, ont généré plus de 50 millions d’euros de retombées l’an dernier, pour un investissement de 2,7 millions d’euros». «Faire appel à un directeur artistique nantais, une boîte de prod parisienne et des artistes japonais ou hollandais fera toujours grincer quelques dents à l’échelle locale, resitue Thomas Malgras, côté havrais. Mais il faut voir plus loin et envisager ce genre d’événement comme un levier dont il appartiendra aux élus, le moment venu, de décider de la suite à donner…»

Clientèle établie

De 2010 à 2016, les trois éditions du festival pluridisciplinaire Normandie impressionniste, organisé par un groupement d’intérêt public piloté par Pierre Bergé et également épaulé par une volonté politique forte (de Laurent Fabius, en l’occurrence), avaient déjà en tête d’attirer une clientèle «établie» - à l’opposé, disons, du jeune consommateur qui, le temps d’un bivouac rock, va se satisfaire de kebabs et de packs de 8,6. Battant le fer tant qu’il est chaud, c’est maintenant au tour de Bordeaux de capitaliser sur une cote de popularité insolente, pour proposer cet été le programme «Paysages, Bordeaux 2017». Prenant comme prétexte l’arrivée du train à grande vitesse - comme, jadis, on aurait dit de la diligence - la ville, qui, dans un édito, s’arroge selon les mots du maire (LR) Alain Juppé, le titre de «deuxième ville touristique de France après Paris», déploie sous forme de saison culturelle une centaine de propositions artistiques, avec la caution de l’architecte paysagiste Bas Smets, du directeur du CentQuatre José-Manuel Gonçalvès et du designer Ruedi Bauer.

Intitulé fédérateur

Mais c’est sur les bords de la Méditerranée qu’on observe un autre cas avéré de «tourisme culturel» mûrement réfléchi (lire ci-contre), quoique pas exactement fondé sur les mêmes critères «résilients» que Le Havre, voire Nantes : pour la troisième fois en six ans, Nice met les petits plats dans les grands en fédérant plusieurs institutions locales, musées et galeries, sous un seul et même intitulé. Après «Un été pour Matisse» en 2013, puis «Promenade(s) des Anglais» en 2015, «Ecole(s) de Nice» questionne cette année, toujours sous le commissariat général de l’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, la «création présumée» d’un mouvement artistique parti de la rencontre à l’école de judo de la police d’Armand Fernandez (qui deviendra Arman, pour la postérité), Yves Klein et Claude Pascal.

Quatre lieux (contre huit en 2013 et quatorze en 2015), dont le Mamac (le musée d’Art moderne et d’Art contemporain local) et sa solide rétrospective, «A propos de Nice, 1947-1977», font la jointure dans une ville où le maire, Christian Estrosi (LR), assure ériger la culture en «facteur essentiel de cohésion sociale» et «bouclier contre les outrances et provocations qui menacent notre pays», en référence au massacre terroriste du 14 juillet 2016.

Prévu de longue date, l’événement n’entend pas cautériser les plaies, mais, d’une manière plus globale, étoffer le rayonnement d’une ville qui, le traumatisme passé, attire de toute façon une faune cosmopolite… à qui il serait juste fait l’aimable reproche d’être obnubilée par l’infinitude azurée, au détriment d’autres atours moins immédiatement perceptibles. «Nice compte pas moins de cinq élus dévolus à la culture, dix établissements labellisés musées de France, un opéra…» énonce Robert Roux, conseiller municipal qui, a fortiori lorsqu’il met son autre casquette de «chef d’entreprise», regrette que la ville n’exploite pas encore assez sa «richesse culturelle : quand on voit les bénéfices qu’en tirent des villes comme Miami, Bilbao ou Venise, je me dis que, parallèlement à la vie balnéaire, il n’y a pas de raison que les bateaux de croisière accostant à Villefranche-sur-Mer ne prévoient pas un jour, entre les parfumeries de Grasse et le palais princier de Monaco, de faire étape dans nos musées». Un vœu pieux qui vaudrait un ban pour la manifestation «Ecole(s) de Nice», entre autres cas vertueux de villégiature à valeur culturelle ajoutée.

«Un été au Havre», jusqu’au 8 octobre. Rens. : www.uneteauhavre2017.fr

Le Voyage à Nantes, «Ceux qui aiment l’art viendront à Nantes», jusqu’au 27 août. Rens. : www.levoyageanantes.fr

«Paysages, Bordeaux 2017», jusqu’au 25 octobre. Rens. : www.paysagesbordeaux2017.fr

«Ecole(s) de Nice», jusqu’au 15 octobre. Rens. : www.nicetourisme.com

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mercredi 10 juin 2015

Villa Cavrois

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dimanche 6 avril 2014

Monument américain commémorant la Bataille de la Marne de 1914 (près de Meaux)

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Ci-dessus : photo avec effets spéciaux

Un concours sur maquette, fut organisé dont le lauréat fut FREDERICK MAC MONNIE. Il fallut néanmoins quatorze années avant que le projet puisse aboutir.

Après la victoire de 1918, l'idée de réaliser une statue commémorative de la Bataille de la Marne de 1914 se concrétisa.

En effet ce n'est qu'en septembre 1932 que le Monument Américain est inauguré, lors d'une cérémonie solennelle en présence du président de la République , ALBERT LEBRUN et du Président du conseil  EDOUARD HERRIOT.

L'ensemble principal est composé d'une femme nue debout. Sur le haut de sa jambe droite, elle porte son fils mort au combat. La nudité des corps rappelle les compositions de l'Antiquité. Derrière sur sa droite un deuxième ensemble est constitué d'un autre homme couché sur le dos le visage en arrière, et d'une femme à genou le prenant dans ses bras. Le personnage principal est coiffé d'un bonnet phrygien , symbolise la France et la liberté. Il tient dans sa main droite une épée brisée et dans sa main gauche des étendards et des drapeaux surmontés d'un coq. Un drapé en fleurs de lys entoure son bras droit.

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Usine élévatrice de Trilbardou

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L’usine élévatoire de Trilbardou est une machine hydraulique situé à Trilbardou, qui permet d'alimenter le Canal de l'Ourcq en eau de la Marne. Elle se trouve en contrebas du canal, à 39 km du bassin de la Villette. Cette machine, datant de 1865 et classée monument historique en 1989, est toujours en état de fonctionnement, mais l'alimentation en eau du canal est désormais essentiellement assurée par des pompes électriques installées dans un bâtiment à l'entrée du site. La télésurveillance du Canal de l'Ourcq et de ses installations techniques est assurée depuis un poste de commande installée dans l'usine.

Cliquez ICI

L'usine de Trilbardou est édifiée à l'emplacement d'une ancienne usine de tréfilerie et de laminage, les établissements Languenard, qui puisaient leur force motrice dans une chute de la Marne de 80 cm. La Ville de Paris racheta les installations et les droits d'eau après un incendie, ainsi que le moulin de Mareuil-lès-Meaux, dont elle supprima le barrage, portant ainsi la chute de Trilbardou à 1,20 m.

Compte tenu de cette faible hauteur de chute, mais de l'importance du débit de la Marne, une usine élévatoire alimentée par une roue hydraulique système Sagebien était parfaitement adaptée aux besoins, et cette technique, bien maîtrisée à l'époque, permettait d'obtenir un rendement énergétique de 85 % à 90 %.

Ce type de roues a comme particularité de posséder des aubes non radiales, de manière à ce qu'elles soient inclinées à 45 degrés lorsqu'elles pénètrent l'eau, évitant ainsi de provoquer des chocs et des tourbillons qui réduiraient le rendement du système tout en nécessitant plus d'entretien du dispositif. Les pertes d'énergie sont donc réduites et l'eau travaille plus par son poids que par sa vitesse.

La roue Sagebien mise en œuvre, de 11 mètres de diamètre et 6 mètres de largeur, est la plus importante jamais construite, les roues de moulin habituelles ayant un diamètre de 4 à 8 mètres. Elle comprend 70 aubes en sapin de Lorraine, soit 28 m³ de bois, ainsi qu'un arbre métallique en fer forgé de 17 T, long de 11,50 m. reposant sur trois paliers suiffés et tournant à 1,5 tours par minute2.

Sur l'axe de l'arbre moteur se trouve un pignon de 100 dents, engrenant deux roues plus petites tournant, elles, à 5 tours par minute et qui entrainent par l'intermédiaire de quatre bielles quatre pompes foulantes/refoulantes conçues également par Sagebien.

La puissance de ce moteur hydraulique n'est que de 150 CV, ce qui semble faible aujourd'hui, mais suffit pour animer les quatre pompes, capables de déverser ensemble dans le canal, situé 15 m plus haut que la Marne, environ 320 l/s dans de bonnes conditions de chute.

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dimanche 8 septembre 2013

Plouharnel - le site du Bégo (tourisme historique)

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LE MUR DE L'ATLANTIQUE

Après une reconnaissance de terrain, les allemands choisissent Plouharnel qui possède 1 400 hectares de dunes, placées depuis 1927 sous une servitude dite de « champ de tirs » vierge de toute habitation. Plouharnel se trouve non loin de la base de Lorient et apparaît comme un lieu stratégique permettant de couvrir toute la côte morbihannaise depuis l'embouchure de la Laïta (Finistère) jusqu’à Belle-lle. Une batterie sur l'Ile de Croix assurera un point d'appui supplémentaire. La batterie du Bégo servira de défense éloignée de la ville de Lorient et interdira l’approche  par mer en venant du sud. Dès le printemps 1941, les allemands investissent donc les dunes. Commence alors la construction d'ouvrages bétonnés qui formeront une  des trois plus importantes batteries de la façade atlantique. Trois cents  soldats prennent leur quartier au Bégo. L'organisation Todt, chargée du suivi des travaux, emploie des volontaires venus des pays conquis, attirés par un salaire correct, des prisonniers de guerre français, en général originaires des colonies, des déportés. .. 4 000 morbihannais y travaillent. Deux années seront nécessaires à la construction de ce point d'appui.

Une véritable petite ville naîtra au milieu des dunes !

Une route

Très vite, on construit à travers la dune une route en ciment pour l'acheminement des matériaux et de l'artillerie.

Un réseau ferroviaire

A partir de la ligne ferroviaire Auray-Quiberon, on organise un éventail de nouveaux rails et d'aiguillages permettant de rejoindre les positions de tir. Une seconde dérivation de la voie ferrée Auray-Quiberon arrive jusqu'à la barre d'Etel qui approvisionnait en sable les chantiers de construction de la base sous-marine de Lorient. Un hôpital, des baraquements en bois à usage d’habitation apparaissent en bordure de la route cimentée.

Des tranchées

Des tranchées rectilignes sont creusées dans le sable pour y installer les réseaux de câbles électriques et les conduites d'eau.

Un château d’eau

Un château d’eau permet l'arrivée de l'eau courante indispensable à la survie de ce « peuple des dunes » et à la fabrication du béton. Quatre cuves immenses pour loger les canons 340 B tirant à plus de 30 km.

Cette batterie nommée Va300 formera un triangle entouré de quelques 38 000 mines, délimité par des kilomètres de barbelés isolant 3 canons d’une portée de plus de 30 kilomètres. Des tranchées relieront  les abris à personne à trois positions de tir. Sur le littoral, des obstacles de plage, pieux et poteaux de bois compléteront la défense, suite à la visite de Rommel le 13 avril 1944.

Chaque canon

Caractéristiques

Poids  total : ' 66 tonnes

Longueur du canon : 16,15 mètres

Amplitude pointage vertical : - 8 à  + 45°

Amplitude pointage latéral :10°

Poids de projectile : 427 kilos

Vitesse initiale : 860 mètres/seconde

Portée maximale : 33.200 mètres.

Les trois canons : Destinés primitivement à la Marine Française, transformés en 1914 dans les ateliers de St Chamont pour l'armée de Terre, trois canons 340B achèvent leur longue carrière dans les dunes de Plouharnel. Transportés par voie ferrée, le seul tube d'un canon pèse plus de 67 tonnes. Afin de mesurer les tirs, une première tour provisoire en bois est construite. Puis, en 1944, une tour d’observation  en béton haute d'environ 20 m (6 étages) avec des murs de 2 m d'épaisseur se dresse vers le large. Au sommet, un télémètre, appareil optique de 5 m d'envergure nécessaire à l'appréciation des distances de tir des canons, est installé.

Un poste de commandement  se trouve au pied de  la tour d'observation. Des centaines de bunkers, casemates, tobrouks, abris à munition surgiront du sable. Aujourd’hui  on compte encore une centaine de vestiges de cette période. Le site est visible et ouvert au public.

Certains s'interrogent sur la présence de ces « blocs de béton » qui dénaturent le paysage. Faut-il faire table rase de ces témoins du patrimoine militaire du 20ème siècle ou doit-on au contraire, préserver durablement ces traces du passé en aménageant ce site ?

Quelques définitions :

TOBROUK : trou individuel bétonné pour mitrailleuses lourdes ou légères, mortiers, touretles de char.

BLOCKHAUS : l'usage du mot Blockhaus est erroné. Il nous vient du nom des abris allemands en bois de la première guerre mondiale et veut dire maison en rondin, il n'est pas du tout utilisé par la Wehrmacht sur l'Atlantikwall. Les allemands utilisent le mot Bunker et quelquefois le mot blockhaus pour nommer les abris à personnels.

BUNKER : terme générique désignant les constructions militaires allemandes en béton.

CASEMATE : de l'espagnol casa (maison) et matar (tuer). Abri pour pièces d'artillerie.

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