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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

dimanche 22 octobre 2017

Nouveau dans le quartier du Centre Pompidou - Xavier Veilhan

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La place Edmond Michelet, situé en face du Centre Pompidou, accueille une nouvelle sculpture pérenne : conçu par l'artiste français Xavier Veilhan (qui a d'ailleurs représenté la France à la Biennale de Venise 2017), ce double portrait en volume des architectes Renzo Piano et Richard Rogers est à voir depuis le  19 octobre 2017.

Depuis Jeudi 19 octobre, tout Paris est en émoi : de nombreuses expositions ouvrent leurs portes à l'occasion de la FIAC (Foire internationale d'art contemporain) et l'art règne en maître sur les agendas du week-end.

Mais ne parlons pas d'éphémère, car c'est bel et bien une sculpture pérenne qu’accueille le quartier du Centre Pompidou  ! Signé par Xavier Veilhan, spécialiste des portraits sculptés contemporains (il s'est notamment attaché à représenter des figures célèbres du monde de la musique et de l'architecture), Renzo Piano & Richard Rogers (2013) est un groupe de deux sculptures représentant les créateurs du bâtiment du Centre Pompidou. "Le Centre Pompidou a inauguré un nouveau type de musée au travers d’un bâtiment magistral. J’en ai célébré les auteurs dans l’Allée des Architectes lors de mon exposition au Château de Versailles, mais Renzo Piano et Richard Rogers se devaient d’être aussi présents devant leur réalisation la plus emblématique" explique Xavier Veilhan.

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mercredi 18 octobre 2017

FIAC 2017

Le parvis du Centre Pompidou accueillera une grande installation artistique à l'occasion de la FIAC (Foire internationale d'art contemporain) 2017. Signé par l'Atelier Van Lieshout, l'oeuvre s'intitule "Domestikator"...

Vous trouvez que le billet d'entrée de la FIAC est beaucoup trop cher ? Rassurez-vous : même en étant fauché, vous pouvez suivre un large parcours d'art contemporain gratuit en ville, puisque 70 oeuvres ont été sélectionnées pour être exposées dans l'espace public.

Parmi elle, le Domestikator de l'Atelier Van Lieshout, fondé par le sculpteur Joep Van Lieshout, est accueilli par le Centre Pompidou sur son parvis.

L'artiste, représenté par la Carpenters Workshop Gallery où il est exposé en ce moment, explique : "le Domestikator a toujours eu comme intention d’être un catalyseur de pensée et d’opinion, puisqu’il pose la question dont les humains emploient la technologie – avec ingéniosité, créativité, sophistication et persistance – pour changer le monde et le rendre « meilleur », mais en le domestiquant souvent au passage."

Dès le mardi 17 octobre, venez donc découvrir cette machine dont le but est de faire réfléchir les visiteurs à la domestication du monde, qui entraîne des comportements déraisonnables vis-à-vis de la préservation de l'environnement.

Les écolos et autres amateurs d'art contemporain audacieux adoreront !

Informations pratiques :

FIAC 2017 : Domestikator

Devant le Centre Pompidou

Du 18 au 22 octobre 2017

Gratuit

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lundi 16 octobre 2017

Paris: Le «Domestikator», l’œuvre évoquant une levrette, sera finalement exposé au Centre Pompidou

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ART Le Louvre avait refusé d’accueillir cette immense sculpture de 12 mètres de haut…

L’œuvre « Domestikator », qui devait initialement figurer dans le parcours « Hors les murs » de la Foire internationale d’art contemporain (Fiac) aux Tuileries, avant d’être refusée par le Louvre, sera finalement exposée sur le parvis du Centre Pompidou, ont indiqué samedi les exposants.

L’immense sculpture de 12 mètres de haut constituée de briquettes façon Lego évoque un couple en position de levrette.

« Une magnifique utopie en prise avec l’espace public »

La direction du Louvre avait motivé son refus d’accueillir l’œuvre dans un courrier adressé à la Fiac, où son président Jean-Luc Martinez estimait que « des légendes sur l’Internet circulent et attribuent à cette œuvre une vision trop brutale qui risque d’être mal perçue par notre public traditionnel du jardin des Tuileries ».

« L’œuvre de l’Atelier Van Lieshout est une magnifique utopie en prise avec l’espace public », a pour sa part estimé Bernard Blistène, directeur du Musée national d’art moderne du Centre Pompidou. « J’ai demandé au Président du Centre, Serge Lasvigne, et il a immédiatement dit oui ».

Joep Van Lieshout se dit « heureux que les visiteurs du Centre Pompidou puissent avoir l’opportunité de faire l’expérience de cette œuvre et espère que cela génère questions et dialogue autour de la complexité du problème que pose la domestication de notre monde ».

« Domestikator » sera exposée sur le parvis de Beaubourg à partir du mardi 17 octobre, dans le cadre de la 44e édition de la Fiac (19 au 22 octobre).

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mardi 10 octobre 2017

Centre Pompidou

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vendredi 22 septembre 2017

Serge Lasvignes : « Le Centre Pompidou doit devenir un “hyper-lieu” »

Par Harry Bellet

Dans un entretien au « Monde », le président de Beaubourg détaille les projets de développement du musée et parle des bouleversements induits par l’arrivée des grandes fondations privées.

Serge Lasvignes, président du Centre Pompidou, a présenté, mardi 12 septembre, les prochaines orientations et les projets de l’institution qu’il dirige. Si sa situation financière est saine – les recettes de 2016 ont progressé de 12 % par rapport à 2015 –, son budget reste limité : la subvention du ministère de la culture (69,5 millions d’euros) couvre à peine les dépenses courantes – en personnel notamment – et oblige à développer les ressources propres (52,9 millions d’euros en 2016).

Avec, outre les rentrées traditionnelles (billetterie, vente de catalogues), deux secteurs en plein développement : l’itinérance des expositions montées par le Musée national d’art moderne (MNAM), qui rapporte 5,2 millions d’euros, et l’ingénierie culturelle, qui connaît la plus forte progression. Avec 3,7 millions d’euros en 2016, ses recettes ont augmenté de 422 % par rapport à l’année précédente !

Le Centre Pompidou a-t-il assez d’argent ?

Si vous pensez à notre budget d’acquisition pour le musée, nous ne sommes pas riches : 1,7 million d’euros par an, au regard du marché de l’art actuel, c’est fort peu. Par contre, les donations et les dations s’établissent en moyenne à 25 millions d’euros annuels, un résultat assez impressionnant. Mais nous sommes moins bien lotis pour ce qui peut contribuer à la vie de l’institution.

J’attribue cela à la tendance qu’ont désormais les donateurs potentiels à créer leur propre fondation. C’est pourquoi nous sommes en train de mettre en œuvre un nouveau modèle de mécénat qui associerait les entreprises, non seulement comme donateurs mais aussi comme partenaires pour qu’elles deviennent de véritables acteurs des opérations qu’elles subventionnent. Mais il est encore un peu tôt pour en parler.

Vos ressources propres progressent-elles ?

Nous nous efforçons de les développer, notamment à travers nos implantations à l’étranger. Ainsi, en Espagne, le succès du Centre Pompidou à Malaga [inauguré en 2015, il rapporte à Beaubourg une redevance d’1 million d’euros par an] montre que la ville est en train de gagner son pari, qui était de devenir une destination culturelle. Les retombées sont importantes pour la cité et pour ses autres institutions, comme le Musée Picasso, qui se dit très heureux de notre présence là-bas, laquelle a contribué à développer son propre public.

Nous allons également nous implanter à Shanghaï. Nous avons signé en juillet un accord-cadre avec une société qui aménage le West Bund, dans le district de Xuhui, d’anciennes installations aéroportuaires au bord de la rivière à environ quinze minutes du centre-ville. Outre le musée, qu’est en train de construire l’architecte britannique David Chipperfield, il y aura un auditorium, un opéra… Le tout à proximité d’autres lieux privés comme le Yuz Museum qu’a fondé le collectionneur Budi Tek. L’ouverture est prévue pour 2019.

Il ne s’agit pas d’ouvrir une antenne à Shanghaï, nous insistons beaucoup sur la notion de partage : c’est un projet qui va certes permettre aux Chinois de mieux connaître l’art occidental, mais aussi aux Français de mieux connaître la scène chinoise. Avec, pour nous, une double perspective : exposer des artistes chinois en France, et permettre l’acquisition d’œuvres par le MNAM d’une manière plus intelligente, plus pertinente.

Vous avez aussi un projet dans un garage à Bruxelles dont l’architecture fait penser à la bande dessinée belge des années 1960…

J’avais parmi mes jouets un garage comme ça quand j’étais petit ! Nous sommes avancés dans les discussions que nous avons avec la région Bruxelles-Capitale, qui pilote le dossier. L’idée, c’est de constituer un pôle culturel autour de deux axes : l’un centré sur l’architecture, l’autre sur un musée-centre d’art dont nous serions l’opérateur.

On a signé une convention de préfiguration pour intervenir avant le début des travaux en faisant dès que possible une exposition. Nous voulons constituer à Bruxelles un réseau avec les institutions culturelles locales, qui sont nombreuses et de qualité, là aussi avec une volonté de partenariat.

D’autres implantations possibles à l’étranger ?

En Corée du Sud, en Amérique Latine, je pense à la Colombie notamment, mais ces dossiers sont pour l’instant en suspens. Et j’aimerais beaucoup qu’on arrive à construire quelque chose en Afrique, mais il faut trouver la formule, et les partenaires…

Et en France ?

Pour fêter les 40 ans du Centre Pompidou, nous avons contribué à organiser cinquante expositions, grandes ou petites, sur l’ensemble du territoire. J’entends poursuivre ce mouvement. De manière structurelle, en revoyant la politique de nos prêts aux musées de province, que j’aimerais moins saupoudrés, mieux ciblés.

Je veux également sortir à la recherche du public qui ne vient pas au Centre. Nous allons ainsi relancer un dispositif qui existait autrefois, « Un jour, une œuvre », qui consiste à amener une œuvre dans un lieu où on n’en voit pas normalement – une mairie, un centre commercial… – et l’y installer avec un dispositif adapté, en termes de médiation notamment. Cette médiation pourrait – pourquoi pas ? – être effectuée par l’artiste lui-même.

J’aimerais bien travailler dans ces « zones blanches » culturelles, créer des projections du Centre Pompidou en régions. Il y a un modèle, léger et adaptable, à construire, pour que les gens soient en contact direct avec l’acte créatif. Nous espérons faire deux ou trois expériences en ce sens en 2018.

Avez-vous des projets à Paris ?

Nous inaugurons en octobre une exposition historique consacrée à la période fauve de Derain, puis il y aura une rétrospective César. En 2018, nous présenterons notamment l’école de Vitebsk, avec Chagall et Malevitch, une exposition sur le cubisme, et une autre sur l’Union des artistes modernes.

Mais il faut être bien conscient que l’autre enjeu introduit par l’ouverture des fondations privées, c’est qu’elles sont désormais capables, et avec plus de moyens que nous, de proposer des expositions historiques à caractère muséal. S’engager dans une compétition, une course à l’exposition la plus fréquentée, serait fatal pour nous. Alors, comment nous en distinguer ? En affirmant plus que jamais l’originalité du Centre Pompidou depuis sa création, c’est-à-dire sa pluridisciplinarité.

Je souhaite que nous devenions ce que le géographe Michel Lussault nomme un « hyper-lieu », où des activités diverses dialoguent ensemble avec une intensité particulière. Des expériences partagées, des débats, une porosité accrue entre la bibliothèque et le musée. Elle reçoit 1,5 million de lecteurs par an, souvent jeunes, plutôt de banlieue. Les sondages que l’on a faits montrent qu’ils ignorent le plus souvent les activités du musée.

Nous allons donc établir une entrée commune et des communications qui permettront d’aller de l’une à l’autre, d’autant plus facilement que nous instaurerons la gratuité d’accès aux expositions pour les lecteurs.

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lundi 17 juillet 2017

Walker Evans - exposition au Centre Pompidou (actuellement)

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dimanche 2 juillet 2017

Devant le Centre Pompidou - "Rien à déclarer ?"

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vendredi 30 juin 2017

Actuellement au Centre Pompidou

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mardi 27 juin 2017

3 raisons de se rendre à la rétrospective David Hockney au Centre Pompidou

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La file d'attente à l'entrée du Centre Pompidou

David Hockney soufflera ses 80 bougies le 9 juillet 2017 et aura passé ainsi les soixante dernières années à créer. L'occasion pour le Centre Pompidou d'organiser une grande retrospective autour de son oeuvre.

Connu avant tout pour ses piscines colorées californiennes, l’artiste britannique cache une oeuvre foisonnante, érudite et complexe, nourrie de nombreuses influences. Il est devenu, pour de nombreux artistes contemporains, une référence incontournable.

L'art de croiser les influences

Jean Dubuffet pour un art universellement accessible, Matisse pour son hédonisme coloré, Francis Bacon pour son audace visuelle et son affirmation érotique, Rembrandt pour ses autoportraits vieillissants, Vermeer pour ses scènes de vie quotidienne, Edward Hopper pour ses portraits grand format, mais aussi Pablo Picasso et son ouverture stylistique. Comme ce dernier, David Hockney a choisi de ne pas s'enfermer dans un style unique grâce à de nombreuses influences.

Le résultat ? Une oeuvre originale aussi empreinte de cubisme et de jeux de points de vue que de réalismes, d’abstractions ou d’expériences optiques. A travers les 160 oeuvres exposées à Pompidou, de ses tableaux de jeunesse réalistes jusqu’aux assemblages d’images imprimées, le public pourra se rendre compte de l’extraordinaire diversité de l’art de David Hockney.

Entre voyages et nouvelles technologies : une curiosité insatiable

Devenu l’un des plus célèbres représentant du Pop Art des années 1960, Hockney mène un style de vie très californien, dans son atelier perché sur les hauteurs de Los Angeles. Il témoigne aussi d’un goût pour le voyage qui nourrit son art depuis ses débuts. L’exposition relate ainsi ses découvertes, de Bradford à Londres, puis depuis la France jusqu'aux grands parcs de l'Ouest américain, en passant par la campagne anglaise.

Ainsi, l'exposition montre son travail sur les perspectives des parcs aménagés à la française, ses clins d'oeil aux paysages chers à Claude Monet ou même à Van Gogh, se servant de la lumière de Californie pour en distiller un peu dans ses autres tableaux. Le peintre empreinte également à la cinématique chinoise pour son célèbre «Nichols Canyon» peint depuis différents points de vue.

Le même procédé est utilisé pour les étonnantes images de campagnes anglaises réalisées sur IPad. L'artiste se sert inlassablement des nouveaux outils de reproduction des images : photos, vidéos, fax, photocopies... Tout peut devenir un outil de son art. «Je voulais montrer sa préoccupation pour la survie de la peinture ou comment il met la technique au service de la peinture», explique le commissaire de l'exposition, Didier Ottinger

Joie de recevoir, plaisir d'offrir

David Hockney assume ses influences mais au fil du temps, de nombreux artistes se sont interessés à ses techniques et à ses oeuvres. Désormais, le Britannique trône aux côtés des plus grands de l'art contemporain. Décoré par la Couronne britannique, peint par Lucian Freud en 2003, David Hockney est aujourd’hui internationalement reconnu. En 1969, lorsque l’insolence de l’artiste avait fait dire au théoricien Clément Greenberg que ces oeuvres d’art «ne devraient pas avoir le droit de cité dans une galerie qui se respecte», qui aurait pu prévoir que le peintre allait devenir l’un des plus influents du vingtième siècle ? «Comme Dubuffet, David Hockney conçoit l'art dans son universalité. Il se positionne pour un art qui parle à tous», explique Didier Ottinger. Il est fort à parier, d’ailleurs, que cette exposition sera l’incontournable de l’été.

David Hockney, du 21 juin au 23 octobre 2017 au Centre pompidou, Paris (4e),  centrepompidou.fr

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lundi 26 juin 2017

Le Centre Pompidou célèbre Hockney, l’un des plus grands peintres vivants, à l’occasion de ses 80 ans.

Par  Yves Jaegler 

On prend la mesure d’une grande exposition au manque qu’elle crée après la première visite, comme après une rencontre. C’est exceptionnel au sens littéral, de voir exposé un grand peintre vivant — David Hockney fêtera ses 80 ans le 9 juillet —, solaire, qui magnifie la couleur, une forme de peinture en Cinémascope, sublime et atypique.

« Il pratique un art pictural figuratif dans un contexte plutôt hostile. Dans la filiation de Matisse, sa peinture veut séduire, faire plaisir, célébrer la beauté et la complexité de la vie, position plutôt marginale à notre époque », résume Didier Ottinger, commissaire de cette magistrale rétrospective de 167 œuvres au Centre Pompidou. Marginal, c’est le mot : homosexuel assumé, dandy excentrique né dans un milieu ouvrier du nord de l’Angleterre et célébrant la douceur de la Californie du Sud, Hockney refuse l’art abstrait, minimal, conceptuel ou même pop triomphant, fidèle à un certain réalisme, mais sans être ancré dans le passé, lui qui se sert de l’iPad comme d’un carnet de croquis.

Le rêve américain d’un kid de Bradford

La rétrospective s’étend sur plus de soixante ans, de 1955 à aujourd’hui, les derniers tableaux ayant séché quelques jours seulement avant l’ouverture. Elle commence quand Hockney a 16 ans. Son premier tableau représente des ouvriers sur un chantier. Son premier chef-d’œuvre, à 18 ans, un portrait de son père. Tout est dit, déjà. L’artiste a grandi dans une famille nombreuse et modeste de Bradford, ville industrielle à l’ombre de Leeds et Manchester, loin des grands musées. Mais l’enfant prodige, sûr de sa vocation à 11 ans, qui reproduit les dessins d’Ingres comme un singe savant, a de qui tenir : son père, petit comptable, prend des cours du soir de peinture, et redécore les portes de leur petite maison. « Pour moi, celui qui dessinait les cartes de Noël était un artiste, celui qui peignait les affiches était un artiste… » écrit Hockney dans « Une éducation artistique ».

Il restera toujours fidèle à ce merveilleux, cette sorte de conte entre Dickens et Walt Disney. Le self-made-man vit son rêve américain. Même si ses couleurs acides piquent : « Il a capté le génie de la Californie, cette civilisation des loisirs, mais aussi sa vacuité, sa superficialité », ajoute Didier Ottinger. En ce sens, le jeune Hockney est l’héritier de Hopper avec ce vide revendiqué des «doubles portraits », une série de couples plus inexpressifs qu’insouciants, ces surfaces trop belles.

On plonge dans un bain de couleurs, comme dans « A Bigger Splash » (« un gros plouf » ou « plongeon »), son tableau le plus mondialement reproduit. Une maison hollywoodienne avec piscine et palmiers, le grand bleu du ciel et de l’eau réunis, comme deux rectangles parfaits, un plongeoir, et la trace d’écume du nageur. Même l’ombre humaine a disparu. Un tableau à la fois hyperréaliste et métaphysique : Hockney ralentit le temps pour fixer un éclair de farniente.

Il y a un « luminisme » de Hockney, selon le mot du commissaire de l’expo : il étudie la clarté du jour heure par heure tel Monet, met six mois avant de finir un tableau, abandonne l’huile au profit de l’acrylique, qui capture mieux l’instantané. Ce geek avant l’heure brouille aussi la surface entre original et reproduction : dès les années 1980, Hockney achète une photocopieuse couleur et incite la marque Canon à produire un nouveau type de couleur primaire jaune. Il imprime même parfois ses dessins croqués sur ordinateur. Pas ses meilleurs. On le préfère en miniaturiste du pinceau.

Plus il vieillit, plus sa peinture devient « flamboyante, avec une violence chromatique », souligne Ottinger, presque trop parfois. Hockney travaille à partir de nouveaux formats, non rectangulaires ni carrés, et d’une perspective qu’il appelle « inversée », donnant la sensation d’une immersion dans la peinture. On s’éloigne du réalisme et la surface devient saute-frontières, monde. Son « Jardin avec terrasse bleue », peint en 2015 dans son petit royaume californien, invente un nouveau fauvisme. Fauve, jungle, paradis, ses peintures en ont les couleurs.

Posté par jourstranquilles à 06:34 - Expositions - Commentaires [0] - Permalien [#]