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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mardi 11 décembre 2018

La lettre politique de Laurent Joffrin - On n'est pas sorti de l'auberge

Dilemme traditionnel pour tout mouvement social. Version 1 : nous avons obtenu une partie de ce que nous voulions, la lutte a payé, on arrête. Version 2 : nous avons obtenu une partie de ce nous voulions, la lutte a payé, on continue. Ainsi, le même syllogisme aboutit à deux conclusions opposées. Pour une raison simple : ce n’est pas la logique qui permet de trancher. C’est le rapport de force.

A-t-il évolué ? Un peu. La droite classique, celle des partis, mais aussi une partie de celle qui a manifesté, fait défection. Eric Woerth : «On lève le camp.» Le Figaro : il faut «souhaiter» la fin du mouvement «la raison l’impose, l’intérêt national l’exige». Juppé : il faut saisir «la main tendue», etc. Ce à quoi fait écho la position de certains gilets jaunes «libres», plutôt orientés à droite, qui appellent à plier les gaules. Il faut rappeler que le mouvement comprend un certain nombre de commerçants et de petits entrepreneurs, guère pressés de voir le salaire de leurs employés faire soudain un bond en avant. Et que l’addition (une dizaine de milliards) sera payée par les contribuables ou bien financée par emprunt, ce qui déplaît dans les deux cas à la droite profonde.

Les autres protestataires remarqueront que la hausse de la prime d’activité est seulement avancée (elle était prévue sur cinq ans), que les retraités n’ont pas obtenu la réindexation de leurs pensions, que la diminution de la taxe d’habitation reste programmée aux mêmes dates, etc. Ils peuvent juger qu’une poursuite du mouvement permettra de cocher d’autres cases (mais aussi que de nouvelles violences risquent de retourner l’opinion contre eux). Ils notent surtout qu’en dehors d’annonces générales et plus ou moins lointaines et d’une prime de fin d’année laissée à la discrétion des entreprises, les plus aisés échappent à toute contribution supplémentaire.

Une nouvelle fois, la fiction d’un dépassement du clivage droite-gauche se dissipe. En épargnant les plus hauts revenus et en protégeant le patronat, le Président s’est adressé, pour faire court, à la droite du mouvement et aux conservateurs du pays. Emmanuel Macron leur a même fait un clin d’œil supplémentaire en évoquant la lutte contre le communautarisme et l’immigration (ce que le mouvement ne demandait pas).

Les socialistes, Hamon, Jadot, La France insoumise, continuent de pilonner le gouvernement sur le thème de la justice fiscale et sociale. La majorité elle-même, au cours d’une réunion qualifiée de «houleuse», s’est divisée selon la même ligne de démarcation. Quant à Marine Le Pen, très critique, elle appelle à de nouvelles baisses de taxes, à une nouvelle politique – la sienne – antimondialiste et anti-immigration, mais se garde de parler de hausses de salaires (la revalorisation du smic, d’ailleurs, n’est pas dans son programme). L’extrême droite reste à droite.

Résultante ? Le mouvement continue, de toute évidence. Plusieurs appels à un «acte V» ont été lancés. La frange la plus dure, encouragée par les deux extrêmes du spectre politique, continue de rêver d’une démission du Président ou, à tout le moins, d’une dissolution de l’Assemblée nationale. Appuyé sur la droite de l’opinion, le gouvernement résistera de toutes ses forces. Sa position s’est améliorée. Il n’est pas tiré d’affaire.

LAURENT JOFFRIN

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Smic : mais d'où sortent ces «100 euros» ?

Dans son allocution présidentielle, Emmanuel Macron a annoncé lundi soir que «le salaire d’un travailleur au smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019». Une hausse qui ne serait que l’«accélération» d’une promesse de campagne.

Smic : mais d'où sortent ces «100 euros» ?

Les bandeaux des chaînes d’information en continu ont tout de suite titré: «Hausse du Smic de 100 euros». Il faut dire que la phrase d’Emmanuel Macron était alléchante : «Le salaire d’un travailleur au smic augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur», a déclaré le président de la République, lundi soir, lors de son allocution aux Français pour tenter de calmer la colère exprimée par les gilets jaunes.

Mais comme souvent depuis le début du quinquennat avec ce gouvernement, quand il en va des gestes en faveur des plus modestes, il faut regarder ce que cachent les chiffres… Qu’y a-t-il donc derrière ces «100 euros dès 2019» pour une personne au Smic ? Déjà, il ne s’agit pas d’une revalorisation exceptionnelle du salaire minimum comme le réclamaient certains partis de gauche et des syndicats comme FO ou la CGT. Si le chef de l’État a tenu à préciser «sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur», c’est qu’il compte procéder autrement, via une hausse de la prime d’activité.

«13e mois» promis

L’exécutif a d’ailleurs commencé à emprunter ce sentier ouvert en 2016 par François Hollande et le gouvernement de Manuel Valls. Pour arriver à sa promesse présidentielle «d’un 13e mois de salaire, soit 100 euros nets de plus chaque mois» pour «tous les smicards», le chef de l’État avait prévu de «revaloriser» cette aide issue de la fusion de la prime pour l’emploi et du RSA activité : 20 euros de plus chaque année de 2018 à 2021, soit 80 euros d’ici la fin du quinquennat, auxquels s’ajoutent 20 euros issus de la suppression des cotisations salariales (chômage et maladie) dont ont bénéficié tous les salariés du privé.

En 2018, pour des raisons budgétaires, le gouvernement a déjà dû en rabattre sur ses ambitions. S’il a maintenu la revalorisation traditionnelle du mois d’avril, indexée sur l’inflation, il a modifié à l’automne le mode de calcul de la prime pour réaliser des économies. Résultat la «revalorisation exceptionnelle» de 20 euros attendue en octobre s’est transformée, pour une personne au smic, en une augmentation de… 8 euros. Sur l’ensemble de l’année 2018, pour ce même salarié, la hausse de la prime d’activité a été d’environ 13 euros.

30 euros déjà votés pour 2019

Pour 2019, l’exécutif a d’abord tenté de faire des économies sur une prestation en constante augmentation (6 milliards d’euros budgétés pour l’an prochain après 5,6 milliards de dépenses estimées pour 2018 par la Caisse nationale des allocations familiales). Ainsi, le Parlement a voté la suspension pour deux ans de la traditionnelle revalorisation du printemps, celle liée à l’évolution des prix. Et s’il a maintenu sa promesse d’une «nouvelle bonification» de 20 euros pour les personnes au salaire minimum, elle n’aurait, au départ, pas été versée avant octobre. Finalement via un amendement déposé discrètement en première lecture du projet de loi de finances à l’Assemblée, le gouvernement a, d’une part, augmenté le montant de cette revalorisation exceptionnelle (30 euros), et, d’autre part, avancé son versement au printemps.

Avant même l’annonce de Macron lundi soir, l’exécutif avait donc déjà prévu d’atteindre l’an prochain plus des deux tiers du chemin de la promesse de campagne. Il ne restait plus qu’à «revaloriser» cette prime d’activité de 20 euros en 2020 et de la même somme en 2021. Selon plusieurs sources ministérielles, l’annonce du chef de l’État ce lundi soir correspond à une «accélération» de cette promesse présidentielle. Cela ne signifie donc pas «100 euros» de plus en 2019 mais seulement 70 euros dont 30 euros déjà votés : donc un effort de 40 euros supplémentaires, dès 2019, par salarié au smic. Et encore, si ces «100 euros» dont a parlé Emmanuel Macron lundi soir tiennent compte de l’augmentation légale du salaire minimum au 1er janvier – que le Premier ministre mercredi dernier à l’Assemblée a chiffré à «+ 1,8 %» – la dépense supplémentaire ne serait pas au niveau ronflant qu’a voulu faire croire le chef de l’État. Lequel ne ferait finalement pas «plus» mais «plus tôt».

A Edouard Philippe et ses ministres Agnès Buzyn (Solidarités) et Gérald Darmanin (Action et Comptes publics) de préciser désormais les contours de ces «100 euros». Le chef du gouvernement en aura l’occasion ce mardi devant les députés. Puis aux services de l’exécutif de traduire cela très vite : pour que les mesures entrent en vigueur au 1er janvier, il faut que tout soit bouclé avant le vote définitif du budget à l’Assemblée nationale. C’est-à-dire, en fin de semaine prochaine.

Lilian Alemagna - Libération

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lundi 10 décembre 2018

La une de Libération de demain matin...

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vendredi 7 décembre 2018

La une de Libération

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jeudi 6 décembre 2018

La lettre politique de Laurent Joffrin : «Qu'ils viennent me chercher !» disait Macron, ils viennent

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L’angoisse est générale. La fièvre du samedi après-midi – jour de la nouvelle manifestation des gilets jaunes – s’est emparée des gouvernants, de nombre de responsables politiques ou syndicaux et d’une partie de l’opinion. Une nouvelle flambée de violences ? La menace est évidente. Une partie des protestataires ont compris que les concessions lâchées par Edouard Philippe sont le résultat direct des événements du week-end dernier. La vindicte anti-Macron faisant le reste, la tentation est forte de se lancer dans une nouvelle confrontation pour obtenir plus. A cela s’ajoutent les heurts anormalement brutaux qui opposent policiers et lycéens. Plusieurs fois soulignée dans cette lettre, la tentation insurrectionnelle est bien là. «Qu’ils viennent me chercher», avait dit Emmanuel Macron dans une envolée fier-à-bras post-affaire Benalla. Ils viennent.

La répétition des mêmes scènes d’émeute serait fatale au gouvernement Philippe. On entrerait alors dans un inconnu politique. Mais elle peut aussi inspirer aux éminences de LREM un calcul plus cynique : tabler sur des affrontements largement télévisés pour provoquer un décrochage de l’opinion et un début d’isolement des gilets jaunes. Privé du soutien massif dont il bénéficie encore aujourd’hui, le mouvement s’effilocherait sans gagner plus que l’annulation des taxes sur le carburant. Le désordre peut même susciter au sein des Français une aspiration à un pouvoir plus fort, plus autoritaire. Tel Pompidou en 1968, la macronie chercherait alors à se sauver en surfant sur la peur du vide et le désir du retour à l’ordre. A moins que d’autres forces politiques n’en profitent. Sinistre perspective.

Il existe une autre porte de sortie. Les syndicats de salariés ont fait leur jonction aujourd’hui pour chercher une réponse commune. Leurs revendications – smic, retraite, ISF – recoupent en partie celles des gilets jaunes. Ils appellent à une manifestation dans le calme, samedi à Paris, à la faveur de la «marche pour le climat» prévue de longue date, «en convergence» avec celle des gilets jaunes. Cette jonction des mouvements, ce retour dans le jeu des forces syndicales classiques, pourrait être une planche de salut pour le gouvernement. Ainsi serait remise à l’honneur la proposition initiale de Laurent Berger, un «grenelle» social et écolo, qu’Edouard Philippe avait écarté d’un revers de main et qui, sans jeu de mots, doit maintenant s’en mordre les doigts.

Cette réunion se tiendrait après que le gouvernement a annoncé à l’avance qu’il serait prêt à des concessions de pouvoir d’achat. Elle comprendrait aussi une délégation de gilets jaunes, à supposer qu’ils arrivent enfin à désigner des représentants capables de parler pour le mouvement. Tout cela coûterait de l’argent et exigerait une révision budgétaire pour 2019. Certes. Mais à court terme, on voit mal comment la protestation pourrait s’éteindre sans des avancées sonnantes et trébuchantes. L’Union européenne, par la voix de Pierre Moscovici ce jeudi matin sur France Inter, a déjà donné un blanc-seing implicite. Et pour une fois, l’effort financier irait aux classes populaires et non aux plus favorisés. Il arrive un moment où le social doit passer avant la finance. Surtout quand la maison brûle.

LAURENT JOFFRIN

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mercredi 5 décembre 2018

La lettre politique de Laurent Joffrin

Le vaisseau fantôme de la macronie

Telle une coque de noix ballottée par les vagues, le gouvernement tangue et roule dans la tempête. Après avoir clamé partout qu’il «maintenait le cap», il a abandonné soudain ses projets de hausse des taxes sur les carburants. Libération le raconte ce matin : le «moratoire» annoncé hier figurait déjà dans le texte du discours présidentiel de la semaine dernière. Il a été biffé au dernier moment, sans doute par crainte de mettre à mal le budget 2019. Erreur, selon toutes probabilités : annoncé une semaine plus tard, le même recul concédé trop tardivement n’éteint pas la contestation. Avec un président muet, un Premier ministre semi-zombiesque, des députés amateurs qui chancellent sous les coups, l’équipe macronienne a tout du vaisseau fantôme.

L’hésitation est révélatrice. Le gouvernement se retrouve devant le dilemme classique de tout pouvoir confronté à un vaste mouvement social (classique ne veut pas dire facile à résoudre). Tenir ? C’est courir le risque de nouvelles manifestations et des violences qui peuvent les accompagner, c’est encourager une extension du mouvement. Les gilets jaunes veulent continuer. Les syndicats de routiers se joignent au mouvement, ceux la fonction publique annoncent une grève reconductible, les blocages de lycées se multiplient

Céder encore ? C’est sacrifier plusieurs milliards supplémentaires, risquer sortir des clous européens, mécontenter le patronat par une augmentation du smic, et, surtout, rentrer dans rang des gouvernements humiliés par la bronca sociale, Chirac 1986, Juppé 1995, Villepin 2016, etc. Une bande de «fainéants» qui ne réforment pas par peur de l’opinion, comme dirait Macron. Sans être sûr, pour autant, que le mouvement s’arrêtera.

On ne voit guère, aujourd’hui, comment le gouvernement évitera des concessions de pouvoir d’achat. Les manifestants se battent depuis trois semaines, confortés par la solidarité qui se noue entre eux, toujours soutenus par l’opinion malgré les violences de samedi dernier. Comment délégitimer des Français aux maigres revenus qui demandent une rallonge leur permettant de faire face à des fins de mois difficiles ? Avec une difficulté supplémentaire : ce mouvement spontané formule des exigences que tout le monde comprend, mais ne parvient pas à s’organiser un tant soit peu pour participer à une négociation sérieuse. Ambiguïtés de ces gilets jaunes dont les revendications sociales sont convaincantes mais dont la défiance envers toute représentation confine au nihilisme politique. Mouvement égalitaire, progressiste dans sa face sociale, mais tirant vers un poujadisme très «ancien monde» dans sa détestation de la classe politique (renaissance du vieux «tous pourris»…) et dans son allergie paranoïaque dès qu’il s’agit de discuter (voir les menaces de mort qui frappent tous ceux des gilets jaunes qui font mine d’engager le dialogue), sur fond de complotisme larvé et de «fake news» complaisamment répandues (Macron «prépare la guerre», l’ONU dans une réunion à Marrakech prévoit de rendre l’immigration obligatoire, etc.).

Bientôt l’évidence s’imposera : le Président qui pour l’instant rase les murs devra bien monter en première ligne pour proposer une solution à la crise. Quand on est la cible principale, on ne peut pas rester immobile.

LAURENT JOFFRIN

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La une de Libération

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mardi 4 décembre 2018

Gilets Jaunes - Deux éditoriaux....

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Le vertige de l'insurrection

Le gouvernement a tout lâché. Mais ce «tout» n’est pas forcément assez. En regard des revendications initiales, c’est une reddition en rase campagne – ou en rase périphérie. Les taxes sur le carburant – dans leurs diverses modalités – sont toutes suspendues, la stratégie de renchérissement des transports polluants est repoussée d’au moins six mois, sinon annulée. Ce gouvernement qui annonçait sa volonté de réformer à la hussarde en admonestant le bon peuple trop rétif, a pris un grand coup sur la tête. Le Président «vertical» se retrouve à l’horizontale, allongé sur le tapis.

En comparaison des reculs essuyés par ses prédécesseurs, il devient étrangement normal, et même anormalement faible par rapport à la règle de la Cinquième depuis des lustres. Jupiter n’est plus qu’un mortel parmi d’autres et la foudre qu’il tenait dans son poing ne produit plus que des étincelles dérisoires. Les mesures annoncées auraient arrêté la protestation il y a dix jours.

Mais les mouvements sociaux transforment ceux qui y participent. Souvent isolés dans leur quotidien de galère, étreints par un sentiment d’abandon et d’humiliation, les gilets jaunes ont goûté à l’ivresse de l’action collective, au réconfort de la solidarité et de la reconnaissance mutuelle, aux plaisirs rares d’une médiatisation massive, à la fierté de jouer enfin un rôle politique national. Le «je» solitaire et mélancolique se change en «nous» unifié et conquérant. Difficile de mettre fin à cette embellie qui restera, quoi qu’il arrive, comme un des grands souvenirs de leur vie. D’autant que les concessions obtenues en appellent d’autres : le pouvoir d’achat est préservé pour les mois qui viennent. Il n’est pas amélioré par les concessions d’Edouard Philippe. Et les symboles honnis narguent toujours la colère populaire : l’ISF à moitié supprimé, Macron changé en tête de turc toujours à l’Elysée. La tentation de continuer, enhardie par un premier succès, occupe manifestement la tête des manifestants. L’inconscience présomptueuse des gouvernants a ouvert une boîte de Pandore. Une nouvelle fois, la France rebelle peut céder au vertige insurrectionnel.

LAURENT JOFFRIN

marianne

Savoir perdre 

Il y a des mots qui en disent long sur ceux qui les prononcent. Le « moratoire » de six mois sur la hausse des taxes sur les carburants, annoncé par Édouard Philippe ce mardi, fleure bon la technocratie. Sur les ronds-points, on imagine qu’il a dû en rendre plus d’un incrédule… Mais il y a aussi le sens : un moratoire, c’est un gel, une suspension… avec un petit goût de revenez-y… ce dont on peut douter, vu la vague de colère que l’annonce de cette hausse a déclenchée, et déclencherait sans doute à nouveau au printemps. Alors pourquoi parler de moratoire ? Le Premier ministre et le Président espèrent-ils ainsi sauver la face ? Ils auraient mieux fait d’opter pour un retrait sans ambiguïté. Certes au prix d’une humiliation politique. Mais n’est-ce pas le prix à payer pour n’avoir pas voulu entendre les signaux d’alarme qui montaient depuis plusieurs mois du terrain, quand ils n’émanaient pas de l’entourage même du chef de l’Etat ? La surdité, voire une certaine arrogance : c’est cela que les Gilets jaunes font aussi payer au duo exécutif. En concédant plus clairement leur défaite, en donnant « le point » à des manifestants zappés des radars des dirigeants depuis des décennies, Macron et Philippe leur auraient offert cette considération qu’ils réclament à cor et à cri. Peut-être retrouveraient-ils ainsi un peu de crédit. Les mots que choisira le président de la République dans les prochains jours pour parler aux Français vont peser très lourd.      Le Parisien

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lundi 3 décembre 2018

Presse - Libération

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dimanche 2 décembre 2018

Les unes de LIBÉRATION de samedi et de demain (lundi)

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