Partager sur Face Book

Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

lundi 19 juin 2017

La une de Libération de ce matin

lundi livbération

Posté par jourstranquilles à 06:59 - Presse - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 12 juin 2017

Raminagrobis Macron – Texte de Laurent Joffrin - Libération

Il y a décidément un style «En Marche». Il fallait voir lundi soir les porte-parole macronistes réagir avec une retenue étudiée au tsunami qui va les porter en masse à l’Assemblée. Une manière impavide de dire «rien n’est joué» quand l’affaire est de toute évidence pliée, pas un mot plus haut que l’autre, un optimisme grave, une sorte de coolitude décidée, une main d’acier dans un gant de soie. Les leaders du nouveau parti dominant adoptent tous le comportement de ces héros de films d’action américain qui traversent les pires dangers avec une détermination décontractée, un sang-froid impavide mâtiné d’une touche d’humour. Steve Mac Queen dans les Sept mercenaires, zen sous les balles, ou Harrison Ford dans Indiana Jones qui se débarrasse d’un sabreur frénétique avec un sourire en coin. Tel Macron-John Wayne résistant avec un visage serein à la poignée de mains de Donald Trump-Liberty Valance. Ou encore comme ces médecins qui parlent doucement au chevet des malades, sur le thème «vous allez vous en sortir». Au chevet du pays, ils jouent eux aussi l’espoir tranquille, le professionnalisme sans esbroufe. Raminagrobis en politique.

Le style, c’est l’homme ? Les aphorismes sont souvent justes, la forme exprime aussi le fond. Longuement méditée, leur stratégie politique a produit des résultats supérieurs à leurs propres attentes. Dosé au trébuchet, leur programme se situe avec une précision obsessionnelle au lieu géométrique de la carte idéologique du pays, à l’intersection du centre droit et du centre gauche, avec un tropisme libéral assumé, destiné à gêner la droite, plus menaçante que la gauche dans cette élection. Quatre victoires dans quatre scrutins successifs (avec celui de dimanche prochain) ne tombent pas par hasard. Il est probable que cette positive-attitude, entreprenante, tolérante dans la forme et prudente dans le fond, a rencontré l’humeur du pays, fatigué des joutes agressives, des diatribes virulentes des extrêmes, des programmes sonores qu’on applique peu ou pas du tout.

«Nous ne cherchons pas à tirer parti des problèmes, nous cherchons des solutions». Tel est le mantra des nouveaux maîtres du pays, baignés pour moitié au moins dans le pragmatisme anglo-saxon de la culture d’entreprise. Il est possible qu’on assiste à une révolution tranquille qui verrait la France sortir peu à peu des affrontements amers, des trémolos stériles, du déclinisme déclinant des Cassandre à la Finkielkraut.

Tout dépendra bien sûr des résultats, qui sont le juge de paix du pragmatisme. Tout dépendra aussi des classes populaires, gagnées à la rhétorique «anti-système» et qui ont fourni les gros bataillons de l’abstention. Après tout, le macronisme est aussi le nouvel avatar des idées de la classe dirigeante, qui vient de réussir à tout changer pour que rien d’essentiel ne change. Sans une baisse significative du chômage, sans amélioration économique visible, tout cela passera comme un rêve. En attendant le verdict, il faut s’habituer au piétinement élégant des légions d’En Marche.

Posté par jourstranquilles à 19:22 - Elections Législatives 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]

jeudi 1 juin 2017

La une de Libération de demain matin

Posté par jourstranquilles à 22:32 - Presse - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 17 mai 2017

Libération

Posté par jourstranquilles à 20:00 - Presse - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 15 mai 2017

la une de Libération de ce matin

18445046_1960407857539446_5827725451883184128_n

Posté par jourstranquilles à 11:53 - Presse - Commentaires [0] - Permalien [#]

Libération

Posté par jourstranquilles à 06:31 - Presse - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 8 mai 2017

Un illustre inconnu

nb1

Mais qui est ce Macron ? En principe on sait tout de lui, ses notes au lycée, les pâtisseries de sa belle-mère, les petits-enfants de sa femme, ses mentors, ses goûts littéraires, ses années Ricœur, ses années Rothschild, ses années Hollande, ses idées, la marque de ses costumes, le détail de son patrimoine, son héritage mendésisto-centriste, son giscardisme de gauche, ses propositions, etc. Mais comme il n’a jamais dirigé seul quoi que ce soit, on ne sait rien.

C’est un fake, dit l’un, un hologramme juvénile placé au centre du jeu, masqué par un discours lampédusien – «pour que rien ne change, il faut que tout change» - qui a joué du rejet de Hollande au début de la campagne, du rejet de Fillon au milieu et du rejet de Le Pen à la fin. C’est un président par ricochets. D’ailleurs 60% de ses électeurs voulaient quelqu’un d’autre. Tout cela va se dissoudre au contact du pouvoir, ou peut-être même des législatives, quand les électeurs des partis retrouveront leurs chaussons et enverront au Palais Bourbon une chambre introuvable. En Marche s’enlisera et la révolution Macron aura fait long feu.

Vous n’avez rien compris, dit l’autre. Macron est un dur au sourire de miel, séducteur et implacable, qui ne dort jamais, avale les dossiers, tranche et avance sans s’embarrasser des règles. Il nommera un gouvernement à lui, avec un ou une Premier.e ministre neuf.ve. Les électeurs n’oseront pas lui refuser sa majorité. Il lancera ensuite, au pas de charge, contre la vieille politique, un bataillon de réformes qui changeront la donne. Comme l’économie se redresse et que l’Europe va mieux, les résultats tomberont. Le paysage en sera transformé. On en a au moins pour dix ans.

Les vieux singes de l’analyse penchent pour le premier scénario. Les apôtres du nouveau prophète sont sûrs du second. Première réponse avec la nomination du Premier ministre. Article de Laurent Joffrin

Posté par jourstranquilles à 13:23 - Presse - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 7 mai 2017

Double une de Libération de demain matin...

http://webe.emv3.com/liberation/PDF/liberation20170508.pdf

Posté par jourstranquilles à 23:05 - Presse - Commentaires [0] - Permalien [#]

La liberté résiste

Dans l’ultime bataille, la République l’emporte. Ebranlée, fissurée, bousculée par un parti de l’intolérance qui a réuni jusqu’à 42% des intentions de vote durant la campagne, la France vient de signifier aux xénophobes – même s’ils restent forts, menaçants, actifs – qu’elle ne voulait pas d’eux, en élisant Emmanuel Macron avec 65,5% des voix. En fin de compte, une certaine idée de la liberté a résisté. Il est ainsi démontré, grâce à ce vote, que l’ascension nationale-populiste est résistible. Dénouement paradoxal d’une campagne sans exemple : ce pays qu’on dit vieillissant, nostalgique, calfeutré, amer, vient de porter au pouvoir un homme de 39 ans sans passé politique, amoureux de l’Europe et fasciné par le grand large. Un jeune premier est premier en France : il lui reste à tenir le rôle. Emmanuel Macron le doit à son talent, qui lui a permis de passer en revue ses concurrents blanchis sous le harnois et de laisser sur place tous les anciens partis. Il faut remonter à Bonaparte pour trouver un chef d’Etat plus jeune.

Président alors qu’il s’est lancé il y a moins de deux ans… Cette marche était un sprint et le car Macron une Formule 1. La chance l’a servi plus que personne. Qui pouvait imaginer que le ­président sortant serait empêché par un livre et son Premier ministre, que le favori naturel après cinq de gauche impopulaire, François Fillon, trébucherait sur les affaires, ou que Marine Le Pen, passant le premier tour, se suiciderait en direct en montrant avec tant de candeur agressive la vraie nature de son parti ? Mais c’est aussi un calcul suprême que de saisir sa chance… Macron l’a fait : il est à l’Elysée.

Cette chance ne devra pas le quitter. Sur les plus de 65 % d’électeurs qui l’ont choisi, plus des deux tiers auraient sans doute préféré voter pour ­quelqu’un d’autre. Ces électeurs de raison ont une créance sur lui. Celle que Jacques Chirac, en son temps, n’avait pas honorée, en refusant de rassembler au-delà de ses partisans. C’est le républicanisme, autant que le macronisme, qui a porté Emmanuel Macron au pouvoir. Il a donc pour devoir impératif d’incarner les valeurs qui expliquent, plus que son programme, son insigne succès. Un succès assorti d’un gros bémol : selon toutes probabilités, les voix qui se sont portées sur Marine Le Pen, et celles qui ont choisi le bulletin blanc ou l’abstention, sont en majorité des voix populaires.

C’est le défi principal du nouveau président : combler peu à peu le fossé qui sépare France heureuse et France en colère, France d’en haut et France décrochée. Une République qu’une bonne partie du peuple abandonne n’est plus une République. Emmanuel Macron a toute ­légitimité pour mettre en œuvre, s’il gagne les ­législatives, le programme qu’il a présenté aux Français. Mais si ce programme ne favorise pas le peuple, s’il se contente de satisfaire les ambitions réformatrices de ceux d’en haut, seraient-ils bien ­intentionnés, sa présidence tournera mal. ­La République est confortée. Pour le rester, elle doit être juste.

LAURENT JOFFRIN

Posté par jourstranquilles à 21:34 - Elections Présidentielles 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]