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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

dimanche 19 mars 2017

La une de Libération de demain matin

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lundi 13 mars 2017

Fillon : my tailor is rich

penderie

S’il en était besoin, le candidat LR est habillé pour la campagne. Subalterne à bien des égards, l’affaire des costumes à 5 000 euros pièce est un fâcheux symbole. François Fillon a bien le droit d’enrichir son tailleur comme bon lui semble. L’ennui, c’est que la facture a été réglée par quelqu’un d’autre. Un proche munificent ? Un admirateur ébloui ? Dans ce cas, on reste dans la bizarrerie privée, même s’il est un tantinet maladroit de se faire offrir des cadeaux onéreux en pleine élection présidentielle. Mais si le généreux donateur – pas très content, apparemment, puisqu’il se plaint de n’avoir pas été remercié – est un quelconque PDG ou un milliardaire sans lien étroit avec le candidat, la question du conflit d’intérêts se pose aussitôt. Un détail soulevé par des opposants malintentionnés ? Peut-être, mais on sait qu’en matière vestimentaire, c’est le détail qui tue.

Le même jour, Fillon présente la nouvelle mouture de son programme, qui n’a rien de vraiment nouveau : un projet de rupture libérale déjà connu, qui alignerait la France sur la norme occidentale, recul de l’Etat, retraite encore retardée, marché du travail flexibilisé, imposition moins dure aux plus aisés, etc. C’est là que l’affaire des costumes prend valeur d’emblème. Ce programme de rupture est-il aussi un programme pour riches ? Lesquels n’auraient alors que gratitude envers le gentilhomme en veste forestière, phénix des hôtes de ces bois dont le ramage et le coûteux plumage s’accordent si bien ? Un seul exemple : Fillon prévoit de supprimer l’impôt sur la fortune et d’accroître le taux de la TVA. Les plus favorisés paieront moins et le vulgum pecus un peu plus. Toujours le même raisonnement : pour que tout aille mieux en France, il faut que les riches soient moins pauvres et les pauvres moins riches. Article de Laurent Joffrin - Libération

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jeudi 9 mars 2017

La une de Libération de demain...

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vendredi 3 mars 2017

Fillon l'outlaw

Article de Laurent Joffrin (Libération)

Bientôt François Fillon se retrouvera seul, avec seulement, comme le disait volontiers Jacques Chirac qui affectionnait les aphorisme militaires, «sa bite et son couteau». Car la débandade se poursuit. Thierry Solère, son porte-parole, vient de faire défection, après quelques dizaines d’autres élus, dont la très emblématique Nadine Morano, nouvelle conscience de la droite. Ce ne sont plus les rats qui quittent le navire. C’est le navire qui quitte le rat.

Dans cette odyssée au petit pied, Penelope n’est par la nymphe Calypso : aucun sortilège ne viendra sauver l’Ulysse de Sablé. A moins d’un miracle : celui que les militants très catholiques de «Sens commun» veulent faire descendre du ciel sur la tête de Fillon en organisant une manif de soutien au Trocadéro (sur l’esplanade des droits de l’Homme, donc…) Manif pour tous ou manif pour quelques uns ? Ces marcheurs du Christ-Roi ont acquis dans la lutte contre la loi Taubira un savoir-faire incontestable en matière de procession partisane. Il y aura peut-être du monde, ce qui fera de Fillon le saint-martyr de la justice. C’est là que le défilé annoncé pose problème. Il s’agit en fait d’une manif contre la loi. On a déjà connu des défilés contestant une décision judiciaire. Mais à ce niveau de responsabilité, s’agissant d’un candidat crédible à la présidence de la République, c’est une première.

D’autant que la justice, en l’occurrence, n’a condamné personne à ce stade. Elle veut seulement une investigation sérieuse sur les accusations d’emploi fictif portées contre le couple Fillon. Rien que de très banal : la procédure est respectée et les droits de la défense garantis. Fillon joue le peuple contre les juges. Outre que le peuple en question condamne à 70% son attitude (sondage Odoxa), cette délégitimation de la justice porte en elle la négation des principes démocratiques. La démocratie se définit d’abord par l’état de droit, dans lequel la loi est la même pour tous, puissant ou misérable. Ensuite par l’élection. La deuxième sans le premier n’est qu’une forme démagogique de la tyrannie. La manifestation de dimanche demandera, ouvertement ou implicitement, l’instauration d’un privilège en faveur d’un candidat président dont l’un des rôle essentiels sera, s’il est élu, de préserver… le bon fonctionnement de la justice. Un homme politique européen de premier plan a récemment usé du même stratagème pour se sortir d’affaires embarrassantes. Il s’appelle Silvio Berlusconi.

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lundi 13 février 2017

Fillon : la messe est dite ?

Excellent article de Laurent Joffrin - LIBERATION

Dimanche matin, en la paroisse de Saint-Gilles à la Réunion, François Fillon a communié. Comme on ne saurait accomplir ce rite sans avoir au préalable confessé ses péchés, il serait logique qu’à un moment ou à un autre, le candidat LR ait avoué ses turpitudes réelles ou supposées dans le creux d’une oreille bienveillante et ecclésiastique. Un prêtre, quelque part, connaît donc la vérité sur l’affaire Fillon. Dommage qu’il soit tenu par le secret de la confession…

Qu’il ait ou non respecté la règle romaine, François Fillon a reçu, bien involontairement, une leçon de morale chrétienne pendant la lecture de l’Evangile. Le père Russel Torpos a lu ce passage de Saint-Mathieu, édifiant en diable : «Accorde-toi vite avec ton adversaire pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge et qu’on ne te jette en prison. Amen je te le dis, tu ne t’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.» Puis celui-ci : «Si tu commets une faute, même si tu n’en as pas conscience, tu es responsable…» Au huitième rang des fidèles, le candidat n’a pas bronché…

On ne le répétera jamais assez : il a grand tort. Dans le Journal du Dimanche, (avant ou après la messe ?), il annonce que son retrait ouvrirait «une crise de régime» car «cela aboutirait à priver un courant de pensée, qui est majoritaire en France, de candidat crédible». Les autres leaders de la droite apprécieront : aucun d’eux, selon Fillon n’est «crédible».

Encore l’Evangile : il s’agit d’un péché d’orgueil. Car la «crise de régime», en fait, est déjà là. On sait que les juges, au vu des éléments rassemblés, ne peuvent pas classer le dossier sans suites. Ils ouvriront une information judiciaire, ce qui pourrait déboucher sur une mise en examen en pleine fin de campagne (c’est peu probable). Ou bien ils gèleront toute décision, ce qui laissera le doute perdurer. Ou enfin ils choisiront de renvoyer le prévenu directement devant le tribunal correctionnel, ce qui sous-entendrait qu’ils ont accumulé des charges crédibles contre le couple Fillon : encore pire. Le retrait rapide du candidat est la seule solution honorable, dans l’intérêt même de la droite républicaine. Une fois le choc passé, il faudrait bien trouver un champion. Personne ne peut croire qu’aucun chef de file LR n’est en mesure de se porter candidat. Alain Juppé, tout à fait «crédible», pourrait se faire violenc e. Ou bien laisser la place à un espoir LR. Dans ce domaine, ce n’est pas le vide qui menace la droite mais plutôt le trop-plein. Après tout, les électeurs de droite sont toujours là. S’ils ont un candidat, ils voteront…

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jeudi 9 février 2017

C’était hier – Texte de Laurent Joffrin (Libération)

La tunique de Nessus des emplois supposés fictifs étreint toujours Fillon. Dans trois sondages, il est éliminé du second tour. Quant à son affaire judiciaire, elle a peu de chances de déboucher rapidement. Au Palais de Justice, on est convaincu que le dossier ne sera pas classé. Il y aura information judiciaire et peut-être, bien pire, un renvoi direct en correctionnelle. La casserole est bien accrochée. Il doit aussi répondre à des questions gênantes sur sa société de conseil. Evidemment, la présence d’Axa et de Marc Ladreit de Lacharrière parmi ses clients assombrit quelque peu le tableau. Là encore, rien d’illégal sans doute. Mais des liaisons insistantes et dangereuses.

Devant une phalange d’éditorialistes, Fillon se plaint de la presse «à 90% contre lui». Toujours la théorie du complot… C’est pourtant à droite qu’on trouve les contempteurs les plus durs. Dernier en date, Nicolas Dupont-Aignan, qui parle d’un «conflit d’intérêts monstrueux (sic)» entre le candidat LR et la compagnie Axa. Le complot s’étend.

Telle une salamandre, Marine Le Pen continue à échapper à toute sanction politique en dépit de son affaire d’emplois tout aussi supposés fictifs que ceux de François Fillon. Le feu ne la touche pas. Pour combien de temps ?

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lundi 30 janvier 2017

La une de Libération de demain matin (mardi)

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samedi 21 janvier 2017

Journal Libération - Donald Trump

Le nouveau chef de l’Etat a été investi vendredi. Son allocution a sanctuarisé un pays profondément divisé entre ses partisans et ses opposants venus dans la capitale.

Donald Trump, un président et deux Amérique à Washington

Washington a vécu ce vendredi l’intronisation du 45e président des Etats-Unis (Potus). «Tout commence aujourd’hui !» avait lancé le magnat de l’immobilier dès le lever du jour sur Twitter. Sur fond de protestation et de sécurité XXL, quelques centaines de milliers de personnes ont rallié la capitale pour suivre l’immuable protocole : église, thé à la Maison Blanche, prestation de serment, speech inaugural de Donald Trump. Retour sur le D-Day du président le plus imprévisible jamais parvenu à la tête de la première puissance mondiale.

«Etre ingouvernable»

Ils sont une centaine, réunis devant le quartier général de la police de Washington. Il est 7 h 30. Point de départ d’une journée «de manifestations et d’interruptions», dit Janaya Khan, venue de Californie. «Aujourd’hui, ce qui compte, c’est de marquer notre dissidence. Ils ne pourront pas dire que Trump est arrivé au pouvoir et que tout le monde était OK avec ça. Ils ne pourront pas dire qu’aujourd’hui était un jour de célébration», lance-t-elle, debout devant une grande banderole «Black Lives Matter». Et la militante afro-américaine de dénoncer un système électoral «obsolète», et de rappeler que Trump a perdu le vote populaire par 2,8 millions de voix. «Aujourd’hui peut être le premier jour où nous décidons d’être ingouvernables. Cela veut dire résister par tous les moyens», ajoute-t-elle. Dans la petite foule, A’idah Defilippo porte une pancarte «Femme musulmane, impénitente». A 18 ans, celle qui a grandi à New York et étudie désormais l’arabe à Washington dit n’avoir pas dormi de la nuit. Elle estime Trump légitime, ce qui ne l’empêchera pas de «résister». «Certains aspects de mon identité ne font pas partie de ceux que Trump est prêt à protéger», dit-elle, en référence à sa religion.

«Une belle journée»

Peu avant 8 heures, le long de D Street, le flot de partisans de Trump est ininterrompu. Sur leur chemin, ils croisent des grappes de manifestants, dont certains en tenue orange de prisonniers qui réclament la fermeture de Guantánamo. Un groupe compact a pris position sur la rue pour tenter de bloquer l’accès à la Blue Gate. Les pro-Trump se frayent un chemin au compte-gouttes. Quelques insultes fusent, mais nul débordement. Soudain, la police du Capitole charge. La foule recule en criant «shame, shame, shame» («honte»). «C’est une manifestation pacifique, il n’y a même pas eu de sommation», se plaint une jeune militante. Ben, bonnet «Trump président» sur la tête, observe le manège avec dédain. «Personne n’a fait ça lors de l’investiture d’Obama en 2009, et pourtant Dieu sait qu’on le détestait, dit ce père de famille, venu du Maryland avec son fils de 16 ans. Trump est élu, il faut qu’ils arrêtent leurs foutaises.» Ce qu’il attend du nouveau président ? «Mon top 3 : abroger tous les décrets exécutifs d’Obama, commencer la construction du mur avec le Mexique et expulser les criminels illégaux.» Il se dit «confiant» que Trump, grâce à «ses talents de communicant», parviendra à «unifier» le pays. «C’est une belle journée, conclut-il sous quelques gouttes de pluie. A partir d’aujourd’hui et pour les huit prochaines années, nous reprenons notre pays.» Sur sa veste, près du cœur, il a accroché un badge «Réélisez Trump en 2020».

The Future is feminist

Tout autour du Mall, où Trump va prêter serment, différents groupes d’opposants, coordonnés au sein de Disrupt J20 («Perturbons le 20 janvier») tentent d’empêcher les gens d’entrer. Ou, du moins, de leur faire passer un message. Ici des antifas, là Black Lives Matter, Climate Justice un peu plus loin… Au croisement de la 10e rue et E Street, c’est «The Future is feminist» qui mène la charge. Ils accueillent les participants à la cérémonie d’investiture aux cris de «No Trump ! No KKK ! No fascist USA !» («Ni Trump, Ni Ku Klux Klan, ni une Amérique fasciste»). Quelques «Go home !» («Rentrez chez vous !») fusent en réponse. On se bouscule, la situation s’envenime - les policiers américains ont la gâchette du pepper spray (poivre) facile. «Je crois qu’un misogyne, xénophobe, raciste, islamophobe n’a pas sa place à la Maison Blanche, et n’est pas capable de diriger le pays, lâche Sandura. Il a insulté les femmes, promu le harcèlement sexuel.» «Donald Trump, go away, racist, sexist, anti-gay», reprend une manifestante au mégaphone.

A côté d’elle, Joseph, 28 ans, porte une pancarte représentant Trump en marionnette de Vladimir Poutine. Lui veut «protester contre l’élection d’un raciste, qui n’a que ses propres intérêts en tête et pas ceux du peuple américain». Il regarde, atterré, la file de supporteurs en bandanas, tee-shirts à l’effigie de Trump ou casquettes «Make America Great Again», qui s’allonge devant le check-point. «Trump leur a dit exactement ce qu’ils voulaient entendre…»

Sous les «shame !» des manifestants, le bruit des sirènes de police et des hélicoptères, les pro-Trump parviennent à passer les intenses contrôles de sécurité - ouverture des sacs, palpations, portiques… L’attente est longue. «Vous êtes pour ou contre ?» demande, un peu provocateur, un quinquagénaire à une jeune fille arborant un tee-shirt «American feminist». «Franchement, ces manifestations, c’est une perte de temps, lâche Tim, 22 ans, qui en est à son 6e événement Trump. En plus, elles ont toujours l’air beaucoup plus importantes à la télé qu’en vrai.» Il est venu de Pittsburgh, en Pennsylvanie - un Etat qui a voté à 48,2 % pour Trump et lui a donné 20 grands électeurs - dans un bus affrété par une organisation républicaine. «On est partis à deux heures du matin, on était une cinquantaine dans le bus, c’était marrant, raconte cet étudiant en comptabilité. Ce que j’aime vraiment avec Trump, c’est qu’il est un stéréotype d’Américain. C’est un homme du peuple, il parle notre langue, il ne fait pas partie de l’élite et d’ailleurs le parti ne l’a pas soutenu au début.»

«C’est un cow-boy»

Les services secrets ont bloqué tous les passages en direction du Mall. Deborah, 64 ans, porte un gros badge «Trump President». «C’est un nouveau départ pour notre pays, se réjouit cette fonctionnaire du Département d’Etat. Je n’étais pas satisfaite par l’administration sortante : ni de la volonté de contrôler les armes, ni des régulations de l’EPA, l’agence pour l’environnement. D’accord, le réchauffement, c’est important, mais ce n’est pas la priorité. Il faut qu’on soit ferme sur l’immigration. Regardez dans quel état est l’Europe d’avoir ouvert les bras aux réfugiés !» Au loin, on entend les manifestants, qui continuent à bloquer les entrées. Le pays n’est-il pas plus divisé que jamais ? «On était déjà très divisés ces huit dernières années, dit-elle. On sera capable de se rassembler.» Sa personnalité, aussi, a séduit Deborah : «C’est un "wow-man", un cow-boy. Ça fait du bien, dans un monde si politiquement correct.» Michael, Pat et deux de leurs amis sont venus en voiture depuis le Michigan avec leurs drapeaux américains. «Cette investiture, c’est l’événement d’une vie, s’enthousiasme Michael, qui possède une usine qui fabrique des machines d’assemblage pour l’industrie automobile. Nous devons créer des emplois chez nous, pas en Chine ou au Mexique.» «On a besoin de quelqu’un qui soutient les valeurs de la classe moyenne américaine, enchaîne Pat, 64 ans. Je viens d’une famille de fermiers, et pour nous, le plus important, c’est de travailler dur, d’avoir une morale, être honnête. Trump est un homme d’affaires, il est très intelligent. Il va encourager nos soldats, nos policiers, et il va construire le mur.»

«Je suis très inquiet»

Sur le Mall, face au Capitole, la foule se disperse rapidement après l’hymne national, chanté par la jeune Jackie Evancho, finaliste du télé-crochet America’s Got Talent. Le premier discours de président investi de Donald Trump, retransmis sur des écrans géants tout au long de la pelouse, résonne encore dans les oreilles de Sharon, la cinquantaine, qui habite dans le Maryland. «On est plein d’espoir, s’enthousiasme-t-elle. La façon qu’il a de soutenir l’armée, la police, c’est très important. Il se bat vraiment pour les gens. Son discours était très direct, et nous nous en avons marre d’entendre des politiciens. Je préfère quelqu’un qui fait des choses, plutôt que quelqu’un qui parle poliment.» John, lui, est venu en famille, avec ses quatre enfants, depuis New York. «Ça a vraiment été un super bon discours, se félicite-t-il. J’aime son honnêteté, sa dureté envers le terrorisme islamique ou l’establishment de Washington. Il n’a pas besoin de fioritures, il va droit au but.» Avec son panneau «Save Healthcare», Keith, un instituteur à la retraite de Chicago, se sent bien seul. «Cela dit, je suis surpris de l’absence d’agressivité des supporteurs de Trump à mon égard», sourit-il. Il a, lui, peu goûté la prose du 45e président des Etats-Unis. «On avait vraiment l’impression qu’il était toujours en campagne… Il dit "je vais faire ci, je vais faire ça", comme s’il suffisait de le dire pour que ça change ! Je suis très inquiet pour les années qui viennent. Pour nos assurances santé, pour l’éducation… Oh man, Obama va vraiment me manquer.»

«LE TEMPS DE L’ACTION EST VENU !»

Le premier discours de Donald Trump en tant que 45e président des Etats-Unis reste dans la droite ligne de ses déclarations de campagne, la posture présidentielle en plus. Il a promis de «reconstruire [le] pays» et de lui redonner «ses rêves», «sa grandeur», «sa richesse», «ses frontières», «sa sécurité». Pour le nouveau président, le pays sera à partir de ce jour dirigé par une seule et même vision : «America first ! America first !» L’Amérique d’abord. Trump a ravivé la ferveur anti-establishment qui l’a portée à la Maison Blanche. «Nous ne transférons pas seulement le pouvoir d’une administration à une autre, mais le pouvoir de Washington D.C. à vous», le peuple. Lui qui a nommé dans son administration plusieurs milliardaires aux conflits d’intérêt tentaculaires. «Le temps des discours vides est fini, le temps de l’action est venu !» Sur le plan international, Trump a promis d’«éradiquer complètement de la surface de la Terre» le terrorisme islamique. Le Président a aussi essayé d’appeler à l’unité du pays. «Quand l’Amérique est unie, elle est impossible à arrêter, a-t-il déclaré. Que l’on soit noir, métisse ou blanc, nous avons le même sang rouge de patriote dans les veines.» Ce discours restera pourtant comme le moins rassembleur de l’histoire des Etats-Unis. Les Américains se souviennent de Franklin Roosevelt qui a, lors de son investiture en 1933, avait uni le peuple américain avec cette phrase : «La seule chose dont nous devons avoir peur, c’est la peur elle-même.»

Isabelle Hanne à Washington , Frédéric Autran à Washington - Libération

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lundi 16 janvier 2017

La lettre de campagne de Laurent Joffrin

Primaire : les deux gauches

Les choses sont de plus en plus claires : malgré la multiplicité des candidats, il y a bien deux gauches qui s’affrontent dans la primaire socialiste. Celle de Matignon et celle de Frangy. Manuel Valls incarne la première, jouant la crédibilité, l’expérience et la prudence coupante de ceux qui se font fort de gouverner, c’est-à-dire de choisir, quitte à laisser le rêve au vestiaire.

Hamon en premier lieu, Montebourg ensuite, incarnent celle de Frangy, quand ils furent tous deux débarqués du gouvernement Valls pour divergence publique. Cette gauche-là veut des projets audacieux, des ruptures, des envolées, quitte à franchir, ici et là, la frontière du possible. La première aime le pouvoir, quitte à y sacrifier le socialisme. La deuxième aime le socialisme, quitte à ne jamais arriver au pouvoir. La première sans la deuxième est infidèle. La seconde sans la première est impuissante. Sur un mode plus affirmé, Macron et Mélenchon, comme dans une extension sur les deux ailes, vont plus loin dans chacune des deux logiques. Tout l’art politique, dans ces circonstances, consiste à réunir ces deux sensibilités. Vincent Peillon tient ce discours. On ne l’écoute pas encore, mais son idée chemine. La gauche française n’a jamais gagné sans concilier les inconciliables. C’est en mariant l’eau et le feu que Mitterrand, Jospin ou Holl ande sont arrivés au pouvoir. Quel qu’il soit, le vainqueur de la primaire devra endosser le costume de ses prédécesseurs. A moins de considérer que l’élection est déjà perdue et de donner tout de suite à François Fillon son billet pour l’Elysée.

C’était aussi hier

• Le débat des primaires de la «Belle Alliance populaire» a attiré 1,470 million de spectateurs, soit moitié moins que le premier. Mais on avait vu l’audience de la primaire de la droite subir la même baisse de moitié lors du deuxième débat sur les chaînes d’information continue, dont la puissance est moindre. En fait, l’intérêt pour cette compétition reste au même niveau.

• Filoche soutiendra Montebourg dans la primaire. Un atout ?

• Marine Le Pen a confirmé qu’elle introduirait, si elle est élue, un «délai de carence» pour que les immigrés en situation régulière puissent bénéficier d’aide sociale ou d’éducation gratuite pour leurs enfants. Mesures parfaitement discriminatoires : les immigrés en situation régulière cotisent comme les autres et paient les mêmes impôts ; mais ils n’auront pas les mêmes droits.

• Samedi, François Fillon a rappelé l’impératif d’unité qui échoit aux leaders de la droite. C’est bien que le problème se pose, en tout cas avec les sarkozystes. Il a aussi déclaré que son projet serait le même mais qu’il sera «enrichi». Il sera donc modifié.

LAURENT JOFFRIN

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vendredi 13 janvier 2017

La lettre de campagne de Laurent Joffrin

 

Débat de la primaire : ils bougent encore

Sans idées, la gauche ? Sans conviction, la gauche ? Morte, la gauche ? Pas tout à fait. On sait l’exercice difficile : des temps de parole courts, des échanges réduits, des figures imposées. La dose d’ennui est pratiquement obligatoire. Mais ceux qui se plaignent se plaindraient aussi d’une primaire-spectacle…

Dans cette circonstance, le premier débat de «la belle alliance» a rempli son office. Bennahmias a crevé l’écran en Bourvil candidat ; Rugy et Pinel ont été clairs et nets ; Montebourg un peu en dessous ; Peillon un peu trop au-dessus ; Hamon et Valls, enfin, les deux petits bruns nerveux, ont incarné avec flamme deux gauches bien découpées.

Sur le fond, personne ne peut se plaindre, ni d’un consensus mou, ni d’une division excessive. Selon qu’on croit à la société du travail ou à celle de la vie choisie, on adhérera ou non au projet de revenu universel, l’idée neuve du moment, qui dessine une utopie concrète pour les progressistes. On approuvera ou non le réalisme – et la crédibilité – de Valls, mâtinées de social, que rejoignent Pinel et Rugy dans la défense du bilan Hollande. On peut préférer la relance keynésienne et patriote de Montebourg, ou la synthèse républicaine de Peillon. Bref, on peut choisir sa gauche, plus ou moins réaliste, plus ou moins audacieuse.

Une gauche, en tout cas, qui n’est pas de droite – on mesure la distance avec Fillon - et qui se distingue du flou macronien ou de l’emphase mélenchonienne. Une gauche qui reconnaît ses erreurs, celles de Hollande, mais qui peut encore gouverner… 

C’était aussi hier

• Un spectre hante la rue de Solférino : celui de la disparition. Dans Paris Match, une enquête Ifop-Fiducial prédit l’élimination du candidat socialiste au premier tour, de très loin (10% pour Valls, le moins mal placé des sept, contre 12% pour Mélenchon et 17% pour Macron).

• Les sondages d’avant-primaire sont très fragiles. Mais si la tendance demeure, Macron récupérera l’argument du vote utile : ce n’est plus son retrait qui pourrait empêcher Fillon de gagner, mais celui du candidat socialiste…

• Quant à Mélenchon, qui a annoncé hier qu’il avait désormais plus de 500 signatures et qui lance le premier meeting «holographique» de l’histoire, il ne serait pas fâché d’incarner la gauche en face de l’horrible candidat social-libéral Macron.

• Exit le PS ? Il reste trois semaines pour l’opération survie.

LAURENT JOFFRIN

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