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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mercredi 3 janvier 2018

Iran : Dieu sur la sellette

Il est une leçon éclatante de la crise iranienne qu’on ne tire guère, mais qui se voit pourtant comme le turban sur la tête d’un mollah : les ravages qu’exerce la religion dès qu’on la mélange avec la politique. On parle souvent de l’Iran en enfilant les perles : «un grand pays», «héritier d’une civilisation plusieurs fois millénaire», «acteur incontournable de la région», etc., toutes choses vraies qui ne nous apprennent rien sur la situation du pays. L’Iran d’aujourd’hui est d’abord une théocratie. Ce pays de culture et de créativité vit sous la férule de religieux obscurantistes qui maintiennent la société dans les rets d’une dictature minutieuse. Les mollahs contrôlent non seulement l’Etat, les finances, l’armée, mais aussi la presse, les écrans, la vie quotidienne et même les tenues vestimentaires. Le jeu politique se limite à l’affrontement des factions chiites, dont certaines sont plus ouvertes que d’autres, mais qui se rejoignent pour conserver les bases du régime existant.

Les protestations en cours, d’apparence économique ou sociale, visent en fait le cœur du système. On conteste les dépenses occasionnées par une politique étrangère fondée sur le soutien permanent aux alliés religieusement proches, le Hezbollah, ou bien le pouvoir alaouite en Syrie. On met en cause les subventions massives accordées aux associations religieuses. On s’indigne de la gestion désastreuse des «banques islamiques». On dénonce la corruption de l’establishment religieux qui détourne à grands seaux l’argent public au profit d’une mince couche de dignitaires. Au sommet de l’appareil répressif, les «gardiens de la révolution», troupe d’élite héritière du khomeinisme pur et dur, restent les principaux garants de la dictature, soucieux avant tout de réprimer toute aspiration populaire à un peu plus de liberté.

Cet impérialisme du spirituel est un mal du siècle qui commence. On le retrouve évidemment dans les monarchies du golfe, tout aussi totalitaires, ou dans la folle entreprise terroriste des minorités islamistes. Mais aussi, sous une forme heureusement plus bénigne, dans certaines démocraties. L’alliance de Trump avec la faction évangélique aggrave sa politique. L’influence politique des religieux en Israël bloque tout espoir de paix avec les Palestiniens. Le pouvoir de l’orthodoxie en Grèce ralentit les réformes sociales et conforte en Russie la démocrature poutinienne. Bref, Dieu, personne privée, se mêle de plus en plus de ce qui ne le regarde pas, à savoir l’organisation de la cité. La sécularisme dans les régimes de droit, ou la laïcité en France, reste l’un des biens les plus précieux pour tous ceux qui sont attachés à la liberté. Laurent Joffrin - Libération

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samedi 30 décembre 2017

Avec Macron, la com coule à flot pendant les fêtes

communi

Delahousse et Macron en «interview-balade» à l’Elysée, le 17 décembre. Photo AFP

Conversation avec Hanouna en direct sur C8 pour son anniversaire, interview complaisante avec «Konbini» à Niamey, réaction sur le contrôle accru des chômeurs depuis ses vacances au ski… Alors qu’il avait théorisé, avant et après son élection, une parole rare et digne, le chef de l’Etat a multiplié les interventions anecdotiques ces derniers jours.

 Avec Macron, la com coule à flot pendant les fêtes

Parler peu, parler juste, parler d’en haut : posée avant même l’élection d’Emmanuel Macron, cette triple règle devait régir la communication présidentielle. Et la distinguer des bavardages hollandais, odieux à l’ex-ministre et à ses proches. Parler peu, pour ne pas devenir banal ; parler des choses importantes, pour ne pas être trivial ; parler dignement, pour maintenir l’éclat de la fonction. Sept mois après le début du quinquennat, la presse commençait à prendre la mesure de cet engagement, les coulisses du pouvoir se révélant moins accueillantes à ses chroniqueurs - donc moins transparentes pour le public. Mais à la veille des premiers vœux du nouveau président, quelque chose aurait-il changé ?

Le 17 décembre, Macron donnait à France 2, et à Laurent Delahousse, un entretien déambulatoire dans les salons de l’Elysée. Le 20, on l’entendait répondre en direct à un appel de Cyril Hanouna, l’animateur de Touche pas à mon poste sur C8. Le 24, on cliquait sur l’interview vidéo offerte au site d’info-divertissement Konbini. Le 27, sortait un long entretien accordé au quotidien espagnol El Mundo, qui a fait du Français son «homme de l’année». Le même jour, surpris par LCI dans les rues de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), le vacancier Macron défend face caméra un renforcement du contrôle des chômeurs. Ce samedi, il signera, sous l’œil des caméras, trois lois récemment votées, et notamment la loi de finance 2018. Le 31, enfin, il sacrifiera à la traditionnelle allocution de fin d’année, selon un format dont son équipe garde encore le secret. Un programme aussi chargé que la table du réveillon ; un savant dosage de «vieux» et de «nouveaux» médias : d’abord partisan d’une rareté cultivée, le chef de l’Etat semble converti à l’opportunisme médiatique.

Papotage courtois

Et ce refus revendiqué de l’anecdote, que devient-il ? La promenade du 17, avec l’aimable Delahousse, mêlait aux sujets régaliens un papotage courtois sur le sommeil du Président et le mobilier du palais. Pour Konbini, Macron n’a pas flanché face à d’aussi décisives questions que : «Votre bonne résolution pour 2018 ?» ou «Le moment le plus fort de votre année ?» Quant au coup de fil de Cyril Hanouna, l’objet en est tout simplement l’anniversaire présidentiel : «Ma Marilyn à moi, c’est Brigitte», confie, via haut-parleurs, le quasi-quadragénaire, sous les rires et les applaudissements d’un public entraîné par les chauffeurs de salle. De ces péripéties, la verticalité présidentielle sort boiteuse : imagine-t-on le général de Gaulle… ?

Ces écarts à la stratégie initiale ne bouleversent heureusement ni le confort ni les intérêts du chef de l’Etat. «La jeunesse vous suit et vous écoute», a conclu Macron à l’attention de Hanouna, donnant la clé d’une opération planifiée, selon le Canard enchaîné, par le conseiller présidentiel Ismaël Emelien. Trois jours plus tôt, l’interview à France 2 s’inscrivait dans un format coproduit par la chaîne et l’Elysée - d’ailleurs chamboulé au dernier moment pour en faire passer la durée de dix à quarante minutes. Il faut croire que le maître des lieux n’y voyait pas grand risque… Quant à la séquence LCI, rien n’obligeait le Président à répondre aux questions sur le contrôle des chômeurs. Sauf l’imperdable occasion de rappeler qu’il tient, lui, ses promesses. Un trait devenu, selon les sondeurs, son principal actif auprès de l’opinion. Pourquoi se priver ?

Rien de cela n’implique pour autant que Macron ait changé de sentiments vis-à-vis des journalistes. Paradoxe : l’ex-«candidat des médias», ou réputé tel, a régulièrement critiqué le narcissisme et la mesquinerie de ces derniers. Intervenir dans des émissions de divertissement, ou privilégier les réseaux sociaux, reste une manière de court-circuiter les circuits traditionnels. Mais les tares de l’ancien monde médiatique ne semblent plus être un obstacle à son utilisation raisonnée par l’Elysée.

«On a tous commis une erreur en parlant de rareté, juge Alexis Lévrier, historien des médias (1). Même chez Jacques Pilhan, ce conseiller de Mitterrand et Chirac qui avait théorisé la chose, il s’agit moins d’être rare que d’imposer soi-même le tempo : la parole peut être réduite ou abondante selon le moment, l’important est que ce soit vous qui en décidiez. Ces derniers temps, chez Macron, la parole n’est spontanée et horizontale qu’en apparence. Ses interventions, parfaitement maîtrisées par l’Elysée, reflètent en réalité une vassalisation des médias. Le Président devrait d’ailleurs se méfier : ce genre de mises en scène le rapproche de Valéry Giscard d’Estaing. Ce sont des images qui peuvent jaunir vite.»

Déférence

Pour l’heure, ce changement de style ne nuit pas à un Macron en plein rebond sondagier. Il entraîne en revanche certains remous parmi les médias eux-mêmes. Sur les derniers entretiens présidentiels, deux, celui de France 2 et celui de Konbini, ont été très critiqués pour leur déférence envers le chef de l’Etat. D’autant que le premier impliquait le service public, objet de sévères critiques de la part de l’exécutif, et que le second a été réalisé par une ancienne communicante socialiste. Comme l’a révélé Arrêt sur images, celle-ci cumule désormais les postes de rédactrice en chef et de directrice de la communication. De quoi relativiser l’écart entre «vieux médias» conformistes et «nouvelle garde» impertinente…

C’est plus discrètement, enfin, qu’est parue, cette semaine, une autre curiosité : ce portrait du Premier ministre, Edouard Philippe, dans l’Obs confié à… Gilles Boyer, ami et conseiller politique de celui-ci. Idée «périlleuse», admet l’hebdo. Il est vrai que l’auteur s’y livre - comment résister ? - à un long panégyrique de son employeur. «Le pouvoir cherche à imposer un rapport de forces aux médias, et il faut dire qu’il y parvient admirablement pour le moment, conclut Alexis Lévrier. C’est à la presse elle-même de ne pas accepter ce rapport de domination.» Source : LIBERATION

(1)   Auteur de le Contact et la Distance, éd. Les Petits Matins, 192 pp., 16 €.

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jeudi 21 décembre 2017

Liberté de la Presse

 

"Le torse ensanglanté et lardé de onze impacts de balles en caoutchouc du photographe Pablo Piovano est devenu le symbole d'une agressivité nouvelle des forces de l'ordre envers les journalistes." De la militarisation de la police à la violation des droits constitutionnels en passant par la répression des journalistes, le gouvernement argentin porte atteinte aux libertés individuelles en toute connaissance de cause. Une tribune à lire sur liberation.fr Photo : lors de la manifestation du jeudi 14 décembre, à Buenos Aires. Soledad Quiroga #BuenosAires #Argentina



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mercredi 6 décembre 2017

Libération

Couverture de Libération ce mercredi par Raymond Depardon. Alors que le cineaste Raymond Depardon vient de sortir son documentaire 12 jours, actuellement en salle, le photographe est en une de Libération avec cette image prise à Versailles en 1967. " J'ai photographié plusieurs fois Johnny. J'ai eu l'occasion de le photographier dans sa chambre de bonne vers Pigalle. Il était timide, bourru et taiseux. Et moi, j'étais encore plus timide que lui. Tous les deux, on a un an d'écart. Il a posé avec sa guitare. Puis, on a fait des photos dans sa Triumph blanche décapotable sur les Champs-Élysées. Moi, je l'ai suivi à scooter. Johnny ne jugeait pas les gens. Les photographes à l'époque n'étaient pas bien habillés et moi, je ressemblais à un fils de paysan avec mes chemises en nylon et une cravate pas fraîche. Par ses silences et sa générosité naturelle, il laissait faire, était coopératif et ne disait jamais non. Dans les années 60, on mettait beaucoup en scène les photos. Avec lui, on n'était pas obligé de justifier une photo, de faire l'article. On travaillait vite, en noir et blanc, avec des routines : une photo verticale, une horizontale et un petit coup de flash. Pour la photo en concert en 1967, je n'avais jamais vu cela, quelqu'un qui se mettait torse nu sur scène. Et ce jour là, il y avait ses copains, beaucoup de monde autour de lui et même Vince Taylor. Il ne se déshabillait pas souvent et j'étais là au bon moment. J'ai aussi un gros plan où la sueur ruisselle sur son front. Il se donnait à mort. Un jour, j'ai été boire un verre avec lui car il vous reconnaissait malgré son silence. Lui, avait souffert et moi, je venais du monde paysan. On n'était ni l'un ni l'autre très à l'aise dans ce monde du musichall. Mais on était tous les deux passionnés." Recueilli par Clémentine Mercier. #johnnyhallyday #hallyday #Johnny #frenchelvis @rdepardon © Raymond Depardon. Magnum photos



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mardi 5 décembre 2017

La lettre politique de Laurent Joffrin : «Jean d'O» une certaine idée de la droite

Ce n’est pas seulement un écrivain qui disparaît avec Jean d’Ormesson, ni un symbole télévisuel de «l’esprit français», selon la formule consacrée. C’est une certaine idée de la droite. Avant de devenir le «Jean d’O» qu’on connaît, aimable, ouvert, élégamment conservateur, il fut un combattant.

Directeur du Figaro, protagoniste d’innombrables débats, cette aristocrate pacifique sabrait comme un colonel d’Empire. Il sabrait la gauche, le PCF, Mitterrand, le Programme commun, le socialisme, bref, tout ce que ses lecteurs, autant que les excellences qu’il recevait à dîner ou dans ses demeures historiques, à Neuilly ou à Saint-Florent, détestaient.

Puis, avec le temps, menant sa carrière d’écrivain cathodique promu dans la Pléiade, il avait arrondi sa manière et enrobé d’humour ses idées. Toujours bretteur de la main droite, gaulliste fidèle, sarkozien ironique, plaisantant avec Hollande, il avait troqué le sabre pour le fleuret. Il incarnait une droite aimable, libérale, adonnée d’abord à la littérature, regardant le jeu politique en spectateur de plus en plus distancié, professant, un peu à la manière de son maître, Chateaubriand, un aristocratisme attaché aux libertés et à une certaine mesure, légitimiste mais tolérant.

La droite d’hier, peut-être. Pas celle d’aujourd’hui, en tout cas. Quoique normalien, Laurent Wauquiez est son exact contraire, Rastignac identitaire et cogneur, adepte du «gros rouge qui tache» autant que d’Ormesson préférait, au propre et au figuré, la coupe de champagne. Ne parlons pas de Marine Le Pen qu’il aurait à coup sûr laissée à la porte du parc. Avec lui s’efface donc une certaine idée du conservatisme, sans doute surannée, mais républicaine autant que bourgeoise. Après les élégants cavaliers, vient le temps des bourrins. Peut-être Jean d’Ormesson, somme toute, a-t-il préféré s’éloigner…

LAURENT JOFFRIN

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mercredi 22 novembre 2017

La lettre politique de Laurent Joffrin : Emmanuel Bonaparte

Joue-la comme le Premier consul. Décidément, parmi toutes les références historiques qu’on cherche à imputer au président de la République – De Gaulle, Giscard, Jeanne d’Arc, Clemenceau ou Mendès – une figure tutélaire s’impose : celle de Bonaparte. Un caractère impérieux, aux limites de l’autoritarisme, une énergie juvénile, un goût du management expéditif, un activisme législatif et réformateur d’homme pressé : les premiers mois du parcours macronien rappellent irrésistiblement, mutatis mutandis, ceux du jeune consul qui s’est emparé du pouvoir après le 18 Brumaire. Cela se voit jusque dans les détails anecdotiques. Comme Bonaparte, Macron dort peu, travaille sans cesse, s’exprime d’une voix flûtée et coupante, décide de tout et notamment de la désignation du chef de son pa rti, Christophe Castaner, ratifiée à la hussarde par l’assemblée des grognards et des marie-louise d’En marche (autre référence : Bonaparte et son armée gagnaient les batailles en marchant…). Il pousse même la ressemblance jusqu’à vivre avec une épouse plus âgée que lui, comme le jeune général, avant de partir en Italie, avait épousé Joséphine, de plusieurs années son aînée, à la grande surprise de ses contemporains et même de l’intéressée.

Sur le fond, surtout, les points communs se multiplient. Bonaparte gouvernait au centre («ni talon rouge, ni bonnet rouge», c’est-à-dire ni jacobin ni aristocrate), imposait ses arbitrages au forceps («il faut imposer au peuple, disait-il, le gouvernement qu’il souhaite»), mettant en œuvre une politique du juste milieu appuyée sur le long travail préparatoire effectué par des commis de haute volée sous le Directoire (Roederer, Talleyrand, Cambacérès…). Emmanuel Macron cherche lui aussi le point d’équilibre entre étatisme et libéralisme, en s’appuyant sur les multiples travaux technocratiques mûris au sein de l’administration ou dans les commissions auxquelles il a participé du temps de Sarkozy et Hollande, notamment sous la houlette de Jacques Attali. Comme Bonaparte, il les fait mettre en œuvre par des techniciens confirmés (Blanquer, Pénicaud, Buzyn, etc.). On peut même arguer que son action internationale, ell e aussi intense et spectaculaire, accompagnée d’une communication efficace, est la transposition pacifique de la gloire européenne acquise par le Premier consul sur les champs de bataille. Le Consulat fut une ère de réforme autoritaire mais souvent avisée, dont beaucoup de réalisations ont survécu plus de deux siècles, jusqu’à aujourd’hui. On voit mal Macron rééditer cet exploit historique. Parlera-t-on des «cars Macron» dans deux siècles ?

Mais qui peut nier qu’il y a là un parfum de bonapartisme ? On lira à cet égard le bon petit livre de Jean-Dominique Merchet, longtemps journaliste à Libération et spécialiste reconnu des questions militaires, Macron Bonaparte (Stock). Le Consulat menait à l’Empire. Fort heureusement, la Constitution interdit qu’il en soit ainsi dans les années qui viennent. Mais l’installation d’un pouvoir, sans partage ou presque, autour du jeune président pourrait y faire penser. Les républicains doivent donc exercer une vigilance constante, quand bien même, ou surtout si, l’entreprise était couronnée de succès. Dans son fameux dictionnaire, Pierre Larousse, républicain de forte conviction, avait résumé de manière lapidaire la césure entre le général de la Révolution et l’Empereur despotique qui régna dix ans sur la France, en rédigeant ainsi l’article «Bonaparte» : «Général français, né à Ajaccio en 1769, mort le 18 B rumaire 1799 au château de Saint-Cloud.» Prudence, donc…

Laurent Joffrin - Libération

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mardi 31 octobre 2017

La lettre politique de Laurent Joffrin - Catalogne : qui veut vraiment l'indépendance ?

Les indépendantistes catalans sont-ils des gens sérieux ou bien la coiffure de Carles Puigdemont, le Ringo Starr de Barcelone, cache-t-elle un esprit encore plus fantasque et primesautier que celui du batteur de Liverpool ? Entre indépendance annoncée puis suspendue, réannoncée et encore remise à plus tard, élections prévues et non proclamées, sinon par le gouvernement de Madrid qui a eu la sagesse de s’en remettre aux urnes, la cause de l’indépendance catalane n’a guère été grandie par la dernière séquence. Il faut dire qu’elle se heurte à de solides réalités. Il apparaît de plus en plus nettement que la moitié au moins des habitants de la région veulent rester d ans le giron espagnol. Le dernier sondage montre même que l’indépendance reste légèrement minoritaire, comme l’ont été les partis indépendantistes dans le dernier scrutin régional. Ils doivent leur succès, non à une victoire numérique mais au jeu des règles de représentation. Victoire légale, bien sûr, mais qui ne traduisait certainement pas une poussée unanime à la séparation. Quant aux promesses indépendantistes – pas de fuite des entreprises, une place naturelle en Europe – elles se sont révélées pour ce qu’elles étaient : du flan. Quelque 1 500 entreprises ont déjà annoncé leur volonté de déplacer leur siège social ; aucun gouvernement européen n’est prêt à reconnaître la Catalogne. Le spectre d’une micronation isolée et appauvrie se profile…

Madrid, quoique très raide dans la crise, cherche à éviter la montée aux extrêmes. Les élections annoncées aident à calmer le jeu. La prudence affichée en matière de répression – Puigdemont pourra se présenter au prochain scrutin malgré la procédure judiciaire contre lui – devrait limiter les risques de violence. Pourtant, l’attitude de certains «unionistes» pose problème. Peut-on vouloir l’unité de l’Espagne et désigner comme des ennemis irréductibles, menteurs, irresponsables et vicieux, des élus qui représentent la moitié de la Catalogne ? Un mari qui refuse le divorce peut-il, dans le même temps, se répandre partout en disant pis que pendre de sa femme ? Pour rester ensemble, il faut sinon s’aimer, du moins se respecter. Certains discours madrilènes, tissés de dénigrement et d’hostilité, obtiennent l’effet inverse de celui qui est recherché. Au moment du référendum sur l’indépendance du Québec en 1995, les partis «unionistes» avaient tenu un grand meeting à Montréal pour proclamer «leur amour du Québec». Ils l’avaient ensuite emporté de justesse. Madrid pourrait s’en inspirer. Si l’on défend l’idée d’une «Espagne pour tous», il faut y inclure les Catalans, seraient-ils indépendantistes… Laurent Joffrin - Libération

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lundi 30 octobre 2017

La une de Libération de ce matin

libération lundi 30 octobre

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jeudi 19 octobre 2017

La une de Libération de demain matin

 

Danielle Darrieux est morte mardi à 100 ans. Nous lui rendons hommage dans le journal de demain. #danielledarrieux #rip Photo Archives du 7e Art. Photo12



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lundi 16 octobre 2017

La une de Libération ce matin

 

Instagram post by Jacques Snap * Oct 16, 2017 at 12:24am UTC



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