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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

dimanche 17 juin 2018

Paris - Place de l'Hôtel de Ville

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samedi 16 juin 2018

Paris

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Photo : J. Snap

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mercredi 2 mai 2018

Comment les rats sont devenus un problème pour Anne Hidalgo

Ce lundi débutait la campagne de dératisation annuelle de la préfecture de police, alors que la place des rongeurs dans la capitale a pris cette année une tournure très politique.

Du fond de leurs égouts, les rongeurs parisiens sont devenus un véritable caillou dans la chaussure d’Anne Hidalgo, au même titre que les voies sur berge ou les ratés de Vélib. Une petite musique que ses détracteurs fredonnent régulièrement à son oreille. A les écouter, Paris est envahie par les rats sans que la mairie ne s’en émeuve. Et cette question s’est taillée une part de choix dans le débat public. Au conseil municipal, l’opposition fustige la saleté de la capitale, faisant le lien avec la prolifération des rongeurs. «La Ville de Paris s’est laissée complètement déborder, critique Jean-François Legaret, maire Les Républicains (LR) du Ier arrondissement de la capitale. On ne dépense de l’argent que pour élargir les pistes de bus.» Pour l’élu, la mairie n’a pas mis en œuvre les moyens nécessaires. «Il en va des rats comme des autres actions sur la propreté», déplore-t-il auprès de Libération. Début février, au moment de la décrue de la Seine, Florence Berthout, cheffe de file du groupe LR de Paris, proposait – non sans ironie – à la maire «de ne pas noyer le poisson avec la Seine et les rats qui remontent», en présentant le rapport d’une Mission d’information et d’évaluation (MIE) sur la propreté de la ville. Ce lundi débute la campagne de dératisation annuelle 2018 de la préfecture de police, qui durera jusqu'à fin juin.

«Il ne faut pas jouer avec les peurs»

Anne Hidalgo ne nie pas le problème que posent les rats. A plusieurs reprises, l’édile a reconnu qu’ils constituaient un «sujet» et en a pris acte, faisant part dans la foulée de plusieurs mesures pour lutter contre l’invasion décriée. En septembre 2017, la mairie annonçait le déblocage de 1,5 million d’euros consacrés à la dératisation de la capitale. Un budget dédié au déploiement de personnels supplémentaires pour le nettoyage des pavés parisiens et à la mise en place de nouveaux équipements, comme des poubelles de rue dotées d’une plus grande capacité et inaccessibles aux rats, détaillait-elle début février dans les colonnes du Journal du Dimanche. Là où Jean-François Legaret accuse Anne Hidalgo d’être «plus que négligente», Mao Peninou, son adjoint en charge des questions de propreté réplique «ne pas avoir ce sentiment», niant une «sous-évaluation» du problème. Pour lui, «aucun élément objectif ne permet de dire qu’il y a plus de rats, seulement qu’il y a plus de rats en surface qu’auparavant».

Si la problématique est d’une brûlante actualité, elle n’est pas neuve pour autant. Les rats ne se sont pas installés à Paris en même temps qu’Anne Hidalgo à la mairie. Leur présence remonte à la nuit des temps et cristallise les angoisses depuis des lustres. «On ne peut pas dire "Circulez, il n’y a rien à voir !" Mais il ne faut pas jouer avec les peurs», met en garde Anne Souyris, adjointe Europe Ecologie-Les Verts (EE-LV) à la mairie de Paris, chargée des questions de santé publique et des relations avec l’AP-HP. «C’est devenu une question politique car ça influe sur les peurs. Nous à la Ville, on joue notre partition, on prend des mesures», défend-elle auprès de Libération. Mais l’équipe municipale en appelle aussi au civisme des Parisiens. «Il y a la responsabilité de la Ville, qui doit avoir des équipements adéquats, et celles des citoyens, qui est de ne pas les nourrir. C’est aussi une question de contrat social», poursuit l’élue.

Ecosystème parisien

Tant qu’ils ne représentent pas un problème de santé publique, la municipalité se borne à réguler la population de surmulots. Pas question de les éradiquer totalement. Car le rat, partie intégrante de l’écosystème parisien, peut aussi se révéler d’une aide précieuse, assure la mairie. «Ils sont utiles en débouchant la tuyauterie des égouts, on n’a pas d’intérêt à les éliminer totalement», explique Anne Souyris. En une année, un rongeur pourrait engloutir jusqu’à 9 kilos de détritus. Malgré ça, leur présence aux côtés des humains reste une compagnie peu recherchée. Et constitue un gros chantier pour la municipalité. En février, Anne Hidalgo contre-attaquait dans le JDD, soulignant que la présence des rats n’était pas spécifique à Paris et que toutes les grandes villes y étaient confrontées. A l’Hôtel de Ville, Mao Peninou a la conscience tranquille : «Les moyens, nous les avons mis.»

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Photo : J. Snap. Vitrine d'un magasin de dératisation... à Paris

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mardi 1 mai 2018

Paris: La mairie veut se recentrer sur la culture, «outil de réarmement intellectuel»

Au Conseil de Paris, qui débute ce mercredi, un projet de délibération concernant la politique culturelle de la ville, sera soumis au vote…

« Quatre ans après la définition de notre feuille de route, l’essentiel des chantiers a été engagé et de nombreuses réalisations profitent déjà aux Parisiens », note la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui dévoile aujourd’hui ses nouveaux projets et nouvelles priorités en faveur des arts et de la culture à Paris. Un projet de délibération concernant cette politique culturelle de la ville, va être soumis au vote du Conseil de Paris, qui débute ce mercredi.

Nuit Blanche sur le périph’

La maire de Paris promet une communication avec des « perspectives inédites », « apparue comme nécessaire de porter d’ici la fin de cette mandature ». Dans le détail, la ville prévoit notamment une Nuit Blanche qui investira une section du périphérique, des journées portes ouvertes métropolitaines des lieux de création ou encore un appel aux grandes maisons d’enchères à se joindre au Crédit Municipal de Paris et à la ville pour inventer de nouvelles sources de financement pour la création.

Par ailleurs, quatre fabriques culturelles auront été inaugurées d’ici 2020: Les Plateaux sauvages (XXe arrondissement) ouverts en 2017 ; le Grand parquet (XVIIIe arrondissement) porté depuis 2016 par une nouvelle direction ; la Villa Vassilieff (XVe arrondissement) qui a ouvert ses portes en 2016 ; ou encore la rue Watt (XIIIe arrondissement) en 2019 avec l’ouverture d’un lieu de travail dédié au cirque et aux arts de la rue. Enfin, la mairie souhaite devenir « une ville refuge pour les œuvres menacées dans le monde entier ».

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The 2017 Fiac fair opens at Grand Palais with large selection of international galleries .Francoise Nyssen , Minister of Culture visited with the Fiac Director Jennifer Flay . PARIS 18 OCTOBER 2017 — GINIES/SIPA

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lundi 19 mars 2018

Paris - les toits de Paris ce matin

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lundi 12 mars 2018

Paris vu du ballon Generali

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jeudi 22 février 2018

Pollution : Anne Hidalgo n’entend pas rétrocéder les voies sur berge aux automobilistes

Par Stéphane Mandard - Le Monde

La maire de Paris fait appel de la décision du tribunal administratif d’annuler la fermeture de la voie Georges-Pompidou et annonce un nouvel arrêté de piétonnisation.

C’est un sérieux accroc pour Anne Hidalgo et sa politique de restriction de la place de la voiture dans Paris. Le tribunal administratif a annulé, mercredi 21 février, la fermeture à la circulation des voies sur berge rive droite, l’une des mesures les plus emblématiques et aussi les plus contestées de la maire socialiste de la capitale.

Mme Hidalgo a aussitôt annoncé qu’elle faisait appel de cette décision et qu’elle allait pendre un nouvel arrêté de piétonnisation afin de poursuivre « le combat long et difficile » pour améliorer la qualité de l’air. La mairie de Paris avait décidé, en 2016, de transformer la voie sur berge Georges-Pompidou, longue de 3,3 kilomètres sur la rive droite de la Seine, en promenade publique.

Le tribunal a estimé que l’étude d’impact préalable à cette décision comportait « des inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet sur la circulation automobile, les émissions de polluants atmosphériques et les nuisances sonores ».

« L’absence de concertation »

« C’est une première victoire pour tous les usagers de la route parisiens et franciliens dont la mobilité était mise à mal depuis l’entrée en vigueur de cette mesure, qui espèrent maintenant que ces axes de circulation seront très rapidement rouverts », s’est empressé de réagir l’association 40 millions d’automobilistes.

« L’absence de concertation, d’évaluation et de cohérence régionale de ce projet est mise en évidence clairement par le juge », a estimé la région Ile-de-France dont la présidente, Valérie Pécresse (Les Républicains) a toujours reproché à Anne Hidalgo sa « méthode autoritaire » dans la gestion de ce dossier.

La décision du tribunal administratif ne va pas manquer de raviver la bataille politique autour de la place de la voiture dans la capitale. « Le recours qui nous amène aujourd’hui à cette situation a été déposé par la droite parisienne et régionale, a insisté Anne Hidalgo. Pour elle, la circulation automobile est prioritaire sur la santé publique. Pour elle, une autoroute urbaine vaut mieux qu’un parc en cœur de ville. »

Comme elle l’avait fait dans son entretien au Monde pour justifier ses mesures pour réduire la pollution de l’air, la maire de Paris a rappelé que « l’ouverture des rives de la Seine aux piétons et aux cyclistes » (termes soigneusement préférés à « la fermeture à la circulation ») avait été « décidée démocratiquement par les élus parisiens en septembre 2016, avec le soutien de l’Etat [et un feu vert de la préfecture] à l’issue d’un an et demi de concertation » et placé « au cœur de l’élection municipale de 2014 lors de laquelle les Parisiens ont fait le choix d’élire des représentants qui auraient le courage de faire reculer la pollution ».

Pic de pollution intense sur Paris

Dans son rapport final, remis en octobre 2017, Airparif, l’organisme chargé de surveiller la qualité de l’air en Ile-de-France, avait insisté sur le fait que la voie Georges-Pompidou ne représentant que 0,16 % du kilométrage francilien, sa piétonnisation n’avait, sans surprise, pas eu d’incidence globale sur la pollution de fond : « Aucun impact significatif sur l’exposition des populations n’a été mis en évidence à la hausse ou à la baisse. »

Anne Hidalgo n’a pas manqué de souligner que l’annulation de la fermeture des voies est intervenue le jour où un pic de pollution intense a débuté sur Paris et l’Ile-de-France.

« L’épisode actuel est caractérisé par des particules très fines (essentiellement inférieures à 2,5 µm) », précise Airparif. Les PM 2,5 sont particulièrement nocives car elles pénètrent profondément dans l’organisme et sont mises en cause dans l’augmentation du risque d’infarctus et d’accidents vasculaires cérébraux. « D’après leur composition, ajoute Airparif, elles proviennent principalement du trafic et de l’agriculture et sont davantage présentes à proximité des axes routiers avec des concentrations 5 % à 20 % plus élevées. »

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jeudi 1 février 2018

Anne Hidalgo priée de mieux nettoyer Paris

Par Patricia Jolly - Le Monde

Dans un rapport remis jeudi à la maire socialiste, des élus s’inquiètent du manque de moyens pour la propreté.

Anne Hidalgo doit désormais balayer plus méticuleusement devant sa porte. C’est, en substance, la conclusion du rapport de 225 pages qui devrait être remis à la maire socialiste de Paris, jeudi 1er février, par les membres d’une mission d’information et d’évaluation (MIE) réclamée il y a un an par la droite, et intitulé : « La politique parisienne en matière de propreté ».

En tête de l’ordre du jour du prochain Conseil de Paris, du 5 au 7 février, figurent 45 préconisations pour une capitale « enfin propre ». Elles ont été adoptées à l’unanimité par la quinzaine d’élus parisiens de tout bord qui, durant sept mois, ont passé au crible la gestion actuelle de la propreté sous la présidence de Florence Berthout, maire Les Républicains (LR) du 5e arrondissement et présidente du groupe Républicains et Indépendants. Le 5 février, ces pistes de travail seront débattues avant d’être soumises au vote.

« Nous sommes à peu près d’accord sur le constat de défaillance, mais nous ne le serons pas sur le dimensionnement des moyens à déployer pour que cela s’améliore, prédit Florence Berthout. La gauche a considéré pendant des années la propreté comme une exigence bourgeoise et, aujourd’hui, force est de constater que le compte n’y est pas et qu’il faut un plan d’urgence. »

« Moins salir », « mieux nettoyer » et « mieux évaluer et organiser les ressources », tels sont les trois axes de travail fixés par la MIE. Ils se déclinent en une série de propositions suggérant aussi bien de « responsabiliser » les Parisiens en affirmant le principe du « salisseur-payeur », que d’intensifier la répression des comportements inciviques en instaurant la vidéo-verbalisation pour lutter contre les dépôts sauvages, ou de dépénaliser les amendes de propreté afin de permettre à la Ville d’en augmenter le montant, notamment en cas de récidive.

Reconnaître la pénibilité

Il est également question d’adapter le nettoyage aux rythmes de vie des Parisiens en élargissant les horaires d’après-midi et de soirées en fonction de l’utilisation de l’espace public, notamment en été ou le week-end. La MIE avance encore la nécessité de réorganiser les ressources humaines en simplifiant la chaîne managériale tout en assurant une meilleure coordination entre les services de la Ville par l’entremise d’un service.

Cette orientation permettrait de lutter contre l’absentéisme au sein de la direction de la propreté et de l’eau qui s’élève à 13,3 % chez les éboueurs – et jusqu’à 20 % dans les 5e et 6e arrondissements – et de remobiliser les agents en valorisant leur travail et en leur proposant des plans de carrière prenant en compte la pénibilité.

La MIE insiste enfin sur la nécessité d’améliorer les moyens matériels en augmentant le budget dévolu à la mécanisation, en acquérant du matériel « testé par les agents » et respectant la « spécificité géographique » de chaque arrondissement.

La présentation – médiatisée – par Anne Hidalgo, le 23 janvier, d’un échantillon des quelque 170 véhicules de nettoyage flambant neufs et fonctionnant à l’électricité ou au gaz naturel, en renouvellement de la flotte vieillissante d’engins diesel, a laissé Mme Berthout sceptique.

« Il faudra voir à la fin de l’année si toutes les machines promises ont bien été commandées, si elles ont été livrées, et comment elles seront réparties, dit la maire du 5e arrondissement. La lutte contre le réchauffement climatique est une priorité absolue, mais quand on annonce la fin de l’utilisation du diesel pour 2020 puis pour 2024, il faut tirer les conséquences financières que cela impose, ce qui n’a pas été fait. » Et de rappeler que, depuis 2010, le nombre d’aspiratrices de trottoirs a chuté de 275 à 248, soit d’environ 10 %, et qu’un quart du vétuste parc des véhicules de propreté était immobilisé en permanence par des opérations de maintenance ces dernières années.

« Absence d’anticipation »

Dénonçant une « baisse récurrente » des moyens financiers et humains, Mme Berthout décoche une implacable arithmétique : « Depuis 2001, l’espace public parisien a augmenté de près de 30 %, ce qui multiplie les surfaces à nettoyer, et plus de 100 000 personnes supplémentaires y circulent, alors que le budget consacré à la propreté est passé de 149 millions d’euros en 2001 à 133 millions d’euros en 2016, soit une diminution de 11 % en euros constants. »

Et les renforts de 200 agents de propreté entre 2016 et 2017 sont « loin de compenser » les 1 111 emplois du secteur disparus depuis 2001. « Dans le même temps, les effectifs de la Ville ont augmenté de 50 %, ce qui démontre que la propreté n’a pas été une priorité », conclut Mme Berthout, pour qui « la caricature de l’absence d’anticipation de la maire s’illustre dans le grave problème de prolifération des rats dans Paris ».

Le thème de la propreté revient comme une antienne dans la liste des griefs adressés à Mme Hidalgo depuis son arrivée à l’Hôtel de Ville en 2014. Ses adversaires politiques ironisent sur le fait qu’elle a, depuis, soumis pas moins de « trois plans de propreté » au vote du Conseil de Paris. Le 5 février, avant de laisser les groupes politiques faire leurs observations sur les préconisations de la MIE, la maire effectuera une communication pour défendre sa gestion.

Mao Péninou, son adjoint (La République en marche) à la propreté, invoque des « restructurations » de l’administration de la Ville et des questions de « nomenclatures ». Il considère les calculs de la MIE inexacts : « On a davantage d’éboueurs qu’en 2001 mais beaucoup moins d’égoutiers », affirme-t-il.

Corbeilles et PV

Il concède en revanche qu’il y a « trois ou quatre points à gagner » sur le taux d’absentéisme des agents « grâce à la modernisation des outils, à la modification des rythmes de travail et à une meilleure formation de l’encadrement ».

Il reconnaît aussi une « vraie question “rats” » liée à la nourriture disponible dans l’espace public, en dépit de la dotation de 1,5 million d’euros votée en 2017 pour lutter contre leur prolifération. Il promet, d’ici à la fin 2018, le remplacement d’une partie des corbeilles de rue situées sur les quais, dans les parcs et près des marchés alimentaires par des poubelles opaques, fermées et inaccessibles aux rongeurs.

La verbalisation des incivilités semble également porter ses fruits. Environ 110 000 PV à 68 euros ont été dressés en 2017 pour jets de mégots, déjections canines et autres épanchements d’urine – en hausse de 149 % en un an.

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samedi 27 janvier 2018

« Bouquet of Tulips » de Jeff Koons : le monde des arts entre en résistance

Dimanche 21 janvier, un collectif de personnalités de la culture signait sur le site de « Libération » une tribune sans équivoque contre l'installation de « Bouquet of Tulips », la sculpture monumentale « offerte » par Jeff Koons à la Ville de Paris qui doit être bientôt implantée sur la place du Palais de Tokyo à Paris.

« Nous, artistes, responsables politiques, professionnels et amateurs de la scène artistique française, demandons l’abandon de cette initiative. En effet, ce projet est choquant, pour des motifs d’ordre et d’importance divers, dont l’accumulation doit conduire avec sagesse à y renoncer ». Ainsi s’ouvre la tribune parue ce dimanche sur le site www.liberation.fr et dans l’édition papier d’hier, lundi 22 janvier, du journal « Libération ». Co-signé par une trentaine de personnalités du monde de l’art et de la culture, ce texte énonce de manière systématique les raisons pour lesquelles il devient urgent de dire « « Non ! » au « cadeau » de Jeff Koons ». Rappelons que le 22 novembre 2016, la Ville de Paris, en la personne de son maire, Anne Hidalgo, annonçait vouloir doter les rues de la ville d’un nouveau monument : une sculpture en bronze de 12 m de haut réalisée par la star de l’art contemporain Jeff Koons et offerte par l’artiste en témoignage de sa solidarité envers la France après les attentats du Bataclan. Symbole d’amitié et d’optimisme, pendant moderne à la flamme de la Liberté de l’Alma, l’œuvre devait être installée sur la place séparant le Palais de Tokyo du musée d’Art moderne de la Ville dans le courant de l’année 2017… Plus d’un an plus tard, faute de voir se dresser le fameux bouquet de ballons aux couleurs électriques, on avait presque oublié cet encombrant cadeau…

À l’aube de cette année 2018, la tribune de Libération rappelle que l’œuvre est actuellement « en cours de réalisation dans une usine allemande » et devrait être prochainement mise en place ! Face à l’imminence de son installation, une résistance artistico-patrimoniale s’organise, qui entend bien démontrer l’inconséquence d’un tel projet. S’articulant autour de six points distincts, le texte reprend notamment les deux principaux arguments soutenus depuis le début de l’affaire par les détracteurs du projet, à savoir le coût excessif de l’opération (environ 3,5 millions d’euros seraient nécessaires à la construction et à la mise en place de la sculpture) et les contraintes techniques liées à l’érection d’une sculpture de près de 35 tonnes au-dessus des espaces d’expositions du Palais de Tokyo. Le texte met également en avant l’impact architectural et patrimonial du projet sur le site parisien sélectionné, soulignant que ces 12 mètres de bronze polychrome ne manqueraient pas de transformer notre perception du bâtiment, nuisant à l’harmonie de sa colonnade et bloquant la perspective qu’elle ouvre sur les bords de Seine et la Tour Eiffel. Il souligne, parallèlement, le manque de démocratie à l’œuvre dans la conduite de ce projet qui, bien qu’il concerne un « lieu culturellement et historiquement particulièrement prestigieux » de la capitale, a été imposé à ses habitants sans qu’aucun appel à projets n’ait été lancé. Quant au choix du lieu, les signataires dénoncent son inconsistance symbolique, considérant qu’il est « sans aucun rapport avec les tragiques événements invoqués et leur localisation ». De fait, le geste de Jeff Koons serait sans doute plus signifiant si l’œuvre était érigée à proximité du Bataclan ou sur la Place de la République, des sites pour lesquels l’implantation d’une création contemporaine constituerait, de plus, un attrait touristique et culturel plus opportun.

Enfin, et c’est là sans doute son aspect le plus intéressant, le texte remet en question le choix même d’une œuvre de Jeff Koons, déplorant dans un premier temps que ce projet de transformation du site du Palais de Tokyo n’ait pas d’abord été ouvert aux artistes de la scène française. On regrette, en effet, que les vœux pieux du ministère en matière de commande publique ne soient pas ici exaucés par la Ville de Paris, qui préfère mettre en lumière un artiste dont la reconnaissance internationale n’est plus à faire. Mais le texte va plus loin en dénonçant la quasi indécence de la démarche qui consiste ici à associer à « deux institutions culturelles majeures, dévolues notamment aux artistes émergents et à la scène artistique française », l’œuvre d’un artiste « devenu l’emblème d’un art industriel, spectaculaire et spéculatif ». Allant jusqu’à affirmer que le projet « Bouquets en Tulips », aussi louables que soient ses intentions symboliques, s’apparente en réalité à « de la publicité ou du placement de produit », un certain mercantilisme que cautionnerait donc la Ville de Paris.

Ce jugement de valeur, qui met directement en cause le travail de Jeff Koons et sa pertinence artistique, est d’autant plus saisissant qu’il est porté, non pas par ces tenants du patrimoine qu’on taxe bien trop souvent d’hermétisme congénital à l’égard de l’art contemporain, mais par des personnalités qualifiées de la scène contemporaine parmi lesquelles les artistes Christian Boltanski et Jean-Luc Moulène, Pierre Oudart, directeur de l’École supérieure d’art et de design Marseille-Méditerranée, l’architecte Dominique Perrault ou encore Antoine de Galbert, collectionneur et fondateur de la Maison rouge, et Alexia Fabre, conservatrice en chef du Mac/Val. Au-delà des débats autour du site de l’avenue Wilson et des méthodes mises en œuvre par la mairie de Paris, c’est donc notre approche de l’art contemporain, de ses dérives et de ses potentialités, que met en lumière cette querelle autour d’un bouquet de tulipes, dont l’auteur, rappelons-le, a été condamné en mars dernier pour contrefaçon d’une photo de Jean-François Bauret. Compte tenu de l’état d’avancement du projet, on ne sait si la vox populi, si éclairée soit-elle, aura raison des ambitions de la Ville de la Paris, mais l’on doute déjà que ces fleurs de la discorde puissent devenir le symbole universel de la fraternité. Anne-Sophie Lesage-Münch - Le Monde

 

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dimanche 31 décembre 2017

Nouvel An 2018 - Champs Elysées - Arc de Triomphe - Paris

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