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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

mercredi 28 juin 2017

L’ Assemblée nationale renouvelée, mais pas sauvée

Par Françoise Fressoz, éditorialiste au "Monde"

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime que l’essentiel pour la XVe législature réside dans la capacité du chef de l’Etat à faire évoluer une procédure parlementaire qui souffre de nombreux maux.

Après cinq ans de fronde infructueuse, l’Assemblée nationale vient de subir l’un des plus grands coups de balai qu’ait connus la Ve République. Elle n’est pas sauvée pour autant.

Le renouvellement des hommes et des femmes qui la composent, la floraison de nouvelles appellations – La République en marche (LRM), les Insoumis, Les « constructifs », Nouvelle gauche – sur les décombres des vieux partis ne viendront pas seuls à bout du scepticisme des Français qui se demandent à quoi servent leurs élus.

L’annonce d’une énième loi de « moralisation politique » n’est pas non plus de nature à changer la donne : trop de promesses déçues ont été faites en la matière depuis la fin des années 1990, les Français n’y croient plus.

François de Rugy le sait. C’est pour cela qu’il a été propulsé au perchoir, alors qu’on attendait une femme qui aurait été le symbole du renouvellement, mais l’expérience en moins ; lui, a dix ans de maison. Sa mission est de la faire bouger à partir du constat sans appel qu’il a lui même dressé : « Pour la première fois depuis le début de la Ve République, la représentation nationale n’est le fruit des choix que d’une minorité des Français », en raison de l’ampleur de l’abstention qui, à chaque élection législative, va croissante.

Une réforme dans cinq ans

Sur le fond, François de Rugy et Emmanuel Macron partagent la même orientation : ils veulent réduire de 30 % le nombre de députés et instiller une dose de proportionnelle dans le scrutin majoritaire pour améliorer la représentation des minorités.

Mais, à supposer qu’un tiers des élus accepte de se faire hara-kiri, il faudra attendre cinq ans pour que la réforme voie le jour si bien que l’essentiel pour cette législature n’est pas là. Elle réside dans la capacité ou non du président de l’Assemblée nationale à faire évoluer la procédure parlementaire qui souffre de plusieurs maux : excès de lenteur, trop plein de lois, insuffisance d’outils de contrôle pour évaluer l’action de l’Etat et du gouvernement.

Là encore les deux hommes sont raccords même si l’un est plus radical que l’autre : le président de la République voudrait qu’un tiers du temps parlementaire serve à légiférer et que le reste soit consacré au contrôle ; le président de l’Assemblée nationale se montre moins précis parce qu’il sait que toute tentative de réforme risque d’être interprétée comme la main mise finale de l’exécutif sur le législatif.

La majorité pléthorique dont bénéficie LRM crée d’emblée la suspicion dans les autres groupes, aggravée par le fait qu’à gauche la Ve République ne fait toujours pas l’unanimité.

Pour les communistes, les Insoumis et une partie des socialistes, le régime quasi présidentiel auquel a abouti le quinquennat couplé à l’inversion du calendrier électoral est une hérésie démocratique. Hors de question de s’en montrer complice. Pour eux, le combat passe par la défense et le renforcement des droits traditionnels du Parlement : discuter, amender, vociférer. François de Rugy sait où il veut aller mais il n’est pas sûr de pouvoir aboutir.

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mercredi 21 juin 2017

Le nouveau gouvernement

Le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, a dévoilé la composition du second gouvernement d’Edouard Philippe, mercredi 21 juin. Alors que les ministres MoDem François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard avaient quitté leur poste, deux autres personnalités du parti centriste, Jacqueline Gourault et Geneviève Darrieussecq, ont été nommées.

Au total, onze personnes entrent dans le nouveau gouvernement et une seule change de poste entre le premier et le second gouvernement dirigé par Edouard Philippe. Tour d’horizon.

Ceux qui entrent au gouvernement

Nicole Belloubet, 62 ans, ministre de la justice

Florence Parly, 54 ans, ministre des armées

Stéphane Travert, 47 ans, ministre de l’agriculture et de l’alimentation

Jacqueline Gourault, 67 ans, ministre auprès du ministre de l’intérieur

Nathalie Loiseau, 53 ans, ministre chargée des affaires européennes

Sébastien Lecornu, 31 ans et Brune Poirson, 37 ans, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique.

Jean Baptiste Lemoyne, 40 ans, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’europe et des affaires étrangères

Geneviève Darrieussecq, 61 ans, secrétaire d’Etat auprès du ministre des armées

Julien Denormandie, 36 ans, secrétaire d’Etat auprès du ministre cohésion des territoires

Benjamin Griveaux, 39 ans, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie et des finances

Ceux qui restent à leur poste

Gérard Collomb, 69 ans, ministre d’Etat, ministre de l’intérieur

Nicolas Hulot, 62 ans, ministre d’Etat, ministre de la transition écologique

Jean-Yves Le Drian, 69 ans, ministre de l’Europe et des affaires étrangères

Agnès Buzyn, 54 ans, ministre des solidarités et de la santé

Bruno Le Maire, 48 ans, ministre de l’économie

Françoise Nyssen, 65 ans, ministre de la culture

Jean-Michel Blanquer, 52 ans, ministre de l’éducation nationale

Gérald Darmanin, 34 ans, ministre de l’action et des comptes publics

Frédérique Vidal, 53 ans, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation

Annick Girardin, 52 ans, ministre des outre-mer

Laura Flessel, 45 ans, ministre des sports

Elisabeth Borne, 56 ans, ministre auprès du ministre de la transition écologique chargée des transports

Christophe Castaner, 51 ans, chargé des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement

Marlène Schiappa, 34 ans, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité des femmes et des hommes

Sophie Cluzel, 56 ans, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées

Mounir Mahjoubi, 33 ans, secrétaire d’Etat chargé du numérique

Celui qui change de poste

Jacques Mézard, 69 ans, était ministre de l’agriculture et devient ministre de la cohésion des territoires

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Jupiter contrarié

L'édito de Henri Vernet - Le Parisien

Quelle journée ! Premier jour de l’été, donc jour de la fête de la musique avec ce côté un brin burlesque des orchestres dans la cour de l’Elysée et de Matignon où les caméras guettent le remaniement. Et aussi... premier jour du reste du quinquennat de Macron-Jupiter. Car il n’a plus droit à l’erreur désormais s’il entend pour de bon renouveler la politique. Ce cafouillage magistral à l’occasion du remaniement, avec le départ surprise - et contraint, il ne faut pas s’y tromper - des trois ministres centristes et l’exfiltration du fidèle Richard Ferrand est une tâche sur ce début de mandat. Non seulement parce que ces quatre ministres « tombent » pour cause d’affaires. Mais aussi parce que ce jeune président au sang froid, qui prétendait tout maîtriser, tout contrôler, en maître des horloges ne se laissant pas dicter le tempo par les médias, paraît soudain manquer d’air. Contraint de passer à la trappe des pièces maîtresses de son dispositif alors même qu’aucun - contrairement à la sacro-sainte la jurisprudence Balladur - n’est mis en examen ! A l’évidence, la riposte, en termes de casting gouvernemental notamment, doit être puissante. Descendu de son nuage, Jupiter doit désormais entrer dans le vif du sujet : améliorer le sort des Français.

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lundi 19 juin 2017

La une de Libération de ce matin

lundi livbération

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vendredi 16 juin 2017

Emmanuel Bonaparte

C’est le thème qui monte et pas seulement en France : la crainte des pleins pouvoirs. Le pont d’Arcole en moins, la razzia d’Emmanuel Macaron sur l’exécutif et bientôt sur le législatif évoque irrésistiblement celle du jeune général Bonaparte après le 18 Brumaire. Nul coup d’Etat cette fois-ci, bien sûr. Mais l’éjection radicale des députés sortants par la vague macronienne rappelle immanquablement la célèbre apostrophe de Murat à Saint-Cloud : «Foutez-moi tout ce monde-là dehors !» En plus courtois, naturellement mais avec le même résultat. Valeurs actuelles, qu’on a connu moins chatouilleux sur les libertés publiques, met les pieds dans le plat en portraiturant le président en Premier consul passant les Alpes sur son cheval blanc (en fait, c’était un âne…) avec ce titre sans ambiguïté : «Macron 1er, les dangers des pleins pouvoirs».

Au vrai, l’affaire a peut-être été lancée… Par le New York Times. Dans un éditorial cinglant, le quotidien new-yorkais fustige le projet d’inscription de l’état d’urgence dans la loi ordinaire, qui lui paraît contraire aux principes constitutionnels. Libération avait précédé le NYT en titrant «Contre l’état d’urgence permanent». Mais, selon Régis Debray, nous sommes déjà américains, ce qui donne un écho plus éclatant aux voix venues des Etats-Unis…

On se gardera de crier au loup : Mussolini ne perce pas forcément sous Macron, restons calmes. Mais tout de même : les projections parlementaires ramènent l’opposition de gauche à une tête d’épingle, ce qui ne suffira pas pour jouer les aiguillons. La droite survivra mais, divisée entre «constructifs» et droitiers impénitents, elle ne pèsera guère. De toute manière, pour paraphraser Audiard, une masse de novices en marche ira toujours plus loin que douze députés assis. D’autant que l’électorat conservateur, peut-être à suite des signaux d’alarme tirés par la presse sur le code du travail et l’état d’urgence, est passé avec armes et bagages chez Macron. A Neuilly et dans le XVIème, la bourgeoisie a déjà choisi : pour que rien ne change, il faut que tout change. Comme le coup de balai en cours épargne soigneusement les intérêts des possédants, il n’y a aucun risque pour Marie-Chantal à rallier la révolution centrist e avec l’ardeur des convertis. Vive Macron, diantre !

 Une presse tenue en lisière

A cela s’ajoute une communication inspirée de celle d’Obama, qui avait domestiqué d’un large sourire la presse américaine. Macron verrouille son expression, elle-même réduite au minimum au nom de la rareté présidentielle. La presse est tenue en lisière et quand une source interne donne des infos aux journalistes, on agite aussitôt la menace d’un procès pour «vol de documents», comme vient de le faire la ministre du Travail. A ce train-là, nous atteindrons bientôt l’idéal de tous les régimes : une information sans journalistes.

Cette concentration des pouvoirs posera problème. Là encore, le parallèle napoléonien plane sur la nouvelle république. Il s’agit de réformer au pas de charge, sans trop s’embarrasser de ceux que Bonaparte appelait «les bavards», c’est-à-dire les députés, en visant sans cesse le centre de l’échiquier politique, ce qui désarme les oppositions. «Ni bonnet rouge, ni talon rouge», disait Napoléon (si sans-culotte, ni aristo). «Ni droite ni gauche», dit Macron. Un Consulat sans les roulements de tambour. On se reportera à l’un des aphorismes les plus signifiants du futur empereur : «Il faut imposer au peuple le gouvernement qu’il souhaite.» Le macronisme est un bonapartisme souriant.

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mercredi 14 juin 2017

Emmanuel Macron au Maroc pour « une visite personnelle »

Par Marc Semo - Le Monde

Le président français rompt avec ses deux prédécesseurs, qui s’étaient d’abord rendus, dès leur élection, en Algérie, grand rival diplomatique du royaume chérifien.

Le candidat Emmanuel Macron s’était rendu en Tunisie en novembre 2016, puis en Algérie en février, mais, faute de temps, n’avait pas pu aller au Maroc, se contentant d’une longue visite au stand marocain du Salon du livre de Paris. Il s’était engagé néanmoins à y aller « très rapidement après l’élection » si les Français lui accordaient leur confiance.

Le président Emmanuel Macron a tenu parole, et il consacrera au royaume chérifien sa première visite dans un pays du Maghreb, mercredi 14 et jeudi 15 juin, afin d’y rencontrer le roi Mohammed VI et partager en famille, au palais royal de Rabat, l’iftar, le repas de rupture du jeûne du ramadan.

Il s’agit d’« une visite personnelle à l’invitation du roi pour une première prise de contact », souligne-t-on à Paris, même si les deux chefs d’Etat s’étaient déjà longuement parlé au téléphone quand Mohammed VI avait appelé le nouveau président afin de le féliciter pour sa victoire. Jusqu’ici, le seul déplacement hors d’Europe d’Emmanuel Macron avait eu lieu au Mali, le 19 mai, pour rencontrer à Gao les troupes françaises de l’opération « Barkhane ». Le signal n’en est que plus fort.

Rencontre « en famille »

Les autorités françaises doivent toujours mener un délicat jeu d’équilibre entre les deux grands frères ennemis du Maghreb. Chaque initiative est commentée, interprétée et surinterprétée à Alger comme à Rabat. Après leur élection, les présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande s’étaient d’abord rendus à Alger. En respectant sa promesse, Emmanuel Macron rompt donc avec cet usage.

Tout est fait, néanmoins, pour ménager l’extrême susceptibilité algérienne. En annonçant ce déplacement, l’Elysée faisait savoir que le président s’était entretenu par téléphone avec son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, et qu’il se rendrait officiellement en Algérie « dans les toutes prochaines semaines ». La date n’est pas encore fixée. Elle dépend aussi de l’état de santé du président algérien. En attendant, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, devait se déplacer mardi à Alger pour discuter notamment du dossier libyen.

La visite à Rabat vise avant tout à renforcer la relation entre les deux chefs d’Etat, « afin qu’ils fassent mieux connaissance ». M. Macron n’est pas accompagné d’une délégation d’hommes d’affaires, ni même de ministres. Juste de son épouse Brigitte Macron. Il s’agira d’une rencontre « en famille ». Le chef de l’Etat n’assistera pas jeudi à l’inauguration, à Kenitra, des travaux de la première tranche de l’usine PSA, l’un des plus grands investissements français dans le pays avec l’usine de Renault déjà en fonction à Tanger.

Coopération et « bons offices »

Il n’y aura pas de rencontre non plus avec des représentants de la société civile, alors même que la contestation contre la corruption et les abus de l’administration, partie de la région du Rif, a gagné la capitale, où quelque 10 000 personnes ont manifesté dimanche.

Mise à rude épreuve dans les premières années de la présidence Hollande, notamment après la plainte, en février 2014, de trois Franco-Marocains contre le directeur du contre-espionnage marocain, Abdellatif Hammouchi, la coopération sécuritaire et judiciaire avait repris il y a deux ans. Elle fonctionne efficacement, comme en témoigne l’aide apportée par le renseignement marocain dans les enquêtes sur les attentats du 13 novembre 2015. Il en est de même, sur le terrain, contre les djihadistes du Sahel.

Lors de leur tête-à-tête, les deux chefs d’Etat devraient aussi aborder la crise dans le golfe Persique. Mohammed VI propose ses « bons offices » pour un compromis entre l’Arabie saoudite et le Qatar – après que Riyad et des pays arabes ont rompu avec Doha, le 5 juin, pour son soutien supposé au « terrorisme » –, une position similaire à celle du président français, lui-même en ­contact avec toutes les parties.

Ménager ses deux partenaires

Dans son message à Emmanuel Macron, Mohammed VI avait évoqué le souhait que, sous sa présidence, le partenariat franco-marocain gagne « en profondeur et en intensité ». Le moment est favorable. « Le pouvoir algérien est aux abonnés absents en raison de la maladie de son président et ce pays ne peut jouer le rôle qu’il voudrait alors que le roi du Maroc, malgré ses difficultés, se montre un acteur visible et engagé dans la région », relève Pierre Vermeren, professeur d’histoire du Maghreb à Paris-I.

L’activisme du Maroc, sa présence croissante aussi bien économique que politique et sécuritaire dans le Sahel et plus généralement en Afrique francophone, notamment depuis son retour au sein de l’Union africaine, irrite de plus en plus l’Algérie, au-delà même de la question du Sahara occidental, vieille pomme de discorde entre les deux pays.

Cela ne simplifie pas l’action de la diplomatie française, qui tient à ménager ses deux grands partenaires. « Maintenir l’équidistance entre l’Algérie et le Maroc est déjà très difficile en temps normal, souligne une fine connaisseuse du dossier. Mais quand leurs relations sont particulièrement mauvaises, comme actuellement, cela tient du véritable casse-tête. »

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Histoire d’un duo fusionnel

Par  Quentin Laurent et Henri Vernet (avec M.E.) - Le Parisien

« Elle, c’est moi, et moi, c’est elle. » Voilà ce que François Bayrou répondit un jour, coupant court à toute critique, à un ancien cadre du MoDem qui s’était risqué à se plaindre de Marielle de Sarnez. La formule résume le côté fusionnel du couple politique le plus en vue du moment. « Dès que ça touche à Marielle, rien n’est négociable », renchérit Jean-Louis Bennahmias, ancienne figure du parti centriste.

Ils sont unis pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur : leur entrée conjointe au gouvernement, lui garde des Sceaux, elle aux Affaires européennes. Mais aussi, plus embarrassant, l’enquête judiciaire sur les emplois supposés fictifs du MoDem, l’« enfant » politique de Sarnez et Bayrou.

Rencontre d’un idéologue et d’une tacticienne

Entre ces deux-là, l’histoire remonte aux années Giscard. « Et leur collaboration démarre aux états généraux de l’UDF en 1989, dont François Bayrou est l’un des concepteurs », détaille un proche. Ce dernier est alors bluffé par les talents d’organisatrice de la jeune militante ; elle est séduite par « un homme politique pas comme les autres, plaçant ses convictions et ses idées avant le carriérisme ». « François est un vrai idéologue, Marielle une tacticienne », décrit un ex-député européen centriste. Lorsque Bayrou devient, à la faveur de la cohabitation de 1993, ministre de l’Education de Balladur, il l’appelle immédiatement à ses côtés, d’abord conseillère spéciale puis directrice de cabinet.

Dans les périodes fastes comme dans celles de disette, elle partage chaque décision que prend François Bayrou. « Il ne se confie en réalité qu’à deux cercles, témoigne un fidèle : sa famille, Babeth et les enfants ; et Marielle de Sarnez. » Exemple, lorsqu’en 2002 le patron de l’UDF refuse de rallier l’UMP de Chirac elle est à ses côtés.

« L’histoire du MoDem, c’est la leur »

Pourtant, ce « niet » coûte cher au centriste, qui aurait pu viser Matignon… mais entame à la place une aventure solitaire. Au nom de sa conviction, héritée de Giscard, qu’il faut à tout prix faire exister le centre, seul capable de rassembler « deux Français sur trois ».

C’est de là que viendra, plus tard, la création du MoDem, en 2007, que Bayrou veut totalement indépendant de la droite. Là encore, le couple imprime sa marque. « L’histoire du MoDem, c’est la leur », confirme Bennahmias. « Ils monopolisaient tout, de la ligne politique aux comptes du parti… auxquels je n’ai jamais pu avoir accès malgré mes demandes répétées », témoigne l’ancienne ministre centriste Corinne Lepage.

« En général, au MoDem, on adore Bayrou autant qu’on déteste Sarnez », confie un « ex » du parti. « Elle a un côté autoritaire. Centralisatrice au possible, humiliante en public, elle n’a rien de la rondeur de François Bayrou », se souvient un élu centriste. Un proche du duo tempère : « Elle assume ce rôle de bad cop (NDLR : méchant flic), car c’est une façon de préserver François. Et contrairement à ce que beaucoup croient, elle lui apporte aussi de la sagesse, apaise souvent son côté sanguin, gascon. »

Les grandes décisions prises à deux

Côté politique, « ils peuvent être en désaccord, mais à la fin ils trouvent toujours un accord ». Exemple, elle est plus proeuropéenne que lui. Comme tout responsable politique français, même centriste, Bayrou a parfois la tentation de tacler Bruxelles. Sur des thèmes de société comme le mariage pour tous, « elle est plus libérale », dit un proche. « Elle ne partage pas toutes ses décisions… mais garde toujours pour elle ses réserves », abonde-t-il.

C’est dans le huis clos du tandem que sera aussi prise la décision, entre les deux tours de la présidentielle de 2012, de soutenir Hollande contre Sarkozy. Ce qui vaudra au MoDem nombre de départs.

Bayrou Rallie Macron : Sarnez est dans le coup

Lorsqu’en février dernier, au bout d’un long suspense, Bayrou propose son « aide » à Emmanuel Macron, Sarnez est encore dans le coup. Bayrou prend alors sur son ego, renonçant à son rêve de devenir président, car il croit que Macron peut réussir là où lui a toujours échoué. D’autres voient dans ce ralliement une explication beaucoup plus prosaïque. Au fil des déconvenues électorales, le MoDem s’est peu à peu vidé de ses troupes, de ses cadres et a vu ses caisses se tarir. « Pour financer ses campagnes présidentielles, Bayrou avait l’habitude d’hypothéquer le prestigieux siège du 133, rue de l’Université (Paris VII e) », témoigne un compagnon de route qui a depuis claqué la porte. Pas de problème tant qu’il était assuré de dépasser la barre des 5 % des voix synonyme de remboursement des frais de campagne — comme ce fut le cas en 2002, 2007 et 2012. Mais là, avec la percée de Macron sur les plates-bandes centristes, le pari devenait franchement risqué. « En clair, traduit l’ancien compagnon, le duo redoutait, du coup, de perdre le 133 ! »

Le tandem agace le président

Il n’empêche, cet accord « est une opération extraordinaire pour François Bayrou et une résurrection pour le MoDem », salue, non sans amertume, Jean Arthuis, ex-ministre et ancien soutien de Bayrou à la présidentielle de 2007. Le coup est d’autant plus réussi que dimanche soir, à l’issue du deuxième tour des législatives, le parti qui ne comptait que deux sortants pourrait se retrouver avec une cinquantaine de nouveaux députés.

Si Emmanuel Macron a une réelle estime pour le chef centriste et lui sait gré de l’avoir rejoint à un moment où sa campagne flottait, il a appris « à se méfier des ruades du Béarnais ». Et de Sarnez, redoutable négociatrice, lors des discussions sur les investitures. Un épisode a marqué la garde rapprochée de Macron. « Il fallait trouver une place à Paris pour la candidature de Benjamin Griveaux, raconte un ténor de la République en marche (LREM). Sarnez s’est alors mise à siffler, méprisante : C’est quoi Griveaux, c’est qui ? Et ça, Emmanuel n’a pas aimé… » Le jeune président, qui a dû accepter l’entrée au gouvernement de l’eurodéputée en plus de celle de Bayrou, est de plus en plus agacé par la tendance du tandem à « jouer perso ». « Comme s’ils étaient une enclave MoDem au sein du gouvernement », poursuit ce responsable LREM. A deux, et c’est tout.

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L’EMBARRASSANT FRANÇOIS BAYROU

Par  Myriam Encaoua - Le Parisien

La situation ne manque pas de sel… Ce matin, en Conseil des ministres, le garde des Sceaux, François Bayrou, va présenter un projet de loi sur la moralisation de la vie publique, alors que son propre parti est sous le coup d’une enquête préliminaire ! Le parquet de Paris cherche à savoir si le MoDem a eu recours à des emplois fictifs via des emplois d’assistants parlementaires d’eurodéputés. Une situation est sans précédent sous la V e République.

François Bayrou serait-il l’arroseur arrosé ? Le ministre de la Justice est, en tout cas, dans une position délicate. Il y a son nouveau statut de patron de la chancellerie, garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, et il y a le contexte : l’exigence d’exemplarité des Français. Sans compter que François Bayrou a fait de ces sujets — l’intégrité, la probité, la transparence — sa signature en politique.

Il faut se souvenir des batailles qui ont jalonné toute sa carrière. Ses combats contre le « scandale d’Etat » de l’affaire Tapie. Sa violence vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, « l’enfant barbare » au goût immodéré pour l’argent. C’est encore lui qui faisait de la moralisation pendant la campagne la condition de son alliance à Emmanuel Macron. Trois mois plus tard, il se voit reprocher une forme de mélange des genres, et même de pression, quand il relaie sur les réseaux sociaux un tweet de son bras droit, la ministre Marielle de Sarnez, qui se défend alors qu’elle est visée dans cette enquête préliminaire. Quand il passe directement des coups de fil aux rédactions pour se plaindre du traitement de cette affaire. Ou quand, comme hier matin sur CNews, il dénonce une opération politique , mettant en cause Anne Hidalgo, la maire de Paris, à travers l’un de ses « collaborateurs directs ».

Lui assume sa liberté de parole. Sauf qu’Edouard Philippe le lui a rappelé hier : « Quand on est ministre, on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen. » « Je ne suis pas le muet du sérail », lui a répondu Bayrou, se rendant ainsi responsable du premier couac du quinquennat.

Depuis sa nomination, François Bayrou semble vouloir n’en faire — un peu — qu’à sa tête. Son coup de colère au lendemain de l’élection présidentielle — parce que les investitures de la République en marche ne faisaient pas, selon lui, la part assez belle au MoDem — en disait long sur sa capacité à ruer dans les brancards. L’épisode avait déjà instruit le président. La fameuse indépendance dont il se réclame depuis toujours pourrait très vite se révéler ingérable.

@myriamencaoua

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mardi 13 juin 2017

Jean-Luc Mélenchon sur un nuage

Par Gilles Rof, Marseille, correspondant, Raphaëlle Besse Desmoulières, Marseille, envoyée spéciale Le Monde

En tête dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, le leader de La France insoumise s’est réjoui de voir son mouvement devancer le PS au premier tour des législatives.

Cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas vu Jean-Luc Mélenchon de si bonne humeur. Dimanche 11 juin, aux Docks du Sud, la salle marseillaise réservée pour cette soirée du premier tour des législatives, le chef de file de La France insoumise est sur un petit nuage. Il est 21 h 30 passé quand il prend la parole pour la deuxième fois. Et contrairement à ce qui était prévu, il n’attend même pas d’être arrivé sur l’estrade pour répondre aux journalistes.

A cette heure-là, il sait déjà qu’il sera présent au second tour dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, et il a également vu la plupart de ses proches se qualifier. Certes, on est très loin de la « nouvelle majorité » qu’il souhaitait imposer à Emmanuel Macron, lui qui se voyait déjà premier ministre. Mais avec 11 % des suffrages, son mouvement arrive en tête de la gauche, devant le Parti socialiste (9,5 % avec ses alliés). Si l’on ajoute les voix de ses ex-alliés du Parti communiste (PCF, 2,7 %), la gauche radicale termine devant le Front national (13,2 %).

Même si son mouvement perd plus de huit points par rapport au score de la présidentielle, pas question pour l’ancien socialiste de parler d’échec, lui qui estime avoir accompli « un boulot magnifique » avec La France insoumise, mouvement lancé début 2016. « C’était prévisible qu’on ait une moindre mobilisation, souligne-t-il. Je suis surtout conscient de la responsabilité que ça me donne. Nous sommes la force centrale dans ce qui suit. C’est à nous de reconstruire. »

« Situation politique instable et en trompe-l’œil »

Celui qui était arrivé à Marseille en mai en clamant que son but était de « remplacer le PS » considère que son ancien parti s’en est chargé tout seul par ses « bêtises » et « tous les manquements à la parole donnée ». Le cofondateur du Parti de gauche ne peut s’empêcher de savourer l’élimination de plusieurs ténors du PS, en premier lieu celle de son numéro un à Paris, Jean-Christophe Cambadélis, en partie grâce à la « super-candidate » de La France insoumise, Sarah Legrain, une jeune dirigeante du Parti de gauche.

Une heure plus tôt, à la tribune cette fois, M. Mélenchon avait déjà dans la voix ce petit goût de victoire avant l’heure. A mille lieues de ce fichu 23 avril où il n’avait pu empêcher la rancœur de dicter ses paroles. Dans une courte déclaration, il reconnaît « une très nette et incontestable avance du parti du président », qu’il ne prendra même pas la peine de nommer. Mais pour lui, il s’agit d’une « situation politique totalement instable et en trompe-l’œil ». « L’immensité de l’abstention montre qu’il n’y a pas de majorité dans ce pays pour détruire le code du travail », note-t-il.

Et M. Mélenchon de lancer un appel aux « milieux populaires et de la jeunesse » à ne pas donner « les pleins pouvoirs » au chef de l’Etat et à élire le maximum de députés de La France insoumise. « C’est autour d’eux que va se constituer l’opposition écologiste et sociale, le mouvement humaniste dont notre pays a besoin », affirme-t-il.

Vers un groupe à l’Assemblée nationale

Autre point : l’attitude à adopter face au Front national (FN) dimanche 18 juin. Sa position de l’entre-deux-tours de la présidentielle, où il avait refusé d’appeler à voter pour M. Macron, n’a pas toujours été comprise sur le terrain. Il demande désormais à ses candidats du cas par cas, en faisant « attention » à leurs choix afin de « ne jamais permettre l’élection d’un député du FN ». « Sur le terrain, appréciez les situations et agissez le plus habilement possible », a-t-il ajouté.

Au final, ils sont 69 à être présents au second tour. Un score qui leur « ouvre la porte à un groupe à l’Assemblée nationale », veut croire l’ex-députée Parti de gauche Martine Billard, qui commentait les résultats à Paris.

Plusieurs membres de la garde rapprochée de M. Mélenchon disputeront le match le 18 juin : Manuel Bompard à Toulouse, Alexis Corbière et Eric Coquerel en Seine-Saint-Denis, Danielle Simonnet à Paris… La plupart se sont qualifiés aux dépens de socialistes et beaucoup sont en ballottage défavorable face à un candidat du parti présidentiel. Pour Farida Amrani également, qui affrontera l’ex-premier ministre PS Manuel Valls dans l’Essonne, la marche sera haute pour l’emporter. Mais c’est autant de points de marqués et de financement public à venir pour le mouvement de M. Mélenchon.

Sans oublier les personnalités que soutenait La France insoumise et qui, ont elles aussi, franchi cette première étape : le journaliste François Ruffin dans la Somme, la députée sortante communiste Marie-George Buffet en Seine-Saint-Denis, ou la porte-parole d’Ensemble, Clémentine Autain, dans ce même département.

Mélenchon en tête dans sa circonscription

Le pari est aussi remporté vis-à-vis du PCF. Dans plusieurs territoires que la formation de Pierre Laurent espérait (re)conquérir, le candidat communiste a été éliminé au profit de celui de La France insoumise. L’exemple le plus frappant est celui d’Ivry-sur-Seine, où Pascal Savoldelli, le « M. Elections » du PCF, se fait doubler par la jeune Mathilde Panot, une proche de M. Mélenchon. « Ce n’est pas moi qui ai imposé au PCF l’humiliation de se retrouver à 3 % ce soir, s’est défendu M. Mélenchon. Notre famille politique nous a donné raison : le problème est réglé par les urnes. »

Le député européen est l’un des rares à terminer en tête. Avec 34,3 % des voix, il prend une nette avance sur la représentante de La République en marche, Corinne Versini (22,7 %). Quant au sortant socialiste, Patrick Mennucci, il n’obtient que 12,4 % des suffrages.

Devant sa permanence, sur le trottoir de la rue de la République, ce dernier a reconnu relativement tôt sa défaite. « Mon bilan à l’Assemblée n’a pas pu me faire résister aux dynamiques politiques auxquelles je devais faire face, a-t-il expliqué. La gauche sort de la pire période de son histoire récente. L’ensemble des cadres politiques, dont je suis, doivent tirer les conséquences et faire un pas de côté pour porter une nouvelle génération aux responsabilités afin de refonder nos idées, changer nos pratiques et redonner l’espoir. »

Sous le choc, M. Mennucci n’a donné aucune consigne pour le second tour. Il résumait son dilemme par ces quelques mots : « Je n’ai pas envie de voter pour une représentante du Medef et il est hors de question d’aider Mélenchon… »

« Faire exister une alternative à M. Macron. »

Avec ce résultat inespéré il y a encore quelques semaines, Mme Versini change de statut. Voilà désormais la chef d’entreprise aixoise directement face au chef de file de La France insoumise. « Je sais bien sûr qu’il va m’attaquer, j’y suis prête », assure la référente départemental de La République en marche. Compte-t-elle bénéficier d’un effet « tout sauf Mélenchon » au second tour ? « Cela va aider, sans doute, mais je préférerais être élue sur une dynamique positive », répond-elle.

Une question que M. Mélenchon élude : « Il y a autant de raison d’être tous contre Versini que d’être tous contre Mélenchon. » Le chef des Insoumis ne manque pas de railler la « parachutée d’Aix ». « Pour les Marseillais, c’est presque pire » qu’un Parisien, plaisante-t-il.

La partie n’est pas gagnée pour autant. Il lui faudra convaincre les électeurs de M. Mennucci de se reporter sur lui. Ce qui pourrait ne pas être qu’une simple formalité étant donné l’ambiance du premier tour.

« Bienvenue aux électeurs de Patrick Mennucci et à tous ceux qui veulent voter pour moi au deuxième tour, leur a-t-il lancé. Ils savent très bien pourquoi je suis venu à Marseille. Je les appelle à venir m’aider, à venir faire exister une alternative à M. Macron. »

S’il fait mine de rester prudent – « je ne connais pas d’élection jouée d’avance » –, l’ancien sénateur se voit déjà siéger dans l’hémicycle. Lui revient alors en mémoire ses premiers pas à l’Assemblée nationale quand il était ministre de Lionel Jospin. « C’était d’une sauvagerie par rapport au Sénat ! Vous allez voir, après, c’est moi qui vais faire figure de sage et de modéré ! », s’amuse déjà M. Mélenchon.

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lundi 12 juin 2017

Raminagrobis Macron – Texte de Laurent Joffrin - Libération

Il y a décidément un style «En Marche». Il fallait voir lundi soir les porte-parole macronistes réagir avec une retenue étudiée au tsunami qui va les porter en masse à l’Assemblée. Une manière impavide de dire «rien n’est joué» quand l’affaire est de toute évidence pliée, pas un mot plus haut que l’autre, un optimisme grave, une sorte de coolitude décidée, une main d’acier dans un gant de soie. Les leaders du nouveau parti dominant adoptent tous le comportement de ces héros de films d’action américain qui traversent les pires dangers avec une détermination décontractée, un sang-froid impavide mâtiné d’une touche d’humour. Steve Mac Queen dans les Sept mercenaires, zen sous les balles, ou Harrison Ford dans Indiana Jones qui se débarrasse d’un sabreur frénétique avec un sourire en coin. Tel Macron-John Wayne résistant avec un visage serein à la poignée de mains de Donald Trump-Liberty Valance. Ou encore comme ces médecins qui parlent doucement au chevet des malades, sur le thème «vous allez vous en sortir». Au chevet du pays, ils jouent eux aussi l’espoir tranquille, le professionnalisme sans esbroufe. Raminagrobis en politique.

Le style, c’est l’homme ? Les aphorismes sont souvent justes, la forme exprime aussi le fond. Longuement méditée, leur stratégie politique a produit des résultats supérieurs à leurs propres attentes. Dosé au trébuchet, leur programme se situe avec une précision obsessionnelle au lieu géométrique de la carte idéologique du pays, à l’intersection du centre droit et du centre gauche, avec un tropisme libéral assumé, destiné à gêner la droite, plus menaçante que la gauche dans cette élection. Quatre victoires dans quatre scrutins successifs (avec celui de dimanche prochain) ne tombent pas par hasard. Il est probable que cette positive-attitude, entreprenante, tolérante dans la forme et prudente dans le fond, a rencontré l’humeur du pays, fatigué des joutes agressives, des diatribes virulentes des extrêmes, des programmes sonores qu’on applique peu ou pas du tout.

«Nous ne cherchons pas à tirer parti des problèmes, nous cherchons des solutions». Tel est le mantra des nouveaux maîtres du pays, baignés pour moitié au moins dans le pragmatisme anglo-saxon de la culture d’entreprise. Il est possible qu’on assiste à une révolution tranquille qui verrait la France sortir peu à peu des affrontements amers, des trémolos stériles, du déclinisme déclinant des Cassandre à la Finkielkraut.

Tout dépendra bien sûr des résultats, qui sont le juge de paix du pragmatisme. Tout dépendra aussi des classes populaires, gagnées à la rhétorique «anti-système» et qui ont fourni les gros bataillons de l’abstention. Après tout, le macronisme est aussi le nouvel avatar des idées de la classe dirigeante, qui vient de réussir à tout changer pour que rien d’essentiel ne change. Sans une baisse significative du chômage, sans amélioration économique visible, tout cela passera comme un rêve. En attendant le verdict, il faut s’habituer au piétinement élégant des légions d’En Marche.

Posté par jourstranquilles à 19:22 - Elections Législatives 2017 - Commentaires [0] - Permalien [#]