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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

vendredi 12 janvier 2018

« Les années en 8 ont scandé avec une saisissante régularité notre histoire contemporaine »

Par Gérard Courtois, éditorialiste au Monde

1958, 1968, 2008… « Difficile, devant les soubresauts ou les tumultes des années en 8, d’imaginer de quoi 2018 sera porteuse », estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois dans sa chronique hebdomadaire.

Emmanuel Macron a attendu le 8 janvier 2018 pour aller à la rencontre de la Chine. Sage précaution si l’on en croit la symbolique des chiffres, fort prisée dans l’empire du Milieu : signe de plénitude et de prospérité, le 8 y est considéré comme un porte-bonheur. Pékin n’avait-elle pas mis un point d’honneur, il y a dix ans, à inaugurer « ses » Jeux olympiques le 8 août, autrement dit le 8/8/8…

Il sera bien temps de vérifier si 2018 confirme, à Paris, les prédictions de la numérologie chinoise. Une chose est sûre, cependant. Même si elles furent loin de garantir à tout coup réussite et sérénité, les années en 8 ont scandé avec une saisissante régularité notre histoire contemporaine.

Prenez 1958, date évidemment inscrite à l’agenda des commémorations officielles des prochains mois. Nul ne doutait, en janvier de cette année-là, que la IVe République était à bout de souffle, minée par la guerre d’Algérie et empêtrée dans l’écheveau de ses intrigues. Mais le jeune Félix Gaillard, président du conseil depuis quelques semaines, tentait encore un énième rafistolage. Hormis chez les gaullistes les plus activistes, l’hypothèse d’en appeler à l’homme du 18 juin pour sortir le pays de l’ornière était encore évanescente.

En peu de temps, pourtant, l’Histoire bascula. Le 13 mai, c’est l’insurrection, à Alger, des partisans de l’Algérie française. Le 15 mai, le général de Gaulle se dit « prêt à assumer les pouvoirs de la République ». Le 1er juin, il est investi président du conseil par l’Assemblée nationale avec, pendant six mois, les pleins pouvoirs. Le 28 septembre, par référendum, les Français approuvent à 85 % la Constitution de la Ve République. Le 21 décembre, de Gaulle est élu président de la République. Beaucoup, alors, croyaient le régime taillé aux seules mesures du « général ». Soixante ans plus tard, consolidé par l’élection présidentielle au suffrage universel, il a démontré une plasticité à toute épreuve. Emmanuel Macron, à son tour, y puise son autorité.

1968 et 1978 ont laissé des traces

Dix ans passent. « La France s’ennuie… », écrit Pierre Viansson-Ponté dans ces colonnes, le 15 mars 1968. Et d’un coup, la tornade du mois de mai balaie tout sur son passage, enflamme l’université et la jeunesse, hérisse de barricades les rues de Paris, déborde les syndicats, provoque une grève générale digne du Front populaire, paralyse l’Etat et ébranle son vieux chef. Un ultime sursaut permettra à de Gaulle de reprendre la main. Ultime sursis en réalité : moins d’un an plus tard, après un dernier référendum perdu, il jette l’éponge.

En attendant, les valeurs et hiérarchies du vieux monde ont été assez contestées et bousculées pour que, aujourd’hui encore, une droite revancharde feigne de voir dans ce mois de mai libertaire la source de tous nos maux, ou presque. Nicolas Sarkozy, en 2007, fustigeait le « relativisme intellectuel et moral » de Mai 68 et voulait en « liquider l’héritage » pernicieux. Laurent Wauquiez a repris l’antienne il y a peu, datant de ces événements « le début de la déconstruction »…

Moins présente dans les mémoires, la trace de 1978 n’en fut pas moins profonde. Depuis quatre ans, la crise économique avait douché les espoirs portés par Valéry Giscard d’Estaing et la gauche, vent en poupe, paraissait en mesure de remporter les élections législatives. Las, le leader communiste, Georges Marchais, finit par comprendre le piège patiemment tendu par François Mitterrand : l’union de la gauche risquait d’assurer aux socialistes un ascendant irrémédiable (et inédit depuis des décennies) sur les communistes. Marchais se mit donc à tirer à boulets rouges contre les rivaux socialistes et cette désunion suffit pour que la droite sauve sa majorité.

L’habile Mitterrand sut en tirer le bénéfice trois ans plus tard. Unitaire pour deux mais libéré du compagnonnage avec le Parti communiste et ses encombrants parrains soviétiques, il remporta l’élection présidentielle de 1981, imposa l’hégémonie du PS sur la gauche, réconcilia celle-ci avec le pouvoir et fixa le cadre du système politique – droite et socialistes alternant au pouvoir – dans lequel la France a vécu jusqu’en 2017.

Aléas de la numérologie politique

Et l’on peut poursuivre cette déambulation décennale. 1988 ? Le triomphe de Mitterrand, réélu haut la main après deux ans de cohabitation avec la droite de Jacques Chirac, certes. Mais aussi le début du crépuscule d’un trop long règne, miné par l’âge et la maladie du capitaine, et plus encore par les scandales financiers, la corrosion du pouvoir et le renoncement aux ambitions transformatrices de la gauche. Comme quoi les seconds mandats, quand ils adviennent, sont à haut risque…

1998 ? La démonstration que la glorieuse incertitude de la politique n’a rien à envier à celle du sport, en l’occurrence de la coupe du monde de football que la France accueillait. Au printemps, le modeste entraîneur de l’équipe nationale, Aimé Jacquet, était cloué au pilori ; le 12 juillet, après la victoire de Zidane et des siens, il était porté aux nues et les Français clamaient leur bonheur devant cette France « black-blanc-beur » réconciliée et triomphante. Dans les banlieues actuelles, c’est peu dire que cette illusion a fait long feu.

2008, enfin ? Une crise financière puis économique mondiale sans précédent depuis les années 1930 et dont nous sortons à peine. Difficile dans ces conditions, devant les soubresauts ou les tumultes des années en 8, d’imaginer de quoi 2018 sera porteuse. D’autant qu’un autre chiffre magique pour les uns, fatidique pour les autres s’est imposé ces derniers temps. Le 7, comme 1997 et la victoire inattendue de Lionel Jospin, 2007 et le triomphe annoncé de Nicolas Sarkozy, 2017 et la réussite stupéfiante d’Emmanuel Macron. C’est dire les aléas de la numérologie politique.

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mardi 9 janvier 2018

Le « parler vrai » de Macron à l’épreuve des autocrates

Le 5 janvier face à Recep Tayyip Erdogan, le chef de l’Etat a choisi, comme en mai 2017 face à Vladimir Poutine, d’adresser à voix haute certaines critiques à celui qu’il recevait en grande pompe.

Comment gérer les dictateurs ? Le nombre croissant d’autocrates sur la scène internationale pose un problème de plus en plus épineux aux dirigeants des pays démocratiques. Plusieurs attitudes sont possibles : il y a l’option gel des relations, pour ceux qui sont vraiment infréquentables. Il y a la rencontre discrète en se pinçant le nez, si possible en marge de grandes conférences internationales. Il y a la posture « realpolitik », qui assume un dialogue pas forcément glorieux, mais adouci par la signature d’énormes contrats réparateurs pour la balance commerciale.

Et puis il y a la méthode Macron. Elle consiste à recevoir avec tous les honneurs les autocrates de haut rang, ou à aller leur rendre visite en grande pompe, mais à se servir de la rituelle conférence de presse conjointe pour désamorcer, par quelques vérités assénées la tête haute, les critiques de ceux qui l’accusent de se compromettre. Dans son activisme diplomatique, le président français, dont on sait maintenant combien il aime parler, ne veut exclure personne : il souhaite rencontrer « tout le monde », y compris ceux avec lesquels le dialogue n’est pas forcément « cool », comme il le confiait au Point en septembre 2017 à propos de Recep Tayyip Erdogan. Mais il affirme aussi leur parler sans détour, et sans rougir.

Cette méthode a été inaugurée le 29 mai face à Vladimir Poutine, reçu dans le faste de Versailles pour s’entendre dire devant les journalistes que les médias officiels russes n’étaient que des organes d’influence et de propagande. Le président russe écouta stoïquement, le visage fermé : Versailles vaut bien une leçon.

Quels bénéfices ?

Emmanuel Macron a voulu rééditer l’exploit, vendredi 5 janvier, avec le président turc, dont la dérive autoritaire et répressive est dénoncée dans toute l’Europe. Il a souhaité, au cours « d’une discussion très franche », mettre fin à « l’hypocrisie » d’éternels pourparlers sur l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne : « Il est clair que les évolutions récentes et les choix de la Turquie ne permettent aucune avancée du processus engagé », a dit M. Macron au côté de M. Erdogan. Franc aussi sur leurs « désaccords sur la vision des libertés individuelles », le président français a soumis au président turc une liste de personnes que la France, et notamment les ONG, considère comme injustement poursuivies en Turquie, et a rappelé que la liberté d’expression est « un bloc qui ne se divise ni ne se détricote ».

La question, bien sûr, est la contrepartie espérée. Sortir de ces rencontres la tête haute est une chose, en tirer les bénéfices attendus en est une autre. L’avenir dira si l’accueil de M. Poutine et de M. Erdogan permet d’avancer, notamment, sur le déblocage du dossier syrien.

La méthode Macron semble, en outre, souffrir déjà des exceptions : recevant, le 24 octobre à l’Elysée, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, dont le pays abrite quelque 60 000 prisonniers politiques, le chef de l’Etat a refusé « de donner des leçons hors de tout contexte » – le contexte étant, en l’occurrence, la lutte commune contre le djihadisme.

Cette méthode sera à nouveau mise à l’épreuve cette semaine lorsque M. Macron rencontrera en Chine le plus puissant de tous les autocrates, le président Xi Jinping. Sur la réciprocité des ouvertures commerciales, sur les libertés individuelles et sur la protection des intérêts stratégiques européens, le président français aura, à Pékin, plus d’une occasion de tester son « parler vrai ».

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mardi 2 janvier 2018

Street Art à l’Élysée : quand la Marianne d’Obey s’invite aux vœux présidentiels

street art elysées

Ce dimanche 31 décembre, le président Emmanuel Macron a choisi d’associer l’image de la Marianne conçue par le Street Artiste américain Shepard Fairey, alias Obey, aux premiers vœux de son quinquennat.

Obey, Liberté, Égalité, Fraternité, 2015 © Obey Giant.

De l’art de s’approprier une tradition ou le solennel version Street Art. Des esprits les plus conservateurs aux exaltés de l’art urbain, en passant par les partisans désenchantés et les noceurs en puissance, tous ceux qui, par inadvertance ou par devoir, ont assisté ce dimanche aux premiers vœux du Nouvel An d’Emmanuel Macron se sont posé la même question : « Mais quel est donc ce tableau ? ». Difficile, en effet, de ne pas remarquer, tout au long du discours présidentiel, l’obsédante Marianne du Street Artiste Obey qui, toute auréolée de la devise républicaine, s’affichait fièrement à l’arrière-plan, sur le mur du salon d’angle du Palais de l’Élysée.

En réalité, il s’agit d’une reproduction de l’image (en libre téléchargement) élaborée par l’artiste Shepard Fairey, plus connu sous le nom de Obey, en témoignage de son empathie avec le peuple français au lendemain des attentats du 13 novembre 2015. Sobrement intitulé Liberté, Égalité, Fraternité, le projet avait notamment été décliné sous forme d’une fresque monumentale sur le mur d’un immeuble situé au 186 rue Nationale dans le XIIIe arrondissement à Paris. Né en 1970 à Charleston, en Caroline du Sud, Shepard Fairey se forme à la Rhode Island School of Design avant de créer ses premières campagnes de stickers parodiques, destinées à dénoncer la propagande américaine. Considéré comme l’un des artistes Street Art les plus provocateurs et les plus influents du moment, il s’est notamment rendu célèbre en 2008 en réalisant HOPE, l’affiche de campagne de Barack Obama. La même année, il dévoilait à Paris son œuvre Earth Crisis, un globe géant de 8 mètres de diamètre placé au cœur de la Tour Eiffel en l’honneur de la COP21.

Obey a créé Liberté, Égalité, Fraternité en fusionnant son célèbre projet Make Art Not War avec le drapeau français qui avait envahi les réseaux sociaux après les attentats de 2015. L’image, dont le style et le graphisme empruntent aussi bien au poster publicitaire qu’au prospectus politique et à l’affiche Art Nouveau, associe ainsi la figure stylisée de Marianne, icône de la Nation, aux deux grands symboles républicains (hérités de la période révolutionnaire) que sont le drapeau tricolore et la devise de la République française. D’autres motifs viennent enrichir la portée universelle de cette représentation, en particulier le symbole « Peace & Love » qui, dans la partie basse de la cocarde, abrite la signature de l’artiste, ou encore les deux pinceaux qui, en lieu et place des très martiales épées croisées de l’héraldique militaire, viennent encadrer le médaillon. Différents éléments végétaux stylisés (hibiscus placés dans la coiffure de Marianne, palmettes, marguerites, etc.) animent également cette composition très hiératique comme autant de symboles de vie, d’abondance et de renouveau. Dès lors, on comprend mieux la présence, ce 31 décembre aux côtés du président Macron, de cette œuvre qui, d’une part, manifeste immédiatement le non-conservatisme du chef de l’État, et, d’autre part, réaffirme le nécessaire renouvellement du pacte républicain pour faire face, notamment, à la menace terroriste.

street art elysées 1

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lundi 1 janvier 2018

Emmanuel Macron... again (en version courte)

Avec un air  de plagiat ? non ?

"Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays."

John Fitzgerald Kennedy

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"À quoi bon ce discours amphigourique?", demande Mélenchon après les voeux de Macron

La signification de ce mot a éveillé la curiosité des internautes.

POLITIQUE - "Amphigourique". Un mot dont la signification n'est pas forcément connue de tous, mais bel et bien de Jean-Luc Mélenchon. C'est ainsi que le leader de la France Insoumise a qualifié les voeux d'Emmanuel Macron, diffusés ce 31 décembre à 20 heures, comme le veut la tradition.

Dans un tweet, le député s'indigne: "Quelqu'un lui dit que c'est réveillon? À quoi bon ce discours amphigourique?". Et grâce à ce dernier, plusieurs internautes ont indiqué avoir appris la définition de ce mot.

Selon la définition du Larousse, "amphigourique" se dit "d'un style, d'un écrivain embrouillé et obscur". Plus précisément, il s'agit d'une "figure de rhétorique qui consiste à écrire un discours ou un texte de manière volontairement burlesque, obscure ou inintelligible. Par extension, écrit ou discours dont les phrases, contre l'intention de l'auteur, ne présentent que des idées sans suite et n'ont aucun sens raisonnable".

Ce n'est pas la première fois que le député insoumis emploie ce terme. Dans un billet publié sur son blog en 2012, intitulé "Cette fois ci, c'est la bonne?", il qualifie également un discours de François Hollande portant sur les questions de défense de la même manière: "Le discours suinte surtout un ennui profond. L'utilisation amphigourique des mots 'déterminé' et 'détermination', encadre un empilement de phrases creuses. Cependant sur les questions de fond, le ton monocorde et pâlichon est aussi un habile camouflage pour un tournant atlantiste sans précédent chez les socialistes".

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2018 = Cinquantenaire de Mai 68....

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Christine Lagarde

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2018 : ce qui va changer pour les Français à partir de ce 1er janvier

Vaccins obligatoires, hausses des prix des carburants, du gaz et du tabac, revalorisation du smic… Découvrez les nombreux changements du quotidien à partir de janvier.

Le début d’année signe l’entrée en vigueur de nombre de mesures votées ou décidées dans les derniers mois de l’année 2017, dont certaines auront un impact immédiat sur la vie quotidienne. Retrouvez ci-dessous la liste de tout ce qui changera, souvent dès le 1er janvier 2018 :

Onze vaccins obligatoires

Un paquet de cigarette plus cher

Hausse de 2 euros de la participation du patient pour un séjour à l’hôpital

Droits aux soins funéraires pour les malades du VIH

Le tarif du stationnement en ville aux mains des mairies

Hausse des prix de l’essence et du diesel

Prime à la conversion automobile

Nouveaux Vélib’dans les rues de Paris

Hausse des prix des timbres

Revalorisation du smic

Hausse de la CSG, baisse des cotisations salariales

Restauration du jour de carence dans la fonction publique

Généralisation du bulletin de paie simplifié

L’ISF devient impôt sur la fortune immobilière (IFI)

Un prélèvement de 30 % sur l’épargne

Début de l’exonération de la taxe d’habitation

Fin progressive du RSI pour les indépendants

Hausse du prix du gaz

Entrée en vigueur du chèque énergie

Santé et sécurité sociale

 

Onze vaccins obligatoires pour les nouveau-nés

Onze vaccins, contre trois, deviennent obligatoires pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Aux vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite, s’ajoutent désormais ceux contre la coqueluche, la rougeole, les oreillons et la rubéole (le ROR), l’hépatite B, la bactérie Haemophilus influenzae, contre le pneumocoque et le méningocoque C.

Ces vaccins seront indispensables pour l’accès en collectivité (crèche, école…). Les antivaccins, eux, dénoncent la mesure prise par le gouvernement. Dans les faits, 70 % des enfants reçoivent déjà ces vaccins.

Hausse du prix du tabac

Pour réduire la consommation de tabac, le gouvernement a prévu des augmentations successives pour atteindre, d’ici à novembre 2020, un prix de 10 euros le paquet de vingt cigarettes. La prochaine hausse, de 1,10 euro par paquet, est prévue pour mars 2018.

En attendant, le prix de certains paquets de cigarettes baissera de 20 centimes le 2 janvier, à la suite d’ajustements des prix de la part des fabricants.

Hausse du forfait hospitalier

Le gouvernement a choisi d’inscrire dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale l’augmentation de deux euros du montant du forfait hospitalier, inchangé depuis 2010, une hausse qui présente l’avantage d’être – en apparence – indolore pour la plupart des Français, car pris en charge par leur complémentaire santé.

A partir du 1er janvier, la participation du patient à son séjour à l’hôpital passera donc de 18 euros à 20 euros par jour en hôpital ou en clinique et de 13,50 euros à 15 euros par jour dans le service psychiatrique d’un établissement de santé. Soit près de 200 millions d’euros supplémentaires qui iront directement dans les caisses des hôpitaux.

Droit aux soins funéraires pour les malades du VIH

Alors qu’ils en sont exclus depuis trente-deux ans, les malades atteints par le VIH – et par les virus des hépatites – pourront bénéficier de soins funéraires, ces maladies ayant été retirées, en juillet 2017, de la liste des « maladies transmissibles pour lesquelles les soins funéraires sont interdits ». Le refus de pratiquer les mesures de thanatopraxie assurant la conservation du corps par des injections de produits aboutissait à des situations telles que l’impossibilité pour les proches de voir le défunt dans de bonnes conditions.

Transports, énergie et communication

Réforme du stationnement en ville

Les villes vont pouvoir fixer le tarif du stationnement des automobiles ainsi que le montant du forfait remplaçant l’amende, les infractions étant désormais dépénalisées. A Paris, par exemple, seul un automobiliste sur dix s’en acquitte, représentant un manque à gagner de plus de 200 millions d’euros pour la municipalité.

Augmentation des prix à la pompe

Les prix des carburants vont augmenter de 7,6 centimes par litre pour le gazole et 3,84 centimes pour l’essence. Le gouvernement entend aligner la fiscalité du gazole sur celle de l’essence d’ici 2021. Aujourd’hui, les taxes sur le carburant représentent plus de 60 % du prix du diesel. Avec une hausse de 10 %, la baisse du prix du pétrole en 2017 devrait être complètement annihilée.

Prime à la conversion automobile

Le gouvernement offre 1 000 euros aux automobilistes (2 000 euros pour ceux non imposables) vendant leur vieille voiture (avant 1997 pour les modèles essence, 2001 ou 2006 pour les diesel) pour en acheter un véhicule neuf ou une occasion récente, et jusqu’à 2 500 euros pour l’achat d’un modèle électrique, soit une baisse par rapport à la prime actuelle de 4 000 euros. Une prime à laquelle s’ajoute l’aide de 6 000 euros octroyée pour l’achat d’un véhicule électrique qui est, elle, reconduite. Objectif de cette « prime à la conversion » : sortir 100 000 véhicules polluants du parc automobile en 2018.

De nouveaux Vélib’dans les rues de Paris, mais avec un peu de retard

Lancé en 2007, le système de vélos en libre-service de Paris sera géré, à partir de janvier, par Smovengo et non plus JC Decaux. L’offre sera élargie à soixante communes de la région en 2018. Mais cette nouvelle mouture du Vélib’ne sera pas pleinement opérationnelle à la fin mars, du fait d’un retard pris dans le déploiement du dispositif : seule « une centaine de stations [seront] opérationnelles début 2018 », contre 300 prévues initialement. Plus légers, plus solides, connectés, ces nouveaux Vélib’, dont 30 % seront dotés d’une assistance électrique, pourront être garés dans une station même lorsque celle-ci est déjà pleine.

Autre nouveauté au 1er janvier, la hausse du prix des abonnements : l’abonnement classique passera de 29 euros à 37,20 euros par an. Il en coûtera 99,60 euros par an pour un vélo électrique. Toutefois, compte tenu des retards dans le déploiement, les abonnés actuels « bénéficieront d’un crédit de trois heures offertes, pour tester sans surcoût les nouveaux Vélib’électriques ou prolonger leur usage des vélos mécaniques » et les nouveaux souscripteurs bénéficieront de 50 % de réduction sur leur abonnement mensuel en janvier, février et mars.

Hausse des prix des timbres

Les prix des services postaux vont augmenter de 4,7 % en moyenne en 2018. La lettre prioritaire à timbre rouge passera au 1er janvier de 0,85 à 0,95 euro (+ 11,7 %), approchant le seuil symbolique de 1 euro. A la fin de 2014, le timbre rouge valait encore 0,66 euro.

La hausse du timbre vert, qui correspond à une expédition en 48 heures et représente 60 % des envois ordinaires, est à peine moins forte : son prix qui passera de 0,73 à 0,80 euro (+ 9,5 %). Pour les envois de colis pour les particuliers, les tarifs progresseront de 1,5 %. Soit 4,95 euros pour un Colissimo France de moins de 250 g. Le coût d’une lettre recommandée augmentera de 2 %.

Salaires, épargne et impôts

Revalorisation du smic

Un salarié payé au smic touchera 20 euros de plus en janvier, puis 15 euros supplémentaires à partir d’octobre, grâce à la revalorisation mécanique du salaire minimum et à l’exonération des cotisations chômage et maladie. Le smic passera de 9,76 euros à 9,88 euros brut de l’heure (7,83 euros net), soit 1 498,47 euros brut par mois (1 188 euros net). Le gouvernement s’est contenté d’appliquer la formule de revalorisation automatique du smic, sans appliquer de « coup de pouce », alors que des économistes lui recommandaient d’abandonner le système d’indexation du salaire minimum.

Hausse de la CSG, baisse des cotisations salariales

La contribution sociale généralisée (CSG) augmentera de 1,7 point. Cette hausse concerne tous les salaires, mais aussi les revenus du patrimoine ou encore les produits de placements. Les allocations-chômage, les indemnités journalières de la Sécurité sociale ou encore les retraites bénéficiant d’un taux réduit de CSG sont en revanche épargnées.

En parallèle, les cotisations salariales maladie et chômage prélevées sur les salaires sont supprimées. La cotisation maladie (0,75 %) est supprimée dès janvier, alors que la cotisation chômage sera abaissée en deux temps (1,45 point en janvier, 0,95 point en octobre). Les salariés, à l’exception des fonctionnaires, devraient ainsi gagner en pouvoir d’achat dès le mois de janvier.

Restauration du jour de carence pour les fonctionnaires

A partir du 1er janvier, l’arrêt maladie des fonctionnaires ne sera rémunéré qu’à partir du deuxième jour. Cette disposition, mise en place par Nicolas Sarkozy en 2012, avait été supprimée en 2014 par François Hollande. L’objectif du gouvernement est de « lutter contre le micro-absentéisme qui désorganise les services, alourdit la charge de travail des collègues en poste et coûte environ 170 millions d’euros par an ». En comparaison, trois jours de carence sont imposés dans le privé, mais l’employeur compense souvent la perte de rémunération.

Généralisation du bulletin de paie simplifié

Testé en 2016 dans une dizaine d’« entreprises-pilotes », appliqué ensuite aux sociétés d’au moins 300 personnes, depuis janvier 2017, le toilettage du bulletin de salaire se généralise à tous les employeurs au début de 2018. L’objectif de cette réforme était double : rendre plus compréhensible la fiche de paie, qui « bat des records de complexité » par rapport à d’autres pays européens, et en faire un « instrument de pédagogie » sur le système de protection sociale.

L’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) devient impôt sur la fortune immobilière (IFI)

L’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est supprimé et transformé en un impôt sur la fortune immobilière (IFI). Avec ce nouvel impôt, les valeurs mobilières, comme les actions, ne sont plus assujetties à l’impôt sur la fortune. Le gouvernement espère ainsi développer l’investissement dans l’activité économique. Cette mesure phare du programme de campagne du candidat Macron lui vaut l’étiquette de « président des riches ». Pour tenter de calmer les esprits sur ce sujet hautement inflammable, le gouvernement a accepté des amendements de la majorité pour taxer les signes extérieurs de richesse (bateaux de plaisance, voitures de sport, métaux précieux).

Une « flat tax » de 30 % sur l’épargne

Mesure parmi les plus controversées du budget 2018, l’introduction d’une « flat tax » de 30 % sur les revenus du capital a été adoptée par les députés le 11 octobre, au terme de vifs débats entre la majorité et la gauche ainsi qu’une partie de la droite.

Un prélèvement forfaitaire unique de 30 % est donc mis en place sur l’ensemble des revenus mobiliers, à l’exception du Livret A, du plan épargne en actions (PEA) et des contrats d’assurance-vie de moins de 150 000 euros et gardés plus de huit ans. Les plans épargne logement (PEL) ouverts à partir de janvier y seront donc soumis.

Début de la suppression de la taxe d’habitation

Le changement ne sera réellement palpable qu’à la fin de l’année 2018, au moment de payer la taxe d’habitation, mais environ 85 % des ménages (les 15 % restants ne payant déjà pas de taxe d’habitation) verront cet impôt diminuer d’un tiers en 2018. Il sera encore réduit en 2019. Emmanuel Macron a confirmé, samedi 30 décembre, lors de la signature des trois dernières lois votées au Parlement, dont celle du budget 2018, vouloir supprimer la taxe d’habitation pour l’ensemble des ménages en 2020.

Pour bénéficier de cette baisse, un célibataire ne doit pas dépasser le plafond de 27 000 euros de revenu fiscal de référence ; 43 000 euros pour un couple sans enfant ; 54 000 euros pour un couple avec enfants.

Fin progressive du RSI pour les indépendants

Les indépendants verront leur régime social progressivement intégré au régime général et bénéficieront de deux baisses de cotisations (– 2,15 points sur les cotisations famille, et exonération accrue des cotisations d’assurance maladie et maternité). Pour les 6,5 millions d’assurés (commerçants, artisans, professions libérales, micro-entrepreneurs, actifs comme retraités, et leurs familles) rien ne change ou presque le 1er janvier. Les règles de calcul des cotisations et prestations sont maintenues. Une « période transitoire » de deux ans est prévue pour intégrer les indépendants au régime général.

La réforme vise à améliorer le service rendu aux indépendants qui ont « perdu confiance » dans le RSI, handicapé par de nombreux dysfonctionnements depuis une réforme datant de 2008.

Logement

Hausse du prix du gaz

Les tarifs réglementés du gaz naturel, appliqués par Engie augmenteront en moyenne de 6,9 % au 1er janvier, du fait notamment de la hausse d’une taxe, selon une délibération de la Commission de régulation de l’énergie. Hors taxes, les tarifs augmenteront en moyenne de 2,3 % au 1er janvier, reflétant la hausse des prix du gaz sur les marchés de gros.

Depuis l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence, les 10,6 millions de consommateurs français abonnés au gaz ont le choix entre les tarifs réglementés de l’ancien monopole et les prix de marché, proposés tant par Engie que par ses concurrents (EDF, Direct Energie, Eni, Lampiris, etc.).

Chèque énergie pour les plus démunis

Les tarifs sociaux de l’électricité et du gaz sont remplacés par le « chèque énergie ». Il devrait aider 4 millions de ménages en situation de précarité à payer leurs factures. D’un montant de 150 euros en moyenne en 2018, il sera versé au printemps.

En septembre, le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, avait précisé que ce chèque concernait les ménages avec des revenus annuels de moins de 7 500 euros pour une personne seule et de 16 100 euros pour un couple avec deux enfants.

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dimanche 31 décembre 2017

Les premiers vœux très convenus d'Emmanuel Macron pour 2018

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Dans le secret, Macron prépare ses premiers vœux aux Français

Par Solenn de Royer - Le Monde

Le chef de l’Etat devrait s’exprimer depuis l’Elysée le 31 décembre, dans une « forme qui devrait rester classique », et livrer un rapide bilan des sept mois écoulés.

Comment réveiller un rituel vieux comme la Ve République ? En ménageant un effet de surprise. Emmanuel Macron, qui est rentré vendredi de Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées), prépare ses premiers vœux aux Français, dans le secret. Le président, qui aimerait imprimer sa marque, a envisagé à peu près tous les scénarios : se rendre auprès des troupes ou sur une frégate en opération extérieure pour rappeler que « la France est en guerre », parler plus tôt (avant 20 heures) ou depuis la province… Au final, il devrait s’exprimer depuis l’Elysée le 31 décembre et « la forme devrait rester classique, c’est un exercice très ritualisé », croit savoir un ministre.

Une chose est sûre : très attentif aux symboles et fin connaisseur de l’histoire politique, M. Macron, qui a étudié la geste de tous ses prédécesseurs, ne laissera rien au hasard. Avant lui, MM. Mitterrand et Giscard avaient tenté de surprendre : le premier en parlant depuis Strasbourg (1988) ; le second en s’exprimant depuis son bureau, devant la cheminée, son épouse Anne-Aymone à ses côtés (1975).

M. Macron, qui s’est laissé photographier ces jours-ci sur des skis, comme VGE, et a choisi de travailler dans le « salon d’angle » du palais, comme le président centriste avait été le seul à le faire avant lui, pourrait être tenté de s’inscrire une nouvelle fois dans ce sillage en parlant depuis la même pièce. « S’il fait cela, le parallèle entre Giscard et lui sera de plus en plus fort », observe un ami. « Plus c’est gonflé, plus ça l’amuse », résume un autre proche.

« Solidarité et autorité »

Sur le fond, le chef de l’Etat devrait se livrer à un rapide bilan des sept mois écoulés, dire qu’il « tient ses engagements » et qu’il a commencé à « transformer le pays » et dessiner la « “road map” de 2018 », selon des proches. Une année dominée par le deuxième volet des réformes sociales (assurance chômage, etc.), la loi sur l’asile et l’immigration (qui risque de tendre le climat au sein de la majorité), la réforme de l’Etat et celle de la Constitution. « Les deux piliers de 2018, ce sera la solidarité et l’autorité », pronostique un fidèle. « Macron devra se montrer empathique », met en garde l’un de ses proches, alors que le président se voit parfois reprocher d’apparaître comme le « premier de cordée » d’une France qui va bien, loin des personnes plus en difficulté (chômeurs, SDF, migrants, « ceux qui ne sont rien »…).

De son côté, le chef de l’Etat termine l’année 2017 sous les meilleurs auspices. Loué à l’étranger, il est parvenu à faire passer sans résistance ses premières réformes, dont celle du marché du travail. Le chômage baisse, il remonte dans les sondages et l’opposition, en miettes, n’est pas parvenue à trouver d’angles d’attaque. Jeudi, le Conseil constitutionnel a même validé son premier budget.

M. Macron présidera un séminaire de rentrée le 3 janvier, pour dessiner l’agenda de réformes des trois prochains mois. Il devrait ensuite prononcer la plupart de ses vœux au cours de la première semaine de l’année : vœux au gouvernement, à la presse, au Conseil constitutionnel le 3 ; vœux au corps diplomatique et aux forces religieuses le 4 ; avant de s’envoler pour un long déplacement en Chine, le 7.

Posté par jourstranquilles à 07:50 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]