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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

jeudi 9 février 2017

Le dernier procureur vivant du procès de Nuremberg évoque Trump, Le Pen et le Brexit

Repéré sur The Guardian

Benjamin Ferencz a jugé les Nazis coupables de crimes contre l'humanité en 1945. Dans une interview, il revient sur son expérience et sur le monde actuel.

Lors du procès de Nuremberg, en 1945-1946, Benjamin Ferencz était le procureur en chef du coté des États-Unis. À 27 ans, l’ancien sergent s’est donc retrouvé face à 22 nazis responsables de la mort de millions de personnes. The Guardian a rencontré cet homme au parcours atypique, et l'a interrogé sur le monde d’aujourd’hui.

Et rien ne semble affecter son humeur. Trump, Poutine, le Brexit ou le sort réservé aux réfugiés n’ont pas raison de son optimisme. Il affirme ainsi au journaliste:

«Je me sens toujours très bien. Vous savez pourquoi? Parce que j’ai conscience des alternatives.»

Diplômé de droit à l’université d’Harvard, Ferencz entre très vite dans l’armée et ressort de la Seconde Guerre mondiale décoré, «pour ne pas avoir été tué dans les plus grandes batailles s’étant déroulées en Europe».

Comme il le confiait dans une interview accordée au Washington Post, il est ensuite chargé de récolter des preuves pour Nuremberg, et se rend donc dans les camps de Buchenwald, Mauthausen ou encore Flossenbürg. Ce qu’il voit là-bas et ce à quoi il assiste, Ferencz peine à le décrire autrement que par ce mot, auquel les humains ont dû s’habituer depuis un moment: «l’horreur».

«Il y avait là-bas 3.000 hommes qui, pendant deux ans, ont assassiné d’autres personnes, y compris des enfants.»

Vingt-deux commanditaires de crimes contre l’humanité sont à Nuremberg. Ils ont été choisis selon leur rang et leur éducation.

«Pourquoi seulement 22? Et bien, il y avait seulement 22 places sur le banc des accusés. C’était ridicule, mais symbolique.»

Certains coupables s’en sortiront avec une lourde peine de prison, parfois à perpétuité. D'autres seront condamnés à mort.

«N'abandonnez pas»

De cette expérience, Benjamin Ferencz en a conclu plusieurs choses. D’abord, que les pays ne sont jamais aussi forts qu’unis. À propos du Brexit, il avance

«À un moment, ils regarderont en arrière et se diront: “Mon Dieu, comment avons-nous pu être aussi arriérés?” […] Nous sommes tous frères et sœurs, la Grande-Bretagne, avec l'empire colonial qu'il a eu, devrait le reconnaître.»

Il critique au passage la volonté de Theresa May de sortir de la Cour européenne des droits de l'homme après 2020. Son slogan: «law not war», le droit, pas la guerre. Ce dont le monde a besoin, ce sont des lois très claires, un tribunal pour juger de leur application et des moyens pour s'assurer qu'elle est respectée. Un dernier critère qui fait défaut pour cet invité régulier de la Cour de justice internationale de La Haye.

Pour faire face au nationalisme de Trump, Farage ou Le Pen, il prône la compassion, le courage et la capacité de faire des compromis. Un positivisme qu’il explique ainsi:

«Des choses fondamentales comme le colonialisme et l’esclavage, les droits des femmes, l’émancipation sexuelle, marcher sur la lune, tout ça était inconcevable il n’y a pas si longtemps. Mais les miracles peuvent arriver.»

Ses trois conseils pour la jeunesse:

«Un, n’abandonnez pas. Deux, n’abandonnez pas. Trois, n’abandonnez pas.»

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lundi 16 janvier 2017

La lettre de campagne de Laurent Joffrin

Primaire : les deux gauches

Les choses sont de plus en plus claires : malgré la multiplicité des candidats, il y a bien deux gauches qui s’affrontent dans la primaire socialiste. Celle de Matignon et celle de Frangy. Manuel Valls incarne la première, jouant la crédibilité, l’expérience et la prudence coupante de ceux qui se font fort de gouverner, c’est-à-dire de choisir, quitte à laisser le rêve au vestiaire.

Hamon en premier lieu, Montebourg ensuite, incarnent celle de Frangy, quand ils furent tous deux débarqués du gouvernement Valls pour divergence publique. Cette gauche-là veut des projets audacieux, des ruptures, des envolées, quitte à franchir, ici et là, la frontière du possible. La première aime le pouvoir, quitte à y sacrifier le socialisme. La deuxième aime le socialisme, quitte à ne jamais arriver au pouvoir. La première sans la deuxième est infidèle. La seconde sans la première est impuissante. Sur un mode plus affirmé, Macron et Mélenchon, comme dans une extension sur les deux ailes, vont plus loin dans chacune des deux logiques. Tout l’art politique, dans ces circonstances, consiste à réunir ces deux sensibilités. Vincent Peillon tient ce discours. On ne l’écoute pas encore, mais son idée chemine. La gauche française n’a jamais gagné sans concilier les inconciliables. C’est en mariant l’eau et le feu que Mitterrand, Jospin ou Holl ande sont arrivés au pouvoir. Quel qu’il soit, le vainqueur de la primaire devra endosser le costume de ses prédécesseurs. A moins de considérer que l’élection est déjà perdue et de donner tout de suite à François Fillon son billet pour l’Elysée.

C’était aussi hier

• Le débat des primaires de la «Belle Alliance populaire» a attiré 1,470 million de spectateurs, soit moitié moins que le premier. Mais on avait vu l’audience de la primaire de la droite subir la même baisse de moitié lors du deuxième débat sur les chaînes d’information continue, dont la puissance est moindre. En fait, l’intérêt pour cette compétition reste au même niveau.

• Filoche soutiendra Montebourg dans la primaire. Un atout ?

• Marine Le Pen a confirmé qu’elle introduirait, si elle est élue, un «délai de carence» pour que les immigrés en situation régulière puissent bénéficier d’aide sociale ou d’éducation gratuite pour leurs enfants. Mesures parfaitement discriminatoires : les immigrés en situation régulière cotisent comme les autres et paient les mêmes impôts ; mais ils n’auront pas les mêmes droits.

• Samedi, François Fillon a rappelé l’impératif d’unité qui échoit aux leaders de la droite. C’est bien que le problème se pose, en tout cas avec les sarkozystes. Il a aussi déclaré que son projet serait le même mais qu’il sera «enrichi». Il sera donc modifié.

LAURENT JOFFRIN

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vendredi 13 janvier 2017

La Primaire de la Gauche

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mardi 10 janvier 2017

Bachar Al-Assad choisit Fillon

bachar

En marge d'une rencontre avec trois députés français, dimanche 8 janvier, le président syrien, Bachar Al-Assad, a salué la position de François Fillon au sujet du conflit qui déchire la Syrie. " Sa rhétorique concernant les terroristes ou, disons, la priorité du combat contre le terrorisme sans s'ingérer dans les affaires des autres pays, est bienvenue ", a déclaré M. Al-Assad aux micros de RTL, France Info et LCP. S'il a toujours condamné les actes de ce dernier, M. Fillon a répété à plusieurs reprises que la priorité en Syrie est de vaincre les islamistes grâce à une coalition unique avec les Russes, alliés indéfectibles de M. Al-Assad. Le " soutien " du président syrien a été peu apprécié dans l'équipe de M. Fillon. " Il aurait mieux valu qu'il se taise ", tranche un soutien du candidat à la présidentielle, qui a déjà été cité lors des vœux de Vladimir Poutine, le 30 décembre.

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samedi 31 décembre 2016

«En 2017, le risque le plus grave est de voir encore un président élu par défaut»

FIGAROVOX/ENTRETIEN - David Desgouilles fait le bilan de l'année politique 2016 pour FigaroVox et dresse les perspectives de l'année 2017.

David Desgouilles est membre de la rédaction de Causeur. Il a publié Le bruit de la douche, une uchronie qui imagine le destin de DSK sans l'affaire du Sofitel (éd. Michalon, juin 2015). Son prochain roman de politique-fiction, Dérapage, paraît le 11 janvier 2017 aux éditions du Rocher.

Quel bilan tirez-vous de l'année politique? Si vous deviez retenir trois évènements marquants?

Sur le plan international, le Brexit et l'élection de Trump figurent comme les deux événements les plus marquants, sachant qu'ils ont forcément des interactions avec notre vie politique nationale. Sur le plan national, toute l'année a été jalonnée par la primaire de droite. La victoire de François Fillon figure donc parmi les évènements marquants. Il ne faut surtout pas omettre les attentats de cet été, à Nice et Saint-Etienne de Rouvray. Enfin, le renoncement de François Hollande puisque c'est la première fois qu'un président de la Ve République n'était pas candidat à un second mandat (si on excepte évidemment Georges Pompidou qui n'en a pas eu la possibilité).

Selon un récent sondage, Macron serait l'homme politique de l'année. Que cela vous inspire-t-il?

Emmanuel Macron aurait en tout cas tort de se laisser griser par ce palmarès. Les hommes politiques de l'année précédant celle du scrutin présidentiel confirment rarement les espoirs portés en eux. L'an dernier, c'était qui déjà? Alain Juppé? Edouard Balladur, Lionel Jospin, Dominique de Villepin et d'autres encore figuraient sans doute en tête de ce type de sondage.

Cela dit, j'aurais grand tort de considérer qu'Emmanuel Macron n'a pas marqué 2016. Il a créé son mouvement politique, a démissionné puis s'est porté candidat, les sondages le créditant aujourd'hui d'un score à deux chiffres. Sans être béat d'admiration, on peut au minimum accorder de l'intérêt à cette trajectoire, pour un homme encore complètement inconnu en août 2014.

Qui sont les autres vainqueurs? Les perdants?

François Fillon constitue évidemment l'un des vainqueurs, puisqu'il a créé la surprise en mettant à la retraite deux figures marquantes de la droite française des trente dernières années, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. J'ajouterai deux personnalités: Jean-Luc Mélenchon qui a lancé une candidature dans l'esprit des institutions de la Ve, dédaignant le jeu des partis, et qui s'en trouve finalement récompensé et beaucoup plus libre de ses mouvements. Marine Le Pen figure aussi dans le camp des gagnants de 2016. En cette fin d'année, on observe qu'elle a encore progressé en popularité tout en adoptant une stratégie de distance médiatique. Mais il faudra que tout le monde tire dans le même sens qu'elle dans son parti dans la campagne et cela n'a pas l'air d'être gagné.

Côté perdants, Sarkozy, Juppé et Hollande évidemment. Nous pouvons ajouter à ceux-là Bruno Le Maire qui, l'an dernier, figurait parmi les espoirs de 2016. Il n'a pas su les confirmer.

La rupture idéologique est moins caractérisée à mon sens par le renvoi à la retraite de Sarkozy et Hollande que par les soubresauts voire les mutations sur le plan international.

2016 a vu deux anciens présidents de la République disparaître définitivement de la scène politique. S'agit-il d'une année de rupture historique?

Nicolas Sarkozy souhaitait réussir là où Valéry Giscard d'Estaing avait échoué: redevenir président avoir été battu. Tous les deux sont passés par la case «président de parti», l'un en 1988 à la tête de l'UDF, l'autre en 2014 à celle de l'UMP. Nicolas Sarkozy n'a pas su écouter ceux qui lui disaient que redevenir un chef de parti après avoir été président était rédhibitoire. Cette mise en garde a éclaté lors des débats télévisés de la primaire où on voyait un ancien Chef d'Etat contredit et peu respecté par ses anciens ministres. Le seul chemin, même s'il était aussi très escarpé, était de s'affranchir des contingences partisanes et d'être candidat en homme libre. Il n'a pas voulu de cette stratégie qui était pourtant le plan prévu en mai 2012, selon Laureline Dupont et Philippe Cohen, dans un livre publié il y a deux ans (C'était pas le plan, Fayard). Quant à François Hollande, c'est aussi parce qu'il n'était plus considéré comme un chef par son camp qu'il a été contraint à sa décision du 1er décembre. Mais c'est beaucoup plus grave car il est le président de la République en exercice. Pour autant, évoquer «une rupture historique» me paraîtrait galvaudé.

Au-delà des changements d'hommes, peut-on parler de rupture idéologique?

La rupture idéologique est moins caractérisée à mon sens par le renvoi à la retraite de Sarkozy et Hollande que par les soubresauts voire les mutations sur le plan international. La guerre contre le djihadisme, l'Union européenne qui agonise, le rôle de Vladimir Poutine ont bien davantage d'influence sur les ruptures qui pourraient bientôt intervenir dans notre pays.

Justement, sur le plan international, l'année a été marquée par le Brexit, l'élection de Donald Trump et l'échec du référendum de Matteo Renzi en Italie. Doit-on s'attendre à de pareils bouleversements en France?

Serai-je original en répondant qu'il ne faut rien écarter? L'euroscepticisme marque autant notre pays que l'Italie qui a sanctionné Renzi et le Royaume-Uni qui a voté le Brexit. La question est de savoir s'il trouvera sa traduction politique et si les Français jugeront celle-ci crédible. Il en va de même pour François Fillon dont l'élection due à sa posture conservatrice pourrait entrer en contradiction avec un programme économique dont les tenants et aboutissants sont loin de susciter une large adhésion dans le pays. Il aura à surmonter deux contradictions: celle, magnifiquement incarnée par la sentence de Russel Jacoby, «d'une droite qui vénère le Marché, mais qui en maudit la culture qu'elle engendre» ; et celle portée en germe par la primaire: 4 millions de participants alors que plus de 36 millions se rendront aux urnes. Et face à lui, on a du mal à percevoir quelqu'un capable d'être élu avec une large adhésion à son projet. Le risque à la fois le plus important et le plus grave que nous risquons de vivre en mai 2017, c'est encore un Président élu par défaut, dans un monde très dangereux.

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Hollande soigne sa sortie

Elysée (Paris VIIe), le 31 décembre 2015. Lors de ses vœux présidentiels, ce soir, François Hollande devrait insister sur le côté positif de son bilan.

VŒUX Le message de fin d’année qu’il adressera ce soir aux Français aura forcément un goût un peu amer pour le président, sorti de la bataille de 2017.

Par   Ava Djamshidi et Philippe Martinat

Jours tranquilles à l’Elysée. Comme tous les ans, François Hollande se prépare à prononcer son allocution depuis le salon Napoléon III. Pour cette dernière intervention de l’année, la scénographie reste la même que lors des vœux en 2015 : le chef de l’Etat sera debout, derrière un pupitre. Mais cette sobriété, cette apparente routine ne doivent pas cacher le caractère forcément historique du moment, puisque Hollande, qui a annoncé le 1  er décembre qu’il renonçait à briguer un nouveau mandat, adressera aux Français ses derniers vœux. Ceux d’un président sortant qui, pour la première fois sous la V e République, ne se représente pas.

Motus sur la primaire

Sa déclaration devrait durer sept à huit minutes. Enregistrée juste avant, elle sera diffusée à 20 heures et retransmise sur les chaînes de télévision. « Il réfléchit depuis longtemps à ce discours », confie un de ses proches. Il a commencé à l’écrire jeudi. Fidèle à sa méthode, il retouchera le texte jusqu’au dernier moment. Hier, François Hollande a soumis la première mouture lors d’un déjeuner avec trois de ses plus proches collaborateurs. Dans cette intervention, le président va remettre en perspective les épreuves traversées par la France. Il évoquera aussi le contexte international, l’Irak et la Syrie, la paix fragile au Mali et dans les pays menacés par le djihadisme. L’Europe, avec la future négociation sur le Brexit, devrait aussi être abordée.

Mais ces vœux ne seront pas tragiques : Hollande entend évoquer le côté positif de son bilan, le début de redressement économique, la baisse du chômage. Et se posera en défenseur du modèle social français. Une façon de cibler François Fillon, dont il critique depuis des semaines — mais sans le nommer — le programme très libéral.

Pas question en revanche de mettre un pied dans la primaire de la gauche. « Il ne veut pas se mêler des chicailleries internes », assure un de ses amis. Les conseillers de l’Elysée ont d’ailleurs reçu pour consigne de s’abstenir de tout commentaire sur la primaire. « François Hollande a considéré que, pour sa fonction comme pour lui-même, il était préférable qu’il exerce sa présidence jusqu’au bout », dit son ex-favori Emmanuel Macron. Même s’il tient toujours rigueur à ce dernier de l’avoir abandonné, Hollande est secrètement blessé par l’attitude de Valls, qui l’a poussé à renoncer. « S’il fallait faire une hiérarchie, je crois qu’il en veut plus à Valls qu’à Macron », confie un de ses proches.

Il reste que, de l’aveu d’un fidèle, le président n’a jamais été aussi libéré. « Il ne craint plus l’appréciation de tel ou tel proche, il a toujours cherché à trouver des points d’équilibre, mais là, il n’a plus rien à perdre. » « Le fait de ne pas être candidat lui donne plus de marge de manœuvre, constate un proche collaborateur. C’est triste, mais c’est comme ça. » Commentaire plein d’amertume d’un de ses proches : « On voit enfin quel président il aurait dû être. »

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dimanche 18 décembre 2016

Primaire à gauche : Six hommes, une femme et des couacs

Ils ne seront finalement « que » sept candidats à concourir à la primaire de la gauche, au grand dam des recalés.

Article de Pauline Théveniaud

« C’est parti mon kiki ! » lâche le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, en quittant la Mutualité (Paris V  e). Le top départ de la primaire de la gauche a été donné hier, avec l’officialisation de sept candidatures. « Cinq anciens ministres et un vice-président de l’Assemblée nationale. Six hommes et une femme », résume le président de la haute autorité des primaires citoyennes, le juriste Thomas Clay. Quatre socialistes, tous anciens ministres de François Hollande, s’affronteront : Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon et Benoît Hamon.

Le « temps des jeunes lions », annoncé il y a une dizaine d’années par Montebourg, est enfin venu. Le renoncement de Hollande a pimenté le match. « Cela nous évite de faire une primaire qui tourne la page du quinquennat. Il l’a tournée lui », reconnaît Benoît Hamon, quand l’entourage de Manuel Valls juge « l’affiche magnifique. Il faut valoriser cette confrontation parce qu’elle va donner envie aux gens de se déplacer ».

Gare toutefois à ne pas renvoyer l’image de divisions dignes d’un congrès socialiste. « Les boules puantes » — pour reprendre les termes de Vincent Peillon, sommé, par médias interposés, de mettre à jour ses cotisations au PS — ont commencé à fuser. Y compris en direction de Montebourg, pourtant en règle.

Hier, la Mutualité a été le théâtre d’un psychodrame façon mauvais boulevard. « Très loin du compte » en termes de parrainages, selon la haute autorité, le secrétaire national du PS, Fabien Verdier, et l’ancien inspecteur du travail, Gérard Filoche, ne se sont pas laissés refouler sans mot dire. Faisant fi des barrages de sécurité, le premier a déboulé dans la salle de presse pour crier au scandale. Le second a envoyé son avocat à la haute autorité avant même que le verdict ne soit rendu public. Filoche l’assure, sur un coin de trottoir : il déposera un recours. « Arrête ton cirque », balance Cambadélis, sur Twitter.

A deux pas de là, Pierre Larrouturou, le porte-parole de Nouvelle Donne, annonce qu’il part en quête des cinq cents signatures pour se présenter à l’élection présidentielle, faute de pouvoir participer à la primaire. Thomas Clay l’a redit hier, « ce n’est pas open bar ». Seuls les représentants des partis alliés au PS dans la Belle Alliance populaire, Sylvia Pinel (Parti radical de gauche), François de Rugy (Parti écologiste) et Jean-Luc Bennahmias (Union des démocrates et des écologistes), sont conviés. De quoi donner à la compétition un parfum de gauche plurielle, alors que le PS fait face aux aventures solo de Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et Yannick Jadot. Et la sauver du déshonneur d’un match uniquement masculin. @pauline_th

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mardi 6 décembre 2016

La revanche des premiers ministres

Les « doublures » se portent mieux que les numéros un qu’elles étaient censées servir. C’est un paradoxe, car on ne donnait pas cher de la fonction de premier ministre, lorsque le quinquennat advint en 2000.

Par Françoise Fressoz

On les disait condamnés, ils s’imposent. C’est la grande revanche des premiers ministres. A droite, l’ancien chef de gouvernement François Fillon est parvenu à battre à plate couture Nicolas Sarkozy, l’ancien président de la République qu’il avait servi durant cinq ans, à la faveur d’une primaire qui a mobilisé plus de 4 millions de votants. Sur l’autre rive politique, un premier ministre (pour quelques heures encore), Manuel Valls, s’apprête à concourir à la primaire à gauche à la place de l’actuel président de la République, François Hollande, contraint de déclarer forfait, faute d’avoir pu rassembler son camp. Une première sous la Ve République.

Les « doublures », comme les a immédiatement appelés Marine Le Pen, se portent bien. Mieux en tout cas que les numéros un qu’elles étaient censées servir. C’est un vrai paradoxe, car on ne donnait pas cher de la fonction de premier ministre lorsque le quinquennat advint, le 20 septembre 2000, par la triple volonté de Jacques Chirac, Valéry Giscard d’Estaing et Lionel Jospin. Que faire du numéro deux, alors que le président de la République perdait de facto son rôle d’arbitre du long terme pour devenir capitaine d’équipe, chef de la majorité présidentielle, investi sur tout, responsable de tout ?

Nicolas Sarkozy avait cru régler le problème en taxant François Fillon de « collaborateur ». Mal lui en prit. « Au moment où le nouveau premier ministre gravit les marches de Matignon, il commence à penser à l’Elysée », avait pourtant prévenu Georges Pompidou. Chez Manuel Valls, l’envie avouée était même antérieure. Le plus curieux n’est donc pas qu’à peine installés à Matignon, ils guignent le trône, mais que les Français leur donnent l’espoir d’y croire. Car, après tout, ils sont intimement associés au bilan de ceux qu’ils ont servis, en principe responsables des mêmes échecs et donc sujets au même coup de balai.

Fusible du couple exécutif

Et pourtant, non ! François Fillon a réussi à s’imposer dans l’électorat de droite comme l’antithèse de Nicolas Sarkozy en termes de style et de capacité à engager les réformes. Lui, c’est sûr, oserait. Il était si sérieux. Quant à Manuel Valls, le moteur de l’épopée qu’il mène depuis le début du quinquennat de François Hollande réside dans sa capacité à « cheffer », jugée sensiblement supérieure à celle du président de la République.

Par une étrange inversion des rôles, le chef de l’Etat est devenu le fusible du couple exécutif, alors que le premier ministre, à force de durer et d’endurer, peut, s’il s’y prend habilement, faire figure de recours : on le crédite en effet de bien connaître les dossiers, ce qui, par temps de crise, est un incontestable « plus » sur tous les autres concurrents. A condition, aussi, qu’il ait su envoyer les bons messages au bon moment, on le perçoit comme moins sensible aux humeurs de l’opinion que le monarque qu’il a servi, donc apte à prétendre à son tour au changement.

LE PLUS CURIEUX EST QUE LES FRANÇAIS LEUR DONNENT L’ESPOIR D’Y CROIRE. CAR ILS SONT INTIMEMENT ASSOCIÉS AU BILAN DE CEUX QU’ILS ONT SERVIS, EN PRINCIPE RESPONSABLES DES MÊMES ÉCHECS

Encore faut-il que le meurtre du père s’accomplisse proprement. Après avoir trébuché au lendemain de la défaite de 2012, François Fillon a triomphé quatre ans plus tard. Son score à la primaire des 20 et 27 novembre était tellement incontestable que Nicolas Sarkozy n’a pu que se rallier à son ancien premier ministre. Manuel Valls est dans une situation autrement plus inconfortable. Il part à la bataille dans un champ de ruines, sans le soutien de François Hollande et avec l’image de Brutus qui lui colle à la peau. Le chef de l’Etat a beau être à terre, il n’a pas encore dit son dernier mot.

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vendredi 2 décembre 2016

La une de Libération ce matin

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mercredi 30 novembre 2016

François Hollande

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