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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

samedi 17 mars 2018

Auschwitz - Czesława Kwoka, 14 ans

Wilhelm Brasse

Données clés

Naissance        3 décembre 1917

Décès  23 octobre 2012 (à 94 ans)

Nationalité        Polonaise

Profession      photographe

Activité principale       

1940-1945

Wilhelm Brasse, né le 3 décembre 1917 à Żywiec et mort le 23 octobre 2012 dans la même ville, est un photographe polonais pendant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie

Brasse est d'origine mixte autrichienne-polonaise et a étudié la photographie à Katowice. Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Brasse refuse de signer le "Volksliste" qui lui est accordé en raison de son origine germanique, et de rejoindre l'armée allemande. En 1939, il travaille pendant un certain temps dans un laboratoire de photos à Krynica-Zdrój, puis tente de traverser la frontière avec la Hongrie pour rejoindre l'armée polonaise.

Photo prise par Wilhelm Brasse ; elle montre Czesława Kwoka, 14 ans, morte en 1943 à Auschwitz

Il est arrêté le 31 août 1940 et envoyé au camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau. Dès 1941, il est employé pour photographier les prisonniers nouvellement arrivés dans le camp. Brasse fait de chaque prisonnier une série de trois images : la coiffure, de face et de chaque côté. Il quitte Auschwitz en janvier 1945 avec le dernier convoi de prisonniers et est transféré au camp de concentration de Mauthausen et plus tard au sous-camp de Melk, où il est libéré par les Américains.

Après avoir photographié environ 50 000 prisonniers, il n'a plus jamais pris la caméra après la guerre.

En 2005, le documentaire Portrecista (le portraitiste) de Ireneusz Dobrowolski, porte sur Brasse et son travail à Auschwitz.

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Czesława Kwoka, 14 ans

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jeudi 15 mars 2018

In memorem - AUSCHWITZ

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Ces photos Czesława Kwoka prise dans le camp d'Auschwitz en 1943 ont été colorisée par l'artiste brésilienne Marina Amaral. — DR - Marina Amaral

Le 12 mars 1943, Czesława Kwoka, une adolescente polonaise de 14 ans a succombé, à Auschwitz (Pologne), à une injection de phénol dans le cœur. « Selon le témoignage d’un survivant [du camp de concentration et d’extermination], Wilhelm Brasse, (…) elle a été battue par l’un des gardes », précise le Mémorial d’Auschwitz qui a posté mardi sur Twitter, soixante-quinze ans après sa mort, des portraits de la jeune fille photographiée juste après qu’elle a été rouée de coups.

Une série de clichés qui a été colorisée par l’artiste brésilienne Marina Amaral. Cette dernière s’est également exprimée sur Twitter : « Czesława Kwoka avait seulement 14 ans, mais elle était plus courageuse que je ne le serai jamais. Si je me fais une petite coupure au doigt, c’est la fin du monde. Elle, a été tabassée par un kapo, mais elle a l’air si forte. Cela m’est apparu encore plus réel et puissant après que j’ai colorisé les ecchymoses et le sang sur son visage. »

Sur la version en couleur de l’image, le triangle cousu sur la tenue de la jeune fille est rouge. « Czesława était considérée comme une prisonnière politique car elle vivait à Zamosc. Elle est restée dans le camp seulement trois mois avant d’être tuée – moins d’un mois après sa mère, Katarzyna Kwoka, qui a connu le même sort », informe Marina Amaral.

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« Regardez les yeux de Czesława »

« Je crois fermement au pouvoir que revêt le fait de voir des visages comme celui de Czesława en couleurs, explique l’artiste. Comme je l’ai souvent dit, il est bien plus facile de s’identifier à ces personnes une fois que l’on comprend et qu’on les VOIT comme de vrais êtres humains. Cela peut paraître absurde. Mais s’il est nécessaire d’en passer par là pour apprendre quelque chose et se sentir plus intimement concerné, alors, qu’il en soit ainsi. (…) Cela n’a rien à voir avec moi ou mon travail mais avec le pouvoir qu’ont les couleurs de nous faire comprendre que ces gens qui vivaient des centaines d’années avant nous avaient aussi des familles, des amis et des rêves et ont vécu des moments difficiles – tout comme nous. Regardez les yeux de Czesława. »

Le tweet du Mémorial d’Auschwitz a suscité des centaines de commentaires, a été retweeté plus de 7.500 fois et "favorisé" par plus 36.400 personnes. Les réactions confirment ce qu’explique Marina Arabal. « Absolument déchirant », avance une internaute quand un autre compare ces images à celles, actuelles, « du génocide des Rohingyas, des crimes de guerre syriens, de la brutalité policière envers les Afro-Américains. Ce regard est obsédant.

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L’artiste signale que si elle a pu faire ce travail de colorisation, c’est parce que cette photo est tombée dans le domaine public et qu’elle ne réitérera l’expérience que si elle a la permission de le faire. Marina Amaral s’est fait une spécialité de faire passer à la couleur des photographies historiques, qu’il s’agisse d’un portrait de Lincoln ou d’images du Débarquement.

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samedi 3 mars 2018

Arromanches - port artificiel D Day

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mercredi 7 février 2018

Vestiges des défenses du Mur de l'Atlantique - Seconde Guerre Mondiale

Trois vestiges de la guerre ont ressurgi à Kerminihy

Un pieu de défense est sorti du sable et semble observer le banc de sable formé, suite aux tempêtes. La porte belge dont on aperçoit les rouleaux qui lui permettaient d’être transportée. En bas, le sommet d’un tétraèdre, qui avec les portes belges, les asperges de Romell et des fils barbelés recouvraient les plages pour faire barrière aux débarquements des Français. En 2007, d’autres portes belges et tétraèdres avaient ressurgi et avaient été répertoriés par le musée.

Depuis début janvier, la mer et le vent ont complètement transformé la plage de Kerminihy, faisant apparaître trois vestiges de la Seconde Guerre mondiale.

L’histoire

« C’est étonnant, le paysage a complètement changé depuis mon dernier passage, en novembre », déclare un vacancier venu sur la plage admirer le banc de sable. Celui-ci a changé d’apparence en devenant beaucoup plus vaste depuis les dernières tempêtes.

Pas très loin, un cône de béton est posé sur le sable. « Il s’agit du haut d’un tétraèdre, une structure sur trois pieds servant d’obstacle aux ennemis », explique Grégory Nabat, animateur du musée des thoniers d’Étel.

Un peu plus loin, on découvre une imposante structure en métal rouillé, tombée sur son côté. « C’est un élément de Cointet, aussi appelé porte belge. Sorte de portail fermé, qui faisait, lui aussi, parti de l’arsenal de défense positionné tout au long du mur de l’Atlantique, par les Allemands ». Disposés en alignements, les portes belges et les tétraèdres se relayaient sur les plages, accompagnés des fameuses asperges de Romell, de gros pieux en bois ou en fer, sur lesquelles bien souvent des mines étaient en place.

« La porte belge qui vient d’être découverte est la 4e dans son genre sur cette plage que l’on a pu répertorier », souligne Grégory Nabat.

Le musée aimerait que ces éléments de défense soient conservés au titre du patrimoine local. « Mais ce n’est pas évident de récupérer une telle structure, et de la stocker. On y réfléchit ».

La découverte qui intrigue, le plus, l’animateur du musée est le troisième élément sorti du sable, qui semble être un pieu de défense. « On dirait qu’il a été fabriqué à partir d’un rail, peut-être provenant du train de sable qui courrait des dunes du Bégot jusqu’au port d’Étel », s’interroge Grégory Nabat. C’est en tout cas le premier du genre répertorié par le musée.

Photos : J. Snap

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vendredi 2 février 2018

Le Sénat polonais adopte une loi controversée sur la Shoah

Elle punit par des amendes ou des peines de prison ceux qui attribuent « à la nation ou à l’Etat » des crimes commis par les nazis en Pologne occupée.

Le Sénat polonais a voté dans la nuit du mercredi 31 janvier au jeudi 1er février une loi controversée sur la Shoah. Pour entrer en vigueur, celle-ci doit encore être signée par le président Andrzej Duda. Destinée à défendre l’image du pays, la mesure a irrité Israël et fait l’objet d’un sérieux avertissement des Etats-Unis.

Ce texte risque d’avoir des « répercussions » sur « les intérêts et les relations stratégiques de la Pologne », a mis en garde la porte-parole du département d’Etat américain Heather Nauert, estimant que d’éventuelles divisions entre alliés « ne profiteraient qu’à nos rivaux ». Elle a appelé la Pologne « à réexaminer la loi à la lumière de ses possibles conséquences sur la liberté d’expression et sur notre capacité à être de bons partenaires ».

La loi punit par des amendes ou des peines de prison allant jusqu’à trois ans de réclusion ceux qui attribuent « à la nation ou à l’Etat polonais » des crimes commis par les nazis en Pologne occupée. Aux yeux des conservateurs au pouvoir dans le pays, il s’agit en priorité d’empêcher qu’on utilise l’expression « camps de la mort polonais » à propos de ceux installés par le IIIe Reich dans le territoire.

La loi « conduit à falsifier l’Histoire »

Les responsables israéliens s’émeuvent surtout d’un passage où ils voient une tentative de nier la participation de certains Polonais à l’extermination des Juifs, voire la possibilité de poursuivre des survivants de la Shoah qui évoqueraient de tels cas.

Après l’adoption du projet de loi par la chambre basse, vendredi, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a vivement protesté : « Nous ne tolérerons pas qu’on déforme la vérité et qu’on réécrive l’Histoire ou qu’on nie l’Holocauste. » Mais en Pologne, le Sénat a voté le texte sans le modifier.

A Varsovie, une centaine d’artistes, de journalistes et de politiques polonais – parmi lesquels la réalisatrice Agnieszka Holland ou encore l’ancien président de gauche Aleksander Kwasniewski – ont signé un appel demandant que le texte soit amendé afin d’en éliminer la pénalisation des expressions blessantes pour la Pologne. Ils ont exhorté l’opinion publique à « maîtriser les émotions, pour le bien commun que sont la vérité et le dialogue polono-israélien depuis un quart de siècle ».

Un groupe de Juifs polonais a également publié une lettre ouverte pour dénoncer une loi qui « peut conduire à pénaliser ceux qui disent la vérité sur les délateurs polonais et ces citoyens polonais qui assassinaient leurs voisins juifs ». Les contributeurs estiment qu’elle « limite non seulement la liberté d’expression, mais avant tout conduit à falsifier l’Histoire ».

6 700 Polonais « Justes parmi les nations »

La Pologne occupée par l’Allemagne nazie fut le seul territoire où les Allemands décrétèrent que toute sorte d’aide aux Juifs était passible de la peine de mort. Le site du mémorial Yad Vashem à Jérusalem, dédié à la mémoire de la Shoah, recense 6 700 Polonais distingués comme « Justes parmi les nations ». Six millions de Polonais, dont trois millions de Juifs, ont été tués pendant la seconde guerre mondiale.

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jeudi 30 novembre 2017

Plouharnel. Le toit du bunker sera étanche et végétalisé

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Un programme chargé attend les adhérents LBMG cette année, avec notamment l’entretien du bunker au Bégo, dont le toit sera entièrement rendu étanche et végétalisé.

Six ans de travaux

« Le devis dépasse les 16 000 € HT, un investissement bénéfique », a annoncé le président. Cette action sera financée entièrement par LBMG. En 2017, l’ouverture au public de l’édifice, construit lors de la Seconde Guerre mondiale, jumelé avec les visites du site du Bégo, a connu un grand succès. « Cela nous a demandé un effort financier important, et plus de six ans de travaux pour le restaurer. Il est notre siège, notre image, et aussi notre réputation. Nous allons l’ouvrir au public encore plus, et multiplier les visites du site du Bégo », a déclaré Jean-Pierre Morane, vice-président.

Devenu référence historique au-delà de la région, le site du Bégo est aussi un point géographiquement central, dans ce que sera le futur Grand site de France. Chaque mois, des journées de travail sont consacrées à la restauration du bunker.

Un mini-camp reconstitué

Du 8 au 12 mai 2019, l’association y reconstituera un nouveau camp allié, future reconstitution historique grandeur nature. Travailleurs de l’ombre, les adhérents ont participé à de nombreuses activités toute l’année, et organisé des expositions comme « Les ailes de la victoire », des reconstitutions comme un mini-camp en août, ou encore des cérémonies en partenariat avec l’Union nationale des combattants (UNC) et l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), notamment sur plusieurs communes du département.

En 2018, un week-end important attend les adhérents avec la bourse aux armes qui sera organisée cette année à Plouharnel, à l’espace culturel. Liberty Breizh reconstituera un mini-camp place Saint-Armel, durant ce week-end.Du 5 au 18 novembre, lors des fêtes du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, l’association organisera un grand show, en partenariat avec l’UNC.

Gérard Pierre, maire, a souligné « ces belles actions, avec des retentissements exceptionnels. Les jeunes ont besoin de connaître cette histoire, enseignée au travers de vos actions. Et les institutions y sont aussi de plus en plus sensibles ».

L’association compte 68 membres actifs, dont 45 étaient présents à l’assemblée générale, dimanche. La cotisation est de 20 €, et 30 € pour un couple.

Voir mes précédents billets : Cliquez ICI

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vendredi 13 octobre 2017

in memorem - Père Lachaise - Enfants déportés

Anne Hidalgo : Au Père Lachaise pour l'inauguration du monument en hommage aux 11 450 enfants et adolescents juifs déportés de France. Face à l'inhumanité, chacun peut garder ou reprendre espoir dans la nature humaine en posant son regard sur l'enfance cachée, respectée, sauvée.

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lundi 9 octobre 2017

Dominique Lormier. « La Collaboration reste un sujet tabou en France »

La liste officielle des 100.000 collaborateurs français de la Seconde Guerre mondiale est désormais publique. L'historien Dominique Lormier raconte (*) comment elle a été bâtie et approuvée. Un véritable tableau historique et social de la France qui explique aussi comment certains sont passés à travers les gouttes.

> Comment a été constituée la liste des 100.000 collaborateurs français ?

Elle a été constituée par le contre-espionnage français, sous la responsabilité d'un Breton, le lieutenant-colonel Paillole, qui fut l'un des rares officiers français à être informé de la date du Débarquement en Normandie. Ce fichier a été réalisé dès l'Occupation, jusqu'à la Libération.

> On peut donc le considérer comme fiable ?

En partie. Le thème de mon livre est justement de montrer qu'il y a eu des oublis volontaires et que la collaboration économique a été totalement sous-estimée. Les grands patrons n'y figurent pas. Cela est dû à la volonté du général de Gaulle, afin de relancer la machine économique après la guerre. La lutte des classes apparaît ainsi clairement à travers ce fichier, illustrée par une entraide évidente entre grands industriels et monde politique. Les petits patrons qui avaient un ou deux employés n'ont pas été épargnés, eux.

> Que nous dit cette liste de la répartition des collaborateurs sur tout le territoire ?

Dans ce fichier figurent les « actifs ». Si on avait compté les sympathisants, il faudrait multiplier ce chiffre de 100.000 par deux ou par trois. La collaboration a été largement répartie sur l'ensemble du territoire mais d'un département à l'autre, nous n'avons pas la même sociologie chez les miliciens. Vous avez la noblesse et la haute bourgeoisie dans certaines régions, des ouvriers et des classes moyennes dans d'autres. Des gens d'extrême droite et d'extrême gauche se sont également retrouvés dans la haine du système parlementaire.

> Pourquoi la liste est-elle déclassée maintenant ?

Elle est sortie au moment du procès de Maurice Papon, en 1997. On s'est alors rendu compte que, parmi les gens qui accusaient Papon, certains figuraient dans le fichier... Il a donc été décidé de ne pas l'utiliser et de la mettre en veille. Jusqu'en décembre 2015, date à laquelle le gouvernement a décidé de rendre accessibles les archives de la Collaboration aux historiens. Cette liste est donc désormais officielle et publique.

> En travaillant le sujet et en publiant ce livre, ne craignez-vous pas de réveiller le climat d'après-guerre, avec des familles de nouveau montrées du doigt ?

Nous avons voulu écrire l'histoire du fichier sans faire de délation. Si nous avions publié intégralement les noms, il y aurait eu des suicides ! Donc nous avons avancé de manière prudente, en citant tout de même pas mal de noms de gens qui ont réellement été condamnés pour collaboration. Ces noms de collaborateurs, dans chaque région, sont publics. Et leurs descendants connaissent leur histoire. Nous n'avons pas non plus puisé dans les noms des « suspects » et des « douteux » du fichier. La plupart n'ont d'ailleurs pas été jugés, bien qu'ayant réellement agi pour la collaboration. Mais il y a tout de même pas mal de noms surprenants qui apparaissent, comme celui d'un grand comédien... Dans le milieu du cinéma ou du théâtre, il fallait montrer patte blanche à l'occupant pour travailler. Sauf à partir aux États-Unis ou à s'engager comme Jean-Pierre Aumont, Jean Marais ou Jean Gabin.

> Vous écrivez que cette liste « entérine une forme d'épuration sauvage »...

Cette période a permis tous les règlements de comptes. Elle a laissé s'exprimer toutes les jalousies sociales. Dans chaque département français, il y a eu, en moyenne, 200 personnes abattues pour des raisons de politique ou de jalousie, et non pour des faits de collaboration. J'établis aussi un parallèle entre ces femmes violées et humiliées par des FFI (Forces françaises de l'intérieur) de la dernière heure, en 1945, et des hommes comme Bousquet et Papon, impliqués directement dans la déportation des juifs, qui sont ensuite devenus des notables de la IVe et de la VeRépublique.

> À travers les témoignages de jeunes collabos, on découvre des engagements qui ne semblent pas être le fruit d'errance de jeunesse...

Nous avons les témoignages de Français qui s'engagent dans la Waffen SS en 1944 alors qu'ils savent très bien que la guerre est perdue. Mais ils sont fascinés et préfèrent fuir le monde réel. Ils s'engagent dans une quête spirituelle et mystique, fondée sur la haine de la démocratie, avec une vision totalement manichéenne du monde. Ils assument totalement leur engagement, comme Drieu laRochelle.

Où l'on découvre aussi que des syndicalistes de la CGT viennent en aide aux ouvriers sinistrés par les bombardements en leur distribuant des biens provenant de la spoliation des juifs...

Il y a effectivement eu beaucoup de gens de gauche dans la Collaboration. On oublie que l'Allemagne était nationale et socialiste. Certes ce socialisme était très éloigné de celui de Léon  Blum mais il existait tout de même. Des gens de gauche, déçus par la IIIeRépublique, ont cru trouver une troisième voie dans le fascisme. Cela démarre dès les années 30, avec des personnalités comme Adrien Marquet, maire de Bordeaux, qui a fait l'éloge funèbre de Jaurès avant d'être fasciné par le fascisme de Mussolini.

> En tant qu'historien, qu'apporte selon vous la publication de cette liste aux contemporains que nous sommes ?

Cela nous permet de comprendre les motivations, extrêmement diverses, des gens qui ont collaboré. La défaite de 1940 est un véritable traumatisme national car on assiste à l'effondrement de la grande puissance coloniale qu'était la France. Les pensées politiques dominantes, comme le radical-socialisme, sont laminées. On se tourne alors vers le vainqueur du moment car beaucoup de Français sont persuadés que la guerre va être gagnée par l'Allemagne et qu'il faut s'entendre avec elle, quitte à trouver des boucs émissaires, à travers les juifs notamment. C'est aussi la mise en lumière de la nature humaine. La Collaboration n'est pas une spécificité française. Elle a été beaucoup plus forte en Belgique et en Hollande. Mais quand la France n'a pas sa dimension de grandeur et d'humanisme, elle retombe dans les vieux clivages et dans un climat social délétère.

> La France n'a toujours pas fini de panser ses plaies ?

Non. La Collaboration reste un sujet tabou en France. Mais il faut avoir une vision panoramique des choses, et si l'on additionne toutes les forces de la Résistance, on arrive à un chiffre bien plus élevé que celui des collaborateurs. Ce qu'a toujours souligné quelqu'un comme Simone Veil.

* « Les 100.000 collabos », Éditions du Cherche Midi, 400 pages, 22 €.

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samedi 2 septembre 2017

Espionnage. Décès de la Briochine Jeannie de Clarens

Originaire de Saint-Brieuc, Jeannie de Clarens, née Rousseau, s'est éteinte, il y a une semaine, à l'âge de 98 ans. Installée à Dinard (35) durant la Seconde Guerre mondiale, elle a effectué un travail d'interprète entre les services de la Ville et les autorités allemandes. L'occasion pour elle d'obtenir des informations sur l'occupant, qu'elle n'hésita pas à transmettre aux résistants locaux. Ce qui lui vaudra une première arrestation en 1941. De retour à Paris, en 1942, elle intégra Druides, un sous-réseau de résistance rattaché au réseau de renseignement Alliance. Son nom de code : Amniarix. En 1943, elle fournira aux Britanniques les bases du programme secret de développement des roquettes V-1 et V-2. Jeannie Rousseau De Clarens fut ensuite arrêtée par les Allemands. Après la guerre, elle fut décorée de la Légion d'honneur en 1955, avant d'être fait grand officier en 2009. En 1993, la CIA lui avait décerné le Seal Medallion « pour son héroïsme et sa contribution, durant la Seconde Guerre mondiale, en tant que membre de la résistance française ».

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mercredi 16 août 2017

Plouharnel - Télévision. Le Bego sur TébéSud aujourd'hui

Les visites ont été nombreuses de samedi à mardi au Bego, au bunker exposition rénové par l'association LBMG (Liberty Breizh Memory Group). Certains bénévoles n'ont pas hésité à dormir sur place pour être disponible dès le matin, un moment particulièrement propice à la venue des plus passionnées.

D'année en année, les visites du site du Bego suscitent de plus en plus d'engouement et de curiosité. Il n'est pas rare qu'il y ait plus d'une centaine de personnes lors des rendez-vous proposés aussi bien par l'office de tourisme que par l'association LBMG. L'histoire de ce lieu emblématique du Mur de l'Atlantique, restée longtemps ignorée, est en train d'être révélé en grande partie par le coup de projecteur et la passion extraordinaire des membres de LBMG avec l'appui de la municipalité et de l'office de tourisme. « L'association a reçu la visite d'une équipe de tournage de TébéSud lundi, explique le président, François Cailloce. Nous avons été interviewés près de la tour sur les objectifs du point d'appui allemand et des prises de vue de l'ensemble du site et de la cuve à canon n° 1 ont été prises ».

Le reportage sera normalement diffusé ce mercredi 16 août à 19 h 30 sur TébéSud (canal 33 TNT) dans le cadre de la séquence « L'instant éTé ».

Ce long week-end a marqué la fin de l'exposition provisoire de l'été. Le bunker ne rouvrira ses portes dorénavant qu'à l'occasion des journées du patrimoine les 16 et 17 septembre.

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