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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

samedi 16 juin 2018

L’appel « solennel » des professionnels de santé contre les dangers de la pornographie chez les jeunes

Par Gaëlle Dupont - Le Monde

Des professionnels de santé interpellent les pouvoirs publics sur la surexposition des mineurs aux films X.

L’appel se veut « solennel ». Plusieurs professionnels de santé, dont le président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français, Israël Nisand, qui s’exprime au nom de cette institution, ont interpellé les pouvoirs publics, vendredi 15 juin, sur les dangers de l’exposition à la pornographie pour les enfants et les adolescents. « Nous demandons simplement le respect de la loi qui interdit la pornographie aux moins de 18 ans, résume le professeur Nisand. Aujourd’hui, c’est le business qui prime. Les fournisseurs d’accès ne peuvent pas, sous prétexte de la liberté du Net, s’affranchir de la protection des mineurs. »

C’est la première fois que des professionnels de santé s’inquiètent publiquement de l’accès de plus en plus banalisé aux images pornographiques chez les jeunes. Les films, gratuits et accessibles en un clic, sont visionnés principalement par le biais des smartphones, qui échappent aux regards des parents. La rencontre avec des images pornographiques peut se produire dès le plus jeune âge, dans la cour de récréation du primaire, parfois de façon non souhaitée, lorsqu’un enfant les met sous les yeux d’un autre, ou qu’une fenêtre intempestive s’affiche.

Selon un sondage Opinionway pour 20 Minutes publié en avril, 62 % des jeunes adultes déclaraient avoir vu leurs premières images porno avant 15 ans, dont 11 % avant l’âge de 11 ans. Une exposition que les parents ont tendance à sous-estimer. Une étude Ipsos sur les addictions, rendue publique vendredi 8 juin par la Fondation pour l’innovation politique, relance l’inquiétude.

Un cinquième (21 %) des jeunes de 14 à 24 ans interrogés regarde au moins une fois par semaine du porno. Surtout, 9 % des 14-17 ans regardent ces images une ou plusieurs fois par jour. « Un jeune sur dix, c’est un chiffre élevé, surtout pour cet âge, commente Victor Delage, chargé des études à la Fondapol. L’enquête met en évidence un phénomène de poly­addictions. Ceux qui consomment beaucoup de porno passent aussi beaucoup de temps sur les réseaux sociaux et sur les jeux vidéo. Cela peut avoir des conséquences sur leurs résultats scolaires et générer un isolement social. »

Modèle à atteindre

Le psychiatre Serge Hefez, responsable de l’unité de thérapie familiale à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, participe à l’initiative. « Je vois de plus en plus de jeunes qui s’enferment dans un huis clos avec les images pornographiques, relate-t-il. Le schéma est le même que dans les autres addictions. L’excitation monte, retombe, remonte, etc. Cela ne relève plus du désir mais du besoin. » Les conséquences ? « La vision répétitive de ces images devient inhibitrice, poursuit-il. Elle remplace la vie sexuelle. Les jeunes concernés reculent devant un apprentissage de la sexualité plus progressif et délicat où l’on vainc l’inhibition à deux. »

Cependant, il s’agit d’une minorité. « Tous les jeunes ne sont pas en danger, tempère le médecin. Beaucoup prennent leur distance face à ces images. Mais ceux qui sont mal dans leur peau vont s’en emparer. » Le psychiatre a surtout été confronté à des garçons dans ce cas. La gynécologue Ghada Hatem voit de son côté surtout des jeunes filles à la Maison des femmes de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), une structure consacrée à la prise en charge des victimes de violences, où se déroulent également les consultations du Planning familial.

« Nous voyons beaucoup d’adolescentes qui ne connaissent pas leur corps, en situation d’emprise, à qui leurs petits amis font faire des choses avec lesquelles elles ne sont pas d’accord, relate-t-elle. Des façons de faire l’amour, avec des objets, à plusieurs, en pratiquant la sodomie. Ce sont des pratiques banalisées par la pornographie. »

Au cours des séances d’éducation à la sexualité qu’elle anime en Seine-Saint-Denis, Ghada Hatem a constaté un accès généralisé de ces films. « Il devient impossible d’y échapper, résume-t-elle. C’est devenu le modèle dominant. » Or, elles véhiculent une image « dégradante » des femmes, et très stéréotypée de la sexualité. Les sexes des femmes sont intégralement épilés, ceux des hommes surdimensionnés et constamment en érection, l’ordre des actions est toujours le même, les gestes souvent brutaux, les femmes toujours soumises, etc.

« Que les adultes les utilisent ne pose pas de problème, affirme Israël Nisand. Mais les jeunes n’ont pas l’appareil critique nécessaire pour se défendre. Comment construire sa propre sexualité, ses propres fantasmes, avec de telles représentations ? »

« Problème de cohérence »

Une étude qualitative menée par la chercheuse Sophie Jehel, publiée en octobre 2017, a mis en évidence une grande diversité de réactions parmi la centaine d’adolescents rencontrés. Certains (surtout des garçons) les considéraient comme un modèle à atteindre. Les filles étaient plus nombreuses à tenir un discours distancié. Une partie des jeunes, en particulier ceux qui se réclamaient d’une religion, manifestaient un rejet très fort et refusaient d’en parler. Le fait d’avoir été tenu à distance de ces images pendant l’enfance, et la qualité du dialogue au sein de la famille favorisent leur mise à distance, conclut l’auteure.

L’impact du visionnage de pornographie sur les violences faites aux femmes, qui existaient bien avant sa diffusion à grande échelle, fait débat. Quoi qu’il en soit, les films pornos sont fortement imprégnés de sexisme, selon leurs détracteurs. « On se battrait pour que les femmes ne soient pas harcelées dans la rue, tout en laissant ces vidéos en libre accès à des enfants ?, interroge M. Nisand. Il y a un problème de cohérence. »

Un groupe de travail est en cours au ministère de la santé afin de rendre effective l’interdiction des sites aux moins de 18 ans. Ces professionnels de santé demandent, par exemple, qu’une preuve de majorité soit exigée avant de pouvoir accéder aux images diffusées sur les sites pornos. Ils réclament également la mise en œuvre des trois séances annuelles d’éducation à la sexualité prévues au collège et au lycée. « C’est capital, affirme Ghada Hatem. Il faut libérer la parole, rappeler que le porno, c’est du cinéma, donner un autre modèle, un sens critique. »

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lundi 11 juin 2018

Réflexion

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jeudi 7 juin 2018

Réflexion

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vendredi 1 juin 2018

Learn French : la nationalité française est-elle réservée aux héros ? - Le Courrier Australien

Si vous arrivez en France sans avoir les bons papiers et que vous souhaitez obtenir la nationalité française, alors c’est très simple.

Comme le montre le cas de Mamoudou Gassama*, tout ce que vous avez à faire, c’est accomplir quelque chose « d’exceptionnel ». Et ceci est bien réel : c’est d’ailleurs inscrit dans le Code civil.

L’article 21-19 déclare qu’une procédure accélérée de naturalisation est possible pour un étranger qui a « rendu des services exceptionnels à la France, ou dont la naturalisation présenterait un intérêt exceptionnel pour la France. » C’est ce qu’a invoqué le président Emmanuel Macron lorsqu’il a félicité le jeune Malien au Palais de l’Elysée et lui a dit qu’il allait recevoir ses papiers par la Poste.

La France étant une nation qui s’est fondée sur un ensemble de valeurs auto-proclamées, elle a toujours été ouverte à l’idée d’une citoyenneté française ‘à titre honorifique’ — une façon de distinguer les étrangers méritants dont les actions ont défendu ou fait rayonner ces valeurs.

Au début de la Révolution française, il existait une loi qui permettait d’accorder la citoyenneté française à des « hommes (sic) qui, par leurs écrits et leur courage, ont servi la cause de la liberté ». Parmi ceux en ayant bénéficié, on compte George Washington et Thomas Jefferson. Beaucoup plus tard, en 1870, un décret offrait la nationalité française aux personnes qui avaient combattu aux côtés de la France dans la guerre l’opposant à l’Allemagne. La plupart des naturalisés de l’époque étaient d’ailleurs des Allemands.

Mais toutes ces traditions ont été établies avant l’immigration de masse. Aujourd’hui, c’est différent.

Il reste évidemment le cas particulier de la Légion étrangère, qui depuis les années 1830, offre la possibilité aux soldats d’autres nations de combattre pour la France. Mais contrairement à une idée reçue, les soldats de la Légion étrangère n’acquièrent pas automatiquement la nationalité française, sauf s’ils sont blessés au combat. Actuellement, alors que la Légion étrangère emploie 8600 soldats de 150 pays, il y a environ 200 naturalisations par an.

Une décision examinée à la loupe

Aujourd’hui, il y a des centaines de milliers de jeunes hommes en France qui — comme M. Gassama — sont arrivés après un voyage long et dangereux, n’ont pas de papiers et parviennent tout juste à survivre en travaillant au noir. Et tous aimeraient beaucoup suivre son exemple.

Dans de telles circonstances, la décision du président ne pouvait qu’être examinée à la loupe.

En réalité, presque tout le monde s’accorde sur le fait que ce qu’a fait M.Gassama, en sauvant le petit garçon, était suffisamment extraordinaire pour lui valoir d’obtenir la naturalisation en procédure accélérée.

Mais ce que certains reprochent au président, c’est son incohérence. Pourquoi, s’interrogent ses détracteurs, n’applique-t-il pas la même générosité aux autres sans-papiers ? Pourquoi ne sélectionner qu’un chanceux ?

Leur indignation est d’autant plus grande qu’une loi sur l’immigration est actuellement discutée au Parlement, selon laquelle — aux yeux de la gauche — le président Macron est en violation de la mission historique de la France envers l’humanité.

La loi qu’il propose est-t-elle aussi dure ou inhumaine que ce qu’affirment ses ennemis ? Ceci est un autre sujet. Ce qui ne fait aucun doute, c’est l’objectif de cette loi : celle-ci vise à clarifier les choses, autant que possible et au plus tôt, pour les migrants potentiels. S’ils peuvent rester, ils restent. S’ils doivent partir, ils partent. Ils sont alors expulsés.

Dans sa conversation avec le jeune Malien, le président Macron n’a pas caché que si celui-ci n’avait pas croisé par hasard la route de cet enfant mal surveillé par une chaude journée, il aurait lui-même été sur la liste des personnes à expulser. Mais il en a été tout autrement. M.Gassama a réagi avec une générosité instinctive et son acte d’extrême bravoure a été filmé.

Pour le président Macron, qui désire promouvoir sa vision de la France comme nation de héros, cela était suffisant. Ce qu’a accompli M. Gassama était en effet exceptionnel et n’a pas uniquement profité à l’enfant, mais à La France. M. Gassama a gagné le droit d’obtenir la nationalité française en procédure accélérée.

  • Mamoudou Gassama, Malien sans-papiers vivant à Paris, a escaladé un immeuble de 4 étages pour porter secours à un petit garçon suspendu à un balcon.

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jeudi 31 mai 2018

Macron sera-t-il le fossoyeur de la V° République?

Par Denis Jeambar 

Si le pays a pu traverser l'épreuve de mai 68, c'est parce que la constitution de 1958 a offert au pays une république moderne, démocratique et efficace qu'il ne faut pas trop triturer.

La révision de la Constitution permettra-t-elle à la Ve de gagner en modernité et en démocratie ? La réponse n'est pas évidenteNICOLAS MESSYASZ/SIPA

Depuis des semaines les acteurs désormais septuagénaires de mai 68 occupent le devant de la scène médiatique pour évoquer, raconter, célébrer ou commémorer mai 68. Tout se passe comme si la France d'aujourd'hui était née il y a cinquante ans et vivait encore sous l'emprise de la génération qui descendit alors dans la rue.

La révolte étudiante fut de fait un événement considérable mais elle ne doit pas occulter l'énorme mouvement ouvrier qui souleva alors le pays, le début de la  grève générale le 13 mai avec des centaines de milliers de manifestants dans les rues de Paris alors que la fièvre étudiante commençait, ce jour-là, à retomber avec la réouverture de la Sorbonne, les accords de Grenelle du 27 mai prévoyant une augmentation immédiate de 35% du Smig (le salaire minimum interprofessionnel garanti) et de 10% en moyenne pour tous les autres salaires, puis la décrue du mois de juin après l'éclipse du général De Gaulle à Baden Baden le 29 mai et son tonitruant retour avec un discours à la radio le 30 mai à 16 heures 30, suivi aussitôt d'un immense rassemblement sur les Champs Elysées. Le chef de l'Etat réaffirme alors son autorité, dénonce à nouveau "la chienlit", confirme son soutien au gouvernement Pompidou et annonce la dissolution de l'Assemblée nationale. L'enchaînement des trois crises, étudiante, sociale et politique, trouve son point final le 30 juin avec le triomphe législatif du parti gaulliste, l'Union pour la Défense de la république, avec  293 sièges sur 487.

Un héritage gaulliste à travers les tempêtes

La victoire, en vérité, est en trompe l'oeil pour De Gaulle. Le lien avec les Français est rompu. Un an plus tard, il met en jeu son mandat dans un référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation. Le 27 avril 1967, le "non" l'emporte avec 52,41% des suffrages exprimés. Juste après minuit, le 28 avril,  un communiqué laconique signe le départ définitif du pouvoir du général de Gaulle : "Je cesse d'exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd'hui à midi."

Ces événements sans cesse rappelés ont fini par occulter un autre mois de mai qui compte pourtant beaucoup plus encore dans l'histoire du pays. Il y a 60 ans, en effet, le 29 mai 1958, en pleine tempête algérienne, René Coty, alors président de la République, faisait appel au "plus illustre des Français". Le 1er juin, l'homme du 18 juin 1940, après une traversée du désert de 12 années, était investi président du Conseil par l'Assemblée nationale. De Gaulle sera le dernier chef de gouvernement de la IVe République agonisante. Quatre mois plus tard, le 4 octobre 1958, naît la Ve République après avoir été approuvée par référendum le 28 septembre par 79,25% des Français s'étant exprimés dans les urnes. Six décennies se sont donc écoulées depuis son instauration. Après avoir traversé de multiples tempêtes, connue des révisions qui n'en ont pas fondamentalement changé l'esprit, ces institutions demeurent et constituent sans douter le coeur de l'héritage légué par leur concepteur.

La Ve République, triomphe d'un esprit démocratique

Depuis septembre 1791, la France a connu une instabilité constitutionnelle qu'aucun autre pays n'a subi : n'a-t-elle pas changé 15 fois de loi fondamentale au cours des 227 dernières années ! Certes, cette instabilité a cessé en apparence en 1875. Les lois constitutionnelles de février et juillet de cette année-là ont offert un record de durée à la IIIe République (70 ans) mais l'instabilité gouvernementale en fut la règle. La IVe, née de la Seconde guerre mondiale, a souffert des mêmes maux et n'a pu relever tous les défis qu'elle devait affronter : la reconstruction du pays, son redressement économique, la décolonisation. Elle a fini par sombrer, incapable de dégager des majorités législatives  stables et durables et donc d'offrir au pouvoir exécutif l'assise nécessaire quand survint la guerre d'Algérie. C'est au point que les fondements républicains sont ébranlés et menacés quand le général De Gaulle revient au pouvoir et impose la constitution de 1958 avec l'aide active de Michel Debré.

Cet acte, en vérité, est fondateur et domine tous les événements politiques depuis 60 ans, à commencer par mai 68. Il fait entrer la France dans le club des démocraties modernes. Cette donnée est essentielle et éclaire la résistance du pays à toutes les crises qu'il a traversées par la suite, notamment la fin de la guerre d'Algérie et les révoltes de 1968.  La Ve remplit les trois conditions recensées par le regretté Guy Carcassonne, grand constitutionnaliste, pour définir une démocratie moderne : "1) que les gouvernés choisissent effectivement les gouvernants ; 2) que les gouvernants aient effectivement les moyens de gouverner ; 3) que les gouvernants soient effectivement responsables devant les gouvernés." La combinaison du dispositif institutionnel et du scrutin majoritaire  à deux tours offre de fait un choix clair aux électeurs. Les gouvernants ont les moyens d'agir car l'exécutif a le soutien du législatif et peut le faire plier s'il devient rétif. L'arsenal de l'exécutif est fait de moyens puissants, jusqu'à pouvoir le libérer par des votes contraints des états d'âme de sa majorité. Enfin, dans toute démocratie "moderne", l'alternance  est une donnée de fond. Elle s'est imposée au fil des ans  dans l'histoire de la Ve République. C'est la preuve du triomphe d'un esprit démocratique qui nécessite toujours des soupapes à travers des contre-pouvoirs et l'existence constante d'une solution politique alternative.

Cette conjugaison institutionnelle harmonieuse est la clé la plus importante de l'histoire de la France depuis six décennies et de sa navigation à travers les épreuves. La marque de la Ve République est à la fois la stabilité, l'efficacité du système de gouvernement mis en place si on sait s'en servir et l'alternance. Certes, des révisions ont été adoptées mais, toutes, jusque-là, ont visé à faire encore gagner le pays en démocratie et en modernité : par exemple, le droit de saisine du Conseil constitutionnel ouvert à l'opposition par Valéry Giscard d'Estaing ou la question prioritaire de constitutionnalité voulue par Nicolas Sarkozy.

La centralité du pouvoir favorise les extrêmes

Aujourd'hui, une nouvelle révision se profile qui concerne à la fois la constitution mais aussi les lois organiques, ou ordinaires, régissant le Parlement et le système électoral. Va-t-elle permettre à la Ve de gagner encore en modernité et en démocratie ? La réponse n'est pas évidente tant le projet présenté soulève de questions et de débats. Certes, la petite dose de proportionnelle envisagée peut nuancer la brutalité du système majoritaire mais ne devrait pas en détruire l'efficacité. En revanche, la volonté affichée de réduire le droit d'amendement des parlementaires au nom de l'efficacité et de la rapidité est contestable. D'autant que le Conseil constitutionnel a renforcé son contrôle des amendements et élaboré une théorie nouvelle sur les limites de ce droit en visant les abus manifestes. En outre, l'exécutif a déjà le pouvoir de soumettre le parlement par le vote bloqué (article 44 de la Constitution), d'engager sa responsabilité sans courir de grands risques pour imposer un texte (article 49.3) ou de recourir aux ordonnances (article 38). Aucun gouvernement ne s'est privé depuis 1958 d'utiliser ces moyens pour sortir d'une impasse, d'un blocage ou pour accélérer le tempo de ses réformes.

Question : est-il vraiment nécessaire de renforcer encore l'emprise de l'exécutif ? La question mérite d'autant plus d'être posée que l'alternance n'est pas, de toute évidence, dans les gènes du pouvoir tant il développe avec méthode une stratégie pour la rendre impossible sauf à risquer le pire avec les extrêmes. Une situation que, de manière prémonitoire, Guy Carcassonne décrivait ainsi : "Si le pouvoir a été exercé par un vaste magma politique, auquel ne sont étrangers que des formations extrémistes, les électeurs n'ont pas de véritable choix, et les sortants se trouvent reconduits, dans des proportions, qui varient faiblement, par résignation plus que par désir".

C'est bien la situation actuelle du pays. La centralité du pouvoir, cherchant sans cesse à conquérir des renforts sur ses ailes de droite et de gauche, favorise la seule opposition des extrêmes. Ses postures radicales dans la conduite des réformes contribue aussi à un combat bloc à bloc qui ne laisse guère de place aux autres formations républicaines et démocratiques très affaiblies. Scénario inédit et préoccupant car si, par malheur, la résignation succède un jour ou l'autre à la ferveur macronienne, que le désir d'alternance n'existe plus, il est probable que la solide Ve République doive alors affronter des soubresauts jusque là inconnus.

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mardi 15 mai 2018

Réflexion

faire

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lundi 9 avril 2018

C'est bien vrai !

vrai23

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samedi 17 mars 2018

Cantat, mauvais tempo

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », explique que s’il oppose le droit à ses contempteurs, le chanteur semble ne pas avoir pris l’entière mesure des changements qui se sont opérés dans l’opinion depuis l’affaire Weinstein

Tant de sentiments se croisent autour de Bertrand Cantat, entre douleur, gâchis, gêne et indignation, qu’il est difficile de dire si le chanteur rock a le droit de remonter sur scène.

Dans la bataille qui oppose le droit et la morale, traité dans des tas de livres, c’est souvent la seconde qui l’emporte. Parce que le droit est froid et l’opinion passionnée. Or l’opinion a tranché. Du reste les défenseurs de l’ancien chanteur du groupe Noir Désir s’expriment avec des pincettes alors que ses contempteurs parlent haut et fort. D’abord la famille, surtout Nadine Trintignant, qui juge « dégueulasse » que Cantat ose aller sur scène après avoir tué sa fille Marie.

Le musicien en a tiré les conséquences. Chahuté, insulté, escorté, il se retire des festivals de l’été mais maintient ses concerts. Ce choix s’explique. Un concert n’attire que les fans. Dans un festival, il fait partie d’un programme, où il est associé à d’autres têtes d’affiches, et peut se retrouver face à un public hostile. Il peut brouiller un événement porté financièrement par des élus et des mécènes qui le jugent indésirable.

Des atouts qui se muent en ennemis

D’autres ne veulent pas de Cantat du tout. Difficile de savoir comment vont se passer ses concerts à venir, notamment ceux à l’Olympia, les 29 et 30 mai. Aussi le musicien dénonce-t-il une censure. Une double peine. A 54 ans, il demande une deuxième chance, comme d’autres y ont droit. Le problème est qu’il n’est pas comme les autres. Il est un chanteur public au talent fou, dont les atouts se muent en ennemis.

Arrêtons-nous sur le droit. Bertrand Cantat a été condamné à huit ans de prison par un tribunal lituanien pour avoir porté des « coups mortels » en 2003 à l’actrice Marie Trintignant, dans un hôtel de Vilnius. Incarcéré près de Toulouse, il sort de prison quatre ans plus tard, bénéficiant d’une libération conditionnelle. Mais pas d’un traitement de faveur – il aurait pu être libéré un an plus tôt, a dit un juge.

Cantat est donc libre de chanter, et le public de l’écouter. L’avocat Henri Leclerc dénonce un lynchage. Agnès Tricoire, déléguée à l’Observatoire de la liberté de création, une liberté d’expression qui se réduit. La ministre de la culture, Françoise Nyssen, après un moment d’hésitation, vient de dire que Cantat a le droit de « vivre sa vie ».

On n’applaudit pas un homme qui a tué une femme

Tout cela est juste mais peu audible. A cause du sentiment, ancien, qui veut que le puissant est mieux traité que l’anonyme, et du climat, récent, né du scandale Weinstein.

Quand Bertrand Cantat remonte sur scène en 2014, il donne des concerts sans trop d’émoi – il est vrai sur un projet collectif avec le groupe Detroit. Mais quand, en décembre 2017, il sort l’album solo Amor Fati, puis entame une tournée le 1er mars, l’indignation vient de partout. Les réseaux sociaux s’en emparent, efficaces pour porter la carrière d’un chanteur, et tout autant ici pour le faire tomber.

Et pour cela, le format du concert rock est la cible. Parce que son aura est intacte, en rien fragilisée par la consommation culturelle sur Internet, à la différence du disque. Il est le lieu de la révélation pour le rockeur, sa principale source de revenus aussi. Mais il est plus que cela. Le concert classique appelle le recueillement. Au théâtre, le public juge, il applaudit ou siffle. Le concert rock est festif. Une communauté s’y retrouve, se parle, communie avec le chanteur, lui signifie sa dévotion.

Autant de facteurs amplifiés par le magnétique Bertrand Cantat, transformé en « héros romantico-rock », comme l’a dit Marlène Schiappa. Cela, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et les associations féministes ne le supportent pas. On n’applaudit pas un homme qui a tué une femme. Sans doute s’il se contentait de publier des disques, de composer pour d’autres, d’écrire un roman dans sa chambre, ce serait différent. Mais allez imposer à un chanteur un devoir de discrétion…

Des mots et des gestes déplacés

C’est ainsi que Cantat s’est retrouvé en 2013, dix ans après le drame, en couverture du magazine Les Inrockuptibles avec entretien à la clé. Ce qui a provoqué peu de remous. Et puis le 11 octobre 2017, soit six jours après l’éruption du scandale Weinstein, le chanteur fait à nouveau la couverture du magazine avec entretien. Il y parle de ses états d’âme, du Brexit, beaucoup de son album solo. Cette fois, c’est l’indignation générale.

Cantat ne se rend pas compte qu’on ne peut pas l’écouter comme avant. Qu’on ne peut l’entendre faire la « promo » d’un disque. Qu’on ne peut plus, aussi, l’entendre donner des leçons sociales, comme il a pu tant le faire dans le passé. Quant aux Inrockuptibles, le magazine a brouillé avec cet entretien son image de journal à la pointe de la modernité, sur l’égalité des sexes par exemple. Comme s’il revenait dans l’ancien monde. D’autres non plus ne se rendent pas compte, comme ce festival qui le présente dans son programme comme un artiste « qui n’a rien perdu de son spleen et de sa rage ».

De plus, depuis quelques jours, Cantat en rajoute dans les mots et les gestes déplacés. Devant la salle de concert de Grenoble, le 14 mars, il s’est dirigé vers une opposante, lui a pris la tête entre les mains, et l’a embrassée sur le front. Il a parlé de retour au Moyen Age, a dénoncé « la violence » de ces femmes brandissant des pancartes contre lui. A conclu que ces gens sont sans doute encouragés par le « merveilleux climat ambiant ».

Oui, le climat ambiant est nauséabond quand on le traite d’assassin, quand on entend que son désir de scène relève de la psychiatrie, et quand, plus largement, on veut couper la moindre tête d’homme au mépris de la présomption d’innocence. Il est tout autant nauséabond quand des fans disent que le chanteur a juste fait « une connerie ». Mais il est salutaire, ce climat qui bouge les lignes entre les hommes et les femmes. A Cantat d’en prendre la mesure.

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Audrey Hepburn

Quand on lui a demandé de révéler ses secrets de beauté, l'actrice Audrey Hepburn a écrit ce poème, qui fut lu à ses funérailles :

Pour avoir des lèvres attirantes, prononcez des paroles de bonté.

Pour avoir de beaux yeux, regardez ce que les gens ont de beau en eux.

Pour rester mince, partagez vos repas avec ceux qui ont faim.

Pour avoir de beaux cheveux, laissez un enfant y passer sa main chaque jour.

Pour avoir un beau maintien, marchez en sachant que vous n’êtes jamais seule, car ceux qui vous aiment et vous ont aimé vous accompagnent.

Les gens, plus encore que les objets, ont besoin d’être réparés, bichonnés, ravivés, réclamés et sauvés : ne rejetez jamais personne.

Pensez-y : si un jour vous avez besoin d’une main secourable, vous en trouverez une au bout de chacun de vos bras.

En vieillissant, vous vous rendrez compte que vous avez deux mains, l’une pour vous aider vous-même, l’autre pour aider ceux qui en ont besoin.

La beauté d’une femme n’est pas dans les vêtements qu’elle porte, son visage ou sa façon d’arranger ses cheveux. La beauté d’une femme se voit dans ses yeux, car c’est la porte ouverte sur son coeur, la source de son amour.

La beauté d’une femme n’est pas dans son maquillage, mais dans la vraie beauté de son âme. C’est la tendresse qu’elle donne, l’amour, la passion qu’elle exprime.

La beauté d’une femme se développe avec les années.

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jeudi 8 mars 2018

Simone de Beauvoir

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