Partager sur Face Book

Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

vendredi 14 décembre 2018

« Gilets jaunes » : incertitude sur la mobilisation après Strasbourg et l’intervention de Macron

Par Aline Leclerc, Virginie Malingre, Faustine Vincent - Le Monde

Certains protestataires ont été convaincus par les mesures du chef de l’Etat, quand d’autres promettent de « continuer » le mouvement.

Ils occupent les ronds-points de France depuis maintenant un mois. Combien de « gilets jaunes » manifesteront encore samedi 15 décembre pour l’« acte V » de leur mobilisation ? Une journée test pour le gouvernement comme pour le mouvement, cinq jours après l’annonce de mesures de sortie de crise par Emmanuel Macron.

Dévoilées lundi 10 décembre, l’augmentation du smic et l’annulation de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités qui touchent moins de 2 000 euros figuraient parmi les revendications principales des manifestants.

L’exécutif souhaite qu’elles entrent en application au plus vite. Elles devraient être présentées en conseil des ministres dans un projet de loi dès mercredi. « C’est la clé pour restaurer la confiance et avoir le droit de continuer à réformer », a insisté le président de la République, mardi soir, auprès des parlementaires de sa majorité, réunis à l’Elysée.

Ces mesures ont convaincu certains « gilets jaunes ». Longtemps mobilisée dans l’Yonne, Sophie, 43 ans, intérimaire à La Poste, a décidé de quitter le mouvement. « Je me battais surtout pour les personnes âgées. La mesure de la CSG pour les petites retraites, c’est super !, estime-t-elle. Macron a fait un pas vers nous, laissons-lui une chance. » Elle sait toutefois qu’elle est « minoritaire à penser ça ».

Le contexte a changé

Autour des ronds-points comme dans les groupes Facebook, de nombreux « gilets jaunes » estiment que le compte n’y est pas. « C’est une goutte d’eau dans la mer », se désole Lionel, 46 ans, gérant d’une TPE dans le bâtiment en Gironde. « On va continuer, on lâchera pas », affirme de son côté Daniel, câbleur à la retraite de 61 ans, mobilisé dans l’Yonne.

« Vous avez dit, M. le président, sentir le malaise démocratique dans le pays. Mais que proposez-vous pour le résoudre ? Rien ! », s’indignaient deux des initiateurs du mouvement, Priscillia Ludosky et le controversé Maxime Nicolle, lors d’une conférence de presse, jeudi 13 décembre. Devant la salle du Jeu de paume, à Versailles, célèbre pour le serment qu’y firent les députés du tiers état le 20 juin 1789, ils ont à leur tour « fait le serment de ne pas se séparer » avant d’avoir obtenu des réponses sur la mise en place d’un référendum d’initiative citoyenne, ainsi qu’un « recul des privilèges de l’Etat ».

Ils ont réaffirmé leur détermination à aller manifester samedi, malgré les mises en garde des membres du gouvernement et de la majorité. Car entre-temps, le contexte a changé avec l’attentat survenu mardi soir à Strasbourg. Avant que le suspect, Cherif Chekatt, ne soit tué par des policiers, jeudi dans la soirée, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, avait affirmé qu’il ne serait « pas raisonnable » de redescendre dans la rue. Il faut « maintenant que le mouvement s’arrête », avait renchéri Richard Ferrand, le président (La République en marche, LRM) de l’Assemblée nationale.

Les autorités ont relevé le plan Vigipirate au plus haut niveau, « urgence attentat », sur toute la France, mais elles n’ont pas interdit les manifestations. Il serait « facile » de le faire, avait prévenu M. Griveaux, tout en concédant que cela n’empêcherait pas « les personnes souhaitant casser et piller de se rendre dans les rues ».

La fatigue se fait sentir sur les ronds-points

La pression sur les « gilets jaunes » est aussi venue de Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT – toujours avant la mort de Cherif Chekatt. Il serait « de bon ton » qu’ils ne manifestent pas samedi afin de « ne pas surcharger la barque des policiers », a-t-il déclaré. Les « gilets jaunes » réunis à Versailles n’avaient que faire de ces consignes. Ils accusent le gouvernement d’opportunisme.

Dans l’opposition, Marine Le Pen (Rassemblement national), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise, LFI) ont dénoncé eux aussi une tentative d’instrumentalisation. Le chef de LFI s’est ainsi dit « douloureusement surpris » que « certains à LRM utilisent » cette attaque « pour peser » sur les « gilets jaunes » : « Si on commence à céder à un assassin en modifiant toute notre vie, c’est lui qui a gagné. »

Les « gilets jaunes » sont également confrontés à des difficultés internes au mouvement. La fatigue se fait sentir sur les ronds-points. Des dissensions sont ainsi apparues sur leur façon de mener la lutte, opposant les manifestants pacifiques aux partisans d’un mode opératoire plus virulent.

La violence croissante des manifestations d’un samedi à l’autre sera-t-elle dissuasive ? Les femmes et les retraités étaient déjà bien moins nombreux, le 8 décembre, dans la manifestation parisienne. Ce jour-là, les rassemblements ont aussi dégénéré dans des villes de province. Les scènes de saccage à Bordeaux et à Toulouse ont frappé les esprits. Tout comme les images de nombreux blessés. Le bilan depuis le début de la mobilisation est d’ailleurs lourd : six morts et 1 407 blessés à ce jour côté manifestants, et 717 blessés côté forces de l’ordre.

Pour la première fois, l’inquiétude d’une éventuelle baisse de la mobilisation transparaît sur les réseaux sociaux des « gilets jaunes ». Dans une vidéo publiée jeudi sur Facebook, Eric Drouet, l’une des figures du mouvement, tente de motiver les troupes. « C’est le moment où justement il ne faut pas lâcher (…). Des gens ont perdu la vie, c’est pas pour gagner 50 euros sur un smic. » Sur Facebook, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont annoncé leur présence à Paris samedi. Reste à voir combien feront effectivement le déplacement.

Posté par jourstranquilles à 07:35 - Société et toute sa complexité - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 11 décembre 2018

Gilets Jaunes et syndicats

Posté par jourstranquilles à 16:43 - Société et toute sa complexité - Commentaires [0] - Permalien [#]

La lettre politique de Laurent Joffrin - On n'est pas sorti de l'auberge

Dilemme traditionnel pour tout mouvement social. Version 1 : nous avons obtenu une partie de ce que nous voulions, la lutte a payé, on arrête. Version 2 : nous avons obtenu une partie de ce nous voulions, la lutte a payé, on continue. Ainsi, le même syllogisme aboutit à deux conclusions opposées. Pour une raison simple : ce n’est pas la logique qui permet de trancher. C’est le rapport de force.

A-t-il évolué ? Un peu. La droite classique, celle des partis, mais aussi une partie de celle qui a manifesté, fait défection. Eric Woerth : «On lève le camp.» Le Figaro : il faut «souhaiter» la fin du mouvement «la raison l’impose, l’intérêt national l’exige». Juppé : il faut saisir «la main tendue», etc. Ce à quoi fait écho la position de certains gilets jaunes «libres», plutôt orientés à droite, qui appellent à plier les gaules. Il faut rappeler que le mouvement comprend un certain nombre de commerçants et de petits entrepreneurs, guère pressés de voir le salaire de leurs employés faire soudain un bond en avant. Et que l’addition (une dizaine de milliards) sera payée par les contribuables ou bien financée par emprunt, ce qui déplaît dans les deux cas à la droite profonde.

Les autres protestataires remarqueront que la hausse de la prime d’activité est seulement avancée (elle était prévue sur cinq ans), que les retraités n’ont pas obtenu la réindexation de leurs pensions, que la diminution de la taxe d’habitation reste programmée aux mêmes dates, etc. Ils peuvent juger qu’une poursuite du mouvement permettra de cocher d’autres cases (mais aussi que de nouvelles violences risquent de retourner l’opinion contre eux). Ils notent surtout qu’en dehors d’annonces générales et plus ou moins lointaines et d’une prime de fin d’année laissée à la discrétion des entreprises, les plus aisés échappent à toute contribution supplémentaire.

Une nouvelle fois, la fiction d’un dépassement du clivage droite-gauche se dissipe. En épargnant les plus hauts revenus et en protégeant le patronat, le Président s’est adressé, pour faire court, à la droite du mouvement et aux conservateurs du pays. Emmanuel Macron leur a même fait un clin d’œil supplémentaire en évoquant la lutte contre le communautarisme et l’immigration (ce que le mouvement ne demandait pas).

Les socialistes, Hamon, Jadot, La France insoumise, continuent de pilonner le gouvernement sur le thème de la justice fiscale et sociale. La majorité elle-même, au cours d’une réunion qualifiée de «houleuse», s’est divisée selon la même ligne de démarcation. Quant à Marine Le Pen, très critique, elle appelle à de nouvelles baisses de taxes, à une nouvelle politique – la sienne – antimondialiste et anti-immigration, mais se garde de parler de hausses de salaires (la revalorisation du smic, d’ailleurs, n’est pas dans son programme). L’extrême droite reste à droite.

Résultante ? Le mouvement continue, de toute évidence. Plusieurs appels à un «acte V» ont été lancés. La frange la plus dure, encouragée par les deux extrêmes du spectre politique, continue de rêver d’une démission du Président ou, à tout le moins, d’une dissolution de l’Assemblée nationale. Appuyé sur la droite de l’opinion, le gouvernement résistera de toutes ses forces. Sa position s’est améliorée. Il n’est pas tiré d’affaire.

LAURENT JOFFRIN

Posté par jourstranquilles à 16:35 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

dimanche 9 décembre 2018

Le vélo électrique, nouvelle petite reine branchée

vae

Par Pascale Krémer

En une petite décennie, le vélo à assistance électrique s’est imposé à la campagne comme en ville. Ecolo, rapide et bon pour la santé, le VAE pourrait bien être le mode de transport du futur.

Longtemps, dans les dîners, on s’est un peu fichu de lui. Partir au bureau à vélo ? Quelle idée ! « J’étais l’écolo, le bobo, je devais sentir en arrivant… » Fabien ­Bagnon vit à une dizaine de kilomètres de Lyon, où il travaille. A Saint-Genis-Laval précisément, « dans le péri­urbain, à la limite des champs ». Depuis quelques mois, toutefois, l’ingénieur quadragénaire à barbe brune a noté un sérieux changement d’ambiance, à table.

« Plus personne ne rigole » lorsqu’il raconte qu’en vingt-cinq minutes de vélo à assistance électrique (VAE), vêtu comme un cadre fringant, il est possible de s’épargner les kilomètres d’embouteillages, le stress du retard, la hausse des carburants et l’abonnement à la salle de gym. « Autour de moi, j’entends même les uns demander aux autres : “T’es encore en voiture ?” C’est devenu chic de se balader à vélo électrique. Il faut dire qu’avec son écran, son côté techno et ludique, il ne fait pas vélo de décroissant… »

Le VAE, vélo branché, au propre comme au figuré. Cadeau de Noël commandé, ou juste fantasmé – trop cher, mais on y viendra. Objet iconique du moment. Deux signes ne peuvent tromper : Inès de La Fressange, reine des élégances parisiennes, a daigné associer son image à une autre petite reine, électrique (Gitane). Et Florence Foresti en fait ses choux gras, dans son dernier spectacle. « Je ne suis pas adaptée à ce qui vient. Je ne veux ni vélo électrique ni bouffer des grillons », se rebelle l’humoriste, qui hume si bien l’air (pollué) ambiant.

Des ventes en hausse exponentielle

En 2017, il s’est écoulé 255 000 de ces vélos à moteur électrique dotés d’une batterie rechargeable sur secteur et d’une autonomie de 50 à 70 kilomètres. Soit quasiment deux fois plus que l’année précédente, selon l’Union sport & cycle. Autant que scooters et motos réunis. « Dans sept ans, les ventes atteindront le million », parie Jérôme Valentin, président de cette union professionnelle ainsi que créateur et fabricant des vélos Cycleurope France (Gitane, Peugeot).

Comment, en une petite décennie, le biclou à batterie a-t-il pris une telle côte ascendante ? « Avant de répondre, je vous propose d’en essayer un », suggère, à Lyon, le vendeur d’un magasin Cyclable, l’air de savoir comment gagner du temps.

Il n’a pas tort. Grisant de s’extraire de la circulation du soir pour filer à 25 kilomètres/heure sur les bords du Rhône, joues fouettées par le vent, puis grimper, s’envoler plutôt, sur les pentes de la Croix-Rousse en toisant les autres cyclistes qui ahanent. L’engin fait de nous une cycliste augmentée. Une Superwoman qui, de retour en boutique, est prête à s’endetter pour ne pas rendre la cape rouge et le VAE à 2 000 euros.

« NOUS AVONS UN PROBLÈME AVEC LES SENIORS : ILS ARRIVENT À GRIMPER LE GALIBIER, MAINTENANT, IL FAUT LEUR APPRENDRE À LE DESCENDRE », S’AFFOLE-T-ON À LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DES USAGERS DE LA BICYCLETTE.

Dans les 51 magasins Cyclable de France, sept vélos vendus sur dix sont motorisés. « L’électrique monte. Ce n’est pas un phénomène de mode, pour le patron, Boris Wahl. C’est une tendance de fond. » Près de la moitié des Français (42 % exactement) seraient intéressés par l’achat d’un VAE (sondage Ipsos-Mobivia de septembre).

Rétropédalons, pour saisir l’emballement. Les longues grèves de 1995 puis l’apparition des Vélib’ parisiens, douze ans plus tard, ont redonné à la bicyclette des balades, que le tout-auto des « trente glorieuses » avait ringardisée, sa fonction première d’instrument de mobilité.

Au début des années 2010, la technologie des VAE devient fiable. S’ajoutent une prime nationale de 200 euros, en 2017, les subventions des collectivités locales, tout une communication à l’avenant. Et le vélo électrique change de braquet.

Fait exceptionnel, les trentenaires barbus n’ouvrent pas la route. Les éclaireurs seraient plutôt leurs parents qui, grâce à la Fée électricité, s’adonnent de nouveau au tourisme à vélo et au VTT en montagne. « Nous avons un problème avec les seniors : ils arrivent à grimper le Galibier, maintenant, il faut leur apprendre à le descendre », s’affole-t-on à la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB).

Bouche-à-oreille

Ensuite seulement, la révélation du VAE vint aux périurbains, las de perdre leur temps à gagner les centres-villes. Puis aux chanceux qui y résident. A Paris, Christophe Najdovski, l’adjoint (Europe Ecologie-Les Verts) aux transports, « sent particulièrement l’engouement, ces derniers mois ». Près de 11 000 aides à l’achat (de 400 euros maximum) depuis dix mois, contre 11 400 durant tout 2017 et 5 700 en 2015. Le bouche-à-oreille fonctionne à pleine vitesse. « Une personne qui s’équipe en ramène deux ou trois », observe Mathieu Froger, depuis ses dix magasins Ecox.

A les écouter, les détenteurs de vélo électrique ont vu la Vierge au tournant de la piste cyclable. « Miraculeux ! », « Ma vie a changé ! », « Ça me rend heureuse, je ne pourrais plus m’en passer… » Au point de convertir au moteur pédalier les conjoints, copains, collègues. Et mê­me le curé. « Je lui avais prêté le mien en partant en vacances, raconte Marylène Millet, 51 ans. J’en viens à penser que je ­devrais me lancer dans la vente ! »

Depuis six ans, elle parcourt matin et soir une douzaine de kilomètres entre sa banlieue vallonnée de l’ouest lyonnais et le quartier de la Part-Dieu, en une demi-heure. « Imbattable, à part la nuit en voiture. Franchement, c’est super ! On file, on a l’impression d’être en vacances. » « Ça change à 100 % l’état d’esprit » d’une autre utilisatrice lyonnaise, Véronique Bertrand, directrice achats de 49 ans : « On évite le métro-boulot-dodo. C’est une respiration bienfaisante dans la journée, physiquement et mentalement. »

« LES PÉRIURBAINS DOUBLÉS CHAQUE MATIN PAR LES CYCLISTES DANS LES BOUCHONS FINISSENT PAR COMPRENDRE L’INTÉRÊT DE LA MICROMOBILITÉ, QUI ÉLIMINE TOUS LES TEMPS MORTS. » BORIS WAHL, PATRON DES BOUTIQUES CYCLABLE

Pas le genre militants vélocipédiques, c’est le confort moderne de l’électrique qui les a menés jusqu’au VAE, par pur pragmatisme. Certes, se déplacer sans polluer compte à leurs yeux, tout comme l’instauration récente d’une filière de recyclage des batteries. Il est urgent de « faire sa part », comme dit Christine François, professeure de yoga, qui circule à vélo cargo électrique autour d’Igney (Vosges), près d’Epinal. « Depuis l’achat, en août, je n’ai pas pris la voiture plus de trois fois. » Certes encore, côté santé, l’on se doute bien que pédaler deux fois par jour au grand air, même sans forcer, ne peut pas faire de mal.

Florence Roux-Faivre, près de Clermont-Ferrand, n’avait pas sorti son VTT du garage depuis un bail. « A 50 ans, j’avais pris un peu de poids, je montais difficilement la côte. Quand j’ai évoqué le vélo électrique, le cardiologue m’a encouragée. “Des gens comme vous ne feraient pas de vélo, sinon.” Cet été, j’ai même converti mon mari, on a roulé 165 km le long du canal de Bourgogne. »

Mais, dans ses boutiques Cyclable partout en France, Boris Wahl voit maintenant affluer les gens pressés. « Des périurbains doublés chaque matin par les cyclistes, dans les bouchons. Ils finissent par comprendre l’intérêt de la micromobilité, qui élimine tous les temps morts et permet le porte-à-porte. » Nicolas Louvet, du bureau d’études 6T, le confir­me : « C’est le mode de transport métropolitain le plus rapide. On va à 19 km/h, contre 18 km/h en métro ou en voiture, 15 km/h à vélo, 5 km/h à pied. »

Pourtant, le vélo compte pour à peine 3 % des déplacements quotidiens en France (contre 10 % en Allemagne, 28 % aux Pays-Bas), piètre statistique que le plan vélo national du gouvernement, présenté en septembre, entend tripler d’ici à 2024. Il y a bien d’efficaces applications pour éviter ondées et routes dangereuses, de nouveaux modèles électriques (vélos rallongés ou cargos) pour embarquer enfants, courses et matériel. Mais manque l’essentiel : les aménagements de qualité (pistes cyclables, box sécurisés…) qui bouteraient hors des esprits la peur de l’accident et du vol.

Un hic, le prix

Parmi la dizaine de pratiquants sollicités, une bonne part a « pris une gamelle », « une portière », en tout cas l’habitude d’un gymkhana périlleux, sur engin rapide, hors pistes cyclables continues et protégées. Les métropoles mettent les bouchées doubles, traçant de nouveaux réseaux express – les 50 millions d’euros annuels du plan vélo devraient aider. « Le jour où les gens n’auront plus peur de mourir à vélo, ils s’y mettront. Il y a une appétence formidable », assure le président de la FUB, Olivier Schneider.

Oui, mais l’objet du désir est onéreux. Les VAE à 600 euros de la grande distribution ? Leurs batteries ne tiennent pas le coup, avertissent les spécialistes. « Il faut mettre 1 500 euros, admet Jérôme ­Valentin. Mais ensuite, c’est 17 centimes les 1 000 km ! » Pour que le désir devienne réalité, le patron de Cycleurope prépare une offre de location avec option d’achat – 25 euros par mois, entretien et assurance compris. La région Ile-de-France, aussi, y va de sa location longue durée, espérant mettre en selle 200 000 Franciliens à partir de septembre 2019.

Il est encore question d’élargir aux VAE la prime à la conversion des véhicules polluants, de pousser les employeurs à verser un « forfait mobilités durables » de 400 euros annuels…

« Outil de démotorisation des ménages, qui vient en suppression de la deuxième voiture, voire de la première en milieu urbain », selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, le vélo à assistance électrique mérite assistance financière. Sans trop le dire, pour éviter tout soupçon de renvoyer les pauvres au vélo du grand-père, les pouvoirs publics imaginent là une piste pour tous ceux qui se disent dépendants de l’essence – la part de la voiture étant prépondérante même pour les trajets domicile-travail inférieurs à 5 km.

« Presque tout le territoire se trou­ve à une dizaine de kilomètres de l’une des 3 000 gares, complète le président de la FUB. On ne pédalera pas 30 kilomètres pour aller travailler, mais, pour plein d’autres déplacements quotidiens, on peut économiser, à vélo électrique, les litres de carburant qui compensent la hausse des prix. » Dans le futur, les cyclistes seront les rois du pétrole.

Posté par jourstranquilles à 09:44 - Société et toute sa complexité - Commentaires [0] - Permalien [#]

vendredi 7 décembre 2018

La lettre politique de Laurent Joffrin - Démocratisme contre démocratie

Il arrive un moment où l’excès de démocratie tue la démocratie. On l’a dit plusieurs fois : les revendications sociales des gilets jaunes sont légitimes et méritent une négociation nationale sur les bas revenus, les petites retraites, la fiscalité, etc. En revanche la méthode soi-disant démocratique dont ils usent confine à la farce surréaliste.

Pris plus ou moins au hasard, leurs représentants écument les plateaux télévisés. Souvent leur parole est juste et raisonnable. Mais souvent aussi on découvre que ces représentants qui ne veulent représenter personne représentent en fait tout autre chose que le mouvement initial. L’un des porte-parole autodésignés est en fait un militant éprouvé de La France insoumise. L’autre est un activiste d’extrême droite bruni sous le harnais. Le troisième est un farceur qui pousse une association que personne ne connaît. L’autre encore est un fonctionnaire territorial plutôt bien payé qui n’a pas de mission et touche son salaire sans rien faire, autrement dit un oisif prospère pour représenter les travailleurs pauvres. N’importe qui venu de n’importe où pour dire n’importe quoi.

Le résultat de ce refus de toute délégation s’étale sous nos yeux : des manifestations négociées avec personne qui s’éparpillent, se rétractent en nombre et augmentent en violence (même en 1968, les leaders étudiants négociaient les itinéraires de manifestation avec le préfet Grimaud et les syndicats réussissaient à encadrer la grève générale) ; un gouvernement qui prend le chemin de la discussion mais qui ne trouve pas d’interlocuteur et finit par lâcher des concessions sans que personne n’en fasse le compte ni même ne réponde pour demander plus ou autre chose. Les syndicats, qui ne sont pas moins représentatifs de la société que les gilets jaunes, proposent une négociation globale, mais celle-ci tournera à vide si aucun délégué du mouvement n’y participe. Ses résultats, même s’ils sont appréciables, apparaîtront comme des faveurs tombées d’en haut.

Tout cela a une origine : le refus maladif de toute politique, au sens le plus large du terme, c’est-à-dire, comme le mot l’indique, le refus de toute discussion sensée sur l’avenir de la cité. Le gouvernement, qui a déclenché ce mouvement vindicatif à force de maladresse verbale et de réformes trop favorables à la classe dirigeante, porte une lourde responsabilité. Mais le démocratisme confus qui sert de doctrine au mouvement en porte une également. Sauf à se réunir sur une agora géante qui devrait contenir des millions de personnes, la démocratie d’aujourd’hui suppose la représentation. Rien n’empêche de l’organiser, grâce à la ductilité des réseaux sociaux. Certains gilets jaunes l’ont proposé mais on ne voit rien venir. Arrivera un moment où l'opinion, lasse de la cacophonie, exigera un pouvoir fort et un leader autoritaire. Voilà une aporie dangereuse, sur laquelle les thuriféraires de la démocratie directe devraient réfléc hir.

LAURENT JOFFRIN

Posté par jourstranquilles à 16:31 - Société et toute sa complexité - Commentaires [0] - Permalien [#]

Veillée d'armes ?

Posté par jourstranquilles à 14:00 - Société et toute sa complexité - Commentaires [0] - Permalien [#]

mercredi 5 décembre 2018

« Gilets jaunes » : pour l’opposition, le recul du gouvernement est un « piège », ou « trop peu, trop tard »

antisemite

gilets24

moratoire

Par Enora Ollivier - Le Monde

Pour la droite et l’extrême droite, le moratoire sur le taxes sur le carburant n’est pas suffisant. A gauche, PS, LFI et PCF envisagent de déposer une motion de censure.

L’occasion est trop bien belle. Pour l’opposition dans son ensemble, le recul accordé mardi 4 décembre par l’exécutif sur trois mesures fiscales n’est pas une raison pour laisser se refermer la faille inédite ouverte dans le macronisme par la crise des « gilets jaunes ».

Certes, le premier ministre Edouard Philippe a annoncé un moratoire sur l’augmentation, notamment, des taxes sur le carburant, ce qui était considéré comme un « préalable » par la plupart des partis. Mais ce n’est « pas suffisant », s’est-on empressé de dénoncer unanimement, à droite, à gauche et aux extrêmes. Les Républicains (LR), le Rassemblement national (RN), le Parti socialiste (PS) ou La France insoumise (LFI) réclament maintenant, au moins, l’annulation pure et simple de ces taxes.

« Nous demandons la suppression immédiate des taxes au 1er janvier 2019 mais aussi ce qui suit sur la trajectoire, c’est-à-dire celles qui sont prévues pour 2020, 2021 et 2022 », a ainsi exhorté le président du groupe LR à l’Assemblée nationale, Christian Jacob.

Les annonces de M. Philippe ? « Trop peu, trop tard », a lancé lors d’une houleuse séance de questions au gouvernement, comme le Palais-Bourbon sait en produire en temps de crise, son collègue Damien Abad. Le député de l’Ain a reproché au chef du gouvernement de ne pas avoir « pris conscience de l’urgence de la situation ». Il a réclamé « un changement de cap » en « augmentant le pouvoir d’achat des classes moyennes » et en « renonçant à la politique fiscale anti-retraités ».

« Grenelle des impôts »

LR ne veut pas « pratiquer la politique du pire en jetant de l’huile sur le feu », selon un communiqué rédigé après la tenue, mardi soir, d’un bureau politique extraordinaire. Le parti de Laurent Wauquiez se dit prêt à « renouer le fil du dialogue » mais pose pour cela deux conditions : outre l’abandon définitif des taxes, LR demande « un Grenelle des impôts et des taxes » qui aborderait « la CSG [contribution sociale généralisée] sur les retraités et l’indexation des pensions de retraite », « la fiscalité de l’impôt sur le revenu et le calcul du quotient familial » et « la différence entre les revenus du travail et ceux de l’assistanat ».

A gauche, le PS continue aussi de demander, comme il le fait depuis le début de la crise, l’organisation « d’états généraux du pouvoir d’achat et du financement de la transition écologique ». Il peut se targuer d’avoir vu plusieurs de ses revendications entendues par l’éxécutif : le parti voulait non seulement un moratoire sur la hausse des taxes mais aussi un débat au Parlement, lequel aura bien lieu, mercredi, à l’Assemblée.

Cependant, le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a dénoncé mardi le « piège » de l’exécutif consistant, selon lui, à montrer du doigt la fiscalité écologique. Le premier ministre « dit : “Vous voulez plus d’écologie ? Ce sera plus de taxes. Moins de taxes ? Ce sera moins d’écologie” », a-t-il souligné sur la chaîne LCP. « J’aimerais qu’on parle ISF [impôt de solidarité sur la fortune] et “flat tax” », a-t-il poursuivi, estimant que ces deux dispositifs représentent « 5 milliards [d’euros] de cadeaux aux riches ».

M. Faure a d’ailleurs fait un pas vers le dépôt d’une motion de censure avec les élus de LFI et du PCF, comme en juillet au moment de l’affaire Benalla. La décision, a-t-il expliqué, sera prise à l’issue du débat prévu mercredi après-midi : « Nous ne pouvons pas accepter le “deal” du premier ministre, qui est une façon de prolonger un cap (…) qui n’est pas le bon. »

« Cédez ou partez ! »

« Rien n’a été annoncé sur la situation sociale actuelle des Français : pas de réforme de l’impôt et des taxes, pas de hausse du salaire minimum, a de son côté regretté Jean-Luc Mélenchon dans un communiqué. La priorité du pouvoir reste donc de protéger les ultra-riches pour lesquels le rétablissement de l’ISF n’est toujours pas à l’ordre du jour. »

Le chef de file de LFI a réitéré son appel à la dissolution de l’Assemblée, « si le pouvoir ne veut pas prendre la mesure » de la « révolution citoyenne qui est commencée ». « Cédez ou partez ! », a résumé la députée « insoumise » de Meurthe-et-Moselle Caroline Fiat, mardi, lors des questions au gouvernement.

Unanimes aussi sont les oppositions au calendrier proposé par Edouard Philiippe. Une suspension de six mois des taxes renvoie en effet le dossier à l’après-élections européennes de mai 2019. Une « manœuvre » pour le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, de l’« enfumage » pour Caroline Fiat.

« Six mois ? Six mois… Sûrement un hasard si ça nous porte juste quelques jours après les élections », a commenté de son côté, faussement ingénue, Marine Le Pen sur Twitter. Le moratoire annoncé par M. Philippe « n’est évidemment pas à la hauteur des attentes et de la précarité dans laquelle se débattent les Français », a jugé la présidente du Rassemblement national (RN). Si le premier ministre et le président s’en contentent, a-t-elle écrit, « ce sera la preuve qu’ils ne se conçoivent pas comme les dirigeants d’un Etat-Nation qui doit la protection au peuple, mais comme des patrons de banque qui accordent un échelonnement à leurs clients surendettés ».

Le RN profitera-t-il de la crise ? Interrogé sur cette éventualité sur LCI, M. Mélenchon a prophétisé : « Ça se terminera entre eux et nous. Ceux que vous voyez à l’extrême centre sont dans une impasse idéologique, personnelle, historique. »

Posté par jourstranquilles à 07:13 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 4 décembre 2018

Daniel Cohn Bendit

Posté par jourstranquilles à 10:20 - Société et toute sa complexité - Commentaires [0] - Permalien [#]

Gilets Jaunes

Posté par jourstranquilles à 10:09 - Société et toute sa complexité - Commentaires [0] - Permalien [#]

lundi 3 décembre 2018

« Gilets jaunes » : après les violences, le gouvernement tente de rebondir

A la demande d’Emmanuel Macron, le premier ministre va recevoir les chefs de partis représentés au Parlement et des représentants des manifestants à Matignon, lundi.

L’heure des comptes et du grand ménage. Le long des grandes artères de l’ouest et du centre de Paris, marquées par les dégradations survenues lors de la troisième journée de mobilisation des « gilets jaunes », des agents d’entretien étaient à pied d’œuvre, dimanche 2 décembre au matin. De nombreux commerces, couverts de planches la veille au soir pour prévenir les pillages, étaient toujours barricadés.

Le président de la République Emmanuel Macron est allé constater les dégâts dans le centre de la capitale, dès le début de la journée, alors que l’exécutif doit faire face à une crise politique majeure. Dans les rangs de l’opposition, certains appellent, désormais, à des élections anticipées pour sortir du blocage.

Emmanuel Macron place de l’Etoile

Tout juste revenu du sommet du G20 à Buenos Aires, le chef de l’Etat s’est directement rendu à l’Arc de triomphe, place de l’Etoile, qui fut le théâtre de violences et de dégradations samedi. Accompagné du ministre de l’intérieur Christophe Castaner et du secrétaire d’Etat Laurent Nuñez, il s’est rendu au pied de la tombe du Soldat inconnu, avant d’entrer à l’intérieur du monument, en partie saccagé.

Le président a ensuite rendu hommage aux forces de l’ordre et il a rencontré des commerçants sur l’avenue Kleber, en partie vandalisée. Parfois applaudi, Emmanuel Macron a aussi essuyé les huées d’une foule de plus en plus nombreuse. « Macron démission », ont scandé à plusieurs reprises des « gilets jaunes ».

Une réunion de crise du gouvernement

Une réunion de crise s’est tenue à la mi-journée à l’Elysée autour d’Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a souhaité que le ministre de l’intérieur Christophe Castaner « mène une réflexion sur la nécessité éventuelle d’une adaptation du dispositif du maintien de l’ordre dans les jours à venir ». Il a également souligné, de nouveau, « l’importance du suivi judiciaire pour qu’aucun acte commis ne reste impuni ». Il a par ailleurs demandé au premier ministre Edouard Philippe de recevoir « les chefs de partis représentés au Parlement ainsi que des représentants des manifestants ».

Parmi les premiers reçus, dès lundi, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, est attendu à 10 heures à Matignon, Laurent Wauquiez, président des Républicains, à 10 h 45 et Marine Le Pen (Rassemblement national) à 15 heures. Parmi les autres chefs de partis, David Cormand (Europe Ecologie-Les Verts) est attendu à Matignon à 11 h 30, Stanislas Guerini (La République en Marche) à 12 heures, Jean-Christophe Lagarde (Union des démocrates et indépendants) à 13 h 30, Benoît Hamon (Génération·s) à 15 h 30, Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) à 16 heures. Suivront, Franck Riester (Agir) à 16 h 30, Marielle de Sarnez (vice-présidente du MoDem) à 17 h 15, Florian Philippot (Les Patriotes) à 18 heures et Fabien Roussel (Parti communiste français) à 19 h 30.

« Le collectif des “gilets jaunes” qui a exprimé sa volonté de nouer un dialogue avec le gouvernement » dans une tribune publiée par le Journal du dimanche, a également été invité, ainsi que la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS).

La commission des lois du Sénat a, elle, fait savoir qu’elle entendrait mardi « les explications » de Christophe Castaner et de Laurent Nuñez sur les violences de samedi. « Le gouvernement n’a pas le droit à un troisième samedi noir », a mis en garde le président du Sénat, Gérard Larcher, alors que plusieurs appels ont été lancés sur Facebook pour manifester à nouveau samedi prochain à Paris.

378 personnes en garde à vue à Paris

Au total, 682 personnes ont été interpellées samedi en France – dont 412 à Paris – et 630 ont été placées en garde à vue, selon le bilan de la préfecture de police. Au moins 263 personnes ont été blessées, dont 81 membres des forces de l’ordre. Selon le ministère de l’intérieur, 136 000 personnes ont manifesté samedi, contre 166 000 le 24 novembre et 282 000 le 17 novembre.

Selon le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, 378 personnes étaient toujours en garde à vue dimanche soir, dont 33 mineurs. Décrivant des profils variés, le procureur a expliqué que les personnes interpellées étaient pour beaucoup « des hommes majeurs, de 30 à 40 ans, venant souvent de province, insérés socialement et venus pour en découdre avec les forces de l’ordre tout en se revendiquant du mouvement des “gilets jaunes” ».

Le procureur a également évoqué « des profils plus jeunes, issus de la région parisienne, venus profiter notamment des pillages ». « Jamais le parquet de Paris n’a eu à gérer un nombre aussi important de gardes à vue », a-t-il ajouté.

Dès lundi et mardi, des dizaines de suspects seront jugés au tribunal correctionnel de Paris lors d’audiences de comparution immédiate. Cinq audiences sont prévues lundi, contre trois habituellement, et quatre mardi. Les audiences de comparution avec reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), une procédure qui permet d’éviter un procès, seront aussi doublées, selon le procureur de Paris Rémy Heitz. La garde des sceaux Nicole Belloubet a fait savoir que sur ce total « environ deux tiers » des personnes feront l’objet d’un défèrement devant la justice.

Les prévenus devront répondre des chefs d’« actes de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique », « dégradations sur des biens destinés à l’utilité publique », « regroupements en vue de commettre des violences », ou encore « port d’armes », des qualifications passibles de 3 à 7 ans d’emprisonnement, a précisé le procureur.

Des dépôts de carburant bloqués en Bretagne

Beaucoup de stations-service du Finistère et du Morbihan étaient en rupture totale ou partielle de carburant dimanche, conséquence du blocage des dépôts pétroliers de Lorient et Brest. Dans un communiqué dimanche soir, le préfet du Finistère, Pascal Lelarge, a annoncé des restrictions d’usage à compter de lundi 3 décembre « afin de garantir l’accès au carburant au plus grand nombre et la capacité des services de secours et d’urgence à intervenir ». Ces mesures seront en vigueur « le temps que les flux logistiques s’adaptent à la situation ». Ainsi, le montant maximal de carburant vendu par jour et par véhicule est limité à 30 euros pour les véhicules légers de moins de 3,5 tonnes, et 200 euros pour les poids lourds.

Le dépôt pétrolier de Lorient est bloqué depuis le 27 novembre par des indépendants du secteur des travaux publics rejoints par des « gilets jaunes », les premiers dénonçant la fin, au 1er janvier, du gazole non routier (GNR) détaxé pour les entreprises du secteur.

A Brest, les manifestants du secteur des travaux publics ont revêtu des gilets oranges pour se différencier des « gilets jaunes ». Ils bloquent le dépôt du port de Brest depuis mercredi à l’aide de tractopelles, de camions et de grues de chantier, tandis que des bungalows ont été installés sur des rails devant le site. Alors que le blocage était initialement filtrant, plus aucun camion ne rentre ni ne sort depuis vendredi.

A Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), les « gilets jaunes » se sont donné rendez-vous lundi à 7 heures pour bloquer le dépôt de Donges. S’ils y parvenaient, le plus gros dépôt encore en activité pour la Bretagne serait celui de Vern-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine), près de Rennes.

Interrogée par l’AFP dimanche, la préfecture de Bretagne s’est voulue rassurante. « Nous avons quelques stations-service ainsi que des grandes surfaces à court de carburant ou en manque d’un type de carburant dans le Finistère et le Morbihan, mais il n’y a pas de risque de rupture d’approvisionnement en Bretagne ».

Un troisième mort en marge du mouvement

Un troisième décès est survenu en marge du mouvement des « gilets jaunes » dans la nuit de samedi à dimanche, à Arles (Bouches-du-Rhône), lorsqu’un automobiliste a percuté un poids lourd à l’arrêt en raison d’un bouchon provoqué par un barrage.

Ce décès s’ajoute à celui d’une manifestante tuée le 17 novembre en Savoie, après avoir été percutée par une conductrice prise de panique, et à celui d’un motard tué après une collision avec une camionnette deux jours plus tard dans la Drôme.

Mélenchon et Le Pen appellent à des élections anticipées

L’opposition et une partie des « gilets jaunes » continuent de réclamer un geste fort au gouvernement, à commencer par un moratoire ou un gel de la hausse des taxes sur les carburants. Une proposition à laquelle de plus en plus de députés de la majorité se déclarent d’ailleurs eux aussi favorables.

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont tous deux réclamé, dimanche, des élections anticipées pour sortir de la crise. « Je ne vois pas, au niveau où nous sommes de la gravité de cette crise politique, comment sortir par le haut, à part en retournant aux urnes », a déclaré la présidente du Rassemblement national (RN).

Entre la légitimité de l’exécutif et celle des « gilets jaunes », « il n’y a qu’une manière de trancher, c’est le vote, alors ça s’appelle la dissolution », a déclaré de son côté le chef de file de La France insoumise (LFI), en dénonçant l’attitude du gouvernement qui « choisit le pourrissement [au lieu de] choisir l’apaisement » et l’annulation de la hausse de la fiscalité sur les carburants.

Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a réitéré son appel à un référendum sur la politique écologique et fiscale d’Emmanuel Macron. A gauche, le patron du PS, Olivier Faure, a réclamé des états généraux sur le pouvoir d’achat, alors que le mouvement Génération·s a demandé la démission de M. Castaner.

Posté par jourstranquilles à 07:23 - Politique - Commentaires [0] - Permalien [#]