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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

lundi 21 août 2017

Act Up : guérilla antisida

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 «Die-in» géant d’Act Up dans une rue de la capitale à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida de 1994. Photo Jean-Marc Armani. PictureTank 

En 1989, l’association importe un militantisme transgressif, fait d’actions spectaculaires comme le célèbre encapotage de l’obélisque à Paris. Il s’agit alors de marquer les esprits au moment où le pouvoir reste attentiste face à l’apparition de l’épidémie de sida qui tue en masse. Quitte à diviser.

  Act Up : guérilla antisida

Quel étonnant retour et retournement du passé. A travers l’acclamation dont fait l’objet, depuis le Festival de Cannes, 120 Battements par minute, voilà donc célébré un mouvement qui s’est, lui, toujours voulu en rupture, loin des honneurs, et en conflit ouvert avec l’ordre établi. Voilà aussi que ces années-là remontent d’un coup. Ces années où est apparue la génération Act Up, bruyante, insolente, gonflée, sans foi ni loi, mais terriblement vivante.

La naissance d’Act Up, c’est la génération «séropo». En 1989, année où Didier Lestrade, entouré de Pascal Loubet et de Luc Coulavin, créent Act Up-Paris, le paradoxe de l’épidémie du sida éclate au grand jour : une situation nouvelle émerge, impossible et intenable, celle du séropositif, porteur du virus, à l’avenir cassé, pouvant contaminer à tout moment lors de relation sexuelle ou à la suite d’une seringue partagée. Trois ans après que s’est révélé en France le drame du sang contaminé transfusé à des milliers d’hémophiles, on est déjà loin des premières années de l’épidémie.

En 1984, à la mort de Michel Foucault, son compagnon Daniel Defert fonde l’association Aides, tournée vers l’accompagnement des malades. Là était l’urgence : à l’époque il n’y avait pas de tests, il n’y avait pas de séropos, la plupart des volontaires ne se savaient pas malades. Didier Lestrade est, lui, d’une autre génération que celle des fondateurs d’Aides (chez qui il a d’ailleurs milité). Il a 23 ans quand les premiers cas de sida apparaissent en France au début des années 80. Spécialiste de musique soul, qu’il chronique dans Libé, il séjourne souvent à New York. Ce n’est pas un militant politique. Il est gay et vit à fond l’émergence de cette communauté. Il est aussi marqué par les nouvelles formes d’activisme, où le visuel s’impose sur les autres formes de luttes.

Le 26 juin 1989, lors du défilé de la Gay Pride à Paris, une quinzaine de «pédés, séropos, en colère» s’allongent sur le sol. Ils portent tous des tee-shirts marqués d’un triangle rose, sur lesquels est écrit : «Silence=Mort», reprenant la scénographie conçue par les activistes d’Act Up-New York, fondé en 1987. C’est la première action publique, et ce sera la marque du collectif. Le 1er décembre, Act Up-Paris frappe encore. Par l’image, en accrochant une gigantesque banderole sur les tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour dénoncer l’attitude de l’Eglise catholique sur le préservatif. Des actions spectaculaires, toujours visibles, provocantes et transgressives, accompagnées d’un engagement physique des «combattants». L’association «la plus turbulente» de France est née, dans le conflit et la tension, et va profondément marquer le paysage de la lutte contre le sida porté par trois associations : Aides, incontournable et puissante, représentante des malades et de leurs droits ; Arcat-sida, qui se veut surtout un lieu d’expertise ; et Act Up donc, le petit frère qui emmerde les aînés, en a marre des bonnes manières, et use de l’outrance pour faire bouger les lignes.

«Ce qu’il faut, c’est une image pour la télé»

En 1989, au début du second septennat de François Mitterrand, peu de perspectives se dessinent et la France s’ennuie. Il y a, cette année-là, 4 000 cas diagnostiqués de sida et l’on commence à parler de séropositifs qui vont vivre des années terribles avant de se déclarer malades. Claude Evin, alors ministre de la Santé, met en place des structures inédites de lutte contre le virus, avec des agences de recherche et de prévention, ainsi qu’un Conseil national du sida, investi des questions éthiques.

La France se montre formellement en pointe mais, dans les faits, avec beaucoup de mots et peu d’actions, la situation reste compliquée et tendue. Les blocages sont nombreux, à l’image de ces campagnes de prévention policées à l’extrême. Le sida - maladie publique et virus privé - se révèle alors en miroir des dysfonctionnements de la société : l’exclusion, la discrimination. La mort, aussi. On meurt du sida et on en meurt massivement. Dans certains services de maladies infectieuses, ce sont plus de 10 décès par semaine. Les malades sont jeunes. Peu de traitements pour les soulager, et souvent, si souvent, la petite planète sida se retrouve au crématorium du Père-Lachaise : on estime qu’entre 1982 et 2002, le virus aura causé près de 40 000 décès en France.

C’est dans cet environnement contrasté qu’une fois par semaine, dans l’amphi des Beaux-Arts, quai Malaquais à Paris, ils se retrouvent. L’assemblée des activistes d’Act Up. Au mieux, ils sont 200. Mais indéniablement une nouvelle forme de militantisme émerge, au point que certains parlent de secte. Tout y est codifié. On n’applaudit pas, on claque des doigts. Il y a un facilitateur qui passe la parole. Au début de chaque réunion, on fait état des morts. Puis vient l’ordre du jour. Didier Lestrade s’énerve souvent car il a le sentiment que la réunion traîne. Il impose la théâtralisation des actions, répétant : «Ce qu’il faut, c’est une image pour la télé.» Ces réunions sont aussi des lieux de défouloirs, on y rit comme on y pleure. L’un lâche : «Je cherche un mec, le mien est mort.»

Peu importe la réalité, «nous, on va mourir»

Act Up innove, Act Up s’impose mais Act Up fait peur aussi. Avec son discours très politique où l’Etat est systématiquement mis en accusation pour la faiblesse de sa réponse, où les gays sont accusés de complaisance et les labos d’être «des criminels». Dans ce combat, tout est bon, y compris l’exagération, voire quelques mensonges. Le nombre de séropos comme celui des morts se trouve systématiquement gonflé. Peu importe la réalité des chiffres, «nous, on va mourir», répètent les activistes. En revanche, les actions sont préparées au millimètre. Et se révèlent particulièrement bien ciblées, comme le «zap» (action brève et spectaculaire) de janvier 1993 au laboratoire d’analyses d’Artois, qui pratique alors le poolage (regroupement de différents sérums) du sang lors des tests, soupçonné de multiplier les risques d’erreurs de dépistage. Cette action entraînera la fermeture dudit labo et de cinq autres. Le 1er décembre 1993, c’est l’apogée de l’activisme visuel avec l’encapotage de l’obélisque de la Concorde, image qui fera le tour du monde.

Le Ministère tétanisé

Mais tout n’est pas consensuel. En avril 1991, lors d’une table ronde, des militants étaient intervenus brutalement pour tenter - en vain - de menotter Dominique Charvet, ex-magistrat qui dirige alors l’Agence française de lutte contre le sida, dont Act Up dénonce la faiblesse des campagnes de prévention. En juin 1996, a lieu le fameux Sidaction où le président d’Act Up d’alors, Christophe Martet, invité sur le plateau, lâche un «La France, pays de merde» catastrophique pour les collectes de fonds. Et en 1999, Act Up vote le principe de l’outing, qui consiste à révéler l’homosexualité de certains responsables publics aux agissements hostiles à la communauté gay. Dès février, pour la première fois, elle menace de révéler le nom d’un député de droite présent lors d’une manif anti-pacs aux relents homophobes. Si l’association renonce finalement, les débats auront été violents.

Dans les années 90, Act Up est ainsi un mélange unique : gays en majorité, «séropos» comme «séronegs», chômeurs, étudiants, filles comme garçons. Il y a beaucoup de passage, et si l’on n’y reste pas forcément longtemps, on y apprend beaucoup. Le ministère de la Santé est tétanisé devant ses actions. Les activistes ne sont pas très nombreux, mais leur impact s’avère maximum. Act Up apparaît quasi intouchable. En 1999, le collectif se fond dans un appel de 40 associations claironnant à la face des politiques : «Nous sommes la gauche.»

Tout change avec l’arrivée des trithérapies, en juillet 1996 au congrès de Vancouver : des traitements qui bloquent le virus et empêchent sa reproduction. Ces molécules marchent, et même de mieux en mieux, bouleversant toutes les perspectives en profondeur. La génération de combattants - à Aides, à Act Up ou ailleurs - croyait qu’elle allait mourir, elle va survivre. Beaucoup de militants ont enduré le poids de ce mot. Survivre. Mais à quoi ? Le combat n’aura plus, en tout cas, cette intensité vitale qui avait fait sa force. Il reste certes d’autres défis, comme celui de se battre pour l’accès aux médicaments des pays du Sud. Ou celui d’imposer la présence de malades ou d’activistes dans les sphères importantes du monde de la santé et de la recherche. Ce sera le cas avec la constitution du groupe TRT-5, pour «traitement et recherche thérapeutique». A l’initiative d’Act Up, cette entité interassociative réalisera pendant près de quinze ans un travail inouï de surveillance des médicaments et des essais thérapeutiques, obligeant les grandes firmes à privilégier la santé publique à leurs profits. Le groupe poursuit toujours son travail de vigie.

Vingt-huit ans après sa naissance, Act Up est toujours vivante. Elle a survécu. L’association, constituée pour la guerre et non pour la paix, tourne certes au ralenti. Elle n’est plus force de transformation sociale. Il manque, aujourd’hui, bien des noms, bien des visages. La génération Act Up s’est dispersée. Certains ont investi d’autres fronts. Des mouvements comme les Femen ou les associations LGBT se sont, à l’évidence, inspirés de son histoire - jusqu’à Nuit debout, avec son affichage de démocratie directe. C’est la vie, en somme, qui se poursuit, sur d’autres fronts.

Eric Favereau - Libération

Film : "120 battements par minute"

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samedi 19 août 2017

La malbouffe...

malbouffe

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mardi 15 août 2017

La marche aquatique côtière...un vrai sport

Ci-dessus à Erdeven

Ci-dessous à Damgan

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Marcher, c'est bon pour la santé. Et dans l'eau, c'est encore meilleur. Quels que soient votre âge et la saison, jetez-vous à l'eau et découvrez le longe-côte, une activité excellente pour le cœur, le dos, l'équilibre...

Habillés de combinaisons, ils traversent la plage en direction de l'eau. Sans ralentir, ils s'y enfoncent et commencent à progresser tout en bavardant. Une troupe d'illuminés ? Pas du tout, il s'agit de longe-côtiers ! Peut-être en avez-vous déjà croisé sur une plage de Bretagne ou de l'Atlantique. Sport complet et adapté à tous, quels que soient l'âge et le niveau sportif, le longe-côte se pratique en toute saison. Y compris un 31 décembre ! Pour se protéger du froid, il suffit d'enfiler une combinaison en Néoprène (ce qui est déjà un sport en soi, car elle est ultra-moulante).

Des efforts progressifs par petites foulées

Une fois dans l'eau, on marche, tout simplement. On peut aussi courir, marcher à reculons, faire la chenille (le dernier de la file indienne prend le devant et ainsi de suite...), de façon à varier l'intensité des efforts. « Le longe-côte agit à la fois sur les systèmes musculaire, respiratoire, cardiaque et circulatoire, explique Claude Lalonnier. L'eau fraîche active la circulation du sang et favorise un meilleur retour veineux, action renforcée par le port de la combinaison serrée. En outre, dans une eau à 12 ou 13 °C, on brûle davantage de calories. Ces caractéristiques en font donc un allié contre la cellulite. »

Un travail musculaire intense mais doux

Avec de l'eau jusqu'aux genoux, on avance rapidement : en petites foulées rapides, les cuisses et le système cardiovasculaire travaillent. Avec de l'eau jusqu'à la taille, les mouvements sont plus lents, mais de plus grande amplitude. « Dans l'eau, la résistance est cinq fois plus importante que sur terre, les muscles travaillent donc plus intensément que sur la terre ferme, mais toujours en douceur », explique Claude Lalonnier.

Les articulations ne souffrent pas

Surtout, les articulations ne souffrent pas : « Avec de l'eau jusqu'aux épaules, le corps ne pèse plus que le dixième de son poids », poursuit le spécialiste. Le longe-côte est donc idéal pour les personnes en surpoids ou souffrant des articulations. En cas de mal de dos, il suffit de s'enfoncer dans l'eau jusqu'à ce que le niveau se situe entre le nombril et la poitrine. S'il n'arrive qu'au niveau des genoux, le mouvement de résistance des jambes à tendance à se répercuter sur les lombaires.

Il est aussi possible d'ajouter une pagaie. « Elle permet de garder l'équilibre en cas de vagues ou de courant, explique Claude Lalonnier, et de faire travailler le haut du corps : épaules, dorsaux, trapèzes... »

Un sport pour prendre l'air

Le longe-côte se pratique en plein air et en mer. Un double atout : on s'oxygène tout en reminéralisant l'organisme. Plus la respiration est profonde, plus on absorbe d'embruns, d'ions négatifs (particules chargées électriquement, bénéfiques au système respiratoire) et d'iode, essentiel au métabolisme. On ressort de l'eau détendue et enveloppée d'une douce sensation de bien-être.

Combien ça coûte ?

Environ 20 € la sortie d'une heure.

Où le pratiquer ?

Né à Dunkerque, le longe-côte se pratique en clubs ou en centres de thalasso, dans la Manche,

sur la côte Atlantique et en Méditerranée.

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lundi 14 août 2017

Erdeven - Au camping, on joue à la pétanque tout nu

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Au camping de la Pinède près d’Erdeven (Morbihan), novices et habitués goûtent aux joies du naturisme. Plus qu’un loisir, c’est pour eux un réel mode de vie.

Reportage

Il est 16 h 30, les campeurs se réunissent autour de l’allée centrale pour la pétanque quotidienne. Une petite routine vacancière du camping de la Pinède à Belz (Morbihan). Si pour braver le temps frisquet, les enfants et les campeurs frileux se sont rhabillés, Jean-Luc, Jean-Claude et Laurent ne portent, eux, qu’une paire de tongs. Car contrairement à ailleurs,« ici, on joue à la pétanque tout nu » raconte Jean-Luc.

« Oui aux tétons ! »

Et pour cause : on est ici au camping du Club naturiste de Bretagne Sud. Avec cinq hectares de terrain, une centaine d’emplacements et autant d’habitués, la Pinède est l’un des rares campings naturistes de l’Ouest. Loin des grands centres du sud de la France, la Pinède cultive une ambiance familiale, authentique et bon enfant.« Il a ouvert en 1971, c’était les débuts du naturisme, se remémore Jean-Claude,on nous faisait la guerre à Kerminihy » , plage nudiste à Erdeven. Jusqu’à ce qu’un projet de centrale nucléaire sur la dune voisine n’éclipse ces querelles et ne fédère nudistes et habitants du coin.« Les gens criaient non aux neutrons, oui aux tétons ! » s’amuse-t-il. Depuis, les naturistes coulent des vacances heureuses au camping de la Pinède, où les autorités locales sont conviées à l’ouverture de la saison. Il raconte :« on fait un pot avec les policiers, pompiers, élus, voisins …Habillés bien sûr ! » Pratiquer le naturisme sous le crachin breton, une folie ?« On fait comme tout le monde, quand il fait froid, on se rhabille » sourit JeanClaude, à qui l’on a visiblement déjà posé la question.« Vous savez, ma femme vient toujours ici avec deux valises pleines de vêtements ! » Cela fait 41 ans que Jean-Claude fréquente la Pinède. Alors qu’il a 19 ans, il débarque par hasard sur une plage naturiste et comprend« que personne ne se regarde ». Aujourd’hui, à soixante ans passés, Jean-Claude dirige l’association qui gère le camping et ne s’imagine pas passer ses vacances autrement.

Oublier ses complexes

Vivre tout nu, c’est choisir un état de bien-être, où chacun respecte les corps et les complexes. Pour Brigitte, habituée du camping avec son mari hollandais Henk,« le naturisme c’est une hygiène de vie : on n’a rien à cacher alors forcément on a davantage confiance, on est plus solidaires ». Elle s’étonne de voir que les Français sont encore si timides,« alors qu’en Allemagne et aux Pays-Bas, tout le monde a testé au moins une fois ». Malheureusement,« les gens associent parfois nudisme et échangisme. Au contraire, tout comportement immoral est formellement condamné » rappelle-t-elle. À rebours des clichés, le naturisme aujourd’hui est de plus en plus accepté. Même si les jeunes sont moins nombreux à le pratiquer,« ça se démocratise » estime Laurent. Il se remémore les histoires de jeunes gens venant pour la première fois, finalement convaincus pour la vie ; ou de couples plantant la tente par hasard« et qui ne sont jamais repartis ! » Car le naturisme,« l’essayer c’est l’adopter » s’amuse Jean-Claude.

Juliette NICOLAS - Ouest France

Nota Bene : La Bretagne compte au total quatre campings et vingt-deux plages naturistes.

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samedi 12 août 2017

Les seins nus à la plage : c’est (vraiment) fini ?

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"Couvrez ce sein que je ne saurais voir". La pratique a explosé dans les années 1970-1980 mais depuis quelques années, elle ne semble plus séduire les Françaises. Chercheur au laboratoire Culture et Société en Europe, le professeur David Le Breton nous explique pourquoi les femmes sont aujourd’hui plus réticentes à montrer leurs seins à la plage.

David Le Breton : "Je pense que nous sommes entrés dans une phase beaucoup plus moralisée qu’il y a vingt ou trente ans. Un certain puritanisme a depuis émergé et touche aujourd’hui une grande partie de la société. Au cours de ces dernières années, on a aussi davantage entendu parler du harcèlement des femmes dans les lieux publics, comme les transports en communs. Cela contribue à créer un climat moins sécurisé et donc moins propice à ce que les femmes osent enlever leur haut de maillot de bain à la plage. Actuellement, certains ont tendance à penser, complètement à tort, que la pratique du monokini renvoie à une image de femme disponible et ouverte aux propositions…

De plus, depuis toujours, les femmes cachent et protègent leur poitrine sous des vêtements, et les seins semblent très fragiles. Ce sentiment de vulnérabilité est encore bien présent et il est sans doute accentué de nos jours par la prévention contre le cancer qui est plus présente qu’avant.

David Le Breton : Quand on est dans sa propre ville ou même dans son propre pays, on a le sentiment que l’on peut rencontrer une connaissance plus facilement qu’à l’étranger. De ce sentiment naît la crainte de s’exposer à moitié nu au regard d’un collègue, d’un ami ou d’un membre de sa famille. A l’extérieur de nos frontières en revanche, une certaine décontraction s’empare de nous. Plus besoin d’être dans le paraître ni d’être à la hauteur d’une quelconque réputation. La plupart des gens lâchent alors prise et se libèrent de leurs contraintes du quotidien. Certaines femmes, elles, se libèrent alors de leur haut de maillot de bain.

Il faut toutefois distinguer étranger et étranger. Dans certains pays ce sentiment de liberté est parfois moins grand qu’en France, et les Françaises ne s’y sentent pas plus libérées, même en vacances. Je pense notamment à l’Afrique du Nord et même au Brésil où, les femmes portent certes des mini-maillots de bain ficelles, mais veillent toujours à couvrir leur poitrine.

David Le Breton : Les premiers seins nus à la plage sont apparus en France dans les années 1960, avec la liberté sexuelle et les revendications des femmes à disposer de leur vie. Cette pratique a ensuite explosé dans les années 1970-1980, avant de s’essouffler au cours de ses dernières années. Mais il est tout à fait permis de penser qu’elle pourra connaître un second souffle d'ici vingt ans. A condition que les esprits se détendent et que le harcèlement dont les femmes sont victimes dans la rue diminue. C’est un facteur clé.

A contrario, on peut aussi tout à fait imaginer l’inverse : la société pourrait devenir hyper-moralisatrice et les crispations autour du corps des femmes encore plus grandes. Dans cette hypothèse, le bikini pourrait même devenir ultra-choquant".

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Une enquête de l’Ifop révèle que les femmes sont de moins en moins nombreuses à s’adonner au topless .43 % des femmes exposaient leurs seins au soleil, il y a 30 ans ; elles ne sont plus que 22 % aujourd’hui. Pourtant pionnière dans cette pratique, la France est devancée par d’autres pays, comme l’Espagne (49 % d’adeptes), l’Allemagne (41 %) et les Pays-Bas (35 %). L’évolution des mœurs ou la prise de conscience des risques pour la santé pourraient expliquer cette tendance à la baisse.

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mercredi 9 août 2017

En Turquie, les femmes défendent leur droit à s’habiller comme elles veulent

Par Marie Jégo, Istanbul, correspondante

Des milliers de femmes ont manifesté dans plusieurs villes après des agressions dans les transports publics par des hommes qui leur reprochaient de porter des shorts ou des débardeurs.

« Touche pas à mes vêtements », ont scandé des milliers de femmes turques sorties dans la rue ces jours-ci à Ankara, à Izmir et à Istanbul, pour défendre leur droit à s’habiller comme bon leur semble.

A deux reprises ces derniers mois, de jeunes femmes en short ont été agressées dans les transports publics par des hommes qui leur reprochaient leur tenue vestimentaire. En juin, à Istanbul, une jeune femme de 22 ans a été frappée dans un bus par un homme qui s’est dit « provoqué » par le port d’un short en plein mois de ramadan. Le 29 juillet, Cagla Köse, une jeune styliste, s’est fait agresser verbalement par l’un des gardiens du parc Maçka, au cœur d’Istanbul, parce qu’elle portait un débardeur un peu trop décolleté à son goût. Arguant de la présence de « familles » dans le parc, l’homme a appelé la police. Une fois arrivés sur les lieux, les policiers se sont dits impuissants à trancher le litige.

L’incident a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, les femmes se sont mobilisées. « Impossible de ne pas réagir à cette montée de l’intolérance », explique Dilber Sunetcioglu, la cinquantaine, venue participer, dimanche 6 août, au pique-nique organisé au parc Maçka par diverses organisations de défense des femmes.

L’affaire du débardeur est d’autant plus inhabituelle qu’elle a eu lieu au cœur du quartier laïc de Sisli, réputé pour sa tolérance en matière de mœurs. Très fréquenté, le parc de Maçka accueille régulièrement des familles venues goûter un peu de fraîcheur sous les arbres centenaires du parc qui descend en pente vers le Bosphore.

Embarrassée, la mairie de Sisli, dirigée par le Parti républicain du peuple (CHP, le parti fondé par Atatürk), a publié un communiqué annonçant que le gardien avait été suspendu de ses fonctions. Une plainte a été déposée contre lui par la jeune styliste.

« Trois enfants au moins »

Patriarcale et machiste, la société turque se montre de plus en plus intolérante envers les femmes. On ne compte plus les hommes qui, dans la rue ou dans les transports publics, se sentent investis d’une mission de police des mœurs. « Il n’est pas rare d’entendre des reproches du genre : “En tant que femme, que fais-tu à cette heure-ci dans la rue ?” C’est inadmissible », estime Dilber Sunetcioglu.

Les féministes sont inquiètes. Ces agressions, disent-elles, sont une conséquence directe du discours sexiste en vigueur chez les ténors du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), au pouvoir depuis 2002. « Incomplètes » sont les femmes qui n’ont jamais enfanté, a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan en juin 2016, recommandant la mise au monde de « trois enfants au moins ». Il convient de ne pas laisser les femmes rire en public, « au nom de la décence », avait souligné en 2014 Bülent Arinç, l’un des fondateurs de l’AKP, à l’époque président du Parlement.

« A chaque changement de régime en Turquie, les femmes trinquent. Les autorités veulent contrôler leurs vêtements, leurs corps, limiter leur liberté. Actuellement, nous allons vers la mise en place d’un régime islamique, donc les femmes sont à nouveau sur la sellette, constate Gülsüm Kav, qui dirige l’ONG Halte au féminicide. Les islamo-conservateurs sont sûrs d’eux car ils se sentent portés par un vent de misogynie planétaire. L’époque est aux machos comme Trump, Poutine, Erdogan, qui n’ont qu’une idée en tête, limiter la liberté des femmes. »

C’est aussi une question de vie ou de mort. Selon l’ONG Halte au féminicide, 328 femmes ont été tuées en Turquie en 2016 – contre 237 en 2013 –, le plus souvent par leur conjoint. Pour les cinq premiers mois de 2017, elles sont 173 – contre 137 sur la même période un an plus tôt – constate l’organisation dans un rapport publié en mai.

Trafics de mariages arrangés

Pour ne rien arranger, les projets de lois concoctés par les islamo-conservateurs à l’endroit des femmes étonnent par leur caractère archaïque. En novembre 2016, le gouvernement a ainsi proposé de suspendre les condamnations pour agressions sexuelles sur mineures à condition que le violeur épouse la victime. Face au tollé suscité par cette proposition, y compris dans les rangs de la Kadem (Association des femmes et de la démocratie) dirigée, entre autres, par Sümeyye Erdogan, la fille du numéro un turc, les parlementaires de l’AKP ont dû remettre leur projet à plus tard.

Dernier projet en date, le mariage religieux va bientôt faire office de mariage civil. Si la loi en cours d’examen est votée, les muftis (dignitaires religieux pour une ville ou une région) pourront enregistrer les mariages à l’égal des maires. Les féministes y voient un grand recul. Pour elles, c’est la porte ouverte aux mariages précoces.

Bien que l’âge légal du mariage soit fixé à 18 ans en Turquie, il arrive que de très jeunes filles soient unies par des imams à des hommes plus âgés, selon la pratique des mariages arrangés. Ce type de mariage est de plus en plus fréquent. L’afflux de 3 millions de réfugiés syriens en Turquie y a contribué. Bien souvent, les réfugiés démunis donnent leurs filles en mariage pour assurer leur survie matérielle. Un véritable commerce des mariages arrangés serait à l’œuvre, selon les associations de défense des femmes.

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lundi 7 août 2017

Le bikini en Algérie...

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LES NATURISTES ont le vent en poupe

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Vacances :  Les adeptes des séjours dans le plus simple appareil sont de plus en plus nombreux. Ce mouvement se rajeunit et surfe sur la vague bio.

Par  Aymeric Renou - Le Parisien

Les « textiles » n’ont qu’à bien se tenir. Sans crier gare, et petit à petit, les adeptes des vacances sans vêtements sont de plus en plus nombreux en France. Selon une étude menée en 2015 par le cabinet Protourisme, on estime que 2,6 millions de Français pratiquent régulièrement le naturisme.

« Le nombre d’adeptes augmente de façon constante, environ 2 % par an, depuis un peu plus d’une dizaine d’années, explique Jean-Philippe Pavie, coordinateur de France 4 Naturisme, un groupement de huit villages campings familiaux. La plupart de nos clients sont des habitués, et pour moitié des étrangers. »

Cet engouement pour la vie « au naturel » se retrouve à Héliomonde, un grand centre de vacances naturiste situé à Saint-Chéron, dans l’Essonne, en région parisienne. Des emplacements pour canadiennes ou camping-cars, des bungalows et des mobile homes alignés les uns à côté des autres et une grande piscine au milieu d’un parc arboré de 47 ha. Rien ne différencie à première vue Héliomonde d’un autre centre de vacances. Un détail, tout de même : le premier couple croisé, visiblement fan de marche en forêt, porte des chaussures de randonnée et un sac à dos. Rien d’autre. Vraiment rien d’autre. On est tenté de baisser les yeux ou de les détourner. Pas le temps : les deux touristes lancent à l’unisson un « bonjour ! » aussi nonchalant que sympathique, le regard droit dans celui de leur interlocuteur, avant de poursuivre leur route.

« Le renouvellement est de plus en plus sensible, remarque Michel Sarrazin, le directeur du centre Héliomonde. On accueille de plus en plus de trentenaires, des couples avec de jeunes enfants qui, en venant ici, poussent un peu plus loin une philosophie de vie de plus en plus courante. Cela consiste à faire attention à son environnement, à manger bio et à vivre davantage en harmonie avec la nature. »

L’engouement pour le naturisme ne touche plus uniquement la période des vacances estivales. Les adeptes, nouveaux et anciens, pourront à partir du printemps prochain être nus en toute légalité à Paris. Une zone naturiste est en effet en projet dans le bois de Vincennes. L’idée est de prôner un nouvel espace de liberté.

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Naturisme ou nudisme ?

Attention à ne pas faire l’amalgame, au risque de se faire reprendre de volée par un adepte militant du naturisme. Pour ce dernier, se mettre nu est une philosophie, presque un art de vivre, fût-il pratiqué seulement quelques jours ou semaines pendant l’année. Le naturiste est proche de la nature et adapte donc, quand il le peut, en fonction du lieu et de la météo, son comportement pour être au plus proche de l’état naturel.

A l’inverse, le nudisme est un acte d’opportunité et de pur plaisir personnel. L’exemple le plus courant est celui qui consiste à « tomber le maillot » le temps de se baigner pour profiter du contact de l’eau sur l’ensemble de son corps… et de vite se rhabiller par pudeur dès que la baignade est terminée. A.R.

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« Ça fait du bien de se sentir libre »

LP/matthieu rosier

Adeline, 37 ans, récente adepte du naturisme

Elle a découvert le naturisme il y a trois ans, pendant des vacances estivales avec des amis dans les Landes. « Ils m’ont proposé de les rejoindre au centre Euronat et, même si le naturisme n’était pas du tout dans mes habitudes, j’ai bien apprécié, raconte Adeline, 37 ans. Je suis ni une accro ni une militante mais, quand l’occasion se présente, j’y vais ! »

Mère célibataire, ancienne graphiste reconvertie dans la production et la vente de légumes bio dans l’Orne, en Normandie, elle s’est offert, à l’occasion d’un séjour parisien, une journée nature et détente, début juillet, au centre francilien Héliomonde avec son fils, Raphaël, 4 ans. « Nus, on se sent libre, sans contrainte… et ça fait du bien. C’est une vraie coupure avec la vie quotidienne. Et puis l’atmosphère qui règne ici est plus tranquille que dans des campings ou des centres de vacances traditionnels. C’est difficile à comprendre pour les non-pratiquants, mais on est bien moins observé et moins jugé ici nu qu’habillé ailleurs. »

La jeune femme apprécie également l’absence totale d’agressivité entre tous les résidants, quel que soit leur âge ou leur niveau social. « Le fait d’être nus nous rend plus fragile physiquement, presque sans défense. Du coup, il y a une ambiance de solidarité, d’attention vis-à-vis de chacun que l’on ne ressent curieusement que dans un centre naturiste et pas ailleurs. » A.R.

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« L’état du corps au plus proche du naturel »

 

Hubert Prolongeau, auteur de « Couvrez ce sein… »

Journaliste et écrivain, Hubert Prolongeau, 53 ans, vient d’éditer « Couvrez ce sein… : la Nudité dans tous ses états », un essai (12 €, chez Robert Laffont).

Pourquoi y a-t-il encore autant de fantasmes vis-à-vis du naturisme chez les non-adeptes ?

Hubert Prolongeau. A chaque fois que j’en parle, mes interlocuteurs se sentent obligés de se positionner sur le sujet. Et beaucoup disent : « Moi, jamais ! » Il y a un poids culturel certain. Pour la majorité d’entre nous, le nu est associé au sexuel. La réalité est différente car on se met nu plus souvent pour d’autres raisons : pour dormir, pour se laver ou pendant une visite médicale, par exemple. L’image du naturisme reste également encore un peu floue médiatiquement. L’inévitable séquence libertine et « hot » sur le Cap-d’Agde occulte le reste de la réalité du naturisme, fait de respect de soi, d’autrui et de la nature.

Avez-vous compris, au cours de votre enquête, d’où vient le besoin des naturistes de partager socialement leur nudité avec d’autres ?

Pour les naturistes, être nu, c’est l’habillement zéro, c’est l’état du corps au plus proche du naturel. Ils sont nus seuls, chez eux, mais se retrouvent également entre eux dans des lieux adaptés car il est tout simplement interdit de le faire dans l’espace public. Tous ne partagent d’ailleurs pas les mêmes valeurs du naturisme. Il y a deux écoles : celle du naturisme philosophique, écolo et volontairement proche de la nature, et celle des hédonistes qui vivent la nudité principalement parce qu’ils trouvent cela agréable, sans ériger leur pratique en quasi-religion.

Assiste-t-on à un renouvellement de la population pratiquante avec davantage de jeunes ?

Oui. Les « purs et durs », adeptes depuis les années 1960 et 1970, sont moins influents dans les centres de vacances. Les règles s’y adoucissent petit à petit. Le fameux cliché de personnes entièrement nues en train de choisir des fruits et des légumes dans la supérette de leur camping a quasiment disparu. Il y a davantage de tolérance avec les vacanciers qui ne sont pas 100 % naturistes. Les gens s’habillent d’ailleurs de plus en plus, surtout pour dîner et pour les soirées pendant lesquelles, vêtements remis, ils s’autorisent alors à rejouer le jeu de la séduction qu’ils s’interdisent pendant la journée.

Propos recueillis par A.R. - Le Parisien

http://jourstranquilles.canalblog.com/tag/naturisme

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samedi 5 août 2017

Contre l'homophobie

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mardi 1 août 2017

Je ne veux plus....

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