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Jours tranquilles à Paris

... n'en déplaise à Henry Miller. « Ce pourquoi les autres te critiquent là se trouve ce que tu dois cultiver »

dimanche 26 mars 2017

Pour le Sidaction, tous au Moulin Rouge... (hier soir sur France 2)

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Pour le 23e lancement de l’opération Sidaction, la chaîne France 2 a diffusé hier soir une émission spéciale intitulée «Tous au Moulin-Rouge pour le Sidaction». Pour l’occasion, plus de 200 artistes et danseurs ont repris des chansons de bals populaires, sous l’œil de Line Renaud, la vice-présidente de l’association qui lutte contre la maladie du sida. Parmi les invités de marque : l’animateur et comédien Laurent Ournac, le chanteur Roch Voisine, l’humoriste Muriel Robin ou la chanteuse Alizée. Shy’m, la sublime chanteuse de 31 ans, était l'une des stars de la soirée.

Ci-dessous la prestation de SHY'M au Moulin Rouge

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Revoir le spectacle du Moulin Rouge pour le Sidaction

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Le troisième sexe devant la Cour de cassation

Par Gaëlle Dupont

La « binarité sexuelle » homme-femme a été disséquée mardi devant la plus haute juridiction française. Un intersexe âgé de 66 ans a demandé que la mention « sexe neutre » figure sur son état civil.

« Sexe : N ». Comme neutre. Voilà ce que Gaëtan (le prénom a été modifié) souhaiterait voir inscrit sur ses papiers d’identité. Mardi 21 mars, la Cour de cassation était appelée à examiner la possibilité de reconnaître l’existence d’un troisième sexe.

Gaëtan est né voilà 66 ans avec des organes sexuels indéterminés, comme environ 200 bébés qui présenteraient chaque année des variations du développement sexuel. Comme ses parents voulaient un garçon, ils l’ont déclaré et élevé comme tel. Mais il ne s’est pas coulé dans ce moule, et son corps non plus. Ses organes génitaux ont conservé des aspects à la fois masculins (micropénis) et féminin (vagin rudimentaire).

« Il n’est ni homme ni femme, ne se sent ni homme ni femme, ne peut devenir ni homme ni femme et ne veut devenir ni homme ni femme », a résumé Bertrand Périer, qui défendait Gaëtan devant la Cour de cassation.

Revendiquant une identité intersexuée, ce dernier souhaite la voir reconnue à l’état civil. Le 20 août 2015, le tribunal de grande instance de Tours lui avait donné raison, une première en France. La décision a été invalidée par la cour d’appel d’Orléans en mars 2016.

Droit au respect de la vie privée

« On nous oppose que [Gaëtan] a l’apparence physique d’un homme, a poursuivi son avocat. C’est faux. Il n’a pas d’organes sexuels reproducteurs. Seul un traitement contre l’ostéoporose lui a conféré une apparence masculine artificielle. Il s’est marié avec une femme et a adopté un enfant, mais n’a en aucune façon renoncé à être ce qu’il est. De plus, le mariage et l’adoption n’ont depuis la loi de mai 2013 [sur le mariage pour tous] plus rien à voir avec la différence des sexes. On nous dit que la reconnaissance du sexe neutre pourrait créer des troubles chez les personnes concernées. Mais qui mieux que [Gaëtan] sait ce dont il a besoin ? C’est ériger des peurs pour s’abriter derrière. »

Les promoteurs du sexe neutre mettent en avant l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui garantit à chacun le droit au respect de sa vie privée. « L’identité sexuée est un élément fondamental de ce droit, affirme Benjamin Moron-Puech, docteur en droit à l’université Panthéon-Assas. De plus, plusieurs états comme l’Allemagne ou Malte se sont prononcés récemment en faveur de la reconnaissance d’une identité non binaire. »

« L’indisponibilité et l’immutabilité de l’état civil existent pour des raisons de sécurité, afin de permettre l’identification fiable des personnes », a répondu le premier avocat général de la Cour Philippe Ingall-Montagnier en demandant le rejet du pourvoi.

Le changement de sexe à l’état civil est permis pour les personnes transsexuelles ou transgenres, selon des critères redéfinis par la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle de novembre 2016, sous le contrôle du juge. Mais il s’agit toujours de passer d’un sexe à l’autre. La loi ne définit pas de troisième sexe.

« On va y arriver »

« La demande vise un objet qui n’existe pas, a poursuivi M. Ingall-Montagnier. Il s’agit de créer une nouvelle catégorie de personnes. C’est du domaine de la loi, non du législateur. Une réponse positive serait source de risque et susciterait une multiplication inconsidérée de demandes, qui recevraient des réponses différentes selon le tribunal saisi. » « La nature n’est pas binaire, pourquoi le droit le serait ? », a riposté Bertrand Perier.

« Je suis serein, je sais qu’on va y arriver, a commenté Vincent Guillot, président de l’Association internationale intersexe. Si ce n’est pas devant cette juridiction, ce sera devant une autre. » M. Guillot milite pour la reconnaissance des personnes intersexes et l’arrêt des opérations effectuées sur les enfants, jusqu’à ce qu’ils soient en âge de donner leur consentement. Si Gaëtan n’a pas été opéré, M. Guillot a subi à plusieurs reprises des actes de chirurgie destinés à l’assigner au sexe masculin qui le font toujours souffrir.

Signe que ce combat commence à porter, François Hollande a estimé, vendredi 17 mars, lors d’une cérémonie à l’Elysée que « l’interdiction des opérations chirurgicales subies par des enfants intersexes, de plus en plus largement considérées comme des mutilations » faisait partie des « nombreux combats à mener » pour les droits des personnes LGBT (lesbiennes gays bi et trans).

La délégation aux droits des femmes du Sénat s’est de son côté prononcée, mardi 7 mars, en faveur de l’indemnisation des personnes ayant souffert des conséquences d’opérations mais estime que le corps médical a « pris conscience des problèmes éthiques soulevés par les opérations systématiques ». Elle ne s’est pas prononcée sur la reconnaissance du sexe neutre, « un vrai défi au regard du droit français, fondé sur la binarité des sexes ». La Cour de cassation rendra sa décision le 4 mai.

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samedi 25 mars 2017

Paris, parmi les dix métropoles les plus chères du monde

Par Marie de Vergès

Selon une étude parue mardi, la capitale française est la seule ville de la zone euro à figurer dans le « top 10 » des métropoles les plus chères du monde.

C’est une performance qui dure depuis quinze ans et n’a pas spécialement de quoi réjouir les Parisiens : la capitale française paradait une fois encore, en 2016, dans le « top 10 » des métropoles les plus chères du monde, selon le classement publié mardi 21 mars par The Economist Intelligence Unit (EIU), filiale du célèbre hebdomadaire britannique.

La palme 2016 revient à Singapour, pour la quatrième année d’affilée, suivie de Hongkong et de Zurich. Au septième rang, ex aequo avec Genève et juste devant New York, Paris est la seule ville de la zone euro à figurer dans le peloton de tête.

« La capitale française reste structurellement extrêmement chère à vivre, seuls l’alcool et le tabac y offrent un meilleur rapport qualité-prix que dans les autres villes européennes », souligne EIU dans son étude, réalisée en calculant, dans quelque 140 villes, le prix moyen en dollars de 160 biens de consommation et services (pain, vêtements, frais de scolarité, loyers…).

Les Parisiens pourront se consoler en découvrant que le coût de la vie s’y est quand même un peu modéré au fil du temps : il y était 50 % plus élevé qu’à New York il y a cinq ans, ce différentiel n’est désormais plus que de 7 %. Dans le classement, la Ville Lumière est descendue de deux crans par rapport à l’année 2015 et même de six si on compare avec 2014 : elle était alors sur la deuxième marche du podium.

Conséquences du Brexit

Certaines métropoles ont enregistré des déclassements autrement plus marqués.

En Chine, par exemple, où les accès de faiblesse du yuan – la monnaie locale – ne sont pas restés sans effets : Pékin, la capitale de la deuxième puissance mondiale, a perdu seize places, pour se retrouver… au 47e rang seulement.

C’est encore plus vrai au Royaume-Uni post-Brexit : avec la chute de la livre, Londres a été rétrogradée de la 6e à la 24e place du palmarès. Et Manchester a dégringolé de vingt-cinq échelons, jusqu’au 51e rang. Pour autant, les prix pourraient vite recommencer à grimper outre-Manche : une fois le Brexit validé, note l’étude, le Royaume-Uni devra payer plus cher les biens européens importés.

Dans une période particulièrement troublée, ce scénario risque de se répéter ailleurs. L’élection de Donald Trump aux Etats-Unis « est peut-être le signal de grands bouleversements dans les accords commerciaux et les relations internationales qui pourraient pousser à la hausse le prix des importations et des exportations autour du monde », note l’étude. Avec, à la clé, des chamboulements à prévoir dans le prochain classement…

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mardi 21 mars 2017

Les adolescents sont de plus en plus exposés à la pornographie sur Internet

Selon un sondage de l’IFOP révélé par « Le Figaro », le taux d’exposition des jeunes aux contenus pornographiques est en forte hausse.

Les jeunes sont de plus en plus confrontés à la pornographie, dans des proportions importantes. Selon un sondage réalisé par l’IFOP fin février et dévoilé dans Le Figaro lundi 20 mars, la moitié des adolescents de 15 à 17 ans (51 %) indique avoir déjà surfé sur des sites pornographiques en 2017, contre 37 % en 2013, soit une augmentation de 14 points. 68 % d’entre eux voient leur premier film X entre 13 et 15 ans.

La proportion de filles ayant accédé à ce type de vidéos a quant à elle doublé. 37 % des adolescentes ont surfé sur un site pornographique début 2017, contre 18 % fin 2013.

53 % des garçons estiment qu’ils étaient trop jeunes lorsqu’ils ont vu leur premier film pour adultes, contre 59 % des filles. Plus de 50 % d’entre eux ont raconté être tombés sur un extrait vidéo à caractère pornographique par hasard. 45 % de garçons et 43 % de filles ont tenté de reproduire des pratiques qu’ils avaient vues en ligne, selon l’étude, réalisée pour l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique (OPEN).

Bloquer l’accès a priori

Une journée de réflexion doit avoir lieu mardi 21 mars avec la ministre des familles Laurence Rossignol, des juristes, des opérateurs et des fournisseurs d’accès, pour tenter d’enrayer ce phénomène, qui se développe depuis l’apparition des smartphones.

Mme Rossignol envisage qu’un contrôle parental soit « installé par défaut sur les ordinateurs et les téléphones. Ce serait aux utilisateurs qui n’en ont pas besoin de le désactiver, et non l’inverse », confie-t-elle au Figaro. Il serait aussi envisageable d’impliquer la plateforme Pharos du ministère de l’intérieur, qui permet de signaler les contenus illicites sur Internet.

Fiche technique : le sondage de l’IFOP a été réalisé auprès d’un échantillon représentatif de 1 005 personnes âgées de 15 à 17 ans résidant en France, du 21 au 27 février.

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lundi 20 mars 2017

Internet va-t-il tuer votre vie sexuelle ?

Par Maïa Mazaurett

Et si nos smartphones, télévisions et ordinateurs étaient tout simplement plus addictifs que les autres plaisirs ? La chroniqueuse de La Matinale Maïa Mazaurette souligne que, même si les pratiques se libèrent, le nombre de rapports sexuels décline.

Au pays des moutons noirs et des pattes blanches, Internet est roi ! Nous avons depuis vingt ans accusé les réseaux d’à peu près tous les maux possibles et imaginables : le débordement du travail sur nos vies privées, nos insomnies, nos solitudes, notre malaise devant la vie parfaite des mangeurs de quinoa, le déferlement de peste bubonique (bientôt sur vos écrans)… Qu’on ait raison ou pas, que certains faits soient prouvés ou invalidés, nous étions au moins d’accord sur une chose : Internet était le royaume du sexe. Bon ou mauvais.

Sous son influence, les jeunes avaient accès plus tôt à l’information sexuelle, nous adultes trouvions plus facilement des partenaires sexuels, nous obtenions toujours en deux clics des contenus « motivants » pour nous inspirer les soirs d’ennui, nous pouvions consulter les sites médicaux pour nos petits bobos et grosses débandades, nous avions toujours quelqu’un avec qui partager nos fantasmes les plus secrets… bref, nous avions accès au parfait catalogue sexuel – selon la très fameuse règle 34 d’Internet, qui veut que « si une chose existe, alors Internet en propose une version pornographique ».

Mais si c’était l’inverse ? Car les chiffres s’accumulent en ce moment qui montrent un déclin du nombre de rapports sexuels. Selon l’université de San Diego (citée dans les Archives of Sexual Behavior) et sur les quinze dernières années environ, les couples mariés sont par exemple passés d’une galipette et demie par semaine à seulement un rapport. Une réduction d’un tiers ! Parmi les raisons avancées par les chercheurs à cette déprime sexuelle généralisée, choisissez votre némésis personnelle : l’augmentation du nombre de célibataires (un aspect qui ne concerne pas les couples mariés, évidemment), la prise d’antidépresseurs et… tadam, Internet. Vous me direz : ça se passe aux Etats-Unis, alors qu’ici, nous sommes de chauds lapins – sauce chasseur.

Moins de joints, plus de textos

Auquel cas je vous opposerai un chiffre, tiré du Monde en décembre 2016 et qui concerne nos petits Français : « La proportion d’élèves ayant eu des rapports sexuels en 4e et en 3e reste modérée (respectivement 9 % et 18 %), et régresse par rapport à 2010. » Une tendance générale, puisque en Europe, 29 % des garçons et 23 % des filles de 15 ans avaient eu des rapports en 2010 – nous sommes désormais à 24 et 17 % respectivement.

Pourquoi se préoccuper à ce point des habitudes sexuelles des jeunes ? Parce que si nous réfléchissons à l’impact d’Internet sur nos vies sexuelles, ceux qui ont grandi bercés aux smartphones se trouvent évidemment en première ligne. Il n’est d’ailleurs pas innocent que cette semaine soit tombée du ciel une autre étude, concernant un autre Grand Interdit, mais étrangement similaire : selon le très sérieux New York Times, les jeunes se droguent moins, notamment les 12-17 ans, qui passeraient la bagatelle de six heures et demie par jour devant leur écran.

La cigarette et l’alcool ont décliné de moitié en dix ans sur cette population spécifique. En soirée, les jeunes laissent passer le joint pour envoyer des textos. Encore une fois, inutile d’imaginer que ce soit mieux « chez nous » : en France, les collégiens atomisent les jeunes Américains du haut de leurs… sept heures et quarante-huit minutes d’écrans par jour.

Corrélation n’est pas causalité : des corrélations qu’on aligne pourtant sans cesse. Le viol qui déclinerait à mesure qu’Internet se répand ? Le retour de certaines maladies vénériennes ? Les pratiques qu’on supposait rares et qui s’approchent de la norme – la sodomie, la bifle, l’échangisme, le BDSM (pour « bondage, discipline, sado-masochisme »), les poupées en silicone ? Faute de métadonnées vraiment fiables, on n’en sait rien. Il est tout simplement trop tôt pour que nous puissions tirer des conclusions.

Etalage tue-l’amour

Trop tôt pour donner des réponses, mais pas pour poser des questions. Et si Internet prenait la place d’autres addictions ? Et si nos smartphones, télévisions et ordinateurs étaient tout simplement plus addictifs que les autres plaisirs – une seule prise, et vous voilà à tout jamais condamnés ? Des chercheurs se penchent actuellement sur les circuits de récompense propres à nos « innocents » loisirs numériques : selon les derniers chiffres dont nous disposons, nous consultons nos smartphones en moyenne 221 fois par jour. Bon courage pour arriver à fumer autant de cigarettes…

Et si notre série préférée présentait plus de rebondissements que nos matelas, des personnages plus attachants et complexes que nos conjoints ? Et si les plages horaires consacrées à ces feuilletons entamaient, comme par hasard, le temps normalement dévolu aux rapports sexuels (plutôt en fin de semaine, plutôt de 23 heures à 2 heures du matin) ?

Quid encore de la pornographie – tue-t-elle nos libidos à petit feu, à force de les désincarner ? On sait déjà que les pratiques et formats irréalistes du X (du moins la plupart des productions appartenant à ce genre) ont un impact négatif sur l’image que nous avons de nos corps et de nos performances (sans vouloir insister : notamment quand nous sommes jeunes et sans autres repères). Mais, même d’un point de vue esthétique, on pourrait se demander si cette sexualité tout accessible n’est pas un tue-l’amour plus efficace que la dernière vidéo d’abattage de bovins.

Soyons honnêtes un instant : quand on arrive sur la page d’accueil des tubes de pornographie, l’étalage flanque parfois la pétoche. Les premiers résultats proposent des gros plans pas piqués des hannetons – justement parce que ces images sont spectaculaires ou choquantes, elles « remontent » en première ligne. Et nous exposent à des contenus moins ragoûtants qu’on le voudrait…

Pas d’alarmisme

Au point que certaines explorations semblent nous plonger droit dans le monde du fait divers : l’herpès sous tous les angles, le montage Photoshop ignoble, et puis évidemment la contrainte, les corps marqués, les visages crispés, les pratiques extrêmes. Un peu comme si lorsque nous tapions « roman » sur Google, nous tombions en premier lieu sur les descriptions les plus graphiques de crimes de tueurs en série. Ce dont nous sommes, au passage, responsables : ces contenus sont populaires… et parfois, ce qui nous fascine, c’est justement que ce soit moche.

Mais ne nous arrêtons pas au champ sexuel, ni à celui de la fiction. Et si les informations étaient trop anxiogènes pour laisser place au désir ? Et si nos flux Twitter nous déprimaient ? Et si les e-mails de boulot consultés vite fait avant de se coucher nous trottaient dans la tête ? C’est tout à fait possible.

Cela dit, pas d’alarmisme ! Déjà, parce que poser des questions ne donne aucune réponse – et aucune valable universellement. Ensuite parce que la quantité de rapports sexuels n’est pas connectée à la satisfaction. Et même, rêvons un instant ! Peut-être qu’en cessant de considérer la quantité comme barème absolu, nous nous concentrons mieux sur la qualité. Absolument aucune donnée scientifique ne permet d’étayer mon optimisme, mais je vous prierais de ne pas ruiner ma journée – sinon la semaine prochaine, je vous préviens, je me venge.

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samedi 18 mars 2017

Le Bon Marché désormais ouvert le dimanche

Plus besoin d’attendre les fêtes de fin d’année ou les semaines de promotions pour aller faire ses courses au Bon Marché (VII e) le dimanche. Dès ce week-end, le grand magasin (groupe LVMH, propriétaire du « Parisien ») et la Grande Epicerie implantés dans une zone touristique internationale ouvriront désormais sept jours sur sept.

Le Bon Marché est le quatrième grand magasin de Paris, après le BHV en juillet 2016 et les grands magasins du boulevard Haussmann au mois de janvier, à signer un accord avec les syndicats pour l’ouverture dominicale. Le texte garantit le volontariat et prévoit une majoration financière de 100 % le dimanche et des contreparties financières croissantes pour le samedi (jusqu’à 75 % au-delà de 24 samedis par an) en fonction du nombre de week-end travaillés. En revanche, le travail dominical n’est pas assorti de repos compensateur. Une commission de suivi a été mise en place. L’accord signé par les partenaires sociaux prévoit aussi des créations d’emplois.

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Dans les gares, des voyageurs devenus, malgré eux, des consommateurs

Par Cécile Prudhomme

Comme les aéroports avant elles, les gares empruntent résolument la voie du commerce, générant ainsi de nouvelles recettes pour la SNCF.

Terminé le temps où il fallait s’armer de patience et d’un bon livre en attendant son train. Aujourd’hui pour passer le temps, les voyageurs sont invités, dans les grandes gares, à dépenser dans les boutiques situées aux abords des quais, comme ils le feraient dans n’importe quel centre commercial. Et ce, sept jours sur sept dans douze grandes gares dites « d’affluence exceptionnelle » (Paris, Lyon, Nice…) depuis la loi Macron pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques d’août 2015.

Dix millions de personnes arpentent chaque jour les gares françaises, dont 750 000 à la gare du Nord à Paris, la première en Europe. Un tiers d’entre elles vont dans les boutiques, indique Patrick Ropert, directeur général de SNCF Gares & Connexions, filiale du groupe ferroviaire.

Espaces baignés de lumière

Dans cette forme de commerce très atypique, le projet emblématique du moment est le réaménagement complet de la gare Montparnasse. De 10 000 mètres carrés actuellement, la place qu’y occupent les commerces et les restaurants passera à 18 600 mètres carrés, au quatrième trimestre 2020.

Des espaces baignés de lumière extérieure dignes d’un aéroport ultramoderne fondus dans une architecture de centre commercial dernier cri, « là où aujourd’hui, l’ambiance, sombre, est un peu anxiogène et étouffante, avec de nombreux courants d’air », constate Ludovic Castillo, directeur général d’Altarea Commerce, l’un des acteurs du projet.

Façade et intérieurs seront entièrement refaits, et les flux des voyageurs repensés. Finis les espaces perdus, les réserves non exploitées et les grands guichets consacrés à la billetterie rendus caducs par le numérique ; les 90 millions d’usagers de la gare Montparnasse à échéance 2020 – contre 70 millions actuellement – seront obligés de passer devant les vitrines de la galerie marchande.

Ce projet de rénovation est mené conjointement par la SNCF et la société foncière Altarea Cogedim, qui en a remporté la concession pour une durée de trente ans. La foncière a investi 120 millions d’euros et a lancé la commercialisation des futures boutiques, le 7 mars.

Le chantier de l’ensemble de la gare a débuté fin 2016, mais la pose de la première pierre, en présence d’Anne Hidalgo, la maire de Paris, prévue initialement en avril, a été décalée à septembre une fois passé le tumulte des élections présidentielles.

Objectif : capter le flux de voyageurs

Montparnasse n’est pas la seule à développer son activité marchande. S’appuyant sur le succès de la transformation de la gare Saint-Lazare à Paris depuis 2012 et ses 11 000 mètres carrés de commerces, Gares & Connexions fourmille de projets.

La filiale de la SNCF a annoncé, mercredi 15 mars, lors du Marché international des professionnels de l’immobilier (Mipim), le lancement, en mai, d’un appel d’offres pour choisir un trio réunissant un architecte, un constructeur et un investisseur afin de transformer la gare du Nord d’ici à 2023. La rénovation de la gare de Bordeaux, dotée de nouveaux commerces, sera, elle, achevée en juin. A Lyon Part-Dieu, la surface vouée aux commerces devrait augmenter prochainement. « Nous travaillons aussi sur la transformation des [gares] Nantes et de Rennes pour 2020 », souffle M. Ropert.

« Aéroports, gares, aires d’autoroute, stations de métro : les zones de transit sont devenues des lieux d’expérimentation mais aussi des lieux de vie et de rencontres. Pour capter le flux de voyageurs, potentiellement consommateurs, de nouvelles offres de commerces et de services sont expérimentées », constate le cabinet Xerfi, dans une étude publiée en avril 2016.

La SNCF a vite flairé le bon filon, s’inspirant de la réussite de modèles implantés dès les années 1970 au Japon. Et comme l’établissement public était novice sur la question, il s’est associé, à l’occasion de sa première opération à Saint-Lazare en 2009, au promoteur immobilier spécialiste des centres commerciaux, Klépierre (150 sites en Europe, dont Créteil Soleil, Val d’Europe, Belle Epine…).

Doubler les revenus des concessions commerciales

A la Gare de l’Est et sur une partie de la gare du Nord, le groupe ferroviaire a fait affaire avec Altarea Cogedim (41 centres dont Qwartz à Villeneuve-la-Garenne, Cap3000 à Nice et Bercy Village dans le 12e arrondissement à Paris).

« Aujourd’hui, commercialiser des espaces en gare c’est aussi notre métier, et nous privilégions les concessions lorsque nous cherchons une contribution d’investissement supplémentaire », explique M. Ropert.

D’ici à 2022, la SNCF a prévu d’investir plus de 2 milliards d’euros pour améliorer les gares. Elle entend aussi doubler les revenus de ses concessions commerciales dans les huit ans qui viennent. En 2016, les recettes issues des loyers commerciaux encaissés par sa filiale Gares & Connexions ont progressé de 8 % sur un an.

« Le chiffre d’affaires moyen d’une gare est de 13 000 euros au mètre carré pour l’opérateur, c’est près du double d’un bon centre commercial », précise M. Castillo, ajoutant que lorsqu’une gare se rénove, le chiffre d’affaires d’un magasin Relay bondit de 60 %.

Recettes adaptées

Car la clientèle des espaces marchands logés à l’intérieur des gares n’est pas uniquement celle des voyageurs utilisant les trains. « Dans les grandes gares parisiennes, 30 % des clients qui viennent pour consommer ou utiliser des services ne prennent pas le train, contre 20 % en moyenne en France », constate M. Ropert.

D’autant plus que les travaux de rafraîchissement des commerces s’accompagnent de plus en plus d’une ouverture de l’espace de transport sur la ville. A Saint-Lazare en 2016, si 57 % des clients des boutiques étaient des Franciliens, et 11 % des provinciaux, 32 % étaient parisiens.

Mais il a fallu s’adapter car les recettes qui fonctionnent dans un centre commercial classique ne sont pas les mêmes dans les zones de transit. « Le temps passé dans une gare est en moyenne de 30 minutes contre 1 h 30 à 2 heures dans un centre commercial », rappelle M. Castillo. Et dans une galerie marchande de périphérie, « les gens viennent pour la destination et découvrir l’offre commerciale, alors que dans une gare, il faut les attirer, et les fidéliser pour les faire acheter », renchérit Beñat Ortega, directeur des opérations de Klépierre.

La manne de clients potentiels est sans commune mesure. Tous les ans, 150 millions de personnes fréquentent Saint-Lazare, contre 20 millions au centre commercial de Créteil Soleil ou près de 18 millions à Val d’Europe.

Des charges de loyer élevées

La gare, et plus généralement les lieux de transit, pourraient donc représenter l’avenir du commerce, englué dans une certaine atonie.

Les moins du modèle ? Des charges de loyers, dont les montants sont gardés secrets, mais que les enseignes estiment deux fois plus élevées que celles acquittées dans un centre commercial. Les plus ? Une certaine souplesse due au fait que les commerçants ne sont pas propriétaires de leur fonds et une durée des baux, en moyenne de six ans, inférieure aux dix ans minimum dans un centre commercial.

L’offre commerciale doit aussi répondre à l’attente de ces consommateurs un peu particuliers. « La plupart des gens sont pressés et les achats doivent se faire rapidement. De ce fait, nous y mettrons un peu moins de textile que dans un centre commercial classique, plus de bijouterie, de parfumerie, d’accessoires, et d’alimentation », indique M. Ortega.

« Il y a des produits adaptés au commerce en gare et le chocolat en fait partie », appuie Philippe Jambon, président de Jeff de Bruges, qui précise ne pouvoir s’implanter que dans des stations fréquentées par des voyageurs à fort pouvoir d’achat. « Dans le chocolat, il faut une certaine image. Mais cela fait partie de nos meilleurs chiffres d’affaires. La rentabilité, c’est une autre histoire, car il y a davantage d’amplitude horaire, et donc de charges de personnel. »

« Un excellent vecteur de publicité »

A Saint-Lazare, l’ensemble des baux commerciaux arrivant à leur terme, un vaste processus de renouvellement s’est enclenché pour deux ans. Certains commerces ayant vu leur loyer grimper de 30 % ont décidé de ne pas rester. Pour d’autres, ce nouveau format est attractif.

En témoigne l’expérience de Nature & Découvertes qui l’a testé sous forme de magasin éphémère sur le parvis de la gare de Lyon entre novembre 2016 et février 2017. « Un excellent vecteur de publicité pour rappeler aux gens que nous existions, mais pas un emplacement fort pour le commerce à cet endroit, selon Antoine Lemarchand, PDG de l’enseigne. Sur le parvis, les gens ne font que passer pour aller prendre leur train et ils ont peu de temps. Cela a d’ailleurs généré beaucoup de ventes sur notre site Internet. »

Un essai qui ne demande qu’à être transformé voire amplifié. Nature & Découvertes va demander à faire partie des magasins permanents situés à l’intérieur de la gare.

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Tati à Barbès, la fin d’un mythe ?

L'emblématique magasin Tati avait pourtant décidé de donner un coup de jeune à ses vitrines. Mais cela n’a apparemment pas suffi. Frappée de plein fouet par la crise de l’habillement, la célèbre enseigne, propriété d’Eram, est menacée de fermeture. Une banque d’affaire a été mandatée pour vendre les 140 boutiques.

Par  Cécile Beaulieu

Voilà presque soixante-dix ans que le vaisseau amiral du discounter Tati se dresse à l’angle du boulevard Barbès et du boulevard Rochechouart (XVIII e), face au métro aérien. Fondé par Jules Ouaki, le temple de l’habillement à bas prix et sa célèbre bannière en vichy rose et blanc, est même devenu l’emblème de ce quartier populaire qui se cherche désormais un nouveau destin. Seulement voilà : Tati est aujourd’hui menacé.

Propriété du groupe Eram, l’enseigne est, comme tant d’autres, frappée de plein fouet par la crise de l’habillement et accumule les pertes, au point qu’une banque d’affaire a été mandatée pour vendre les 140 boutiques de l’hexagone. Celle de Barbès, victime elle aussi de son image vieillissante, avait pourtant décidé de suivre le mouvement.

Pour se mettre au diapason de l’évolution du quartier (lire ci-dessous), le magasin avait donné un coup de jeune à ses vitrines, rompu avec les bacs extérieurs débordants d’articles en promotion et réorganisé ses rayons, collant ainsi au nouveau look d’un secteur en pleine gentrification. Cela n’a apparemment pas suffi. « On nous a annoncé la nouvelle, lâche, peu loquace, une vendeuse. C’est vrai que les clients semblent moins nombreux, et l’offre est tellement importante qu’ils ont le choix d’aller voir ailleurs. Autrefois, Tati était presque seul à pratiquer de très bas prix… C’est fini ». La direction, quant à elle, n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet, qui, pourtant, n’est pas sans intéresser les clients.

« C’est incroyable ! s’exclame Hélène, qui fréquente les lieux depuis près de vingt ans et ignorait les déboires du magasin. Tati est indissociable du quartier depuis tellement de temps. C’est la première boutique que j’ai fréquentée en arrivant à Paris de ma province. J’étais étudiante, je n’avais pas beaucoup d’argent… Et je reviens aujourd’hui encore. »

« J’ai pourtant l’impression que ça ne désemplit pas, s’étonne une autre cliente. Mais peut-être que le repreneur conservera la boutique et surtout son nom, si emblématique », espère-t-elle. En 2015, déjà, Eram avait tenté de mettre en vente les magasins Tati, avant de jeter l’éponge.

 

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jeudi 16 mars 2017

LONDRES : La tyrannie des talons aiguilles recule dans les bureaux de la City

Par Philippe Bernard, Londres, correspondant

Le Parlement de Westminster a débattu d’une mesure interdisant le port obligatoire des talons hauts sur le lieu de travail.

LETTRE DE LONDRES

Grâce à Nicola Thorp, une actrice londonienne de 28 ans, la tyrannie des talons aiguilles vient de reculer dans les bureaux de la City. Gagnant sa vie comme réceptionniste, la jeune femme avait été limogée sans solde en 2015 pour avoir refusé de troquer ses ballerines pour les talons de 5 à 10 cm qu’exigeait de ses employées Portico, l’agence qui l’avait recrutée pour le compte du cabinet d’audit PriceWaterhouseCoopers.

Révoltée, elle avait lancé sur le site du Parlement une pétition destinée à « rendre illégale l’exigence des talons hauts pour les femmes au travail ». Son initiative a déclenché un torrent de réactions. Twitter a été inondé de photos de talons plats mis en ligne par des salariées rebelles tandis que le texte de la réceptionniste recueillait plus de 152 000 signatures, dépassant le cap des 100 000 exigées pour déclencher un débat parlementaire.

Pour nourrir cette discussion, qui a eu lieu lundi 6 mars à Westminster, la commission parlementaire sur les femmes et l’égalité a mené l’enquête et ouvert un forum en ligne où les témoignages ont afflué : 730 rien qu’au cours de la première semaine.

Une vendeuse a raconté qu’on lui demandait de porter des jupes plus courtes et de se déboutonner à l’approche de Noël, au moment où la clientèle se masculinise. Une hôtesse de l’air a témoigné qu’elle se sentait « prostituée » par l’exigence des talons hauts. Coloration blonde et décolletés obligatoires sont aussi de rigueur dans certaines entreprises.

Une question de santé publique

Le code vestimentaire que l’agence Portico avait tenté d’imposer à Nicola Thorp était d’une insolente précision : ses employées devaient porter des collants « non opaques », les racines de leurs cheveux devaient être « invisibles » et leur maquillage être « réajusté régulièrement ».

Quant à leurs chaussures, elles devaient effectivement comporter des talons « de 2 à 4 pouces » (5 à 10 cm). La firme exigeait aussi le choix de l’une des quatorze nuances de vernis à ongles répertoriées par elle.

« J’ai refusé de travailler pour une société qui demande aux femmes de porter du maquillage, des talons et une jupe, a témoigné la pétitionnaire. On dit que le sexisme n’est plus un problème. Mais quand un homme qui a avoué publiquement harceler sexuellement les femmes est le leader du monde libre, il est plus crucial que jamais d’avoir des lois qui protègent les femmes. »

Au sexisme s’ajoute une question de santé publique : les souffrances et les troubles articulaires causés par le port prolongé de talons aiguilles. Consulté par les parlementaires, le Collège de podologie en a dressé la liste : « équilibre réduit, mobilité de la cheville limitée, force musculaire du mollet affaiblie » pouvant provoquer « des douleurs invalidantes ».

Intitulé « Talons hauts et codes vestimentaires sur le lieu de travail », le rapport de la commission parlementaire publié en janvier a établi que « les codes vestimentaires discriminatoires demeurent courants dans certains secteurs de l’économie ». Les élus ont réclamé au gouvernement une application de la loi anti-discrimination de 2010 qui prohibe toute règle dont l’application est « moins favorable » aux personnes de l’un des sexes. Ils demandent également que les pénalités prévues soient effectivement infligées.

Theresa May, amoureuse de ses escarpins

Le 6 mars, le Parlement de Westminster a débattu d’une mesure interdisant le port obligatoire des talons hauts sur le lieu de travail. « Nous avons repéré des attitudes qui relèvent davantage, j’allais dire des années 1950, mais peut-être même plus des années 1850, que du XXIe siècle », a déclaré Helen Jones, la députée (Labour) qui préside la commission parlementaire des pétitions en ouvrant la discussion.

La séance a aussi mis en lumière les obstacles rencontrés par les salariés désireux de porter plainte. Depuis 2013, la saisine de l’équivalent britannique des prud’hommes est soumise au paiement d’une taxe qui, en matière de discrimination, atteint 250 livres (286 euros) pour la plainte et 950 (1 088 euros) pour l’audience. D’où une chute nette du nombre des recours. Les coupes budgétaires imposées à la Commission de l’égalité et des droits humains (équivalent du Défenseur des droits) n’ont pas aidé non plus les employés, en particulier les précaires, à faire valoir leurs droits.

Ni sur ce point ni sur les talons hauts, le gouvernement de Theresa May n’a l’intention de changer la loi : « Les dress codes des entreprises doivent être raisonnables et formuler des exigences équivalentes pour les hommes ou les femmes, a seulement rappelé Downing Street. C’est la loi et les employeurs doivent la respecter. »

L’ironie est que l’image de Mme May dans l’opinion britannique est intimement liée à l’originalité de ses chaussures qui, a-t-elle plaisanté un jour, sont « le plus grand amour » de sa vie. Ses escarpins à impression léopard et ses chaussures basses aux talons sertis de diamant sont légendaires.

Nicola Thorp n’est décidément pas en phase avec la première ministre. Celle-ci, lorsqu’elle était chargée des femmes et de l’égalité au gouvernement en 2011, avait déclaré que « les codes vestimentaires traditionnels en fonction du sexe » favorisent « un sentiment de professionnalisme ».

Même l’agence Portico, par qui le « scandale des talons aiguilles » est arrivé, ne le prétend plus. Peu après avoir été mise en cause, elle a changé son dress code : ses exigences vestimentaires ne se réfèrent désormais plus au sexe des employés. Les talons plats ont conquis droit de cité à la City.

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jeudi 2 mars 2017

Je suis bordélique, et alors ?

Une étude menée en 2014 révèle que les environnements brouillons favorisent l’émergence de nouvelles idées.

Oui, on peut s’épanouir dans le bazar. Un livre qui vient de paraître réhabilite tous ceux que le rangement hérisse.

Par   Audrey Renault

Amis désordonnés, le temps est venu de déculpabiliser. Des chercheurs de Yale (Etats-Unis) viennent de révéler que le cortex cingulaire antérieur, la zone de notre cerveau associée à la douleur, est stimulé lorsque nous nous débarrassons des objets qui nous entourent. Lors de votre prochaine crise de rangement, réfléchissez-y donc à deux fois avant de balancer cette vieille pile de magazines lus il y a des années mais qui végètent sur un coin de table ou ce vieux pull que, certes, vous ne mettez plus, mais qui vous rappelle des vacances au ski. Pour la Canadienne Jennifer McCartney, aucune raison de s’imposer la corvée masochiste du rangement. Son best-seller outre-Atlantique « De la joie d’être bordélique » (Ed. Mazarine, 10 €) a débarqué la semaine dernière dans les librairies françaises. Une contre-attaque bienvenue face à la doxa de l’organisation que nous rabâchent en chœur coachs de vie et gourous du développement personnel.

« Si votre désordre ne menace pas votre santé, votre sécurité ou celles de ceux qui vous entourent, alors il n’y a pas de quoi en faire un drame », assure le psychologue-psychothérapeute Emeric Languérand. « Et puis, qu’est-ce qu’être bordélique ? Une pile de vêtements sur une chaise peut vous paraître un vrai fouillis alors que votre ami s’y retrouvera parfaitement. Tout est une question de vision des choses. Certains peuvent d’ailleurs être très organisés au bureau mais incroyablement bordéliques dès qu’ils arrivent chez eux », explique-t-il.

Plus créatifs ?

Une étude de 2014, menée par la docteure en psychologie Kathleen Vohs de l’université du Minnesota (Etats-Unis), révèle que les environnements ordonnés encouragent ce qui est conventionnel là où un paysage plus chaotique stimule l’émergence de nouvelles idées. Les personnes qui vivent entourées de bazar seraient ainsi plus créatives, voire plus intelligentes. « Si un bureau en désordre est le signe d’un esprit désordonné, alors de quoi un bureau vide est-il le signe ? » s’amusait Albert Einstein, connu pour ses plans de travail en chantier. Emeric Languérand nuance  : « Il n’existe aucun lien entre organisation brouillonne et esprit supérieur. La créativité ne découle pas du désordre, c’est l’inverse. Chez les grands chercheurs ou artistes, c’est le génie productif qui prend le pas sur l’ordre domestique », explique-t-il en prenant pour exemple Pablo Picasso qui, se consacrant à son art, ne prenait pas le temps de ranger. Une fois sa maison envahie par son foutoir créatif au-delà du supportable, il la vendait, en rachetait une autre et recommençait son petit manège. Aucune raison donc de vous flageller pour quelques malheureuses chaussettes qui traînent.

Et chez les enfants ?

Si les adultes peuvent gérer leur propre bazar, pour les enfants et les ados, c’est une tout autre affaire. Ce sont les parents qui font face aux champs de bataille laissés par leur progéniture. A l’image de Pascal qui se désole du « foutoir » de Léa, 13 ans : « Sa mère et moi passons notre temps à nous battre pour qu’elle mette un peu d’ordre. Pas par souci d’autorité, c’est plus pour la préparer au monde du travail ou à la vie à deux. » Une bonne initiative, selon le docteur Emeric Languérand : « Ranger sa chambre est l’occasion de comprendre que la réalité n’est pas toujours négociable. Si des parents peuvent tolérer un désordre, employeurs ou conjoints ne seront pas forcément aussi conciliants. » Léa, elle, assume : « Ranger, je considère que c’est une perte de temps. Mais, dès que je ne m’y retrouve plus, je trie et nettoie. » Pour Emeric Languérand, mieux vaut pourtant ranger au fur et à mesure pour « intégrer dans son quotidien des tâches qui ne sont pas des sources de plaisir. C’est un début d’apprentissage de la nécessité de tenir compte des autres ».

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