Toiletpaper aux Galeries Lafayette
ART : la Beat generation racontée façon road-movie, au Centre Pompidou
Ils savaient parfois être béats de bonheur ; ils savaient aussi ne pas rester bouche bée devant les désastres du monde… La Beat generation a encore beaucoup à nous apprendre. Le Centre Pompidou en offre une éclatante preuve, à travers une vaste exposition qui rend leur liberté aux mots, aux rythmes et aux images de ces enfants enragés de l’après-guerre. Hommage est rendu au trio de tête, bien sûr : le gourou Allen Ginsberg et ses envoûtants hurlements, Jack Kerouac et son amour des « fous furieux, furieux de la vie, furieux du verbe », et William S. Burroughs, « l’homme invisible » à qui le punk doit tant, et qui révèle ici ses talents de plasticien. Tous trois écrivains, et quels écrivains : de ceux qui inventent leurs propres mots et syntaxe ; qui engendrent un art de vivre, aussi. Dans le sillage de ces étoiles noires de l’underground, se rassemblèrent quelques centaines d’illuminés que l’histoire a parfois oubliés, et que l’exposition remet au jour. Emmanuelle Lequeux
V Magazine
Éoliennes en mer. Feu vert pour les trois premiers parcs
L'Europe compte jusqu'à présent 84 parcs éoliens marins. Les trois premiers parcs français d'éoliennes en mer, au large de Saint-Nazaire, Fécamp et Courseulles, pilotés par EDF, ont désormais le feu vert des préfectures. Les opposants éventuels ont quatre mois pour saisir la cour d'appel administrative. La Loire-Atlantique pourrait être le premier département français à voir pousser des éoliennes en mer. Les recours contre ce projet de 480 MW (80 éoliennes à douze kilomètres des côtes) doivent être déposés au plus tard le 25 juillet. Or, Prosimar, association locale membre du réseau Pulse opposé à l'éolien offshore, expliquait mardi ne pas avoir pour l'heure les fonds nécessaires. Situé au large de quelques-unes des plages du Débarquement, le projet de Courseulles-sur-mer (75 éoliennes développant 450 MW à 10 km des côtes) semble davantage menacé par des recours. Les opposants ont jusqu'au 10 octobre pour le contester. À Fécamp (83 éoliennes produisant 498 MW à 13 km des côtes), où les opposants ont jusqu'au 22 août pour saisir la justice, un recours est juste « envisagé », selon l'association locale du réseau Pulse. France nature environnement, de son côté, est favorable aux trois projets qui prévoient des suivis environnementaux mais restera « vigilante » sur leur mise en oeuvre. À l'horizon 2020 EDF Énergies Nouvelles doit prendre sa décision finale d'investissement sur les trois parcs au premier semestre 2017, pour une mise en service en 2020, sauf recours. Le groupe mène ces projets en partenariat avec le canadien Enbridge et Alstom Renewable Power. Ce dernier a inauguré, fin 2014, la première usine de pièces d'éoliennes, la seule à ce jour en France. La pose de la première pierre d'une seconde usine Alstom est espérée à Cherbourg pour « fin 2016, début 2017 », après avoir été repoussée de plus d'un an. Ces trois projets ont été choisis en 2012 lors du premier appel d'offres passé par le gouvernement. Un quatrième projet, 62 éoliennes pour 496 MW en tout, à 17 km au large de Saint-Brieuc, avait aussi remporté l'appel d'offres. Il est mené par l'espagnol Iberdrola, avec Adwen, la coentreprise d'Areva avec l'espagnol Gamesa, dont Areva est en train de se retirer. L'enquête publique préalable à l'arrêté préfectoral d'autorisation doit démarrer le 4 août et durer deux mois. La mise en service est annoncée pour 2020. Ces quatre parcs représentent un investissement de 2 à 2,5 milliards d'euros chacun. Deux autres projets, menés par Engie, ont été ensuite choisis, en 2014, par le gouvernement, au large du Tréport (Seine-Maritime) et des îles d'Yeu et de Noirmoutier (Vendée). La mise en service est envisagée à partir de 2021. L'Europe totalisait fin 2015 3.230 éoliennes offshore réparties dans 84 parcs dans onze pays, pour une capacité cumulée de 11.027 MW, soit l'équivalent d'environ onze réacteurs nucléaires et 1,5 % de la consommation électrique totale de l'UE. Article du Télégramme
Bellissima - vu sur instagram
EXPOSITION : l’intimité des femmes dans l’estampe japonaise, au musée Guimet
Haronobu Suzuki (1725-1770). Paris, musée Guimet - musée national des Arts asiatiques.
Jeune élégante se repoudrant le visage face à un miroir ; pique-nique entre amies sous des cerisiers en fleur ; femmes se préparant au bain, kimono entrouvert ; amantes offertes au désir ardent de leurs partenaires, épiées par une servante… Les estampes réunies par le Musée Guimet pour l’exposition « Miroir du désir » montrent la femme japonaise telle qu’elle était représentée par les artistes de l’époque Edo (1603-1868). Cette période avait vu fleurir un art érotique (le shunga, qui fut ensuite banni) auquel participèrent de grandes signatures : Hokusai, Kunisada, Utamaro… On admire la virtuosité du détail, le soin mis à reproduire les somptueuses étoffes, le caractère cocasse de certaines scènes de sexe, accompagnées souvent de courts textes truculents, le rôle inattendu du mouchoir lors des ébats… Longtemps caché, cet art érotique n’a été que récemment exposé au Japon, à Tokyo et Kyoto, en 2015. Le Musée Guimet a puisé dans ses propres collections pour sa présentation, qui offrira un délicieux moment au visiteur estival. Sylvie Kerviel
Musée Guimet, 6, place d’Iéna, Paris 16e. Tarifs : 9, 5 euros, réduit 7 euros. Tous les jours sauf le mardi de 10 heures à 18 heures. Jusqu’au 10 octobre.




