La campagne de Trump au bord du précipice
Les saillies du populiste avaient fait merveille lors des primaires républicaines. Elles discréditent aujourd’hui le candidat à la Maison-Blanche et plongent les conservateurs dans le doute.
La pole position aura été éphémère pour Donald Trump. Deux semaines après la convention du Parti républicain – qui l’a consacré candidat à Maison-Blanche – le milliardaire populiste rechute lourdement dans les sondages. Il accuse 4,5 points de retard sur Hillary Clinton, selon le site RealClearPolitics. Durant les primaires du printemps, Trump avait fait merveille en invectivant tous azimuts : les Mexicains, les femmes, les musulmans… Sa goujaterie a flatté les « hommes blancs en colère », un bloc électoral remonté contre les patriciens qui dirigent le parti depuis Washington.
Crise de nerfs
Mais le désormais porte-étendard du Grand Old Party (GOP) n’a pas su changer de registre. Ses saillies sont désormais toxiques. Il a ainsi appelé la Russie de Poutine à pirater les emails d’Hillary Clinton, puis invectivé les parents (pro-Clinton) d’Humayun Khan, un jeune soldat pakistanoaméricain mort au combat en Irak, en 2004, et décoré de l’Étoile d’or. Cela sied mal à un futur « commandant en chef de l’Amérique » et « chef de file du monde libre ». Emboîtant le pas à des éditoriaux du New York Times et du Washington Post, Barack Obama a appelé, mardi, le Parti républicain à retirer son soutien à Donald Trump :« Il n’est pas qualifié pour être Président. » Pour l’heure, les ténors du GOP ont seulement désavoué ses dérapages. Le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a salué le« héros américain » Humayun Khan et exclu de fermer les frontières aux musulmans :« C’est contraire aux valeurs de l’Amérique ! » Le Parti, péniblement rassemblé en juillet derrière le magnat à la houppe dorée, est de nouveau au bord de la crise de nerfs. D’autant que Trump en rajoute : il refuse de soutenir le président de la Chambre, Paul Ryan, ou le sénateur d’Arizona John McCain, dont des candidats francs tireurs menacent la réélection .Conséquence ? Un début d’hémorragie. Richard Hanna, représentant de New York, et la directrice d’Hewlett-Packard, Meg Whitman, importante donatrice du Parti républicain, voteront Clinton le 8 novembre.« Trump menace la démocratie » ,clame la femme d’affaires. Selon la chaîne ABC, des caciques du Parti étudient un changement de candidat pour enrayer la fuite des électeurs. Car pour les conservateurs allergiques à Clinton, il existe une alternative : Gary Johnson. Gouverneur républicain du Nouveau-Mexique jusqu’à 2003, le candidat du petit Parti libertarien a doublé son audience cet été et capterait 8 % des suffrages. Assez pour faire perdre Trump dans l’Ohio ou la Floride, États décisifs pour remporter la Maison-Blanche. Le populiste semble n’en avoir cure. Il persiste dans le registre matamore. Mardi, en meeting à Ashburn (Virginie), il a ordonné au service d’ordre d’exfiltrer un bébé qui pleurait. Article de Bruno RIPOCHE.
TURQUIE : La gorge profonde turque démasquée
Fuat Avni apparaît sur Twitter.
2015. Révélations sur Erdogan.
2016. Vatandas identifié.
Qui est Fuat Avni, cet énigmatique internaute qui tient la Turquie en haleine depuis 2014, en révélant à coups de tweets cinglants les turpitudes de Recep Tayyip Erdogan ? Après un an et demi de traque, la sûreté d’Istanbul croit avoir démasqué l’insaisissable dénonciateur, dont le compte était avidement suivi par 3 millions d’internautes. Un« phénomène », selon les médias traditionnels, perdus en conjectures. De multiples hypothèses ont circulé, de la CIA jusqu’à la propre épouse d’Erdogan, l’insipide Emine ! Fuat Avni, il faut dire, semblait issu du premier cercle du chef de l’État, relatant ses accès de panique et ses noires colères. Ses tweets annonçaient les arrestations d’opposants prévues le lendemain. Soir après soir, il décrivait par le menu les coups bas entre ministres, les manœuvres électorales, les sombres manipulations kurdes ou syriennes du pouvoir… Ses tweets s’achevaient invariablement par une menace –« Tremble ! » – et prophétisaient la chute du« tyran narcissique ». Le renseignement turc, après des échanges avec le FBI, a remonté la piste d’Aydogan Vatandas, ex-militaire reconverti dans le journalisme. Il n’est autre que le correspondant à New York du journal Zaman et de l’agence Cihan, des médias liés à l’ennemi juré d’Erdogan : l’influent prédicateur Fethullah Gülen, un ancien allié que le président turc accuse d’avoir ourdi le coup d’État manqué du 15 juillet. Fuat Avni était en réalité un réseau. Vatandas était approvisionné en révélations par les disciples de Gülen incrustés dans les rouages de l’État. L’autre principal suspect, arrêté le 19 juillet avec des dizaines d’ingénieurs, avait la haute main sur les données informatiques du gouvernement ! Article de Bruno RIPOCHE.
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Turquie. Ankara admet des « erreurs » après la purge
Changement de ton notable à Ankara. Pour la première fois, la Turquie a admis, hier, que la purge implacable, lancée dans la foulée du putsch du 15 juillet, avait pu donner lieu à « des erreurs ». « S'il y a eu des erreurs, nous les corrigerons », a déclaré le vice-Premier ministre, Numan Kurtulmus, alors que « le grand ménage » des sympathisants du prédicateur exilé Fethullah Gülen - accusé par Ankara du coup d'État - a laminé l'armée, la justice, l'éducation et les médias. Les « citoyens qui n'ont pas d'affiliation avec eux (les sympathisants de Gülen) devraient se détendre » car « il ne leur sera fait aucun mal », a ajouté le vice-Premier ministre. Mais les autres « paieront le prix », a-t-il souligné. Le Premier ministre, Binali Yildirim (ci-dessus) avait déjà évoqué, vendredi, la possibilité que, parmi les victimes de cette chasse aux sorcières, certaines l'aient été de manière abusive. Environ 10.000 personnes font l'objet de poursuites et sont en détention préventive, dont des journalistes.
JR à Rio
Another piece in the center of Rio ! High jump performed by … Mohamed YOUNES IDRISS, 27, from SUDAN. #IOPRio2016 pic.twitter.com/mkvNeTXRXx
— JR (@JRart) 2 août 2016








