Winie Harlow - HUNGER Magazine
C’est fou ce qu’on fait dans sa voiture
Selon une étude réalisée pour Citroën, un Français passe en moyenne 3 ans et 10 mois dans sa voiture au cours de sa vie. Et il y fait plein d’autres choses que conduire…
Pour vos premières vacances entre copains, elle était là. Le déménagement ? Evidemment, elle y a participé. Vos baisers, vos fous rires, vos éclats de voix… elle en fut le témoin discret. Alcôves de notre intimité, les habitacles de nos véhicules pourraient raconter nos vies s’ils étaient doués de parole. C’est qu’il en arrive, des choses, dans ces voitures où l’on passe un temps infini. A en croire une étude CSA Research pour Citroën, que nous vous dévoilons en exclusivité, un Français passe en moyenne trois ans et dix mois (!) dans sa voiture au cours d’une vie.
Le prolongement de la maison
Quand vous poussez vos vocalises sous la douche, vos enfants vous supplient de vous taire. Titine, elle, ne vous traitera jamais de Castafiore. Alors, autant en profiter : pendant son existence, un Français chante en moyenne plus de 4 800 fois, à tue-tête, dans sa voiture. Un véhicule qui fait aussi office de salle de bains pour de nombreux conducteurs, l’habitacle servant notamment de salon de coiffure, de maquillage et de rasage. On y mange sur le pouce près de 3 000 fois au cours de sa vie. « C’est vraiment le prolongement de la maison », souligne Xavier Peugeot, directeur du produit Citroën.
Une bulle d’intimité
3 042 baisers, 141 fous rires, 43 crises de larmes, 79 disputes, 33 réconciliations… tout au long d’une vie, une voiture est le réceptacle de centaines de moments d’émotions.
Les Français disent y faire l’amour entre deux et trois fois au cours de leur existence. C’est quatre fois moins, par exemple, que les Italiens !
« Avant d’être un outil technologique, elle est le reflet de notre vie privée, souligne l’historien de l’automobilisme, Mathieu Flonneau. On l’associe à des sentiments, des musiques, des ambiances, de jolies petites routes, des paysages, du dépaysement, de la convivialité. »
Un lit et un frigo dans l’habitacle
Lorsqu’on demande aux Français d’imaginer l’habitacle idéal pour leur auto, ils parlent d’abord de confort. Lit, couvertures, oreillers ou encore distributeur de boissons… Ils imaginent leur véhicule comme une maison bis. « D’ici quelques années, l’intérieur des voitures sera entièrement repensé pour qu’elles deviennent de vrais salons roulants avec frigos, sièges pivotants et écran de télévision », explique Xavier Peugeot.
Un Français sur cinq rêve également que son automobile conduise toute seule.
« Certains utilisent déjà leur véhicule comme un bureau ou une chambre, note Pierre Chasseray, délégué général de l’association 40 Millions d’automobilistes. Demain, on attend de nos voitures qu’elles prennent le relais du conducteur pour l’assister dans sa conduite, se garer toute seule ou éviter les accidents. »
La vie en Lily-Rose
« La danseuse » La fille de Vanessa Paradis et Johnny Depp explose dans ce film révélé au dernier Festival de Cannes.
De Lily-Rose, on ne connaissait que quelques photos people dans l’ombre de papa et maman, alias Johnny Depp et Vanessa Paradis. On sait désormais que la jeune femme de 17 ans est une future star de cinéma. Elle est la révélation de « la Danseuse », où elle incarne, aux côtés de SokoSoko, Gaspard Ulliel et Mélanie Thierry, la chorégraphe américaine Isadora Duncan.
Dans ce drame fiévreux de Stéphanie Di Giusto, Isadora Duncan est d’abord l’élève puis la rivale de Loïe Fuller, star de la Belle Epoque, qui révolutionna la danse avec ses chorégraphies spectaculaires. Si Soko porte le film, totalement investie dans ce personnage dévoré par son art, Lily-Rose Depp capte naturellement la lumière. « Elle a l’éclat des grandes actrices, assure la réalisatrice française, dont c’est le premier long-métrage. Elle est incroyablement mûre et professionnelle pour son âge. »
Finies les parties de cache-cache avec les paparazzis. Longtemps couvée par ses parents, entre Los Angeles, Paris et les Bahamas, Lily-Rose se dévoile au public depuis ses 13 ans et l’ouverture de son compte Instagram. Elle y partage avec deux millions d’abonnés ses dernières tenues Chanel, dont elle est égérie, et ses sorties entre copines. Après deux apparitions à l’écran dans « Tusk », avec son père, et dans « Yoga Hosers », l’adolescente a pris sa décision : elle sera actrice.
« Elle sait parfaitement ce qu’elle veut, observe Stéphanie Di Giusto. Elle a envie de choses audacieuses, pas de gros budgets commerciaux. » Ses premiers choix en témoignent : « la Danseuse », mais aussi « Planetarium » de Rebecca Zlotowski, qui sortira le 16 novembre. Natalie Portman et elle y communiquent avec des fantômes.
Des débuts à l’écran qui lui ont valu de fouler les tapis rouges des festivals : Cannes, Venise, Toronto. « A Cannes, elle ne s’attendait pas à une telle pression, avoue Stéphanie Di Giusto. L’expérience lui a donné de l’assurance. Elle a grandi. » Partout où elle va, Philippe, l’homme de confiance de Vanessa Paradis, ne la quitte pas d’une semelle. A la fois timide et sûre d’elle, Lily-Rose « observe et apprend ». Hier, elle avouait sur l’antenne d’Europe 1 : « Je suis ambitieuse. »
« La Danseuse », drame français de Stéphanie Di Giusto, avec Soko, Lily-Rose Depp, Gaspard Ulliel, Mélanie Thierry… 1 h 52.
Peter Lindbergh a partagé l’évènement de TASCHEN (Paris) - Paris book signing at TASCHEN September 29th ! NOW....
Art 42, un lieu pour le street art hébergé à Paris par Xavier Niel
Prisé des touristes et amateurs de promenades urbaines, le street art aura à partir de samedi un lieu d'exposition permanente à Paris, "Art 42", dans l'école des métiers du numérique de Xavier Niel. L'heure de la reconnaissance pour le mouvement né dans la rue ou le signe d'un certain embourgeoisement ?
"Aujourd'hui, on voit le street art comme une représentation de la liberté, mais c'est très faux. C'est un mouvement complètement intégré", estime Paul Ardenne, historien de l'art contemporain. Pour ce spécialiste de l'art urbain, l'engouement autour du street art vire à la "récupération gentille". Il déplore le manque d'analyse critique face à une pratique devenue, selon lui, très consensuelle.
Né à la fin des années 1960, le street art a longtemps été associé au vandalisme, à la dégradation et à la contestation, mais il a perdu une partie de son aura sulfureuse. Une situation encore renforcée par l'ouverture de musées.
Plusieurs lieux de ce genre existent, à Amsterdam ou à Saint-Pétersbourg. Un autre est prévu l'an prochain à Berlin. Parallèlement, le monde de l'art s'ouvre aux artistes issus de la rue : deux graffeurs (Lek et Sowat) ont intégré la Villa Médicis en 2015 et une exposition sur Banksy vient de se tenir à Rome.
Nicolas Laugero-Lasserre va prêter 150 oeuvres
"L'essence du street art, ce sont des murs militants, mais en parallèle il y a un travail d'atelier. Il y a une cohérence des deux", estime Nicolas Laugero-Lasserre, qui va prêter 150 oeuvres de sa collection pour donner naissance au premier "musée" du genre en France.
C'est en vendant des oeuvres que les artistes vivent et paient leurs déplacements pour imprimer leurs marques sur les murs du monde entier, souligne ce passionné, en réponse à ceux qui imaginent uniquement un art éphémère, réalisé en extérieur, souvent dans l'illégalité.
Tombé "dedans" en arrivant à Paris, le quadragénaire a amassé au fil des années une collection de sérigraphies, photos ou pièces réalisées en atelier d'artistes comme Shepard Fairey (l'affiche "Hope" de Barack Obama), Blu, connu pour avoir recouvert de peinture noire une de ses fresques à Berlin pour éviter de favoriser la spéculation immobilière, ou Space Invader. Les incontournables JR et Banksy sont également de la partie, ainsi que des artistes émergents moins connus du grand public.
Des visites guidées par un étudiant, dans des salles de cours
Après avoir longtemps fait tourner ces oeuvres dans des expositions, c'est dans les murs de l'école des métiers du numérique de Xavier Niel - fondateur de l'opérateur téléphonique Free et septième fortune de France - qu'elles seront désormais accrochées. Un choix délibérément atypique.
Au beau milieu des salles de cours, où quelque 3.000 étudiants apprennent à coder, trôneront des oeuvres à plusieurs milliers d'euros que les aficionados pourront admirer gratuitement le mardi soir (de 19h à 21h) et le samedi après-midi (de 11h à 15h).
"La gratuité, c'est essentiel, c'est l'ADN du mouvement", insiste le collectionneur, soucieux de créer un lieu original.
"Art 42" ouvrira ses portes samedi pendant la Nuit blanche. Les visites se feront uniquement accompagnées d'un guide, qui sera un étudiant formé aux subtilités du street art, l'idée étant de faire découvrir les oeuvres autant que le lieu.
Mettre le street art dans des boîtes ?
"Plus on parlera du street art, mieux c'est", estime Mehdi Ben Cheikh, un galeriste parisien à l'origine de la Tour Paris 13, un immeuble qui est devenu une vaste exposition éphémère avant d'être démoli.
Pour celui qui a aussi contribué à réveiller une bourgade tunisienne via des fresques, il n'est toutefois pas "tout à fait l'heure de mettre le street art dans des boîtes". A la théorie, il préfère toujours la rue.
Elle "reste essentielle pour les artistes, c'est ce qui les inspire. Il y a encore beaucoup d'endroits dans le monde où le street art est illégal" ou fait l'objet de condamnations, confirme Magda Danysz, une spécialiste de street art qui détient une galerie à Paris et à Shanghai et a publié une "Anthologie du street art" (éditions Alternatives, Gallimard)
Preuve en est, le fameux Monsieur chat, qui recouvre les murs de Paris de matous hilares, risque trois mois de prison ferme pour de nouvelles peintures sur les parois en travaux d'une gare.
MAGDA DANYSZ : LE STREET ART ENCORE REJETÉ PAR LES INSTITUTIONS
Le street art peine encore à être reconnu dans le milieu de l'art contemporain, déplore la galeriste Magda Danysz
Comment est né le street art ?
Ca commence à New York, à la fin des années 1960 avec des tags (signatures) faits avec des bombes de peinture industrielle, dans le métro. Puis on va ajouter des éléments stylistiques. Les bombes vont ensuite se développer (avec un plus grand choix de couleurs notamment) et on passe à la fresque (graffiti). Au milieu des années 1980, le pochoir et le graffiti se rencontrent et ça donne encore d'autres pratiques. Aujourd'hui, ça bourgeonne : on trouve autant les mosaïques d'Invader que les fresques de Shepard Fairey ou les oeuvres de Vhils (qui fait des portraits sur les murs au marteau-piqueur). Si l'illégalité fait partie du mouvement, elle n'a rien d'obligatoire. En revanche, la "crédibilisation" d'un artiste se fait par la rue, même un passage très court.
Est-ce de l'art ?
Ce n'est pas un secret : il y a un rejet de la part de certaines institutions artistiques. L'histoire de l'art se répète: chaque fois que vous avez un mouvement artistique qui chamboule les idées reçues, il y a un Salon des refusés (qui présenta les oeuvres de Manet, jugées alors trop modernes, ndlr). Il faut dire qu'en matière de street art, on mélange le festival amateur avec des artistes historiques. Pour le grand public, c'est un énorme tout, où des talents différents vont se mélanger. Mais le street art , ce n'est pas trois graffitis sur un terrain vague. C'est un phénomène artistique qui a réussi à orner tous les murs de la planète. Il s'agit en outre d'un reflet de notre monde international et d'une société sururbanisée.
Quel est l'avenir du mouvement ?
La rue reste essentielle pour les artistes, c'est ce qui les inspire. Il y a encore beaucoup d'endroits dans le monde où le street art est illégal. La pénalisation de la détérioration est encore très élevée, mais ça fait partie du mouvement et de l'adrénaline des artistes. En termes de reconnaissance, on attend encore la grande exposition sur le sujet. Une exposition au centre Pompidou, par exemple. A un moment, il y aura bien un directeur de biennale issu de ce mouvement, qui manque d'une forme de théorisation pour convaincre les sceptiques. Il y a toujours eu beaucoup de livres de photos sur le street art, comme le fameux "Subway Art" en 1984, et Instagram a encore démultiplié les choses, mais peu d'ouvrages s'attardent sur sa valeur artistique."














