
Le 10 juin 1940, les Parisiens
apprennent que le gouvernement a quitté la capitale, déclarée « ville ouverte »
le 13 et occupée le 14. Dès lors, la
présence allemande est visible, palpable : défilés quotidiens sur les
Champs-Élysées, concerts, Presse en langue allemande dans les kiosques,
promenades des soldats dans la capitale, restaurants de luxe investis par les hauts
gradés, multiples achats grâce au change favorable fixé par l'occupant (un Reichmark
vaut désormais 20 Francs au lieu de 12 Francs avant la guerre). Les drapeaux à croix gammée
se dressent sur les principaux édifices tandis qu'une nouvelle signalisation en
allemand investit les rues de la capitale, officiellement mise à l'heure de Berlin. Au lendemain de la
signature de l'armistice du 22 juin, Hitler en personne, avec quelques
dignitaires nazis, fait une visite-éclair à Paris. Affiches et haut-parleurs
distillent bientôt de la musique et les conseils rassurants aux parisiens
tandis que les occupants, sous leur faux air « correct », s’emparent des richesses de la capitale et
perquisitionne, entre autres lieux, au domicile de Daladier, de Mandel, de
Reynaud et de Jouhaux. L'offensive de charme se double d'une détermination à
appliquer la loi du plus fort.



La Chambre des Députés

L'hémicycle de la Chambre des Députés


Dès septembre 1940, le
rationnement est établi pour le pain, les pattes, le sucre puis élargi à
l'automne 1941 à toutes les denrées alimentaires ainsi que les matériaux de
chauffage, les vêtements, les chaussures, le tabac, etc. Durant les hivers
longs et rigoureux, les Parisiens souffrent particulièrement de la faim et du
froid, en partie en raison des réquisitions allemandes dont le caractère
astronomique est régulièrement dénoncé par les feuilles clandestines, mais
aussi en raison du blocus britannique. Les cartes de rationnement, qui
répartissent la population en 11 catégories, sont insuffisantes pour nourrir
les familles qui doivent se procurer « des colis familiaux » envoyés des
campagnes ou sont contraintes de
recourir au marché noir qui se développe de manière vertigineuse dans la
capitale. Dans ce quotidien de pénurie ou les rutabagas tiennent une place
privilégiée, se forme d'interminables files d'attente devant les magasins peu
achalandés tandis que se développe un ingénieux système D, à base de récupération et de produits de
substitution. Certains n'hésitent pas à élever des poules ou des lapins dans
les caves ou sur les balcons. L'ordinaire pénible est dramatiquement aggravé pour les populations désignées comme
juives par la 9ème ordonnance allemande du 9 juillet 1942 qui ne les autorise à
entrer dans les magasins qu'entre 15 et 16 heures.


Les jardins publics deviennent des potagers

La Libération


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