Bernard Kouchner et Rama Yade auront
donc été les seuls représentants du gouvernement
à rencontrer le dalaï-lama au cours de sa visite en
France. Le chef spirituel tibétain est "toujours le
bienvenu en France", a assuré le chef de la diplomatie
française, à l'issue de cet entretien qui a eu lieu
lors de l'inauguration du temple de Lérab Ling, à
Roqueredonde, dans l'Hérault - tout en se refusant à
faire de plus amples déclarations aux journalistes présents.
Pour sa part, le dalaï lama a
déclaré à Bernard Kouchner, lors de leur
entrevue, que "la seule solution" pour "que la Chine
gagne sa respectabilité au sein de la communauté
internationale" est "la marche vers la démocratie",
a rapporté Matthieu Ricard, l'interprète français
du chef spirituel tibétain. Le dalaï lama "a
exprimé à quel point la situation était grave et
que c'était la seule solution qui était bonne pour la
Chine et bonne pour le Tibet", a poursuivi l'interprète.
Et il a affirmé "qu'en parallèle aux Jeux
Olympiques, il y a une certaine forme de répression
extrêmement brutale qui continue de régner. La trêve
olympique est donc un peu une histoire".
Les "salutations" de Nicolas
Sarkozy
Jeudi déjà, il avait
dénoncé la poursuite de la répression chinoise
au Tibet dans une interview au quotidien Le Monde. De son côté,
la Chine, qui voit toujours d'un mauvais oeil les déplacements
à l'étranger et les marques de soutien au dalaï-lama,
avait demandé mercredi à la France de manier "avec
prudence" la question du Tibet.
Pour sa part, la présidence de
la République avait annoncé dès le 6 août
que Nicolas Sarkozy ne recevrait pas le dalaï lama au cours de
sa tournée en France mais que son épouse serait
présente à l'inauguration du temple de Lérab
Ling. Carla Bruni-Sarkozy était donc bien présente ce
vendredi à la cérémonie, et a transmis au leader
spirituel tibétain les "salutations" du chef de
l'Etat.
Le Parti socialiste a toutefois dénoncé
dans un communiqué une "opération de communication
dérisoire" et "une grave dérive dans la
peoplisation de la vie politique". Reporters sans frontières
a déploré une "mascarade". "C'est
insupportable. Mme Sarkozy n'a rien à faire dans cette
histoire là !", a commenté Robert Ménard,
secrétaire général de RSF, lors d'une conférence
de presse.
D'après agence

Le Dalaï Lama et Carla Bruni-Sarkozy. Photo AFP