Vu en DVD
* Synopsis
L’Allemagne nazie à travers le
portrait d’une femme de tête, interprète de la chanson Lili Marleen,
remarquablement incarnée par Hanna Schygulla. Premier volet d’une tétralogie
signée Fassbinder, dont les héroïnes sont à la fois des fortes femmes et des victimes…
Zurich, 1938. Willie, jeune
chanteuse allemande, aime Robert, jeune musicien juif – son père David, avocat
influent, dirige une organisation juive clandestine d’aide aux réfugiés. La
guerre les sépare. Sous l’aile du commissaire à la culture du IIIe Reich,
Willie devient une personnalité de l’Allemagne nazie. Sa chanson « Lili Marleen
» est sur toutes les lèvres. Elle mène à Berlin une vie de star adulée. Mais
elle n’a pas oublié Robert, dont l’absence la tourmente. Pour le retrouver,
elle entre dans la résistance…
* A propos du film
„Wie einst Lili Marleen...”
Willie est une forte femme, une
lutteuse, une acharnée. Avec la chanson « Lili Marleen », elle se hisse au
sommet de la hiérarchie sociale et devient le symbole d’une Allemagne sûre d’elle
et triomphante. Mais elle n’échappe pas au destin tragique que Rainer Werner
Fassbinder assigne à la plupart de ses personnages, en particulier aux femmes.
Le régime nazi l’entraîne dans sa chute, la fin de la guerre signifie la fin de
l’espoir de retrouvailles avec celui qu’elle aime. Qui plus est, elle a été
manipulée, utilisée. Sa voix, son personnage, sont devenus des instruments de
propagande. Elle se pose peu de questions sur le rôle qu’on lui fait jouer et,
si elle rejoint la résistance, ce n’est pas par conscience politique mais par
amour…
Dans l’ordre chronologique, Lili
Marleen se situe avant Le Mariage de Maria Braun, que Fassbinder a tourné en
1978 et avec lequel il fait sa véritable percée internationale. Le cinéaste
projette alors de réaliser une tétralogie sur l’Allemagne nazie et post-nazie à
travers quatre destins de femmes. Lili Marleen est celui, véridique bien que
romancé, de la chanteuse Lale Andersen, créatrice de “Lili Marleen”, qui livra
ses souvenirs dans Le Ciel a plusieurs couleurs. Suivront en 1981 Lola, une
femme allemande et Le Secret de Veronika Voss, Ours d’or au Festival de Berlin
en 1982.